Chapitre 37 - Le Général

-"Rah ! Je le savais ! Vous voyez Carter ! Je vous l'avais bien dit !"

Sam soupira.

-"Vous ne vouliez pas me croire !"

-"Je n'ai jamais dit ça, monsieur."

-"Mon général, le problème n'est pas de savoir qui a tort ou raison" commença Janet.

-"Ah mais je ne suis pas d'accord ! Avec Carter, quand j'ai raison, je préfère le souligner !"

-"C'est vrai que c'est tellement rare, Jack !" fit remarquer Daniel.

-"Daniel, tu es censé être de mon côté ! J'aimerais bien un peu de soutien là, surtout après ton petit numéro de ce matin !"

Daniel fit un sourire timide, car Sam lui avait raconté que depuis son intervention dans l'ascenseur, tout le monde la regardait comme si elle était couverte de Jello...

-"Ah non !"

-"Pourquoi pas ?"

-"Parce que Sam est plus sexy !"

-"Hé, ça ne compte pas ça ! Et moi, je commande le café pour le mess !"

-"Jack, Sam gagne quand même ! Je te rappelle qu'elle peut faire exploser des soleils !"

-"Tu marques un point !"

Sam les observa, comme pour un match de tennis.

-"Messieurs, peut-on reprendre ?" proposa Janet.

-"En effet, je pense que le débat peut attendre" souligna Teal'c.

Sam reprit donc la parole, en remerciant Janet et Teal'c d'un signe de tête.

-"Il semble donc que notre ami Ba'al -"

-"Ce n'est pas mon ami !" grommela Jack, coupant la parole de Sam, à nouveau.

De dépit, Sam se laissa tomber dans son siège. Jack serra ses lèvres et prit un air de petit garçon prit en flagrant délit de bêtises. D'un geste de la main, il invita son second à poursuivre.

-"Donc le très connu et détesté Goa'uld Ba'al - si vous préférez - semble s'arranger pour inoculer diverses maladies à nos équipes dès qu'il en a l'occasion."

-"C'est sans doute pour ça que les jaffas se rendent si facilement !" dit Daniel.

Sam fronça les sourcils.

-"Hum, ça semble logique après tout. Ba'al tente de décimer les humains avec d'autres moyens que les conventionnels."

-"C'est une bataille de longue haleine" fit remarquer Janet.

-"C'est une stratégie qui peut porter ses fruits, sur le long terme certes" ajouta Jack.

-"Mais je ne comprends pas, rien n'a encore tué d'humains ! Il attend quoi ? De trouver la bonne maladie ?" demanda Charles.

-"C'est une théorie mais gardez à l'esprit que pendant que nous sommes en quarantaine ou que nos équipes sont HS à cause d'une maladie incapacitante, nous ne sommes pas en activité. Il en sait assez sur le SGC pour connaitre nos protocoles sanitaires" expliqua Sam.

-"Et pendant ce temps, ses jaffas sont libres de leurs mouvements" ajouta Teal'c, pensif.

-"Mais nous devons l'arrêter avant quand ça n'aille trop loin ! Et continuer nos mission" dit Jack.

-"Et tout ça, sans risquer de ramener la peste ou n'importe quelle maladie mortelle !" souligna Charles et Janet approuva ses paroles.

Jack se passa une main sur le visage, de haut en bas, puis la fit glisser sur sa nuque. Sam l'observait intensément. Il était visiblement épuisé et dépassé par l'ampleur de la tâche, mais jamais elle ne l'avait trouvé plus désirable.

La dernière fois qu'elle avait vu le colonel O'Neill, il venait d'être installé dans un caisson de stase. Juste après la bataille contre Anubis, elle avait approché son visage si près du sien, qu'elle sentait la chaleur de sa peau contre la sienne. Tellement près qu'elle aurait pu l'embrasser en bougeant ses lèvres d'à peine quelques millimètres. Près d'un an plus tard, elle avait retrouvé un autre O'Neill - général cette fois. Ses cheveux avaient blanchi encore un plus mais ça lui allait bien. Elle avait presque oublié à quel point il était beau et sexy. Elle se souvenait de ses sentiments et des papillons qu'il faisait naître dans son ventre, elle le savait magnifique et séduisant mais elle prit ce constat en plein visage quand il avait ouvert la porte de la salle d'interrogatoire, avec sa haute stature et son maintien droit - digne du général qu'il était. Le poids des responsabilités ne semblait pas avoir fléchi sa prestance - bien au contraire, il semblait presque plus grand.

Ce jour-là, Sam se retrouvait donc à observer sa main gauche, caresser son visage, comme pour effacer la fatigue, comme si geste allait lui donner plus de clairvoyance. Sam avait presque ouvert la bouche face à la sensualité de cette attitude. Quand sa main passa sur son cou avant de rejoindre sa nuque, Sam frémit. Elle imaginait déjà cette main sur elle, prodiguant la même caresse, le même geste apaisant mais ô combien sensuel. Il baissa son bras.

Cependant, alors que Sam se demandait s'il était conscient de ce qu'il dégageait, elle remarqua quelque chose. Son annulaire gauche était nu. Et comme les questions commençaient à se bousculer dans sa tête - était-ce un oubli ? L'avait-il fait exprès ? Devait-elle lui en faire la remarque en privé ? - son regard remonta le long de son poignet pour arriver à son avant-bras. Il avait retroussé les manches de sa veste et elle détailla chaque millimètre carré de sa peau. Le soleil y avait laissé son empreinte, créant des pigments bruns, d'autres plus clairs et la palette de couleurs était infinie. Elle rêvait de caresser sa peau chaude et tannée par le soleil. Ses yeux remontèrent encore passant rapidement sur la partie couverte de son bras, pour arriver au col de son t-shirt noir, laissant échapper quelques poils de son torse viril. Sam gesticula sur sa chaise car la vision avait réveillé ses papillons et en grande quantité. Elle remonta le long de son cou, détaillant chaque courbe de sa mâchoire, de ses fossettes et chaque trait de son visage. Quand elle arriva à ses yeux, le regard interrogateur de Jack croisa le sien, curieux.