Désolée pour la semaine dernière, je n'étais pas chez moi et je n'ai pas pu poster !

Encore une fois, Selena n'est pas en mesure de lire le Journal de sa mère, c'est donc elle-même que nous retrouvons, ou plutôt l'un de ses souvenirs datant de deux ans plus tôt. Et puis son réveil difficile. Rappel : En apprenant que Bellatrix était celle qui faisait du mal à sa fille, le stress était trop grand et elle s'était évanouie. Voici donc la suite !

Merci à Brenda : Moi j'ai bien amé écrire cette scène et je sais que malgré les 5000 mots, comme la scène était centrée sur la torture cela a pu paraitre peu mais c'était intéressant pou moi de l'écrire et savoir ce que Bellatrix va aider à comprende Selena plus tard. Ca en effet, elle n'est pas prête à pardonner. Pas tout de suite. Pour ce qui est du passage de Lucius, et bien il reste un personnage lâche mais je ne pense pas qu'il soit foncièrement mauvais et en voyant son neveu aider cette fille, malgré ce qu'elle a pu faire, il les laisse s'en aller, sans prévenir Voldemort. Et c'est sa femme, Narcissa qui l'a convaincu de les laisse s'en aller. Pour ce qu'il se passe après, ce sera dans le prochain chapitre. Je crois que je pars la samedi prochain alors je verrai... Pas énormément d'action dans ce chapitre non plus mais j'espère que tu l'apprécieras tout de même :)


Chapitre 36 : Adieu

« Dépêche-toi Lena, attrape ton sac et suis-moi.

- Tu veux me tenir la main aussi ? »

Je lançais un regard désapprobateur à ma fille et me dirigeai avec elle vers la sortie de l'aéroport de Londres. Les Moldus autour de nous se hâtaient de récupérer leurs bagages sur un tapis roulant et je bénis Merlin d'avoir inventé le Reducto.

« Qu'est-ce qu'on attend ? me demanda ma fille alors que nous étions sorties à l'air libre et que je venais d'agiter ma baguette discrètement. Je n'eus pas besoin de lui répondre car déjà le Magicobus arrivait. Un homme en uniforme violet ouvrit brusquement la porte de l'engin et se présenta gaiement :

« Bienvenue à bord du Magicobus, transport d'urgence pour sorcières et sorciers en perdition. Faites un signe avec votre baguette magique et montez, montez et nous vous emmènerons où vous voudrez. Je m'appelle Stan Rocade et je serais votre contrôleur aujourd'hui ! »

Je montais dans le bus jetant un regard glacial au gringalet qui faisait de l'œil à ma fille puis fit signe à celle-ci de m'imiter.

« Où devons-nous déposer les demoiselles je vous prie ?

- A Poudlard.

- Tu as entendu Ern ? Ces deux beautés aimeraient aller à Poudlard ! » s'exclama-t-il.

Je sortis plusieurs Mornilles qui je fourrais dans sa main mais au lieu de m'écarter, je serrai fort sa paume de mes doigts et alors qu'il gémissait de douleur, lâchais :

« Appelle nous encore une seule fois beautés et je te colle ma baguette sous le nez, compris Stan ? »

Le pauvre me regardait apeuré et j'entendis le fameux Ern rire. Je lâchais la main du contrôleur et Lena et moi allâmes nous asseoir sur des fauteuils dépareillés qui mettaient en évidence une énorme faute de goût.

« Alors ? Qui c'est ce fameux Remus Lupin ? m'interrogea ma voisine une fois que nous fûmes installées.

- Un vieil ami, répondis-je. Si l'on peut dire, ajoutais-je plus bas.

- Et pourquoi est-ce qu'on va le voir ?

- Je ne peux pas te dire ça ma chérie.

- Ah ! s'exclama-t-elle d'un ton amer. Encore un de tes secrets !»

Elle avait l'air contrariée et cela m'embêtais de la voir ainsi mais je ne pouvais pas lui révéler la raison de notre visite en Angleterre.

« C'est la première fois que nous allons au Royaume-Uni et ce n'est même pas pour voir Big Ben ou le Palais de Buckingham !

- Ma petite étoile… commençais-je .

- Non Maman, m'interrompit-elle.

- Ce n'est pas important, mentis-je.

- Tellement insignifiant que nous avons traversé tout l'océan en période de cours. »

Selena était très intelligente et bien sûr elle n'était pas dupe. Je devais trouver quelque chose à dire pour me couvrir.

- Si c'est pour l'école que ça t'embête tu aurais dû me le dire, je ne voulais pas te laisser seule mais tu es grande désormais et je…

- Tu sais bien que ce n'est pas le problème.

- Ah non ? Et quel est le problème dis-moi alors ! »

Je commençais à m'énerver. Bien sûr je n'en avais pas le droit. L'incompréhension de Selena était légitime et ses questions naturelles. Mais je n'avais vraiment, vraiment pas envie d'en arriver à Sirius.

« Est-ce que Remus Lupin est mon père ? »

Elle m'avait dit ça d'une manière si franche, presque brutale que je ne pus pas répondre immédiatement tellement ses paroles m'avaient choquées. Oh évidemment elle ne connaissait pas l'histoire et elle avait tout à fait le droit de se demander une telle chose mais rien qu'y penser ! C'était incongru. Je commençais à rire nerveusement puis repris mon sérieux. Je tournais la tête vers elle et je vis qu'elle avait les larmes aux yeux.

Je tendis une main vers elle, voulant caresser sa joue mais elle me repoussa.

« Tu te fiches de moi ! Je n'ai aucune idée de qui est mon père et tu te fiches de moi ! Pour autant que j'en sache ça pourrait très bien être merlin mais toi tu rigoles. »

Mon cœur se brisa à sa remarque et je la serrais fort contre moi, la laissant me frapper faiblement, sans grande conviction.

« Ce n'est pas vraiment l'endroit pour en parler, commençais-je en regardant ce qui nous entourait, et qui nous entourait ! Mais je te promets qu…

- Ce n'est jamais le moment ! » s'indigna-t-elle.

Elle s'écarta de moi et ses larmes me transpercèrent à nouveau le cœur.

« Oh mon bébé…

- Je voudrais… Je voudrais juste savoir… si tu as honte de mon père, si tu ne l'aimais pas…ou si je n'étais pas prévue et que vous ne me vouliez pas… »

Ses pleurs silencieux s'accentuèrent et je savais combien il était difficile pour elle de se montrer vulnérable devant des gens. Elle était identique à moi sur ce point. C'est pourquoi je me contentais d'entourer son visage de mes mains, sans la traiter comme un enfant. Elle ne l'était plus.

« Tu n'étais pas prévue, c'est vrai. Tu es douée avec les chiffres, et je suis l'une des seules femmes à ne pas mentir sur mon âge quand je dis en avoir 34 alors que ma fille en a 15 ! Mais ça ne veut pas dire que tu n'étais pas désirée ! Ton père et moi, on t'a aimé dès le premier instant et même si l'idée de t'avoir si jeunes était effrayante, on n'a pas cessé de le faire. Et bien sûr que je l'aimais aussi.

- Alors il n'est pas parti ? » hoqueta-t-elle et je pus percevoir son soulagement.

Elle avait du penser pendant plusieurs années que la raison pour laquelle il nous avait abandonnées était son existence même.

« Pas volontairement. » la rassurais-je.

L'espoir qui était venu illuminer son visage s'éteignit de nouveau et elle détourna la tête. Pourtant j'entendis sa voix s'élever faiblement :

« Mais il ne reviendra pas ? »

Je mis du temps avant de pouvoir répondre à cette question et quand je le fis ma voix tremblait :

« Je ne sais pas ma chérie. Certainement pas. »

L'émotion, la nostalgie me submergea et je réprimais un sanglot. Le bout de ma langue vint alors se coller à mes deux dents de devant et me concentrant sur cette sensation, je pus penser à autre chose qu'au visage rageur de Sirius tandis que les Aurors l'attrapaient violemment, son regard désolé sur moi.

« Je ne comprends pas… » murmura Lena.

Posant ma main sur la sienne je lui promis alors :

« Un jour tu comprendras. »

BANG !

Dire que le bus freina brusquement était très en-dessous de la vérité et nos dos frappèrent brutalement le dossier de nos chaises.

« Poudlard ! » annonça joyeusement Stan.

Nous descendîmes alors du Magicobus mais avant de mettre pied à terre, en équilibre sur la marche, j'arrachais rageusement l'affiche de recherche placardée. Je serrais dans ma main la feuille de papier qui finit en boule écrasée dans ma poigne. Je la brûlais à l'aide de ma baguette avant de la jeter à terre et lentement le visage hargneux de Sirius Black se consuma.

« Tas d'immondices ! » crachais-je venimeuse.

Je sentis le regard de ma fille sur moi, surement intriguée par mon comportement. Depuis que l'avion avait atterri à Heathrow, je n'avais cessé d'être sur les nerfs et elle l'avait bien remarqué.

« Maman ? m'appela-t-elle doucement, inquiète.

- Avançons, me contentais-je de lui répondre. Il n'est pas bon de traîner dehors quand des Détraqueurs sont dans les parages. »

Nous franchîmes alors rapidement la grille de l'école et je ne pus manquer la silhouette maigre et décharnée de Rusard. Il ne m'avait pas manqué celui-là ! Aussi teigneux que sa chatte ! Il devait être au courant de notre venue puisqu'il avait l'air de nous attendre.

Ses yeux globuleux se posèrent sur moi tout d'abord et se lèvres se tordirent en un sourire sadique.

« Mademoiselle Whiteraven ! s'exclama-t-il de sa voix sifflante. Cela faisait si longtemps ! »

Je m'empêchais de lui répondre que malheureusement cela n'en faisait pas assez à mon goût. Autant il m'avait craint durant les six premières années de ma scolarité, durant la septième, il s'était fait un plaisir de me pourrir la vie, sachant que je n'étais plus la Reine des Serpentard.

Puis son regard brillant se posa sur ma fille et il cracha quelques murmures que je ne préférais pas entendre. Je n'étais pas là pour faire des esclandres. Ma présence en Angleterre devait être la plus discrète possible. Je ne tenais pas à ce que les Aurors ou encore pire, les Mangemorts en entendent parler.

Sans piper mot, le concierge se retourna, leva son bras au bout duquel pendant une lourde lampe et il se mit à avancer. Le silence nous accompagna tout le long du chemin. Je vis Selena regarder un peu partout autour d'elle, observant tout ce qu'elle pouvait observer. Elle savait que j'avais fait mes études de magie ici, à Poudlard et y venir pour la première fois l'avait excitée pendant tout le voyage. Elle y était, enfin, et elle n'allait pas en perdre une seule miette.

Son regard s'illumina quand il se posa sur le lac qui entourait le Château et sa bouche s'ouvrit pour prononcer un seul et unique mot de ravissement.

Rusard monta sur l'une des barques, accrocha la lanterne à la proue et nous fit un geste vif et agacé, nous exhortant à le rejoindre à bord. Une fois assises, le petit bateau se mit à avancer de lui-même et Lena écarquilla les yeux. L'Institut de Salem était tellement…moldu comparé à Poudlard. Alors que l'école anglaise était dissimulée aux yeux des Moldus, ce n'était pas le cas de l'école américaine, qui se devait de se fondre dans le paysage du Massachussetts.

La barque se cogna doucement au ponton qui menait au chemin vers l'école que nous suivîmes ensuite. Une fois à l'intérieur de Poudlard j'eus l'étrange sensation de revenir chez moi et un sentiment de bien-être me prit. Je souris, ravie d'être ici, dans ce lieu que je connaissais si bien, où j'avais grandi, où je m'étais construite, où j'avais trouvé des amies, et puis l'homme de ma vie. C'était ma première vraie maison.

Bien loin de partager cette joie, Rusard grognait tout en nous conduisant au bureau de Lupin. Finalement, le sage, intelligent et timide Remus était devenu professeur. Ce n'était pas étonnant. Ce qui l'était un peu plus, c'était qu'il me demande de venir le voir d'urgence.

Depuis l'arrestation de Sirius nous avions très peu parlé. Avec la mort de Potter et de Pettigrow il était le dernier Maraudeur et je suppose qu'il avait dû se sentir terriblement seul et perdu. Il avait perdu ses meilleurs amis et ne savait plus comment avancer. J'étais à peu près dans le même état d'esprit que lui et nous avions entretenu une correspondance pendant quelques mois. Puis nous n'avions plus grand-chose à nous dire et le nombre de lettre s'amenuisa jusqu'à s'arrêter. Puis, quelques mois après l'annonce de l'évasion de Sirius, il m'avait recontactée, me demandant de me déplacer à Poudlard le plus vite possible. C'était tout, pas d'autre indication, pas d'explication. Deux temps trois mouvements, je prenais l'avion accompagnée de ma fille.

Nous fûmes bientôt devant la porte de la salle de Défense contre les forces du Mal et Rusard reprati dans l'autre sens, nous laissant seules. Je toquais sur le bois, attendant que Lupin vienne nous ouvrir. Il y eut un déclic et le visage fatigué et maladif du lycanthrope apparut dans l'interstice de la porte.

« Véga, m'accueillit-il d'une voix rauque. Et tu dois être Selena. »

Il tendit une main couverte de cicatrices à ma fille. Celle-ci hésita une seconde avant de la lui serrer timidement.

« Tu as bien grandi. Je ne t'aurais pas reconnue si tu n'avais pas les yeux de ton père. »

Elle ne sut pas quoi dire et je vis ses yeux briller. C'était un sujet tabou qui la rendait toujours un peu triste.

« Vous connaissez mon père ? » lui demanda-t-elle .

Le professeur inclina seulement la tête et Selena s'adressa cette fois à moi.

« Je vais me promener. »

Je lui donnais mon autorisation tout en la prévenant d'être prudente et de ne pas aller trop loin. Nous la regardâmes partir et quand elle disparut à l'angle du couloir, Lupin me fit entrer dans la salle où il assurait ses cours.

« Tu ne lui a pas dit qui est son père ? m'interrogea-t-il pour entamer la conversation.

- Je ne vois pas en quoi ça l'aurait avancée de savoir que son père est à Azkaban. »

Il m'accorda ce point et m'écarta une chaise, me proposant de m'asseoir.

« Pourquoi m'as-tu fait venir ici Lupin ? »

Je n'avais pas envie de tourner autour du pot jusqu'à ce que Merlin perde son dernier poil de barbe.

« Tu dois savoir que Sirius s'est évadé. »

J'acquiesçai en l'invitant d'un geste à continuer.

« Il est ici. » m'annonça-t-il.

Je me tendis soudainement, me redressant sur la chaise.

« Ici ? »

Il m'offrit un sourire d'excuse.

« Pas dans cette pièce. Mais il est près de Poudlard. »

Ma respiration reprit alors que j'avais arrêté d'inspirer.

« Il est là pour Harry, n'est-ce pas ?

- Oui . »

Quelque part je ne pouvais m'empêcher d'être vexée. Si j'avais été à sa place j'aurais recherché ma femme et ma fille avant mon neveu mais je suppose qu'il lui était difficile d'aller jusqu'aux Etats-Unis.

« Il voudrait que Harry convainque Dumbledore de son innocence sûrement et qu'il lui accorde sa protection. »

La bouche de l'homme qui me faisait face se tordit en une grimace et ses yeux se détournèrent de mon visage, cherchant fébrilement un point d'ancrage.

« Lupin ? »

Il ne me répondit pas. Il avait l'air piteusement honteux.

« Lupin, que se passe-t-il ? »

Mais l'ancien Gryffondor ne me répondait toujours pas et je lançais brusquement une supposition qui devenait évidence alors que je l'énonçais :

« Lupin il ne le sait pas ! »

Ma voix avait claqué dans le silence de la nuit.

« Tu ne le lui as pas dit ! »

Son visage se releva soudainement et il répliqua :

« Tu ne vas pas me faire la leçon Whiteraven ! Je te rappelle que tu n'as pas dit à ta fille qui est son père alors ne viens pas me dire que j'ai mal agi !

- Mais tu n'as pas dit à l'enfant qui a perdu ses parents que ce n'était pas son parrain qui les avait trahis ! Comment as-tu pu le laisser croire qu'il était ce monstre ! Je n'ai peut-être pas dit à ma fille que Sirius Black est son père mais au moins je ne lui ai pas fait penser qu'il était un criminel ! Pourquoi ? »

Je secouais la tête, tristement. J'étais déjà dévastée que la totalité des îles anglaises considère Sirius comme un meurtrier mais Harry Potter ! Et puis en regardant Lupin la vérité me frappa de plein fouet.

« Tu ne l'as jamais cru toi-même ! N'est-ce pas ? Tu pensais qu'il était coupable ! Qu'il l'avait fait !

- Comment aurais-tu voulu qu'il en soit autrement ? s'emporta-t-il à son tour, élevant sa voix au même niveau que la mienne.

- Il était ton meilleur ami ! Tu aurais dû avoir confiance en lui ! Comment as-tu pu croire qu'il ait trahi James et Lily ? »

Des larmes traitresses perlèrent aux coins de mes yeux, preuves incontestables de ma rage et de ma tristesse.

« Il était ton ami… »murmurais-je.

Ses poings se serrèrent et il essaya de se justifier :

« Voldemort ne laisse pas beaucoup le choix à ceux qu'il interroge.

- Il aurait préféré mourir ! Tu le connaissais aussi bien que moi et je n'ai jamais douté de son innocence. Tu savais qui il était, tu avais confiance en lui, tu connaissais son âme Merlin !

- Il est sorti avec toi. »

Sa réplique me déstabilisa et je ne sus plus quoi dire. Qu'est-ce que cela venait faire là ?

« Pardon ?

- Je le connaissais parfaitement en Septième Année, nous le connaissions, nous les Maraudeurs et pourtant jamais on n'aurait pu imaginer une seule seconde que le téméraire, loyal et rieur Sirius tomberait amoureux d'une Serpentard connue pour sa cruauté et sa froideur.

- Je n'étais peut-être pas une sainte Lupin, on me considérait peut-être d'un côté comme une traitresse et de l'autre comme un monstre sans cœur mais je ne suis pas une criminelle alors je n'ai pas comme tu le sous-entends entrainé Sirius dans le mal !

- Il était prêt à tuer Peter tu le sais aussi bien que moi ! Il criait que c'était de Queudver ! s'indigna Remus.

- Il l'aurait bien mérité, marmonnais-je. Mais il ne l'a pas fait ! Le crois-tu vraiment capable d'une telle chose ? »

Il secoua la tête tristement et chuchota :

« Je le croyais. Je pensais dur comme fer qu'il avait craqué sous la torture, qu'il avait vendu Cornedrue et Lily et qu'il était devenu fou au point de tuer Peter et ces douze Moldus. Mais ensuite…Un soir j'ai compris que je m'étais trompé. C'est ce soir là que je t'ai écrit. »

Il sortit quelque chose de sa poche, une sorte de parchemin qu'il posa sur la table et déplia devant moi. Je plissais les sourcils avant de reconnaitre l'objet :

« La Carte du Maraudeur ! m'exclamais-je. Je ne savais pas que tu l'avais gardée toutes ces années !

- En vérité je ne l'avais pas avant que Rogue ne la trouve sur Harry et qu'il m'appelle en renfort.

- Severus t'appeler en renfort, toi, l'un de ses pires ennemis ?

- Justement, je crois qu'il avait compris que la carte nous appartenait. Peu importe, je l'ai examinée plusieurs fois et quand le nom de Peter est apparu dessus, j'ai réalisé mon erreur. Si Sirius n'a pas tué Queudver alors cela remet tout en cause. Je ne sais plus quoi croire Véga. Même s'il ne l'a pas tué, cela ne veut pas forcément dire qu'il n'a pas vendu… »

Je posai une main sur l'avant-bras de Lupin alors que sa voix faiblissait, incapable de finir sa phrase. Il avait toujours eu l'air épuisé, mais l'abattement qui teintait ses traits était plus fort que jamais.

« Tu n'aurais pas du me faire venir. Tu es fatigué Remus. Tu aurais pu me le dire dans une lettre.

- Tu n'aurais pas eu l'occasion de le voir si tu le voulais. »

Je ne dis rien et Lupin interpréta mon silence justement.

« Tu ne comptes pas le revoir, n'est-ce pas ? »

Je plongeais mes yeux dans les siens puis regardais de nouveau mes mains liées.

« Ce ne serait plus lui. Tu sais comme moi ce qu'il arrive aux prisonniers d'Azkaban. C'est pire que la mort.

- Alors c'est du passé ? Tu tournes la page ? Tu lui dis adieu ? Tu l'abandonnes alors qu'il a le plus besoin de toi ! »

Je détournais la tête, accrochant mes yeux au paysage nocturne, incapable de répondre à cela.

« Il faut que je pense à Lena avant tout. Si j'avais été seule, peut-être que j'aurais fait autrement mais…

- Tu es sacrément égoïste ! Il t'a protégée, il vous a protégées et toi tu… ! J'aurais du savoir qu'une Serpentard resterai éternellement lâche ! »

Je me levai violemment, faisant grincer les pieds de la chaise sur le parquet.

« N'ose même pas me parler ainsi Lupin ! Je te rappelle tout de même que c'est toi qui l'as cru coupable de ces meurtres, toi, pas moi !

- Oh bravo quel courage, le soutenir bien au chaud dans son lit douillet !

- Excuse-moi de ne pas avoir pris le risque de laisser ma fille orpheline en allant sauver Sirius à dos d'hippogriffe ! Dis-moi qui aurait pris soin d'elle, hein ! Mes parents ou ceux de Sirius qui nous avaient reniés, James Potter, son parrain qui venait de mourir ou Elyon sa marraine qui avait été tuée par le copain de son ancienne meilleure amie ! Dis-moi ! »

Mon cri résonna dans la salle et je me rassis affrontant toujours le regard ambré du Maraudeur.

« Nous n'arriverons jamais à tenir une conversation civilisée, n'est-ce pas ? murmura-t-il.

- Je crois que nous ne sommes pas fait pour nous entendre, en effet. »

Il se mit à rigoler doucement, puis de plus en plus fort, accentuant ses rides.

Gênée, je détournais la tête vers la fenêtre. Le ciel était parsemé de nuages mais la nuit avait l'air tranquille. Mon regard tomba alors sur une des taches blanches dans le ciel et j'y devinai la lune cachée derrière. Je reportai mon attention sur le lycanthrope, les sourcils plissés.

« C'est la pleine lune ce soir, n'est-ce pas ? Tu as pris ta potion ?

- Je vais le faire, avoua-t-il.

- Lupin ce n'est pas prudent ! On ne rigole pas avec ce genre de choses…

- N'essaye pas de m'apprendre comment vivre avec mon petit problème de fourrure Véga, c'est moi qui en souffre tous les mois.

- Très bien. »

Il y eut un long silence quelque peu gênant. C'était toujours ainsi que cela s'était déroulé avec lui. Nous n'étions jamais arrivés à une entente cordiale, même après que nous ayons emménagé ensemble, Sirius et moi. Il avait beau être très intelligent, parfois il manquait de discernement. On ne restait pas serein quand on était un loup-garou et que la pleine lune était déjà haute dans le ciel voyons !

« Tu salueras ce vieux bourru d'Abelforth, il ne venait pratiquement jamais aux réunions de l'Ordre et quand il le faisait il rapportait toujours son affreux ragoût de chèvre dont l'odeur me faisait vomir et il plaisantait en me disant qu'il pourrait utiliser mes tripes pour un nouveau plat, mais malgré ça, je l'aimais bien ! Il était..spécial. »

Lupin inclina la tête, l'ombre d'un sourire sur les lèvres, pensant surement aux premiers pas de l'Ordre du Phénix, quinze ans plus tôt.

« Il était tellement rieur à cette époque-là… La terreur avait beau régner, Sirius gardait le sourire. Il était beau ainsi… »

Je sentis le regard de Lupin sur moi et il prononça les derniers mots qui m'étaient adressés :

« Je voulais seulement que tu saches qu'il était ici. »

Tout en me levant je le remerciai d'un signe de tête et quittai la salle sans un regard en arrière. Prenant une grande bouffée d'air frais, je me mis à la recherche de ma fille. Je la trouvai quelques minutes plus tard, assise sur l'un des murets qui donnaient sur le Parc de Poudlard. Je la rejoignis, m'installant près d'elle, embrassant le haut de son crâne avant ça. Je détournai alors la tête, posant mon regard devant moi et je me figeai.

Je l'aurais reconnu entre mille. Son pelage noir, ses oreilles longues et pointues, ses yeux argentés qui te sondent. Cela ne pouvait qu'être lui. Et il me regardait fixement. Ma bouche s'était ouverte sans que je puisse prononcer un seul son. Du coin de l'œil je vis Selena me regarder étrangement puis commencer à s'inquiéter. Elle allait m'appeler, me demander ce qu'il n'allait pas mais alors qu'elle prononça ces mots, ce fut une autre voix que j'entendis.

« Véga. »

Non ce n'était pas normal. Ma fille n'avait pas celle voix si virile.

« Véga. »

Ce n'était pas ce qu'elle avait dit. Elle m'avait appelée Maman, pas Véga. Elle ne le faisait jamais.

« Véga, mon amour. »

Non, cela ne pouvait définitivement être Selena. Soudain une lumière vive et aveuglante illumina le Parc de Poudlard et il commença à pleuvoir, des gouttes tombant sur mes joues. Je plissais les yeux d'incrédulité. Quoi ? Mais c'était absurde, ce n'était pas ainsi que cela s'était déroulé.

L'Animagus de Sirius disparaissait peu à peu dans la lumière. Lena également était absorbée par la tâche blanche et le paysage devenait flou. Les arbres se transformaient en une chevelure sombre, le ciel en des pupilles pétillantes, les nuages en un visage masculin. Une main se leva et se posa sur les traits inquiets de l'homme. Ma main.

« Véga, ne pleure pas. »

Alors ce n'était pas de la pluie, mais seulement mes larmes. Levant les yeux je reconnus l'éclairage qui m'avait sortie de mon rêve. Les néons vifs furent alors éclipsés par une longue silhouette.

« Madame Black, cela va bien se passer. Vous ne sentirez rien. »

La voix était compatissante mais ces paroles me firent m'agiter. Je ne comprenais pas. Je ne me souvenais plus. Que se passait-il ? Pourquoi étais-je dans un hôpital alors qu'il y a deux secondes je me trouvais avec Remus et ma fille ?

Paniquée, je cherchais frénétiquement des réponses mais ma langue était pâteuse et incapable d'émettre le moindre mot. Je trouvais des poches suspendues à côté de mon lit et des aiguilles plantées dans mon bras. Surement l'une d'entre elle comportait de la morphine, ce qui m'avait fait plonger dans mon passé.

« Ouvrez les jambes je vous prie. »

Sirius à mes côtés me caressait tendrement le haut du crâne, aplatissant mes cheveux tout en tentant de ma rassurer. J'obéis, les yeux dans ceux de mon mari aimant. Celui qui devait être médicomage attrapa un speculum pour écarter les parois de mon vagin et je resserrai brusquement mes jambes dans un geste de défense. La vérité me revint de plein fouet et je me mis à crier.

« Non ! Ecartez-vous ! Vous ne me prendrez pas mon bébé ! »

Le médicomage s'était reculé et prononçait sûrement des paroles réconfortantes à l'unisson avec Sirius mais je ne voulais rien entendre. Je me mis en boule, mes cris interrompus par mes sanglots.

« Non ! Non ! Non ! Répétais-je comme une litanie. Pas mon bébé ! »

Je sentis les mains de Sirius se poser sur mes épaules, les frottant affectueusement. Sa tête vint se caler près de la mienne et mes cris cessèrent pour ne laisser résonner que mes pleurs.

« Il est mort mon amour. » chuchota-t-il tendrement.

Je secouais mon crâne de droite à gauche encore et encore, refusant d'y croire. Ma main vint cacher ma bouche qui se tordait sous mes gémissements de tristesse.

« Non, non, non… »

Je serrai les dents jusqu'à me faire mal à la mâchoire et mes doigts descendirent le long de mon buste pour trouver mon ventre.

« Mon bébé… murmurais-je.

- Je peux revenir plus tard si vous voulez. » proposa le médicomage.

Je relevais brusquement le visage, fixant le docteur dans sa robe blanche. Il ne comprenait pas. Il ne savait pas ce que cela faisait de perdre son enfant, lui et sa fichue manie de vouloir être gentil ! Mais je ne voulais pas qu'on soit gentil moi ! Je voulais qu'on me laisse tranquille, moi avec mon bébé.

« Non ! » m'écriais-je.

Et cela ne surpris personne car c'est ce que j'hurlais depuis plusieurs minutes. J'arrachai les perfusions à mon bras et agrippai un vase de pâquerettes, l'envoyant valser à l'autre bout de la pièce.

« Non ! Répétais-je. Je vous interdis de revenir ! Vous ne prendrez pas mon bébé ! »

Je continuais de crier tandis qu'il s'en allait, légèrement apeuré par mon comportement. Sirius esquissa un geste vers moi et je le repoussai.

« Toi aussi tu veux me le prendre ! »

Il me regarda tristement et s'assis sur le lit, me prenant de court.

« Tu sais ce que j'aurais voulu ? J'aurais voulu le tenir dans mes bras, lui apprendre à marcher, à voler sur un balai et le voir grandir. Je ne savais même pas que nous allions avoir un autre enfant et déjà je devais en faire le deuil et être fort pour toi, parce que ce n'était pas le moment de t'abandonner. »

Abasourdie, mes larmes reprirent, glissant silencieusement sur mon visage.

« Moi je t'ai abandonné, avouais-je. Depuis cette nuit-là, nous aurions pu être de nouveau ensemble, j'aurais pu te rendre ta famille. Mais j'avais trop peur de ce que tu avais pu devenir, de ce que j'allais dire à Selena, que ce soit trop dur pour moi. Alors je me suis enfuie. J'ai rompu notre contact visuel et je suis partie avec ta fille. Remus avait raison, j'ai été lâche ce soir-là. »

Il se leva, se rapprocha doucement de moi, craignant certainement une réaction furieuse de ma part, puis entoura mon visage de ses paumes.

« J'aurais pu te rattraper. A quatre pattes, j'aurais pu être en moins de deux secondes à tes côtés. Mais je t'ai laissée partir. Je ne t'en ai jamais voulu d'avoir ce choix pour toi et pour notre fille. J'avais de mon côté des choses à régler. Ce n'était pas le moment pour nos retrouvailles c'est tout.

- Je ne te mérite pas… Je t'ai privé de deux enfants et tu trouves toujours le moyen de me pardonner.

- Ce n'est pas de ta faute. »

Il posa ses mains sur les miennes, caressant mon ventre lui et je baissais la tête.

« Je ne veux pas lui dire au revoir Sirius.

- Moi non plus. Mais il le faut. »

Il entoura mon corps de ses bras alors que je m'effondrai sur lui et me berça de droite à gauche.

« Tu veux lui donner un prénom ? me chuchota-t-il à l'oreille.

J'acquiesçai faiblement.

« Si ça avait une fille…commença-t-il. Pourquoi pas Cassiopée ?

- Cassiopée Black, affirmai-je.

- Oui c'est parfait, dit-il en replaçant l'une de mes mèches rebelles. Et si ça avait été un garçon Arès !

- Pour qu'il soit aussi prétentieux que toi ? Non merci !

- Eclaire-moi ma petite étoile, me taquina-t-il.

- Priam. » répondis-je simplement.

Il embrassa tendrement mes lèvres et s'agenouilla devant moi. Il reposa son front sur mon ventre et murmura :

« Adieu Priam Black. »

Il me regarda de nouveau et une larme solitaire coula sur ma pommette.

« Adieu Cassiopée Black. » lui fis-je écho.

Je tombais à genoux, vidée de toute force et il me prit dans ses bras, comme si j'étais la seule chose qui pouvait l'empêcher de s'écrouler.

« Serre-moi fort. » sanglotais-je.

Il obéit et nous restâmes longtemps dans cette position.

« Ca va aller. » me promit-il.

Mais je savais qu'il n'en serait rien. Pas pour le moment. Il me faudrait des mois pour passer au-dessus de ma peine.

Je m'installai de nouveau sur le lit d'hôpital et d'une voix sourde lui demandai d'appeler le médicomage.

Mais j'étais incapable de regarder. J'enfouis ma tête dans la veste de mon mari, m'accrochant aux pans de sa chemise. Malgré ses baisers et caresses, j'avais beaucoup de mal à sentir et entendre le docteur aspirer la vie qui aurait dû éclore en moi. Cela ne dura que quelques minutes mais elles furent les plus longues de toute ma vie. A côté de celles-ci, accoucher de Selena avait été un délice !

En silence, je reposai mes jambes, redressai mon dos et me rhabillai, complètement atone. Sirius me regarda faire sans oser dire quoique ce soit ses yeux aussi éteints que les miens. Je me sentais terriblement mal. Il fallait que je respire, que je… Je me précipitai soudainement au-dessus de l'évier, vidant mon estomac. Quand les relents de mon mal-être se tarirent, mon regard se perdit sur la bouche d'évacuation et j'imaginais l'embryon être emporté lui aussi par l'eau.

Mes doigts se serrèrent autour du rebord d'un blanc immaculé que mes phalanges imitèrent. J'appuyais si fort ma langue contre mes dents pour éviter de pleurer que la peau du muscle se déchira et le goût du sang se répandit dans ma bouche. Je l'avalai difficilement, ne cédant pas à la tentation de le cracher, mon éducation me l'interdisant.

La pensée de mon éducation me ramena dix-huit ans en arrière, quand j'avais craint pour la vie de Selena alors que je venais de chuter des escaliers du manoir de mes parents.

« Selena. » murmurais-je.

Ce fut comme un doloris qui me frappa de plein fouet. Mon corps se tendit, traversé d'un courant électrique. Vivement je me retournai vers Sirius et lui tendis la main.

« Notre fille a besoin de nous. »

Il attrapa ma paume, la serra dans la sienne et l'instant d'après nous apparûmes devant le 12, Square Grimmaurd.