Vienna n'était pas sur la liste des personnes à abattre d'Edward ni sur la liste des invités de Bella et à vouloir à tout prix être sur la dernière elle a fini sur la première. Elle aurait mieux fait de se faire oublier. Après ces fêtes qui se sont à peu près déroulées tranquillement, on va faire un petit bond en avant et on comprendra qu'en toile de fond, Edward a mis son plan en action.

Mes remerciements que je n'ai pu faire par MP à So06, Lucie34, Marine Elya, Rose01, Mylène, Floppy69, Lou, Keshya, Mimieloo, Aussidagility.

Un grand merci à SBRocket, Ptitewam et Mutinecherry pour leurs corrections et leur soutien.

Cette histoire appartient à Johnnyboy7 publiée sous le titre There Will Be Freedom et je n'en suis que la traductrice. Elle s'adresse à un public adulte, donc dix-huit ans et plus.

Chapitre 34 : L'Ange de la Mort

Angel of Death

BELLA POV

"The angel of Death brings no freedom to the wicked. In its place, pain and destruction survive."-Socrates

All things Twilight related belong to Stephanie Meyer


Je sirotais mon café et m'assis dans le canapé, regardant la neige fondre dehors. J'étais plus qu'heureuse que le froid s'en aille. On était le premier mars et le printemps était tout proche. J'étais prête pour le soleil.

En ce moment rare où la maison était tranquille, que les bébés dormaient et que personne n'avait besoin de mon attention, je pris le temps de penser à tout ce qui se passait dans ma vie.

D'une certaine manière, le drame était à un minimum. Diable, il était presque inexistant comparé à l'année dernière à cette époque. Mais je pense que c'était parce qu'Edward et moi avions appris comment mieux y faire face. Nous étions vraiment bons pour laisser la merde superflue derrière et se concentrer l'un sur l'autre.

Les bébés étaient en bonne santé et nous étions heureux. C'était vraiment ce qui comptait. Bien sûr, il y avait toujours quelque chose qui se passait avec la famille, principalement avec Carlisle et Esmé. Nous les avions mis à l'écart, laissés pourrir dans le froid. La seule chose de "Cullen" les concernant tous les deux maintenant était leur nom de famille. Ils n'avaient toujours pas vu les bébés. Edward ne l'aurait pas permis.

Il y avait eu une énorme dispute un mois plus tôt, quelque chose à voir avec un livre que Carlisle écrivait. Il y avait apparemment dedans des choses qui ne devraient pas y être et Edward avait explosé comme jamais je ne l'avais vu avant. Les choses qu'il avait dites à Carlisle étaient des expressions des plus vulgaires et des plus venimeuses. Ils n'étaient pas en bons termes, alors les autres non plus. Esmé avait essayé d'appeler mais je n'avais pas grand-chose à lui dire. Elle avait permis à son mari d'écrire ce truc qui nuisait à notre famille et je ne voulais rien avoir à faire avec cela. Elle avait cessé de supplier pour voir les bébés après à peu près un mois. Ils ne venaient plus à l'église, ils ne parlaient à aucun de nous, et Edward avait quasiment placé une lettre écarlate sur leurs poitrines. Je soutenais mon mari là-dessus.

A côté de cela, les choses allaient bien.

Roman et Sophia grandissaient de jour en jour. A six mois et demi, ils étaient très avancés pour leur âge. J'avais presque failli me mettre à pleurer l'autre jour quand Sophia avait essayé de ramper. Elle n'était pas allée bien loin mais j'étais terrifiée et ravie en même temps. Le petit Roman avait sa propre idée. Il roulait comme un pneu. Si je le posais sur le sol une minute, il décollait et essayait de rouler. C'était épuisant de le maintenir.

Ils mangeaient des purées maintenant et nous stockions des centaines d'aliments en purée. Heureusement, ils les prenaient bien et se tenaient assis tous les deux dans leurs chaises hautes plus facilement. J'étais fière d'eux, même si j'étais sure que toutes les mères disaient cela.

Nous avions eu une petite frayeur deux mois en arrière quand Roman avait eu une mauvaise toux. C'était juste après le Nouvel An et c'était comme s'il ne pouvait plus vraiment respirer. Nous l'avions emmené en urgence à l'hôpital où il était resté en observation mais le médecin avait dit que cela pourrait arriver plus souvent alors que ses poumons se développaient. J'avais tellement peur la nuit parce que je pensais toujours à Roman. Et s'il s'arrêtait de respirer? Et si nous ne pouvions pas arriver à temps à l'hôpital? Maintenant je voyais pourquoi les mères ne dormaient pas assez. C'était impossible.

"Madame Bella!" Un cri vint de l'étage.

Mon cœur s'arrêta et je posai mon café sur la table, sortant en courant de la pièce. Je montai les escaliers deux par deux, inquiète de ce qui avait pu arriver.

"Où diable es-tu?" criai-je.

"Dans votre chambre," me répondit Agata.

J'ouvris précipitamment la porte et poussai un soupir de frustration en entrant dans le dressing.

"J'essayais de suspendre votre linge et je l'ai trouvé ici. Je ne sais pas quoi faire. M. Edward va me tuer." Agata semblait prête à se mettre à pleurer.

Bosco, le nouveau chien, était en train de déchiqueter en morceaux une des chaussures d'Edward. Et ce n'était pas n'importe quelle chaussure. C'était l'une des préférées d'Edward.

"Pas encore!" Je tirai sur mes cheveux. "Bosco, arrête ça!"

J'essayai de lui arracher la chaussure de la gueule mais il crut que j'étais en train de jouer et tira plus fort. Agata vint aider et nous tirâmes de toutes nos forces mais cela ne servit à rien. Ma prise glissa et je tombai par terre dans une pile de linge fraîchement plié.

Bosco me plaqua au sol, léchant mon visage et bavant sur moi.

Je rigolai quand sa langue chatouilla ma peau. "Descends de moi. Tu vas avoir des ennuis."

Tandis que Francis était le bon chien obéissant, Bosco était l'opposé. Il était le jeune chien turbulent qui pouvait être férocement protecteur mais causait des désordres désastreux. Je n'arrêtais pas d'essayer de convaincre Edward que Bosco avait bon cœur mais il détestait passionnément ce chien. Je l'avais même entendu une paire de fois marmonner dans son sommeil combien il voulait rouler sur la pauvre chose avec sa voiture.

Pour être juste, Bosco n'aimait pas non plus Edward. Ils se lançaient des regards noirs et avaient des combats silencieux. Je pense que Bosco aimait juste le pousser à bout, et il avait découvert que c'était facile à faire. Une bonne chose que Bosco n'ait jamais agressé ou mordu personne. Il était toujours joueur et je l'aimais énormément mais il était devenu un autre élément sur ma liste de responsabilités.

Ce chien devenait plus gros de jour en jour. Je ne savais pas que les bergers allemands avaient tendance à manger... beaucoup et il m'arrivait presque aux genoux à présent. Il y avait d'énormes sacs de nourriture dans la réserve au rez-de-chaussée, mais Bosco pouvait tout dévorer en un rien de temps. Même Francis ne pouvait pas y arriver. Heureusement, ils s'entendaient tous les deux très bien. Ils étaient comme des meilleurs amis mais Francis savait se tenir à distance d'Edward, pas Bosco. En conséquence, Francis et Edward étaient inséparables. Quand je voulais trouver l'un, je trouvais l'autre. Ils étaient toujours ensemble.

"Edward va piquer une crise." Je ramassai la chaussure et laissai la bave s'écouler. Il se lécha les babines.

"Je suis tellement navrée, Mme Bella." Agata se mordit la lèvre.

"Ce n'est pas grave," lui assurai-je. "Tu n'as rien fait de mal."

Elle hocha la tête et sourit, continuant à ranger le linge.

Je me levai du sol et attrapai Bosco par son collier rouge, le trainant hors de la chambre. Ses pattes lourdes foulèrent les marches des escaliers et j'ouvris la porte de derrière pour le laisser aller courir librement dans le jardin.

"Tu vas avoir de gros ennuis quand Edward rentrera," lui dis-je. "Je ne peux pas sauver tes fesses cette fois."

Il partit en courant poursuivre quelque chose dans l'herbe humide.

Francis s'assit à mes pieds, regardant Bosco. J'aurais pu jurer l'avoir vu secouer la tête de honte. Il essayait de se poser en exemple pour le plus jeune, mais ça ne marchait jamais.

Je fermais la porte juste quand le téléphone se mit à sonner. Je me dépêchai pour aller répondre mais, bien sûr, Gioni me prit de vitesse. Il aimait m'énerver ainsi. Je pouvais au moins répondre toute seule au téléphone, mais il ne voulait pas en entendre parler.

"Résidence Cullen. Bien sûr, M. Cullen." Il me tendit le téléphone. "C'est M. Cullen pour vous."

"Merci," Je pris le combiné, "Edward?"

"Bonjour, mon cœur."

"Bonjour. Je n'ai pas eu la chance de te voir ce matin avant que tu partes."

"Je sais. Je devais être ici vraiment tôt et je n'ai pas voulu te réveiller. Comment s'est passée ta journée?"

"Oh, tu sais, la routine. Les bébés à changer, les chiens à nourrir, se bagarrer avec le personnel."

"Aimerais-tu une soirée de congé?"

"Bien sûr."

"Viens diner avec moi en ville. Nous pouvons avoir une agréable soirée à l'extérieur."

"Vraiment? Cela serait effectivement assez génial." Je soupirai. "Puis-je te rejoindre dans une heure environ?"

"Bien sûr. William viendra te chercher."

"D'accord. Laisse-moi aller me faire belle."

"Bella, tu es déjà belle pour moi."

Je fondis.

"Eh bien... je te remercie." Je rougis.

"Tu es en train de rougir, n'est-ce pas?"

"Non!"

Il gloussa. "A tout à l'heure."


William me déposa à l'un des endroits préférés d'Edward. C'était un petit restaurant italien avec assez de place pour une dizaine de petites tables rondes. Ça me rappelait un film avec la musique douce et seulement une bougie pour éclairer la salle. La nourriture était incroyablement fraîche et faite maison ce qui faisait d'Edward un homme très heureux.

Il était installé dans le coin au fond du restaurant, parcourant ses emails sur son téléphone. Il le rangea quand il me vit approcher.

"Enfin. Je ne t'ai pas vue de toute la journée." Il se leva, m'embrassa et me tira la chaise. "Ça a été un enfer."

"Vraiment? Qu'est-ce que tu as fait?"

"Je ne sais même pas vraiment." Il gloussa, enlevant ses lunettes pour nettoyer les verres avant de les remettre. "Je suis si foutrement fatigué cependant."

"Je sais. Tu ne dors presque plus. Quelque chose se passe dont tu ne me parles pas."

"Pour ta protection, bien sûr."

"Bien sûr." Je bus une gorgée d'eau.

Edward s'était comporté de façon très étrange ces deux derniers mois. Tous les mâles Cullen, en fait. Il y avait une énorme enquête en cours sur la disparition de certains patrons du crime de très grande envergure. Ils s'étaient évanouis, sans laisser de traces. Un par un, ils avaient disparu de la surface de la terre, aucune explication ou information. Edward était probablement derrière tout ça. Correction, Edward était certainement derrière tout ça.

"Et comment vont mes enfants? Bien, j'espère." Il sourit.

"Plein de vie comme jamais. Roman refusait de manger aujourd'hui alors il a craché les petits pois dans mes cheveux."

"Je t'ai dit qu'il ne mangerait pas ces trucs. Il doit avoir des patates douces. Sophia est celle qui aime les petits pois."

"Eh bien, j'essaie au moins de les lui faire goûter. Les petits pois sont bons pour la santé."

"Dégoûtant." Edward frissonna.

"Tel père tel fils, je suppose."

"Nous avons rendez-vous demain pour visiter une maternelle en centre-ville."

"Je sais. Je n'ai pas oublié. Je pense toujours que c'est trop tôt cependant."

"Il n'est jamais trop tôt pour apprendre. J'ai parlé avec un de nos voisins et il a son petit d'un an en cours de maths. Que je sois damné si ce bébé a une longueur d'avance sur les nôtres. "

"Mais ils ne savent même pas encore parler," contrai-je. "Je ne dis pas que nous ne devons pas aller la voir mais nous pouvons attendre un peu plus."

"Tu ne veux pas qu'ils te laissent à la maison t'ennuyer."

"C'est absurde." Je mis ma serviette sur mes genoux essayant de cacher mon visage.

"Je te connais tellement, Bella. Tu ne peux pas me mentir."

"Je suis beaucoup occupée, je te remercie."

"En passant, ton patron n'arrête pas de m'appeler."

"Je n'ai pas de patron."

"Celui de la chaine de télé. Il dit qu'il essaie de prendre contact avec toi et que tu ignores ses appels."

"Je ne sais pas de quoi tu parles." Je haussai les épaules.

"Tu ne veux pas retourner travailler, n'est-ce pas?"

"Pas particulièrement."

"Alors pourquoi n'as-tu rien dit?"

"Je ne veux simplement pas manquer l'évolution des bébés. Tous les jours ils font quelque chose d'incroyable et je m'en voudrais si je passais à côté de tout cela."

"Comme moi?"

"Non, pas comme toi. Tu es à la maison la plupart du temps," dis-je avec regret. Je ne voulais pas le faire se sentir mal. "Mais c'est différent pour moi. Je ne peux pas les perdre de vue. Je veux rester à la maison pour l'instant."

"Ça me convient parfaitement. Je n'ai pas de problème avec ça mais tu dois rappeler ce gars. Il commence à m'agacer."

Je hochai la tête. "La première chose que je ferai demain matin."

"Bien."

Nos plats arrivèrent juste quand mon estomac était prêt à se manger lui-même. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point j'étais affamée jusqu'à ce que je sente les arômes autour de moi. Edward et moi eûmes un repas tranquille. Il était d'une humeur très rare ces temps-ci, riant et souriant beaucoup.

"Oh, nous avons eu un autre accident à la maison." lui dis-je quand nous eûmes terminé.

"Qu'est-il arrivé?" Son sourire s'évanouit. "Qui a été blessé?"

"Personne, mais tes chaussures ont été massacrées."

"Quelles chaussures? Pas mes Armani marron."

"Désolée."

"Je vais le tuer."

"Il n'y peut rien."

"Bella, il le fait exprès," gronda Edward. "Il va devoir filer. Je hais ce clébard."

"Mais non. Bosco est juste téméraire."

"Eh bien pourquoi ne peut-il pas être téméraire avec tes chaussures?"

"Parce qu'il t'aime encore plus." Je fis une tiède tentative pour l'amadouer.

"Il ne m'aime pas. Je ne le permettrais pas. C'est une sale bête qui doit rester dehors."

"Et si Francis se mettait à manger tes affaires, le haïrais-tu aussi?"

"Francis ne ferait jamais une telle chose. Il le sait bien. Je l'ai dressé à obéir. Il ne peut pas continuer à agir ainsi. Hier soir, je l'ai trouvé dans la bibliothèque à mâchouiller un livre. Il était en train de mettre en morceaux mon exemplaire de la première édition de Gatsby le magnifique. Je vais lui tirer une balle.

"Je crois que le dressage suffirait. Il sera parfait une fois qu'il sera passé par là."

"Je le déteste et c'est de ta faute. Je n'arrive pas à croire que je t'ai pris un autre chien."

"Il se trouve que j'aime ce bout de chou. Il est devenu si gros."

"Ouais, eh bien nous verrons combien de temps nous le garderons." Edward se leva de table et m'aida à mettre mon manteau.

Nous sortîmes dans la nuit froide et fûmes presque renversés par un coursier à vélo. Il nous cria des excuses mais continua à pédaler.

"Je déteste cette ville," Edward se crispa. "Je veux déménager."

"Nous ne pouvons pas déménager. Nous avons des obligations ici."

"Je m'en fiche. Je peux travailler depuis... une plage au Brésil, par exemple."

"Je ne crois pas que la famille serait très enthousiaste pour ça."

"Qui s'en soucie? Je peux faire ce que je veux," protesta-t-il.

"Non, tu ne peux pas. Nous ne déménagerons pas parce que les bébés ont besoin de stabilité pendant leur croissance."

William s'arrêta sur le côté de la route en faisant crisser les pneus et sortit de la voiture pour nous tenir la portière ouverte.

"Tu rentres à la maison. J'ai quelques heures de travail de plus à faire." Edward me rapprocha de lui.

"Encore du travail? Mais tu as déjà eu une journée de quatorze heures. Il est temps de te reposer."

"J'aimerais bien pouvoir." Il posa son front contre le mien.

"Es-tu sûr que je ne peux pas te convaincre? Il y a beaucoup de choses amusantes à faire à la maison."

"Eh bien, qu'avez-vous à l'esprit, Mme Cullen?"

"Fais marcher ton imagination."

"J'ai l'esprit cochon. Tu pourrais ne pas aimer ce qu'il y a dedans."

"Je pense que je suis prête pour ça." Je l'embrassai avec urgence, mes mains remontant son torse et passant dans ses cheveux.

"Bella... s'il te plait, ne fais pas ça," supplia-t-il alors que mes lèvres jouaient avec les siennes, les taquinant et les mordillant.

"Faire quoi?" répliquai-je innocemment.

"Ok, ok. Je viens, mais la moitié du monde va être furax de ne pas avoir sa cargaison d'armes."

"La moitié du monde peut attendre. Mme Cullen est excitée." Je le tirai dans la voiture par la cravate.

William démarra, conduisant comme un fou.

"Bella, tu es une tentatrice de la pire espèce." dit Edward d'une voix rauque en m'embrassant dans le cou. "Je suis hautement choqué par tes avances et tes actions éhontées."

"Je n'y peux rien."

Dieu merci la banquette arrière était assez grande pour nous coucher verticalement. Edward accrocha ma jambe à sa hanche et poussa profond contre mon centre.

"Oh, waouh," couinai-je

"Tu es partie pour une soirée très intéressante," grogna-t-il presque à mon oreille.

"J'ai hâte."

"William, presse-toi bordel!" Edward donna un coup de pied à l'arrière de son siège.

"J'essaie, monsieur. Il y a un accident devant."

"Bon sang!" aboya-t-il. "Très bien. Prends la prochaine à droite et dépose-nous au Marshall Hotel."

"Edward, nous devons rentrer. Les bébés..."

"Les bébés peuvent passer une nuit tous seuls." Il me fit taire avec des baisers rudes.

Cinq minutes plus tard, je fus presque portée dans l'hôtel: William eut à peine le temps d'ouvrir la porte avant qu'Edward nous pousse dehors. Nous nous présentâmes à l'accueil et nous précipitâmes dans l'ascenseur comme des ados excités après le bal de fin d'année.

Edward me souleva contre le miroir de la paroi alors que nous montions. Hélas, un père et ses deux enfants montèrent dans l'ascenseur au premier. Nous fûmes poussés dans un coin et Edward fit des bruits indécents de frustration dans sa barbe.

"Arrête ça," chuchotai-je.

Nous montâmes en silence dix étages avant qu'ils ne sortent, nous laissant seuls à nouveau. Edward et moi continuâmes à nous embrasser pendant les étages suivants.

"Je dois ouvrir la porte," murmura-t-il contre mes lèvres dans le couloir en tâtonnant avec la clé.

"Je ne t'en empêche pas."

"Je n'arrive pas à voir." gloussa-t-il, tendant le bras derrière moi. La porte fut enfin déverrouillée et je fus poussée à l'intérieur.

Ma veste avait disparu et mes chaussures avaient été lancées quand je m'allongeai sur le lit.

"Isabella, tu es sur le point d'être profanée de toutes les façons possibles." Edward défit rapidement sa cravate.

"J'adorerais ça." Je mis mes mains au-dessus ma tête.

"Retourne-toi." ordonna-t-il.

"Quoi?"

"Là. Maintenant." Il monta sur le grand lit et me fit rouler jusqu'à ce que je sois sur le ventre. Il releva mon t-shirt afin que le bas de mon dos soit exposé.

Edward plongea la tête et je haletai tout bas quand ses dents commencèrent à mordre doucement ma peau. Il déposa des baisers mouillés sur mon dos et remonta mon t-shirt le long de ma colonne vertébrale. En une minute mon t-shirt eut complètement disparu mais j'avais toujours mon soutien-gorge. Je restai face contre le couvre-lit quand Edward se mit à lécher presque chaque partie de mon dos et je ne pus retenir les gémissements qui parcoururent mon corps à la sensation de ses lèvres sur ma peau. C'était indescriptible.

"Je ne veux pas que tu bouges à moins que je ne te le dise," gémit Edward d'une voix rauque.

"Oui, monsieur," répondis-je à bout de souffle.

Les bras d'Edward serpentèrent autour de mon corps jusqu'à ce qu'ils passent sous moi. Il releva légèrement mes hanches pour pouvoir tripoter le bouton de mon jean avant de le descendre lentement sur mes jambes, mordillant l'arrière de mes cuisses se faisant.

"Vais-je devoir te supplier à nouveau?" demandai-je.

"Tout dépend de comment tu seras gentille." Il gloussa contre mon mollet et retira complètement mon jean.

Je détestais quand il faisait cela lent et doux. Ça me tapait vraiment sur les nerfs. Je voulais juste qu'il me baise à m'en faire perdre la tête sans rien retenir, mais il faisait rarement cela de peur de me faire mal.

Il commença à remonter lentement mon corps jusqu'à ce qu'il atteigne l'attache de mon soutien-gorge et la décrocha avec les dents. Inutile de dire que je fus impressionnée par ce tour.

J'entendis mes soupirs se transformer en gémissements et je ne savais pas combien de temps je pourrais encore tenir sans lui sauter dessus, mais j'essayais. Je tournai la tête et vis un grand miroir sur le mur renvoyant notre image. Il ne semblait pas l'avoir remarqué ou y faire attention, mais quoi qu'il en soit, la vue de lui sur mon corps, en train de lécher et de mordre, était incroyablement hot.

Depuis tout ce temps, ma culotte était ruinée par mon humidité et je savais qu'elle n'allait pas être sèche de sitôt.

"Edward, tu dois cesser de me taquiner," haletai-je.

"Je n'ai même pas encore commencé," dit-il d'un ton voilé et je savais que cela allait être une vraie torture.

Edward me maintint à plat ventre tout en tirant de manière taquine ma culotte vers mes chevilles et la jeta ensuite dans le coin.

Je fis le geste de me retourner mais les mains fortes d'Edward m'attrapèrent avant. "Je t'ai dit de rester en place," dit-il fermement,

Je regardai dans le miroir quand il commença à labourer mon corps nu avec ses mains brûlantes, pressant quand il atteignait mes zones sensibles. Ses yeux se verrouillèrent sur les miens dans le reflet et je ne voulais même pas regarder ailleurs. Je sentis le lit bouger quand il se leva. Il fut de retour en quelques secondes, mais cette fois, il poussa son corps nu sur le mien et je poussai un petit cri quand je sentis sa dureté contre mon dos.

Edward poussa mes cheveux sur le côté et plaça des baisers mouillés sur mon cou. "Je te veux à quatre pattes," grogna-t-il à mon oreille et je souris avec bonheur car c'était ma position préférée.

Il me déplaça lentement pour que mon poids pèse sur mes coudes avec mon cul en l'air. Je regardai dans le miroir quand Edward amena sa main entre mes jambes et sentit le gémissement jaillir de ma bouche quand il fit lentement trainer ses doigts sur ma fente.

"Jésus, Bella, tu es tellement mouillée," grogna-t-il.

Je ne pus répondre parce que mon cerveau était complètement parti. J'étais dans un tel état de désir que je pense que je ne me rappelais même pas mon nom.

Il bougea un doigt pour le mettre à l'intérieur de moi et je haletai quand il alla au fond de mon corps, me provocant un léger tremblement. Il ajouta un autre doigt après une minute de mouvement régulier et je ne savais pas combien de plus je pouvais en supporter.

"S'il te plait Edward?" suppliai-je et je le vis sourire dans le miroir.

Il se déplaça pour se positionner à mon entrée par l'arrière et se poussa ensuite au fond de mon corps avec un grognement.

"Putain de merde," souffla Edward et il commença à bouger lentement pour que ses hanches roulent dans les miennes.

Je pouvais déjà sentir mes parois commencer à se resserrer mais je n'en avais pas encore fini, alors je repoussai le plaisir. Il continua à bouger en moi et après une minute ou deux augmenta la vitesse.

Il haletait alors que ses mouvements devenaient encore plus rapides, le bruit de nos peaux se heurtant fit chavirer ma raison. Je levai les yeux vers le miroir et vis comment ses hanches percutaient les miennes et ses mains agrippaient mes fesses.

Le son des claquements de peaux emplissait la chambre et nos gémissements devenaient de plus en plus gutturaux à chaque seconde qui passait.

Il écarta plus mes jambes et descendit sa main pour commencer à frotter l'endroit où nous étions connectés. C'était tout ce que je pus supporter car une seconde plus tard, nos deux corps explosèrent et je me sentis me transformer en gelée.

"Fuck." Nous criâmes tous les deux en même temps et laissâmes le plaisir se propager dans nos corps.

Il s'allongea sur moi tout en restant connecté et plaça de légers baisers sur mes épaules pendant que j'essayais de retrouver mon souffle.

"C'était... trop bon." Je me léchai les lèvres.

"Nous recommençons," exigea-t-il me soulevant dans ses bras et me posant sur le dos.

Quatre heures éreintantes plus tard nous nous effondrions l'un contre l'autre pour la dernière fois. J'étais tellement endolorie que respirer me faisait mal. Les mains d'Edward ne quittèrent jamais mon corps, caressant ma peau et me rapprochant de lui.

"Ce fut le meilleur sexe de ma vie," avoua-t-il.

Je gémis. C'était la seule chose que je pus sortir.

"T'ai-je tuée?" Edward, apparemment heureux de ses prouesses sexuelles de la soirée, rit de bon cœur.

"Je suis complètement lessivée."

"C'est ce qui arrive quand ton mari est un Maître du Sexe Olympique."

"C'est comme ça qu'on l'appelle de nos jours?"

"Oui, et il y a beaucoup plus d'où ça vient." Il roula sur moi, son gland tentant à peine mon entrée.

"Comment peux-tu encore être dur? Tu es une putain de machine." Je m'enfonçai plus dans les oreillers.

"Génétique? Expérience? Fais ton choix."

"Ce n'est pas raisonnable." Je le repoussai en riant. "Je suis pour les orgasmes multiples mais je vais tomber en morceaux d'une minute à l'autre."

"Tu es un amateur."

"Comparé à toi, tout le monde l'est."

Edward plaça ses mains derrière la tête. "Je n'y peux rien."

Je tirai le drap autour de moi et me mis à grimper sur lui pour attraper le téléphone.

"Qui appelles-tu?" demanda-t-il.

"La maison. Nous aurions vraiment dû leur dire que nous ne serions pas là ce soir." Je commençai à composer le numéro. "Et je tiens à souhaiter bonne nuit aux bébés."

Edward leva les yeux au ciel.

Gioni décrocha. "Résidence Cullen."

"Bonsoir, c'est Bella," dis-je toute excitée.

"Oh, Mme Cullen, quel plaisir d'avoir de vos nouvelles ce soir," répondit-il, l'air de tout savoir sur les actions inconvenantes qui se passaient dans cette chambre d'hôtel.

"J'appelais simplement pour voir si tout va bien. Comment vont les bébés? Ont-ils mangé? Dorment-ils? Puis-je leur parler?"

Edward me prit le téléphone. "Gioni, Mme Cullen a une légère crise d'angoisse. Veux-tu bien l'informer que tout va bien avant qu'elle ne tombe en syncope."

Je lui arrachai le téléphone.

"Tout va très bien. Katy Nana s'est occupé des petits et ils se sont endormis pour la nuit."

'Avez-vous donné son inhalateur à Roman? Il en a besoin tous les soirs avant de se coucher."

"Oui, nous n'avons pas oublié."

"Bien," je poussai un soupir de soulagement. "Et les chiens," murmurai-je.

"Oh, ça c'est une autre affaire. Bosco, la petite terreur, a décidé de dormir sur le canapé en cuir dans le bureau de M. Edward. Ses griffes ont égratigné le cuir."

Edward entendit la conversation et prit le téléphone. "Fais sortir ce chien de ma maison! Mets-le dans le putain de jardin et attache-le à un arbre. Nous serons de retour dans la matinée et si cette chose a détruit d'autres de mes affaires, je le tuerai."

Il fit claquer bruyamment le combiné en le reposant. Je grinçai des dents.

"Je suis désolée," dis-je.

"Bella, si je ne t'aimais pas autant, j'aurais fait de la charpie de cette chose."

"Ne dis pas ça."

"C'est la vérité. Il va aller dans une sorte d'école pour chien où on lui apprendra les bonnes manières. Je ne vais plus tolérer cela."

Je hochai la tête. "Mais tu dois avouer que c'est assez drôle."

"Je ne suis pas vraiment d'accord." Edward s'assit en balançant ses jambes par-dessus le lit.

Je remontai derrière lui, commençant à lui masser les épaules. "Nous pouvons nous débarrasser de lui si tu le veux vraiment."

Il soupira, "Non. Tu aimes ce chien."

"Mais tu le détestes."

"Il a juste besoin d'être dressé. Je survivrai." Edward passa ses mains dans ses cheveux.

"Que dirais-tu," je l'embrassai dans le cou, "d'avoir un massage en couple et que nous éliminions tout ce stress de ton corps."

"Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, le sexe me rend d'humeur plutôt léthargique. Un massage semble redondant." sourit-il.

"Eh bien, j'en veux un."

"Ah, la raison de la demande. Tu veux un massage."

"Mais c'est plus amusant si c'est en couple." Je tendis le bras pour attraper à nouveau le téléphone et appelai la réception.


Le lendemain matin, William se gara devant la maison et je faillis tomber en sortant de la voiture.

Gioni ouvrit la porte avec le sourire. "Ravi que vous soyez de retour."

"Où sont les bébés?" demandai-je immédiatement.

"Encore endormis."

"Encore?"

"Eh bien, ils se sont réveillés plus tôt et se sont rendormis."

"Merde." Je voulais vraiment les voir mais je savais qu'on ne réveillait pas des bébés endormis.

"Tu vois, Bella, je te l'avais dit." Edward entra dans la maison. "Détends-toi."

"Je n'aime pas passer la nuit loin d'eux. Cela ne me paraît pas bien."

"Et où étiez-vous tous les deux?" hurla Alec. "Je suis resté debout la moitié de la nuit jusqu'à ce que Gioni me dise que vous restiez en ville. J'étais malade d'inquiétude."

"Merci, Papa." Edward le poussa pour aller dans la cuisine. "Nous avion juste besoin de temps entre adultes. Loin des gosses."

"Vous auriez pu appeler."

"Nous l'avons fait," dis-je.

"M'appeler."

"Je t'en prie. Tu n'es pas celui qui tient mon agenda," contra Edward.

"Eh bien, je devrais. Je pensais que tu étais dehors en train..."

"Non! Ferme ta grande gueule tout de suite avant de dire quelque chose que tu ne devrais pas." La voix d'Edward emplit la cuisine.

Leurs yeux à tous les deux se posèrent sur moi. Une fois de plus, ils tramaient quelque chose et ne voulaient pas dire quoi. C'était probablement dangereux et illégal. Ils savaient que je les tuerais si c'était quelque chose de trop mal, alors il était préférable pour moi de rester dans l'ignorance pour le moment.

Edward s'assit sur un tabouret et Agata lui tendit un verre de jus d'orange.

"J'étais tout de même inquiet." Alec s'assit aussi. "Mais j'ai continué à divertir les bébés. Ils m'adorent."

"Ils adorent tout le monde," dis-je, "ne te sens pas trop flatté."

"Ils sont tellement mignons."

Edward grommela une sorte de réponse.

"Tu n'es pas vraiment du matin, hein?" demanda Alec.

Avant que nous puissions dire autre chose, nous entendîmes le bruit de pas lourds qui ne pouvaient venir que d'un seul animal.

"Oh, mon Dieu." Edward se tapa la tête contre le comptoir.

Bosco tourna le coin si vite qu'il heurta le mur opposé avant de corriger sa trajectoire et de courir dans la cuisine. Il alla directement vers Edward, mettant ses pattes avant sur ses genoux.

"Je te l'avais dit qu'il était affectueux." Je lui caressai les oreilles.

"J'en ai fini d'être aimable avec lui. Gioni, appelle un dresseur! Quelqu'un de l'armée ou du service de la fourrière. Cette chose a besoin de personnel particulier."

"Oui, monsieur. Tout de suite."

Il se passait beaucoup de choses dans la cuisine mais le baby-phone s'alluma alors je ne pouvais entendre que les pleurs d'un bébé. Je courus à l'étage plus vite que je m'en croyais capable, à moitié inquiète et à moitié excitée de voir mes enfants.

Roman et Sophia éteint tous les deux réveillés, gigotant dans leur berceau.

"Je suis là." Je pris Roman dans mes bras. "Je suis bien là. Tout va bien."

Il se calma. Il m'avait tellement manqué hier soir et je savais que c'était irrationnel mais je n'y pouvais rien. Ils étaient mon monde et quand j'étais loin d'eux, ça faisait mal. Était-ce normal? J'étais une maman jeune mais cela ne signifiait pas que j'aimais mes enfants moins que si j'étais plus vieille.

"Comment s'est passée ta nuit?" Je l'embrassai sur le front. "As-tu été un gentil petit garçon?"

"Katy Nana a dit qu'ils avaient été parfaits sans nous." Edward entra dans la chambre et prit Sophia. "Nous avons des bébés très bien élevés."

"Je n'en attendrais pas moins."

"J'ai hâte qu'ils soient plus âgés et qu'ils puissent nous comprendre."

"Je parie qu'ils le peuvent, mais ne peuvent pas répondre, évidemment." Je fis sauter Roman dans mes bras.

"Quelqu'un a besoin d'être changé." Edward allongea Sophia. Il changea de couches comme un pro, sans un mot de dégoût ou de révulsion. "Voilà. Toute fraîche."


Le matin suivant, je devais emmener les enfants chez le médecin pour un checkup.

Ce fut plutôt sans histoire. Ils eurent quelques injections et la consultation basique. Je fus reconnaissante qu'il n'y eut rien pour aucun d'eux et même avec ses poumons sous-développés, Roman allait bien.

Après cela, William nous emmena jusqu'au bureau d'Edward. Je n'étais pas venue depuis longtemps et il faisait beau dehors alors je n'avais pas envie de rentrer encore. Nous fûmes salués en traversant le hall d'entrée et puisque personne n'avait vraiment vu les bébés avant, nous fûmes arrêtés plusieurs fois. Tout le monde voulait toujours te parler quand tu avais des nouveau-nés.

Nous arrivâmes finalement à l'étage d'Edward et Mario nous accueillit à l'ascenseur.

"Bonjour." nous salua-t-il.

"Bonjour."

"La sécurité m'a dit que vous montiez." Il se pencha et salua de la main les bébés dans leur poussette double. "Avez-vous besoin d'eau ou de quoi que ce soit?"

"Non, ça va. Est-ce qu'Edward est dans le coin? Nous voulions juste venir le voir."

"Il est en entretien là maintenant mais il devrait en avoir fini dans une seconde."

"Un entretien?" Je haussai les sourcils.

"Ouais, il prend un nouvel avocat. M. Jenks est à la retraite."

"Depuis quand?"

"Depuis que sa femme la lui a faite prendre. Raisons de santé."

"Hmm. Je me demande si j'arriverais à cela," pensai-je tout haut. "Est que ça le stresse?"

"Vous savez comment il est. Il n'a pas déjeuné de la semaine. Je ne sais pas quand il prend le temps de respirer."

"Ok, dégagez son planning pour demain, s'il vous plait." Je commençai à pousser la poussette dans le couloir.

"Je ne peux pas faire ça sans sa permission."

"Je vous donne la permission."

Jane, qui était au téléphone, raccrocha quand elle me vit arriver et bondit presque pour voir les bébés. Elle prit Sophia et commença à faire toutes sortes de bruits.

"Vous êtes venus nous rendre visite aujourd'hui!" s'exclama-t-elle. "La journée est juste dix fois mieux. Edward me harcèle tellement ces jours-ci."

"Je suis désolée. A-t-il dit quelque chose de mal?"

"Pas particulièrement. Il est juste... euh, agressif." formula Jane prudemment.

La porte du bureau d'Edward s'ouvrit et un homme plutôt irrité sortit. Il avait l'air foutrement énervé et alla vers le bureau de Jane.

"Cet homme là-dedans est un malade mental."

"Je suppose que l'entretien ne s'est pas passé comme vous l'espériez." Jane reposa Sophia dans la poussette.

"Non. Il est insensé."

"Je suis vraiment désolée pour le dérangement..."

"Dehors!" hurla Edward de son bureau. "Je ne vous veux nulle part à proximité de mon bureau et surtout pas avec ma femme dans le coin."

"Allez au diable!" L'homme en colère se dirigea vers les ascenseurs.

Je fus abasourdie quelques secondes. Edward était rouge et pas content du tout. Il se calma rapidement mais on pouvait encore voir qu'il était contrarié par quelque chose.

"Waouh. C'était intéressant," marmonnai-je.

"Je suis désolé que tu aies dû voir cela," s'excusa Edward. "Ce salaud et sa putain..."

Je l'arrêtai. "Edward, nous avons parlé au sujet de jurer devant les enfants."

Il inspira, ferma les yeux et ensuite expira. Il le fit plusieurs fois. "Aujourd'hui n'est pas un bon jour pour être ici."

"Je sais. J'aurais dû appeler."

"C'est bon. Je vais juste devoir réorganiser un peu mon planning. Nous sommes supposés aller voir des écoles de toute façon."

"Non, ne fais pas ça. Nous voulions juste nous arrêter un instant."

"J'ai besoin d'une pause. Que dirais-tu de déjeuner, est-ce que ça te va?"

Je hochai la tête.

"Jane, peux-tu me libérer une heure, s'il te plait?"

"Pas de problème. Va manger."

Edward me prit la poussette et se dirigea vers les ascenseurs. Les bébés étaient très excités de le voir, agitant leurs bras et poussant de petits cris.

"J'ai demandé à Mario d'annuler ton planning pour demain. Tu n'iras pas au travail," lui dis-je.

"C'est ridicule. J'ai des choses à faire qui ne peuvent être ignorées."

"Edward, tu vas te tuer si tu continues comme cela."

"C'est ce que j'ai à faire. Je n'y peux rien."

Nous étions en chemin vers la cafétéria. Elle était assez déserte aujourd'hui comparé aux autres fois où j'étais venue ici. Edward et moi commandâmes des sandwichs légers avant de nous asseoir.

"Tu vas être un mangeur comme ton Oncle Emmett," dit Edward à Roman en lui faisant avaler ses patates douces. "Il ne se laisse pas aller."

"Bon, pour être honnête, les bébés sont supposés manger beaucoup." J'empêchai Sophia d'attraper son pot de petits pois. J'étais déterminée à ne pas faire de bazar cette fois.

"Vrai."

"Nous devons parler de quelque chose d'assez important." Je fis manger Sophia.

"Et de quoi s'agit-il?"

"Que je revienne à la contraception."

"Oh? Est-ce ce que tu veux?"

"Eh bien je pense que je dois à moins que tu ne veuilles un autre enfant dans neuf mois. Pour ma part, je ne peux pas faire à cela là maintenant."

"Je suis d'accord," gloussa Edward, "mais ce n'est pas ma décision. Si tu penses que c'est ce que tu dois faire alors vas-y."

"Est-ce que... tu voudrais plus d'enfants?" demandai-je en essayant d'être décontractée.

"Le moment venu, bien sûr."

"Combien de plus?"

"Autant que tu m'en donneras." Il essayait désespérément d'aider Roman à manger mais il gardait la bouche grande ouverte, laissant tomber les patates douces.

"Nous verrons où nous en serons dans trois ans." Je voulais d'autres enfants, bien sûr, mais pas trop rapprochés et que nous soyons complètement épuisés. Mais là encore, je ne voulais pas trop de différence et que tout le monde soit déconnecté. Trois ans me semblait le temps parfait à attendre.

"Roman, arrête ça. Tu dois finir ton déjeuner," dit Edward avec sérieux. "Et maintenant tu es en train de faire du gâchis."

Je lui tendis une lingette et il commença à nettoyer la figure de Roman qui était actuellement éclaboussée par toute sorte de nourriture.

"Il le fait exprès," se plaignit Edward en essuyant aussi la nourriture sur son propre visage.

"Je pense que c'est mignon."

Avant que nous puissions poursuivre la conversation, Jane se précipita dans la salle. Elle était hors d'haleine et regardait partout avec frénésie. Elle nous repéra dans le coin et vint vers nous en glissant.

"Ils ont déplacé votre rendez-vous d'une heure à la maternelle," dit-elle essoufflée. "Vous devez partir maintenant."

"Quoi?" s'étrangla Edward. "Ont-ils donné une explication?"

"Je ne sais pas." Elle haussa les épaules. "Quelque chose au sujet de la directrice qui veut rentrer tôt. Je ne suis pas sure, mais vous devez y aller, là."

"Ok, bon... peux-tu t'occuper des bébés jusqu'à ce que nous revenions?" lui demandai-je, rassemblant mes affaires.

"Oui, ils seront très bien. Mario et moi pouvons nous en occuper."

"Ils ont été nourris et vont devoir faire leurs rots bientôt. Ensuite ils peuvent être couchés pour leurs siestes," donna Edward pour instruction en se levant.

"Tout ira bien. Allez-y!" Elle nous poussa.

Edward et moi fûmes dans la voiture en un temps record, filant à travers les rues bondées avec William au volant.

"Ok, alors que dois-je savoir au sujet de cette maternelle?" demandai-je.

"C'est un ancien établissement, ce qui est intéressant, et elle a de merveilleux résultats en enseignement supérieur. Ils commencent tôt avec les maths et le langage de développement."

"Jouent-ils avec des cubes et autres trucs?"

"Bella, ce n'est pas le genre d'endroit où on joue avec des cubes," répondit-il avec dédain.

"Eh bien les bébés ont besoin de s'amuser."

"On peut s'amuser à la maison. L'école c'est pour travailler."

Edward et moi avions des idées différentes de l'éducation. Je voulais que Roman et Sophia aient le meilleur dans la vie, bien entendu, mais ils étaient juste des bébés. Je ne voulais pas qu'ils grandissent trop vite. La maternelle et les premières années étaient un temps pour être juste des enfants.

"Je suppose que tu es allé à cette maternelle?" dis-je ne m'embarrassant pas

"En fait, oui," dit-il d'un air suffisant, "et puis à l'École Catholique après cela. Je ne sais pas pour toi, mais c'est quelque chose que je ne veux pas faire subir à Roman et à Sophia."

"L'École Catholique?"

"Oui. C'est la pire expérience au monde."

"Monsieur," William fit descendre la vitre de séparation dans la voiture, "nous avons un problème."

"Oui," soupira-t-il.

"Euh... cette chose... dont nous avons discutée plus tôt... Cela se passe maintenant."

"Cette chose?" questionna Edward avant que ça lui revienne. "Oh, merde!"

"Oui, donc que voulez-vous que je fasse?"

Edward réfléchit une minute, marmonnant pour lui-même puis se ressaisit. "Ramène Bella à la maison."

"Je ne crois pas qu'il y ait le temps, monsieur. J'aurais à retraverser toute la ville."

"Damn." Edward sortit un très gros pistolet de derrière lui, vérifiant la chambre. "Bella, écoute-moi très attentivement. Je veux que tu restes dans la voiture et que tu ne bouges pas un muscle, est-ce compris?"

"Que se passe-t-il?"

"Quelque chose de très important." C'est tout ce qu'il dit. Je doutai d'obtenir autre chose de lui.

La voiture prit un virage à droite et nous filâmes vers une autre partie de la ville, notre rendez-vous à la maternelle oublié. Je restai silencieuse sur le chemin, pensant juste à ce qu'il pouvait se passer. La jambe d'Edward rebondissait, ce qui n'arrivait que s'il était nerveux.

"Edward, devrais-je être inquiète?" demandai-je tranquillement.

"Non. Tout va bien."

Nous nous retrouvâmes sur les quais de plaisance près de l'eau. William se gara dans une allée isolée et laissa le moteur en marche. Des mouettes ricanaient au-dessus et c'était assez calme vu qu'il faisait trop froid pour sortir en voilier. Il y avait une seule voiture noire stationnée plus loin dans l'allée.

"Je reviens tout de suite. Ne sors pas de la voiture quoi qu'il arrive." Edward saisit ma main et la pressa. "Tout va très bien. Promis."

"Je n'aime pas ça," avouai-je, la voix faible et pleine de questions.

Edward m'embrassa sur le côté du visage et ouvrit ensuite la porte. "S'il te plaît, reste là."

Quand il ferma la portière, la serrure cliqua avec un bruit sourd imposant.

"Tout va bien, Mme Cullen. Il sait ce qu'il fait."

"J'espère bien." Je me coulai dans mon siège mais le gardai toujours dans mon champ de vision.

Edward se tenait à côté de l'autre voiture et je vis Shinobu en sortir. Je n'avais rencontré cet homme qu'une paire de fois mais il ne m'avait jamais vraiment intimidée comme certains des autres chefs de la mafia. Je ne le trouvais pas du tout imposant. Il était maigrichon et semblait juste insignifiant à côté d'Edward.

Ils parlèrent un instant, tous les deux visiblement incommodés par la situation et essayant de paraître professionnel. Leurs lèvres bougeaient et leurs têtes remuaient dans une conversation silencieuse. Lorsque Shinobu regarda vers notre voiture, l'attitude d'Edward changea, mais il se détendit légèrement ensuite.

Il paraissait tellement différent par rapport à quelques minutes auparavant quand nous roulions tranquillement en voiture. Cela faisait longtemps que je ne lui avais pas vu cette facette.

Edward avait veillé à ce que son pistolet soit visible durant la discussion qui semblait trainer depuis un certain temps. Quand Shinobu sortit son propre pistolet, ma respiration se bloqua. Je savais que quelque chose de mauvais allait se passer rien qu'à la posture d'Edward. Il ne perdit pas de temps, levant son arme à la tête de Shinobu.

Je voulus fermer les yeux mais ne pus pas.

Edward hurlait avec force maintenant, son visage devenant rouge et je pouvais voir ressortir sa veine proéminente sur son cou. J'étais sure que sa voix s'était élevée de six décibels et j'étais en quelque sorte contente de ne pas pouvoir entendre sa colère. Shinobu soit s'en fichait ou ne voulait pas faire l'effort de lui répliquer. Le canon du pistolet d'Edward creusait pratiquement un trou dans sa tête.

"Que se passe-t-il?" me murmurai-je en regardant Shinobu se soumettre à Edward, tombant à genoux. Il ne semblait pas triste ni avoir peur du tout mais plutôt résigné au fait qu'il allait probablement mourir dans les prochaines secondes.

Edward prit rudement la tête de Shinobu et la poussa en avant, le faisant se pencher jusqu'à ce qu'il soit ventre à terre. Shinobu ouvrit grand la bouche et la posa sur le trottoir. On aurait dit qu'il essayait de prendre une bouchée de la chaussée.

Ce qui arriva ensuite, je ne l'aurais même pas imaginé dans mes pires cauchemars.

Edward leva le pied et l'abattit avec force sur l'arrière de la tête de Shinobu. Je pus presque entendre le claquement de sa mâchoire et ses dents se briser. C'était un geste simple mais tellement violent. Je me couvris la bouche et m'éloignait de la vue horrible du ciment éclaboussé de sang.

Il me fallut plus d'une minute pour respirer. Je n'y arrivais pas. Je me sentais tellement malade et terrifiée. Je ne savais pas que j'assisterais à une exécution quand je m'étais réveillée ce matin. Ce n'était pas la première fois que je voyais Edward assassiner quelqu'un mais c'était sûrement la plus violente.

La porte de la voiture s'ouvrit et l'odeur m'assaillit le nez comme une nausée: le cuir italien de la chaussure d'Edward et le sang de Shinobu. Je me maintins sur le coin le plus éloigné de la voiture, ne le regardant pas.

"Je vais devoir te faire ramener à la maison par William." La voix d'Edward était froide, dangereuse et insensible, mais fluide et calme. La mort toute fraîche lui importait peu. Jamais.

Je tentai de parler mais n'y arrivai pas.

"Je suis navré que tu aies dû voir ça, Bella." Sa main frotta la mienne une brève seconde. "Veille à la ramener."

"Oui, monsieur. Bien sûr." William hocha la tête.

La porte se ferma et le moteur de la voiture ronfla quand William fila au loin.

~ TWBF ~

Mobward is back.

On aurait presque oublié à quel point Edward peut être implacable par certains côtés. Plutôt rude le retour du mafieux sur le devant de la scène, non?

A bientôt

LyraParleOr