Chuck regarda ses amis s'éloigner main dans la main puis gravir les grands escaliers du penthouse Waldorf avant de disparaître de sa vue.

Il hésita un instant. Il pourrait récupérer son cadeau de ce soir avant de quitter les lieux. Ainsi, il pourrait aller à la bijouterie que Nate avait mentionnée dés demain matin.

Il irait à l'ouverture. Même s'il n'y avait plus aucun des articles que Blair avait consignés sur sa liste, le vendeur pourrait certainement lui renseigner un bijou que la belle brune apprécierait. Un qu'elle aurait pu sélectionner.

Avec un peu de chance, la brune dormirait tard et il pourrait rapporter son nouveau cadeau ici avant qu'elle ne se réveille. Comme ça elle ne serait pas déçue.

Il y avait peu de chances qu'il parvienne jusqu'à cette pièce mais il pourrait s'en remettre à la domestique qui était si dévouée à Blair. S'il lui expliquait que c'était dans le but d'éviter que sa patronne ne soit désappointée, elle accepterait certainement de placer le nouveau cadeau parmi les autres.

Après tout, elle lui avait bien remis l'édition limitée de « Jane Eyre » qu'il avait réussi à se procurer, alors qu'il était persuadé, en rebroussant chemin jusqu'à l'Empire ce jour là, que Dorota le jetterait dans la corbeille la plus proche qu'elle pourrait trouver.

Il pivota sur ses talons et récupéra son cadeau. Il songea un instant à son contenu, passant le doigt sur le ruban de couleur dorée.

Quel idiot !

Blair méritait d'avoir ce qu'il y avait de mieux. Ce qu'elle rêvait d'avoir.

Pourquoi s'était-il laissé emporter par son instinct ?

Il aurait dû demander conseil à Nate ou à sa sœur dés le début ! Ils connaissaient les goûts et les habitudes de la jolie brune bien mieux que lui.

Il serra les doigts autour du paquet.

Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas tout simplement revenir à la normale ?

Il se sourit cyniquement. Il ne savait même pas ce que « la normale » signifiait.

Il aurait juste voulu cesser d'errer dans les limbes avec toujours cette sensation qu'il faisait tout faux.

Il sortit dans l'entrée et se retrouva nez à nez avec la plus belle vision qu'il ait jamais eue.

Son cœur se mit à galoper dans sa poitrine et son sang à pulser dans ses veines.

La raison n'en n'était autre que la brune qui lui avait pris la main ce soir. Celle qui avait danser la tête posée sur son épaule. Qu'il avait tenue dans ses bras, tout contre lui. Celle qui avait rit aux éclats avec lui dans la cuisine.

Elle portait une simple nuisette de soie bordeaux sur son corps parfait. Elle était sensationnelle, somptueuse ... à couper le souffle.

- Chuck ? Mais qu'est-ce que tu fais encore là ?

- Je ... j'ai oublié ...

tous les mots de mon vocabulaire, se maudit-il

Aucun ne pouvait définir ce qu'il avait devant les yeux.

Elle se mordit l'intérieur de la joue.

Quelle gourde !

Ce qu'elle venait de dire sonnait comme si elle n'avait pas espérer de toutes ses forces qu'il soit encore là, contre toute logique, après le fiasco de ce soir.

- Je voulais dire ... je pensais que tu étais parti depuis longtemps. Après cette horrible soirée ...

Tais-toi, Blair. Ferme-là ! Tu ne fais qu'empirer les choses, comme tout à l'heure avec la vidéo.

Et pourquoi n'avait-elle pas revêtu la dernière lingerie « Kiki de Montparnasse » qu'elle avait achetée en pensant à l'éventualité que ce soir ... ? Au lieu de cette chose immonde qu'elle possédait depuis noël dernier déjà. Quand Chuck et elle étaient allés passer les fêtes de fin d'année avec son père et Roman.

Elle avait enfilé la 1ère chose qui lui était tombée sous la main après avoir ôter le carnage qui restait de son maquillage.

- Je suis vraiment navré pour la soirée, dit-il en tripotant le ruban du paquet qu'il tenait à la main.

Et voilà ! Quelle idiote !

Maintenant il allait croire qu'elle avait détesté absolument toute la soirée.

- Elle n'était pas si horrible que ça pendant un certain laps de temps ! corrigea-t-elle en lui souriant un peu timidement.

Il avait le cœur au bord des yeux.

La seule chose qui pouvait se rapprocher, de très, très, loin, de ce qu'il voyait, c'était un ange. Parce qu'elle était réellement divine. Une déesse descendue de l'Olympe pour tenter les humains qu'elle croisait sur son passage et les rendre fou d'amour pour elle.

- C'est mon cadeau ? questionna-t-elle sans cesser de sourire.

Elle s'approcha d'un pas et il fut emporté dans un tourbillon de senteurs florales qui le transportèrent loin de tous les lambeaux de possibilités de réflexions qu'il lui restaient encore.

Il ne réagit même pas quand elle s'emparât du paquet cadeau pour le dépouiller de son emballage.

- Je suis désolé, dit-il sincèrement, réussissant à articuler quelques syllabes quand la peau de la jeune-femme effleura la sienne, provoquant en lui un électrochoc.

- Désolé de quoi ? s'étonna-t-elle.

La brunette ouvrit le coffret de velours et y découvrit des boucles d'oreilles en or constituées de chaînettes où pendaient de petits papillons dont les ailes déployées étaient incrustées de diamants.

- Je ne savais pas ... s'excusa-t-il encore. Enfin, je veux dire, je ne me rappelais pas ... que tu faisais une liste. Quand je les ai vues, je ne sais pas pourquoi, ça m'a fait penser à toi et ...

Il haussa les épaules.

- Je les rapporterai demain et je passerai prendre quelque chose d'autre dans ta bijouterie préférée.

Il tendit la main pour récupérer l'écrin.

- Non ! s'écria-t-elle. Je ne veux rien d'autre, je les adore, elle sont magnifiques. J'aime ce cadeau ...

Elle avança encore d'un pas et plongea ses prunelles dans les siennes.

- Et je t'aime toi ! déclara-t-elle dans un murmure, avant de poser ses lèvres sur celles de Chuck.

Cette fois les battements de son cœur devinrent carrément désordonnés.

Elle passa ses bras autour de son cou comme il répondait à son baiser. Elle glissa ses doigts dans ses cheveux pour mieux goûter sa bouche tandis que les mains du beau brun enserraient sa taille fine.

Sans cesser de faire danser sa langue contre son palais, elle l'entraîna jusqu'en haut des marches du grand escalier, jusqu'à sa chambre.

- Tu m'as tellement manqué, souffla-t-elle en mordillant l'arête de sa mâchoire remontant sous le lobe de son oreille.

Il frissonna sous ses caresses et se laissa guider par son instinct sans plus aucun remord.

Ses doigts avaient l'air de savoir d'eux-mêmes exactement où ils devaient aller et comment se déplacer sur la peau de Blair.

Quand au reste de son corps, il se soudait tout simplement naturellement à celui de la jeune-femme, comme s'ils avaient été créés pour fusionner et se compléter.