Merci Rose-Eliade :)

Ça, tu l'as dit noour !

J'ai toujours gardé cette impression là de Sirius lorsque je lisais les livres, mimi70. Rien que le fait qu'il appelle Harry « James » veut tout dire pour moi.

Haha, tu n'as pas totalement tord : Crystall va l'apprendre et de la pire des manières !

Coucou Celine.M. Pour Sirius, Mary est la prunelle de ses yeux. Vu que Crys lui en veut, il n'a plus qu'elle (et Remus, mais c'est pas pareil). En fait Crystall le saura... mais ce sera pire encore que par la Gazette. Pour la survie de Sirius... je me contenterais de dire que je n'ai pas encore vraiment statué sur le sujet.

Tu as vu juste Maia 30 !

De rien Mathilde :)

Merci pour la review et les encouragements timo ;)

En effet que de questions PlatyPocus !

Alors Crystall n'a pas proposé d'y aller avec eux d'abord parce qu'elle n'aime pas le Quidditch. Ensuite, elle trouve que ce sport est beaucoup trop violent pour que des enfants y assistent en compétition internationale (d'où l'un des arguments pour que Cameron n'y aille pas et Mary de même). Et si tu veux tout savoir, même si elle avait proposé de les accompagner Sirius aurait refusé (oui Sirius). Parce que Crys est devenue beaucoup trop rébarbative et il pense qu'elle aurait de toute manière réussir à gâcher la finale. Je pense qu'elle le savait d'où le fait qu'elle n'ait même pas essayé.

Cameron en veut à sa mère, c'est un fait. Mais il ne sait rien de ce qu'il s'est vraiment passé. Des réponses viendront, promis.

Oui, Sirius est allé se recueillir sur les tombes de James et Lily dès qu'il a été un homme libre.

J'espère avoir répondu à toutes tes questions :)


J'ai enfin fini mes deux semaines de cours et je suis tellement soulagée de retourner bosser en industrie (oui, c'est bizarre mais je suis beaucoup plus tranquille au travail qu'à la fac). Bref, je vais pouvoir écrire plus régulièrement :)

Bonne lecture !


Face à face tendus

Le stade se dressait devant Mary qui le fixait bouche bée. Il s'élevait vers le ciel et semblait scintiller avec ses murailles dorées. Il était au moins aussi haut que le plus haut building de New-York et des dizaines de fois plus large ! Elle n'avait jamais vu quelque chose d'aussi énorme ! Il devait être bardé de sortilège pour ne pas être visible depuis l'autre côté de la colline qui était d'une taille ridicule comparé à lui.

Comme si voir le stade portait l'excitation des supporters à leur comble des chansons se mirent à résonner, recouvrant les rires, les cris, les bruits des conversations. Mary sentait la main de Remus posée sur son épaule pour ne pas la perdre mais elle s'en moquait bien. Prise dans l'ambiance, elle ne pouvait s'empêcher de sourire et d'essayer de reprendre les refrains chantés en boucle sans grand succès.

- Tribune officielle n°22, leur apprit la sorcière qui vérifia leurs billets. Il faut que vous vous rendiez de l'autre côté du stade puis que vous montiez tout en haut. Quand il n'y aura plus de marche, vous serez arrivés. Des places de choix. Bon match.

Le groupe Potter-Black-Lupin salua donc les Weasley et ils entreprirent de traverser le stade en suivant les flèches lumineuses qui leur indiquèrent l'escalier à monter pour arriver à leur loge. Mary entendait la clameur au loin, mais ne voyait rien puisque les escaliers étaient dans les entrailles du stade.

Quand elle déboucha enfin à l'air libre, une brise fraîche l'accueillit. Avançant sur le sol recouvert d'un tapis rouge et des fauteuils de la même couleur, elle s'approcha avidement du garde-corps empêchant les spectateurs trop enthousiastes de faire une chute vertigineuse. Et pour vertigineux, ça l'était. Plus de cinquante mètres de dénivelés emplis d'une masse grouillante de sorciers surexcités. Attrapant ses multiplettes, genre de jumelle sorcière qui enregistrait tout et permettait de revoir les actions soit à vitesse normale soit au ralentit, elle balaya les tribunes d'en face avec et repéra les Weasley ainsi que le Ministre de la magie et les Malefoy.

- C'est extraordinaire ! dit –elle en s'asseyant.

Son parrain hocha la tête avec enthousiasme manquant de faire passer son chapeau orné de trèfles dansants par-dessus la rambarde. Ils furent rejoins par des sorciers étrangers qui avaient l'air au moins aussi emballés qu'eux.

- Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue ! Bienvenue à cette finale de la quatre cent deuxième Coupe du Monde de Quidditch !

Mary se mit à hurler en même temps que tout le stade et applaudit tandis que les drapeaux des deux pays concurrent fleurissaient dans tout le stade en même temps que les hymnes nationaux étaient entonnés. Un énorme panneau annonçant "Bulgarie : Zéro Irlande : Zéro" apparut.

- Et maintenant, sans plus tarder, permettez moi de vous présenter... Les mascottes de l'équipe Bulgare !

- Chaque équipe nationale ramène avec lui une créature typique de son pays en mascotte, expliqua Sirius avec enthousiasme. Je me demande ce qu'ils… Oh ! Woah !

Mary se pencha pour voir quel genre de Créature venait d'arriver sur le terrain. Et fronça le nez. Il s'agissait sans doute là des plus belles femme qu'elle ait jamais vues. Une peau scintillante, des cheveux d'or blancs qui flottaient autours de leur visage alors qu'il n'y avait pas le moindre vent. Elle les détesta immédiatement et avec une fulgurance qui réussit quand même à lui rappeler qu'il s'agissait là de Créatures et non de véritables femmes. Son dégoût empira quand la musique retentit dans le stade et qu'elles se mirent à danser. Ces choses étaient d'un vulgaire ! Qu'attendait –on pour les chasser de là ?

- Sirius mais qu'est ce que tu fais ? s'alarma t –elle en le voyant enjamber le garde corps qui les protégeait du vide.

- Hein ? répondit –il stupidement.

Il avait un air totalement crétin sur le visage, un sourire d'abruti et le regard embrumé. Non mais c'est pas vrai ! Avec mauvaise humeur, elle le ramena brutalement sur son siège.

- Ne lui en veut pas Mary, ce sont des Vélanes, lui dit gentiment Remus. Ces Créatures ensorcellent tous les hommes qui les voient. Elles te vident la tête en une seconde.

- Toi, ça ne t'affecte pas, constata la rousse en continuant à maintenir son parrain sur son siège.

- Avec mon… problème de fourrure, je suis immunisé contre les autres Créatures, souffla à mi-voix le lycanthrope.

- J'aurais pensé que Sirius saurait résister à ce genre de chose.

La remarque fit sourire Remus et il se pencha pour vider sa bouteille d'eau sur le crâne de l'animagus qui revînt à lui avec un sursaut horrifié. Mary ne sut dire si c'était à cause de la douche qu'il venait de prendre ou parce qu'il était mortifié de s'être fait avoir par les Vélanes.

- Elles sont vraiment magnifiques, soupira t –il néanmoins.

Suprêmement agacée, Mary attrapa le programme de l'événement et le frappa avec sans vraiment savoir pourquoi. Juste qu'il cesse de parler de ces horribles choses par Merlin !

- Ça va ! Ça va ! Pardon ! rit –il en se protégeant la tête.

- Non mais vraiment ! s'énerva t –elle.

Mary fut soulagée quand se fut le tour des mascottes Irlandaises d'arriver. Les farfadets étaient bien plus distrayants que des vélanes. Ils firent tomber une pluie de gallions sur le stade, déclenchant des réactions enthousiastes. Beaucoup empochèrent l'argent, mais Mary y renonça quand son parrain lui apprit que l'or allait disparaître d'ici quelques heures.

- Et… Accueillons à présent l'équipe de Bulgarie ! Dimitrov ! Ivanova ! Zograf ! Levski ! Vulchanov ! Volkov ! Eeeeeeet Krum !

Les hurlements doublèrent encore de volume tandis que l'attrapeur vedette du tournois surgissait dans une traînée rouge à la suite de ses camarades. Il n'était pas bien vieux, constata Mary en zoomant sur lui avec ses multiplettes. Il avait le teint cireux, un gros nez arrondit et d'épais sourcils. Ses traits faisaient un peu penser à ceux d'un oiseau de proie.

- Et maintenant les Irlandais ! Connolly ! Ryan ! Troy ! Mullet ! Morane ! Quigley ! Eeeeeet Lynch !

Les deux équipes firent un tour d'honneur avant de se mettre en position. L'arbitre, un Égyptien chauve, lâcha les cognards puis le vif d'or avant d'enfourcher son balai, le souaffle en main.

- C'eeeeeest parti ! Le souaffle est récupéré par l'Irlande !

La foule arriva, elle ne savait comment, à faire encore plus de bruit et quand Remus lui proposa un sortilège pour atténuer les hurlements, elle accepta volontiers. Sinon elle serait bonne pour un mal de tête phénoménale avant même la fin du match.

Mary n'avait jamais vu un Quidditch pareil. Pour être honnête, à part les matches inter-Maison à Poudlard, elle n'en avait jamais vu d'autres. Les joueurs filaient si vites que le commentateur avait à peine le temps de dire leurs noms quand ils avaient le souaffle entre les mains. Ils utilisaient des tactiques et des figures qu'elle connaissait pour les avoir apprises dans les livres mais qu'elle n'avait jamais mise en pratique parce que trop compliquées. Pourtant, ça semblait simple comme bonjour quand c'étaient eux qui le faisait !

Le premier but fut marqué par les Irlandais après un improbable enchainement de passe et alors que le joueur avait la tête à l'envers. Les farfadets Irlandais se mirent à danser et à étinceler. Ils purent recommencer encore deux fois dans les dix minutes qui suivirent. Le score était à présent de trente à zéro en faveur des irlandais qui semblaient mener sur toute la ligne.

Mais le rythme du match changea alors comme si les Bulgares en avaient terminé avec l'échauffement. Ils filèrent soudainement si vite qu'ils ne laissaient plus qu'une traînée rouge dans leur sillage et leur batteurs se mirent en action avec une brutalité qui défiait l'imagination. Ils semblaient deviner la trajectoire des cognards et avoir une seconde d'avance sur les batteurs irlandais. C'est sans doute grâce à eux que les Bulgares marquèrent leur premier but, déclenchant un chant et une danse enthousiastes des Vélanes. Si Mary avait su que leurs mascottes étaient ces choses, elle aurait sans doute choisi de soutenir l'Irlande !

- Eeet ! Le souaffle revient aux Bulgares ! Dimitrov ! Levski ! Dimitrov! Oh la la !

Cent mille sorciers et sorcières retinrent leurs souffles tandis que les deux attrapeurs fonçaient en piquet vers le sol, obligeant les autres joueurs à s'écarter de leur trajectoire. Où était le vif ? Mary avait beau plisser les yeux, elle ne vit rien, même avec les multiplettes. Et pour cause, il n'y avait rien à voir : Krum remonta brutalement en chandelle tandis que son homologue irlandais s'écrasait au sol dans un bruit de mat qui fit crier les supporters des verts. C'était quoi ça ?

- Une magnifique Feinte de Wronski ! s'exclama le commentateur. Peu de joueurs s'y risquent car ils s'agit d'une manœuvre extrêmement dangereuse comme Lynch vient de nous le prouver. Les Guérisseurs se précipitent sur le terrain pour voir son état

L'attrapeur Irlandais était étendu au sol, inerte et quand Mary zooma sur lui, elle vit trop de sang pour son propre bien. Elle nota juste que son balai était brisé avant de reporter son attention sur Krum qui s'était posté tout en haut du stade et le scrutait avec attention. Il profitait visiblement du temps qu'il venait de gagner pour chercher le vif sans que ses adversaires ne pensent une seconde à s'occuper de lui. Les Irlandais étaient bien trop inquiets pour leur propre attrapeur : si Lynch ne se relevait pas, ils avaient perdu le match parce qu'ils ne pouvaient pas remplacer un joueur sortant pour cause de blessure.

Mais au soulagement de la moitié du stade, l'attrapeur se redressa sur ses deux jambes, tanguant un peu. Il semblait avoir toutefois totalement repris ses esprit quand on lui tendit un nouveau balai qu'il enfourcha sous les acclamations des supporters Irlandais.

L'incident avait semblé motiver les verts : les poursuiveurs semblaient encore plus habiles et plus rapidss qu'auparavant. Ils creusèrent rapidement l'écart avec la Bulgarie jusqu'au score de cent trente contre dix. Cela énerva fortement le gardien adverse qui reçu un avertissement de l'arbitre.

- Et penalty en faveur de l'Irlande.

Les farfadets s'élevèrent dans le ciel pour former les lettres "HA HA HA", et, forcément, ces sales bêtes de Vélanes ne résistèrent pas à l'idée de répliquer. Sauf qu'en se mettant à danser, elle déconcentrèrent très légèrement l'arbitre.

- On ne peut pas tolérer ça ! s'exclama le commentateur tandis que ledit arbitre faisait rouler ses muscles pour tenter d'impressionner les Créatures. Que quelqu'un aille lui donner une claque !

Un guérisseur se dévoua et le pauvre sorcier égyptien parut extrêmement humilié quand il se réveilla de la transe provoquée par les Vélanes. Embarrassé, il sembla crier quelque chose aux Créatures dont le beau visage se fit soudainement ombrageux.

- Je pense que l'arbitre essaye de renvoyer les mascottes de l'équipe Bulgare dans leur coin.

Sauf que ce ne fut pas aussi simple que cela. D'une, les Vélanes ne semblaient pas du tout d'accord et de deux les batteurs Bulgares atterrirent pour aller défendre leurs mascottes. Un deuxième penalty fut donc siffler en faveur de l'Irlande et le match repris après que les verts les eurent mis tous les deux.

Le match se fit alors nettement plus violent et Mary grimaça. Elle adorait le Quidditch. Mais pas au point d'envoyer une batte dans la figure d'un adversaire parce que ceux-ci gagnaient. Le nombre de fautes sifflées augmenta exponentiellement et le match dégénéra définitivement quand les farfadets s'envolèrent pour une nouvelle provocation. Les Vélanes perdirent leur calme et passèrent à l'attaque. Leur beauté irréelle disparue pour laisser apparaître des visages allongés hideux et de grandes ailes écailleuses jaillirent de leur dos, leur permettant de rejoindre les farfadets dans les airs où elles les attaquèrent à grand coup de gerbes de flammes. Heureusement, cela se passa bien au dessus du match de Quidditch qui continua. Des agents du Ministère s'envolèrent sur des balais pour essayer de séparer les Créatures engagées dans un féroce combat à mort.

Le match se poursuivit et le combat qui avait lieu au dessus de leur tête semblait les encourager à se montrer encore plus vindicatifs. Krum, qui avait juste là réussi à échapper aux cognards s'en prit un en pleine tête. Beaucoup pensèrent qu'il allait tomber de son balai, après tout ce ne serait pas la première fois qu'une de ces balles rendait un joueur inconscient. Mais il resta fermement agrippé à son balai malgré son nez cassé qui saignait abondamment. Normalement, un temps mort aurait dû être sifflé, mais le balai de l'arbitre venait de prendre feu suite à une attaque mal dirigée d'une Vélane et il dut se poser en catastrophe. Puis soudainement …

- Lynch a repéré le vif ! s'écria Mary en se levant.

Toutes les personnes présentes dans la tribune officielle avec elle suivirent son regard et virent l'attrapeur Irlandais foncer vers le sol, et cette fois la petite balle était bel et bien là. Krum l'avait aussi vu et il le prit en chasse, le rattrapant rapidement malgré le sang qui lui badigeonnait le visage et laissa une traînée dans son sillage.

- Ils vont s'écraser ! s'exclama quelqu'un.

- Lynch est foutu, pronostiqua Mary.

C'était exactement le même schéma que la fois précédente et l'attrapeur Irlandais avait bien souffert entre temps. Et effectivement, il s'écrasa au sol pour la deuxième fois tandis que Krum remontait et Mary hurla :

- Il l'a ! Il a attrapé le vif !

- Tu es sûre ? demanda Sirius en se penchant.

- Oui !

Et comme pour le confirmer l'attrapeur Bulgare remonta lentement en cercle, agitant son poing et le visage luisant de sang. C'était extraordinaire qu'il ait réussi à attraper le vif dans de telles conditions. Le score s'afficha alors Bulgarie : cent soixante Irlande : cent soixante dix.

- L'IRLANDE A GAGNE ! hurla le commentateur. KRUM A ATTRAPE LE VIF MAIS L'IRLANDE GAGNE ! Merlin ! Qui aurait pu prévoir ça ?

- Il ne restait que ça à faire, soupira Mary un peu déçue.

Krum aurait mérité la victoire vu sa performance durant ce match. Mais c'était ce que disaient les Weasley avant le début du match : l'Irlande avait plusieurs joueurs exceptionnels et la Bulgarie n'en avait qu'un. En tout cas, l'attrapeur avait sauvé l'honneur de son pays.

La fin du match sembla aussi arrêter le combat entre les farfadets et les Vélanes qui reprirent leur apparence trompeusement magnifique mais avait l'air très abattues. Les mascottes des Irlandais rejoignirent leur équipe pour le tour d'honneur et sur leur passage les drapeaux verts des supporters s'agitaient de plus belle tandis que l'hymne de leur pays retentissait à tout rompre dans le stade.

La coupe de Quidditch, surdimensionnée, fut apportée. On commença par saluer le courage des Bulgares qui s'étaient quand même bien démenés et avaient offert du spectacle avant que la coupe ne soit remise aux champions du monde. Après les vivats et les dernières acclamations, les spectateurs furent conviés à quitter le stade pour retourner dans leurs tentes mais la fête était visiblement loin de finir. L'hymne de l'Irlande continuait à retentir parmi les supporters de l'équipe suivie par des détonations qui envoyèrent des feux d'artifices illuminer le ciel nocturne et des éclats de rire. Mary retrouva les Weasley quand ils arrivèrent à leur tente et ils se rassemblèrent une fois de plus autours de la grande table qu'ils avaient laissée là après le dîner. De succulents chocolats chauds atterrirent dans les mains des enfants pour essayer de faire redescendre l'excitation, ce qui n'était pas gagné vu la clameur qui régnait dans le camping.

- La feinte de Wronski était extraordinaire ! affirma Mary avec conviction. Je vais m'entraîner pour la réussir.

- Tu ne penses pas que c'est un peu dangereux ma chérie ? s'inquiéta Mrs Weasley. Quand on voit ce qui est arrivé à ce pauvre Lynch. Deux fois en plus !

- C'était plutôt Krum qui était exceptionnel oui ! intervînt Charlie en levant sa bière pour porter un toast à celui qui était sans doute le meilleur joueur du championnat.

Tous le monde suivit et Mary se laissa peu à peu envahir par la torpeur du chocolat chaud qui remplissait son estomac. Elle avait rarement veillé aussi tard dans une ambiance l'obligeant à rester sur le qui-vive et elle était fatiguée. Ce fut Ginny qui donna le signal de départ pour les plus jeunes quand elle tomba endormie sur la table et renversa ce qu'il restait dans sa tasse. Saluant tout le monde d'un geste, Mary partie se mettre en pyjama et se glissa dans son lit bien douillet tandis que Remus s'installait dans le salon pour la veiller, ne voulant pas la laisser seule dans la tente.

- C'était extraordinaire, bailla t –elle.

- Tout ce vide était effrayant, répliqua son serpent qui avait retrouvé son vivarium avec soulagement.

Elle ferma les yeux et le brouhaha de la fête de victoire la berça pour l'emporter vers le sommeil. Elle rêva d'elle, assisse sur un balai et jouant la finale qui mènerait l'Angleterre au titre de champion du monde. Elle volait, volait, volait et se sentait si légè-

- Mary ! Mary ! Debout ! Vite ! C'est urgent !

Elle fut brutalement tirée de son sommeil par les cris de Sirius et Remus et le fait qu'on la secoue.

- Hein ? Quoi !

Ouvrant les yeux et se connectant péniblement à la réalité, ce fut le bruit qui finit par la réveiller complètement. Les chants, les rires et le murmure des conversations lointaines avaient été remplacés par des hurlements et des piétinements précipités comme si beaucoup de gens étaient en train de fuir. Sentant l'urgence la gagner, elle se leva, mit ses chaussures et enfila la veste que lui tendait Remus tandis qu'il la poussait vers l'extérieur.

L'allée devant la tente était remplie d'une foule paniquée qui courrait droit en direction du petit bois en haut de la colline. La nuit était noire et seuls quelques feux encore allumés leur permettait de voir. Mais ces feux auparavant si conviviaux donnaient soudainement une ambiance beaucoup plus angoissante. Vers le bas du camping des gerbes de feu montaient au ciel, déclenchant d'autres cris. Les tentes brûlaient !

- Par ici Mary, lui ordonna fébrilement Remus avant de la pousser vers le bois elle aussi.

Elle s'empressa d'obéir, l'estomac noué. Elle se joignit à la marée humaine et se fit bousculer, des coudes s'enfoncèrent dans ses épaules et on lui marcha sur les pieds. Ce ne fut qu'au sommet de la colline, alors qu'elle allait être en sécurité qu'elle se rendit compte d'une chose essentielle qu'elle avait oublié dans la panique.

- Ladon ! cria t –elle. Il est dans la tente !

Elle l'avait laissé dans son vivarium fermé pour la nuit !

- Ce n'est qu'un serpent, répondit Sirius mais elle ne l'écoutait pas.

Dans son vivarium fermé et les tentes brûlaient ! Et non, ce n'était pas qu'un serpent ! C'était son meilleur et plus ancien ami. Il était hors de question qu'elle le laisse mourir comme ça ! Échappant à la main de Remus serrée sur son épaule, elle se précipita vers le camping ignorant les hurlements de ses deux gardiens. Ils ne pensaient que ce n'était "qu'un serpent". S'ils la rattrapaient, il ne faisait aucun doute que Ladon mourrait grillé ! Pourquoi n'avait –elle pas immédiatement pensé à le prendre ?! Promis, plus jamais elle ne l'enfermerait pour la nuit ! Pas même pour rassurer Sirius et Remus qui avaient peur qu'il s'échappe pour les mordre pendant qu'ils dormaient !

Elle arriva, soulagée, à sa tente qui était encore intacte même si elle sentait la chaleur des brasiers non loin. Elle entra précipitamment et ouvrit le vivarium, les mains tremblantes.

- Je suis désolée, haleta t –elle en le pressant contre son visage. Désolée.

- Il faut partir ! ordonna t –il.

Hochant la tête, elle sortit. Et resta figée devant le spectacle qui se jouait sous ses yeux. Des tentes en flammes s'étaient écroulées et elle voyait par-dessus les flammèches restantes un étrange rassemblement. Des gens entièrement vêtus de noir et encagoulés étaient rassemblés en cercle et semblaient rigoler en fixant quelque chose en hauteur. Elle leva le regard et vit quatre personnes suspendues dans les airs. Deux adultes et deux enfants. Avec un instant de retard elle reconnut Mr Robert, le moldu propriétaire du camping. Il devait s'agir de sa femme et de ses enfants. Et tous les quatre gesticulaient, arquaient le corps en hurlant à plein poumons. La panique saisit la rousse à la gorge et elle recula instinctivement pour se mettre à l'abri. Fébrilement, elle chercha sa baguette magique… et marcha sur quelque chose qui fit un bruit d'enfer. Attirant l'attention des hommes en noirs. Sous leurs capuchons, leurs visages étaient recouverts de masques argentés faisant penser à un crâne humain.

- COURS ! siffla Ladon.

Et c'est ce qu'elle fit. Elle partit à toutes jambes vers le bois en haut de la colline. Mais une des silhouettes encapuchonnée se matérialisa devant elle dans un nuage noir. Paniquée, elle fuit vers la gauche, s'enfonçant entre les tentes en flamme. Quand une autre silhouettes apparut devant elle, elle changea encore de trajectoire.

- Ils te font courir droit dans un piège, lui dit Ladon qui s'était positionné juste au dessus d'une de ses oreilles.

Il avait raison. Ils jouaient avec elle pour la mener où ils le voulaient. Alors quand le suivant se matérialisa, elle pointa sa baguette devant elle, le cœur battant à tout rompre et hurla :

- IMPEDIMENTA !

Le sort fusa et le toucha en pleine poitrine, l'envoyant valser sur le côté et libérant le passage. Mais ça ne marcha qu'une seule fois. Bientôt, elle se trouva acculée. Les capuches noires étaient en cercle autours d'elle.

- Mary Potter, cracha l'un d'eux. Tu ne sais pas à quel point ça nous fait plaisir de te rencontrer. C'est … un honneur.

Il inclina la tête moqueusement et elle s'agita, jetant un coup d'œil aux moldus toujours suspendus dans les airs et qui la regardaient avec des yeux ronds comme des soucoupes sous la panique et la douleur. Elle devait leur ressembler à cet instant là.

- Oh, ça ? demanda un autre. Tu as raison, ce n'est pas très polis de les faire attendre. Avada Kedavra.

La lueur verte jaillit et le corps de Mr Robert devînt subitement inerte. Ses yeux roulèrent dans ses orbites. Mort. Trois autres sorts similaires jaillirent et sa femme et ses enfants, ses enfants, le rejoignirent au rang de cadavre. Les corps retombèrent au sol comme de vieux sacs de patates.

- Qui… Qui êtes vous ? balbutia t –elle.

- Tu n'as pas encore compris petite idiote ? Morsmordre !

Il avait levé sa baguette au ciel et elle vit quelque chose apparaître au milieu des nuages. Un immense crâne brillant d'une lueur verte malsaine. Elle pâlit brutalement en reconnaissant ce signe. Sa mère le lui avait un jour montré et lui avait appris à fuir loin et vite si jamais elle le voyait.

La Marque des Ténèbres, le signe de Voldemort. Des Mangemorts ! Ces gens étaient des Mangemorts ? Oh doux Merlin ! La peur figea son corps et ses traits. Mais où donc étaient les aurors et les gens du Ministère ? Elle avait besoin d'aide !

- Ah, je crois qu'elle a compris, rigola grassement l'un d'eux. Mais tu as de la chance Potter, on ne va pas te tuer.

- Pourquoi ?

- Le Maître sera heureux qu'on t'offre en cadeau quand il sera revenu.

- En voilà une nouvelle intéressante, déclara lentement une voix féminine.

Une fraction de seconde plus tard, Mary sentir quelqu'un se presser doucement contre son dos et une odeur familière lui assaillir les narines.

- Oui, souffla Ladon, soulagé.

- Bonsoir Mangemort, continua la voix onctueuse de la mère de Mary.

- Que crois-tu pouvoir faire contre nous tous Sorcière Masquée ? ricana l'un d'eux. Nous sommes dix et tu es seule.

- Travers, il semblerait que tu sois beaucoup plus courageux quand tu portes ton petit attirail. Qui avons-nous d'autres ici ? Yaxley ? Goyle ? Nott ? Crabb ? Peut –être Malefoy aussi ? Et Pettigrow tant qu'on y est ?

Mary trembla en entendant les noms énoncés par sa mère. Goyle, Nott, Crabb, Malefoy. Les noms de ses camarades de classe. Leurs parents étaient donc Mangemorts ? Non. Sa mère devait se tromper. Pourtant, elle parlait d'une voix sereine et sûre et la plus jeune vit deux silhouettes frémir à l'entente de cette liste sans quelle sache à quel nom exactement.

- Mary ? Baisse toi.

Et la rousse se jeta au sol tandis qu'une détonation assourdissante retentissait soudainement au dessus d'elle. Des mouvements précipités, les pas de sa mère tout près d'elle, des claquements, des grognements. Une odeur de chaire brûlée. Mary osa jeter un coup d'œil à la scène. Sa mère s'était postée à cheval au dessus d'elle d'après le positionnement de ses jambes. Les Mangemorts tournoyaient autours d'elles deux, se relayant pour agresser de toute part le seul rempart entre eux et la Potter.

La plus jeune, toujours terrifiée, mais dont l'esprit reprenait peu à peu du service tendit sa baguette vers le dos de sa mère et murmura un Protego. Le bouclier doré se dressa, bien opaque et bien rassurant.

- Maintient le et ne bouge pas, lui ordonna soudainement la Maître des Potions.

Elle créa elle aussi un bouclier qui ferma le cercle de protection, les mettant brièvement à l'abris sous une cloche dorée. Sans attendre, l'adulte tendit sa main gauche devant elle et cracha le nom d'une rune qui illumina sa paume. Mary ouvrit de grands yeux en voyant une seconde baguette jaillir de sa peau. L'adulte l'attrapa d'un mouvement adroit et la pointa vers le sol en murmurant des mots que la rousse ne comprit pas. Ça commença par de petits craquements et des fissures qui coururent sous les mains de Mary. Puis un bruit sourd retentit et la sorcière leva brutalement la baguette. Alors, la terre s'ouvrit et se souleva tout autours du cercle qu'elles avaient formé avec leur Protego. Les Mangemorts poussèrent des hurlements tandis que le sol semblait les engloutir.

Mary fut soudainement arrachée au sol et il lui fallut une seconde pour comprendre que sa mère l'avait soulevée comme si elle n'avait rien pesé en s'enfuyait à présent à toutes jambes sans sembler gênée de porter un poids supplémentaire. En un rien de temps, elles dépassèrent la limite du camping et comme si elle n'attendait que ça, sa mère transplana brutalement. N'y étant pas préparée, la Potter sentit son estomac se soulever et quand elle réapparut, elle se pencha brutalement pour vomir.

- Mary ! Mary !

Elle avait à peine refermé la bouche qu'on l'étreignit si vivement qu'elle manqua de retourner vomir. Avec une seconde de retard, elle reconnut Sirius qui sanglotait à moitié dans ses cheveux. Il se redressa en la tenant contre lui et Remus vînt se joindre au câlin, encore tout tremblant. Avec beaucoup de retard, elle regretta d'être partie sans eux. Elle avait failli être capturée par des Mangemorts et si c'était arrivé, elle en serait morte à un moment où à un autre.

- Maman, dit – elle en se dégageant des deux hommes.

Elle se figea. Sa mère les regardait tous les trois avec un regard emplit d'une fureur sans nom. Sa magie les atteignit brutalement, les faisant frissonner. Du sang coulait depuis sa tempe et remplissaient le sillon que traçait la cicatrice sur sa joue. Sa manche gauche avait été calcinée et elle portait de vilaines traces de brûlures sur le bras concerné. Mary se tassa sur elle-même en essayant de faire complètement entrer la tête dans ses épaules, mais sans résultats. Elle finit par baisser les yeux en se recroquevillant un peu plus et elle pouvait deviner les deux adultes faire la même chose derrière elle. Après tout, ils avaient désobéi à l'ordre qu'elle avait donné : "n'allez pas à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch".

- Yoki !

Ils sursautèrent tous. Sa voix avait claqué comme un coup de fouet. L'elfe de Maison apparut et s'inclina si bas que son nez s'écrasa au sol.

- Tous à la maison, ordonna t –elle ensuite.

L'elfe leva une main sans se redresser et claqua des doigts. Une seconde plus tard, ils furent tous les quatre dans le salon du Phare. La Maître des Potions fit un geste brutal de la main et le canapé fit un bond en avant pour taper contre l'arrière de leur genoux et les obliger à s'y asseoir. Ils n'osèrent même pas protester et se tassèrent là tandis que la sorcière se mettait à faire des allers-retours furieux sous leurs yeux. Mary n'avait jamais vu sa mère dans un tel état et pourtant elle avait la colère facile. Même quand Cameron avait manqué de se tuer en sauvant Sirius elle n'avait pas été aussi furieuse.

- Comment avez-vous pu me faire ça ? demanda finalement la mère de Mary d'une voix étranglée par la colère.

- Crys… commença Sirius.

- Tais-toi !

Ouch ! Le ton de la sorcière faisait aussi mal que si elle leur avait donné un coup de fouet. La Serdaigle réussit à se recroqueviller un peu plus dans le canapé par elle ne savait quel miracle. Elle souhaitait être n'importe ou ailleurs. Mais bien sûr son vœu ne fut pas exhaussé et pire : sa mère s'intéressa à elle :

- Mary ? Regarde moi.

Il fallut à la rousse plusieurs secondes pour rassembler le courage de Gryffondor bien caché quelque part en elle et relever la tête. Elle leva lentement les yeux s'attardant sur les robes de sa mère, son bras blessé, son visage figé dans une expression glaciale et finalement ses yeux verts qui semblait luire de l'intérieur comme si la colère avait allumé un spot derrière.

- Tu m'as déçue aujourd'hui. Terriblement.

La voix était dure, mais calme. Et ça fit encore plus mal que si elle s'était mise à hurler. C'était aussi plus effrayant. Mary avait l'habitude que sa mère éclate facilement et hausse le ton. La voir autant se maîtriser disait qu'elle avait passé les derniers stades de la fureur. La rousse sentit les larmes lui monter au yeux. Entendre sa mère lui dire ça aussi clairement était douloureux. Elle ne voulait pas que ça arrive ! Elle n'avait pas voulu ça !

- Tu es consignée au Phare jusqu'à la fin des vacances, continua l'adulte, implacable. Va dans ta chambre et n'en sors pas avant l'heure du petit-déjeuner.

- Ma… commença t –elle.

- Maintenant, la coupa sa mère.

Mary tressaillit violemment. Aucun de ses parents n'avait jamais levé la main sur elle, mais là elle avait l'impression d'avoir reçu la première claque de sa vie. Et c'était horrible. Tremblante, elle se leva sans pouvoir empêcher les larmes de finalement couler sur ses joues. Elle avait l'impression que son corps pesait une tonne, que son souffle s'étranglait dans sa gorge tandis qu'elle retenait les premiers sanglots qui arrivaient. Mais sa mère n'en avait cependant pas fini avec elle : elle ordonna à l'elfe de maison qui les avait ramenés au Phare de se poster devant la porte de la rousse.

- Tu as perdu ma confiance Mary : je ne te laisserais plus espionner mes conversations comme tu avais l'habitude de le faire.

Et elle qui avait toujours pensé être si discrète ! Là, c'était le coup fatale. Elle sortit en courant de la pièce et arriva en quelques secondes dans sa chambre. Se jetant sur son lit, elle commença à pleurer si fort qu'elle suffoquait. La peur de son face à face avec les Mangemorts additionnée à la punition de sa mère étaient arrivés au bout de ses résistances. Elle pleura jusqu'à avoir les yeux si gonflés et douloureux qu'elle ne souhaitait pas les ouvrir. Elle reprit lentement son souffle et resta allongée là sans arriver à s'endormir, ce qu'elle aurait pourtant préféré.

- Ça va ? lui demanda doucement Ladon en la chatouillant de sa langue bifide.

- Non. Je me sens mal. Tu as entendu ce qu'elle m'a dit ?

- Oui. C'était trop dure.

- Non. Elle a raison.

Ils auraient pu essayer de négocier plus tôt en proposant à la Maître des Potions de venir avec eux à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch, par exemple. Mais ni Sirius, ni elle n'avaient eu envie de se coltiner la sorcière qui était tellement paranoïaque qu'elle ne les aurait pas autorisé à sortir de la tente et aurait gâché l'événement. C'était à se demander qui était le plus égoïste : Sirius, Mary où sa mère ?

- Tu as entendu ce qu'ont dit les Mangemorts ? reprit –elle plus tard.

- Quoi donc ?

- Que Voldemort allait revenir bientôt.

Le reptile s'agita et ne répondit pas. Oui, il avait entendu la même chose qu'elle. Mary s'entoura de ses bras. L'idée que Voldemort puisse revenir en chaire et en os la terrifiait après ce qu'elle avait vécu avec ses Mangemorts : ils avaient tué une famille entière de moldue en riant comme s'il s'agissait d'un jeu. De quoi serait capable leur Maître ?

Un long moment après qu'elle ait été consignée dans sa chambre, la Potter entendit des chuchotements devant sa porte. Enfin surtout celui de Yoki l'elfe qui avait quand même une voix assez stridente. Là, c'était le moment où sa mère venait lui parler calmement et lui expliquer les raisons de la punition avant qu'elles ne se réconcilient. C'était toujours le même rituel, même si avant c'était plutôt son père qui s'en chargeait. Mais il était mort.

Mais sa mère n'entra pas dans la chambre. Mary attendit pourtant longtemps après que l'elfe ait quitté son poste de garde, persuadée que la porte allait s'ouvrir. Mais non. Sa mère était repartie sans lui parler. Ce qui la glaça. Elle devait vraiment être très fâchée pour la laisser mariner plus longtemps dans sa chambre. La rousse tenta de se rassurer en se disant que l'adulte devait penser qu'elle dormait et n'avait pas voulu la réveiller, voilà tout.

Elle ne ferma pas l'œil de la nuit.


A suivre...