Chapitre 36 :
Je suis anéanti… complètement vidé et dénué de tout sentiment. Je venais de me prendre une seconde raclée en l'espace de quelques mois. Je pensais vraiment que ça allait être différent avec elle, et après cette nuit, j'en étais même certain. Et résultat, je reprenais une chute infernale que je croyais stoppée. « Cette nuit c'était juste un besoin à assouvir, rien de plus», cette phrase repasse inlassablement dans ma tête. Je me sens minable… « je t'avais bien dit de ne pas t'accrocher… » et voilà c'est repartie… j'en peux plus de cette satanée conscience qui vient fanfaronner… ras le bol de se prendre des claques aussi… je m'accrocherais plus c'est fini… définitivement terminé…
Bah alors Greggo t'es drôlement silencieux depuis un moment… ça va ?
Je n'arrive pas à faire bonne figure, même devant eux.
C'est rien c'est la fatigue… je vais me coucher.
Je me lève et me dirige vers la tente que je devais initialement partager avec Nick.
Toi fatigué ? Arrête tu vas faire pleuvoir !
Je ne réponds pas à sa remarque. J'ouvre la fermeture et m'engage dans la pyramide de tissu. Une fois refermé je me change mécaniquement et je me couche. La voix de Nick me parvient alors.
Tin mais vous avez quoi les gosses ce soir… on vous entend pas… il a quoi Greg hein ?
Je sais pas…
On me la fait pas à moi, vous tirez une tronche de six pieds de longs depuis tout à l'heure… y a un problème ou quoi ?
Y a rien du tout ok ? alors maintenant tu me lâches.
J'entends des brindilles craquer, et de nouveau la voix de Nick qui résonne.
Mais tu vas ou ?
Faire un tour ça pose un problème ?
Les pas s'éloigne, le silence tombe seulement troublé par les crépitements du feu.
Je comprends plus rien là…
T'es pas le seul…
La conversation ne se poursuit pas longtemps, Nick entre a sont tour dans la tente, je ferme les yeux feignant de dormir.
Greg tu dors ?
Je ne réponds pas. Il s'installe et très vite les ronflements emplissent l'atmosphère. Je sais pas au bout de combien de temps je m'endors, tout ce que je sais c'est que je suis réveillé par un Nick, qui lui est en forme.
Allez assez roupiller là il est neuf heures passé !
J'émerge lentement, j'ai du mal à me reconnecter à la réalité, à me souvenir de pourquoi je me sens si mal. Mais la mémoire me revient vite… je sais pas comment je vais réussir à gérer cette journée. J'enfile mon jogging et je sors. Sara et Grissom sont en train de discuter en finissant leur tasse de café, mais aucune trace d'Heaven. « c'est pas plus mal… tu souffres déjà assez comme ça ». je peux pas dire que ma conscience a tort sur ce coup-là. Je me sers un café et je m'installe. Nick me rejoint alors que Griss et Sara nous disent qu'ils vont faire un tour. Ça sent la discussion ça….
Alors tu vas te décider à me dire ce qui se passe ?
Je vois pas de quoi tu parles…
Tu me prends pour un jambon ou quoi ?
Non honnêtement je vois pas…
Et tu sais pas non plus pourquoi Heaven fait la gueule ?
Du tout…
Ok comme tu veux… mais si tu veux parler tu sais que je suis là.
Je sais ouais mais t'inquiètes j'étais juste crevé hier… ça va mieux déjà avec une bonne nuit de sommeil.
Quand elle revient, d'un accord muet on décide de faire comme si de rien n'était, les autres se posaient déjà assez de question comme ça. Certes on se marre plus comme avant mais on se parle plutôt cordialement. La journée me semble interminable, j'ai du mal à suivre toute les conversations. A treize heures on lève le camp. Dans la voiture tout est calme contrairement à l'allé. Je comate à moitié en repensant a tout ce qui c'était passé ces deux derniers jours… j'avais été heureux l'espace d'une nuit, avant de retomber dans les bas fond de la solitude et de la douleur… « Je t'avais dit de te méfier... tu ne diras pas le contraire… regarde toi, tu es malheureux, mal dans ta peau… tu sais aussi bien que moi que quand tu ne t'engageais pas avec une fille tu étais plus heureux. » Peut être… mais là j'ai vraiment pas envie de penser à ça. Je jette un coup d'œil dans le rétroviseur, et je la regarde. Lunettes de soleil noires sur le nez, écouteurs vissés dans les oreilles, elle ne dit rien. Est-ce qu'elle dort ou est-ce que comme moi elle ressasse cette nuit ? Est-ce qu'elle regrette ? Je sais pas quoi penser. Je l'aimais, mais cela semblait à sens unique… et un amour à sens unique n'amène que la souffrance. « Alors arrête de rabâcher… il est temps de retrouver le Greg Sanders d'autre fois… lui n'était jamais malheureux et toujours comblé ». j'ai dit que je voulais pas penser à ça ! le trajet semble durer une éternité, quand on n'arrive enfin sur le parking du labo nous sommes accueillis par Catherine.
Alors les gosses, comment c'était ce weekend ?
J'oublie de répondre, mais je suis pas le seul. Je la vois nous jeter un regard bizarre, mais elle n'a pas le temps de s'étendre plus que les trois autres viennent aux nouvelles de Lindsay.
C'était une fausse alerte…
Je récupère mon sac dans le coffre et je le balance dans ma voiture. J'ai un besoin urgent de me retrouver seul, de réfléchir, de mettre les choses au point surtout. Mais tout ça, ça promet surtout des heures de prises de tête avec moi-même…
