Salut salut !
Me revoilà !
Je suis super rapide ! ;p
Bon ! J'espère que ce chapitre vous plaira autant qu'à moi qui me suis laissée emporter en l'écrivant ! :D J'ai hâte d'avoir vos réactions surtout à propos de la toute dernière phrase ! Je ne vous spoilerais pas ! :p
Disclaimer : Tout à JKR, sauf l'intrigue et les OC !
Brefouille !
Bonne lecture !
Enjoy it !
Chapitre 35
Drago sentit son esprit émerger de l'inconscience. Il avait honte de l'avouer, mais il s'était évanoui. Mais pas pour rien ! Ah non (un Malefoy a tout de même suffisamment de retenue pour ne pas défaillir à tout-va) ! Il était tombé dans les pommes après avoir été torturé par un moyen tout à fait simple et efficace quand on avait l'esprit détraqué qu'il fallait : par l'Endoloris. Une façon de faire tout à fait lâche tout de même ! Lancer un sort pour ne pas avoir à se salir les mains, d'autant qu'il avait été attaché par les poignets et par les chevilles… Cependant, certains trouvaient cela jouissif… Son agresseur en faisait sûrement partie. Il avait senti son cœur se briser, il avait eu envie de vomir, quand il s'était rendu compte qu'il devait le combattre. Mais, bon, ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait, de se faire torturer par un Impardonnable. Son père l'avait élevé de cette manière. Malgré tout, cela faisait bien longtemps (non pas que cela lui manque, rassurez-vous) qu'il n'y avait plus eu recours, Drago faisant en sorte qu'il n'en ait pas besoin. Depuis ses treize ans, selon ses souvenirs. Par ailleurs, sa seule fierté, c'était d'avoir résisté à l'envie de hurler sa douleur. Il ne l'avait fait qu'une seule fois dans toute sa vie : le jour de ses sept ans, quand son géniteur (quel connard) lui avait fait subir ce sort pour sa première incartade.
Le blond se força à ouvrir les yeux, ou du moins à les entrouvrir. Il ne voulait pas la personne qu'il avait combattue de toutes ses forces, qui l'avait torturé, sache qu'il était réveillé. Ce serait une bonne raison pour celle-ci de reprendre là où elle s'était arrêtée. D'autant qu'il n'avait pas bien compris ce qui l'avait fait s'arrêter. En effet, non pas qu'il s'en plaigne, mais ils étaient en pleine séance, et selon ce qu'on (c'est-à-dire son père) lui avait appris, il ne fallait jamais la terminer en cours de route, sinon l'espoir revenait dans l'esprit de la personne torturée. Avant de s'évanouir, il avait juste entendu la voix de son tortionnaire et son ricanement sinistre. Pourquoi donc l'avait-on attaquer ? Il s'était fait supplicier, mais son agresseur ne lui avait posé aucune question. Secouant ses pensées mentalement, il mit de côté sa tristesse et son dégoût pour cette personne et ce qu'elle lui avait fait.
Doucement, il jeta un coup d'œil circulaire à la pièce qu'il occupait, du moins dans la mesure du possible. S'il ne vit pas la personne qui l'avait torturé (heureusement, parce que sinon, son jeune cœur se serait à nouveau briser de tristesse et de déception), le jeune homme retint un glapissement d'horreur, quand il remarqua à quelques mètres de lui, un corps qui ne bougeait plus que par une respiration hachée. Ce corps, il ne pouvait que le reconnaître par ses cheveux roux et dans sa manière de s'habiller, si caractéristique : George. Mais que faisait-il donc là ? Pourquoi était-il évanoui ?
Soudain, tout se remit en place dans sa tête. Le magasin, où il était venu voir comment se passait le premier vrai jour de travail d'Enora. George, qui l'avait découvert et qui lui avait promis de passer le voir après la fermeture. Le combat contre cet agresseur si bien connu, trop bien aimé. L'arrêt de la torture. Les paroles de son tortionnaire et son ricanement… Merlin. Dans quoi avait-il entrainé son ami ? Le rouquin avait bien dû voir le champ de bataille que devait être le rez-de-chaussée (bah oui ! Drago ne s'est pas laissé faire ! Non, mais ! Qui avait pu croire cela une seule seconde ?). Pourquoi n'était-il pas parti ? Pourquoi n'avait-il pas prévenu les Aurors ? Et s'il l'avait fait, pourquoi ne les avait-il pas attendus ? Et surtout, pourquoi n'étaient-ils toujours pas là ? La seule chose qui le soulageait un tant soit peu était le fait que son ami était toujours vivant, bien que son tortionnaire ait dû lui faire subir la même chose qu'à lui. Dans le cas contraire, il ne se le pardonnerait jamais.
Dans sa recherche visuelle, Drago n'avait rien vu qui semblait indiquer la présence de leur tortionnaire. Les oreilles en alerte pour repérer le moindre son suspect qui pourrait provenir de leur attaquant, le blond essaya de réveiller son ami, qui était toujours étendu, probablement évanoui (enfin, il l'espérait, parce que s'il était dans le coma, il ne lui serait pas d'une grande aide, s'ils devaient combattre). Sans trop bouger pour pouvoir facilement revenir à sa position initiale, le jeune homme chuchota pour ne pas faire trop de bruit. Durant une dizaine de minutes, il l'interpella sur tous les tons. Mais rien n'y faisait, George ne se réveillait pas. Drago désespérait de pouvoir faire quelque chose. Pieds et poings liés, il ne pouvait pas se lever, il ne pouvait pas aller chercher de l'aide. Et puis, même, sans sa baguette, qu'on lui avait retirée à la fin du combat, il ne pourrait pas non plus faire grand-chose.
Tout à coup, des pas retentirent dans le couloir qui menait à la pièce où ils se trouvaient, pourtant masqué par le tapis molletonné qui parcourait les corridors de la maison. Rapidement, le fils de Lucius se replaça le plus possible dans sa position initiale et il serra les dents, en attente de la suite.
Quelqu'un venait.
oOo
Narcissa grelotta dans la salle de bain. La fenêtre était ouverte. Tandis que la femme aux cheveux bicolores se rapprochait de l'ouverture murale, elle frémit à nouveau, mais de manière nettement plus forte. Ses épaules bougèrent tellement vite que ses os en vinrent à craquer. Cela la fit grimacer de douleur. Elle ouvrit avec ses doigts manucurés le placard à pharmacie et sortit une fiole de potion. Comme toute potion qui se la raconte, elle sentait particulièrement mauvais (l'œuf pourri) et ne donnait pas du tout envie d'être bue. La femme ajouta un dernier ingrédient, qui devait être mis juste avant de boire. Courageusement, elle avala la décoction. Cela fait, elle se dévisagea dans le miroir quelques secondes, puis sourit à son propre reflet.
Soudain, elle sursauta, ou du moins, se retint de sursauter, surprise, et comme prise en faute, cacha la fiole de potion dans son dos. Elle avait entendu des bruits suspects venant de l'étage juste en-dessous. Elle quitta donc la pièce au pas de course pour voir ce que cela pouvait être.
oOo
Enora, Harry, Ginny et Arthur venaient d'arriver devant la grande et illustre demeure des Malefoy. Ils réprimèrent un hoquet de stupeur devant les ravages qu'avait subi la maison. La belle façade avait perdu toute sa superbe et sa splendeur. La grille et la porte d'entrée étaient sorties de leurs gonds. Quels sorts avaient eu assez de force pour produire ce carnage ?
Cela leur brisa le cœur à tous sachant à quel point Drago avait investi du temps dans la rénovation de sa maison. Mais cela fut, Merlin seul sait à quel point, pire que tout pour Enora. Elle ne se cachait pas des autres quand des larmes vinrent faire scintiller les coins de ses yeux bleus. La jeune femme ne pleurait pas pour cette maison, où elle n'avait vécu que le pire (et cela semblait vouloir continuer dans ce sens), elle pleurait pour ce qu'elle imaginait être arrivé à celui qu'elle aimait. Elle ne voulait pas se faire du mal, cependant elle ne pouvait empêcher son esprit de lui projeter toutes les tortures, tous les sorts possibles et imaginables qui pouvaient lui être lancés. Jamais la rousse n'avait autant détesté sa capacité à visualiser tout et n'importe quoi. Même si elle savait qu'il n'avait pas été supplicié depuis la fin de son « coma », elle n'avait qu'une peur, c'était que cette léthargie ait une signification que personne n'avait osé mettre en mot depuis qu'elle s'était réveillée. Que Drago soit mort. Il fallait dire qu'elle ne connaissait pas tous les effets que ce type de lien empathique, et encore moins quels étaient les effets négatifs. Tout ce qu'elle avait pu lire dans le livre Caractéristiques caractéristiques des Elfes elfiques, c'était des cas de personnes qui vivaient le bonheur dans le meilleur des mondes. Ce n'était pas son cas à elle. Enora ne savait donc pas ce qui se produisait lorsque l'un des deux liés, et en particulier celui qui avait provoqué le lien (dans son cas Drago, mais cela, elle ne voulait pas y songer une seule seconde de trop), mourrait. Elle ne savait pas si les liés mourraient tous les deux ou seulement l'un des deux. Dans un moment d'égarement, elle se demanda ce qu'était le pire : mourir à deux ou en laisser un derrière. Elle secoua la tête, attirant les regards interrogateurs de ses amis. Elle leur fit un triste sourire en essuyant une larme (traitresse !) qui avait coulé sur sa joue, contrairement aux autres qui étaient restées dans ses yeux. Elle ne devait pas se laisser aller de la sorte. Pour Drago.
Tandis qu'Arthur leur chuchotait qu'il avait remarqué la présence de sorts issus de la magie noire, Harry remarqua la présence de deux Aurors devant la porte défoncée du Manoir Malefoy. Il y en avait un jeune, qui paraissait être sur l'une de ses premières affaires, et un plus vieux, qui devait avoir la cinquantaine et qui semblait être son mentor. Réajustant ses lunettes, le fils de Lily et James Potter se rendit compte qu'il connaissait de vue le novice. Ce fut ce dernier qui les remarqua le premier et qui prévint son aîné. Ce dernier plissa des yeux pour s'assurer de la véracité des dires de son élève et s'avança discrètement sur les graviers en faisant signe aux nouveaux arrivants de ne pas faire de bruit, alors que son apprenti en faisait autant qu'un hypogriffe dans un magasin de grains d'avoine. Le plus vieux des deux Aurors leva les yeux au ciel et lança rapidement un sort d'insonorisation sur le sol pour empêcher les gravillons qui s'entrechoquaient les uns contre les autres de les faire remarquer. Les ayant rejoints, les policiers-sorciers jetèrent un coup d'œil vers la porte de la maison pour être sûrs que personne n'en soit sorti, puis ils se tournèrent vers leurs « invités-surprises ».
- Que faites-vous ici ?, interrogea le plus âgé.
Les quatre intrus se regardèrent quelques secondes avant de se tourner vers Enora. En effet, c'était elle qui avait la main et qui devait donner une réponse, puisque c'était de son chef qu'ils étaient venus. Et puis, c'était à elle de choisir si elle voulait révéler à d'autres qu'au cercle restreint de ses amis et de sa famille adoptive son lien empathique avec Drago. Mais c'était une chose dont elle n'avait pas envie ; elle ne voulait pas voir sa vie et ses sentiments étalés sur la place du Chemin de Traverse. Elle eut une nouvelle fois un triste sourire. Elle s'en voulait de mentir ainsi aux deux hommes en face d'elle, ils ne lui avaient rien fait et semblaient honnêtes. Cependant, si eux savaient, tous sauraient tôt ou tard. Enora souffla un bon coup. Elle inventa alors sur un coup de tête une vague histoire de rendez-vous nocturne (bah oui ! N'oubliez pas que nous sommes le soir) avec le blond, organisé depuis deux jours. Le Survivant comprit qu'elle ne voulait pas donner la véritable raison de leur venue ce soir, voire cette nuit.
- Mais dites-moi…, commença Harry.
- Vous êtes Harry Potter ?, l'interrompit le jeunot, sa voix montant dans les aigus.
- Oui, soupira ladite super star internationale du monde entier de Londres et de toute l'Angleterre. C'est bien moi. Je disais donc, dites-moi…
- C'est vraiment vous ?, insista le jeune homme, qui, le montrant du doigt (oh ! Le malpoli !), n'en croyait toujours pas ses yeux.
Son mentor leva encore une fois les yeux vers le ciel noir de la nuit et claqua l'arrière de la tête de son protégé (qu'il aurait préféré ne pas avoir à cet instant dans ses pattes).
- Vas-tu donc le laisser parler, espèce de scregneugneu à roulettes moldues.
Arthur regarda Harry se retenir de rire avec une certaine perplexité et une véritable curiosité. Il n'avait pas vraiment compris ce à quoi faisait allusion le plus expérimenté des deux Aurors, tout le contraire de sa fille et d'Enora (mais elle était bien trop malade de savoir Drago dans le manoir pour penser à autre chose. Le reste était inutile préoccupation et lui passait donc par-dessus la tête).
- Hum…, se reprit l'Elu. Je disais donc, dites-moi, mais qu'est-ce qui se passe ici, par Merlin ?
- Pour tout vous dire, monsieur Potter… On n'en sait trop rien. Nous sommes venus ici à cause d'un appel par Patronus. Notre chef a choisi de prendre les plus expérimentés à cause du passif de cet endroit. Seul Higgins* est venu en tant que bleu, parce qu'il est en formation avec moi…
Dans le sourire dudit Higgins passa toute la fierté qu'il éprouvait d'avoir été envoyé sur cette mission, bien qu'il en soit un tant soit peu exclu en restant dehors. D'ailleurs…
- Mais, où sont donc les autres ?, interrogea Ginny, toujours le mot juste, tout en regardant tout autour d'eux (des fois qu'ils n'aient pas décidé de faire un cache-cache. On ne savait jamais).
- Bah ! A l'intérieur, bien sûr !, s'exclama Higgins avant de se prendre un nouveau coup sur la tête de la part de son mentor à cause du fait qu'il venait de parler trop fort et qu'il risquait de les faire repérer (encore, soit dit en passant). Désolé inspecteur Brackenreid**.
Ce dernier secoua la tête, avec un air désespéré sur le visage.
- Comme vient de le dire mon… camarade (on voyait bien qu'il désespérait que ce soit vraiment le cas), les huit autres sont montés à la suite de notre informateur, après avoir stabilisé le plafond de l'entrée, qui avait été fragilisé par de rudes combats.
Harry hocha la tête.
- Et pouvons-nous savoir qui est cet informateur, si ce n'est pas trop indiscret ?, glissa Arthur, sur le ton de la confidence.
Tandis qu'Enora trépignait sur place de voir ces conversations trainer en longueur, Ginny et son petit ami se jetèrent un regard : le roux ne changerait jamais ! Un jour, sa curiosité le perdrait. Mais, le père de famille ne fut plus le seul intrigué quand les deux amoureux remarquèrent les expressions des deux Aurors et le coup de coude que le plus jeune donna à son aîné. Celui-ci le rabroua du regard.
- Euh… Je ne suis pas sûr que nous soyons habilités à vous transmettre ce genre d'informations, répondit d'une voix crispée Higgins.
Cela eut le don de rendre le mystère encore plus appétissant pour le mari de Molly.
- Allez ! Vous savez qui je suis ! J'ai fait partie de l'Ordre du Phénix, tout de même ! Vous pouvez bien nous le dire.
- Oh… Nous savons très bien qui vous êtes monsieur Weasley. Je dois dire que votre réputation vous précède, répondit plus diplomatiquement Brackenreid, un peu lèche-cul sur les bords. Ce n'est pas vraiment pour cette raison que nous hésitons à vous le dire… (Il sembla hésiter quelques secondes, avant de lever les yeux au ciel une énième fois depuis le début de la soirée.) Roh ! Et puis tant pis ! Vous serez bientôt au courant et il vaut mieux que vous le soyez maintenant. C'est votre fils.
Arthur s'étrangla avec sa propre salive, alors qu'Enora remettait en cause son jugement à propos de cette conversation qui ne semblait plus si inutile et si vaine que cela.
- Pardon ?, reprit Ginny, qui avait retrouvé le plus vite ses moyens. Duquel de mes frères parlez-vous donc ? De Percy ou de… George…
La jeune femme n'avait même pas besoin qu'on lui réponde, elle avait compris toute seule. Elle réprima un sanglot et posa sa main sur sa bouche. Les trois autres, eux, semblaient ne pas vouloir intégrer une information sous-entendue. Il fallait qu'elle soit claire[CJ1] , nette et précise, sans quoi ils ne voudraient, ne pourraient pas y croire.
- Plait-il ?, redemanda Arthur, prenant un langage plus soutenu et d'une voix plus aigüe du fait de son inquiétude croissante.
Il ne pouvait pas assimiler que l'un de ses fils avait pu se jeter dans la gueule du loup, sans les prévenir. Merlin leur avait donné un cerveau tout de même.
- C'est George, monsieur…, déclara Brackenreid, dans un murmure.
Ce dernier avait discrètement sorti sa baguette au cas où. On ne pouvait que voir des réactions excessives lorsque l'on apprenait que l'un de ses fils s'était embarqué sur un chemin mortel. Et, il ne fallait surtout pas qu'ils se fassent repérer ! Sinon, toute l'opération pourrait capoter. Bien lui prit. En effet, Arthur eut, pour toute réponse à cette annonce qui laissa sans voix Enora et Harry, une attitude qui aurait pu virer au drame. Cependant, Brackenreid ne s'embarrassa pas de manière et lui jeta un sort de Mutisme, ainsi que d'Entrave, tout cela dans le silence le plus parfait. Le roux n'en fut que plus outragé, mais quand d'une voix calme, l'Auror lui expliqua son geste, et le père s'apaisa.
- Je peux retirer les sorts sans que vous fassiez un scandale qui rameute tout le monde ?, demanda patiemment l'inspecteur.
Arthur acquiesça vivement de la tête. D'un geste ample, le sorcier annula les enchantements. Le roux avait les larmes aux yeux, puis, inspirant un grand coup, il se ressaisit.
Pour Enora, c'était une toute autre affaire. Sa tête était devenue vide depuis l'annonce du sorcier. Plus aucune pensée n'y circulait. Quand elle était partie à la recherche de Drago, c'était le cœur un peu moins lourd, certaine que son meilleur ami (oui, on pouvait penser ce que l'on voulait, mais il lui était presque aussi cher que le blond de son cœur), son alter ego était sauf. Mais maintenant qu'elle apprenait que les deux personnes qu'elle chérissait le plus au monde, depuis la mort de son père, étaient en danger, elle était persuadée que son cœur était détruit pour de bon, envahi par la peur de la perte. Qu'était donc passé par la tête de cet adorable abruti de rouquin ? S'il ne sortait pas vivant de cette histoire, c'était elle qui le tuerait pour avoir été aussi stupide !***
Tout à coup, une bulle de lucidité frappa à la porte de son esprit noyé par l'inquiétude. Et Narcissa ? Elle devait encore rester quelques jours au manoir. Enora se souvint qu'elle leur avait parlé d'aller faire quelques emplettes dans la journée. Elle espérait qu'elle ne soit pas encore rentrée, ou alors qu'elle soit autre part, tout pour qu'elle ne soit pas dans le même cas que Drago et peut-être George.
La rousse secoua la tête pour se reprendre. Elle n'était pas venue là pour se lamenter. Elle était venue là pour aider ses amis. Elle était venue là pour les sauver. Sans un mot, Enora sortit sa baguette de sa poche arrière et se précipita vers l'enfer où elle avait grandi.
oOo
Un grand coup de pied dans les côtes le réveilla de son évanouissement. Le jeune homme retint un gémissement de douleur en fermant les yeux encore plus fort. Il ne fallait pas qu'il lui donne satisfaction. Ils avaient tous été dupés, depuis des mois. Il releva les yeux vers leur tortionnaire à Drago et à lui, George Weasley. Oui, parce qu'il avait trouvé Drago dans la pièce où il était arrivé après avoir suivi les traces de lutte. Le rouquin l'avait découvert souffrant mille douleurs. Que disait-il ? Mille douleurs ? Non ! Une infinité de douleurs ! Plus que ce que n'importe qui pourrait imaginer, dans ses plus horribles cauchemars. Endoloris était parfait pour ce genre de travail. Il pouvait en témoigner, puisqu'il l'avait subi. La seule chose dont il pouvait se targuer (parce qu'il n'était pas fier de s'être fait avoir comme un enfant de trois ans mangeant une Dragée surprise de Bertie Crochue à l'œuf pourri), c'était de ne pas avoir laissé la personne qui le torturait récupérer de sa part une seule des informations qu'elle aurait voulues avoir. C'est-à-dire ? Est-ce que tu as appelé du renfort en arrivant ? Es-tu seul, sale Traitre à ton sang ? Avez-vous fait de nouvelles découvertes en ce qui concerne les Elfes avec la Sang-de-Bourbe et la fille de ce traître de Rogue ? George avait d'ailleurs compris que son tortionnaire et le voleur de la veille au soir n'était qu'une seule et même personne. N'importe qui avec un tant soit peu de jugeote aurait eu le même cheminement de pensées.
Un nouveau coup le tira de sa réflexion. Il ouvrit les yeux, cette fois-ci. Ainsi que la bouche. Oh… Il ne dit rien. Il cracha sur la personne qui était la cause de tous leurs maux. Il la connaissait, cette personne. Il lui avait fait confiance. Il avait à présent comme un poids sur le cœur rien qu'en y repensant. Comment avaient-ils pu être aussi stupides ?
- Comment oses-tu sale Traitre à ton sang ?, vociféra la femme, la voix suraigüe en pointant à nouveau sa baguette vers lui, se préparant à lui jeter un nouveau sort.
George échangea à cet instant son premier regard avec Drago. Leurs yeux étaient écarquillés de stupeur. Ni l'un ni l'autre ne savait qu'elle pouvait avoir cette voix-là. Et pourtant… Ils n'en étaient même plus tellement étonnés. Ils avaient été trahis. Chacun la regarda avec une hargne nouvelle, en repensant à cela.
La femme sembla se rendre compte à quel point son emportement était inhabituel et se racla la gorge pour se redonner une contenance. Elle allait lancer un nouveau sort (Endoloris pour changer ?), quand elle entendit un son provenant du couloir. D'un sort informulé, elle insonorisa la pièce avant de lancer un nouvel enchantement dont George n'avait jamais entendu parler, mais qui ne surprit pas Drago. Elle rendit la porte transparente. De cette manière, on pouvait observer tout ce qui se passait dans le couloir, probablement sans que l'intérieur soit visible de l'extérieur (cela aurait été trop beau).
Tandis que la femme regardait intensément de tous côtés dans le corridor, le rouquin essaya de communiquer à Drago ce qu'il venait de remarquer. Dans la poche de la robe de la sorcière pendaient leurs deux baguettes. Au bout de quelques instants (et de gesticulations comiques, hors de ce contexte précis où la mort pendait comme une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes, bien entendu), le blond comprit ce que lui expliquait son ami. Mais il haussa les sourcils. Comment voulait-il utiliser cette information à leur avantage ?
Le fils de Molly n'eut pas le temps d'expliciter sa pensée que leur geôlière poussa un petit cri aigu. Enfin, elle tenta de le retenir, ce qui provoqua un glapissement bizarre. Elle venait à nouveau d'entendre des bruits dans le couloir, beaucoup plus forts cette fois-ci, sans pour autant voir le moindre mouvement. George décida de tenter sa chance.
- C'est peut-être seulement le nouveau chat de Drago…, suggéra-t-il avec un regard appuyé vers son ami.
La femme, surprise, se tourna vers eux, la baguette tendue. Le rouquin reprit sa position initiale pour qu'elle ne se rende pas compte que ses deux prisonniers communiquaient.
- Quoi ?
- Oui, affirma Drago, roulant intérieurement des yeux (un chat ? Lui ? George n'aurait-il pas pu trouver mieux ? Mais bon… Il ferait avec). Je me suis acheté un chat récemment. Cependant, il n'est là que très peu souvent parce qu'il est, disons… un peu sauvage.
Tandis que Drago happait l'attention de la femme en continuant de déblatérer sur son chat, George essayait de pratiquer quelque chose qu'il n'avait jamais vraiment réussi. En général, dans ce genre de situation, le héros a de la chance, mais là, cela ne lui réussissait pas. Il cherchait à utiliser sa magie sans baguette, à la Dumbledore, et en informulé. Il voulait faire un Accio de sa baguette. Cependant, il n'y arrivait pas.
- Un chat ?, interrogea la femme suspicieuse. Vraiment ?
Cette distraction ne servit pas qu'à George. En effet, la porte de la pièce venait de s'entrouvrir. Le rouquin mobilisa toute son énergie et son esprit, non plus à contrôler sa magie, mais à contrôler ses expressions faciales. Il se demanda si Drago aussi l'avait remarqué. Ce dernier avait tellement travaillé son masque d'indifférence depuis des années qu'il pouvait ressentir n'importe quoi (ou presque) sans que personne ne soit au courant de ce qui se tramait dans sa petite tête blonde.
George ne suivait plus du tout la conversation qui se jouait sous ses yeux. Bien que concentré sur le visage de celle qui l'avait torturé, tous ses autres sens étaient tournés vers ce qui se passait derrière la porte.
La poignée qui se tourne.
La poignée qui reprend sa place initiale.
La peur que la porte ne grince.
La porte qui ne grince pas.
L'entrouverture.
L'espoir.
oOo
Enora se laissait guider par son instinct. C'était son instinct qui lui avait ordonné de se rendre invisible par un sort de Désillusion. C'était son instinct qui lui avait fait mettre un sort de Mutisme sur les semelles de ses chaussures pour qu'elles ne fassent aucun bruit à ses pas. C'était son instinct qui la faisait parcourir le labyrinthe des corridors du Manoir Malefoy, alors qu'elle ne connaissait que très peu l'endroit où elle avait vécu la majorité de sa vie. Ou plutôt c'était son odorat qui lui servait de guide : elle suivait celle de George. Il avait une fragrance particulière qui lui était donnée par son parfum de musc masculin. Telle un chien de chasse, elle le pista jusqu'au détour d'un couloir. Là-bas, elle ralentit. Devant elle, Enora sentait (oui, avec le nez. Un Elfe, surtout pas un demi-Elfe, n'était pas omnipotent) la présence d'autres personnes sans pour autant les voir. Cependant, elle n'en eut pas peur. Elle savait (ou plutôt son instinct savait) que c'était les huit autres Aurors. La rousse ne manifesta pas sa présence, parce qu'elle avait peur de tout faire rater. Parce qu'elle savait que dans la pièce, dont la porte était entrouverte, il y avait George ainsi que Drago. Mais, dans cette pièce maudite, il y avait aussi celui qui avait torturé son amour, son lié. Ou plutôt, celle… Son odeur lui disait quelque chose… Mais sa mémoire, comme obstruée n'arrivait pas à mettre un visage sur cette « marque de fabrique »… Elle ragea, se fustigeant intérieurement.
Soudain, sans qu'elle ne s'y attende, la porte fut enfoncée. Au même instant, les Aurors perdirent leur capacité à se rendre invisible. Cela eut pour conséquence beaucoup de cris. Enora ne sut différencier les cris de surprise, les cris de peur, les cris de guerre. Elle différencia seulement les cris de ses amis, des Aurors et de celle qui… Oh ! Merlin !
Les cris se turent et des paroles retentirent.
Celle qui lui parvint, parmi tout le brouhaha, ce fut : Ils sont saufs. Ses quelques mots lui suffirent pour la faire se mouvoir à nouveau.
D'autres lui parvinrent : Merde ! Elle s'est échappée… Elle ne s'en préoccupa pas pour le moment.
D'un coup de baguette, elle retira les deux sorts qu'elle avait utilisé pour disparaître des yeux de tous (et surtout de ceux des deux Aurors, d'Arthur et de ses deux amis). Elle courut et, quelques secondes plus tard, elle faisait son entrée dans la pièce tant haïe. Tous se turent en s'apercevant de sa présence. Cependant, Enora ne s'en souciait pas. Après un sourire et un regard rapide (et soulagé de voir qu'il allait bien) à George, Enora tourna tout son être vers celui avec qui elle était liée.
Plus rien n'était important à ses yeux mis à part une tête blonde, des yeux gris, un corps à faire se damner un saint.
Plus rien.
Sauf lui.
Drago.
Ce dernier était assis contre le mur du fond. Il se frottait les poignets pour faire circuler son sang de ses mains à ses avant-bras. Il ne semblait pas s'être rendu compte de l'arrivée de la rousse.
Soudain, il leva les yeux vers elle, et ce fut comme si le temps s'était arrêté pour eux. Seulement pour eux. Comme si Merlin avait décidé de les envoyer dans une dimension parallèle pour qu'ils puissent se retrouver. Enfin.
Il était là.
Elle était là.
Il allait bien.
Elle allait bien.
Il tenta de se relever.
Elle se précipita vers lui pour l'en empêcher.
Il lui tomba dans les bras.
Elle lui tomba dans les bras.
Il n'était plus Drago.
Elle n'était plus Enora.
Il n'était plus le fils de celui qui l'avait emprisonné durant douze longues années de sa vie.
Elle n'était plus la fille que son père avait emprisonnée durant douze longues années de sa vie.
Il n'était qu'un homme amoureux d'une femme.
Elle n'était qu'une femme amoureuse d'un homme.
Il la regarda dans les yeux, ces yeux qui l'avaient tant fait rêver.
Elle le regarda dans les yeux, toute la sincérité de son amour bataillant dans son regard avec le soulagement de le voir encore en vie.
Plus rien ne comptait.
Sauf eux.
Et il l'embrassa.
* Pour ceux qui connaissent, je réutilise bien les noms des personnages de la série Les Enquêtes de Murdoch.
** Idem ci-dessus.
*** Oui, grosse référence au dernier tome d'Harry Potter.
C'est la fin ! Alors ?
Verdict ?
Le baiser vous a plu ? :p
Pas de détails, très sobre, mais très attendu, n'est-ce pas ? :p
Allez j'attends vos reviews avec impatience !
A la revoyure !
