Chapitre 37 : La petite copine

Je le fixai, incrédule.

« Qu'est-ce que tu as dit ? » Ma bouche était tellement sèche que ça vint comme un seul mot.

Sirius s'esclaffa (comme s'il pensait que c'était drôle !) et répéta son horrible phrase. « J'ai dit que c'était normal que je m'inquiète pour la copine de Remus. »

Sa copine. Je n'étais la copine de personne. Je n'étais pas la copine de Remus. « Je ne suis pas sa copine, » crachai-je, surprise de la vitesse à laquelle j'étais redevenue amère et énervée. Je n'avais jamais montré autant d'émotion à quelqu'un, ça restait normalement dans mon journal.

Il haussa les épaules (comme si ce n'était pas grand-chose), et ajouta, « C'est comme ça que tout le monde te considère. »

Ma mâchoire tomba sous le choc. Ce n'était pas assez que toute l'école se moque déjà de moi pour avoir été avec Remus au sommet de la tour – il fallait aussi qu'ils me donnent des surnoms. « Mais on ne s'adresse même plus la parole à présent- » essayai-je d'expliquer, de donner une preuve que je n'étais pas sa copine.

Ça ne devait pas être aussi horrible que ça d'être la copine de Remus. Mais je n'aimais pas Remus comme ça. D'autres filles tueraient certainement pour être à ma place. Et j'y étais, me plaignant et m'agaçant à ce sujet.

« Parce que tu t'es enfuie, » ajouta Sirius.

Je fronçai les sourcils. « Je ne savais juste pas quoi dire. J'avais besoin d'un peu de temps pour y penser. Est-ce un crime ? Pensait-il que j'allais juste accepter et que tout serait bien dans le meilleur des mondes ? »

Je n'attendais même pas une réponse. C'était supposé être une question rhétorique. « Apparemment, oui. » Je lançai un regard dubitatif à Sirius. « Il espérait que tu comprendrais tout ça. Il pensait que ça irait. »

« Mais- » Je ne pouvais pas digérer ça tout de suite. J'étais absolument terrifiée par les loups-garous à cause de mon rêve, et j'étais supposée tout oublier et faire mon petit bonhomme de chemin ? « Je dois y aller… » m'exclamai-je, je me levai d'un coup, prenant Sirius au dépourvu.

Il ne dit rien et je me précipitai par le portrait dans le couloir pour me rendre à la Grande Salle. Le dîner allait être servi dans quelques minutes et c'était une bonne excuse pour se retirer.

« Elle est là ! »

Des chuchotements excités attirèrent mon attention. Je remarquai deux jeunes Poufsouffle penchaient l'une vers l'autre qui regardaient dans ma direction.

« C'est elle dont tout le monde parle. La copine de Remus. »

Je serrai les dents et continuai d'avancer, ne leur accordant même pas un regard.

Même si j'avais croisé pas mal de personnes tout le long du chemin, toutes ne semblaient avoir qu'un seul sujet de discussion : moi. Et Remus, pour être exacte.

Mais ce qui m'agaçait le plus dans tout ça fut le nombre de fois où j'entendis « la copine de Remus. » Je perdis le compter après six, alors que tout devenait flou à cause de ma frustration.

Le dîner fut une version à plus grande échelle des commérages des couloirs. Je sentais fixées sur moi tant de paires d'yeux que j'avais l'impression que j'allais être mal.

Jetant furtivement un regard à ma table, je vis Remus remuait mollement sa nourriture dans son assiette. Il avait l'air encore plus mal qu'avant.

Pourquoi avais-je si peur des loups-garous ? Où était mon courage de Gryffondor quand j'en avais besoin ? J'avais envie d'aller m'excuser auprès de Remus, de lui dire que tout allait bien, mais mes jambes ne voulaient pas bouger. J'étais paralysée.

Je restai seulement quinze minutes dans la Grande Salle avant de m'enfuir, sentant encore les regards inquisiteurs dans mon dos.

Je voulu faire mes devoirs pour me distraire, mais je fus distraite par eux. J'étais assise dans la salle commune, un rouleau de parchemin complètement vierge devant moi. Ce n'était pas une surprise que je rate mon coup si misérablement.

Remus revint du dîner quelques minutes après que je me sois installée pour travailler, et il refusa de rencontrer mon regard alors qu'il grimpait les escaliers.

Je laissai échapper mon souffle alors que je n'avais même pas eu conscience de le retenir, et plaçai une main sur mon front. Revoilà ma migraine.

Je savais que je devrais parler à Remus bientôt, mais je ne savais pas quoi dire, quoi faire. Étais-je supposée lui dire que je n'avais pas peur ? Mais ce serait un mensonge. Bien sûr que j'avais peur. C'était trop confus.

« Tu dois lui dire quelque chose, » entendis-je soudainement James. Jetant un regard derrière moi, je vis Sirius et James debout, les bras croisés, comme s'ils accomplissaient une sorte d'intervention.

Je soupirai. « Je vais le faire. J'ai juste besoin d'un peu de temps, » répondis-je.

James me lança un long regard, puis il monta au dortoir. Sirius ne fit pas un geste. Il avait sans doute d'autres choses à ajouter au commentaire de James.

« Ça va ? » Okay, donc ce n'était pas du tout pour soutenir les paroles de James.

J'hésitai, puis dis, « Tu avais raison. Au sujet de la petite copine. »

Sirius eut l'air pensif, puis contourna le canapé pour s'asseoir avec moi. Il fixa le feu de cheminée pendant un moment alors que j'attendais sa réponse. C'était de plus en plus bizarre. « Sirius », l'incitai-je finalement.

Il me regarda, un sourire commençant à se dessiner sur ses lèvres. Il avait un plan. « Alors, » sourit-il. « Où en est ton histoire ? »


J'espère que ce chapitre vous a plu.

J'aime le comportement de Sirius à la fin de ce chapitre. Pour lui occuper l'esprit, il veut de nouveau se plonger dans l'histoire d'Ivy.

Merci à Lia-Sail et madalidu170 pour leur review !

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Belle semaine à toutes et à lundi prochain !