Dean, Bobby et elle se relayèrent dans la journée pour veiller le cadet des Winchester. En milieu de soirée, ce dernier entrouvrit les yeux. Dean se précipita sur le lit pour le serrer dans ses bras, lui tirant un gémissement douloureux. Il était si soulagé de le voir vivant et revenu à lui… Les mains sur ses joues mangées d'un début de barbe, il planta son regard dans celui de son frère. Puis il l'embrassa, tendrement, pour ne pas le malmener, alors qu'il mourait d'envie de se coucher à côté de lui et de lui faire l'amour. Il avait eu si peur… Sam lui caressa la main. Il était aussi soulagé que Dean d'être en vie. Il s'en serait voulu de le laisser seul… Dean avait besoin de lui, surtout maintenant qu'ils n'étaient plus que deux… Mais il reconnut rapidement le lit dans lequel il reposait comme celui de Déborah. D'une voix pleine de reproches, bien qu'éraillée, il demanda :
- On est chez Dèb ? Pourquoi ?
- Parce que je ne savais pas où aller… Je ne pouvais pas t'emmener à l'hôpital…
- Mais pourquoi chez elle ? Pourquoi pas chez Bobby ?
- C'est lui qui m'a dit de venir ici… Tu étais presque mourant, Sam. Tu t'es écroulé d'un coup, j'ai eu la trouille… J'ai paniqué.
Ebranlé par cet aveu, Sam se radoucît. Dean, avoir peur et le reconnaître ? C'était une première…
- Tu as bien fait…
- Elle t'a sauvé la vie… Sans elle…
- Je ne serais plus de ce monde ?… finît Sam.
Dean hocha la tête.
- Bien… On dirait que je lui en dois une, alors…
L'aîné sourît à cette remarque. Puis il baisa fiévreusement les lèvres qui venaient de la laisser échapper.
Dean appela leur hôtesse pour la prévenir que Sam était de nouveau parmi eux. L'arrivée de la chasseuse le mit mal à l'aise, mais elle se contenta de lui sourire en lui demandant comment il se sentait. Il était fatigué, la nausée lui retournait l'estomac, il avait soif, faim… Il opta pour la franchise, elle ne le connaissait que trop bien :
- J'ai connu mieux… Dean m'a dit que je te devais une fière chandelle…
- Je n'allais tout de même pas te laisser mourir devant ma porte sans lever le petit doigt… Au fait, désolée de t'avoir cogné…
Il haussa un sourcil surpris. Il n'avait pas souvenir de quoi que ce soit depuis… La chambre du motel. Il s'était trouvé mal alors qu'il était sur son ordinateur. Dean et lui venaient de faire l'amour, son frère était parti prendre un bain. A cette pensée, il eut un frisson. Puis il avait eu un vertige et après, il s'était réveillé dans ce lit, avec Dean qui lui avait sauté dessus. Mais ça, il ne pouvait pas le dire…
Après une courte explication quant à ce qui lui était arrivé, la chasseuse l'aida à se doucher et à changer de vêtement avant de le remettre au lit. Il était gêné de se faire aider comme ça, mais elle ne lui laissait pas le choix… La douche fût un moment pénible, parce qu'il avait du mal à tenir sur ses jambes et qu'il avait failli tomber. Déborah avait dû l'aider à se savonner. La honte… Et se retrouver à poil devant son ex, un vieux rêve… Mais elle s'était montrée d'un professionnalisme à toute épreuve. A tel point qu'il s'était demandé un moment si elle aussi avait le cœur qui battait plus fort quand ils étaient dans la même pièce et qu'elle le cachait ou si elle était vraiment passée à autre chose…
Après ce douloureux passage à tabac de son égo, elle lui porta un bol de soupe qu'il avala avec reconnaissance. Il était affamé. Il se sentait faible et son frère qui le surveillait dans le coin de la pièce lui ôta toute velléité de protester quant au traitement que la jeune femme lui administrait. La tête à peine posée sur l'oreiller, il s'endormit. Les trois acolytes se retrouvèrent dans la cuisine, devant une casserole fumante d'où s'exhalait une délicate odeur de légumes. Dean eut droit à une tarte maison pour célébrer le réveil de Sam. Après le dîner, elle remonta s'assurer que celui-ci récupérait et s'installa à côté de lui sous l'œil attendri de Dean qui l'aperçut en allant se coucher. Ils étaient mignons, tous les deux…
Bobby, Dean et moi passons notre journée dans la chambre de Sam, chacun notre tour. Tant qu'il ne s'est pas réveillé, le laisser seul plus de quelques minutes serait imprudent. Je m'occupe avec quelques menus travaux de couture tout en le surveillant. C'est Dean qui nous appelle vers 20 h pour nous prévenir qu'il a repris conscience. Je suis si contente de revoir ses yeux gris-vert… Il m'a tellement manqué. Je sais, c'est idiot de lui demander comment il va… Mais sa réponse est honnête. Dean et Bobby lui racontent ce qui s'est passé ici puis je chasse les deux hommes et j'accompagne le malade à la douche. Il est encore en piteux état. Ca me fait mal au cœur de le voir aussi mal. Je le retrouve quatre plus tôt, à San Francisco. En pire. Aujourd'hui, il est à peine capable de tenir sur ses jambes. Je dois le soutenir pour le ramener au lit. Je change son pansement. Avec un peu de chance, il ne gardera pas de traces de cette mésaventure. Encore qu'une cicatrice à cet endroit-là, ce serait terriblement sexy…
Je lui remonte les coussins pour qu'il puisse s'asseoir à peu près confortablement, puis je lui amène une soupe. Ca fait largement plus de douze heures qu'il n'a rien avalé. Il faut absolument qu'il s'hydrate et qu'il mange. Pour ça, rien de meilleur qu'une soupe faite maison, avec les légumes du potager. Il me sourit quand je lui amène son plateau. Oh, Déesse, ce sourire… Je tuerai pour le voir encore sur ses lèvres… Je le laisse se reposer, Dean et moi descendons dîner à notre tour. Une bière fête le retour de Sam parmi les vivants. Je sors même une tarte pour le dessert, Dean est ravi. Dean et ses tartes… C'est affolant de voir à quel point il aime ça. Mais bon, après tout, ce n'est pas tous les jours qu'on peut se féliciter d'avoir sauvé son frère mourant !
Puis je repars à mon poste. Il est près de onze heures et demie quand je remonte dans la chambre. Je m'assoie à côté de son lit. Il dort à poings fermés, avec ce petit sourire qui relève le coin de sa bouche. J'aimerais savoir ce qui le fait sourire dans ses rêves. Je lui caresse tendrement le front, comme un enfant malade. La fièvre n'est plus qu'un mauvais souvenir. Une chance qu'il ait été aussi résistant, d'autres n'auraient pas tenu… Une bouffée d'angoisse me saisit. Je l'ai perdu non pas une, mais deux fois déjà… La première fois, je l'ai cru mort, la seconde, c'est moi qui ai tout fait foiré… Je ne supporterai pas de le perdre une troisième fois. Je vais devoir le reconquérir, ces mois loin de lui m'ont appris quelque chose : je l'aime, j'ai besoin de lui dans ma vie… Ce n'est pas gagné, mais je vais me battre. Je pose la tête sur mon bras, le dos cassé, à côté de sa main que je tiens.
Sam lui caressait la joue, il la fixait comme si elle était un songe trop fragile pour être réel. Et pourtant, là, sous ses doigts, la peau veloutée était bien palpable. Par quel miracle… Elle ouvrit des yeux surpris qui lui arrachèrent un sourire affectueux. Elle était toujours aussi mignonne au réveil… Elle lui caressa la main un instant avant de lui ouvrir ses bras. Le jeune homme ne se fit pas prier pour enfouir son visage dans les cheveux bruns.
- Tu sens toujours aussi bon, murmura-t-il en inspirant à pleins poumons le parfum de sa compagne.
Elle recula un peu la tête pour planter ses yeux dans les siens. Ils restèrent un moment à se regarder sans rien dire, puis il l'embrassa doucement. Il se sentait à nouveau complet, comme si son absence lui ôté une partie de lui-même et qu'il venait de la retrouver en retrouvant ses bras.
Une douce pression sur ma joue… Je cille un instant, le temps de faire la mise au point et je vois Sam qui me contemple, appuyé sur un coude. Je pose ma main sur la sienne. Puis j'étends les bras pour le serrer contre moi. Il pose son menton sur mon épaule, me dit que je sens bon… Je recule un peu la tête, j'ai besoin de voir ses yeux… Quelques secondes passent où nous nous contentons de nous imprégner de l'image de l'autre. Sam se penche vers moi. Je ferme les yeux, je savoure le contact de ses lèvres sur les miennes. Je monte sur le lit, à côté de lui et je me love contre son corps. Je prends pour prétexte de lui tenir chaud… Je reste un bon moment avec lui, puis je lui fausse compagnie en lui disant de se reposer. J'ai pas mal de trucs à faire… Demain, c'est Samhain. Je veux marquer le coup, j'ai toute la maison à décorer, je reçois du monde… Samhain… Je vais entamer l'année païenne avec Sam et Dean sous mon toit. Je ne pouvais pas rêver mieux.
Dean et Bobby me filent un sacré coup de main. Grâce à eux, la maison est décorée en un rien de temps. En revanche, je leur interdis de s'approcher de mon autel. Demain, j'y déposerai mes offrandes, je ne veux pas qu'ils me le pourrissent avec leurs mauvaises ondes, et je le leur fais savoir. Bobby, comme à son habitude, bougonne dans son coin, Dean pense à ce qu'il va pouvoir faire comme vacheries aux gosses qui vont venir réclamer des bonbons. Dehors, la pluie ondule sensuellement dans le vent qui lui fredonne un air langoureux. Elle vient taper au carreau pour nous proposer de la rejoindre dans sa danse, mais nous sommes trop affairés pour le moment. J'aime le chant de la pluie… Je rajoute une bûche dans la cheminée puis je vais chercher quelques douceurs à grignoter devant le feu. Nous nous installons tranquillement et partons dans une discussion animée concernant les traditions.Le chasseur aurait aimé fêté ces retrouvailles comme il se fallait, mais son état ne lui permettait pas encore de faire d'efforts trop intenses. Aussi dût-il se contenter d'un simple câlin, la jeune femme blottie contre lui pour le faire profiter de sa chaleur. Dans l'après-midi, il se sentît enfin capable de se lever et de rejoindre les autres dans le salon. Il lui fallut lutter pour réussir à s'habiller seul, mais il y arriva avec un soupir de soulagement. Encore un peu mal assuré sur ses jambes, il dut se tenir fermement à la rampe décorée pour descendre et il eut la surprise de découvrir la maison parée de décors orange et noirs, citrouilles, pommes, et chandelles dispersées un peu partout. Un feu crépitait joyeusement dans la cheminée devant laquelle les trois amis s'étaient installés devant une collation, tout en devisant à voix basse. Son arrivée fut saluée par des exclamations de joie. Il s'installa dans le canapé où son frère était assis. Déborah se leva pour lui apporter une couverture et insista pour qu'il mange « au moins un petit quelque chose ». Confortablement calé dans l'angle du sofa, il jeta un coup d'œil autour de lui. Un petit autel attira son attention. Il demanda :
- Et ça, là, c'est quoi ?
- Ha ça… hé bien, pour ne rien te cacher, je suis Wiccane… et comme demain, c'est Halloween…
La stupéfaction se lût sur son visage, car la jeune femme remarqua :
- Oui, je sais, une demi-démone qui ne croit pas ni en Dieu ni au Diable… ça craint, en fait, maintenant que j'y réfléchis.
Un éclat de rire fît écho à son air perplexe. Elle eut un large sourire et se leva précipitamment quand la sonnette se fît entendre. Quelques secondes plus tard, elle revint, un bébé dans les bras, suivie par Jenny. Sam la reconnut aussitôt, et répondît à son salut avec un grand sourire.
Déborah berça le nourrisson en faisant les présentations. Elle expliqua que Jenny était au courant pour tout ce qui concernait les démons et autres monstres, mais elle leur fit clairement comprendre qu'elle ne savait pas tout.
- Et je suis la marraine de cet adorable bout de chou. Elle s'appelle Eléonore et elle a cinq mois… Ouais, j'en suis gaga… soupira-t-elle en baissant la tête d'un air faussement contrit.
Voir la jeune femme avec cette enfant dans les bras remua le jeune chasseur. Elle semblait tellement à l'aise, épanouie. La petite gazouillait, la tête en l'air pour regarder la chasseuse qui lui souriait.
La tête lui tourna, son estomac se contracta douloureusement. Sa pâleur subite n'échappa pas à sa compagne qui rendit le nourrisson à sa mère pour le rejoindre. Elle s'excusa quelques instants, le temps de l'accompagner se recoucher. Elle le prît par le bras et le reconduisît dans la chambre. Il s'allongea sur le lit, il sentait la migraine lui vriller les tempes, son estomac jouait au yoyo. Déborah resta un moment auprès de lui, silencieuse.
- Tu es sûr que ça va ? On devrait peut-être appeler un vrai toubib.
- Non, c'est bon. C'est juste que te voir comme ça…
Elle laissa passer quelques secondes.
- Je sais. Moi aussi, ça me fait mal de penser à ce qui aurait pu être. Mais c'est trop tard, le mal est fait… Si tu m'aimes toujours et que tu me fais confiance… on pourrait peut-être reprendre à zéro… Trésor ?
Il la regarda, ébahi. Une telle proposition lui paraissait tellement… irréelle. Et pourtant, il avait envie d'y croire.
Sam nous a fait la surprise de se lever tout seul. Imprudent, mais il a raison, je ne peux pas le materner non plus… Il met le doigt sur une sacrée contradiction qui me laisse quelque peu désappointée. Je suis une descendante de démon, et malgré cela, je ne crois pas au dieu des chrétiens, ni aux autres, d'ailleurs, pas plus qu'au Diable… Voilà qui va me causer quelques maux de tête avant longtemps…
Jenny est arrivée avec Eléonore, ma filleule. Je vais lui ouvrir, elle doit aller à un rendez-vous important, je garde la petite jusqu'à ce soir. La puce a encore grandi. Elle pousse à vue d'œil, c'est impressionnant. Elle me tend les bras, elle me reconnait déjà. Si ce n'est pas adorable… Je présente Jenny à mes compagnons en roulant des yeux pour leur faire comprendre qu'elle en sait beaucoup, mais pas tout non plus… Eléonore babille dans mes bras, tire sur mon pendentif, rit quand je fais l'andouille…
Je tourne la tête vers Sam, j'ai comme un mauvais pressentiment. Il est blanc comme un linge… Je rends sa fille à Jenny et j'aide Sam à remonter dans la chambre. Finalement, le venin du naga a peut-être été plus violent que je ne le pensais. Je propose d'appeler un médecin, pour vérifier qu'il n'y a pas autre chose qui pourrait expliquer son malaise. Il tourne un regard hanté vers moi. Je comprends seulement ce qu'il se passe… Depuis le temps, j'ai fait mon deuil de notre enfant qui n'est pas née. J'ai mené ma vendetta, j'ai réussi à verrouiller ça au fond de moi. Mais pas Sam.
Je prends une grande respiration. C'est le moment de me lancer. La douleur de cette perte ne pourra jamais s'effacer totalement, ni pour lui, ni pour moi. Je ne peux que lui dire que je l'aime encore, envers et contre tout. Et que, s'il daigne à nouveau m'accorder une chance, nous pourrions faire une force de ce qui s'était passé. Personne ne remplacera jamais ce petit être. Mais nous pouvons faire table rase de tout ça, oublier la douleur, la peine, et reprendre notre histoire comme avant que tout ne parte à vau l'eau… avec le souvenir de notre fille au cœur pour aller de l'avant.
Il me répond qu'il a besoin de temps pour réfléchir à tout ça. C'est compréhensible, je ne veux pas le brusquer. Je l'embrasse sur la joue et je quitte la pièce. Je regagne le salon, où l'indisposition de Sam a jeté un froid. Jenny dépose la petite dans son relax et me fait une bise avant de partir. Il ne manquerait plus qu'elle soit en retard !
Le jour de Samhain, le cadet des Winchester se réveilla de bonne heure, totalement remis. Il se sentait incroyablement bien, en dépit de l'absence de soleil. La chaude présence à ses côtés dans le lit y était pour quelque chose. Lovée contre lui, la chasseuse lui caressait le torse du bout des doigts, le menton calé sur son épaule. Le sentant bouger, elle leva la tête pour lui sourire. Ce simple geste lui serra le cœur. Puis elle sauta du lit pour se diriger vers la salle de bains. Il la regarda avancer, nue, les yeux fixés sur ses hanches ondulantes. Juste avant d'entrer dans la pièce d'eau, la jeune femme s'arrêta. Elle se tourna à demi, les yeux langoureux, et glissa sa jambe le long du chambranle, provocatrice, en se mordant la lèvre. N'y tenant pas, il se leva pour la rejoindre et la douche accueillit les deux amants.
La journée passa paisiblement, Déborah s'activa en cuisine pour préparer le repas du soir pour ses invités. Elle avait décidé de convier plusieurs personnes, dont Jenny, à fêter la fin de l'année païenne. Elle passa donc la plus grande partie de son temps à s'assurer qu'il ne manquait rien, anxieuse à l'idée que quelque chose se déroule mal. Dean se moqua d'elle après qu'elle lui ait demandé pour la vingtième fois s'il voyait un article manquant ou une denrée qui ne serait pas suffisante.
- Hé, tu te maries, ou quoi ? T'as l'air stressée… tu veux que je t'aide à te détendre ?...
- Ce soir, avec plaisir ! Mais pour le moment, t'es sûr qu'il ne manque rien ? Tout est bien en place ?
Il l'enlaça avec chaleur, l'embrassa sur la joue et lui répéta que tout était parfait. L'après-midi pluvieux fut consacré à une sieste durant laquelle Déborah retrouva sa place entre les frères. Alanguie entre eux, elle se sentait bien. Elle se blottît contre Dean et attira son cadet contre elle. Ce dernier essaya de l'embrasser dans le cou mais elle se déroba en lui disant qu'elle n'avait pas la tête à batifoler. Dommage… Mais il se vengerait le soir, il avait prévu son coup.
La soirée fût un franc succès. Même Bobby, d'ordinaire si misanthrope, trouva à s'amuser. Ils se couchèrent à quatre heures passée, ravis d'avoir assisté à une fête que Sam détestait en temps normal, mais qui, pour le coup, déclara avoir passé un excellent moment.
Et pour bien démarrer cette nouvelle année, il avait décidé d'offrir à la jeune femme une nuit de réconciliation en compagnie de son frère et lui. Après tout, nouvelle année, nouvelles résolutions… Il n'allait tout de même pas garder son frère pour lui tout seul, si plaisante que fut cette idée…
Sam a repris du poil de la bête, si je puis dire. Ce matin, la douche a été une occasion en or pour lui de me montrer qu'il avait récupéré… Bon, j'avoue, j'ai cherché aussi. J'ai joué la provoc', et ça a marché. La chair de l'homme est faible… enfin, pas toute sa chair non plus. Certaines parties étaient, comment dire… très en formes… Ca m'a mis un bon coup de fouet pour aller m'activer en cuisine. Et après, c'est Dean qui venu me chercher… Il m'a bloquée dans un coin alors que je préparais le repas du soir pour m'asseoir sur le plan de travail. Je savais bien que mettre une jupe aujourd'hui, c'était suicidaire… Bobby et Sam étaient dans le salon, à quelques mètres de nous, et tout ce que mon amant a trouvé à me répondre a été : « Tu n'auras qu'à ne pas faire trop de bruit », en glissant ses doigts dans ma culotte… Il a déboutonné mon chemisier juste assez pour dévoiler mon soutien-gorge, dont il a baissé les bonnets. Sa main s'est mise en marche entre mes cuisses pendant qu'il jouait de la langue sur mon sein… L'excitation de savoir qu'on pouvait se faire surprendre m'a tellement tourneboulée que j'ai joui en un rien de temps… Dean a eu un grand sourire ravi quand je me suis mordu la main pour retenir mon cri… Je l'ai copieusement incendié dès que j'ai eu repris mon souffle mais j'ai quand même réussi à faire ce que je devais après ce plaisant entracte.
De sorte que quand mes invités arrivent, je suis fin prête ! Dean, Sam et Bobby se prêtent au jeu. Si bien que la soirée est un vrai triomphe. Sam me confie discrètement qu'il a toujours détesté ce jour, jusqu'à aujourd'hui, du moins. Il est environ 4 h 30 quand nous allons nous coucher, Sam sur mes talons. Il se glisse dans le lit à côté de moi. Je me sens étrangement bien. Ce n'est pas l'hypocras que j'ai servi, mais plutôt le rituel que nous avons accompli pour célébrer cette fin de cycle qui m'a vidée… J'ai l'impression de flotter… Sam est d'une délicatesse extrême quand il pose ses doigts sur mon visage. Je m'étonne encore qu'avec son gabarit, il soit capable d'autant de douceur. Ses lèvres se posent sur le miennes, et nous entamons l'année de la façon la plus païenne, surtout lorsque Dean nous rejoint… Je savais que j'aurais du faire moins de bruit... mais il semblerait que mon petit coup de pouce ait porté ses fruits…
