On ne lâche rien, on continue ! Méchant Itachi ou gentil Itachi ? La réponse arrive ...

Bonne lecture et merci pour les reviews, ça fait du bien de voir que vous vous accrochez ^^

Disclaimer : Les personnages et le monde de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto. Je ne gagne aucun centime avec leur utilisation, juste le plaisir d'écrire.


37 - La vérité ou la mort

Sans quitter mon frère des yeux, je tends prudemment la main vers ma cuisse et ouvre lentement la sacoche qui y est attachée. L'homme en face de moi soupire impatiemment en suivant mon geste des yeux, agacé par ma lenteur.

- Alors comme ça tu es végétarien ?

- Non, juste une drôle d'histoire avec un lapin…

Je sors un petit paquet entouré d'une ficelle bleue, le dépose sur la table et le pousse légèrement vers lui.

- Tu as de quoi faire à boire ici ?

- Bien sûr. Thé ?

- Avec plaisir.

Itachi se relève alors et va s'affairer dans les placards derrière moi. Je sens de temps en temps son regard se poser sur mon dos que je lui présente impunément. Il aurait le loisir de me tuer cent fois sans que je n'aie le temps de bouger le moindre doigt, mais je m'accroche à cette impression qui m'a submergé lorsqu'il est apparu derrière moi, au temple. Je ressens encore la morsure du kunai sur ma jugulaire et la goutte de sang qui a séché sur mon cou, mais je ne me suis jamais senti en danger. Mon instinct ne m'a jamais hurlé que cet homme m'était néfaste et il semblerait qu'une fois de plus, il ait eu raison puisque je suis toujours en vie.

Je profite qu'il soit assez loin de moi pour sortir également le parchemin de scellement de Naruto que j'ai pris avec moi, et le pose à côté du petit paquet.

Quelques instants plus tard, une théière et deux tasses fumantes ont rejoint mon paquet et mon parchemin sur le plateau de la table. Itachi s'est réinstallé en face de moi et son regard est vissé sur moi. Je remarque alors qu'il n'a toujours pas retiré ses Sharingans.

- Je ne vais pas t'attaquer, tu sais.

- C'est une habitude pour moi, comme camoufler ton chakra pour toi, il me semble.

- Effectivement. Mais ça n'a pas suffi pour que tu ne me repères pas.

- Le temple est entièrement piégé. Tu as rompu un fil de chakra lorsque tu es rentré dans la pièce où je me trouvais, te localiser fut ensuite un jeu d'enfant. L'illusion des ténèbres ne fonctionne pas sur celui qui la lance.

- L'illusion des ténèbres ?

Un doux sourire me répond. Cette obscurité dans le temple … c'était un genjutsu … Y'a pas à dire, t'es trop con mon pauvre Sasuke de ne pas y avoir pensé ... Puis, pour la première fois, je retrouve son regard aussi sombre que le mien. Je pousse de nouveau le paquet vers lui.

- Une bombe ?

C'est à mon tour de sourire.

- Je dirais plus une forme de pot-de-vin.

- Tu veux acheter ta vie avec ce paquet ?

- Ce serait plutôt pour acheter des réponses à mes questions. Ma vie n'a guère d'importance.

- Tu es bien cynique …

Il tend la main vers le paquet et commence à défaire la ficelle bleue qui l'entoure. Un léger regard vers moi, et il entrouvre prudemment les deux côtés de l'emballage. Son masque imperturbable se fendille alors légèrement. Ses sourcils se soulèvent et ses yeux semblent s'agrandir tandis qu'une faible lueur de convoitise les réchauffe.

- Ils ne sont pas de Konoha, mais j'en ai goûté hier, ils ne sont pas mauvais. Tu les aimes toujours ?

- Ils sont empoisonnés ?

Je lève les yeux au ciel, tends la main et attrape l'une des petites boules qui était enfilée sur un petit bâtonnet en bois. Je la porte à mes lèvres, et mord délicatement dedans. Le regard d' Itachi ne me quitte pas une seconde. La petite boule rose engloutie, je tends la main pour attraper la suivante, la blanche … mais il tire rapidement le paquet hors de ma portée pour protéger ses précieux dangos. Sa réaction enfantine me fait éclater de rire et me renvoie de nombreuses années en arrière, dans un temps révolu où nous étions, lui et moi, heureux en famille.

- Je suis dans un genjutsu ?

- Quoi ?

- Tu m'as lancé un genjutsu ? Mon véritable frère ne rirait pas de cette manière, et certainement pas face à moi.

- Aucun genjutsu. Et je suis bien Uchiha Sasuke de Konoha. Tu veux une preuve ? Laisse-moi réfléchir … Lorsque nous étions enfants et que le temps était à l'orage, je venais me glisser dans ton lit. Tu détestais ça parce que j'avais les pieds glacés et que je me débrouillais toujours pour m'enrouler dans tes cheveux que j'utilisais comme couverture. Mais au matin, Maman nous trouvait toujours enlacés, mon corps sur le tien, et profondément endormis.

- Tu te souviens de ça ? Tu étais petit …

Sa main plonge dans le paquet et je le vois fermer les yeux de délice lorsque ses dents se referment sur sa friandise préférée.

- J'ai eu le temps de ressasser mes souvenirs, en dix ans.

- Comment est tu arrivé ici ?

- Je me suis souvenu de la sortie que nous avions faite avec nos parents. Depuis peu, j'ai eu des informations qui m'ont fait penser que je te trouverais ou au pays du feu, ou dans un endroit qui ait un lien avec le Clan. Cet endroit était parfait, il réunissait les deux conditions si on considère que ce temple Uchiha est construit sur des terres qui appartiennent aux Uchiha et par conséquent au pays du feu.

- Et ces hommes ?

- Ceux de la Racine. Pour faire court, disons que ce sont les méchants.

- Et toi un gentil ?

- Depuis peu, oui. Je suis de nouveau un gentil. J'ai été réintégré à Konoha.

Je me tourne légèrement pour lui montrer le bandeau qui porte l'emblème du village de la feuille qui orne mon bras.

- Pourquoi ?

- Pourquoi j'ai été réintégré ? Et bien …

- Non. Pourquoi tu es … gentil ?

Il brandit la brochette de dangos entamée pour illustrer toute l'étendue qu'il entend faire prendre au mot gentil.

- Je peux retirer ce qui est dans mon parchemin ? Ce n'est ni explosif, ni corrosif, ni quoi que ce soit de dangereux pour toi.

Il me fait un signe affirmatif de la tête. Pendant que je déroule le parchemin et effectue les signes d'extraction, je continue à lui parler.

- J'ai toujours eu le pressentiment que tu ne t'en prendrais pas à moi si on se croisait, pas sérieusement en tout cas. Tu aurais pu me tuer quand tu as tué le reste du Clan, or je suis là. C'est devenu une certitude lorsque tu as brandi ce kunai sur ma gorge tout à l'heure. Tu as été menaçant, dangereux mais tu n'as pas enfoncé la lame dans ma chair et … je suis encore là. Pourquoi m'entraîner dans cette maison pour me tuer maintenant? Ça ne rime à rien et … ça ne te ressemble pas. D'autant plus que …

Je lui tends l'ordre de mission à son nom …

- D'autant plus que tu n'as pas exterminé le Clan Uchiha, n'est-ce pas ?

Ses yeux s'agrandissent lorsqu'il lit l'entête du papier.

- Où …

- Où j'ai eu ça ? Disons que j'ai eu un emploi du temps chargé ces dernières semaines et que Konoha a quelques secrets en moins à cacher.

Je fouille encore dans le tas de papiers et en sort la lettre du Sandaime.

- Tiens, c'est pour toi. Je l'ai lue, désolé.

Il semble reconnaître l'écriture sur l'enveloppe puisqu'il se lève aussitôt qu'il a l'enveloppe entre les doigts, traverse la salle et s'assoit au pied de l'unique fenêtre de la pièce. Je me souviens de l'émotion qu'avait suscité ce courrier chez Kakashi, Naruto et surtout moi lorsque nous l'avons lu pour la première fois. Je remplis nos tasses de thé une nouvelle fois et replonge le nez dans mes documents pour lui offrir un semblant d'intimité.

Quelques minutes plus tard, c'est un Itachi impassible qui se rassoit face à moi. Il soupire longuement avant d'ouvrir la bouche.

- Tu as … autre chose ?

- Concernant le massacre ? Non. Mais c'est une bonne explication de la larme que je t'ai vu verser ce soir-là, tu ne trouves pas ?

- La … larme ? Kami-sama !

Je fixe alors très sérieusement le document qu'il tient encore entre ses mains.

- Itachi. Si je me suis trompé, si ces documents sont des faux, si tu as effectivement assassiné froidement Père et Maman, j'aimerais que tu ailles contre tes principes ou je ne sais quoi qui dirige ta vie et que tu me tues. Maintenant. Je … j'ai toujours eu ce doute en moi que je n'ai pas pu oublier … le frère que je connaissais, que j'aimais plus que tout, ne pouvait pas faire ça. Et cette larme que tu as versée … je l'ai bien vue, pas imaginée. J'ai tout fait pour faire taire cette partie de moi qui voulait croire en cette larme, mais j'ai échoué. Les documents que j'ai trouvés me poussent un peu plus à croire que j'avais raison mais si ce n'est pas la vérité, je ne veux plus affronter ça. Je ne pourrai jamais tourner la page de ce massacre avec le spectre de mon grand-frère assassin qui vole au-dessus de moi. J'ai … j'ai … un projet. Et je préfère mourir plutôt que de continuer comme ça et ne pas pouvoir le réaliser.

- Sasuke …

- J'en ai besoin, Nii-San.

Le brun aux longs cheveux ferme alors les yeux et baisse la tête.

- Sasuke …

Je me relève sans bruit et fais lentement le tour de la table. Je pose mes genoux à côté de ceux de mon frère et, rapidement, fouille dans ma sacoche pour en sortir un kunai. Rassemblant toute la douceur dont je suis capable, je pose une main sur celle de mon frère. Je la lui retourne et glisse l'arme entre ses doigts. Mus par la force de l'habitude, ils reconnaissent d'eux même le métal froid et se referment automatiquement sur le manche.

- S'il te plait, Nii-San. La vérité ou la mort.

- Pourquoi ? Pourquoi tu crois ces documents ?

- Parce que j'ai fait des choses affreuses moi aussi, et pourtant, il a toujours cru en moi. Juste parce que lui ai souri un jour alors que j'étais encore enfant. Un simple sourire lui a suffi. Des sourires de toi, j'en ai des milliers en mémoire, alors, moi aussi, je veux croire en toi.

- Le « il », c'est Naruto ?

- Comment …

- Il m'a toujours bien plu ce petit blondinet lorsque vous étiez à l'Académie.

- Quoi ? Que …

Un léger rire se fait alors entendre …

- J'y crois pas … tu rougis … mon Otouto est amoureux … je savais que ce blond arriverait à déplacer des montagnes, mais là, il a même réussi l'impossible. Vous avez déjà couché ensemble ?

- Itachi ! Mais ça ne va pas ! Qu'est-ce que … que … mais ça ne te regarde pas !

- Tu n'as pas démenti, Sasuke…

- Et … bordel ! Tout ça … c'est pour ne pas me répondre !

Mon frère se retourne alors vers la table et d'un geste violent, plante le kunai qui était encore entre ses doigts, dans le bois tendre de la table. Les yeux fixés sur l'arme, il entonne d'une voix monocorde.

- Les documents sont réels. J'ai effectivement accepté cette mission et je t'ai abandonné alors que tu avais le plus besoin de moi. J'ai rejoint l'Akatsuki avec cette réputation d'assassin de mon Clan jusqu'à la mort du Sandaime, puis j'ai quitté le groupe et disparu dans la nature.

- Tu aurais pu rentrer au village à sa mort ?

- Non. Tu aurais été en danger si j'étais rentré et … je ne pouvais pas affronter ton regard. J'ai accepté d'être et de rester un nukenin en acceptant cette mission. J'ai tout fait pour que tu me haïsses, pour que tu puisses vivre sans moi mais visiblement j'ai échoué.

Un silence s'installe tandis que je digère lentement l'information qu'il vient de me fournir. Il n'est pas l'assassin de Père et de Maman. Il n'est pas le monstre que je voulais tuer depuis ce jour-là. Il est toujours resté mon doux Nii-San et s'est sacrifié pour fournir des informations au village.

Je ferme les yeux et me laisse envahir par ce soulagement immense qui déferle en moi en un immense tsunami qui balaye tout en moi, la peur, les doutes, la haine. C'est comme si je me vidais de l'intérieur et devenais un espace vierge de tout. Le souffle me manque soudainement, mon cœur qui bat comme un fou manque d'oxygène, j'halète mais ça ne suffit pas. Je porte une main à sa hauteur pour le serrer à travers mon T-Shirt tant il me fait mal. J'ai l'étrange impression qu'il s'autodétruit pour mieux se reconstruire, comme une chenille se transforme en une masse difforme dans sa chrysalide avant de se relever et de se métamorphoser en papillon. Ma tête se fait lourde tandis que des abeilles décident de voleter dans mes oreilles et devant mes yeux. Une sueur froide et désagréable coule le long de mon dos. Je n'entends pas mon frère crier mon prénom au moment où je m'évanouis contre lui.