J'avais promis à certaines lectrices de "Celles qui" qu'il y aurait un chapitre de Fleur de Pêcher avant Noël et le voilà, avec cinq jours d'avance !

Ce qui fait "seulement" six mois depuis le dernier chapitre, j'ai presque envie de dire qu'il y a du progrès ! Presque. Et vous allez être heureuses, car comme promis, Evan est de retour dans ce chapitre. Et surtout, ce chapitre est bien plus long que le précédent ! J'espère qu'il vous plaira.

Concernant la réécriture, les vingt premiers chapitres ont été mis à jour. Personnellement, je les aime mieux comme ça.

Comme c'est une question qui revient assez souvent dans vos reviews, je vais y répondre ici. Le nombre de chapitres de cette fiction est complétement indéterminé. En la commençant, j'avais misé sur soixante-dix/quatre vingt chapitres. Je ne sais pas si je serais capable d'aller jusqu'au bout, et surtout si vous serez toujours là pour le lire. Mais j'essaie de faire au mieux ! Et comme je l'ai déjà dis à certaines d'entre vous, si vraiment je n'étais pas capable, alors je posterais la trame, les passages déjà écrits et l'épilogue.

J'enchaîne donc avec mes sincères remerciements ! Merci beaucoup à Miss Sawyer, Fannyfique Nyfa, MilaDK (qui continue encore et toujours d'utiliser notre compte commun), Kervana, Mimi70, ElishaJ, lolahg, SallyWolf, Yaguel, Miss Virginie et Bonnie !

Je vous souhaite à toutes de très joyeuses fêtes de fin d'années !

Et une bonne lecture !


Réponses aux reviews anonymes :

Sally Wolf : Ah, ça me fait plaisir de voir que tu as pu lire ma précédente réponse ! Et oui, c'est le cas de le dire, "je me fais désirer" ^^ Mais je t'assure que je fais de mon mieux. Je suis heureuse que malgré sa courtesse (ça se dit ?), le précédent chapitre t'ai plu ! Pour le cauchemar de Tania, disons que c'est un aperçu des rêves épuisants et flippants que je fais la nuit. Quant-à savoir si c'est un mauvais présage ... Suspens ! Et oui Kyle ne peut pas ne pas comprendre, cette fois. Même si ça m'a fait beaucoup de peine d'être si dure avec lui, je t'avoue. Quant-à la réaction d'Evan ... et bien, il te faudra lire le chapitre d'aujourd'hui pour le savoir ! Encore merci de ta review, j'espère que tu seras encore là pour lire cette réponse aussi !

Yaguel : Je pense que tu ne te rends pas compte de combien tes reviews m'émeuvent. J'ai toujours du mal à croire que ma fiction puisse être assez bien pour qu'on vienne régulièrement voir s'il y a du nouveau. Je suis d'autant plus touchée que tu parles d'elle comme "d'une vieille amie". Je ne sais pas si on peut parler de cadeau comme tu le fais, mais pour moi, publier aujourd'hui c'est très symbolique. Disons que c'est mon cadeau de Noël, à vous toutes, lectrices fidèles et soutien depuis des années. Pour ces fêtes, vous aurez l'occasion de revoir Evan. Je ne sais pas si j'ai cette magie de manier les mots comme tu le dis, à vrai dire, j'en doutais encore sérieusement il y a quelques semaines, mais toi tu as indéniablement le don de me faire monter les larmes aux yeux ! Merci, vraiment. Merci un milliers de fois de continuer à mettre des petits messages, même lorsque je ne te réponds pas tout de suite. Saches que je les lirais toujours et que je t'en serais toujours reconnaissante.

Bonnie : Bienvenue sur cette fiction, Bonnie. Enfin, si jamais tu repasses par ici ! Je suis très flattée pour tous tes compliments, même si j'ai du mal à croire que ça soit la meilleure que tu ais jamais lu ^^ Tania n'est pas la seule à galérer avec Evan, moi même parfois j'ai du mal à le manier (on dirait qu'il a une volonté propre) alors que c'est moi l'auteur. C'est à s'arracher les cheveux ! Je suis heureuse de voir que tu adores Rosalie, j'ai un attachement tout particulier pour ce personnage. J'espère que si tu repasses par ici la suite te plaira !


CHAPITRE XXXV

La maladie d'amour

Je me sens seule.

C'est tellement bête, de se sentir seul alors qu'on est entouré d'un tas de personne qui vous aime. Bête et égoïste.

Mais lorsque je promène mon regard sur eux, j'ai l'impression qu'une vitre solide se tient entre nous, pour m'empêcher de les rejoindre.

J'ai beau les aimer de tout mon coeur, ils ne comprennent pas. Ils essayent, mais ils ne peuvent qu'imaginer.

Ceux que j'aime ne peuvent même pas m'atteindre. Me parler, me toucher ... oui. Mais me comprendre, ils en sont incapables.

Je ne me sens pas seule.

Je suis seule.


J'ai repris conscience tard dans la nuit, dans un lit froid de l'infirmerie. Je n'ai pas eu besoin d'ouvrir les yeux pour le savoir, l'odeur typique des potions et des produits de soin suffisait. L'absence de la respiration régulière de Rosalie et de mes autres camarades de chambre aussi. J'étais seule, ce soir, dans l'infirmerie. Ce n'était pas commun, qu'elle soit vide ainsi. J'aurais pu apprécier cela. Mais la solitude me faisait peur. J'ai resserré mes bras autour de moi et me suis mise en chien de fusil dans ce lit froid, comme pour rendre réel ce sentiment d'oppression sur la poitrine.

Un rayon de lune a traversé l'une des baies vitrées de l'infirmerie, éclairant la pièce de sa lumière cadavérique. J'avais toujours pensé que la lumière de cet astre était triste et glaciale. Pendant un instant, je cherchais à me souvenir ce que je faisais ici. Je ne m'en rappelais pas. Je me sentais simplement perdue. Abandonnée. Et terriblement seule. L'idée de m'enfuir pour rejoindre mon dortoir me vint, mais ignorant la raison de ma présence ici, je préférais ne pas tenter le diable. Et Mrs Pomfresh m'aurait certainement achevée.

Je me tournais dans le lit, crispée par les sons que je produisais, qui semblaient emplir tout l'espace. Rappelles-toi, Tania. Que fais-tu ici ? Pensais-je en massant ma cage thoracique. Ce n'était pas le seul endroit où j'avais mal, maintenant que j'y prêtais attention. Ma gorge était douloureusement nouée et mes épaules me faisaient terriblement souffrir.

Je me déplaçais à nouveau, cherchant une position qui ne me ferait pas souffrir. Je remarquais alors des paquets de bonbons sur la table de chevet, ce qui m'arracha un sourire. Je n'étais pas abandonnée. On était venu à mon chevet. Certainement que Rosalie avait dû batailler avec l'infirmière pour rester le plus longtemps possible, pensais-je en tendant la main pour observer certains objets. Kyle aussi, avait dû ...

Je me figeais soudain, complétement raide dans mon lit. Kyle. C'était ça. J'avais oublié ma rupture avec Kyle, l'espace de quelques instants. La douleur me frappa soudain si fort que mon souffle se coupa, et ma main, encore en suspens au dessus de la table de chevet, revint vers moi précipitamment, renversant quelque chose par terre, dans un vacarme assourdissant, dans le silence de la nuit.

Pliée en deux, je tentais de reprendre difficilement mon souffle alors que des lumières s'allumaient au loin. J'entendis vaguement des pas précipités venir dans ma direction.

- Miss Cartier ? Miss Cartier ? M'appela Mrs Pomfresh en me saisissant l'épaule pour que je me redresse.

Elle parvint à faire couler une potion entre mes lèvres et je l'avalais en déglutissant péniblement. La douleur s'amoindrit, jusqu'à disparaître totalement, me laissant le souffle saccadé.

- Miss Cartier, vous sentez-vous mieux ? Me demanda l'infirmière, en tenue de nuit.

J'hochais la tête faiblement.

- Qu'est-c-ce que je f-fais ici ? Interrogeais-je lorsque mon souffle revint, alors que Mrs Pomfresh m'auscultait.

- Surmenage, ma petite. Ça vous arrive tôt cette année, d'habitude je vous vois venir entre le mois d'avril et le mois de mai !

Il est vrai que j'étais une habituée de l'infirmerie. C'était sans doute pour ça que j'avais si bien reconnu l'odeur à mon réveil. Mais d'habitude je ne venais que pour des légères crises de panique ou des périodes de longues insomnies, à l'approche des examens de fin d'années. Jamais auparavant ma poitrine ne m'avait fait si mal.

- J'ai bien peur que vous n'ayez poussé trop loin votre corps, cette fois-ci, Miss Cartier. Combien de fois vous ai-je dit que le corps est le reflet de l'esprit et qu'il fallait prendre soin de ce dernier ? Regardez un peu la tension dans vos épaules, on dirait que vous portez le poids du monde !

Je rentrais piteusement la tête sous le regard sévère de l'infirmière, qui me faisait un peu trop penser à Adèle, dans ces moments-là.

- Je ... Mon coeur ... Il ne m'a jamais fait mal auparavant ...

- J'ai fait un examen complet pendant votre sommeil, Tania. Il n'y aucunes anomalies avec votre coeur, dit-elle doucement. Il n'y a que vous qui vous faîtes du mal à vous même ...

Disait-elle vrai ? La douleur de mon coeur n'était-elle rien de plus qu'une douleur imposée pour mon esprit ? Ou étais-ce simplement la forme physique d'un coeur brisé ? La boule que j'avais dans la gorge se fit plus oppressante. Poppy n'avait pas tort. Je me faisais volontairement du mal à moi-même. En tombant amoureuse de Rosier. En quittant Kyle alors que je n'en avais pas la moindre envie.

- Je p-pourrais sortir demain, alors ? M'enquis-je en retenant mes larmes.

- Vous n'y pensez pas ! Vos amis vous ont menés ici inconsciente ! Et la crise que vous venez de faire à l'instant n'est pas à prendre à la légère !

- Mais vous avez dit ...

- J'ai dit que vous ne souffriez pas d'un problème cardiaque, coupa Mrs Pomfresh avec sévérité. Mais votre corps est en train d'appeler à l'aide et il n'est pas question que vous quittiez l'infirmerie avant qu'il ne soit parfaitement rétablis !

Je voulais protester. L'expérience m'avait appris qu'on pouvait avoir Poppy à l'usure, avec les bons arguments. Mais l'expérience lui avait appris à elle que j'avais des amis studieux qui prendraient parfaitement des notes des cours pour moi et que j'étais tout à fait capable intellectuellement de m'en sortir, même avec plusieurs jours d'absence. Et je devais admettre que j'étais fatiguée. Très fatiguée. Comme je n'avais pas la force de me battre, j'hochais simplement la tête. Demain. J'essaierais demain.

- Buvez ceci, ça ira mieux, glissa-t-elle en portant une fiole à mes lèvres.

Je reconnus à l'odeur la potion de sommeil sans rêves que j'avais déjà pris si souvent. Paisible, je sentis mes paupières devenir lourdes, la pression de ma cage thoracique s'effacer, alors que je plongeais peu à peu dans les limbes.


J'ouvris de nouveau les yeux, quelques heures plus tard, et constatais avec mécontentement qu'une personne se trouvait à mon chevet, en train de lire un livre sur le Quidditch.

- Tu aimes vraiment ça, le Quidditch ? Quand j'y pense, ça m'étonne tellement de toi, soufflais-je en me redressant.

- Tu crois que j'aurais dû être à Serpentard, Tania ? Me demanda Lynn en reposant son livre sur ses genoux, ignorant délibérément ma question.

- Je crois que les maisons ne veulent absolument rien dire, répondis-je froidement. Mais il est évident que tu y aurais eu parfaitement ta place.

Elle eut un sourire douloureux.

- J'imagine que je n'ai rien fait pour te faire penser le contraire. Pourtant j'ai vraiment ma place à Serdaigle, tu sais ... Je suis juste un aigle qu'on a enfermé dans une cage doré. Ce n'est pas ma faute. Pas totalement.

Comme je ne lui répondais pas et que mon regard devait être glacial, elle baissa ses yeux, qu'il m'était insupportable de voir tant il me faisait penser à ceux de son cousin, vers son livre.

- Je me suis inscrite aux sélections pour être avec Kyle. J'espérais à l'époque que ça lui montrerait qu'on avait des points communs. C'est comme ça qu'on est vraiment devenus amis, en deuxième année.

L'entendre parler de mon fraichement ex-petit ami ainsi me tordit l'estomac et je crains, l'espace d'un instant, de faire une nouvelle crise devant Lynn. Je m'y refusais. Mon corps dû le comprendre.

- Ce n'était pas très convenable, pour une fille de sang-pur, de faire du sport comme ça, comme un homme. J'aurais jamais pensé que ça serait si libérateur, que j'aimerais ça à ce point. Pendant le temps d'un match, j'ai l'impression qu'on m'ouvre ma cage et qu'on me laisse le droit d'exister par moi-même. Je ne suis pas sûre que tu puisses comprendre ça ...

- Qu'est-ce que tu me veux, Lynn ? Crachais-je en entendant sa pique à mon encontre. J'ai fait ce que tu voulais, on a plus rien à se dire !

Elle se mordit la lèvre, comme blessée par mes paroles, mais je refusais d'être dupe.

- Je t'ai cherché, hier, lorsque Kyle est revenu complétement décomposé et furieux à la salle commune. J'avais l'intention de te remercier.

- Estime-toi heureuse que j'ai été inconsciente, alors, parce que je t'aurais certainement défigurée façon moldue, sifflais-je, outrée qu'elle ose venir me dire un truc pareil.

Imaginait-elle seulement à quel point ça m'avait souffrir ? Non. Elle ignorait la douleur dans les yeux de Kyle, son sentiment de trahison. Elle ne savait pas non plus le dégoût que je m'étais inspiré à moi-même, ni la culpabilité qui me rongeait. Elle ne savait rien de tout ça, mais ça n'excusait rien. Je lui avais dit combien il était important pour moi. Mais elle m'avait tout de même demander d'y renoncer sans le moindre scrupule.

- J'imagine, oui. Je l'aurais sûrement mérité.

- Pitié, Lynn, arrêtes de faire cette tête contrite, ton hypocrisie me donne envie de vomir ! M'exclamais-je, furieuse.

C'était peut-être injuste, mais Lynn allait payer pour tous les autres si elle ne s'en allait pas.

- Ce n'est pas de l'hypocrisie, se défendit-elle. Je veux juste m'expliquer ... Tu me l'as dit, c'est vrai ... Mais je suis égoïste et j'ai besoin de Kyle. Alors je ne pensais pas que tu avais vraiment des sentiments pour lui. Je préférais me dire que tu trouverais facilement mieux, que la vie serait facile pour toi.

- Si ton grand-père me tue pas prématurément, sifflais-je à voix basse, de crainte que l'infirmière nous entende.

- Je n'imaginais pas que ... que ça te mettrait dans un tel état, alors que tu as plutôt bien tenu, après le coup d'Evan pour qui tu as pourtant des sentiments plus intenses. Je suis désolée, Tania ... Vraiment désolée.

J'avais tenu le coup ... Parce que je n'avais pas eu d'autres choix et que mon orgueil m'empêchait de lui laisser voir combien cela m'avait dévastée. J'avais tenu le coup ... ris-je amèrement en mon fort intérieur, parce que j'avais eu Kyle. C'était lui, inconsciemment qui m'avait tenu debout. Durant des semaines, il m'avait redonné un peu de vie. Et j'avais dû renoncer à cela. Je ne pouvais pas blâmer complétement Lynn. J'avais toujours su que c'était la seule chose à faire. Que ce n'était pas correct, honnête envers lui d'en aimer un autre. Mais c'était plus facile de passer ma colère sur elle.

- Va-t-en.

- Tania ...

- Je t'ai dis de t'en aller ! Hurlais-je furieusement, ce qui la fit reculer de surprise.

- Mais ...

- VA-T-EN !

Elle se leva, me jetant un regard blessé, alors que Mrs Pomfresh accourait, alertée par mes cris. Elle tira le paravent qui séparait mon lit du reste de la pièce, alors que Lynn s'apprêtait enfin à partir.

- Un problème, Miss Cartier ? Questionna-t-elle, ses yeux faisaient des aller-retour entre ma camarade de septième année et moi.

- Aucun, Mrs Pomfresh, répondit-elle à ma place. Je m'en allais ... A plus tard ... Tania, lança Lynn, un sourire crispé aux lèvres.

Elle dépassa le paravent, suivie de l'infirmière qui l'accompagna jusqu'à la porte, expliquant à la jeune sorcière de ne pas prendre ombrage de mon énervement, car j'étais -selon elle- bien trop sur les nerfs, ce qui me rendait particulièrement sensible et irritable. Lynn lui répondit d'une voix que je jugeais hypocrite qu'elle comprenait tout à fait et qu'elle reviendrait me voir quand ça irait mieux. Qu'elle le fasse et je ne répondrais plus de moi, c'était certain ! Poppy revint vers moi, quelques minutes plus tard, une potion dans les mains.

- Je vais bien, contestais-je, refusant d'avaler la mixture à l'aspect trouble.

- Tania, soyez raisonnable, soupira l'infirmière en s'installant sur le bord de mon lit. Vous devez bien vous rendre compte que vous n'êtes pas dans votre état normal. Je ne vous avais encore jamais entendue élever la voix ...

- Excusez-moi, coupais-je sèchement, mais il me semble que j'ai le droit d'être en colère de temps en temps !

- Bien sûr, mais vos amis n'ont pas à subir vos excès de rage, déclara-t-elle doucement. Je dis cela pour vous, je ne souhaite pas que vous regrettiez plus tard vos paroles.

Je voulus lui dire que je ne les regretterais pas, mais je savais que cela ne m'aiderait en rien. Pire, cet excès de rage, comme elle le disait, venait de mettre à mal ma sortie pour le jour-même. Poppy ne me laisserait pas retourner en classe tant qu'elle jugerait mon état instable. La douleur que j'avais tenté de maîtriser face à Lynn revint plus forte et je ne pus retenir une grimace et un mouvement vers mon torse, ce qu'elle remarqua.

- Voyez ! Allons jeune fille, buvez ce philtre de paix, vous vous sentirez mieux après cela.

Je saisis le flacon, réticente, envisageant de garder la mixture dans ma bouche pour la cracher dès qu'elle aurait le dos tourné. Je n'aimais pas l'idée d'être droguée de cette façon, quand bien même cela aidait mon corps à se sentir mieux. Néanmoins le regard que l'infirmière me lança me dissuada de suivre cette voie. Alors je portais le récipient de verre à mes lèvres pour avaler la mixture argentée. Je lui tendis le flacon vide avant de me laisser tomber dans le coussin moelleux de mon lit, mes muscles se relâchant petit à petit, à mesure que la potion faisait effet.


C'est dans cet état de semi-béatitude et de sérénité que j'entendis la porte s'ouvrir, quelques heures plus tard. Ne pouvant voir quel élève venait de pénétrer dans l'antre de Poppy à cause du paravent, je fus incapable d'en connaître également la raison. Pourtant, de ce que j'entendais, le pas était énergique. La porte ayant claquée assez violemment, je pus également en déduire qu'il s'agissait certainement d'un homme, ou au moins d'une personne assez énervée.

- Non mais franchement, à quoi pensiez-vous ? Vous battre de cette façon, comme de vulgaires moldus ! Je vous préviens, Mr Rosier, vous allez devoir attendre ici pendant plusieurs heures ! Je fais certes des miracles, mais les os brisés ne se remettent pas en place en un coup de baguette magique !

Mon coeur s'arrêta, sous le choc. J'avais certainement mal entendu ... Pourtant, je savais par expérience que la colère de Rosier pouvait être violente. Je ne me souvenais que trop bien de l'état de sa main, lorsqu'il avait cogné de rage un mur, quelques mois plus tôt. Je sortis délicatement les jambes de l'intérieur de mon lit, les glissant sur le sol frais. Je me levais alors le plus silencieusement possible, pour regarder au delà du paravent. Je remerciais mentalement Mrs Pomfresh de m'avoir forcé à boire sa maudite potion, car j'imaginais sans peine l'état dans lequel la présence du serpentard m'aurait mise sans cela. Alors que là, la surprise passée, je pouvais observer calmement -et discrètement- l'infirmière donner ce qu'il fallait au septième année. Comme elle se trouvait devant lui, et donc dos à moi, elle me cachait la vue de ce dernier, ce qui causa ma surprise lorsqu'elle se déplaça pour retourner dans son bureau, ordonnant à Rosier de s'installer sur un lit en attendant que les os se remettent.

Rosier était amoché. Vraiment amoché. Sa lèvre était fendue, laissant couler un peu de sang. Et l'on devinait, à la marque rougeâtre sur l'arête de sa joue, près de son oeil, qu'il aurait bientôt un coquard. Je n'osais pas imaginer quel fou avait pu s'en prendre à lui de cette façon, sans craindre pour sa vie. Il fallait déjà être téméraire pour oser lui lancer un sortilège, alors se battre à la moldue ! Il leva soudain les yeux vers mon paravent, alors qu'il se dirigeait vers un lit, et m'aperçut. Je pus lire dans ses yeux noirs, que j'avais appris à aimer autant qu'à détester, de la surprise et de la colère. J'aurais sûrement déglutie, en temps normal, mais le philtre de paix me fit hausser un sourcil dédaigneux alors que je lui tournais le dos pour rejoindre mon propre lit, tirant de nouveau le paravent.

Il ne l'entendit pas de cette oreille, puisque j'étais à peine retournée sous les couettes chaudes de mon lit qu'il apparut devant moi, les sourcils froncés et une grimace douloureuse aux lèvres.

- On peut parler ? Demanda-t-il pourtant d'une voix égale à lui-même, froide et sans sentiment particulier.

- Puisque Merlin nous a doté de cordes vocales, techniquement parlant oui, on peut parler. Bien que pour certains, il aurait mieux fait de s'abstenir, si tu veux mon avis. Mais si ta question entendait "parler ensemble", alors la réponse est non. Je n'ai, pour ma part, rien à te dire et il n'y a rien que j'ai envie d'entendre de ta bouche, déclarais-je avec un sourire tranquille.

Son irritation monta d'un cran, je le sentis. Son regard se posa sur l'espace qui me servait de chambre, comme s'il évitait de me regarder pour ne pas se mettre davantage en colère, lorsqu'il s'arrêta sur le flacon vide sur la table de chevet. Il s'approcha pour prendre la fiole et la porta à son nez.

- Philtre de paix, devina-t-il alors en reposant ses yeux noirs sur moi.

- Tu cherches à crâner en montrant que Môsieur le sang-pur est balèze en potion ? Parce que ça sert à rien. Je suis quand même un minimum au courant de ce que Poppy me fait boire !

Il soupira de découragement, pour une raison qui m'échappait et dont je n'avais, à vrai dire, rien à faire. C'était drôle, mais plus rien ne semblait avoir d'importance, tout à coup.

- Je peux savoir pourquoi tu es à l'infirmerie, dopée aux calmants ?

- Est-ce que je te demande pourquoi quelqu'un t'a confondu avec un sac de boxe, moi ? Alors mêles-toi de ton cul, Rosier.

- Etant donné que c'est à cause de toi et que tu le sauras tôt ou tard, tu peux le demander, oui ! Siffla-t-il. Et la potion n'excuse pas tout, évites d'être vulgaire, tu veux !

J'ouvris de grands yeux, surprise avant de rire, ce qui le déconcerta.

- Dis que c'est de ma faute si tu veux, mais j'ai été transportée ici hier, dans l'après-midi. Alors je vois mal comment j'aurais pu te cogner, aux dernières nouvelles, je suis pas somnambule. Je dis pas que j'en ai pas envie, hein, mais je suis trop ... poids plume pour ça.

- Mais Kyle n'a rien d'un poids plume, je te l'assure. Je suis même surpris qu'il ne soit pas encore venu se faire rafistoler ... Je n'ai pas la main dans cet état pour rien, dit-il froidement.

Je fronçais les sourcils, le rire très loin désormais. Kyle ? Pourquoi diable Rosier aurait voulu se battre avec Kyle ? A la moldue, qui plus est ! Alors qu'ils étaient tous les deux de sang-pur. Ça n'avait absolument aucun sens.

- Tu ne penses pas qu'il était assez mal ? Fallait que tu en rajoutes ! Grondais-je. Qu'est-ce qu'il t'a fait pour que tu t'en prennes à lui comme ça, hein ?!

- Qu'est-ce qu'il m'a fait ?! Répéta-t-il en me regardant, ahuri. Demande plutôt ce que j'ai fait pour mériter qu'il se jette sur moi de cette façon ! Aux dernières nouvelles, nous étions plutôt en bons termes, alors pourquoi est-il venu passer ses nerfs sur moi ?

Je dois dire que maintenant, c'est moi qui était plutôt surprise. Kyle ne m'avait jamais paru violent. Lynn avait bien dit qu'il était furieux, mais il n'avait aucune raison de l'être contre une autre personne que moi. A moins ... qu'il ait compris mes sentiments pour Rosier ... réalisais-je, horrifiée.

- J'ignore ce qui a pu le pousser à se jeter sur toi, déclarais-je, mais tu le méritais.

- Quoi ? Siffla Rosier, furieux.

- Ta punition pour m'avoir pris pour une conne et t'être servi de moi ! Soufflais-je en fronçant les sourcils et en plantant un doigt accusateur sur son torse.

- Tu ... tu lui en as parlé ?

- Bien sûr que non, je suis pas totalement idiote ! M'exaspérais-je. Mais j'avais dû mal à le quitter et je lui ai laissé entendre qu'il n'était qu'un ... remplaçant, en quelque sorte. Pour qu'il puisse tourner la page plus facile. Va savoir pourquoi, il s'est imaginé que c'était toi, l'autre homme.

- Parce que c'était moi, articula-t-il en fronçant les sourcils.

- Qu'est-ce qui te fait croire que tu étais le seul ? Demandais-je, avec une moue septique, alors qu'intérieurement je sentais tout de même mon cœur se serrer, malgré l'effet de la potion.

La fierté me faisait dire des choses stupides, j'en avais conscience. Mais surtout, plus que tout, je voulais lui faire du mal, autant que lui m'en avait fait. Même si c'était vain. Après tout, comment la faible et insignifiante Tania pouvait-elle blesser le cœur froid de ce serpentard ? Pour cela, il aurait fallu qu'il tienne un minimum à moi ...

- Cartier ... Souffla-t-il. A propos de tout ça ... On a jamais eu l'occasion d'en parler ...

- Parce que te voir me soulève l'estomac et me donne des envies de meurtres, coupais-je. Ne profite pas trop de mon état, je t'ai dis que je ne voulais pas te parler, c'est toujours le cas. Dégage.

- Non. Il faut que tu saches ... C'est vrai, je t'ai manipulé ... La lettre de Morgane ... Le flirt ... Je pensais que tu serais plus ... motivée, si je t'en donnais l'envie ...

- Tais-toi, Rosier ! Je ne veux pas en par...

- Je ne pensais pas que ça te ferait du mal... Enfin si, mais je ne m'en souciais pas vraiment au début ... et à vrai dire ... je ne pensais pas que ça m'en ferait aussi.

- ...ler. Quoi ? Questionnais-je, certaine d'avoir mal entendu.

- Je suis tombé dans mon propre piège, murmura-t-il en crispant ses poings. Ce n'était pas prévu et j'ai paniqué. Et puis, il y a eu l'article à propos de Liliane et ... Tu ne m'as laissé aucune chance de m'expliquer, ce jour-là dans le train !

- Tu plaisantes ? Demandais-je, ahurie et furieuse malgré la potion. Tu as eu des centaines d'occasion de me parler avant ça, mais tu ne l'as pas fait ! Et tu me reproches ma colère ? Tu as vraiment de la chance que je sois sous sédatif, Rosier !

- Laisse-moi au moins une chance de m'expliquer maintenant ! Si vraiment, après ça ... tu ne veux plus entendre parler de moi autrement que pour notre arrangement ... alors ... soit. Je te laisserais tranquille.

Je le jaugeais du regard. Ses yeux sombres étaient posés sur moi, sérieux et pourtant hésitants. Je me mordis la lèvre. Je n'avais pas besoin de ses explications. Je connaissais la vérité. Qu'y avait-il de plus à savoir ? Voulait-il me faire encore plus de mal qu'il n'en avait déjà fait ? Je n'étais pas sûre de pouvoir m'en remettre. C'était déjà si dur. Une part de moi, surement masochiste, me soufflait pourtant de lui laisser une chance.

- ... Tu as cinq minutes, soupirais-je finalement. Après ça, tu sors à jamais de ma vie.

- Liliane et moi sommes fiancés depuis notre enfance. Ce n'est pas quelque chose que j'ai choisi par moi-même.

- N'essaie pas de me faire croire que tu n'as pas de sentiments pour cette fille, avertis-je. J'ose croire que je te connais tout de même un peu. J'ai vu les photographies dans ce magazine, tu mens peut-être bien, mais je sais lire dans tes yeux. Tu l'aimes, soufflais-je difficilement malgré la potion.

Il m'avait fallu tout mon courage et toute ma force pour prononcer ces mots qui me brisaient littéralement le cœur.

- Il n'y a personne que j'aime davantage que ma sœur. Liliane a été ma première et ma seule amie ... et je l'ai peut-être aimé, à une époque, c'est vrai, admit-il sombrement.

- Au point de la préférer à ton propre sang et à une innocente, ajoutais-je avec amertume.

- Je constate que Lynn et toi avez eu une discussion ... Il soupira en passant une main lasse dans ses cheveux ébènes. Lynn ... est particulière. Je ne lui souhaite pas de mal, mais je suis incapable de lui faire confiance.

- Je croyais que tu n'étais pas capable de faire confiance à qui que ce soit, avant de lire ce magasine, alors ça n'a rien d'une surprise. Pour ton information, je ne lui fais pas confiance non plus. Ça fait bien longtemps que j'ai compris qu'on ne pouvait pas se fier aux membres de ta famille ! Mais elle était sincère quand elle m'a parlé de toi et de ta fiancée, ça au moins j'en suis sûre.

- ... Je ne perdrais pas le temps que tu me donnes pour elle. Ce que j'essaie de te dire ... c'est qu'au début de l'année, j'aurais préféré sacrifier n'importe quel né-moldu pour garantir la sécurité de la seule véritable amie que j'avais. Lynn t'a proposé et Liliane a suggéré, en voyant que ça n'avançait pas que ... que je te motive un peu.

- La demoiselle est partageuse et aussi désaxée que toi, constatais-je avec ironie. Vous pensiez que je n'apprendrais jamais rien à son propos ou vous avez choisi de tout révéler en voyant que je n'avançais toujours pas ?

- L'article n'aurait pas dû être publié, souffla-t-il sombrement. Liliane ... m'avait dit que ça attendrait la fin de notre scolarité.

- On dirait que finalement tu ne peux vraiment faire confiance à personne, ricanais-je avec énormément de moquerie dans ma voix.

C'était cruel, puérile même, mais ça me faisait du bien de cracher sur cette fille qui mettait consciemment ma vie en danger et qui avait joué avec mes sentiments sans aucuns scrupules.

- Elle a pris peur, c'est tout, ne pût-il s'empêcher de la défendre.

- Peur ? De quoi ? Répétais-je, agacée.

- De toi.

- Je n'ai pas l'impression de l'avoir menacée pourtant. Je suis même à peu près certaine de ne jamais lui avoir adressé la parole.

- Elle n'a pas peur de toi en tant que sorcière ... elle a peur de ... l'effet que tu as sur moi.

J'aurais voulu lui demander quel effet je lui faisais, justement, mais mon orgueil m'en empêcha. Et malgré tout ce qu'il me disait, je ne pouvais m'empêcher de l'écouter avec méfiance. Il m'avait menti, dupée. Qu'est-ce qui l'empêchait de recommencer ? D'un autre côté, pourquoi venir se justifier ? Je ne lui avais rien demander, au contraire, puisque je l'avais consciencieusement évité depuis la rentrée. Et ça serait stupide de m'avouer son plan s'il comptait l'utiliser de nouveau. Alors qu'attendait-il de moi ?

- Tu essaies de me dire quoi, Rosier ? Qu'elle m'a tendu un piège ? Qu'elle savait que je finirais par apprendre son existence et que ce jour-là je serais si furieuse contre toi que je ne voudrais plus jamais avoir affaire à toi ?

- C'est exactement ce que j'essaie de te dire.

- Personne n'est tordu à ce point. Je crois juste que tu te sers d'elle pour ne pas assumer le fait que tu t'es servi de moi, que tu m'as délibérément menti ! Que tu n'en as jamais rien à foutre de moi ! Je ne comprends juste pas pourquoi tu t'obstines à essayer de me mentir ... Qu'espères-tu de moi ? Lâchais-je dans un souffle.

- Je veux que tu me crois. J'ai besoin de savoir que tu me crois. Parce que ... tu as raison, dit-il en plantant ses sombres iris dans les miennes, capturant mon regard et me faisant frissonner. Il n'y a plus personne en qui j'ai confiance désormais. Il n'y a que toi.

Je restais un instant silencieuse, savourant son regard de tout mon coeur. Merlin, qu'il m'avait manqué ! Mais comment pouvais-je être faible à ce point ? Pourquoi avais-je tant besoin de sentir le poids de ses yeux sur moi ? Je fermais doucement mes yeux, rompant le contact entre nous. Je ne devais pas céder. Il n'en était pas question. Pas après tout le mal qu'il m'avait fait.

- Il y a quelques mois ... Juste avant que je ne sorte avec Kyle, d'ailleurs, ris-je amèrement en passant une main lasse dans mes cheveux désordonnés, je t'ai demandé si tu avais confiance en moi.

- Tania ...

- Tu as répondu un "non" si ferme, si sec ... continuais-je malgré son interruption. Il me semble que tu as ajouté que tu n'avais confiance en personne, et même si j'étais vexée, je souviens m'être dit que je comprenais ton raisonnement, d'une certaine façon. Lorsqu'on accorde sa confiance à quelqu'un, on donne la possibilité aux autres de nous faire du mal.

J'eus un rire amer alors qu'il me fixait, un peu perdu.

- Est-ce que tu as mal, Evan ? Chuchotais-je d'une telle façon que son prénom sonna davantage comme une insulte. Parce que moi oui, lui dis-je avec un sourire un peu dément. J'ai l'impression de perdre pied, parfois. Je voudrais hurler de toutes mes forces, mais un poids m'oppresse la poitrine et un nœud bloque ma gorge ... Je ne sais pas ce que tu m'as fait, mais je déteste ça. Je déteste avoir à m'empêcher de te regarder, quand je t'aperçois dans les couloirs ! Je déteste avoir le ventre noué quand j'entends ton nom et penser à toi rien qu'en entendant le mot serpentard ! Je déteste que tout me ramène à toi, quoi que je pense, quoi que je fasse ! Je déteste avoir cette appréhension quand je croise les yeux de Lynn, juste parce que ce sont les même que les tiens ! Mais surtout, je te déteste de me faire me détester de tenir encore en toi, après tout ce que tu m'as fait !

- Je ...

- Je n'ai pas fini ! Coupais-je de nouveau, mon sourire ayant disparu au fil de ma tirade décousue. "Il n'y a que toi" ? Tu te trompes. Il n'y a plus personne. Tu es seul, Rosier. Et contrairement à ce que je croyais naïvement auparavant, tu l'as bien mérité.

- Je le sais ! Cria-t-il soudainement en frappant violemment la table de chevet de sa main déjà amoché, lui arrachant une grimace douloureuse. Je le sais ... Mais j'ai besoin de toi, souffla-t-il en fermant les yeux, d'un ton si faible que je crus un instant avoir rêvé. Je ... Depuis que tu es sortie de ce wagon, en janvier ... c'est comme si ... j'étais vide et que rien n'avait d'intérêt ... Tu n'imagines pas combien j'étais furieux lorsque Lynn m'a transmis ton message ... Par Merlin, c'est la seule véritable émotion que j'ai ressenti depuis que nous sommes revenus à Poudlard ... Je redeviens ... exactement comme ...

-... comme avant, complétais-je.

Car c'était ainsi que j'étais vu Evan la première fois. Vide, froid et distant. Il avançait dans la vie comme si rien n'avait d'importance. Car rien n'en avait à ses yeux, sauf Morgane et -apparemment- sa chère fiancée. Il n'y avait pas cette colère, cette douleur en lui. Seulement cette froide intelligence manipulatrice. S'il y avait de l'amour en lui à l'époque, il l'avait tellement bien caché qu'il abordait la chose avec autant de distance que le reste.

- Ton temps est écoulé, soufflais-je en regardant ailleurs.

- Attends, je ...

- Non. Tu m'as demandé d'écouter, c'est ce que j'ai fais. Mais à quoi bon ? Tu n'es même pas désolé de ce que tu as fait. Tout ce que tu veux, c'est redevenir comme avant, mais c'est impossible. Je ne peux pas oublier la douleur, la trahison, juste parce que tu viens t'expliquer, un mois plus tard. Ça ne me suffit pas.

Je le fixais, la boule dans ma gorge ayant grossi au fur et à mesure de notre conversation. Je n'arrivais pas à croire que j'allais volontairement renoncer à lui, exactement comme j'avais renoncé à Kyle. Mais c'était la chose à faire, n'est-ce-pas ? Il n'y avait pas d'autres issues, pour nous. Pour moi.

- Tiens parole, au moins une fois dans ta vie, et laisse-moi.

J'aurais voulu dire "laisse-moi en paix" mais je savais pertinemment que mon cœur ne le serais jamais plus sans lui.


Avec le temps, certaines de mes blessures ont cicatrisées, ne laissant plus qu'une fine trace.

Pour lutter contre leurs oublis.

Seulement certaines d'entre elles ne se sont jamais refermées. Elles ne le feront pas.

Je l'ai toujours su.

Je ne pourrais jamais l'oublier. Jamais m'en remettre.

La plaie restera béante, sanguinolente.

Jusqu'à mon dernier souffle.