Hi tout le monde !

Nouvelle dizaine nouvel OS ! Bon, c'est du réchauffé mais fallait bien en passer par là =)

Je vous remercie toutes infiniment pour tous vos messages =) On avance dans le temps au fil de cet O.-s, la fin approche et ça me tord les boyaux honnêtement... mais bon... faudra bien qu'ils fassent leur vie tous seuls comme des grands maintenant :)

* = Il est évident que je ne parle pas le japonais, mais j'avais une amie qui était native de Tokyo qui m'avait appris quelques mots. J'ai donc piqué les traductions sur internet et à mes brefs souvenirs, je suis navrée par avance s'il y a des fautes, mais c'est compliqué de parler de choses que l'on connaît mal... J'ai fait ce que j'ai pu en tout cas, celles qui me connaissent savent maintenant que faire des recherches est une partie intégrante de mon travail de rédaction et que je tente toujours de les faire du mieux possible... mais bon, je sais qu'internet n'est pas toujours fiable.

Je vous embrasse,

prenez soin de vous

Tiftouff.

" Une putain de belle vie"

POV Edward :

Le coeur de notre petit bébé battait fortement. L'échographie nous montrait ce petit bout de chou qui grandissait dans le ventre de ma femme. Prévu pour mi-janvier... Maria passait la sonde sur le ventre de mon épouse pour observer notre enfant.

- Tout a l'air de bien aller... Vous vous sentez bien, Bella ?

- Oui, ça va très bien !

- Pas de fatigue ?

- Pas plus que pour les deux précédentes...

- C'est parfait... Nausées, vertiges ?

- Pas de nausées... quelques vertiges occasionnels...

- Bien... Le bébé est en bonne position, il faut espérer qu'il restera comme ça jusqu'à l'accouchement !

C'est toujours une émotion particulière de voir mon bébé dans le ventre de ma femme... Et ça me serre autant le coeur à chaque fois. C'est notre deuxième échographie pour notre troisième enfant, mais j'ai tellement hâte de ces moments... surtout de le voir et le prendre dans mes bras... J'espère que ce sera un garçon... mais si c'est une fille, ça sera merveilleux aussi !

- Vous voulez savoir le sexe ?

Ma femme m'observait. Elle aurait aimé la surprise mais elle savait mon impatience... elle voulait la surprise !

- Qu'est-ce que tu veux faire, Bella ?

- Choisis Edward... Peu importe...

Elle m'a offert un troisième enfant...

- On va garder la surprise !

- Vous êtes certains ?

- Tu es sûr Edward ?

- Oui... Comme ça, je serai encore plus impatient ! souriais-je.

Bella m'adressait un sourire et nous reportions notre attention sur l'écran face à nous. Je voulais vraiment ce bébé...

- Plus que quatre mois à attendre... Allez... Bon, si tout va bien on se revoit pour la troisième échographie... Vous prendrez le rendez-vous en sortant au secrétariat... On dit au-revoir au bébé...

- Salut bébé...

Maria lançait l'impression des clichés de l'échographie et coupait l'écran puis retirait la sonde.

Nous quittions son bureau et grimpions dans l'ascenceur pour aller voir Carlisle. Dans le tout petit espace, j'attrapais ma femme contre moi.

- J'ai hâte de voir ce bébé...

- Moi aussi...

- Comment on va faire... j'veux dire... pour l'appartement...

- On mettra le bébé dans notre chambre et on continuera à chercher une maison...

- J'vais foutre le bureau et la bibliothèque chez mes parents dans le grenier pour libérer de l'espace pour le petit lit en attendant...

Nous nous étions décidés pour quitter notre chez-nous, mais nous prenions notre temps pour trouver la maison idéale, qui nous correspondrait. Pour l'instant, nous pouvions loger le bébé dans la chambre avec nous, mais ensuite nous devrons quitter cet endroit qui avait abrité notre vie de couple et de famille pendant toutes ces années. Ce sera une étape difficile... je sais bien que ce n'est que du matériel, que quatre briques collées ensemble... mais quand même... On a tout vécu dans cet endroit...

Dans son bureau, nous retrouvions mon père, qui consultait un dossier sourcils froncés.

- Oh les enfants ! Alors, comment va ce bébé ?

Il s'approchait de nous et posait ses mains sur le ventre rond de ma femme.

- Ca va bien...

- Vous savez le sexe ?

- Non, surprise !

- Roh ! Mais je voulais savoir ! boudait-il.

Bella riait.

- Navrée Carlisle... mais la décision finale revient à votre fils !

- Quel rabat-joie celui-là alors !

Il me tapotait l'arrière de la tête en souriant et je remarquais qu'il avait déjà inscrit sur son petit drapeau sur sa plaque Docteur papi x3 Carlisle Cullen. Ses petits-enfants, c'est quelque chose ! Sur son bureau, il n'y a que des photos d'Elise et Jordane. Esmé et nous avions un petit espace à gauche dans un cadre tous les trois, mais les filles occupaient une grande partie de la surface.

- Bon, qu'est-ce que tu fais P'pa ? Ca bosse ?

Il s'asseyait derrière son bureau et observait l'endroit, presque triste.

- Qu'est-ce qui va pas ?

- Je vais prendre ma retraite...

Quoi ? Papa va prendre sa retraite ?

- Tu vas faire ça ?

- Oui... J'ai informé l'administration voilà une semaine et ils m'ont donné leur accord.

- Mais... quand...

- Mi-février. Le 15 très exactement...

Ben alors ça... Ca m'en bouche un coin ! Papa à la retraite...

- Vous êtes prêt pour ça, Carlisle ?

Il opinait.

- Ca fait longtemps que j'y réfléchis... J'ai passé beaucoup de temps ici et je ne pense pas que si j'avais travaillé ailleurs, ça se serait aussi bien passé... mais voilà. Il est temps. Je dois laisser ma place à d'autres médecins plus jeunes...

- Tu vas manquer à beaucoup de patients...

- Ca me manquera aussi, crois-moi Edward... Mais je veux aussi profiter de tout le monde... De ce troisième bébé qui va arriver et qui me met un baume incroyable au coeur, d'Elise et de Jordane, qui grandissent tellement vite... De vous, de ta mère...

Franchement... punaise... papa à la retraite... retraite... ça fait tellement... «vieux»... mon père n'est pas vieux...

- Le directeur m'a tout de même proposé un siège au conseil d'administration et je vais sûrement investir dans l'hôpital... faire quelques recherches scientifiques... Je ne vais pas couper totalement, j'en serai incapable ! Je n'arrêterai que lorsqu'ils me diront que je suis trop vieux crouton pour ça !

Il riait, mais je le sentais et le savais ému. Ca aussi, c'est une drôle d'étape dans la vie... Je me levais pour passer derrière son bureau et l'étreindre un instant.

- Tu seras jamais un vieux crouton P'pa...

- Que dieu t'entende, fiston !

Il me serrait avec une certaine force, que je tentais de rendre sous le regard de Bella. Carlisle me tapotait le dos.

- Bon allez ! Ca suffit ces jérémiades, j'vais me mettre à pleurer comme un oignon ! Je vous offre un verre ?

- Pas d'alcool pour la dame !

- Voyons, tu me prends pour qui ?

Il souriait et nous fit quitter son bureau.

Papa à la retraite... et ben...

..::..

PDV Rosalie.

Nolan s'approchait de la table.

- Vous faites quoi ?

- On révise le japonais de ta soeur...

Je le prenais sur mes genoux. Leane avait entendu parler du Japon à l'école, son pays d'origine. Bien sûr, elle n'ignorait rien de son adoption, et depuis quelques temps, elle nous faisait part de son désir de découvrir sa patrie. Emmett et moi avions fait quelques économies qui nous permettraient d'entamer un tour du Japon cet été, ainsi qu'un petit séjour en Irlande, le pays de Nolan. Adopter des enfants élargit une certaine culture, et j'aime découvrir tout ça... Notre fille est extrêmement curieuse, dans le bon sens. Avide de connaissance, de savoir, d'anecdotes diverses...

Dans sa soif de culture, Leane avait voulu apprendre quelques rudiments de japonais et je m'étais décidée à apprendre également, pour qu'elle soit accompagnée dans cette aventure. Je voulais que Leane sache que nous prenions très à coeur son intérêt pour son pays, qu'elle sache qu'on l'aime assez pour faire cela... et j'avais hâte de la voir découvrir le Japon, et particulièrement Osaka, là où nous avions été la chercher... Nolan n'avait pas le problème de la langue, mais l'Irlande était également un endroit magnifique que nous lui faisions découvrir, même s'il semblait avoir moins d'enthousiasme que sa soeur. Il est né en Amérique, donc le pays d'origine de ses parents reste une idée vague pour ainsi dire.

- Konnichi wa ! (*)

- Koniti oua...

Leane éclatait de rire en entendant Emmett répéter de la cuisine.

- T'es vraiment nul papa !

- J'me débrouille mieux en espagnol qu'en japonais !

- Ca veut dire konnichi wa ? me demandait Nolan.

- Ca veut dire bonjour !

- Ah bon... et comment on dit «au-revoir» ?

- Sayônara !

Leane lui avait répondu rapidement. Elle assimilait très bien sa langue maternelle...

- Oh bah dis donc c'est compliqué !

- Tu t'en rappeleras Nolan de ça ?

Il me regardait bizarrement.

- Pourquoi ?

- Quand on va aller en vacances au Japon, tu devras rester poli et le dire aux gens...

Il écarquillait les yeux et Leane se mit à crier.

- ON VA AU JAPON ?

J'opinais.

- OH MAIS C'EST SUPER !

Elle se jettait sur moi et me serrait très fort contre elle. Nous ne lui avions pas dit, nous avions attendus d'être sûrs d'avoir assez d'argent pour finaliser ce voyage onéreux.

- C'EST TROP TROP GENIAL ! ON PART QUAND ? DEMAIN ?

Je riais.

- Oh non ma chérie, il faudra attendre les vacances d'école pour ça...

- Les petites ?

- Non, les grandes !

- Oh c'est dommage...

Elle semblait déçue.

- Mais nous partirons deux semaines, pour que tu ais le temps de tout voir... Et ensuite nous irons en Irlande...

- Pourquoi en Irlande ?

- Parce que c'est le pays de Nolan...

- Ca va faire un long voyage alors !

- Oui, mais vous découvrirez deux très beaux pays !

Leane quittait mes bras pour filer dans ceux de son père.

- Tu viens au Japon avec nous ?

- Bah, évidemment que j'viens ! Qui me ferait la cuisine sinon si je restais tout seul ici ?

Oh doux jésus... Leane revenait vers moi et s'agenouillait sur sa chaise.

- Maman, je voudrais bien qu'on essaie de trouver une recette pour faire un repas japonais !

Ouh... mais je suis sa mère, je dois l'aider !

- Nous irons voir lundi au magasin si nous trouvons un livre de recettes qui donne des idées, et nous ferons un repas japonais... On invitera tout le monde, d'accord ?

- Oh oui ! On mangera avec les baguettes ! J'ai trop envie de mettre ma robe japonaise !

Parce qu'évidemment, elle a une robe type chinois, blanche avec des motifs de dragon rouge. Et la baguette pour coincer dans le chignon !

Nolan tapait sur la table avec sa main.

- Et moi je veux qu'on fasse un repas avec des hamburgers !

Et toc ! Nous éclations de rire avec Emmett qui s'approchait pour le prendre dans ses bras.

- Bien joué fiston !

- Et du coca ! Moi, j'sais pas manger avec des baguettes !

- T'en fais pas... On prendra une fourchette !

De sa chambre, nous entendîmes Leane raler.

- NON ! PAS DE FOURCHETTE !

De nouveau, nous nous mîmes à rire. Leane réapparut dans sa robe.

- Non mais c'est vrai hein ! On mange TOUT avec des baguettes au Japon ! Tout !

- Même les petits pois ? s'interrogeait Nolan.

- Bah oui !

Nolan haussait les épaules.

- Ca doit pas être très facile !

- Vous essayerez et si ça ne marche pas, vous prendrez des fourchettes, d'accord ?

Mais les enfants semblaient être totalement en désaccord avec cette idée, Leane pronant les baguettes et Nolan préférant sa fourchette.

Nous avions de la chance qu'ils ne se disputent pas trop, du moins pas plus que ne le font des frères et soeurs biologiques. Nous tentions de trouver un équilibre, savoir d'où ils venaient, sans leur faire oublier qu'ils vivent en Amérique et qu'ils ne doivent pas renier leur culture actuelle. C'est un travail difficile et de longue haleine, mais c'est ce qui donne toute sa beauté à l'adoption. Nous apprenions beaucoup les uns des autres, notamment dans la tolérance des idées. Nous respectons les désirs des enfants, mais ils respectent aussi les notres.

Emmett et moi avions longuement réfléchis avant de décider d'entamer ce voyage, mais il nous était apparu rapidement que si nous voulions de leur part un respect de leurs terres, il fallait que nous découvrions d'où ils venaient, et ce qui restait de leur pays dans leurs réactions maintenant. Ils devaient également respecter chacun le pays de l'autre. Bien sûr, les accrocs comme sur les baguettes arrivaient souvent, mais nous ne tolérions aucun juron...

Mon mari et moi observions les enfants jouer. Ils riaient et criaient, sortaient dehors sur le tout petit terrain du bas de l'immeuble. Mon mari me prenait par la taille et calait mon dos contre son torse tout en les regardant.

- Tu sais quoi ma Rose ?

- Quoi ?

- J'crois qu'on s'en est pas trop mal sortis avec eux...

J'opinais. Une part de moi regretterait toujours d'être stérile. Les miracles n'existent pas, mais je suis heureuse ainsi.

- Avec une autre femme que moi, tu aurais pu avoir tes propres enfants...

- Et rater ça ? Non mais ça va pas oui !

Je sentais son sourire contre moi, son visage calé dans le creux de mon cou. Il a raison, dans notre malheur, nous avons été bénis.

..::..

PDV BELLA :

Nous entrions chez mon frère et Rosalie, pour un repas japonais préparé par les bons soins de ma nièce. Alice et Jasper étaient déjà là avec les garçons, ainsi que mon père et Sue. Cela faisait plusieurs mois qu'apparemment, au moins une fois par quinzaine, Rose et Leane testaient des recettes japonaises. Jordane filait en apercevant David et le rejoignait sur le canapé.

- Tu peux dire bonjour au moins Jordane aux autres !

Elle se penchait pour faire un bisou à David sur la joue.

- Mais c'est ce que je fais maman ! Je dis bonjour à David !

Edward soupirait.

- Y a pas que David dans la vie ! Papi, Sue, les tontons et les taties ce sont pas des chiens ! Tu dis bonjour !

- Oui oui...

Elle se levait, innocence incarnée, et s'approchait de tout le monde pour les embrasser. Elle a le diable dans les fesses ! Nous embrassions notre famille et je m'asseyais sur le sofa avec mon gros ventre. Le bébé n'arrête pas de gesticuler ces temps, et j'ai quelques contractions de fin de grossesse. Il doit bientôt arriver... Jasper prit place à côté d'Edward.

- Bon, on s'y remet demain pour terminer ce berceau ?

- Ouais ! J'ai démonté le bureau aujourd'hui là, demain matin j'me lève tôt et je l'amène chez mes parents, après on aura plus qu'à foutre le berceau dans la piaule et ça ira...

- Et la table à langer ?

- Ben j'ai mesuré et ça passe dans la salle de bains contre le mur de gauche... De justesse, mais ça passe !

Jasper se retroussait les manches.

- Ok, j'vais chercher ma hache !

- Une hache ?

Je grimaçais.

- Mon dieu Jasper, je ne te laisserai pas monter un meuble pour mon bébé avec une hâche !

- Bah c'est surtout qu'il risque plus de le démonter que le monter...

Nous éclations de rire. Jasper n'est pas très manuel, mais il est de bonne aide !

- Tu sais bien que mon truc à moi c'est de planter des clous !

- Ca c'est sûr ! Pour pendre des tableaux, t'es le roi du marteau !

- C'est le Roi Marteau tout court ouais ! s'exclamait Emmett.

Et allez ! Prends toi ça !

Elise s'asseyait à mes côtés.

- Il bouge le bébé, maman ?

- Avec la foire qu'il m'a fait cette nuit, j'espère qu'il dort un peu...

Calvin s'approchait.

- Oh tatie Bella ! J'peux toucher ton ventre ?

- Si tu veux...

Calvin était totalement scotché par cette grossesse, même si j'ignore pourquoi. Il ne perdait pas une occasion de toucher mon ventre, pour sentir mon bébé. Nolan nous observait du fauteuil.

- Tu veux toucher, Nolan ?

- Oh non non !

Jordane expliquait à David que nous aménagions l'appartement dans l'attente de trouver une maison alors que Leane et Rose s'affairaient en cuisine.

- C'est quand qu'on sait si c'est un garçon ou une fille ?

- Quand il ou elle naîtra...

- Moi j'espère que c'est un garçon ! racontait Jordane.

Tout le monde allait bon train sur des pronostics.

- Ca sera un garçon ! lançait Alice.

Jasper éclatait de rire.

- Non mais tu rigoles, une fille, rien que parce qu'Edward voulait un garçon ben j'te dis que ça sera une fille !

Edward levait son majeur en sa direction.

- OLALA IL A FAIT UN FUCK EDWARD ! s'exclamait Calvin fortement.

- C'est quoi un fuck ? demandait Jordane.

- EDWARD CULLEN ! criais-je.

Il rabaissait son majeur.

- Bah quoi ?

Mais aussitôt, Jordane levait le sien.

- Jordane ! Non !

Edward éclatait de rire.

- J'adore c'te gamine !

Je tentais de me fâcher, sans succès.

- Jordane, je ne veux plus te voir faire ça, c'est clair ?

- Mais j'ai le droit, si papa le fait !

- Ce que fait ton père n'est pas toujours une idée géniale !

- Tu crois ?

- J'en suis sûre !

Maintenant, je devais gronder Edward quand il faisait une chose que j'interdisais à Jordane. C'est parfois difficile d'en gérer deux, et un troisième qui a 35 ans ! Surtout lorsque c'est lui le père !

::..

La soirée avançait tranquillement, rythmée par l'ambiance mise par les enfants. Y a pas à dire, ça fait quand même du joli monde ! Je ressentais quelques contractions, peut-être un peu plus que d'habitude. Je me levais pour aller aux toilettes. Mais merde... C'est pas une envie de pisser ! JE PERDS LES EAUX !

- EDWARD !

- Oh putain !

Il me rejoignait en courant.

- Quoi quoi quoi ?

Je lui montrais la flaque et ses yeux s'écarquillaient.

- Mais... maintenant là ?

Une nouvelle contraction me tordit le ventre.

- Oui ! Maintenant !

- Oh merde merde !

- Maman, qu'est-ce qu'il y a ?

Edward m'aidait à avancer difficilement, parmi la foule d'enfants qui voulaient voir.

- Maman !

- Maman va avoir son bébé...

- Quoi ? Quand ?

- Beurk ! Moi je veux pas le voir sortir !

Jordane se cachait les yeux.

- Les filles, vous restez ici, d'accord ? Rose, tu peux...

- Je m'occupe d'elles !

Nous quittions l'appartement heureusement au rez-de-chaussée. Mon ventre me faisait de plus en plus mal. Beaucoup trop de contractions...

- Edward...

- Je sais je sais... on y va ! Merde ! On y va !

Alice apparut en courant avec mon sac que je tenais prêt depuis plusieurs semaines déjà. Mon mari m'entraîna dans la voiture avec sa cousine et il filait à toute allure dans les rues de Port Angeles tandis qu'Alice me tenait la main.

- Ca va aller Bella... Inspire... expire...

- Il va... vite... être là...

- Souffle ! Inspire, expire... EDWARD GROUILLE-TOI !

- MERDE ALICE ! J'SUIS DEJA A 120 !

Il se garait devant l'hôpital en un temps record. Je tentais d'avancer mais la douleur me paralysait pratiquement. Instinctivement, je serrais les jambes. Ca fait toujours aussi mal ! Deux infirmières m'installèrent dans une chambre et la sage-femme de garde arrivait. La dilatation était déjà commencée et elles me posèrent le monitoring pour tout contrôler. Le bébé sera là, et la chambre n'est pas finie... rien n'est terminé, l'appart est un vrai bordel... Edward prenait ma main.

- Ca va aller...

Il l'embrassait doucement.

- Oh oui ça va aller oui ! Le berceau n'est pas monté, la table à langer non plus... Tu aurais pu te bouger un peu merde !

Il caressait ma joue, imperturbable.

- Inspire, expire... Vas-y souffle...

- MAIS TU M'ECOUTES ?

Bon... non... Calme-toi Bella...

- Même si tu accouches ce soir ou demain, tu ne rentreras pas dans l'immédiat, j'aurai le temps de finir, Jasper le fera au pire...

Il a une sainte chance d'avoir son meilleur ami lui !

- C'est ça ! Il veut déjà monter la table à langer avec une hache...

Edward souriait et posait sa main sur mon ventre.

- Je l'en empêcherai ! Essaie de te calmer...

- Et les filles ?

Elles vont s'inquiéter... on est partis tellement vite !

- Les filles sont chez Rosalie, et j'ai toute confiance en elle...Pense à toi... A vous deux...

Je soufflais, sentant une autre contraction arriver. J'attrapais le bras d'Edward et le pinçais fortement, tentant de ne pas crier trop fort.

«Tu enfanteras dans la douleur»... ben c'est réussi !

..::..

{Playlist : Leona Lewis - Run}

PDV EDWARD :

Bella était descendue en salle d'accouchement. Ca y est... On va l'avoir ce bébé... Mon coeur battait très vite et très fort et je n'attendais qu'une chose : que notre enfant pointe le bout de son nez de sous le drap bleu. J'ai l'intime conviction que c'est une fille...

Ma femme criait et pleurait tout ce qu'elle pouvait. Jamais je ne pourrai partager cette souffrance, mais je savais aussi que c'était probablement la dernière fois que je me retrouvais dans une pièce pareille, là où la magie opérait.

- Allez-y Isabella ! Encore une poussée ou deux ! Le bébé est très bien engagé !

Bella poussa toutes ses forces, deux fois seulement.

- Ca y est c'est bon ! On y est ! On l'a !

Tout bruit autour de moi se coupait, mais un instant unique déclencha les pleurs de mon bébé. Je suis papa... encore... Je suis papa !

- C'est un magnifique garçon !

Un garçon... merde ! C'EST UN GARCON ! J'ai un garçon... un p'tit garçon...

- Monsieur Cullen ? Vous venez couper le cordon ?

Le chirurgien me souriait et me tendait la cisaille. Deux sages-femmes essuyaient grossièrement le petit qui gigotait et je sentais les sanglots rouler sur mes joues. Je croisais son regard un petit instant, et tout explosait en moi.

J'ai un fils.

Une femme déposait le bébé sur le ventre de ma femme. Bella avait les yeux brillants et les cheveux collés par la transpiration, mais elle n'avait jamais été aussi belle. Une larme perla sur son visage. Je m'installais près d'elle pour les voir.

- Voilà ton petit garçon...

Nos larmes tombèrent les unes après les autres, sans s'arrêter. Je regardais ce petit mec qui braillait et gigotait et levais ma main pour toucher sa peau.

- Salut Raphaël... c'est papa...

Bella embrassait légèrement son front en souriant et en reniflant. J'avais oublié la magie de cette petite bouille... de ces petites lèvres entrouvertes, de ce petit nez, ces toutes petites mains, ces tous petits pieds...

Bella et moi, on a fait ce bébé... on a fait ce petit garçon...

J'accompagnais la sage-femme pour prendre ses mensurations et vérifier ses réflexes. Elle lui fit subir un petit test classique pour vérifier sa viabilité, mais il était plein de tonus et d'énergie. Un beau petit gars... Je le prenais alors dans mes bras pour la première fois, savourant ces instants délicieux de ce premier contact chaleureux. Raphaël me regardait, et se mit à bâiller...

Il est trop beau...

- On va voir maman ?

Je retrouvais mon épouse qui souriait, éreintée, appuyée contre un dossier. Délicatement, je posais mon fils sur sa poitrine et le bébé se remit à pleurer. J'embrassais la tempe de mon épouse.

- 50 cms, 3kg110... et il est en parfaite santé !

Elle bascula sa tête contre mon épaule et j'embrassais son front et sa joue.

- Merci Bella... Un petit garçon... Je suis comblé...

- Moi aussi... Bien plus que tu ne peux l'imaginer...

- Je t'aime... murmurais-je avant de me pencher pour l'embrasser doucement. Elle me rendit mon étreinte que nous rompions bientôt pour voir Raphaël bouger contre la peau de Bella.

J'ai un petit garçon... Sa conception a été longue, mais ça valait le coup !

::..

Dans sa chambre individuelle, Bella s'endormait rapidement. Je fermais le store pour la préserver de la lumière du jour qui était maintenant bien ensoleillé. Du soleil pour le 9 janvier... c'est incroyable ! Je maintenais Raphaël dans mes bras, qui venait de prendre son premier biberon et s'endormait également. Il est beau... il est parfait... Nous lui avions passé un épais pyjama vert, ainsi qu'un bonnet assorti pour qu'il ne prenne pas froid. Nous avions pris du vert, et du blanc essentiellement... des couleurs assez neutres... et nous avions amené les deux... au cas où...

Je le maintenais dans une sorte de plaid et décidais qu'il était temps pour moi de montrer ma merveille à notre famille. Tout le monde était arrivé, même les filles. J'avais hâte de les voir face à leur petit frère...

J'avançais dans les couloirs de la maternité, mon bébé dans mes bras. Notre petite famille était là, réunie. Elise et Jordane étaient sagement assises dans le canapé, ma dernière se faisait cajoler par Alice. Elle semblait... triste ? Je m'approchais en souriant et Esmé pleurait déjà.

- Alors ?

- C'est un garçon... Je vous présente Raphaël !

Ma mère le prit dans ses bras.

- Il est magnifique... Bonjour Raphaël !

Carlisle s'approchait et m'étreignit longuement, très ému.

- Tu l'as eu ton fils.

J'opinais.

- Il est super !

- Ca a été l'accouchement ?

Je recevais une foule d'étreintes en racontant que Raphaël était né aux alentours de 6h45.

Puis, j'aperçus mes deux filles. Elise, ma grande Elise... Elle avait été la première à ouvrir la porte... à entrer et à donner du bonheur dans nos vies... Ma fille se levait et vint m'embrasser.

- Je peux voir le bébé ?

- Oui...

Je le récupérais et l'installais dans les bras d'Elise, qui était tellement plus sûre que la fois précédente. Elle avait tenue Jordane à sa naissance il y a huit ans...elle en avait cinq... maintenant elle tient Raphaël d'une façon beaucoup plus sûre... Mon fils avait rouvert les yeux et regardait sa soeur.

- Il est beau !

J'embrassais ma fille et me tournais vers Jordane qui était dans les bras d'Alice, et se cachait les yeux appuyée contre elle. Serait-elle jalouse ? Je savais qu'elle n'était pas motivée par ce bébé... Je m'agenouillais devant elle.

- Jordane ?

Je tentais de dégager ses mains mais elle me repoussait.

- Laisse-moi...

Elle pleurait et Alice m'adressait un sourire triste en la coucounant.

- C'est comme ça depuis hier... Rosalie a passé la nuit à lui expliquer que ça ne changerait rien pour vous mais...

Je reportais mon attention sur Jordane.

- Ma chérie ? Regarde-moi...

- T'es plus papa !

- Oh si... Je le suis encore et je le serai toujours...

- T'es celui du bébé !

- Et le tien aussi...

- Tu vas plus jouer avec moi !

- Bien sûr que si ! J'aurai toujours du temps pour toi... Maman aussi.

- Tu voulais trop ce bébé... Tu parles que de lui maintenant !

- Mais je pense à toi aussi... Et je t'aime autant que ce bébé...

Jordane se mit à pleurer de plus belle. Elise s'approchait et s'asseyait à côté de Jordane.

- Regarde, il est trop beau, c'est comme ton poupon !

Je laissais Elise faire et bientôt, Jordane quittait l'étreinte d'Alice pour accorder à Raphaël un petit regard. Notre fils s'était rendormi.

- Pourquoi il dort d'abord ?

- Parce qu'il vient de naître, et que les bébés ont besoin de sommeil...

Jordane était toujours contre Alice mais regardait son frère.

- Je vois pas ses yeux ! C'est nul !

- Ses yeux sont bleus... tu les avais bleus aussi à ta naissance...

Elle semblait marquer de l'intérêt. On y va doucement... tranquillement...

- Tu vois, il s'est senti bien dans les bras d'Elise, parce qu'il sait que c'est sa grande soeur... C'est aussi pour ça qu'il s'est rendormi...

- C'est parce que ma soeur elle est gentille !

- Oui... et je suis sûr qu'il s'endormirait avec toi aussi, parce qu'il sait que tu es sa soeur aussi, et que tu es gentille...

Elle fronçait les sourcils.

- Comment il peut le savoir d'abord ?

- Parce qu'on lui a dit...

- Ah...

Elise regardait Jordane.

- J'étais triste quand t'es née et puis en fait maintenant c'est bien parce que je peux jouer avec toi...

Elise et Jordane étaient proches, malgré leur cinq ans d'écart.

- Pourquoi t'étais triste ?

- Parce que j'avais peur que papa et maman m'aiment plus trop...

- Et alors ils t'aiment ?

- Oui...

Jordane se tournait vers moi.

- Tu vas m'aimer encore papa ?

- Bien sûr !

Elle observait son frère.

- Tu veux le porter ?

- Oui, mais pas si il pleure !

Je prenais délicatement Raphael et l'installais dans ses bras. Mon fils s'agitait un peu mais ne se réveillait pas.

- C'est comme ma poupée... Celle qui fait pipi !

Je souriais.

- Oui... Sauf qu'il est beaucoup plus fragile !

- Il fait pipi aussi ?

- Oui, bien sûr !

- Et il va péter aussi ?

Je me mordais la lèvre pour ne pas rire.

- Oui... Il va tout faire ! Pipi, caca, péter, roter...

Elle éclatait de rire.

Voilà qui est mieux... Je l'embrassais et la serrais contre moi quand Jasper eut prit le petit dans ses bras pour faire sa connaissance.

- Je t'aime papa...

- Moi aussi mon coeur...
J'attirais Elise contre moi. J'aime mes filles, plus que tout ! et j'aime également mon fils de la même façon... Il n'y a pas de plus belles facettes de l'amour que celle-ci !

::..

Jordane fut totalement rassurée quand elle put se faire caliner par Bella. Mon épouse lui promettait tout son amour, et elle leur tendit les deux petits paquets. Nous avions fait un cadeau, comme j'avais fait à Elise pour l'arrivée de sa soeur. Cette fois, nous leur avions offert une petite bague chacune, avec leur prénom gravé à l'intérieur.

Elise et Jordane rejoignirent Bella sur le lit avec Raphaël et je les prenais en photo discrètement, sans leur demander de préparation.

J'ai quand même une putain de belle vie...