Un nouveau petit baiser pour bien démarrer la semaine.

Crédit : Chapitre traduit par Turn-off et corrigé par Wyny


Prompt 210 : Gâché

Et bien, ils y étaient.

Le moment dont Kurt avait rêvé depuis si longtemps mais qu'il n'avait jamais vraiment espéré voir devenir réel était réel. Blaine venait juste d'admettre ses sentiments, un Kurt au souffle coupé avait confirmé le fait qu'il ressentait toujours la même chose et ils étaient ensemble. Genre, petits-amis.

Et maintenant ?

Blaine rit soudainement, brisant le silence.

-Ok, est-ce qu'on va rester assis là et se fixer ou va-t-on, je ne sais pas, sortir en rendez-vous ou quelque chose ?

Un rendez-vous. C'est juste.

-Ouais, ça semble bien. Euh… Kurt laissa sa phrase en suspens, essayant de trouver la meilleure façon de le dire.

-Qui invite qui ?

Blaine fronça les sourcils, n'ayant clairement pas pensé à ça.

-Oh. Ouais, euh, je ne sais pas. Je veux dire, tu veux que je le fasse ou veux-tu le faire ou devrait-on, je ne sais pas, devrait-on alterner ? Je n'en ai aucune idée.

Kurt étouffa un rire à la vue de combien Blaine était adorable lorsqu'il était nerveux.

-Moi non plus. Mais je pensais que tu aurais un plan. Je veux dire, tu as un plan pour tout.

Le rougissement de Blaine ne s'estompait pas et Kurt n'en tombait pas moins amoureux.

-J'en ai un, en quelque sorte, je ne voulais juste pas présumer, tu sais ?

Et maintenant Kurt ne pouvait que rire. Heureusement Blaine pouvait sentir l'ironie de la situation et rit aussi.

-Ok, dit finalement Kurt. Tu m'invites et puis je t'inviterai la prochaine fois, d'accord ?

Blaine acquiesça avec reconnaissance, et Kurt sourit.

-D'accord. Quand est-ce qu'on se donne rendez-vous alors ?

-Demain ? Je passe te prendre à sept heures ?

Kurt sourit de nouveau, rassemblant ses livres.

-Demain, c'est entendu.


Ça aurait du être un signe, vraiment. Si organiser le rendez-vous était déjà compliqué, comment Kurt aurait-il pu s'attendre à ce que la soirée en elle-même se passe mieux ? Mais il avait quand même eu de grandes attentes parce que, après tout, c'était son tout premier rendez-vous. Bien sûr qu'il allait être parfait, n'est-ce pas ?

Blaine était en retard.

-Il n'est jamais en retard, expliqua Kurt à son père qui le regardait, essayant visiblement de ne pas paraitre amusé.

-Ce mec trimballe une montre à gousset pour l'amour du ciel, qu'est-ce qui se passe ? Et il ne répond pas à son téléphone et –oh mon Dieu, papa, il a décidé qu'il ne voulait plus sortir avec moi et il essaye de trouver le meilleur moyen de rompre avec moi –

-Kurt !

Kurt cessa de faire les cent pas et se retourna vers Burt qui lui tendait son téléphone, le nom de Blaine apparaissant sur l'écran.

-Je crois que c'est lui ?

Kurt attrapa le téléphone et répondit.

-Blaine ?

-Kurt ! Je suis tellement désolé, je sais que j'ai dit que je serais là à sept heures mais je ne peux pas réparer et aucun des garçons ne peux venir me chercher donc je suis un peu bloqué maintenant –

-Woah, hey ! Kurt leva une main même si Blaine ne pouvait pas la voir.

-Ralentis. Qu'est ce que tu veux dire par bloqué ?

Blaine soupira.

-Ma voiture a lâché à mi-chemin de chez toi. Je n'arrive pas à trouver ce qui ne va pas mais ça ne veut juste pas démarrer donc –Je veux dire, je pourrais marcher mais je ne veux pas vraiment laisser la voiture là parce qu'elle sera probablement détruite d'ici à ce que je revienne –

Kurt rit, faisant immédiatement taire Blaine.

-Désolé, dit-il rapidement, mais tu te souviens que mon père est propriétaire d'un garage, n'est-ce pas ?

Il y eut une seconde de silence.

-Oh, répondit finalement Blaine, d'une petite voix. Ouais. Je – ah, je n'avais pas pensé à ça.

-Où es-tu ?

Blaine donna quelques indications que Kurt nota, les poussant vers son père.

-Ok, on sera là dans vingt minutes.

-Bon, c'est bien ça, annonça Burt alors qu'il attrapait ses clefs et que tous deux se dirigeaient vers le camion. Ça me donne une chance de rencontrer ton fameux petit-ami.

Kurt fronça les sourcils, grimpant aux côtés de son père.

-Mais tu as déjà rencontré Blaine –oh, non ! Il n'y a pas moyen que tu le menaces, papa ! Il se sent déjà assez mal de ne pas être là à l'heure, la dernière chose dont il a besoin c'est d'entendre que tu penses qu'il n'est pas assez bien pour moi ou quelque chose du genre.

Soupirant, il croisa les bras et s'affaissa dans son siège.

-J'aurais du prendre ma propre voiture, grommela-t-il.

-Calme-toi gamin, je ne dirai rien, rétorqua Burt avec un sourire en coin. Aussi longtemps que tu ne penses pas que ça veut dire qu'il peut rester cette nuit parce que sa voiture est hors circuit ou quelque chose du genre. Je t'accepte pour qui tu es mais les mêmes règles s'appliquent quand Quinn est là et -

-Oh mon Dieu, papa ! explosa Kurt, levant les mains au ciel. On sort ensemble depuis un jour. On ne s'est même pas encore embrassés ! Donc pourrais-tu, s'il te plait, arrêter de jouer l'hyper protecteur pendant cinq minutes et juste te concentrer pour nous emmener jusqu'à Blaine ?

Le silence aurait pu être gênant si Burt n'avait pas semblé si fier de lui l'entièreté du voyage. Mais finalement ils arrivèrent à la voiture de Blaine, son petit-ami à l'air frustré étant assis dans le siège conducteur, et Kurt fut directement hors du camion.

-Est-ce que ça va ? demanda-t-il, parce que, oui, Blaine avait dit que sa voiture avait juste lâché mais Kurt ne serait pas surpris qu'il soit en fait blessé et ait caché la vérité.

-Oui, dit Blaine, soupirant. Juste embarrassé au-delà de l'imaginable.

Kurt fronça les sourcils.

-Pourquoi serais-tu embarrassé ?

-Parce que le père de mon petit-ami possède un garage et je ne peux même pas trouver ce qui ne va pas avec ma voiture ?

Et malgré combien Blaine semblait déçu par lui-même, Kurt ne put s'empêcher de rire.

-A chaque fois que je tombe en rade, je dois appeler mon père à l'aide, admit-il quand Blaine prit un air blessé. Ça n'a pas d'importance honnêtement. On va juste ramener la voiture au garage et puis on pourra aller à notre rendez-vous.

-Mais-

-J'ai une voiture Blaine, expliqua patiemment Kurt. Si tu veux toujours conduire tu es plus que bienvenu pour le faire.

Et puis une pensée le frappa.

-A moins que, tu sais, tu ne veuilles annuler, ajouta-il avec hésitation. Je veux dire, je comprendrais si-

-Je n'annule pas, dit immédiatement Blaine, trop vite mais clairement honnête.

-Ça craint, ouais, mais nous avons un rendez-vous et tu es mon petit-ami et avouons le, je vais faire d'autres choses stupides et embarrassantes pendant qu'on sera ensemble. Malheureusement tu vas devoir t'y habituer.

Et la tension s'évapora.

-Et bien, avec une proposition comme celle-là, que pourrais-je dire d'autre, taquina Kurt, souriant doucement alors que Blaine levait les yeux au ciel.

-Allez viens, allons attendre dans le camion.

Au moment où Burt les rejoignit, toute gêne possible avait complètement disparue et Blaine était au milieu du récit de comment Wes était arrivé à la tête des Warblers. Et même si Kurt remarqua une légère tension dans les épaules de Blaine lorsque son père grimpa dans le camion, son petit-ami ne s'arrêta pas de parler et le respect de Kurt envers lui s'accrut. La dernière chose que Kurt voulait c'était un petit-ami qui serait trop effrayé pour être lui-même en présence de Burt. Apparemment Burt l'avait remarqué aussi parce ce que le haussement de sourcil qu'il lança à Kurt par-dessus la tête de Blaine (et Kurt sourirait narquoisement à ce propos plus tard) était un de réticent respect. Kurt haussa lui-même un sourcil en retour avant de reporter son attention sur Blaine et d'éclater de rire.

-Donc il n'y avait pas de marteau avant que Wes n'arrive ?

-Non, il l'a ramené de chez lui en fait, expliqua Blaine, son propre rire bouillonnant sous la surface. Il avait de vraiment grandes illusions sur comment il voulait que le Conseil fonctionne – ça ne veut pas dire que ce n'était pas strict avant lui mais personne ne se sentait comme s'ils allaient se faire assommer s'ils ne l'écoutaient pas.

-Juste une question, qu'est-ce qu'il veut faire quand il sera grand ?

Blaine sourit malicieusement.

-Etrangement, docteur.

Kurt ferma les yeux, secouant la tête.

-Pas juge ?

-Non.

Ils se regardèrent et recommencèrent à rire. Kurt se retrouva légèrement affalé contre Blaine et resta là délibérément, reposant sa tête contre l'épaule de Blaine. Il sentit la tête de Blaine s'appuyer sur la sienne durant une brève seconde alors que leurs mains se liaient ensemble.

-Alors, dit soudainement Burt un peu trop fort. Blaine, où est-ce que tu emmènes mon fils ce soir ?

Kurt soupira, relevant la tête.

-Papa, tu ne peux pas lui demander ça. Il a gardé ça secret jusqu'à présent et pour autant que je souhaite savoir, tu ne peux pas le lui faire dire en face de moi.

-Je suis désolé M. Hummel, dit Blaine, un petit peu plus doucement que d'habitude mais toujours déterminé. Kurt a raison, je ne peux pas le dire.

Il y eut un instant de silence tendu et puis Burt grogna.

-Pas de problème. Je vais aussi t'accorder le bénéfice du doute sur le fait qu'il n'y ait pas de faux papiers d'identité dans ton portefeuille et, s'il y en a, que tu aies le bon sens de prendre un taxi pour rentrer. Evidement tu ne pourras plus jamais emmener mon fils nulle part mais ma priorité c'est de le garder en sécurité.

Kurt commença à se taper la tête contre le tableau de bord jusqu'à ce que Blaine lui attrape les épaules, le repoussant gentiment.

-Je peux vous assurer monsieur, que je n'ai aucune intention de boire ce soir et ne songerais jamais à mettre Kurt en danger. Je veux juste passer une soirée agréable avec mon petit-ami. Je le ramènerai à la maison pile à l'heure et puis je trouverai un moyen de rentrer chez moi.

Un autre grognement, mais Kurt pouvait dire qu'il était impressionné.

-D'accord. Je vous dépose à la maison puis je vais au garage. Blaine, je ne peux rien te promettre sur combien de temps on prendra pour la réparer mais je ferai un examen préliminaire ce soir et je te ferais savoir quand tu déposeras Kurt à la maison.

-Merci monsieur, répondit Blaine poliment et Kurt laissa échapper un soupir de soulagement lorsque leur maison fut en vue. Je prendrai bien soin de votre fils.

-Je vois que tu le fais, dit Burt, stoppant le camion. Amusez-vous.

-Pas de soucis.

Ils s'échappèrent du camion rapidement, regardant Burt s'éloigner avant de se tourner l'un vers l'autre.

-Je suis désolé, dit immédiatement Kurt. J'avais espéré que tu n'aies pas à affronter ça, surtout pas à notre premier rendez-vous.

-C'est bon.

Blaine lui prit la main, la caressant de son pouce.

-Il tient à toi et veux s'assurer que tu es en sécurité. C'est une bonne chose et je gérerai la potentielle animosité parce que cela veut dire qu'il surveille tes arrières. Et je saurai s'il ne commence pas à m'apprécier que je ne te traite pas correctement et que j'aurai besoin de faire quelque chose à ce propos.

Le cœur de Kurt rata au moins deux battements à ces mots.

-Oh, réussit-il à sortir et Blaine sourit, comprenant clairement la réaction. Euh. Et bien, on y va ?

Blaine continua de lui sourire, en attente.

-Je peux avoir tes clefs ? demanda-t-il finalement.

Kurt se frappa la tête et Blaine attrapa sa main immédiatement.

-Hey, pas de ça. C'est bon.

Il y eut un autre moment de silence puis Kurt gloussa.

-Je ne peux pas attraper mes clefs tant que tu ne me lâches pas –

-Oh !

Blaine relâcha ses mains, secouant la tête et Kurt lui sourit malicieusement.

-On fait la paire ce soir, n'est-ce pas ?

-C'est vrai, répondit Kurt, le ton devenant sérieux à mi chemin parce que, ouais, ils faisaient la paire et Kurt le savait.

Le sourire de Blaine s'adoucit et il tendit la main pour recevoir les clefs de Kurt, faisant se frôler leurs doigts quand Kurt les déposa dans sa main. Kurt réprima un frisson, reconnaissant de la distance entre eux alors qu'ils s'asseyaient dans sa voiture.

Le parcours en voiture fut court, surprenant Kurt. Il s'attendait à ce qu'ils retournent à Westerville mais à la place, Blaine se gara devant un petit restaurant aux abords de Lima, se retournant pour questionner Kurt du regard.

-Qu'est-ce que tu en penses ?

-Je pense que ça à l'air super, répondit honnêtement Kurt et il fut récompensé par un sourire rassuré de son petit-ami. Allons voir.

Blaine avait réservé –et ouais, Kurt se sentait stupidement snob maintenant – donc ils furent assis directement. Pendant le court instant où ils durent attendre, Blaine attrapa sa main et la porta à ses lèvres, les frôlant contre les phalanges de Kurt dans un geste qui aurait réellement dû être niais.

-Tu es magnifique ce soir, j'ai oublié de te le dire.

Cela prit une paire de secondes à Kurt pour revenir sur terre.

-Toi –Toi aussi, murmura-t-il, maudissant le bégaiement qui était apparu mais vraiment ? Blaine ne pouvait juste pas faire ça.

Souriant toujours, Blaine reposa la main de Kurt sur la table et la relâcha pour boire une gorgée de son eau juste au moment où leur serveuse apparut, leur tendant à chacun un menu.

-Ce soir pour célébrer notre dixième anniversaire, nous revenons à nos racines ! expliqua avec enthousiasme la jeune femme mais avec un air qui montrait à Kurt qu'elle avait répété ces mots de nombreuses fois aujourd'hui. Quand ce restaurant a été lancé, c'était un bistro spécialisé dans les fruits de mer donc nous reprenons notre tout premier menu ! Appréciez et laissez-moi savoir quand vous serez prêts à commander !

Blaine étudiait déjà son menu, fredonnant d'appréciation, mais les doigts de Kurt se resserrent sur la couverture du sien.

-Tout à l'air bon, dit Blaine avant de relever la tête, son expression satisfaite se transformant en un froncement de sourcil. Kurt ? Quel est le problème ?

-Je –je n'avais pas réalisé qu'il n'y aurait que des fruits de mer.

-Oh, dit Blaine, ses yeux s'agrandissant. Tu n'aimes pas les fruits de mer ?

Kurt soupira, baissant un peu la tête.

-Je suis allergique.

Il y eut quelques secondes de silence puis la voix de Blaine s'éleva, annonçant calmement à leur serveuse qu'ils ne mangeraient pas ici ce soir, que quelque chose était arrivé et que non, ils ne reporteraient pas. Puis la main de Blaine se posa sur son coude et Kurt se laissa être emmené hors du restaurant, toujours rougissant.

-Hey, intervint Blaine aussitôt qu'ils furent dehors, s'arrêtant. C'est bon – j'aurais du vérifier avant de réserver, c'est de ma faute. Ne te sens pas coupable.

-On n'arrivera pas à obtenir de places ailleurs, dit platement Kurt. Je sais à quel point c'était dur pour toi de nous obtenir celles-là –ne ment pas, ajouta-t-il quand Blaine ouvrit la bouche pour faire exactement ça. J'ai regardé pour quelque chose de semblable pour notre second rendez-vous et je n'ai même pas pu réserver, donc je n'ai aucune idée de comment tu as fait. On aurait dû juste rester Blaine, j'aurais pu supporter ça.

-Je ne te laisserais pas manger quelque chose auquel tu es allergique, rétorqua Blaine, le fixant comme s'il avait deux têtes. Le but d'un rendez-vous c'est que nous l'apprécions tous les deux et si tu n'étais pas heureux, je ne le serais pas non plus.

Kurt baissa la tête, rougissant un peu.

-Quand même.

-Non, dit fermement Blaine. On ne peut pas aller manger, c'est bon. Il y a un café juste au bout de la rue qui apparemment a des muffins à se damner. Ce n'est pas le meilleur des repas mais c'est ça ou retourner chez toi avec ta famille.

-Le café semble super, répondit immédiatement Kurt.

Ils attrapèrent le regard de l'autre et rirent et Kurt put voir le soulagement sur le visage de Blaine. Il le laissa cependant passer, et prit le bras que Blaine lui offrait. C'était quelque chose qu'ils pouvaient gérer plus tard – Kurt savait à quel point Blaine pouvait être perfectionniste et son petit-ami lutterait probablement avec le fait que leur rendez-vous n'allait pas comme prévu quand la soirée serait terminée. Pour le moment, Kurt avait juste besoin de le rassurer sur le fait qu'il était heureux.

Et il l'était, étonnamment. Sa vision du parfait premier rendez-vous ne devenait absolument pas réalité, non, mais il ne pouvait pas le regretter, ne pouvait pas dire que la soirée était gâchée. Il était toujours seul avec Blaine, son petit-ami. Rien ne changeait ça.

Alors que le café se rapprochait, Blaine fronça les sourcils.

-Il y a une pancarte sur la porte et c'est sombre…ne me dis pas - ?

-C'est fermé, annonça Kurt, sa vue à longue distance ayant toujours été meilleure que celle de Blaine. Ils restent ouvert seulement jusqu'à sept heures les vendredis.

-Oh, dit Blaine doucement. Et bien c'est- ah, ouais.

Kurt haussa les épaules.

-Je n'ai pas tellement faim, dit-il, en mentant seulement un peu. Je peux tenir sans manger encore un peu. Est-ce que tu avais un plan de secours ?

Blaine prit une seconde pour répondre et Kurt resserra un peu sa prise, rassurant.

-On pourrait juste aller se promener ?

-Ça semble bien, répliqua Kurt, en y mettant autant d'honnêteté qu'il pouvait. Apparemment ça avait marché parce que Blaine croisa finalement son regard, souriant légèrement.

-Allons-y.

Kurt était presque sûr que c'était la meilleure idée qu'ils aient eu cette nuit parce que, à part tomber et se blesser, presque rien ne pouvait gâcher une promenade. Peut-être que Blaine avait perçu la même chose parce qu'ils se tenaient la main juste un peu plus fort que d'habitude, ne souhaitant pas tenter le sort au cas où l'un d'entre eux tomberait. Et basé sur la nuit qu'ils venaient d'expérimenter, Kurt n'écarterait pas cette possibilité.

C'était agréable cela dit, être juste avec Blaine. Ils pouvaient parler de n'importe quoi au monde, mais ils n'étaient pas non plus obligés de parler et le silence ne serait pas gênant. Ils naviguaient donc entre conversation et silence, passant plus de temps à apprécier le fait d'être ensemble qu'autre chose.

Et puis Blaine s'arrêta, l'oreille tendue.

-Est-ce que –non.

-Quoi ? demanda Kurt, se tournant pour faire face à son petit-ami qui penchait légèrement la tête. Qu'est-ce que tu entends ?

-On dirait –

Le ciel s'ouvrit et, en quelques secondes, les deux garçons furent trempés. Kurt attira immédiatement Blaine loin de la route et sous un auvent de magasin, incapable de faire autre chose que de fixer la pluie tombant autour d'eux.

-La pluie, finit Blaine platement, soupirant si douloureusement que le cœur de Kurt lui fit mal à l'entendre. Ça craint.

Kurt passa une main dans ses cheveux, grimaçant.

-Je dois ressembler à un rat noyé, grommela-t-il, souhaitant avoir pensé à prendre un miroir et quelques produits d'urgence pour les cheveux mais vraiment ? Personne ne prévoyait que son premier rendez-vous tournerait de cette façon.

-N'importe quoi, tu es toujours splendide, répondit Blaine distraitement, essorant son cardigan. J'ai vérifié le bulletin météo et il ne prévoyait rien de – quoi ?

Kurt savait qu'il le fixait mais avec une bonne raison.

-Tu- tu viens juste de me dire que j'étais splendide.

Blaine rougit mais il souriait.

-Tu l'es.

-Je n'avais jamais réalisé que tu pensais…des choses comme ça. A mon propos.

-Bien sûr que je le fais !

Blaine semblait sincèrement choqué par ça.

-Comment est-ce que je pourrais ne pas le faire ? Tu es sensationnel, peu-importe si tu es coincé dans un uniforme ou que tu viens juste de sortir du lit ou que tu es trempé… en ce moment…

Et puis quelque chose changea sur le visage de Blaine et Kurt cligna des yeux face à sa soudaine détermination. Mais avant qu'il ne puisse demander, Blaine se rapprochait et levait une main pour toucher tendrement sa joue.

-Qu'est –qu'est ce que tu fais ?

-Un sauvetage, annonça Blaine avant de se pencher et de l'embrasser.

Soirée gâchée ? De quoi tu parles ?

C'était parfait.

Ils se séparèrent doucement, leurs yeux ne se quittant pas. Et puis Blaine sourit, à moitié penaud, à moitié ridiculement adorable.

-Est-ce que je peux être vraiment cliché et niais là tout de suite ?

-Comment ?

En réponse, Blaine prit ses mains et le tira hors de sous le auvent. Kurt frissonna alors que la pluie les frappait de nouveau avant qu'il ne réalise.

-Tu ne vas pas-

Les lèvres de Blaine rencontrèrent de nouveau les siennes et Kurt répondit doucement au baiser, enroulant ses bras autour du cou de Blaine et sentant ses mains passer sur sa taille avant de l'attirer à lui correctement. Kurt n'aurait jamais pensé qu'il apprécierait ce genre de baiser –trempé, les cheveux collés au visage, les vêtement ruinés, si vulnérable…et pourtant, il n'avait jamais pensé au simple fait que le baiser en lui-même serait la seule chose dans son esprit et même si il y avait une inquiétude à propos de son apparence, le simple fait que Blaine ne pouvait pas s'arrêter de l'embrasser était suffisant pour que Kurt ne prête pas attention à son allure. Il ne pouvait prêter attention à rien.


Ils arrivèrent à la maison une demi-heure avant le couvre-feu de Kurt. Burt était assis sur le canapé, les attendant, sa confusion évidente sur son visage alors qu'ils entraient.

-Qu'est ce qu'il vous est arrivé à tous les deux ?

-La pluie, dit simplement Kurt.

-Je pensais que vous seriez encore en train de diner –

-Fruits de mer.

Burt cligna des yeux.

-Oh.

Ses yeux tombèrent sur leurs mains liées, Kurt refusant de lâcher prise sous le regard scrutateur.

-Et bien –euh, que pensez-vous de vous trouver quelques vêtements secs pour vous changer. Je vais vous faire quelques toasts.

-Merci papa, dit doucement Kurt avant de guider Blaine dans l'escalier. Est-ce que tu me pardonnerais si je choisissais de ne pas être à la mode pour une nuit ? demanda-t-il, sortant une paire de joggings avec appréhension.

Après tout, tout le monde était habitué au fait que Kurt soit un fashionista mais pour une fois, tout ce qu'il désirait c'était d'être confortable et d'avoir chaud et de se lover contre son petit-ami sans se soucier d'à quoi ses cheveux ressemblaient ou si ses habits étaient à la mode.

-Rien à pardonner, répondit Blaine, acceptant les vêtements que lui tendait Kurt et se glissant dans la salle de bains.

Kurt fronça les sourcils avant de se changer rapidement, roulant en boule ses vêtements mouillés et attendant que Blaine ressorte.

-Ici, dit-il, tendant une main pour recevoir le paquet des habits de Blaine alors que son petit-ami sortait de la salle de bains. Je vais les mettre dans le sèche-linge.

Blaine ne le regarda pas et les soupçons de Kurt furent confirmés. Il ne dit cependant rien, filant plutôt à la buanderie et mettant en route le sèche-linge avant de revenir.

-Allez viens, allons manger.

Au moins Blaine prit tout de même la main qui lui était offerte mais Kurt pouvait presque sentir la honte émaner de lui et il détesta ça. Dès qu'ils auraient un moment à eux il s'occuperait de ça, mais pas quand ils entraient dans la cuisine avec le père de Kurt posant un plat de toasts sur la table.

-Vous – vous êtes les bienvenus pour manger ça dans le salon. Je vais juste nettoyer et me faire du café, peut-être lire le journal un peu aussi.

-Décaféiné, dit Kurt en autopilote avant de réaliser ce que son père faisait. Merci, dit-il, sa voix un peu plus douce tandis qu'il prenait le plat, gardant sa prise sur la main de Blaine.

Il savait qu'en temps normal il n'y aurait pas moyen que Blaine et lui puissent être seuls dans la salle ensemble mais son père n'était pas un idiot. Et il aurait été un idiot de ne pas remarquer la façon dont Blaine agissait.

Quand ils furent enfin installés dans le salon, Kurt posa le plat sur la table en se retourna pour faire face à Blaine.

-Regarde-moi, dit-il doucement. S'il te plait.

-Je suis désolé, parvint la calme réponse.

Kurt ferma les yeux et soupira.

-Tu n'as pas à être désolé de quoi que ce soit.

Il ouvrit les yeux pour voir Blaine les yeux toujours baissé et leva son menton de ses doigts.

-Tu n'as pas cassé ta voiture. Tu n'as pas choisi de ne mettre rien d'autre que des fruits de mer sur le menu. Tu n'as pas choisi de faire fermer le café à sept heures. Tu n'as pas fait pleuvoir. Ce que tu as fait c'est de m'emmener en rendez-vous et fait tout ce qui était en ton pouvoir pour en faire une merveilleuse soirée. Et puis tu m'as embrassé pour la première fois –ouais, dit Kurt, voyant son sourire commencer à apparaitre. C'est exactement ce que je ressens. Rien ne gâche ça.

Et pour le prouver, Kurt se pencha et effleura leurs lèvres ensemble. Seulement rapidement – il était conscient du fait que son père était dans la pièce à côté – mais suffisamment pour être rassurant et pour prouver à Blaine que la seule chose qui avait changé après leur rendez-vous était une bonne chose.

Blaine souriait quand il se recula.

-Merci. Je suis désolé pour ça, je voulais juste que la soirée soit parfaite.

Kurt secoua la tête.

-Viens là, dit-il simplement, tendant les bras et souriant plus largement lorsque Blaine se glissa entre eux. Tu ne seras jamais parfait ou ne feras jamais une soirée parfaite mais quand je suis avec toi, Blaine Warbler, la vie semble plutôt parfaite.

Il y eut un faible toussotement depuis la porte et Kurt releva la tête pour voir Burt s'y tenir, les mains enroulées autour d'une tasse de café.

-Est-ce que vous avez passé une mauvaise soirée tous les deux ou quelque chose du genre ?

Kurt baissa les yeux vers Blaine, le paquet de boucles qui était enfoui dans son épaule. Il se mordit la lèvre, se rappelant la façon dont les lèvres de Blaine allaient si parfaitement contre les siennes même quand la pluie leur tombait dessus. La façon dont la main de Blaine tenait la sienne comme si c'était la chose la plus précieuse qu'il n'ait jamais tenue. Ce sourire qui lui était réservé quand Kurt réussissait à lui remonter le moral.

Il releva les yeux.

-Non.


Note de l'auteure : Au passage, Burt laisse Blaine rester pour la nuit. Sur le canapé, bien sûr, mais quand ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre, il n'eut vraiment pas le cœur à forcer Kurt à retourner dans son lit.


Prompt : Kurt et Blaine vont à leur premier rendez-vous et tout se passe mal.


A la semaine prochaine pour un prochain baiser,

Wyny et l'équipe de traduction