Ils arrivèrent près d'une maison biscornue, devant laquelle avait été dressé une tente.

- on ne va pas tenir à beaucoup, là-dedans, fit Suzanne, pragmatique.

- Ô, femme de peu de foi ! S'exclama une voix.

C'était celle de Fred, qui s'approchait d'eux à grandes enjambées, accompagné de son frère. Ils tentèrent de garder une mine sérieuse, mais ne purent empêcher un sourire de fleurir sur leur lèvres.

- nous vous souhaitons la bienvenue au terrier, fit George d'un ton pompeux, et nous sommes ravis de vous accueillir, surtout toi, belle Louffoca Lovegood, et toi, Edmund Pervensie, dit le croulant.

Imité par son frère, il fit une profonde révérence, à laquelle Luna répondit.

- ils se moquent de nous, ou quoi ? Demanda Peter.

- Redressez-vous, Gred l'insoumis, et Forge le téméraire ! Répondit Edmund sur le même ton pompeux. Et faites excuse pour votre impudence !

Les trois ne purent garder leur sérieux plus longtemps, éclatèrent de rire, et se firent une accolade. Fred se tourna ensuite vers Peter.

- on ne voulait pas vous manquer de respect, Grand Roi Peter. Pour nous faire pardonner : un caramel ?

Il sortit la friandise de sa poche, et la tendit à Peter, qui l'accepta, et l'enfourna. Le caramel, comme la fois précédente, explosa dans sa bouche, provoquant le rire des Weasley, d'Edmund et de Lucy, et arrachant même un sourire à Suzanne. Peter se refit une contenance, puis :

- je suppose que c'est un moyen de briser la glace, dit-il avec un sourire.

Les jumeaux applaudirent le trait d'esprit, et Arthur Weasley sortit de la tente.

- ne jamais faire confiance aux friandises de mes fils, fit-il. Un voisin qui m'avait agacé s'est retrouvé avec une boite de Loukoums à furoncles. Et mes fils avaient accidentellement omis de mettre l'antidote avec.

Les jumeaux pouffèrent.

- vous avez de la chance que votre mère ne vous aie pas vu donner ce caramel, fit Arthur avec un demi sourire.

- D'après ce qu'Hermione nous a raconté, c'est une sorte de tradition, papa, fit George d'un ton malicieux.

Et Arthur roula des yeux en tentant de retenir son sourire. Il s'adressa ensuite à Luna et aux Pevensie.

- entrez, le mariage ne va pas tarder à commencer.

Et en effet, dès qu'ils furent installés dans la tente (pas si petite que ça), aux sièges d'honneur qu'on leur avait réservés, la mariée fit son entrée. À la plus grande satisfaction d'Edmund, elle était au bras de son père. Discrètement, il prit la main de Luna et la serra dans la sienne. La jeune fille avait le regard dans le vague, et un sourire un peu triste. Il embrassa sa main. La cérémonie du mariage fut belle. Les témoins étaient Harry et Ginny. Dans l'assemblée, Edmund aperçut Bill et Fleur. Elle tenait un bébé dans ses bras, tandis que Bill tenait une fillette sur ses genoux. Après le repas de mariage vint l'ouverture de bal, et comme promis, au cours de la soirée, Hermione accorda une danse à Peter. Edmund, quant à lui, dansa seulement avec Luna. Un peu plus tard, alors qu'il était assis à une table avec ses frères et sœurs, il vit quelqu'un s'approcher de lui, un verre à la main. C'était Cédric Digorry. Edmund le salua. Le jeune homme avait l'air embarrassé.

- l'autre Narnien n'est pas là ? Finit-il par demander. Et votre directeur ?

- L'autre Narnien ? S'étonna Peter. De qui il parle ?

- Il parle de Caspian, répondit Edmund. Il représentait Narnia avec vous trois et ma jeune version lors du tournoi des trois ou cinq sorciers. Le directeur était Glozelle.

Cédric fut étonné de cette conversation.

- ils ne se souviennent pas du tournoi ? Demanda-t-il. On les a oublietté ?

- Rien de la sorte. Les choses sont simplement rentrées dans l'ordre et la vie a repris son cours normal. Personne ici ne se souvient que j'ai fait la chasse aux horcruxes avec Hermione. Personne ne se souvient de quand Harry n'était plus là. À part Hermione, et Luna.

- Enfin, bref... je n'ai jamais eu l'occasion de te remercier pour... tu sais... j'aurais du te dire merci après la tâche, mais j'étais en colère.

- Je comprends. J'ai fait ce qui était juste.

- Que s'est-il passé ? Demanda Suzanne, intrigué.

- Euh... votre frère et les Jumeaux Weasley m'ont enlevé juste avant la troisième tâche. Ils m'ont ligoté et abandonné dans un coin de couloir. Ensuite il a prit mon apparence et un des jumeaux a pris la sienne, et il a participé à ma place au tournoi, et il l'a remporté à ma place.

- Et c'est quelque chose de bien ? S'étonna Peter.

- Non. Ce qui est bien, c'est que le trophée était un portoloin. Donc il s'est retrouvé à ma place face au seigneur des ténèbres, et il s'est pris un Avada Kedavra pour moi.

- Avada Kedavra ?

- Le sortilège de mort, expliqua Edmund. Heureusement, Hermione était là, et elle a fait en sorte de me ramener à la vie.

- Voilà, fit Cédric. Donc s'il n'avait pas fait ça, je serais mort. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu as eu besoin de voler mon apparence.

- Il y avait une autre personne qui ne venait pas de ce monde et qui voulait la mort d'Harry. Il connaissait l'histoire, et se serait méfié s'il ne t'avait pas vu.

- Moi aussi, j'aimerais bien la connaître, cette histoire... fit Lucy.

Lorsque la soirée fut terminée, il fut temps pour les narniens et pour Luna de rentrer chez eux. Ils allèrent donc dire au revoir, puis Edmund rouvrit le portail.

- attendez ! Fit soudain Hermione.

Et elle s'approcha de Luna et d'Edmund.

- il y a une vieille tradition dans les mariages moldus. Quand la mariée jette son bouquet...

- la jeune fille qui l'attrape sera la prochaine à se marier, compléta Lucy avec un sourire.

Hermione lui fit un grand sourire, puis :

- tous mes vœux de bonheur, fit-elle en mettant son bouquet dans les mains de Luna.

Et Edmund la serra une dernière fois dans ses bras, lui murmurant un « merci » à l'oreille, avant de disparaître à travers le portail.