Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, ce sont ceux du film The eagle. Je ne fais que les emprunter, merci à Rosemarie Sutcliff de les avoir crées.

Galerie des personnages : arianrhod3 .livejournal 3782 .html
(supprimer les espaces pour reconstituer l'adresse)

En retard, je suis en retard ! Aucun rapport avec un certain lapin blanc ^_^
Mais voilà, après une cure de films, j'ai enfin terminé le chapitre. J'espère qu'il vous plaira ... bon ou mauvais, j'espère avoir votre avis. J'ai eu peu de messages au précédent chapitre, ça démotive ... Si le coeur vous en dit, n'hésitez pas ! Merci ^_^
Allez, j'arrête les babillages, on se retrouve en bas.


Chapitre 36 : Les bains, partie 2


- Bien qu'innocent, tu dois expier les péchés de ton père, articula Marcus d'une voix à peine audible, même pour son esclave tout près de lui.
La tristesse de sa voix fit oublier à Esca son absence de pitié, elle l'émut même.
- Suis-moi, requit-il avec une poigne que ses yeux démentaient.
Ses yeux le suppliaient.
- Avec plaisir, s'entendit-il répondre avec assurance.
Les yeux d'Esca ne pouvaient se détacher de ceux de son maître. Sa respiration était encore saccadée et ses poings fermés… L'assurance de ses mots était là pour le rassurer, lui prouver qu'il le suivrait partout où il déciderait d'aller, parce que c'était ce dont il était question et ils le savaient tous deux.

Ils repartirent en sens inverse, débouchèrent sur le gymnase que d'autres avaient investi. Le Romain blessé n'allait pas tarder à être découvert. Ils bifurquèrent vers les jardins qu'Esca avait brièvement aperçus. Leur conception, différente de celle du jardin des Aquila, lui plaisait davantage. Cela ressemblait plus à un décor naturel au détail près qu'il était agrémenté de statues et de fontaines. Malgré tout, il était moins strict et rectiligne que celui des Aquila, il s'y sentait bien. Il se laissa chatouiller la paume des mains par de hautes herbes qui n'avaient pas été coupées, ce lieu était étonnamment calme, seulement bercé par le bruit de l'eau qui coule, c'était vraiment très agréable. D'ailleurs, les pas de Marcus se faisaient plus lents. Peut-être était-ce le contraste entre ce qui venait de se dérouler et le feuillage léger des arbustes qui ondulait gracieusement sous l'effet d'une légère brise, qui rendait la promenade si douce. Peu lui importait, cela lui faisait du bien et à Marcus aussi apparemment. Il fut soulagé de le voir se détendre au fil de leurs déambulations, il sourit en le voyant retrouver son port de tête impérial… il l'avait perdu précédemment, en même temps que son calme. Qu'il retrouve les deux était rassurant étant donné que le pire était quand même à venir en ce qui le concernait.

Le Romain, lui, avait déjà eu son propre enfer à affronter, bien que l'après-midi ne fasse que commencer, cela n'était peut-être pas fini. Esca sourit en pensant à ses réticences, jamais il n'aurait imaginé Marcus en victime… enfin, tout était relatif, c'était l'autre qui avait le genou brisé et non lui. D'ailleurs, il l'avait probablement frappé à cet endroit intentionnellement, Esca ne croyait pas à une coïncidence. Ce Romain avait insulté le père de Marcus et cela l'avait mis dans une rage incroyable, le soldat qu'il entrevoyait était sorti de l'ombre… Il portait le fardeau d'une erreur passée, voilà ce que Marcus lui avait confié, mais quelle faute, il ne le saurait probablement jamais. Il n'était pas fou au point de lui poser la question ! Contrairement au Romain qui l'avait piqué au vif, lui savait à qui il avait à faire. L'autre l'avait pris pour un lâche, peut-être pensait-il l'accabler avec ses remarques… c'était bien mal le connaître. Il en avait fait les frais, tant pis pour lui.

- Nous allons au Tepidarium, on aurait normalement dû sauter cette étape… mais on s'est refroidis, on va donc commencer par une sale tiède avant de passer à celle chaude, expliqua Marcus en s'arrêtant devant un bâtiment rectangulaire.
Moins imposant que l'entrée des termes, il était malgré tout majestueux. Néanmoins, en cet instant, ce n'était pas ce qui intéressait Esca. Son maître était toujours troublé et cela ne lui convenait pas du tout. Lui aussi l'était à l'approche de ces fameux bains… La voix du Romain ne semblait pas la même, l'amertume en changeait la musique.
- Ah, vraiment ? fit-il en prenant un air étonné, voire candide. Pourtant, continua-t-il lentement, tu me paraissais plutôt chaud, termina-t-il en levant son visage vers lui.
Les yeux de Marcus s'agrandirent sous l'effet de l'impertinence de son esclave. Le cœur du Celte manqua un battement tandis qu'il attendait une réaction. Il esquissa un sourire en coin, moqueur. Quelques longues secondes plus tard, il eut le plaisir de le voir se refléter sur le visage de Marcus. Il reprit une respiration normale tandis que le Romain expirait en souriant plus franchement.
- Très drôle, commenta-t-il les yeux pétillants.

Comme Esca le pressentait, il se glissait aisément dans son nouveau rôle auprès du Romain.
- C'est l'eau qui est tiède ? Demanda-t-il curieux à présent de l'endroit où ils allaient pénétrer.
- L'eau… l'atmosphère, les murs.
- Mais, hoqueta Esca en fronçant les sourcils, comment ?
Bien entendu, son émerveillement ravit Marcus et lui se mordit la langue d'avoir parlé si vite. À présent, son orgueil romain allait reprendre le dessus.
- Suis-moi, je vais te montrer, fit-il en faisant quelques pas, en arborant un sourire fier par anticipation.
Celui-ci agaça gentiment le Celte qui s'y attendait ou plutôt s'y résignait. Chez la plupart des Romains, cela l'irritait, mais chez Marcus, cela l'amusait – parfois.
- Oh, Esca, dit-il en s'arrêtant. Il peut y avoir des représailles, le prévint-il d'un air sérieux. Alors, sois sur tes gardes.
- Qu'ils viennent, répondit le Celte avec fierté sans sourciller sous le regard scrutateur de son maître.
Il épousait les défis de son maître, il n'avait pas vraiment le choix, mais il choisissait de le faire avec honneur. Celui-ci le dévisagea avec, dans les yeux, une certaine curiosité mêlée, à l'évidence, à du contentement.

Marcus demanda à un esclave non loin de leur montrer le mécanisme de chauffage de la salle dont il était question. L'esclave le regarda avec des yeux ébahis, la requête n'était apparemment pas classique. Marcus insista auprès de différents esclaves jusqu'à obtenir ce qu'il voulait, sans jamais tenir compte des regards outrés qu'il obtenait. C'était à la fois étonnant et amusant, parfois Esca se demandait comment il pouvait être romain. Finalement, ils suivirent un esclave qui leur fit emprunter un couloir bien moins luxueux que ceux qu'ils avaient parcourus puis des escaliers, apparemment la salle était en sous-sol.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans l'antre, Esca fut saisi par la chaleur et l'odeur âcre d'un feu de bois. Plusieurs esclaves s'affairaient à maintenir un brasier dans une immense cheminée, la chaleur était à peine supportable. Tous se retournèrent en les voyants entrer dans la petite salle, mais bien vite ils reprirent leur travail. Un Romain y veillait, un bâton à la main. Ils travaillaient avec ardeur, simplement vêtus d'une jupette, transpirant face à ce feu impressionnant. Leurs corps luisaient, enveloppés par la lumière ambrée du foyer. Esca repensa immédiatement à son travail dans la boulangerie, bien que les conditions de travail ici fussent bien pires que ce qu'il avait pu vivre. Il observa leurs visages, rougis par la chaleur, leurs traits tirés, la maigreur de leurs membres. Il n'avait pas besoin de plus pour comprendre comment ils étaient traités dans ce lieu si luxueux dont ils ne connaîtraient jamais rien. Pourquoi fallait-il toujours que le bonheur des Romains se fasse au détriment des autres hommes… il sentait la colère monter en lui. Il fut tiré de ses pensées maussades par Marcus qui lui attrapa le bras pour le faire passer derrière ce qu'il avait pris pour une cheminée. En fait, la chaleur du feu n'était pas évacuée par un conduit comme d'habitude, mais elle s'engouffrait sous le sol du Tepidarium qui était surélevé au moyen de petites piles. Marcus lui montra également les conduits qui partaient du foyer et qui courraient le long des murs du Tepidarium. Si les esclaves transpiraient en travaillant, Marcus lui transpirait la fierté devant cette démonstration d'ingéniosité. Quand Esca apprit que le sous-sol du Tepidarium devait être nettoyé et que, par conséquent, des esclaves se faufilaient entre les petites piles pour retirer les dépôts de cendre et de suie, sa colère monta d'un cran. Il manquait d'air et l'envie de secouer ces Romains pour leur faire entendre raison le démangeait. Mais heureusement, la visite ainsi que les explications se terminaient, leur présence était seulement tolérée, les clients ne devaient pas s'aventurer dans ces endroits. En quittant l'antre, Esca sentit immédiatement un air frais caresser son visage, nettoyer ses narines emplies de cette odeur forte et piquante. C'était néanmoins un vent de révolte qui grondait en lui. Il ne pouvait s'en empêcher quand il voyait à quoi servait son peuple aux mains des Romains.

- Alors que penses-tu de la technique romaine ? S'enquit immédiatement Marcus en ressortant à l'air libre.
- Il faut combien d'esclaves pour faire fonctionner ce système ?
- Ne peux-tu pas répondre à la question au lieu d'en poser une autre ? S'agaça immédiatement le Romain. Je ne sais pas moi, beaucoup…
- Tout cela ne serait pas possible sans eux n'est-ce pas ? Le coupa-t-il.
- Certes…
- Alors, ce n'est pas uniquement Romain, l'interrompit à nouveau le Celte en croisant les bras sur son torse.
- La conception est Romaine Esca, ensuite les moyens… fit-il évasif, mais visiblement contrarié du manque d'admiration de son esclave.
Ses sourcils se fronçaient nerveusement.
- Mais cela ne fonctionnerait pas sans eux, insista-t-il. L'un est aussi crucial que l'autre.
- Et alors ? S'agaça Marcus en montant le ton.
- Rien, abandonna-t-il en baissant les yeux, c'était juste pour le dire, marmonna-t-il.
- Allez viens, l'entraîna Marcus avec un sourire en coin qu'Esca, lui, avait définitivement perdu. Tu n'as encore rien vu, ajouta-t-il avec assurance.
Une assurance qui trouva immédiatement un écho en lui, cette promesse éveillait en lui une curiosité insatiable qui reprenait le pas sur toute autre considération, comme souvent, pensa-t-il en soupirant intérieurement. Il était ainsi, son père lui avait bien assez reproché pour qu'il ne puisse l'ignorer.

En entrant dans le Tepidarium, Esca dut se résoudre à donner raison à son maître. Ce n'était pas la douce chaleur dont il connaissait l'origine qui le surprit, mais la décoration de la grande salle dans laquelle ils venaient de pénétrer. Pourtant, il lui fallut quelques instants pour s'habituer à la demi-obscurité qui y régnait, seule une petite ouverture dans le plafond amenait de la lumière dans ce lieu béni par les dieux tant il regorgeait de beautés. Il leva les yeux et ne put les rebaisser, la voûte était entièrement décorée de peintures et ornée de nombreuses frises toutes plus belles les unes que les autres. Bien sûr, Marcus pourrait lui en expliquer la signification, mais impossible de lui demander… Il avait momentanément perdu l'usage de sa voix au profit de ses yeux qui, avidement, parcouraient la salle. Il ne pouvait néanmoins en avoir une vue d'ensemble, celle-ci était munie de renfoncements, il devinait de petites salles intimes qui, pour le moment, échappaient à son regard scrutateur. Tout autour de la salle, le plafond paraissait soutenu par des statues d'hommes. Il s'en approcha pour mieux les voir, posa une main sur la pierre sculptée avec talent.
- Est-ce des dieux ? Chuchota Esca pour ne pas déranger la quiétude du lieu.
Seul un petit cliquetis venait de temps en temps rappeler que ce lieu était occupé. Il regarda alors son maître qui, tout comme lui, découvrait ce lieu.
- Des Atlantes, expliqua Marcus en adoptant le même ton bas que lui.
Il n'eut pas la suite des explications. Parce qu'il avait très peu mangé le matin et à midi, le ventre d'Esca se rappela à son bon souvenir. Il gronda, oh pas longtemps, mais assez pour que Marcus l'entende malgré la main qu'Esca avait prestement posée sur son estomac, qui roulait sous ses doigts, pour tenter d'en calmer le bruit. Le Romain se tourna promptement oubliant ses commentaires que pourtant il affectionnait. Son regard plein de reproches lui fit l'effet d'une claque. Elle le sortit brusquement de la rêverie dans laquelle ces lieux l'avaient plongé.
- Pardon, s'entendit-il répondre.
- Sais-tu pourquoi tu t'excuses ? L'accusa Marcus.
- Non, mais…
- Alors, ne le fais pas, le coupa-t-il.
- Parce que je t'ai offensé, parce que j'ai offensé tes dieux ? Tenta le Celte en plongeant dans le regard vide de la statue qui le surplombait.
Il eut la surprise de voir les épaules de Marcus soubresauter sous l'effet d'un rire contenu.
- Mais non. Ce ne sont pas mes dieux. Tu n'as pas mangé comme je te l'ai demandé, expliqua-t-il en reprenant son sérieux. On ne va décidément jamais y arriver, râla-t-il en repartant vers l'entrée de la salle.
- Mais… cela ne fait rien, je n'ai pas faim, se défendit Esca sans bouger, plein d'espoir.
Il avait l'habitude d'avoir faim, il n'avait même pas l'estomac vide, mais Marcus semblait déterminé, une détermination dont il ne réussissait pas à comprendre l'origine.
- Suis-moi.
- Mais…
- Je ne veux plus entendre un mot, l'interrompit-il en s'arrêtant.
Puis il sortit. Esca jeta un dernier regard à cette salle, puis se résigna à emboîter le pas de son maître, sans retenir un soupir de dépit. Il avait offensé Marcus sans le vouloir et pour une broutille… il ne comprendrait jamais ces Romains, c'était désespéré. En sortant, il fut quelque peu ébloui par le soleil qui brillait juste en face de lui.
- Dépêche-toi.
Il entendit Marcus plus qu'il ne le vit, il le rejoignit rapidement en protégeant ses yeux clairs. Celui-ci l'entraîna à nouveau dans le jardin central. Rapidement, il entendit un brouhaha de voix, mais surtout de divines odeurs parvinrent à ses narines. Son estomac se manifesta à nouveau, mais heureusement il fut le seul à l'entendre. Quelques mètres plus loin se profilaient de petites baraques. Esca devina facilement ce qu'il allait trouver. Décidément, ce lieu ne manquait d'aucune commodité. Marcus lui jeta un coup d'œil tandis qu'il découvrait la restauration des bains de Calleva.

Chaque baraque proposait ses propres plats préparés sur place et une odeur de cuisine embaumait le lieu. Esca commençait à penser que son maître avait eu bien raison de venir là… Contrairement au gymnase ou même au Tepidarium, il y avait du monde et des femmes. Leurs bains étaient séparés de ceux des hommes, mais ce lieu au milieu des bains permettait la rencontre des deux sexes.

Au détour d'une cabane, Esca reconnut son ancien maître, le boulanger auquel il venait de penser quelques instants auparavant… étrange coïncidence. Sans même s'en rendre compte, il s'arrêta, ses yeux posés sur lui. Ils étaient deux dans cette petite cabane en bois qui abritait une cuisine sommaire. Un Romain vendait les plats, apostrophant bruyamment les passants pour en vanter les mérites, mais il ne l'entendait pas. Il était concentré sur son ancien maître qui s'affairait aux fourneaux. Il ne s'attendait pas à le revoir et bêtement, il ne pouvait détacher ses yeux de son profil. Concentré dans sa cuisine, il ne l'avait pas encore vu. Cet homme l'avait traité comme un objet, une possession. Il réveillait en lui de mauvais souvenirs ainsi que la haine qu'il avait ressentie à ce moment-là pour cet homme médiocre.
- Esca.
Il se tourna pour croiser le regard interrogateur de Marcus. Il aurait voulu croiser celui de son ancien maître, mais il était trop occupé. Dommage. Il lui jeta un dernier coup d'œil espérant le voir se retourner, mais non. Il emboîta le pas de Marcus.
Néanmoins, la chose le travaillait, il avait bien une idée…
- Maître, je peux acheter à manger ?
Qui n'ose rien n'a rien.
- Si tu veux, répondit lentement Marcus en le scrutant.
Le Celte eut l'impression que ses yeux le transperçaient, qu'il voyait clair en lui. Il détourna le regard, gêné par sa demande qu'il ne saurait justifier. Il arrêta son regard sur la baraque, un jeune couple de Romains venait de s'y arrêter. Le vendeur était insupportable… il leur faisait l'éloge de son plat avec sa voix nasillarde tout en cherchant à attirer d'autres acheteurs, Metius devait en baver. L'idée n'était pas désagréable... Quand il reporta son attention sur Marcus, il vit qu'il lui tendait le petit sac qui contenait l'argent, tout l'argent.
- Achète ce que tu veux, pour toi et moi, je vais t'attendre là-bas, fit-il en désignant un banc en pierre un peu plus loin.
Il n'attendit pas de réponse pour le laisser au milieu du monde qui se pressait pour se restaurer.

Esca prit une inspiration en soupesant le petit sac à monnaie en peau, c'était bon de se sentir autonome. Lentement, il revint sur ses pas pour se poster devant la baraque.
- Ah, l'ami ! Qu'est-ce que je te sers ? Sache que nous avons la meilleure patina de Calleva !
Esca se pencha un peu en prenant appui sur le rebord de la cabane pour mieux voir ce qui était en préparation.
- Nous avons de la patina de concombre, de laitue, mais si tu préfères du fromage, du vin…
- Deux plats, le coupa Esca avec assurance, un de concombre et un de laitue.
- Bien ! S'exclama le Romain sans se vexer. Metius ! Une patina de concombre et une de laitue ! Répéta-t-il à tue-tête avec un immense sourire.
Metius ne s'était pas tourné au son de sa voix. Cela ne l'étonnait pas, il ne lui avait quasiment jamais parlé, il ne connaissait tout simplement pas le son de sa voix. Mais, quand il se tourna en tendant le premier plat à son chef, il le découvrit enfin. Son regard rencontra le sien, il lui fallut quelques instants pour reconnaître son visage. Mais quand cela fut le cas, la surprise s'inscrivit sur son visage et Esca ne put retenir un sourire quand il vit sa stupeur. Metius le détailla de haut en bas, il portait la tunique pour les bains et tenait dans ses mains l'argent pour manger…
- Metius ! S'exclama le vendeur en lui donnant un coup de coude, rude. Mais qu'est-ce que tu fais ? ! Au travail, fit-il avec mépris.
Le ton devenu colérique sonnait plus juste dans la bouche de cet homme et son visage reflétait la méchanceté dont il était capable.
Cela secoua Metius aussi sûrement qu'un coup de bâton dont cet homme avait certainement dû user avec lui. Il lui suffisait maintenant d'élever la voix pour en avoir les mêmes effets. Esca vit ses épaules se baisser, il se ratatina tout en préparant le second plat. Il avait tout perdu, sa boulangerie, ses économies et il venait de rencontrer son esclave celte, libre. Ce n'était pas le cas, mais cette petite rétorsion faisait du bien à Esca. Une petite compensation pour le mal qu'il lui avait fait. Il ne croisa plus son regard.
- Vous n'avez pas de pain ? Demanda Esca en payant l'homme.
- Siiiii ! Metius en prépare de délicieux.
- Je n'en doute pas.
Il repartit le cœur léger vers Marcus.
- Ce serait vraiment idiot de se baigner le ventre vide, marmonna ce dernier en attrapant la patina de laitue ainsi que son argent. Je me demande vraiment à quoi tu pensais, le réprimande-t-il gentiment. C'est important. Je sais que tu ne comprends pas, mais c'est important. Tâche d'avoir du respect. Et pioche dans mon plat si tu préfères la laitue au concombre, ajouta Marcus alors qu'Esca allait répondre. Maintenant, mange.


Alors, lecteur, qu'en penses-tu ? !
Il y aura une troisième partie, je n'en ai pas fini avec les bains !
A bientôt pour la suite et merci d'avoir lu.