Chapitre 18 : Ouf, enfin le dernier chapitre !
Bon, j'ai pas trop envie de me casser le cul avec ce chapitre-là, je vous le dit d'avance.
Après tout, c'est déjà fini : le monstre est vaincu, Tom est mis hors d'état de nuire, tout le monde est content.
Ce chapitre a pour objectif de boucler un peu le bousin, de revenir sur deux, trois trucs, de faire le point, un récapitulatif, etc. En fait, je suis ici censé terminer toutes les intrigues, expliquer les détails cachés pour que vous compreniez tout bien.
Bon, alors prenons ça dans l'ordre des persos.
Aïcha.
L'été est arrivé. Une chaleur insupportable, des coups de soleil et des piqûres de moustiques. Une belle saison de merde.
Mais au moins il n'y a pas cours.
Henri et Momo, bien contents d'avoir enfin quitté l'école, profitent des vacances pour rendre visite à la sœur de Momo, toujours hospitalisée (ça fait genre plusieurs mois).
À l'accueil de l'hôpital, il y avait un guichet avec une de ces pétasses qui se lime les ongles en téléphonant à des amies aussi futiles qu'elle au frais de l'hôpital, le tout en mâchant bruyamment du chewing-gum.
Évidemment, elle fut offusquée que les deux garçons la dérangent pour oser lui demander le numéro de chambre.
Lorsqu'ils arrivèrent, Aïcha était assise dans le fauteuil de sa chambre.
« Elle a l'air d'aller bien, non ? demanda Momo comme pour se convaincre.
– Oui, ça à l'air d'aller un peu mieux, répondit Henri sans y croire. »
Elle regardait dehors. Enfin, vraisemblablement que les infirmiers l'avaient juste tourné vers la fenêtre histoire de dire.
« Sainte-Palourde est un hôpital psychiatrique très réputée, tenta Henri. »
Ah oui, alors j'explique.
Aïcha, ayant mystérieusement trouvé le super 8 de Tom, celui-ci parvint à manipuler son faible esprit de gamine impressionnable, pour lui faire tuer ses victimes.
Oui, les plus malins d'entre vous auront remarqué que la phrase précédente commence avec un sujet et finit par un autre. Ce qui du point de vue littéraire, est ce qu'on appelle, dans le jargon, « une belle merde ».
Mais en tout cas, Tom l'avait utilisée : son esprit ne pouvant rien accomplir de concret, il lui fallait une personne pour ouvrir pour lui la salle de bain des secrets et commander au monstre. Il lui soufflait les mots en langage de requin, et zou.
Du coup, la fillette, lors de ses phases de lucidité (Tom ne la contrôlait pas H24), se rendait compte qu'elle était responsable de la mort de nombreux camarades (Colin était dans sa classe). D'ailleurs, la totalité des morts étaient des gens qu'elle connaissait, puisque Tom les repérait comme ça.
Et donc, la fillette avait passé l'année à sombrer progressivement dans la folie. Elle ne pouvait résister à Tom, mais regrettait profondément chacun de ses actes.
Elle avait, un jour, réussi à jeter le super 8 dans une poubelle, ne pouvant plus supporter la situation. Mais un syndrome de sevrage s'était développé, car l'influence de Tom était devenue une drogue dont elle ne pouvait plus se passer.
Elle avait alors cherché à retrouver le super 8, et il lui avait fallu des semaines pour découvrir, par hasard, que Henri l'avait en sa possession. Elle l'avait alors volé, et les meurtres avaient recommencé.
Après la mort du mégalodon, elle avait été hospitalisée en psychiatrie, et depuis elle était en tétanie complète. Ne bougeant pas, ne parlant pas. Elle était nourrie par un tube, et son seul mouvement était un clignement d'yeux, et encore pas souvent.
« Bon, on va pas te déranger trop longtemps, reprit Momo après un moment. Tu dois être fatiguée. En tout cas tu as l'air. »
Il se mentait à lui-même : elle était dans un état déplorable, pas seulement un peu fatiguée. Et elle ne s'améliorait pas du tout, jusque-là.
Enfin, c'est normal, quelque part. On ne ressort pas d'un truc pareil comme si de rien n'était.
Jamais.
Tocard.
Gilbert Tocard, après avoir vaincu le monstre, en avait fait un nouveau bouquin : Comment j'ai latté les couilles au dinosaure.
Les puristes diront que, en fait, le mégalodon n'est pas un dinosaure, mais tout le monde s'en branle.
Ça avait été un grand succès, peut-être son meilleur (c'est quand même une créature légendaire, pas juste un malheureux dragon).
Du coup, il avait quitté son poste de professeur pour une tournée mondiale de promo et de dédicaces.
Il était devenu presque riche, et encore plus célèbre.
Ça roule pour lui, quoi.
Daubé.
« Hé, machin, apporte-moi un verre de cognac. Il faut que je fête le succès de mon plan. Un succès relatif, mais un beau succès quand même. »
C'était le Vicomte de Saint-Épignac de Malotru, qui commandait un verre à Daubé, un de ses nombreux elfes de maison.
S'adressant à un interlocuteur invisible (en fait à personne, mais c'est bien pratique qu'il parle tout seul pour que le lecteur comprenne), le vicomte récapitulait son plan (ce qu'on ne fait jamais, en vrai, sauf dans les films).
« Près d'un quart des impurs de l'école ont été massacrés grâce à ma géniale idée ! Franchement, je ne m'attendais pas à si bien lorsque j'ai découvert ce super 8 dans les archives du parti. Lorsque j'ai compris qu'il avait réellement réussi à ouvrir la chambre grâce au dépliant dans la boîte, j'ai compris également qu'il pourrait le refaire, si j'arrivais, comme il l'avait initialement prévu, à refiler la bobine à un élève. Il suffisait de choisir la fille de cet enfoiré de ibn el-Walid, et vlan dans tes dents, connard de bougnoule. »
Il but une gorgée, et fit un long « aaaaah » de satisfaction.
« Tu as satisfait d'avoir un maître aussi brillant, heu, truc ?
– Oui, Daubé est honoré.
– Ben alors dis-le ! dit-il en lui bottant le cul façon violence brutale. »
Daubé alla donc se punir pour n'avoir pas été assez jouasse des actions de son maître.
Voilà, c'était l'épilogue.
Heu, en gros, le vicomte de Malotru s'en sort, Daubé est toujours esclave, les méchants s'en sortent sans être inquiétés le moins du monde, un joli coup de pied au cul de la morale, pif pam poum.
Ah et puis, pour être descendu dans la salle de bain des secrets en scred sans le dire aux profs, Henri et Momo avaient été punis. Lourdement.
Ils avaient dû faire le truc le plus ingrat, le plus dégradant, le plus humiliant qu'on puisse imaginer : faire le travail du concierge. Rusard avait pris des vacances, et les deux garçons avaient fait son boulot jusqu'aux vacances d'été. Vidage de poubelle, nettoyage et récurage des chiottes. Ils avaient même eut droit aux injures et crachats que les élèves servaient habituellement à Rusard.
Un seul avantage : ils pouvaient donner des ordres aux elfes, qui étaient sous leurs ordres.
Et ça c'est cool.
Allez, c'est un peu tout. Les autres persos on s'en tape le zgègue complet.
Ah ben si, il reste Hagrid. Après la capture de la bobine, il a été libéré puisque manifestement il était pas coupable (quoi qu'il a un bon casier, déjà, mais en tout cas pas coupable pour cette affaire-là).
Du coup, pas si con finalement, il avait intenté un procès au ministère, pour la gêne occasionnée, et il avait gagné un million. Au titre de condamnation erronée, ou je sais pas quoi du genre (oui, parce qu'entre temps il a été jugé et reconnu coupable).
Un millions de francs, hein. Ça fait un peu moins. Mais quand même.
Du coup il quitte son boulot de garde-chasse et part vivre sa vie de nouveau riche.
Il achète même un costard.
