Rien qu'au titre du chapitre je vous voie déjà venir. Je préfère vous le préciser, ce n'est rien de ce que vous pouvez croire. Enfin si mais ne vous faites pas de douce illusion! Pour aujourd'hui je vous prévois deux chapitres (celui là est compris dans le lot^^) et j'attends alors un commentaire de votre part pour lancer la suite.

Alors comme ça vous devenez exigeant? Mouahaha ne vous en faites pas je saurais vous calmer à ma façon (mode sadique on).

En attendant, prenez plaisir dans ce long chapitre de 4,834 mots et attendez la suite avec impatience, vous allez regretter d'avoir exigé davantage mouahaha.

*conscience* je te ferai remarquer qu'elles sont au moins cinq et que tu es toute seule, alors si tu ne leurs postes que ce chapitre et "le" prochain chapitre, elles vont t'envoyer des menaces de mort!

La conscience tu la fermes! Je suis l'écrivain, je maîtrise tout mouahahaaha!!!

Plus sérieusement, merci beaucoup pour vos commentaires et je suis ravi d'apprendre que l'humour dérisoire de Kumiko vous plaise. Dans ce chapitre vous allez certainement en apprendre plus sur les sentiments de Sesshomaru, enfin si vous lisez bien. Le titre a plusieurs sens alors à vous de les trouver!

Bonne lecture et à (très) bientôt.

Peut être Toi

Chapitre 33 : Sentiments

Nous longeâmes la bordure de la forêt, rapide et silencieux tel des meurtriers en fuite. Sauf que nous n'avions pas fait grand-chose à part nous défendre, mais nous étions considéré ainsi par le Clan du Dragon. Un drôle de clan d'ailleurs. Si l'on devait s'en référer au rumeur, leur chef serait doté d'une puissance phénoménal et aurait terrasser le taiyoukai seigneur de l'Ouest en un coup seulement.

Petit hic toutefois, le seigneur des terres de l'Ouest ne m'avait pas quitté d'une semelle depuis les deux mois de mon traumatisme alors comment a-t-il pu être vaincu ?

Réponse simple : la rumeur est utilisée pour soumettre les terres de l'ouest à un véritable chaos afin de mieux régner. Mais qui était donc ce chef ?

Allez savoir, le seul qui pourrait nous en informer serait Kotetsu, mais il était trop occupé à chercher sa route parmi les frondaisons ombragées de la tombée de la nuit. Parce que oui nous avons voyagé durant toute la journée sans aucun arrêt, sans manger ni boire, et Hikari était totalement épuisé. Alors pour préférer l'efficacité à l'indiscrétion, nous avions convenu à une marche silencieuse dans les fourrées sans perdre l'orée de la forêt en cas d'attaque.

Kotetsu s'arrêta et marmonna dans sa barbe. Je m'arrêtai à mon tour et demandai :

« -Dit, tu sais où l'on va au moins ?

-Bien sûr ! Mais ça fait si longtemps que je ne suis pas venu dans ces contrées…

-Ton village est dans les environs ? M'enquis-je histoire de me rassurer qu'il s'agisse bien de ce village.

-Oui, et de mémoire il y a une Miko dans ce village alors elle pourra nous protéger.

-Je n'en suis pas si sûre, murmurai-je si bien que seul Sesshomaru ait pu m'entendre. »

Ce dernier restait silencieux depuis notre détour. Apparemment la situation ne le plaisait guère mais il s'en contentait. Curieuse, je m'approchais de lui, un peu gênée surtout que mon dernier acte le concernant se résumait en une gifle mémorable.

« -Quel effet cela vous fait de voir que tous prétende à votre chute ?

-Ce ne sont que des imbéciles, répondit-il froidement, des imbéciles ignorant et faibles.

-Je suppose que celui qui a balancé cette rumeur avait de bonnes raisons…

-La mort est la seule raison qu'il récoltera de ce mensonge.

-Ah, vous ne semblez pas apprécier les mensonges, remarquais-je histoire de détendre l'atmosphère.

-Encore moins que l'insolence, ajouta-il en posant un regard accusateur sur moi.

-Vous m'en voulez toujours n'est-ce pas, ricanais-je sans grande joie.

-Tes excuses ne changeront pas la punition que tu en subiras.

-Je ne comptais pas m'excuser, rétorquais-je acide, juste connaître vos ressentiments vis-à-vis de ce geste. J'accepterais volontiers n'importe quel châtiment pour avoir levé la main sur le seigneur des terres de l'ouest, mais je ne regrette pas d'avoir frappé l'homme que vous êtes.

-Que dois-je y comprendre ? Demanda-t-il en haussant le ton. »

Je m'arrêtai et le regardai sérieuse et quelque peu écoeurant en évoquant son acte barbare dans ma mémoire.

« -La vie doit être respectée, qu'importe qu'elle concerne des hommes ou non, m'expliquais-je, que vous les massacriez parce qu'ils sont pourris jusqu'à la moelle je le veux bien, que vous les massacriez parce qu'ils ont attentés à la vie d'autrui je le veux bien, mais que vous les massacriez simplement parce que se sont de faibles humains stupides, je ne peux l'accepter.

-Vraiment ? Et que tu puisses accepté ou pas en quoi cela me concerne ? »

Je m'arrêtai encore une fois frappé par ses paroles. Je le regardai en me mordant la lèvre inférieure car je sentais venir les larmes mais je préférais encaisser le coup et enfermer à triple tour dans mon cœur ses sentiments qui ne devraient pas être.

Plus maîtrisée et plus calme je répondis :

« -C'est vrai, qu'elle idiote, j'avais oublié que pour le grand Sesshomaru, il n'y a que son petit confort personnel qui passe, les autres ne sont rien de moins que de la poussière. Navrée d'avoir cru. »

Je partis piquée au vif par mes propres paroles, bien trop stupide à mon goût. Non mais quelle idiote j'ai été ! Croire que Sesshomaru pouvait avoir un cœur et de la compassion ?

Je partis en avant, fulminant de rage intérieure de ma propre bêtise.

Tenter de raisonné, tenter de faire comprendre à un abruti fini depuis des siècles qu'en agissant ainsi il me blessait, alors qu'en fait il n'en a rien à foutre.

Je me suis encore une fois fait des films et tout ça à cause de ce sentiment stupide qu'on appelait de l'amour…

Je vis Hikari presser le pas tout en reniflant de dédain en passant devant Sesshomaru et il vint juste à mes côtés, passant son cou sous mon aisselle et demandant des câlins.

J'entendis Kotetsu passer devant Sesshomaru et se permettre :

« -Vous avez beau prétendre être un seigneur de guerre dont la puissance est intouchable, vous êtes le plus grand des débutants en matière de sentiment. »

Puis il vint à mes côtés et à trois nous ignorâmes totalement le taiyoukai qui de toutes façons s'en moqueraient bien.

Et même si une petite partie de ma conscience eut pitié de sa solitude en cet instant, la fureur de ses propres paroles écrasa cette petite conscience comme une punaise et mes pensées ne furent plus que fulmination et exaspération.

Quand enfin Kotetsu sembla retrouver son chemin, se fut à quelques kilomètres de la colline du village.

Moi aussi je m'en souvins et mon cœur se balança d'angoisse en pensant que peut être…les villageois et tous penseront que je les aie abandonné…

Suivant ma route tout en serrant les poings, il ne nous fallut guère plus de quelques dizaines de minutes pour atteindre l'entrée du village.

Plusieurs hommes et femmes se rassemblèrent en celui-ci et quand Kotetsu les salua d'un petit sourire, ils laissèrent échapper des cris et des soupirs de soulagement.

Plusieurs personnes vinrent se jeter au cou de Kotetsu, d'autres lui claquèrent le dos en mâle viril qu'ils étaient, les femmes se jetaient sur lui et l'enlaçaient, les enfants dansaient autour de lui et tous s'arrêtèrent quand Takeru et Reiko arrivèrent.

Le silence s'installa et tous regardèrent le chef du village s'avancer :

« -Cela fait bien longtemps que tu es parti Kotetsu, fit ce dernier en l'embrassant tendrement sur les joues et en le prenant par les épaules. Quel grand homme tu es devenu…

-Takeru-sama, soupira Kotetsu, quel bonheur de voir que vous allez tous bien, vous m'avez beaucoup manqué…

-Ta présence nous a aussi beaucoup manqué Kotetsu, intervint alors Reiko en s'avançant et en embrassant le front du samouraï, ton insolence aussi. Que viens-tu donc faire en cette nuit terrible ?

-Toujours aussi impatiente Reiko-kun, rétorqua Takeru, il vient de faire un long voyage et déjà tu le soumets à ton terrible questionnement…

-La prudence est mère de sûreté de nos jours Takeru-sama, vous devriez le savoir depuis le temps. Même s'il s'agit d'un de nos enfants, la pire des catastrophes peut arriver.

-C'est vrai je le reconnais.

-Reiko-sama a raison, reconnut Kotetsu, j'ai voyagé de loin pour trouver refuge en attendant d'attaquer l'ennemi qui monopolise le domaine seigneurial.

-Depuis quand te mêles-tu des affaires des youkais Kotetsu ? S'enquit Reiko.

-Depuis que les youkais attaquent et pillent les villages, tuent les marchands, violent les femmes, répondit ce dernier.

-Tu es fou d'y aller seul ! S'exclama le forgeron.

-Je ne suis pas seul ! S'écria-t-il pour se défendre. J'ai avec moi une Miko et le prétendu seigneur des lieux ! »

Sur ce il s'effaça et tous me scrutèrent en retenant leur souffle. Reiko, dont le visage était gonflé par la surprise, s'approcha de moi et ses vieilles mains ridées se posèrent sur mes joues.

Elle retira quelques mèches, étira ma peau, baissa la tête et la releva plusieurs fois avant de s'exclamer le souffle presque absent :

« -Kumiko-chan…

-Reiko-sama…, murmurais-je sentant les larmes monter aux yeux.

-Par tous les esprits du monde, Kumiko-chan c'est vraiment toi ? Oh mon enfant... »

Elle m'enlaça alors et tous les villageois se précipitèrent à ma rencontre, plus joyeux et surpris que par le retour de Kotetsu. Ce dernier d'ailleurs, plus surpris que les autres, s'approcha de Takeru qui regardait la scène avec tendresse :

« -Kumiko-sama est de ce village ?

-Il y a quelques temps déjà, nous l'avons recueillie alors qu'elle n'avait nulle part où aller. Elle s'est découvert des dons de miko et a apprit de Reiko-sama son art, du moins l'essentielle.

-Je ne le savais pas, alors elle aussi elle vient de ce village…ça arrange les choses en fin de compte.

-Pourquoi es-tu revenu Kotetsu ? Demanda le vieux plus sombre. »

Tous s'arrêtèrent dans les embrassades et les visages de joie se transformèrent en visages sombres ou gênés. Puis Reiko s'avança vers Sesshomaru et le toisa quelques secondes avant de s'incliner :

« -Vous êtes le bienvenu dans ce village seigneur youkai.

-Alors c'est vraiment lui ? S'étonna Kotetsu. C'est vraiment le seigneur des terres de l'ouest ?

-En effet, d'aussi loin que remonte ma pauvre mémoire d'humaine, c'est bel et bien le seigneur des terres de l'ouest, reconnut Reiko.

-D'accord j'admets ma défaite, je ne peux que vous croire. »

On nous mena vers la cabane de Reiko et on nous servit nourriture et boisson. A cause de la fatigue du voyage, je n'étais guère encline à répondre aux nombreuses questions que l'on me posait mais je promettais de tout raconter le lendemain.

Alors on céda la parole à Kotetsu qui se chargea de résumer à peu près son fameux voyage…que je n'entendis pas du tout car la fatigue me gagna et mes paupières se refermèrent toutes seules.

Je me retrouvais dans une grande pièce, en kimono luxueux à boire du thé, seule en appréciant la petite brise qui venait de l'Ouest.

Mes cheveux se balançaient au rythme de ma respiration et mon cœur battait lentement, comme au rythme d'une pause matinal au seuil du printemps devant une petite clairière boisée.

Puis la porte s'ouvrit lentement et une ombre apparut, d'abord flou, puis prenant plus la forme d'un être humain pour finalement arrêté en la forme d'un homme.

Il se tenait à genoux, front baissé et en sueur, et sa respiration sifflante et irrégulière témoignait d'un mal être important.

En regardant plus en détail, je vis du sang s'écouler d'une plaie béante au niveau du ventre, plaie qu'il tenait de son bras gauche tandis qu'il tentait de se redresser de son bras droit.

Puis il leva sa tête et nos regards se croisèrent…sans qu'il n'y réagisse.

Il se releva et s'avança jusqu'à l'opposé de la pièce, s'approchant toujours plus d'un coin isolé où de grands rideaux dissimulaient ce qui s'y cachait derrière.

Je voulus poser ma tasse de thé, mais quand mon regard se détourna de l'homme, je ne tenais alors plus rien dans mes mains et la table avait été remplacée par un tapis luxueux. Puis l'homme tira le rideau et une femme couchée apparut à ma vision : elle était d'une grande beauté, les cheveux longs et noirs éparpillés tout autour de son corps, son visage lisse et parfait était en sueur et ses yeux d'un noir profond cherchaient dans son délire la lumière salvatrice.

Quand enfin son regard croisa celui de l'homme et s'arrêta et admira son visage tout en levant la main pour toucher sa joue.

« -Mon aimé, murmura-t-elle d'une voix mélodieuse, mon tendre amant, que serait ma vie sans toi…

-Emi, ma tendre, tenez bon, je…je connais un bon docteur…il…

-Kotetsu-sama, soupira-t-elle, s'il vous plait ne dites rien. Ma vie n'aurait été que tourment et souffrance sans vous…sans votre douceur et votre générosité. J'ai été heureuse en votre compagnie, ne regrettez pas s'il vous plait…

-Non…mon aimée restez avec moi…ils…les rebelles vont détruire ce château et nous pourrons alors vivre heureux et loin de la tyrannie du Clan du Dragon…

-Nous ne saurions supporter un si long voyage, soupira-t-elle, alors quitte à choisir, prenez le, prenez notre enfant et partez ensemble.

-Non, jamais je ne vous abandonnerai !

-Kotetsu-sama, ma vie touche à sa fin, je vous en supplie…promettez moi que vous prendrez soin de mon enfant, de notre enfant.

-Emi-sama, ma douce Emi ne me laissez pas seul…, pleura-t-il.

-Kotetsu-sama, sanglota-t-elle, je ne vous laisserai jamais seule, je suis et demeurerai à jamais à vos côtés, dans l'amour et dans le cœur de cet enfant…par pitié Kotetsu-sama, vous êtes ma seule raison d'y croire, d'espérer. Il est votre fils, il est mon sang et ma chair et travers lui je vous aimerai éternellement.

-Emi-sama…

-Promettez moi, gémit-elle en se convulsant de douleur, s'il vous plait mon aimé…

-Sur mon honneur je jure que je protégerai cet enfant, sa vie, je l'aimerai comme je vous aime aujourd'hui ma douce.

-Merci mon aimé, je vous attendrai là-bas, là où nous pourrons nous aimer sans craindre le Clan du Dragon…

-Reposez en paix désormais.

-Kotetsu-sama, fit-elle en inspirant profondément.

-Oui ?

-Une dernière faveur.

-Tout ce que vous voudrez !

-Cet enfant, je veux qu'il porte votre nom, et que ses enfants portent ce même nom, pour toujours…

-Il en sera fait selon vos désirs mon aimée.

-Je vous aime, soupira-t-elle en fermant les yeux.

-Moi aussi ma douce, moi aussi je vous aimais. »

Puis la main de la jeune femme tomba sur le sol, qui vibra. J'eu l'impression qu'un rocher s'écroulait sur le sol et que le monde s'était effondré. Pourtant je n'étais que spectatrice de la scène, et je ne connaissais ces gens ni d'Eve ni d'Adam. Mais le désespoir de cet homme, sa tristesse incurable, la perte de son aimée ainsi, de cette façon, la situation…tout en ce rêve me fit pleurer.

Je voyais parfaitement l'amour qui se dégageait de cet homme, son dévouement pour l'être aimé, son attachement à ce qui était et ce qui n'était plus…

Il pleura, longtemps, penché au dessus de celle qu'il aimait plus que tout, de celle qui avait dû être le soleil de sa vie.

Il la prit dans ses bras et se berça avec, inspirant profondément son odeur qu'il ne voulait pour rien au monde oublier, caressant ses cheveux dont le touché lui serait plus tard considéré comme la plus belle chose au monde que sa peau aurait ressenti…

Puis il poussa le hurlement le plus dur et le plus douloureux que j'eu pu entendre de toute ma petite vie.

Un hurlement non de douleur, mais un hurlement de chagrin, les plus horribles et les plus difficiles à soigner.

Ce cri réveilla l'enfant qui se tenait plus loin, dans un berceau fait de soie et d'ivoire. Il pleurait, peut être savait-il qu'il avait perdu sa mère, ou peut être compatissait-il au chagrin de son père.

L'homme se releva de toute la fierté qui faisait de lui un samouraï et s'approcha de l'enfant.

Il le prit dans ses bras et l'attacha tout autour de son poitrail, en serrant bien fort le tissu qui maintenait l'enfant.

Il le regarda un instant et le rassura :

« -Je ne t'abandonnerai jamais mon fils, tu deviendras un grand guerrier et tu honoreras le désir de ta mère en portant le nom de Kotetsu et en te battant contre le Clan du Dragon ! »

Puis il disparut de la pièce et l'image d'un homme faisant dos à son chagrin et à son amour perdu se brisa pour laisser place au silence et au noir.

La caresse du vent sur mon visage me ramena à la liberté et mes paupières s'ouvrirent doucement, accueillant la fraîcheur de la matinée avec soulagement. J'avais souvent rêvé des choses tristes, mais de toutes cette dernière avait été la plus…terrible.

Etais-ce le passé de Kotetsu ? Son avenir ? En y réfléchissant bien je ne le connaissais que depuis peu et puis il ne m'avait pas parut si triste que ça. Je savais maintenant qu'il était digne de confiance et qu'en dépit des apparences, il cachait un grand secret. Puis je me souvins des paroles de l'homme et je compris que le but premier de Kotetsu était de réclamer vengeance auprès du Clan du Dragon. Quand à savoir la raison de tout ça…

Je me levai, enfilai des vêtements et sortis lentement de la cabane de Reiko. Il n'y avait personne mais j'entendais des voix à l'extérieur, des voix que je reconnus comme étant celles de Takeru, Reiko et Kotetsu :

« -Alors comme ça tu es revenu pour ta vengeance, soupira Takeru, tu sais que la haine ne mène qu'à la haine…

-Je le sais Takeru-sama mais je ne peux pas me défiler, je ne veux pas que mon père pense que je suis un lâche, je veux respecter le serment !

-Takeru-sama, intervint Reiko, je pense que nous devrions entendre l'avis de Kumiko, peut être saura-t-elle te faire entendre raison. »

A croire que cette bonne femme savait tout de moi depuis le début. Je sortis de la cabane non honteuse du tout et rejoignis le petit groupe qui regardait les rizières du haut de la colline.

« -Je me doutais bien que tu t'étais réveillée jeune fille et écouter aux portes n'est pas une bonne manière, gronda Reiko gentiment.

-Pardonnez moi, fis-je en souriant, mais vos remarques acides m'ont manqués.

-Tu es pardonné jeune fille, répondit Takeru, d'ailleurs nous avions besoin de ton avis.

-Concernant le serment qu'ont fait les Kotetsu jurant de venger la mort d'Emi-sama auprès du Clan du Dragon ?

-Impossible ! Se releva alors brutalement Kotetsu, comment connais-tu ce nom ? Personne ici ne le connaît ! Qui es-tu ? Une espionne ? »

Takeru le prit par les épaules et l'ordonna de se calmer et de laisser la fureur et la colère pour les guerriers du Clan du Dragon.

« -Je suis désolée, ajoutai-je hâtivement, j'ai conscience de me mêler de ce qui ne me regarde pas seulement… »

Je serrai les poings ne trouvant pas les mots pour décrire ce que je ressentais. J'avais fait un rêve que je n'aurais jamais dû ! C'était comme faire du voyeurisme, c'était si honteux et si désagréable…

D'un autre côté si l'histoire s'était montrée à moi, c'était peut être parce qu'elle attendait quelque chose de moi, quelque chose que moi seule pouvait apporter.

Alors j'inspirai profondément et racontai mon rêve dans les moindres détails, expliquant même ma propre tristesse sur la fin.

Kotetsu blêmit au fut et à mesure et il dut s'assoire pour ne pas perdre la face. Pour sûr il était choqué, même lui ignorait comment tout cela c'était passé :

« -Ce que tu m'as raconté…je l'ignorais, fit-il tristement.

-Ce n'était peut être pas plus mal, affirmais-je, après tout, ta mère voulait que tu aies une vie heureuse et une enfance tranquille, car tu es le fruit de leurs amours. Tu ne peux pas en vouloir à ton père de ne pas t'avoir raconter les détails douloureux de ton enfance, car il voulait avant tout te préserver d'un passé qui allait de toute façon te rattraper un jour ou l'autre. Je suppose qu'il espérait que le moment venu, tu sois assez fort pour porter le nom des Kotetsu et puisse faire ce que lui-même n'a pas accompli. »

Le silence s'installa. Reiko s'approcha de moi et posa doucement une main sur mon épaule :

« -Tu as beaucoup changé depuis ton départ soudain, remarqua-t-elle, tu as dû certainement vivre des moments douloureux et d'autres plus joyeux. J'aimerais que tu me racontes tout cela autour d'un bon thé, veux-tu ?

-Reiko-sama…je ne suis pas certaine que…

-Moi je veux savoir, intervint Takeru, après tout tu es une fille du village désormais.

-Moi aussi je suis curieux, fit alors une voix froide. »

Tous se retournèrent subitement et regardèrent méfiant Sesshomaru qui se tenait contre un arbre. Depuis il est là celui là ? Pensais-je.

Quelle importance de toute façon.

Alors nous rentrâmes tous dans la cabane de Reiko (même Kotetsu dont mes dons l'avaient intrigués) et nous nous installâmes en cercle autour du feu, sauf Sesshomaru qui préférait rester en retraite. Pourquoi se mêler au commun des mortelles quand on était bien au-delà de tout ça ?

Quand Reiko eut servi tout le monde, elle revint s'assoire :

« -Bien, maintenant Kumiko, j'aimerais savoir ce qu'il t'est arrivé depuis la mort de Saiji. »

Ce fut une longue narration. Je racontai tout ce qui me passait par la tête, de ma capture par des brigands, ma fuite, ma re-capture par Makoto-sama, ma tentative d'évasion échoué à cause de Sesshomaru, ma captivité dans le débarras, ma fuite, ma rencontre avec Kikyô, la miko, la trahison du chef du village, mon errance jusqu'au village d'Inuyasha, puis mon départ, le combat contre Genbaru, le retour dans le domaine seigneurial de l'ouest, ma confrontation avec Sesshomaru, le soi-disant voyage, les Lamias, le combat contre Shenryu.

Reiko dû servir d'autres tasses de thé tant la narration durait. J'essayais de ne rien oublier, de tout mettre, toutes mes émotions, mes ressentis, ma haine, ma colère, ma détermination, ma révolte, les pouvoirs que j'obtenais, le départ de Kikyô, puis j'en vins à l'île des captifs.

Reiko savait de quoi il s'agissait car quand je racontais que j'avais été capturée et emmenée sur cette île elle pâlit et me redemanda plusieurs fois si cela était vrai.

Lui assurant les faits, je poursuivis ma narration, tout en décrivant les types de torture que j'avais subis, les souffrances causées, les traumatismes qui me marqueraient à jamais.

Sentant d'ailleurs le souvenir devenir plus oppressant, je me sentis un moment défaillir. Mais Hikari débarqua soudainement et s'installa juste derrière moi, me soutenant du mieux qu'il pouvait. Sa présence me réconforta et j'inspirai profondément avant de raconter la suite. Comment Sesshomaru m'avait sauvé, comment il avait fait en sorte que je guérisse, le sang de loup, les loups géants attaquant le village d'Inuyasha, ma transformation, le départ, la rencontre avec l'élite du Clan du Dragon, la rencontre avec Hikari puis celle avec Kotetsu pour finir ici :

« -Au final, nous avons préféré nous réfugier quelques temps dans un village avoisinant avant de passer à l'attaque et de récupérer le domaine seigneurial. »

Je me tus. Silence.

Certes cela en faisait des choses à accumuler et il fallait certainement du temps pour tout enregistrer.

Sesshomaru fut le premier à réagir et se leva pour sortir. Kotetsu fut le deuxième et s'avança vers moi :

« -Tu es incroyable Kumiko-chan ! S'émerveilla-t-il, après tout ce que tu as vécu tu restes fidèle à toi-même ! Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour te libérer du joug tyrannique de ce tyran !

-J'attends de voir ça, rétorqua Sesshomaru en faisant craquer ses doigts l'air menaçant. Je suis le seul à décider de sa liberté. »

Puis il sortit de la cabane et l'atmosphère un peu trop tendue se libéra. Kotetsu soupira légèrement et je ricanai intérieurement en me demandait comment il comptait s'y prendre pour me libérer de Sesshomaru, alors que même moi je ne le voulais pas.

« -Et bien quelle histoire, fit alors Takeru, je suis moi-même surpris de te voir en si bonne forme.

-Je n'ai pas fait grand-chose vous savez, déclarais-je, Sesshomaru a fait beaucoup plus.

-En attendant c'est toi qui a souffert Kumiko, précisa Reiko, ne sous-estime pas l'exploit que tu as accompli. »

Sur ces mots, Takeru prit Kotetsu par le bras et prétextant rattraper du bon temps, il quitta à son tour, me laissant seule avec Reiko et Hikari.

Reiko rangea les tasses et commença à les laver tout en poursuivant la discussion :

« -Tu ne comptes pas demeurer une Miko n'est-ce pas ?

-P…pourquoi dites vous cela, M'empourprais-je devant tant de perspicacité. »

Elle se retourna et me sourit tendrement. Pendant quelques secondes je vis les traits d'une belle femme jeune et douce, la femme que Reiko avait été autrefois…

« -Je suis passée par là avant toi jeune fille, je sais donc ce que tu ressens envers qui et pour qui…

-Suis-je donc si facile à déchiffrer ? Soupirais-je, moi qui croyais avoir fait des efforts…

-Tu as fait des efforts plus qu'admirable mon enfant, et même si une partie de toi n'est plus, tu restes encore humaine dans ton cœur et c'est l'essentiel. Les pouvoirs de miko te seront bientôt inutile face aux pouvoirs que te donne le sang des youkais.

-Ce même sang qui m'effraie tellement…

-Tu n'as pas à en avoir peur, le tout est de savoir le contrôler. Après tout tu fus une Miko, le contrôle de soi est une chose que tu fais sans le remarquer…

-C'est vrai…il n'y a que les sentiments que je ne contrôle pas…

-Et heureusement pour nous autres humains, ajouta-t-elle. Ah ma petite Kumiko, ton cœur bat pour quelqu'un de bien étrange…

-Vous savez déjà de qui il s'agit, seulement ce n'est que temporaire.

-Temporaire ? Pourquoi donc ?

-Avec le temps j'arriverais à étouffer ce sentiment et à rester de marbre avec…

-Pourquoi le faire ?

-Reiko-sama vous rendez vous compte que mon cœur bat pour lui ? Savez vous ce que cela implique ? Je ne peux pas laisser ce sentiment s'épanouir, je ne ferais qu'en souffrir inutilement…

-L'amour n'est jamais inutile, il peut conduire à de la souffrance c'est vrai, mais l'amour est l'une des plus belles choses que la nature nous ai donné, fit-elle en essuyant les tasses avec un torchon. Le rejeter, c'est se rejeter soi-même, l'enfouir dans son cœur c'est s'abandonner au malheur.

-Mais…

-Qu'importe l'être pour qui bat ton cœur, l'important c'est qu'il bat point final. Même le pire des êtres humains aura toujours quelqu'un pour qui le cœur bat et cela ne changera en rien les actes, même si ton cœur bat pour le plus impénétrable des hommes, l'important c'est qu'il bat et qu'il demeure ainsi.

-Que devrais-je faire alors ?

-Ecouter ce que ton cœur te murmure, accorder le temps à ce dernier de s'épanouir, laisser les choses se faire telles que la nature les a faites. Si ton cœur bat pour lui, alors tu dois apprendre le pourquoi et agir en conséquence.

-Cela ne m'avance pas…

-Sesshomaru est quelqu'un de très renfermé et difficilement lisible. De toute ma vie je n'ai jamais vu pareil homme. Toi tu es une petite fleur fraîche et joyeuse dont le premier imbécile peut lire les sentiments et les émotions s'il prend la peine de regarder attentivement.

-Merci de la remarque, soupirais-je. Je suppose que je suis grillée depuis longtemps.

-Sesshomaru lui ne regarde pas les gens attentivement, parce qu'il est trop attentif et trop concentré sur ce qui l'entoure. Il a certainement vécu des siècles ainsi, sur ces gardes et n'a par conséquent jamais eu à être soi-même.

-En un sens cela peut expliquer pourquoi il est toujours aussi froid.

-Et puis il a dû grandir parmi la noblesse et les complots, devenir grand et fort rapidement pour tenir tête à des adversaires bien plus âgés, rechercher toujours le pouvoir et la puissance ailleurs…

-C'est triste, remarquais-je, c'est si triste.

-Tu ne te rends pas compte Kumiko-chan, mais tu agis sur lui comme un véritable calmant. Tu apparais dans sa vie comme de rien, naturelle et sincère, tu dis tout haut ce que tu penses, tu n'as rien à cacher…

-Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle… »

Je me souvins alors d'une phrase que j'avais dite et d'une réponse qu'il m'avait fournie et que je n'avais pas comprise.

« - Je ne comprenais pas pourquoi j'avais le droit à de tels privilèges, alors que je pensais n'avoir rien accomplie de particulier ou d'extraordinaire.

-Et qu'a-t-il répondu ?

-Tu te trompes…

-Et comprends-tu maintenant pourquoi ?

-Aurais-je été la seule à être ainsi avec lui ?

-Connais tu d'autres personnes qui l'ont été ?

-Pas vraiment…, affirmais-je en baissant la tête, je suis si stupide parfois…

-Cette stupidité montre qu'au moins tu es toi, tu ne te caches pas derrière un masque. En venant ici tu désirais être une autre personne que celle que tu étais dans ton monde. Personnellement je n'ai pas compris pourquoi tu désirais autant changé, alors que tu étais déjà quelqu'un d'incroyable…

-Peut être que je cherchais à m'en rendre compte par moi-même, aujourd'hui encore je ne trouve pas que j'ai accompli de grandes choses…mais je commence à comprendre que l'on ne voit jamais ce que l'on est vraiment et qu'on a tendance à se voir comme quelqu'un de lamentable, sans qualité…

-Au moins tu commences à te rendre compte des tiennes de qualité, maintenant file donc dehors j'ai des choses à faire. Et puis, ne laisse pas trop le seigneur traîner dans les rues, il pourrait se perdre. »

Sur ces dernières paroles, qui me firent éclater de rire au passage, je sortis avec Hikaru à la recherche de Sesshomaru. Je savais parfaitement qu'il avait quitté le village et je savais exactement où le trouver…