« Rencontre Facebook » PARTIE 37

Bonjour à tous ! Je suis contente de publier ce chapitre aujourd'hui et j'espère vraiment qu'il vous plaira. Il traite un sujet que j'aime alors l'écrire a été très naturel pour moi, et c'est ce que j'aime le plus quand j'écris, ne pas réfléchir et laisser les mots s'inscrire spontanément. Donc je n'ai pas grand-chose à vous dire ici, à part que j'espère que vous trouverez ce chapitre bien.

Réponse aux reviews :

Sazawen : Merci beaucoup pour ta review, comme d'habitude, qui me fait très plaisir ! :) Et je tiens à dire que… ''S'il-te-plaît passe-moi le beurre sans matières grasses'' est tout aussi important que dire ''je t'aime''. Toute une culture romantique à refaire, ces jeunes ! Et en ce qui concerne tes questions… Surprise, tu auras tes réponses lors de ce chapitre ! J'espère que ça va te plaire.

Anaya Naki : Merci ! Et oui, c'est ça, quelqu'un revient à Kyoto.

Serpent d'ombre : Pas de soucis, tu laisses une review et me lis seulement quand tu en as le temps. ^^ Merci beaucoup, en tout cas !

Kama-chan59 : Merci. Et non, pas vraiment. Forcément, la fin arrive, mais je ne peux pas te dire quand avec précision.

BlueSey17 : Et bien tu verras si tes doutes seront confirmés dans ce chapitre. :p Et oui, Tsubaki c'est un peu le grand-frère dont on rêverait toutes aha.

Kuroko-SenPaille : Pas de soucis aha, tu me laisses une review seulement quand tu le désires. ^^ Merci à toi en tout cas !

Absolute sweet : Je dirais même qu'il y a eu une rafale d'amour et de ''je t'aime'' dans ta review. x) Merci de ta review.

Shirayuki Yukine : Tu auras la réponse dans ce chapitre ! En espérant que la suite te plaise.

DidiineOokami : Voici la suite ! :)

ajiahdompey : Aha, pas de soucis, ne t'en fais pas. Merci beaucoup pour ta review, qui comme tes précédentes me fait très plaisir ! Je suis contente que les deux derniers chapitres t'aient plu, vraiment. Et pour ce qui est du coup de fil, tu auras la réponse à ta question dans ce chapitre !

Bonne lecture.


« Kuroko Tetsuya

Je n'y suis jamais allé… Je suppose que c'est bien. »

« Akashi Seijuro

C'est surtout très relaxant. »

« Kuroko Tetsuya

Kagami-kun me l'a dit, oui. Mais je ne sais pas si passer plusieurs jours là-bas me conviendrait. »

Un sourire se dessina doucement sur les lèvres d'Akashi.

« Akashi Seijuro

Je peux toujours faire en sorte que cela te convienne, tu sais. »

« Kuroko Tetsuya

Tu es un pervers, Akashi-kun. »

Le rouge lança un regard amusé à la réponse du bleuté. Si seulement ce dernier savait qu'il ne l'était qu'avec lui… Enfin, il espérait qu'il le sache.

Une semaine était passée depuis l'incident de la semaine dernière. Et pour une fois, Akashi pouvait se sentir véritablement serein. Cette semaine avait été reposante. Il n'y avait eu aucun drame, aucune dispute, rien du tout. Il viendrait même à en trouver cela presque louche. Mais il avait pu dormir en toute sérénité, sans aucune pensée obscure pour entraver son sommeil. Au collège, tout allait pour le mieux avec ses amis. De plus, les vacances approchaient à grands pas, et cela avait le don de ravir tout le monde. Cette année avait été, pour tous, riche en émotions. Notamment pour le rouge, d'ailleurs. Et plus les jours passaient, plus sa relation avec Kuroko se consolidait. Les vacances tombaient donc à point nommé. Elles leur permettraient de pouvoir se retrouver, ou du moins d'essayer.

Il savait que les vacances ne changeraient en rien leur problème de distance. Sans oublier que même si Akashi, lui, n'avaient pas de parents auprès de lui prêts à vérifier ce qu'il faisait et où il sortait, ce n'était pas le cas pour Kuroko. Déjà que leur relation allait s'annoncer très compliquée à révéler au grand jour, alors si il fallait que le capitaine de la génération des miracles ne soit d'ors et déjà pas bien vu par les parents du bleuté, cela n'allait pas arranger les choses…

« Akashi Seijuro

Nous pourrons au moins y passer un week-end rien que tous les deux ? Je suis sûr que les sources chaudes te plairaient. »

« Kuroko Tetsuya

Je suis Japonais, donc je suppose que ce sera le cas. »

« Akashi Seijuro

Qu'importe la nationalité, si tu veux mon avis. »

Qui n'aimait pas se détendre et ne penser à rien en laissant son corps être enveloppé par une eau chaude et relaxante ?

« Kuroko Tetsuya

Je sais que mes parents et ma grand-mère ont prévu de partir un week-end chez ma tante. Je pourrais en profiter pour ne pas y aller et rester avec toi ? »

« Akashi Seijuro

Parfait. Il faut toujours savoir saisir les opportunités. »

Et il comptait bien en saisir plus d'une ! Ils allaient avoir des jours des vacances devant eux. En y repensant, il serait fou de laisser passer une occasion pareille. Bien sûr, s'il n'y avait que lui, Kuroko pourrait très bien passer des week-ends entiers chez lui sans que cela ne le dérange. Mais encore une fois, il y avait le soucis des parents… Et dans un sens, Akashi ne voulait pas non plus trop attiser la curiosité. Il se fichait bien des avis des autres, oui. Et même si parfois, des clients de son père passaient à la maison pour récupérer certains papiers, dont le rouge ne connaissait pas l'origine, il n'aurait qu'à leur mentir. Cela serait aussi simple que ça.

Mais si un jour, par malheur, Kuroko était chez lui sans que son père ne soit au courant, il n'oserait imaginer ce qu'il se passerait. Il n'avait pas peur de lui. Mais il savait que le bleuté n'était pas habitué à faire face à ce genre d'homme.

« Kuroko Tetsuya

Surtout celles qui concernent notre couple. »

Le message du bleuté renforça le léger sourire qui flottait sur ses lèvres.

Il ne regrettait pas sa décision du week-end dernier. Si c'était à refaire, il le referait. Au départ, il avait été le voir pour dire ce qu'il pensait et ressentait. Pour faire en sorte qu'il ne lui en veuille pas trop de l'avoir fait attendre comme ça. De ne pas avoir été assez rapide et conscient de leur situation pour faire bouger les choses. Mais cette semaine, il avait eu le temps de comprendre que finalement, ce n'était pas que pour ça. Il n'avait pas été voir Kuroko que pour lui dire qu'il l'aimait. C'était un moment important, oui, et également nécessaire. Mais il voyait surtout que les mots avaient réussi à décoincer ce qu'ils retenaient chacun au fond d'eux-mêmes. Ils se sentaient tous deux bien plus libres, dorénavant.

Comme Kuroko l'avait dit, ils étaient un couple. Ils l'étaient depuis le départ mais avaient simplement tenu ces propos et mots bien précis loin d'eux pour éviter que leur relation n'en devienne que plus concrète. Car les mots étaient finalement plus effrayants que n'importe quelle action faite sur un coup de tête.

Alors qu'il s'apprêtait à poser ses doigts sur son clavier pour répondre à son inconnu, trois coups sur la porte le stoppèrent dans son geste. Il fit pivoter sa chaise vers la porte, sachant par avance l'identité de la personne qui se trouvait de l'autre côté du mur.

- Entre.

Le porte s'ouvrit alors sur Tsubaki qui entra rapidement dans la pièce sans prendre la peine de refermer la porte.

- Je suis désolé de vous déranger, mais je venais vous informer que le déjeuner était servi.

- Je vois.

Akashi croisa des bras sur son torse. Il entendit un petit tintement émaner de son ordinateur, l'informant de la réception d'un nouveau message sur Facebook. Son majordome, comprenant tout de suite de qui il s'agissait, s'inclina poliment avant de faire volte-face pour ressortir de la chambre du jeune homme.

Mais le rouge ne voyait pas cela du même œil.

- Attends. Retourne-toi.

Il vit le dos de l'adulte se raidir légèrement, avant qu'il ne finisse par lui obéir. Avec une minute de retard peut-être, aux yeux d'Akashi.

Lorsque Tsubaki se retourna vers lui, il eut tout le loisir de pouvoir l'observer. Et également de constater ce qu'il avait remarqué tout au long de cette semaine. Le brun semblait tourmenté. Comme si il y avait quelque chose qui le faisait réfléchir, et ce nuit et jour. Il lui ressemblait lorsqu'il pensait trop toute la nuit à cause de Kuroko. Sauf que lui n'avait pas le regard d'un garçon pensant à une autre personne. Ou du moins avec des sentiments amoureux. Il semblait véritablement contrarié. Il était un peu plus pâle que d'habitude et avait des cernes. Et Akashi avait eu le temps de savoir et de remarquer, tout au long de sa vie, que son majordome avait le sommeil le plus lourd du monde. Et qu'il n'avait pas de problèmes d'insomnies.

Le majordome se mit doucement à jouer avec le bouton de manchette de sa chemise, de sa main droite. Sous cette action nerveuse, l'adolescent ne put que le regarder faire en plissant des yeux.

- Tu peux y aller. J'arrive tout de suite.

Sans un regard vers l'autre homme, il fit de nouveau pivoter sa chaise, mais cette fois-ci en sens inverse.

- Et tu peux rajouter un couvert à table. Tu n'as pas encore mangé, n'est-ce pas ?

- Akashi-sama, vous ne…

- Si, je peux.

Il se retourna légèrement, juste assez pour pouvoir plonger ses yeux dans ceux de son majordome.

- Ce n'est pas négociable.

Puis il redirigea ses yeux devant lui, fixant un point invisible sur son mur le temps que l'homme derrière lui ne retourne d'où il venait. Une certaine tension se retira de ses épaules lorsqu'il entendit le cliquetis de la porte se répercuter dans la grande chambre. Il soupira, se passa une main dans les cheveux et essaya de revenir là où il en était avant cette conversation.

Mais il était perturbé, maintenant.

« Kuroko Tetsuya

Akashi-kun, tu es toujours là ? »

« Akashi Seijuro

Oui, excuse-moi. Un contretemps. »

« Kuroko Tetsuya

Tu as un problème ? »

Ce n'était pas lui directement, non… Mais c'était tout comme. Dans cette grande maison, vide de tout ce qu'un foyer aimant devrait contenir, son majordome était la seule personne à qui il pouvait se rattacher. La seule personne qui avait toute son attention, et il savait parfaitement bien que la réciproque était valable.

Alors lorsque l'un avait des problèmes, l'autre en avait également.

« Akashi Seijuro

Pas moi, mais je considère d'une certaine manière que si. Tu te souviens de Tsubaki ? Mon majordome, un grand brun avec toujours un sourire de bienheureux scotché au visage. »

Sa description le fit d'ailleurs sourire intérieurement. Il était sûr que cet idiot serait assez satisfait d'une pareille représentation.

« Kuroko Tetsuya

Oui, je m'en souviens. Il a des ennuis ? »

« Akashi Seijuro

Je n'en sais rien, à vrai dire. Mais je le suppose. Il n'est pas comme d'habitude. »

« Kuroko Tetsuya

Qu'y a-t-il de différent ? »

Trop de choses pour tout lui énumérer… Tsubaki était si souriant et heureux que dès qu'il avait un problème, cela se voyait directement. Coller un post-it sur sa veste avec écrit ''j'ai un problème'' reviendrait au même.

« Akashi Seijuro

Il paraît fatigué. Beaucoup plus que d'habitude, comme s'il ne faisait pas des nuits complètes. Et il me parle moins, ce qui est inquiétant. C'est une personne bavarde qui aime se confier. »

« Kuroko Tetsuya

Peut-être qu'il a des problèmes personnels ? »

« Akashi Seijuro

Je le vois tous les jours et il passe sa vie chez moi. Il dort ici, il a sa propre chambre et on peut même considérer qu'il est à part des autres domestiques. Les autres rentrent chez eux, le soir, et retrouvent leurs familles. Certains ont leur dimanche, même leur week-end entier. Ils ont des foyers. Tsubaki vit sous mon nez, il ne connaît pas de problèmes de ce genre. »

Et en disant ces mots, il ne pouvait empêcher un goût amer de prendre possession de sa bouche. Il se sentait coupable de tout ça. De cette situation. De sa situation.

Il se demandait comment il le vivait. Comment il pouvait prendre le fait de gâcher sa vie auprès d'un adolescent comme lui. De ne pas avoir de vie, aussi bien sentimentale que familiale. Et tout ça à cause de lui.

Akashi ravala ses remords tant bien que mal, essayant de se convaincre que de penser à ça était inutile et ne lui ressemblait pas.

« Kuroko Tetsuya

C'est exactement comme pour nous. »

Il relut son message, interloqué. Comme pour eux ?

« Akashi Seijuro

Que veux-tu dire ? »

« Kuroko Tetsuya

Qu'il faut des mots pour débloquer la situation. Que vous parliez. »

« Akashi Seijuro

Ne t'en fais pas. C'est prévu. »

Il jeta un coup d'œil à l'heure qu'affichait son ordinateur et soupira. Il l'avait déjà assez fait attendre, il ne pouvait pas non plus prendre tout son temps alors qu'il l'attendait dans la salle à manger.

Mais il devait avouer qu'il avait un assez mauvais pressentiment pour cette journée. Pas forcément quelque chose de trop mauvais, ou du moins de trop grave. Mais quelque chose d'ennuyeux, qui allait sûrement le fatiguer et le lasser de tout.

Et lui qui avait prévu de passer sa journée à parler avec son joueur de basket fantôme… Il allait devoir modifier ses plans.

« Akashi Seijuro

Je dois aller manger, Tetsuya. Je t'envoie un message dès que je suis disponible, alors garde un œil sur ton téléphone. »

« Kuroko Tetsuya

D'accord. Àtout à l'heure. »

Akashi ne prit pas la peine de lui répondre et dirigea le curseur de sa souris vers la petite croix de l'onglet pour directement le fermer. Mais il se retint de justesse d'appuyer sur le clique gauche de la souris lorsque le bruit d'un nouveau message retentit.

« Kuroko Tetsuya

Je t'aime. »

Un sourire sincère se dessina alors sur ses lèvres.

« Akashi Seijuro

Moi aussi. »

« Kuroko Tetsuya

Énormément. »

« Akashi Seijuro

Idiot. »

« Kuroko Tetsuya

Je sais que tu es en train de sourire, Akashi-kun. »


Un sourire, presque amusé, prit forme sur les lèvres du rouge lorsqu'il remarqua la quantité de nourriture présente sur la table. Comme toujours, sa cuisinière ne faisait pas les choses à moitié… Mais elle avait également des mains en or, capable de préparer des merveilles. Et selon lui, elle était la meilleure en ce qui s'agissait des repas traditionnels Japonais. Si elle venait un jour à devoir partir pour diverses raisons, il savait qu'il regretterait toujours ses petits plats.

Il tira une chaise vers lui, avant de s'y asseoir. Il se saisit de ses baguettes en bois avant de lancer un regard sur sa gauche, tout en haussant un sourcil.

- Tu peux t'asseoir, tu sais.

- Je sais…

Akashi regarda son majordome, qui ne paraissait pas très motivé, se diriger vers l'autre bout de la table avant d'à son tour s'asseoir. Il le regarda quelques secondes, raide comme un bâton assis sur cette chaise, avant de soupirer et de s'attaquer à son repas.

- Comment vas-tu, Tsubaki ?

Il s'insulta intérieurement pour cette approche peu délicate, et qui n'était pas vraiment discrète. Mais il supposait que le brun devait se douter de la raison de sa présence autour de cette table. Après tout, ils ne mangeaient jamais ensemble, les domestiques se réunissant dans une pièce à part pour manger. L'ambiance y était plus joyeuse et légère, Akashi y était déjà allé lorsqu'une des vieilles domestiques faisait son dernier repas en ces lieux avant sa retraite. Tandis que lui, il se retrouvait dans cette grande salle à manger assez austère, où seul le silence régnait. Et où la table était bien trop grande, et rendait n'importe qui mal à l'aise.

- Je vais bien. Et vous ?

L'adolescent leva les yeux au ciel. C'était bien son genre de toujours ramener les choses à lui pour éviter qu'il ne le questionne de trop. Akashi était maintenant certain qu'il y avait quelque chose. Et il savait très bien comment allait se dérouler la suite de la conversation. Il pourrait le parier.

- Je vais bien également.

- Parfait ! Comment va Kuroko-sama ?

- Il va bien.

- Fantastique. Et vous deux, toujours aussi amoureux ?

Et il aurait dû le parier.

Après avoir bu quelques gorgés de thé, Akashi laissa son dos rencontrer le dossier de sa chaise en un mouvement sourd. Il croisa ses bras sur son torse et regarda son homologue avec insistance. Il voulait directement donner le ton.

- Nous sommes aussi amoureux que tu es menteur.

Le brun rigola nerveusement tout en replaçant une de ses mèches de cheveux.

- Menteur ? Moi ?

- Parfaitement. Et je n'aime pas ça.

Le sourire que portait le majordome sur ses lèvres s'effaça aussitôt les paroles de l'héritier prononcées. Il soupira à ton tour, et posa ses baguettes.

Ils n'avaient tous les deux plus envie de manger.

Tsubaki fit alors comme son maître et se tassa dans sa chaise, plus confortablement, et laissa son regard rencontrer celui d'Akashi.

- Je vais te reposer la question. Est-ce que tu vas bien ?

- Oui, je vais bien. Je suis seulement tracassé par quelque chose, rien de bien grave.

Le rouge le regarda, une moue pas vraiment satisfaite collée au visage.

- D'accord… Enfin, je ne vais pas me contenter de ça, comme tu t'en doutes.

- Mais pour tout vous dire, je préférerais ne pas avoir à vous en parler.

Il fronça directement des sourcils à l'entente de ces paroles. Il ne voulait pas lui en parler ? Pourquoi ? D'ordinaire, il lui disait toujours tout… Même si c'était idiot, que ce n'était pas intéressant ou que c'était futile. Il lui parlait toujours de ce qui lui passait par la tête. Il le connaissait si bien qu'il pourrait lui écrire sa biographie.

Mais cela n'empêchait pas qu'il ne pouvait pas deviner quelles étaient ses sources de soucis. Ce n'était apparemment pas si grave que ça, selon ce qu'il venait de lui dire. Et il pouvait voir dans ses yeux qu'il ne lui mentait pas. Mais cela ne changeait rien au fait qu'il était préoccupé par quelque chose. Et ce quelque chose devait être assez important à ses yeux pour qu'il y pense.

Et pour qu'il ne veuille pas lui en parler.

- Pourquoi ?

- Parce qu'en premier, je ne suis pas fier de moi.

Akashi se mit à l'écouter encore plus attentivement, étonné.

- Et en second, parce que je ne sais pas trop quelle sera votre réaction… Je vous vois bien en ce moment et je n'ai pas envie de vous parler de choses dont vous ne seriez pas censé vous soucier.

Le jeune homme posa son coude sur la table, bien qu'il savait que ce n'était pas poli, et laissa sa tête être supportée par sa main. Son froncement de sourcils se renforça alors que son majordome évitait à présent son regard.

Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Est-ce que Tsubaki avait fait quelque chose qui serait susceptible de le mettre en colère ? Ou de le tourmenter ? Et cette chose serait alors la raison pour laquelle il ne serait pas fier de lui ? Ou peut-être que ces deux éléments qu'il lui avait apporté n'étaient pas liés…

Mais Akashi était maintenant véritablement interloqué par la situation. Il voulait savoir quel était le problème et ce qu'il pouvait faire.

- Que s'est-il passé ?

- Pour le fait que je ne sois pas fier de moi ou que vous risquez d'être fâché ?

Il leva les yeux au ciel, comme un père face à la bêtise de son enfant.

- Pour les deux, idiot.

Il vit un sourire amusé se glisser sur les lèvres du brun avant de disparaître. Ce dernier fixa son bol de riz, l'air songeur, alors qu'Akashi le regardait simplement.

Dans certaines situations, il lui arrivait d'être très patient.

- J'ai eu votre père au téléphone, il y a deux semaines.

Le rouge se tendit directement lorsque ces mots eurent quitter la bouche de son majordome.

Quel imbécile il était. Il aurait dû s'en douter. Maintenant qu'il lui disait, cela lui paraissait évident ! Qui d'autre aurait pu être responsable du tourment de son majordome ? Il n'y avait que lui, pour ça… Et comme son père savait très bien qu'en touchant Tsubaki, il le toucherait lui, cela prenait tout son sens.

Pourtant, quand Akashi y réfléchissait bien, les dates ne concordaient pas. Il venait de lui dire qu'il l'avait eu au téléphone il y a déjà deux semaines. Or son comportement soucieux a débuté, approximativement, le week-end dernier. Cela voulait-il dire que ce coup de téléphone n'était pas responsable de son tracas ?

- Qu'est-ce que vous vous êtes dis?

- Rien de spécial, à vrai dire… Il prenait des nouvelles de vous.

- De moi ?

- De vous…

Pourquoi son père aurait-il pris des nouvelles de lui ? Il savait qu'il arrivait aux deux hommes de se téléphoner, mais qu'il appelle le brun pour ça ne lui ressemblait pas. Surtout lorsqu'il n'y avait aucune raison apparente de le faire.

À moins que…

- Il t'a appelé pour te demander où j'en étais avec Tetsuya, n'est-ce pas ?

- Oui…

Ça aussi, il aurait dû le parier.

Il ne comprenait définitivement pas son père. Il réagissait étrangement et avait de drôles de manières d'agir avec lui. Akashi pourrait parler des heures de son comportement, qui le laissait parfois perplexe. Mais malgré qu'il soit absent et autoritaire, il pouvait également se montrer très intrusif. Quand il voulait savoir quelque chose sur sa vie ou ses agissements, il était capable de tout pour arriver à ses fins. Il l'avait par ailleurs prouvé en fouillant à plusieurs reprises dans son ordinateur, ou encore dans son téléphone portable… Et généralement, tout ça était dans un but bien précis.

- Mais ne vous méprenez pas, Akashi-sama. Je ne lui ai rien dis.

Il le regarda de nouveau, interloqué.

- Que veux-tu dire ?

- Il se pourrait bien que…

- Que ?

- Que j'ai fait la morale à votre père…

La surprise se lisant nettement sur son visage, Akashi resta comme de marbre face aux mots de son majordome. Il ouvrit la bouche, mais ce qu'il voulait lui dire resta bloqué au fond de sa gorge. De plus, il ne savait pas réellement quoi dire face à cette révélation…

Il avait fait la morale à son père, au téléphone qui plus est ? Pour de vrai ? Quand il le disait, bien sûr, il le croyait. Mais il voyait mal une situation comme celle-ci se produire. Et surtout, il voyait très mal son père le laisser parler sans lui couper la parole. Un tas de questions prenaient possession de lui. Est-ce qu'il l'avait laissé faire ? Pourquoi en était-il venu là ? Qu'est-ce qu'ils avaient bien pu se dire ?

- Je t'avouerais que je ne sais pas trop quoi penser…

- Rassurez-vous, après ce coup de fil, moi non plus je ne savais pas trop quoi penser.

Akashi ferma les yeux, peut-être une minute, lui permettant de se remettre les idées bien en place.

- Mon père s'est laissé faire ?

- Je ne pense que le terme soit approprié…

- Vous vous êtes disputés ?

- Oui. Assez…

Le rouge ne savait pas s'il devait être énervé après son père pour ne pas avoir su garder son calme ou s'il devait être agacé du comportement de son majordome. Depuis le temps qu'il le connaissait, il devrait savoir qu'il n'était pas un homme qui prenait bien la critique. Et Akashi savait que même s'il s'était contenté de lui faire la morale, son père l'avait pris comme une critique.

Même s'ils ne se portaient pas mutuellement dans leur cœur, ils étaient père et fils. Et ils se ressemblaient parfois dans leur façon d'être ou d'agir.

- Je dois dire qu'après coup, bien que cela m'ait fait du bien, j'ai eu assez peur.

Akashi soupira avant de reprendre quelques gorgées de son thé, maintenant tiède.

- Ça, je n'en suis pas étonné.

- Je vois votre petit sourire en coin, vous savez… Toujours étant que j'ai vraiment eu peur. Après tout, c'est votre père qui m'emploie et me paye. Il aurait pu me virer pour lui avoir tenu tête.

- Il ne l'aurait pas fait, ne t'en fais pas.

- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

Le rouge jeta un vague regard à son bol de riz encore à moitié plein, et sur sa viande refroidie. Ce repas était très certainement délicieux, mais cette discussion lui avait coupé l'appétit.

- Je le sais, c'est tout. Mais à part ça, de quoi avez-vous parlé au téléphone ? Sur quoi portait votre dispute ?

Il reconnut très bien l'air que prit son majordome sur son visage et croisa des doigts sous la table. Il était en train de peser le pour et le contre.

Mais Akashi avait envie de savoir. Après tout, et il en était certain, un tel événement ne se reproduirait pas deux fois. Bien que Tsubaki avait avoué que cela lui avait fait du bien de dire ses quatre vérités à son père, il n'était pas non plus fou. Même si un boulot tel que le sien devait être contraignant, il était payé pour ça. Et il n'avait pas fait d'études, ou quoi que ce soit d'autre. Et sa place actuelle était bien payée. Alors il serait fou de jeter à nouveau de l'huile sur le feu. Et par ailleurs, le rouge n'avait aucune envie qu'il le fasse. Surtout lorsqu'il savait qu'il était la cause de tout ceci.

- Il vaut mieux que cela reste entre votre père et moi. Ce n'est pas que je veux vous tenir à l'écart, mais ressasser ce genre de choses n'est pas forcément quelque chose de bien.

Et il avait fini par constater que la balance du contre était bien plus lourde que celle du pour…

- Surtout que votre père ne semble pas en colère contre moi.

Akashi haussa un sourcil interrogateur.

- Vraiment ?

- Quand je l'ai eu au téléphone, il y a peu, il m'a parlé normalement. Toujours aussi froid, certes, mais c'était sa froideur habituelle alors rien à signaler.

- Il y a peu ?

Il vit le brun se saisir de l'une de ses baguettes et commencer à jouer nerveusement avec l'une d'elle. Il la tournait dans tous les sens et essayait parfois de la tordre, si bien qu'Akashi se remercia intérieurement d'avoir des baguettes en bois.

- Ça, c'est la partie qui va vous déplaire, Akashi-sama.

- Je crois qu'aujourd'hui je suis prêt à tout entendre.

- Lorsque vous êtes allé chez Kuroko-sama, le week-end dernier, j'ai reçu un appel de votre père. Il m'a prévenu de son retour à Kyoto.

- Et ?

Akashi regarda son majordome le fixer avec un air presque désolé sur son visage. Il n'aimait pas ce regard et cette expression… La suite n'allait vraiment pas lui plaire.

- Et il m'a dit qu'il passerait vous voir pour vous apprendre une nouvelle…

Le rouge se pinça l'arête du nez, vraisemblablement déjà agacé.

- Quelle nouvelle ?

- Il part en voyage d'affaires à Sapporo, pendant vos prochaines vacances. Il y aura beaucoup de dîners importants, de rendez-vous, et comme vous le savez déjà, l'un des sièges de son entreprise est là-bas. Il m'a alors dit que cela serait enrichissant de vous y emmener, pour que vous commenciez vraiment à vous intéresser aux affaires et que vous preniez conscience de votre héritage…

Akashi se pinça la lèvre, doucement. Pas assez fort pour se faire mal, mais assez pour retenir certains mots qui voulaient quitter sa bouche. Il posa ses deux mains à plat contre la table, composée de bois et de marbre, et fit reculer sa chaise grâce à la force de ses bras. Le bruit des quatre pieds de celle-ci grinçant contre le parquet rajouta une tension supplémentaire à la pièce.

Il se sentait bouillir de l'intérieur. Prêt à craquer et à se déchaîner sur tout ce qui se trouverait à portée de main.

- C'est une blague ?

- Croyez-moi, j'aurais aimé que votre père soit le genre d'homme à en faire…

Sapporo était une ville charmante. Une ville charmante et éloignée. Une ville qui se trouvait à l'autre bout du Japon. Il y avait peut-être, de ce qu'Akashi pouvait dire à vu de nez, une vingtaine d'heures de route en voiture. Et sûrement dix ou onze en train.

Ce qui ne faisait pas une grande différence non plus entre Sapporo et Tokyo.

- Il avait tout prévu. Il en a fait exprès.

Le rouge se leva brusquement de sa place, si bien que la chaise recula encore sous le geste précipité. Il se mit à faire les cent pas dans la pièce, toutes ses pensées se mêlant les unes aux autres. Il n'entendit que vaguement des bruits de pas se diriger vers lui. Une main qui se voulut rassurante se posa sur son épaule, mais il se dégagea bien vite de cette prise, continuant d'arpenter la pièce.

- Cette fois, ça ne se passera pas comme il le voudra… Je vais l'en empêcher.

Il n'en pouvait plus. Il en avait réellement marre. Il fallait toujours qu'il revienne lui gâcher sa tranquillité. Quand tout allait bien pour lui, il fallait qu'il revienne. Il le fallait car son père ne pouvait pas s'empêcher de lui pourrir la vie. De toujours le ramener face à la relation chaotique qu'ils entretenaient. Face à la haine qui habitait Akashi. Face à son envie de pouvoir, de contrôle sur sa vie, que son père avait toujours su avoir plus en main que lui.

Et alors qu'il sentait la colère monter en lui au point qu'il sache que sa main finirait sous peu par rencontrer le mur dans un geste vain pour évacuer son énervement, deux personnes lui vinrent en tête. Deux personnes qui avaient un pouvoir sur lui tout à fait différent de celui de son père.

L'un était un jeune homme aux cheveux bleus, et qu'il aimait plus que tout.

L'autre était une femme, resplendissante à ses yeux, et qu'il aimait également plus que tout.

- Non, je ne peux pas. Il faut que je me calme.

Il se retourna précipitamment, rencontrant les yeux profondément inquiets de son majordome.

- Tsubaki, il faut que tu m'emmènes quelque part. S'il-te-plaît.


Le ciel était dégagé, aujourd'hui. L'air était agréable et vivifiant, contentant tout le monde. Il faisait assez beau pour sentir son corps être réchauffé, ou pour se permettre de sortir en tee-shirt. Mais une brise fraîche demeurait, ce qui rendait une quelconque sortie dehors agréable. Les oiseaux chantaient et leur mélodie pouvait être entendu par n'importe quelle personne y prêtant l'oreille. On pouvait entendre les feuilles des arbres être doucement bousculées par le léger vent, créant un bruit relaxant et serein. Tout semblait paisible.

Pourtant, lui, vivait ça d'une manière tout à fait différente. Il sentait cet air apaisé dont tout le monde était maquillé aujourd'hui, dont la faune. Mais il n'arrivait pas à se concentrer sur ces éléments. Il ne le pouvait pas. Pourtant, dès qu'il venait ici, c'était un réflexe. Il réussissait à se concentrer sur tout et n'importe quoi pour ne pas trop penser à ses propres émotions, qu'il mourrait d'envie d'enterrer au fond de lui-même. Il cherchait la moindre distraction, la moindre fleur à regarder ou le moindre oiseau à observer. Mais aujourd'hui, il ne pouvait définitivement pas faire ça.

Il avait la sensation qu'une enclume était tombée sur son cœur.

Akashi détestait ce ressenti du plus profond de son être. Il se sentait vide mais pourtant, un poids trop lourd s'enfonçait de plus en plus dans son corps, le mettant petit à petit à terre. Mais il n'était pas du genre à se laisser couler. Il était du genre à toujours se battre pour remonter. Mais cette sensation de vide qui l'envahissait ne lui permettait pas, aujourd'hui, de faire l'effort de se relever. De faire l'effort de penser à autre chose qu'à lui-même.

Il avait un sentiment, là, au fond de lui, et qui ne demandait qu'à être expulsé. Il se sentait mélancolique, un brin nostalgique avec un mélange de lassitude. Il ne pouvait tout bonnement pas décrire ce sentiment global. Il n'y avait selon lui aucun mot pour le décrire. Toutes ces émotions créaient en lui ce qu'il appelait tout simplement le vide. Il se sentait mal, cette douleur était en lui, mais il ne pouvait rien y faire. Il ne pouvait pas mettre de mots dessus, aussi bien pour lui que pour le crier au monde entier.

Il lui arrivait parfois de ressentir ça. Notamment lorsqu'un trop plein d'émotions faisait irruption dans sa vie. Cependant, ce n'était pas tout. Il lui arrivait également de ressentir cela lorsqu'il n'y avait absolument rien. Et là était très certainement le problème.

Quel était le but de tout ça ? De toute cette vie, de toute cette existence ?

Un sourire narquois se dessina doucement sur ses lèvres alors qu'il se laissait doucement aller au sol. Il s'assit en tailleur et, le dos courbé, commença à jouer avec des cailloux qu'il avait à disposition.

Mais s'il y avait bien une chose qu'il savait également, c'était que se poser ce genre de questions était inutile. Cependant, il y avait des moments où il ne pouvait s'en empêcher. Des moments où tout semblait aller contre lui et le forçait à se remettre en question. Il n'aimait pas ça. Et de toute manière, qui aimait ça ? Qui pouvait bien aimer se sentir vide au point de se demander ce qu'il se passerait ensuite pour lui ? Car le rouge était dans un de ces fameux jours où il se posait une question qu'il détestait plus que tout.

Qu'est-ce qu'il faisait ?

Tellement d'idées pouvaient découler de cette question que cela pourrait presque lui donner mal à la tête. Mais lui, quand il se la posait, il avait une idée bien précise du sens qu'elle prenait. Qu'est-ce qu'il faisait de sa vie ? Il se sentait mal au point de se demander ça. Il avait l'impression d'étouffer sous cette question. Il se sentait se noyer en se remémorant tous les événements marquants de sa vie.

Une partie de lui était remontée à la surface. Mais une autre ne cessait de s'enfoncer encore plus dans les ténèbres, encore et encore. Jusqu'à ne plus pouvoir être accessible, aussi bien par lui-même que par autrui.

Akashi ressentait, finalement, beaucoup de sentiments contradictoires. Ils se rencontraient, se confrontaient, et rien de bon ne ressortait de tout ça. Il était fatigué de toutes ces émotions futiles mais qui, en tant qu'être humain, ne pouvaient que persister. Pourtant, depuis un long moment déjà, il se sentait mieux. Il avait Kuroko, qui avait réussi à lui faire prendre conscience que sa vie n'était pas un si gros désastre que ça. Et il savait qu'il avait et qu'il aurait toujours la génération des miracles et Tsubaki à ses côtés. Il était entouré, il n'était pas totalement seul.

Et c'était en partie pour cela qu'il se détestait. Contrairement à certains qui pourraient se sentir véritablement seul, lui, ne l'était pas. Pourtant, cette sensation étouffante était là, au creux de sa poitrine.

Il soupira tout en s'efforçant de se vider la tête. Penser à tout ça ne changerait rien. De plus, selon lui, cela ne ferait que le rendre plus faible. Surtout qu'il savait parfaitement bien que depuis que sa relation avec Kuroko évoluait, lentement mais sûrement, il laissait ses barrières tomber.

Le jeune homme, laissant dorénavant les cailloux avec lesquels il jouait de côté, releva doucement la tête. Un coup de vent passa, doucement, et lui balaya quelques mèches de ses cheveux rouges. Il en repoussa quelques-unes, constatant simplement qu'ils avaient poussé, de là à redevenir comme ils l'étaient au début du collège.

Il ferma les yeux, seulement une fraction de secondes, et les rouvrit. Rien n'avait changé, et il se trouvait toujours au même endroit. Il n'avait rien espéré, en laissant ses paupières se ferler. Il n'était pas assez naïf et rêveur pour croire qu'il pourrait échapper à la réalité en laissant ses yeux se fermer. Mais il voulait simplement laissé tout ce qu'il ressentait de côté avant de se confesser.

Avant de lui parler.

Ses yeux bougèrent lentement, parcourant toute la surface de la pierre tombale qui n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'il était venu. Elle était propre. Beaucoup plus brillante que la dernière fois. Akashi devrait remercier Tsubaki pour l'avoir nettoyé. Il faisait beaucoup trop de choses que lui serait censé faire. Mais pour une raison inconnue, laver sa tombe lui avait toujours été difficile. Il avait essayé, un jour, mais avait fini par laisser le majordome prendre le relais, puisque ce dernier avait bien remarqué son malaise.

Toucher cette roche n'avait rien à voir avec un toucher humain. Mais le faire le rendait soudainement nerveux. Il avait comme la sensation qu'en le faisant, il serait plus proche de sa mère. Qu'il pourrait presque la sentir.

Il était parfois idiot, et cela le tuait de s'en rendre compte de cette manière.

Il se pinça le bras gauche, se maudissant pour laisser ses pensées s'égarer de nouveau. Il souffla, souhaitant faire disparaître toute la tension qui régnait dans son corps, et laissa son regard se figer sur le nom de sa mère qui s'affichait en lettres majuscules sur la pierre.

- Bonjour, mère. Cela fait un moment que je ne suis pas venu te voir… Je suis désolé pour ça. J'ai comme qui dirait été occupé.

Bien qu'il savait que le mot ''préoccupé'' aurait été plus adapté. Mais il s'en voulait de ne pas être retourné la voir plus tôt. Le joueur fantôme occupait décidément bien trop ses pensées… Réussissant même l'exploit de lui faire oublier certains souvenirs particulièrement douloureux.

- J'espère que tu vas bien, là où tu es. Et que tu es fier de moi en me regardant. Même si aujourd'hui, je dois faire pâle figure devant toi, n'est-ce pas ?

Un vague sourire se forma sur son visage, alors qu'il laissa doucement son regard s'éteindre pour fermer ses yeux. Il voulait se couper de toute réalité. Seulement être dans le noir complet et imaginer sa mère là, devant ses yeux, qui l'écouterait avec patience. Et avec l'amour dont il avait tant besoin.

Parce que mon Dieu, qu'est-ce qu'il l'aimait. Il l'aimait de ce sentiment incomparable, indispensable. Elle était sa mère et avait une place réservée dans son cœur.

- Je ne sais pas trop ce qu'il m'arrive. Je crois que je suis en train de changer… Et je ne sais pas si c'est quelque chose de bien. Il y eut un temps où je ne me laissais pas submerger et où je contrôlais mes émotions. Un temps où je pouvais tout contrôler. Mais maintenant…

Plus les jours passaient, plus il prenait conscience de ce changement. Et il savait très bien que son inconnu en était la source. Il le forçait à se poser des questions, à remettre son comportement en question. Il le faisait, de manière tout à fait inconsciente, évoluer. Bien sûr que cela était sûrement positif. Bien sûr que cela ne changeait en rien son caractère.

Mais face à certains cas, il se posait des questions qui arrivaient à le rendre plus vulnérable. Avant, devant une situation contrariante, il ne réfléchissait pas et agissait en utilisant sa présence intimidante et écrasante. Maintenant, il réfléchissait avant d'agir. Il se questionnait et laissait ses émotions, par moment, refaire surface.

Et ça, ce n'était pas bon du tout. Car c'était ce sur quoi il avait travaillé depuis toujours pour se préserver. Pour rester un gagnant.

- Et je m'en veux, maman. Je m'en veux réellement. J'ai Tetsuya, et tous les autres. Mais il y a une douleur dans ma poitrine qui parfois refait surface. Elle me rend triste et en colère contre le monde entier. Je ne sais pas quoi faire quand elle est là et je sais que je me ferme.

Un soupir passa la barrière de ses lèvres, aérant ses poumons bloqués par un poids inconnu.

- J'aimerais que tu sois auprès de moi pour me conseiller…

Il serra son poing fortement, essayant de contrôler ses émotions. Craquer maintenant n'était pas concevable. Cela ne l'avait jamais été. Il ne pouvait pas se permettre une chose pareille.

- Mais je ne suis pas venu ici pour me plaindre à toi. Tu n'es pas mon exutoire.

Akashi rouvrit ses yeux, les laissant se poser de nouveau sur la pierre tombale de sa défunte mère.

- Je dois t'annoncer quelque chose. Je sais que ça ne te plaira pas, car ce ne serait pas ce que tu voudrais. Mais je crois que ce poids qui enserre ma poitrine ne disparaîtra jamais si je ne le dis pas une bonne fois pour toute.

Il posa la paume de sa main droite sur le sol, mettant toute sa force dans son bras pour se relever. Quelques petits cailloux lui piquèrent l'intérieur de sa main, mais il n'y porta pas d'attention. Une fois debout, il sentit les fourmis qui commençaient à lui picoter les jambes disparaître. Il inspira à nouveau, comme pour se redonner contenance, et essaya tant bien que mal de séparer ses paroles de ses émotions.

- Je ne pensais pas que tu lui parlais encore.

Il ne sursauta pas, à l'entente de cette voix. Il laissa simplement ses yeux se refermer, quelques brèves secondes. Puis il se retourna, aussi raide que possible, et le visage aussi dénué d'expression que cela puisse exister.

- Je ne m'attendais pas à te voir ici.

- Bonjour, Seijuro

- Bonjour père.

Ils se regardèrent dans le blanc des yeux deux minutes, peut-être même plus, sans rien d'autre à se trouver à dire. Seul le silence les enveloppait de son voile. Une tension asphyxiante régnait dans l'air. Un poids de plus semblait s'être rajouté dans la poitrine d'Akashi, laissant une partie de lui être encore plus emmenée vers le fond.

Il l'avait revu il n'y avait pas si longtemps que ça, ce qui faisait qu'entre-temps, il n'avait pas tellement changé. Pourtant, aujourd'hui, son expression était plutôt sereine. Ce qui ne manqua pas d'étonner Akashi. Cependant, malgré sa surprise de voir son père si à l'aise avec un visage si neutre, cela ne put que renforcer sa méfiance et la tension qui régnait. Il le regarda de haut en bas, comme pour se rassurer d'une peur dont il ne comprenait pas la nature.

Puis il les remarqua. Il vit ces roses, toutes rassemblées, qui formaient un magnifique et énorme bouquet. Si imposant et à la fois si simple.

Ce fut Masaomi qui amorça le premier mouvement dans sa direction. Il se dirigeait vers lui, d'un pas ni trop lent ni trop précipité. Akashi entendait le bruit de ses chaussures contre les graviers de l'allée. Pourtant, il lui semblait qu'il n'y avait que le bruit de sa respiration qui était audible. Il ne respirait pourtant pas fort, et il le savait très bien. Mais chaque détail semblait être décuplé, comme les battements de son cœur qu'il avait le sentiment de pouvoir entendre.

Il comprit alors que ce n'était pas vers lui qu'il se dirigeait. Il tourna donc le dos à son père et se décala de quelques pas, le laissant venir à ses côtés, tout en gardant une distance raisonnable entre leurs deux corps. Il vit du coin de l'œil l'homme se pencher pour déposer le bouquet sur le socle de la tombe, qui se trouvait maintenant à côté du sien qu'il avait acheté en route avec son majordome.

Akashi s'était complètement fermé, et il en avait conscience. Il n'était, étrangement, pas particulièrement énervé. Il n'avait juste pas envie de parler pour ne rien dire. Il ne voulait pas de ces dialogues qu'il avait eu récemment avec son père et qui avaient montré sa faiblesse.

Mais cela ne l'empêchait pas de se demander pourquoi une telle différence de comportement subsistait entre eux. Akashi ressentait à travers tout son être la situation tendue et le sentiment dérangeant que cela provoquait en lui. Son père, lui, semblait avoir attendu et prémédité ce moment. Il avait l'air presque trop calme.

Cependant, Akashi n'avait pas envie de tourner autour du pot encore cent sept ans. Il était temps de coucher ses cartes sur la table.

- J'aime Tetsuya. Je suis amoureux de lui. Tout ce que tu feras pour m'empêcher de le voir ne fonctionnera pas. Si tu m'interdis quoi que ce soit vis-à-vis de lui, je te désobéirai.

Le rouge ne voulait pas regarder son père. Il ne voulait pas avoir une conversation avec lui, les yeux dans les yeux, comme si tout était normal et qu'ils y étaient habitués. Mais il se risqua tout de même, curieux, à jeter un coup d'œil sur sa droite pour voir l'expression qu'arborait son père.

Rien. Le néant total. Pas un seul sentiment ne semblait traverser son visage aux traits endurcis.

- Je le sais très bien, Seijuro. Tu ne m'apprends rien.

- Alors pourquoi vouloir soi-disant m'emmener avec toi pendant les prochaines vacances alors que tu sais très bien que je voudrais passer du temps avec lui ? Pourquoi, depuis que tu es au courant de mon attachement envers lui, as-tu toujours voulu compliquer les choses ?

Akashi se gifla mentalement. Il ne fallait pas qu'il parle, ou sinon, ses émotions submergeraient ses paroles. Il n'avait pas envie que son père puisse lire en lui comme dans un livre ouvert. Il ne voulait pas être pénétrable à ce point.

- Je peux concevoir que cette relation est compliquée à tes yeux. Tu es un père, un homme, et j'en suis un également. L'homosexualité est…

- Là n'est pas le problème. Lorsque j'ai compris la nature de tes sentiments envers lui, j'ai été choqué. Je ne m'attendais pas à ça de ta part. Mais j'ai eu le temps d'encaisser la nouvelle. Même si accepter est encore difficile, et que je trouve que c'est un bien grand mot, le tolérer est dans mes cordes.

Le rouge, oubliant sa promesse faite il y a quelques minutes à peine, tourna son visage vers son père. Ses sourcils s'étaient froncés sous l'incompréhension. Car tout ce qu'il disait ne faisait que se contredire. Aucun fil ne se reliait, rien ne concordait.

- Pourquoi agir ainsi, dans ce cas ?

- Malgré les apparences, je reste un père. Ton père. Ce n'est pas contre ce Kuroko que je souhaite te mettre en garde.

- Alors que cherches-tu à faire ?

- À te protéger.

Les yeux d'Akashi traduisaient en cet instant son incrédulité. Mais malgré tout, malgré le fait qu'il était étonné d'entendre de telles paroles sortir de la bouche de son géniteur, il ne voulait pas laisser transparaître ses sentiments intérieurs et faisait tout pour avoir l'air indifférent.

Car contre toutes les apparences, une tempête avait en ce moment même lieu en lui.

- Ne me fais pas rire. Me protéger de quoi ?

- De la vie en général. De tes sentiments.

- Pourquoi est-ce que tu ferais ça ?

- Je vois dans tes yeux l'amour que tu portes à ce garçon. Et ce que je vois dans les tiens, je l'ai également eu dans les miens. Je ne veux que tu finisses comme moi, Seijuro. Je ne l'ai jamais voulu.

Ses dernières paroles firent comme un électrochoc au corps du rouge. Il cherchait de ses yeux le regard de son père, mais celui-ci ne quittait pas la pierre tombale des yeux.

Il parlait de sa mère… Il parlait de l'amour qu'il avait pour elle. Depuis combien de temps déjà ne l'avait-il pas entendu parler d'elle en laissant sa voix trahir ses émotions ?

Son amour pour sa mère. Pour sa femme.

Akashi était maintenant perturbé. Il ne savait plus trop quoi penser. Ce qu'il venait de lui dire avait soulevé en lui quelque chose de sensible, un point si fragile qu'il n'en avait jusqu'alors pas soupçonné l'existence.

Mais malgré tout, une part de lui restait totalement impassible. Vide de tout ressenti, de toute compassion. Et il se sentait tiraillé par ces deux sentiments contradictoires.

- Qu'allais-tu dire à ta mère ?

- Tu m'écoutais depuis tout ce temps ?

- Tu n'as pas répondu à ma question.

Retenant de justesse un soupir, Akashi laissa de nouveau ses yeux voguer sur la tombe de la femme qui l'avait mis au monde. Ses yeux s'accrochant à son nom. Mais s'écorchant face à la dureté de sa date de décès inscrit dans la pierre.

- J'allais lui dire que je ne te laisserais plus te mettre en travers de mon chemin.

Akashi inspira, bien que les mots qui allaient suivre voulaient quitter ses lèvres depuis bien longtemps.

- Que c'était fini.

Doucement, un léger poids se retira de lui. Ce fut bref, et il sentait toujours son cœur être lourd dans sa poitrine, mais il se sentait un tout petit mieux. Il avait dit ce qu'il tenait à dire depuis longtemps. Il s'était promis de ne pas trop laisser ses émotions transparaître, ce qui expliquait par ailleurs pourquoi il y avait encore quelques secondes, il avait toujours autant hésité à prononcer ces mots.

Pourtant, il n'avait rien ressenti. Aucune douleur, aucun goût âpre dans la bouche. Il avait l'impression d'avoir énoncé un fait, lâché une banalité. Alors qu'il savait que sa déclaration était, au fond, lourde de sens. Qu'elle marquait très certainement un autre cap de sa vie. Seulement, seul un léger soulagement l'avait envahi une fois que sa bouche s'était refermée.

Très certainement car il avait laissé son cœur parler pour lui. Le cœur de celui qui se laissait couler par ce poids trop lourd pour qu'il ne puisse le supporter.

Soudainement, il sentit deux mains lourdes se poser sur ses épaules. Fronçant des sourcils, il jeta un regard précipité sur sa droite là où se trouvait auparavant son père.

Là où il n'était plus.

Il comprit donc rapidement que l'homme qui se trouvait derrière lui, et qu'il ne pouvait pas voir, était son père. Bien qu'il l'avait su dès l'instant où il l'avait touché, reconnaissant sa poigne de fer. Cependant, sans qu'il ne s'y attende, la prise se desserra doucement, jusqu'à ce que le toucher en devienne presque aérien. Quasiment inexistant sur ses jeunes épaules.

Un amas de questions prirent soudainement formes dans l'esprit d'Akashi. Il se sentait presque paniqué par une situation comme celle-ci, il n'arrivait pas à analyser clairement le pourquoi du comment. Il était perdu car il ne comprenait pas les actions de son père. Il ne pouvait pas voir son visage, bien qu'il savait qu'il garderait très certainement son masque vide de toutes émotions. Mais ils se ressemblaient sur un point.

Leurs yeux arrivaient à trahir certains de leurs sentiments. Et l'adolescent se sentait grandement perturbé de ne pas pouvoir plonger son regard hétérochrome dans celui de son père pour chercher une réponse à tout cela.

- Je veux te parler de quelque chose. Hormis pour les affaires, je n'ai jamais été très habile avec les mots alors je sais par avance que cette conversation sera très certainement la dernière de ce type. Alors je te demande vraiment de m'écouter avec attention, Seijuro.

Akashi, les mots bloqués au fond de la gorge, ne sut quoi répliquer. Il se contenta alors simplement de hocher la tête, sachant que son père qui se trouvait derrière lui, les mains enserrant toujours ses épaules, le remarquerait.

Il ne le vit pas, mais il sut à l'infime mouvement de ses doigts, de la paume de sa main contre lui qu'il était tendu et nerveux.

- Je sais ce que j'ai fait de bien ou de mal au cours de ma vie, Seijuro. Cependant, je ne regrette pas mes choix. À la mort de ta mère, j'ai dû prendre le relais et décider de ce qui serait bon pour toi. J'ai choisi d'être dur, de te forger une carapace pour te préserver des autres. Je t'ai lancé sur cette voie et je ne le regrette pas. Je t'ai appris qu'il fallait obligatoirement gagner pour régner. Qu'il n'y avait que les vainqueurs qui pouvaient survivre. Puis tu as fini par te forger toi-même. Je n'ai pas cherché à empêcher cela. J'ai vu ce que tu devenais et j'ai été fier. Ta mère n'aurait certainement pas voulu ça, mais en étant seul, c'est ce que j'ai préféré pour toi.

Un moment de silence passa, laissant le temps aux deux hommes d'encaisser les mots. L'un pour ceux qu'il disait, l'autre pour ceux qu'il entendait. Ils semblaient dans leur monde, éloignés de tous, et seul le vent leur rappelait qu'ils n'étaient pas seuls et qu'ils se trouvaient bien ici, dans ce cimetière où reposait une personne chère à leurs yeux.

- Je n'ai pas été là car je savais que tu pouvais te débrouiller seul. Tu es un battant et je l'ai toujours vu dans tes yeux. Mais je les ai vu changer, petit à petit. Je t'ai vu souffler toi-même sur ce château de cartes que tu avais mis si longtemps à construire de tes propres mains. Et j'ai pris peur.

Ce dernier mot raisonna en Akashi, se focalisant sur celui-ci. Essayant de comprendre, d'analyser… Mais il n'en avait pas le temps. Car tous les mots, toutes les phrases de son père l'interpellaient et se mélangeaient dans son esprit.

- J'ai eu peur et j'ai toujours peur pour toi Seijuro. Car je suis ton père et tu ne peux pas le nier. Je suis dur, mais c'est pour ton bien.

Le jeune homme savait qu'il aurait pu s'énerver. Il sentait que ses paroles auraient même dû le mettre en colère. Cependant, il était fatigué, et il n'en avait tout simplement pas la force.

- Puis j'ai compris. J'ai vu que tu aimais énormément ce garçon. Et j'ai vu la situation me filer entre les doigts. J'avais peur que ta vie et que la personnalité que tu t'étais faite t'échappent.

Il sentit ses doigts se contracter légèrement sur ses épaules, montrant qu'il était contrarié. Mais bien vite, la prise se fit de nouveau légère et presque invisible.

- Lorsque je l'ai rencontré, nous avons discuté de ça. Et j'ai pris conscience de vos différences, ce qui m'a encore plus effrayé. Car il est contre ce que je voulais que tu sois. Il voulait que tu te forges à nouveau en reprenant des bases totalement différentes de celles que je t'avais transmises.

Un silence se fit, de quelques secondes à peine. Et quand son père reprit la parole, il sentit une brève hésitation dans sa voix, qu'il essaya de masquer et de faire paraître pour de l'émotion.

- Ta mère l'aurait aimé. Très certainement car elle aurait approuvé ses paroles et sa façon de parler de toi.

Un soupir fendit l'air, doucement, et les grandes mains de son père descendirent lentement le long de ses épaules.

- Je ne cherche pas à être un bon père, Seijuro. Si tant est que cette notion existe bien sûr. Je veux et je suis un bon pilier. Je suis ton modèle et je veux que tu puisses bâtir tes réussites sur ça.

Le soleil qui était auparavant présent et régnait au-dessus de leur tête commençait à disparaître du ciel. Quelques nuages arrivaient, sans que cependant le temps n'en devienne lugubre. Le vent se faisait légèrement plus vif également, une de ses mèches lui chatouillant la joue. Ce changement marquait tout simplement la fin de l'après-midi, et le rouge pouvait voir au loin quelques visiteurs du cimetière partir pour rentrer chez eux.

Akashi commençait à se tendre. Le temps semblait passer, lentement, si bien qu'il se demandait combien de minutes s'étaient écoulées depuis les dernières paroles de son père. Ses mains n'avaient pas bougé, mais lui non plus n'amorçait aucun mouvement pour décoincer la situation.

Sans qu'il ne s'y attende vraiment, bien que maintenant plus rien ne semblait l'étonner, la prise sur ses épaules se fit plus forte et son père le força à se tourner vers lui. L'adolescent se laissa faire, lasse, et regarda simplement son père se pencher pour être à sa hauteur alors que ses mains tenaient fermement ses bras.

- Tu me comprends, Seijuro ? Je ne pense pas à mal. Et je ne veux pas que le dialogue entre nous soit totalement rompu. Alors je te le demande, est-il trop tard pour me rattraper ?

Akashi plongea ses yeux dans ceux de son père. Il pensait peut-être y voir de l'honnêteté, de l'amour, ou autre sentiment qui ne lui ressemblait pas. Il voyait une certaine inquiétude, oui, et d'autres sentiments indescriptibles qui se mêlaient les uns aux autres. Mais pourtant, croiser son regard à ce moment précis ne lui fit pas grand-chose. Il sentait juste le poids qui l'entravait s'alourdir, encore et encore.

Il étouffait. Il était fatigué et voulait renter chez lui pour dormir. Pour oublier et laisser ses pensées voguer vers d'autres choses.

Que son esprit soit libre, seulement cinq petites minutes.

Le jeune homme coupa le contact visuel, seulement une poignée de secondes. Puis, le visage fermé plus que jamais, il laissa ses yeux hétérochromes sonder le regard de son père.

- Qu'est-ce que tu penses d'une plante qu'on laisse seule dans un coin, chez soi, sans eau ni lumière ?

L'adulte hésita. Mais pourtant, la réponse à cette question lui était directement apparue.

- Elle est foutue.

Akashi se libéra de la prise de son père, et ce dernier ne chercha d'ailleurs pas à l'en empêcher. Il se tourna vers la tombe de sa mère et s'accroupit. Du bout des doigts, il toucha la pierre froide, presque glaciale. La toucher lui procura un frisson et il réprima l'envie soudaine de s'éloigner en courant de cet endroit. Ses doigts caressèrent encore la tombe quelques secondes, puis ils se retirèrent.

- Alors tu as ta réponse.

Une fois relevé, l'adolescent mit ses mains dans ses poches et se dirigea vers la sortie du cimetière. Sans un regard en arrière, ni pour son père, ni pour sa mère.

Akashi le savait. Masaomi n'était qu'un homme perdu qui avait inconsciemment incité son fils à l'être tout autant que lui.

Son père avait toujours voulu gagner, et ce dans tous les domaines. Pourtant, aujourd'hui, il venait très certainement de prendre pleinement conscience de la perte de son fils.


Bouh !

J'espère que ce chapitre vous aura plu. J'ai aimé l'écrire, bien qu'il ne soit pas très très joyeux, j'y ai pris du plaisir. Alors j'ai hâte de voir vos avis ! Dans ce chapitre, c'est surtout la relation entre Akashi et son père qui est traitée.

Depuis le début de ma fanfiction, je voulais dédier un chapitre à ce moment donc je suis contente d'être arrivée à ce fameux jour. ^^ Vos avis sont donc importants sur ce chapitre, comme toujours.

Donc n'hésitez pas à me laisser une review pour me partager vos impressions.

Ah et aussi, comme je suis en vacances maintenant, je ne vais pas avoir un jour spécifique pour poster. Je vais plus avoir de temps pour écrire alors je vais poster aléatoirement, en essayant si je le peux d'en poster un chaque semaine.

Bonne chance si il vous reste des cours, des examens ou si vous travaillez, et bonnes vacances pour ceux qui le sont maintenant !

Encore merci de votre soutien.

À la prochaine…