Nd"a": désolée, je n'ai pas eu le temps de répondre à tout le monde mais un grand merci pour vos adorables petits mots, c'est toujours une source de motivation et d'idées.

Je rappel le classement en M, tout à fait justifié pour ce chapitre.

Merci à ma béta adorée, Louvy


Lorsque Harry ressortit du bureau avec son ami, il ne fut pas surpris de trouver Peter qui l'attendait. Depuis qu'il l'avait rencontré, il avait appris à supporter la présence de ce baby-sitter encombrant. Et puis, l'ancien chasseur n'était pas si désagréable, bien que le brun ne puisse se libérer d'un étrange malaise en se présence. Il fut par contre plus étonné de trouver Lucius Malfoy en sa compagnie.

Les deux vampires se tenaient à trois bons mètres l'un de l'autre, se toisant d'une façon qui ne laissait aucun doute sur l'inimitié qui les animait.

- Ron, je te présente Peter Pettigrow. Il connaissait mes parents, ne put s'empêcher de préciser Harry à Ron.

Puis, se tournant vers le vampire à face de rat :

- Ron doit rentrer chez lui et je dois parler à Tom. Est-ce que vous pourriez le raccompagner, s'il-vous-plaît ?

Pettigrow sembla hésiter, surpris par cette demande.

- Les ordres du maître sont clairs : je dois rester auprès de vous.

- Je vais prendre le relais, Peter, intervint Lucius. Je ne pense pas que tu puisses mettre en doute mes talents de combattant si la nécessité de protéger Mr Potter ici se faisait ressentir. À moins que tu ne veuilles qu'on se mesure l'un à l'autre ? insista le blond de sa voix traînante et noble.

- Non, bien sûr que non… bafouilla le peureux Peter en se reculant.

- Ne vous inquiétez pas. Je vais rester à l'intérieur et rejoindre Tom le plus rapidement possible, promit Harry.

Il n'avait pas envie de le mettre à mal, mais il avait besoin de l'éloigner un petit moment. Cependant, le voir ainsi tremblant de peur — de décevoir son maître tout autant que de recevoir une raclée par Malfoy senior — ne pouvait qu'émouvoir le jeune homme toujours trop sensible au malheur des autres.

Peter abdiqua et invita silencieusement Ron à le suivre. Le rouquin offrit un sourire à son ami avant de suivre le vampire. Harry l'observa partir ; il savait qu'il avait pris la bonne décision, mais son ami allait quand même lui manquer.

- Merci pour votre aide, Mr Malfoy, reprit Harry une fois que Peter se fut suffisamment éloigné.

- Je vous en prie, Harry. Je vous dois la vie, ceci est une bien maigre rétribution. Vous souhaitiez me parler ?

Harry sourit et ne s'interrogea même pas sur les capacités de déduction de l'aristocrate.

- Je voulais juste que vous rassuriez Narcissa au sujet de Draco. Ron vient de me confirmer qu'il était sous la protection de Remus Lupin. C'est lui qui dirige la meute, il ne risque donc rien. Et Tom est d'accord pour qu'il revienne très prochainement. Je suis vraiment désolé… murmura Harry. C'est de ma faute si tout cela est arrivé.

Le brun avait baissé la tête et s'étonna de sentir une main froide l'obliger à la relever. Il rencontra alors des yeux gris et brillants qui ne reflétaient aucune colère.

- Harry, Narcissa et moi ne vous tenons aucune rancune pour l'enlèvement de Draco. Notre fils savait à quoi s'attendre ; et s'il vous a suivi, c'est qu'il pensait que c'était la bonne chose à faire. C'est la première fois qu'il s'investit autant pour quelqu'un d'autre que lui-même. C'est un peu comme s'il commençait à trouver une autre voie, et c'est tout ce que nous souhaitons pour lui. Severus connait l'Alpha et nous a déjà rassurés sur le devenir de notre fils. Nous avons hâte de le revoir bien sûr, mais nous sommes sereins sur la suite. Vous êtes notre espoir en l'avenir, Mr Potter. Depuis que vous êtes là, tout nous semble possible.

Harry lui offrit un faible sourire.

- Je crains que vous ne mettiez trop d'espoir en moi. Je ne suis qu'un divertissement pour Tom. Je n'ai aucun poids sur ses décisions.

Lucius Malfoy éclata d'un grand rire cristallin.

- Vous avez certainement raison… Aucun poids. Il n'y a donc aucun rapport entre votre récente dispute et le fait que le maître soit en train de détruire le salon et de torturer les serviteurs qui s'y trouvent.

Le sourire du brun disparut.

- Vous êtes important pour lui, Harry. Mais n'oubliez pas qu'il n'est pas humain. Il y a certains paramètres à prendre en compte. Narcissa connaissait nos… particularités, mais il a quand même fallu un certain temps pour qu'elle s'habitue à quelques uns de nos traits de caractère.

Lucius se tut, se perdant un instant dans ces souvenirs. Puis le regard interrogateur et intéressé du jeune homme le poussa à poursuivre :

- Nous sommes très possessifs, Harry. D'une manière excessive, mais c'est inscrit dans nos gênes. Dans les premiers mois de la création d'un lien, sentir l'odeur d'un autre sur notre compagnon nous rend fou. Nous ne supportons pas de le partager avec qui que ce soit. Je vous assure que Narcissa a failli me mettre dehors plus d'une fois. Gardez bien en tête cela et multipliez-le par dix lorsque cela concerne le maître. Il a toujours eu l'habitude de tout diriger et que tout le monde lui obéisse au doigt et à l'œil.

Harry repensa à certaines attitudes de son vampire, et un étau se referma à nouveau sur son cœur. Certes, la situation n'était pas exactement la même, puisqu'il n'y avait pas de vrai lien entre Tom et lui, mais il le considérait certainement comme son compagnon du moment.

- Merci pour tout, Lucius.

L'aristocrate se contenta de hocher la tête en s'arrêtant devant la porte du petit salon.

- Je vais attendre ici. Si vous avez besoin de quelque chose, criez et je rentrerai.

Comprenez : « Si le psychopathe qui vous sert de compagnon devient dangereux, hurlez à la mort pour que je vienne vous tirer de là. » Le brun sourit.

- Merci Mr Malfoy, mais cela ne sera pas nécessaire. Tom ne me fera jamais de mal.

L'aristocrate se contenta de hocher la tête avant de se détourner et repartir par le couloir qu'ils venaient d'emprunter.

Harry sursauta en entendant un petit cri féminin et soupira avant d'ouvrir la porte. Le salon était sens dessus dessous, des débris de vaisselle et de bibelots jonchant le sol. Une jeune servante pleurait, affalée sur le sol en se tenant la joue, pendant qu'une autre tentait de sauver ce qui pouvait l'être.

- Bande d'incapables ! Si vous ne pouvez même pas dresser une table correctement, vous ne m'êtes d'aucune utilité. Je suis entouré de gens inutiles !

- Pa… pardon, maître, bafouilla la plus âgée.

Harry aperçut l'éclat écarlate dans le regard de son amant et le vit lever la main, prêt à frapper.

- Je ne t'ai pas autorisé à parler en ma présence, insignifiante créature.

Mais sa main fut arrêtée par celle, douce, du jeune homme. Le regard rouge de colère se vrilla sur lui, et il ouvrit la bouche pour laisser éclater sa rage. Harry le coupa avant qu'un seul mot n'ait passé ses lèvres :

- Allez-vous en, ordonna-t-il en s'avançant vers les deux servantes, passant devant Tom. Et que personne ne vienne ici jusqu'à nouvel ordre.

- Oui jeune maître.

- Merci jeune maître… murmura la femme en pleurs en se relevant précipitamment.

Elles quittèrent la pièce aussi rapidement que possible sans demander leur reste.

- Pour ton bien, Harry, sors immédiatement, grinça la voix glaciale de Lord Voldemort dans son dos.

Harry pouvait sentir sa colère l'entourer et il frissonna, se retournant malgré tout vers son amant.

Il n'avait pas peur de lui. Il n'avait pas menti à Lucius Malfoy en lui disant qu'il ne lui ferait jamais de mal ; il le sentait au fond de lui… Mais cela ne voulait pas dire que Tom n'aurait pas envie de le punir à sa manière pour ce qu'il considérait certainement comme une petite révolte.

Le vampire regarda la faible créature s'avancer vers lui. Il voyait encore tout en rouge et avait envie de tout casser, de détruire ce qui l'entourait, de faire du mal Il lança un nouveau vase contre le mur et eut le plaisir de voir son humain sursauter. Mais celui-ci ne recula pas pour autant.

- Tom, je suis désolé, je n'aurais pas dû…

- Tais-toi ! grogna-t-il en empoignant le petit brun.

Il le relâcha et se recula précipitamment, comme s'il s'était brûlé.

- Tais-toi et va-t'en ! Sinon, je ne réponds plus de rien !

Lord Voldemort avait eu du mal à ne pas laisser aller sa rage, mais il ne voulait pas faire de mal à son jeune amant. Il avait eu assez de difficultés à réacquérir sa confiance et voulait tenter de la conserver. Mais il sentait la colère gronder en lui, et il n'arrivait pas à la canaliser.

Le vampire vit Harry s'avancer à nouveau vers lui, ses grands yeux verts le suppliaient de l'écouter. Mais il n'avait pas envie d'écouter, il avait envie de frapper. Il leva les mains, et l'éclair de peur dans les yeux de son protégé l'obligea une fois de plus à se retenir.

- Va-t'en Harry, ordonna-t-il, un peu plus calmement. Je n'ai pas envie de te faire de mal.

- Je le sais, Tom, mais je veux m'excuser. Je n'aurais pas dû te parler ainsi, te dire…

- Me parler ainsi ?! Personne ne conteste mes ordres ! hurla le vampire. Et toi, tu te permets de m'insulter et de rompre tes promesses devant un inconnu !

Le lord sentait sa colère remonter en flèche. Harry devait lui obéir ! Il savait ce qui était bon pour lui, et surtout, il ne devait pas rester proche d'autres personnes. Il était à lui et rien qu'à lui ! Il avait fait beaucoup d'efforts pour lui, et c'est comme cela qu'il le récompensait ?!

- Tu as raison, Tom, murmura le petit brun.

- Bien sûr que j'ai raison ! s'emporta à nouveau le vampire. Les gens me respectent, m'obéissent !

- Je te respecte, Tom.

- Les gens se prosternent à mes pieds, et ils…

Le vampire se figea en voyant son jeune amant se laisser tomber sur ses genoux à ses pieds et baisser la tête devant lui.

Plusieurs sentiments s'affrontèrent alors en lui. Il était heureux de sentir son protégé se soumettre enfin à lui, puis il fut triste de le voir se comporter comme n'importe lequel de ses serviteurs.

Mais finalement, le sentiment qui prédomina fut l'excitation. Voir le jeune homme dans cette position lui donnait des envies bien peu avouables. Lord Voldemort avait l'habitude de tout diriger, et surtout de dominer son entourage dans tous les aspects de sa vie — qu'ils soient professionnels, personnels… ou encore sexuels.

Il avait dû mettre de côté certaines de ses pratiques depuis qu'il avait promis à Harry de ne plus aller voir ailleurs. Mais en ce moment, son côté vampirique le poussait à assoir sa domination sur son amant de la plus délicieuse des façons. La bosse qui se formait au niveau de son entre-jambe rendait tout à fait visible ses envies grandissantes.

Tom se secoua et tenta de reculer. Il ne voulait pas faire de mal à son petit serpent. Cependant, son geste fut arrêté par une main sur sa hanche. Une main douce et timide, voir presque tremblante, qui se faisait pourtant entreprenante en essayant de déboutonner son pantalon.

Le vampire frissonna d'anticipation, et son sexe était déjà bien éveillé quand il fut libéré de son carcan de tissu. Sa colère avait fait place à un autre sentiment tout aussi puissant, et c'est un regard avide qui se baissa vers sa tendre proie.

Harry gardait la tête baissée, et il avança doucement pour titiller le bout du sexe. Il était légèrement hésitant, et Tom perçut les tremblements beaucoup trop forts de son amant. Son excitation retomba un peu face à l'appréhension du jeune homme.

- Tu n'es obligé de faire cela, indiqua-t-il d'une voix plus douce.

Le petit brun leva ses yeux émeraude vers lui, et il se contenta d'un petit sourire tendre et presque assuré avant d'engloutir sa verge d'un coup.

Tom ne put retenir un gémissement rauque quand l'intense chaleur l'enveloppa. Il se détendit, se laissant porter par ces merveilleuses sensations. Harry n'était peut-être pas expérimenté et faisait quelques erreurs, mais il compensait par son enthousiasme. La bouche du jeune homme s'activait sans laisser beaucoup de répit à son amant. Une main monta timidement caresser les bourses déjà bien tendues.

Le vampire soupira. Il n'allait pas tenir longtemps à cette cadence, et il était hors de question que tout se termine aussi vite. Et il ne voulait surtout pas se libérer dans la bouche de son amant. Il n'allait quand même pas le dégoûter alors qu'il venait déjà de faire un énorme effort pour s'engager dans cette caresse.

Il posa des mains, maintenant douces, sur la tête du brun, l'incitant à s'arrêter et à lever les yeux vers lui. Sa bouche était rougie et ses yeux brillants. Tellement sexy, comme toujours ! Et il était à lui, rien qu'à lui !

- Déshabille-toi, ordonna-t-il d'une voix rauque, et c'est avec plaisir qu'il vit son petit serpent obéir sans une seule hésitation.

Voldemort l'obligea à se relever et le hissa sur la grande table du salon, complètement débarrassée suite à sa précédente crise.

Il manipula son jeune amant jusqu'à ce qu'il se retrouve à quatre pattes devant lui, les fesses offertes. Le grand miroir qui trônait dans le salon n'avait jamais été prévu à cet effet, mais Tom était heureux de pouvoir s'en servir ainsi. Il positionna Harry de façon à ce qu'il puisse voir son reflet dans le miroir.

Soudainement, il enfonça un doigt dans son intimité sans beaucoup de douceur

- Tu es à moi Harry, et je veux que tu ne voies personne d'autre…

Le petit brun gémit devant la caresse intime.

- Je ne suis pas un objet… mais… Oh… Je… je peux faire des concessions et… humm… ne plus voir mes amis pour le moment.

Un deuxième doigt rejoignit le premier et s'activa à son tour.

- Tu ne dois pas me contredire !

- Tom ! Humm… Je ne le ferai plus devant d'autres personnes, mais… ah… tu ne m'empêcheras de… de te dire ce que je pense.

- Tu es à moi, reprit le vampire en se positionnant derrière lui et en le pénétrant brutalement.

- Ah… !

- Tu es à moi ! insista Voldemort en accentuant son mouvement.

Il ne put retenir un petit sourire en entendant le cri de plaisir de son jeune amant. Il s'évertua alors à garder ce même angle et à amplifier ses mouvements, le pilonnant sans ménagement.

- Lève la tête et regarde-toi, ordonna-t-il.

Il poussa plus fort et obtint un nouveau cri de plaisir.

Harry ouvrit les yeux et rougit devant le spectacle qui s'offrait à lui. Il se voyait complètement nu, les cheveux encore plus défaits que d'habitude, les joues rouge vif, et Tom en train de s'activer derrière lui. Le regard de braise s'accrocha au sien.

- Tu es à moi… psalmodia le vampire au creux de son oreille.

Il s'activa davantage jusqu'à ce qu'il se libère enfin dans un râle rauque, sa main enserrant la verge de son amant. Il lui prodigua quelques caresses supplémentaires qui l'amenèrent à son tour à l'extase.

Ils restèrent un instant dans cette position, affaissés sur la table du salon, jusqu'à ce que Harry brise le silence.

- Si c'est comme ça après chaque dispute, je crois qu'on va se disputer souvent, s'amusa-t-il en levant un regard pétillant sur son amant.

Et Tom ne put retenir un grognement presque exaspéré. Il sentait qu'il allait regretter le calme de sa vie de célibataire. Malgré tout, sa prise sur la taille de Harry se resserra possessivement.


Sirius se campa sur ses pieds et prit une grande inspiration. Inspirer… Pfouu… Expirer… Il répéta trois fois l'opération avant d'abandonner sa posture. Décidemment, ces techniques de relaxation étaient aussi stupides les unes que les autres.

Il inspira malgré tout une dernière fois avant d'ouvrir la porte du square Grimmaurd. Mais une résistance lui fit face, et il grogna en fouillant dans ses poches. Heureusement que, en tant que propriétaire légal des lieux, il avait les clés. Il introduisit l'objet dans la serrure et s'énerva en voyant qu'elle ne tournait pas. Ces imbéciles avaient dû changer la serrure sans l'en avertir.

- Et merde !

Sirius s'acharna sur la serrure en voyant que la porte ne s'ouvrait toujours pas.

La porte s'ouvrit brusquement sur Maugrey.

- Vous allez arrêter de faire tout ce raffut ! s'agaça l'homme.

- Je n'arrivais pas à rentrer.

- C'est normal, on a un peu arrangé la sécurité.

Sirius leva la tête pour suivre l'endroit indiqué par le vieux chasseur, et il nota un clavier à code flambant neuf. Pour arranger les choses, les imbéciles avaient fait installer une alarme à code. Il décida de tenter sa chance.

- C'est une excellente idée. Quel est le code ? demanda nonchalamment l'ancien prisonnier.

- Désolé mais je ne vais pas pouvoir t'aider. Notre cher Albus devient bien trop méfiant ; je n'ai pas non plus le code.

L'ancien prisonnier passa une main fébrile dans ses cheveux, essayant de réfléchir à une solution pour obtenir le précieux sésame.

- Allez Black, entre. Tu vas me tenir un peu compagnie. Et pour une fois, j'en ai besoin.

Sirius se figea un instant. Si Maugrey Fol'Œil était fatigué, c'est qu'il avait eu une activité intense. Et qui disait activité, disait un Severus en mauvais état. Il se sentit blêmir en pensant que le chasseur allait certainement lui demander de l'aider dans son horrible besogne.

Il resserra instinctivement la main sur l'arme dans sa poche. Cette fois, il ne ferait pas de mal à Rogue, et il tenterait sa chance pour le sortir de là immédiatement si c'était nécessaire. Mais il espérait de tout cœur que cela n'arriverait pas. Après tout, il n'y avait plus qu'une nuit à attendre. Une malheureuse nuit, et Remus lui avait promis de l'aider, mettant ses loups à contribution.

Sirius relâcha sa respiration quand il vit que Maugrey se dirigeait vers le salon, dans la direction opposée aux cachots. Il s'installa sur un fauteuil et tendit la main vers la petite table, sur laquelle trônaient un verre et une bouteille de whisky.

- Tu m'accompagnes, Black ?

- Pourquoi pas. Qu'est-ce qu'on fête ? demanda-t-il pendant que le vieux chasseur ramenait un second verre.

- La solution à tous nos soucis ? murmura amèrement l'homme.

- Rogue a enfin parlé ? demanda avidement Sirius — d'un certain côté, il l'espérait presque, pour que la torture ait enfin pris fin.

- Non, il est vraiment coriace. Et je dois avouer que j'admire presque son courage. Il doit vraiment aimer son maître et être convaincu qu'il est dans le vrai pour subir tout cela pour lui.

Sirius serra les poings. Bien sûr que Severus était courageux ! Quant à Lord Voldemort, l'ancien prisonnier se demandait de plus en plus qui était vraiment le méchant dans l'histoire. Il n'avait fait aucun mal à Harry, et semblait même le protéger et l'apprécier… à sa façon. Alors que le gentil Dumbledore avait des réactions pour le moins… « étonnantes ».

- Je suis quand même content que cela soit terminé. Je dois reconnaître que ce n'est plus de mon âge, tout ça.

- Comment cela, tout est terminé ?

Sirius se retint de se lever pour courir au sous-sol vérifier que son vampire préféré était toujours bien en vie. Il n'avait pas fait tous ces efforts pour échouer si près du terme !

- C'est Gellert qui a proposé une nouvelle alternative à la torture classique. Hum… Ce gars est vraiment dangereux et vicieux, et je ne pense pas que nous puissions lui faire confiance.

- Je suis bien d'accord avec toi, répondit Sirius en se laissant à nouveau aller au fond de son siège — ouf… il était donc toujours en vie. Et quelle est donc cette solution miracle ?

- Obliger Rogue à prendre un calice.

L'esprit de Sirius se bloqua à cette nouvelle. S'il n'avait pas parfaitement maîtrisé ses réactions, il en aurait recraché son whisky.

- Un calice ?

- Et bien, Black, tes connaissances sur les vampires te font-elles tellement défaut que tu ne sais pas ce qu'est un calice ? se moqua amèrement Maugrey.

- Bien sûr que si ! se renfrogna l'ancien prisonnier. Mais on ne peut pas obliger un vampire à prendre un calice. Et comment voulez-vous trouver ce « fameux » calice ?

Le sourire du vieux chasseur disparut.

- Albus a convaincu une stupide jeune femme, qui a certainement lu trop de livres sur les vampires, de se porter volontaire pour cela. Elle l'a même quasiment supplié pour devenir calice. Elle a l'air de considérer que les vampires sont des créatures de la nuit des plus romantiques et séduisantes, et que se faire mordre par eux est le summum du plaisir.

- Elle n'a pas tout à fait tort, ne put s'empêcher de sourire Sirius.

- Une morsure peut aussi être une douleur sans nom. Et devenir calice, c'est être dépendant à vie d'une autre personne, qu'elle va à coup sûr finir par haïr. Pauvre femme… Je n'apprécie pas qu'on utilise ainsi les civils.

Sirius réfléchissait à toute vitesse. Si les calices étaient dépendants de leur vampire, l'inverse était encore plus vrai. Les vampires ne pouvaient se nourrir qu'à leur calice, et leur instinct de protection pouvait les pousser à faire n'importe quoi. Il n'osait se demander jusqu'où Albus serait prêt à aller pour obtenir ce qu'il voulait. Est-ce qu'il serait prêt à malmener et sacrifier un être humain sans aucune pitié ?

- Mais on ne peut pas forcer un vampire à prendre un calice, insista le chasseur, restant le plus stoïque possible.

- Non, mais Gellert semble penser que Rogue préférera le faire pour sauver la vie à cette personne. Cela me dégoûte d'autant plus de lui faire subir cela.

Devant l'air interrogatif de Sirius, il poursuivit :

- La jeune femme est enfermée avec lui dans les cachots. Vu son état, et comme il n'a pas été nourri depuis plusieurs jours, il ne va pas tarder à se jeter sur elle et à la vider de son sang — je suis d'ailleurs étonné qu'il résiste aussi bien pour le moment. D'après Gellert, dès qu'il aura repris ses esprits, il la transformera pour lui donner les forces suffisantes pour survivre.

- Il pourrait la transformer en vampire. Pourquoi en calice ?

- Notre cher ami prétend que Severus déteste sa condition et qu'il ne l'imposera donc jamais à une autre personne. Le calice reste relativement libre et totalement humain.

- Mais si tout cela ne fonctionne pas, cette pauvre femme mourra.

Maugrey leva son verre.

- D'après toi, pourquoi ai-je besoin d'un remontant ?

Alors que le vieil homme avalait une grande gorgée du liquide ambre, Sirius réfléchissait à toute vitesse à cette nouvelle et dérangeante situation.

- Tu es tout seul ? demanda-t-il, mine de rien.

- Albus et Gellert sont à l'étage depuis plus d'une heure. Je me demande ce qu'ils peuvent bien ficher ensemble, ces deux-là… maugréa le vieux chasseur.

- Je préfère ne pas y penser. Je reviens tout de suite, indiqua Sirius en se levant.

Il sortit de la pièce et se dirigea vers les toilettes, vérifiant bien qu'il n'y avait personne en vue. Il sortit son téléphone et composa fébrilement un numéro. Il devait sortir Rogue de là ce soir, et tant pis pour le plan A ! Il allait falloir enclencher le plan B, tout de suite.

- Salut Remus. Tu peux me passer Blondie ?