Chapitre 33

-175 jours

Lorsque je m'éveillais, la première chose que je fis fut de vérifier si le bébé était toujours là. Ce qui était le cas, apparemment, vu la proéminence de mon ventre. J'exhalai un profond soupir de soulagement. Plus que mon ventre, c'était la sensation que mon enfant était toujours là qui me rassurait. Je me sentais intrinsèquement liée à lui, comme si nous ne formions plus qu'un seul être.

La seconde chose que je fis fut d'examiner mon environnement. Je savais déjà que je n'étais pas morte et c'était déjà un bon début. Je me trouvais dans notre chambre –celle du chalet, s'entend. Ses couleurs crème et ocre m'apaisèrent un peu. J'étais allongée sur notre immense lit double. La douleur de mon ventre était repartie.

Jacob était assis sur une chaise près de mon lit. Manifestement, il se trouvait là depuis longtemps car ses paupières étaient fermées. Il semblait profondément endormi. Irritée par l'espace qui nous séparait, je me demandai pourquoi il n'avait pas jugé bon de se coucher à mes côtés. Bien qu'ayant un nombre incalculable de questions à lui poser, je résolus de le laisser se reposer et me contentai de détailler dans la semi-obscurité de la pièce son visage que je chérissais tant.

Cependant, le lien qui nous unissait dû lui faire sentir que j'étais réveillée, parce qu'il ouvrit les yeux une dizaine de seconde après moi. Jake bondit sur ses pieds, comme monté sur des ressorts, et se précipita vers moi. Je me redressai en position semi-assisse et il me serra doucement dans ses bras musclés. La tête nichée au creux de son cou, je réalisai à quel point il avait pu me manquer depuis mon départ de la villa. Même lorsque j'étais endormie, son absence se faisait ressentir.

-Renesmée, tu m'as fait tellement peur ! gronda-t-il d'une voix basse. J'ai cru vous avoir perdus tous les deux.

Les accents d'amour de sa voix dépassaient largement les notes de reproche.

-Je t'aime, me contentai-je de répondre.

-Je t'aime aussi, chuchota-t-il. Je suis tellement soulagé que tu ailles bien.

Avant de me laisser submerger par l'amour qui émanait de lui, je tentai de me concentrer sur le plus important : le bien-être de notre enfant.

« Le bébé va bien ? »

« Oui, il est en vie, mais Carlisle t'expliquera tout ça mieux que moi. Toute la famille est dans le salon du chalet. S'ils n'étaient pas à ton chevet, c'était par crainte de t'étouffer. Je les appelle immédiatement, ils ont réclamés d'être prévenus dès que tu te réveillerais. »

Inquiète, je m'adossai à mon oreiller en attendant que mon grand-père arrive. Jacob avait dit que le bébé était en vie et non pas qu'il allait bien. Au lieu de descendre le chercher, mon mari se contenta d'appeler mentalement mon père.

Ce dernier pénétra dans la chambre quelques secondes plus tard, suivit par ma mère et Carlisle. Mes parents coururent vers moi et m'étreignirent brièvement.

-Renesmée Carlie Cullen, s'exclama ma mère, as-tu idée de la peur que tu m'as faite quand tu t'es évanouie dans mes bras ? Et sur ces dernières paroles, en plus : « sauve mon bébé » ! J'étais morte d'angoisse !

Mon père surenchérit :

-Tu nous en as fait voir des vertes et des pas mûres depuis ta naissance !

-N'en faites pas un drame, soupirai-je, je m'en suis sortie en un seul morceau à chaque fois.

-Mouais, mouais, marmonna-t-il en regardant Jacob de travers. Je me rappelle d'un bras cassé et d'une matinée où je vous ais trouvés dans…

-Edward, voyons ! s'écria ma mère sur un ton de reproche. Ne mélange pas tout !

C'était trop tard, cependant.

-Quel bras cassé ? Quelle matinée ? demandai-je, intriguée.

Tout le monde –oui, même Carlisle- fusilla mon père du regard, lequel se ratatina sur lui-même, l'air penaud.

-Rien, trancha Jacob d'un ton définitif. Je te raconterai plus tard.

Je me contentai de cette réponse mais pris la décision de creuser le sujet plus tard.

-Arrêtez de vous décharger sur Renesmée, reprocha Carlisle à mes parents. Je vous rappelle que c'est elle qui est la plus traumatisée dans l'histoire.

-Merci de ta reconnaissance. Puis-je savoir ce qui m'est arrivé, à la fin ? m'enquis-je.

Mon grand-père se posta au bout de mon lit sans se départir de son air professionnel, comme s'il allait donner une importante conférence. Néanmoins, ses yeux dorés brillaient de bonté.

-Vous avez eu un accident de voiture, tu t'en rappelles n'est-ce pas ?

Il eut la finesse de ne pas préciser qui en était la cause. J'acquiesçai posément.

-La peau des vampires et des demi-vampires est trop épaisse pour être entaillée ou abimée par autre chose qu'un être surnaturel, c'est pourquoi un accident de voiture n'est pas un événement grave en soit. La seule à courir un quelconque danger aurait été Lily, soit dit en passant. Cependant, les hybrides comme toi sont plus vulnérables aux chocs. Bien que ta peau soit très résistante, ton corps n'est pas aussi solide que celui d'un vampire. C'est pour cette raison que tu as été ballotée dans tous les sens, d'autant que tu es moins agile à cause de ta grossesse. Le bébé a ressenti le choc et s'est agité également, ce qui a sans doute causé ta douleur au ventre. Les coups de pied des bébés peuvent parfois être violents dans les derniers mois de la grossesse.

Carlisle marqua une espèce de pose théâtrale tandis que je me disais que son explication n'avait guère répondu à mes interrogations intérieures.

-D'accord, j'ai saisi. Mais si, comme tu l'as dit, cet accident n'a pas eu de graves conséquences, pourquoi me suis-je évanouie ?

-Simple réaction instinctive de ton corps. Le seul risque que vous avez encouru tous les deux était d'accoucher prématurément. Imagine que ton enfant soit un animal en hibernation. Si on le réveille, il sort de sa tanière. Il ne te reste peut-être qu'un mois avant d'accoucher, mais tu sembles plus être à sept mois de grossesse qu'à huit mois. Un accouchement aussi prématuré peut se révéler très dangereux pour le bébé. Heureusement, ça n'est pas arrivé.

J'étais perdue. Evidemment, j'avais compris les explications de Carlisle, mais pourquoi sa dernière phrase était-elle aussi positive alors qu'il affichait un air préoccupé ?

-Renesmée, répondit mon père, tu coures toujours le risque d'accoucher prématurément à présent que le bébé est « réveillé », si on utilise la métaphore de Carlisle.

Je saisis enfin l'étendue de ces paroles.

-Que puis-je faire pour empêcher ça ?

J'étais pendue aux lèvres de Carlisle. J'étais prête à faire n'importe quoi pour que mon bébé aille bien.

-Repos total, répliqua le médecin. Ce qui implique que tu reste couchée à longueur de journée, que tu ne te fatigue pas, que tu ne te stresse pas et que tu ne t'énerve pas.

Jacob me sonda de ses prunelles noires pour connaître ma réaction. Les consignes de Carlisle m'horrifiaient bien plus que ce que j'aurais voulu laisser paraître.

-Je vois, soupirai-je avec lassitude. Heu… j'ai le droit de me lever pour aller aux toilettes ?

Ma stupide question arracha un rire à Jake.

-Seulement pour aller aux toilettes, insista Carlisle.

-D'accord, d'accord. Et pour manger ?

-Esmée et moi nous relayerons pour cuisiner, souffla ma mère.

-Merci, maman.

-Parce que, bien entendu, ce n'est pas Jacob Black ici présent qui risque de te servir quelque chose de comestible, grinça mon père.

L'intéressé leva les yeux au ciel.

-Oh, désolé de ne pas être un mari multifonction comme Môsieur Edward.

Mon père s'étouffait de rage et allait répliquer, lorsque ma mère le coupa dans son élan avant que la conversation ne s'envenime :

-Edward, cesse de casser du sucre sur le dos de Jacob.

Je n'écoutai pas sa réponse et me demandai intérieurement comment Jacob allait supporter de rester enfermé à longueur de journée, lui qui aimait tant courir dans les bois –parce que, bien entendu, il allait insister pour rester vingt-quatre heures sur vingt-quatre à mon chevet. C'était sans compter nos mains entrelacées, une fois encore.

« Je ne m'ennuie jamais quand je suis auprès de toi » pensa Jake avec tendresse.

En souriant, j'embrassai ses lèvres.

« Merci. »

Mon père afficha immédiatement une moue écœurée, à laquelle Jacob répondit par un sourire narquois.

-Nessie, Alice insiste pour te parler, m'informa Edward. Elle piétine littéralement d'impatience. Je lui dis de monter ?

-Oui, s'il te plaît.

Je tenais là l'occasion de la questionner sur la vision qui lui avait fait perdre le contrôle de sa Porsche. Mon père me jeta un regard étrange et secoua imperceptiblement la tête.

Mes parents m'embrassèrent chaleureusement avant de redescendre au salon. Quelques instants plus tard, Alice et Jasper débarquèrent dans notre chambre en sautillant pour la première et en souriant calmement pour le second. Carlisle sortit à son tour de la chambre en soufflant au passage à Alice : « repos total, n'oublie pas ».

-Content de te voir indemne, Nessie, déclara Jasper.

Je n'eu pas le loisir de répondre, car Alice bondit vers moi et m'étouffa contre son corps dur comme de la pierre en criant :

-Pardon, pardon, pardon !

-Dans « repos total », quels sont les mots que tu ne comprends pas ? grommela Jacob.

Elle desserra un peu son étreinte.

-Oh, ma Nessie, je suis vraiment désolée. Que puis-je faire pour que tu me pardonne ?

J'aurais dû lui dire la vérité : que je m'en sortais sans mal et que j'étais incapable de la rendre responsable de l'accident. Pourtant, je ne pus pas m'empêcher de sauter sur l'occasion :

-Je veux que tu me racontes ta vision dans les moindres détails.

Il y eut une sorte de blanc dans la conversation. Alice et Jasper me considérèrent tous les deux d'un air navré.

-Quoi ? m'agaçai-je. J'ai le droit d'être au courant.

-Ca va à l'encontre des consignes médicales de Carlisle, avoua Jasper.

Qu'avait-elle vu de si important ? A tous les coups, cela concernait les Volturi.

-Nous avons failli perdre le bébé à cause de cette vision, s'énerva Jacob, alors la moindre des choses serait de nous dire sur quoi elle porte.

Je me tournai vers lui, surprise. Les accents de sincérité de sa voix ne trompaient pas : il n'était pas plus au courant que moi quand à la vision d'Alice. Je ne comprenais pas pourquoi lui non plus n'était pas au parfum.

-Je n'ai pas le droit d'en parler à aucun de vous deux, lâcha ma tante. Nessie serait trop perturbée pour le bien de sa grossesse et nous savons que Jacob ne pourra pas lui cacher son inquiétude, ce qui la troublera d'autant plus.

-Franchement, bravo pour votre super plan, se moqua Jacob, parce que même sans connaître ta vision, Renesmée est morte d'angoisse et je ne suis pas loin derrière.

J'approuvai ses paroles d'un signe de tête, trouvant qu'il avait parfaitement bien résumé notre désastreuse situation. Malheureusement, il en fallait plus pour qu'Alice et Jasper changent d'avis.

-Je suis désolée, souffla Alice. Ca ne change rien. J'aurais préféré que vous ne soyez pas là.

Je soupirai bruyamment pour marquer mon désaccord.

-Qui d'autre est au courant ?

Tant Alice que Jasper me considérèrent d'un œil torve.

-C'est bon, m'agaçai-je, je ne vais pas les prendre en otage et les torturer pour connaître la nature de ta vision. Je veux seulement leurs noms.

-Nous avons informé Carlisle et Edward, annonça prudemment Jasper. C'est tout.

La nouvelle était censée m'apaiser, mais le contraire se produisit. Jasper et Edward étaient au courant parce que leurs dons leurs permettaient de tirer les vers du nez de n'importe qui. Carlisle était au courant parce qu'il était le chef de notre clan et que les décisions majeures lui revenaient.

Si Rosalie, Emmett, Bella, Esmée, Jacob et moi n'étions pas au parfum cela signifiait que :

la menace n'était pas imminente

la situation était grave

le cours des événements était irrémédiable.

Jacob arriva manifestement aux mêmes conclusions que moi. Cette fois-ci, nous fûmes deux à soupirer de concert. A chaque fois que nous pensions pouvoir vivre paisiblement, le danger resurgissait, et les êtres que nous aimions se retrouvaient en danger.

-Je veux une date, exigeai-je.

L'ahurissement de ma tante et de mon oncle m'apprit qu'ils ne comprenaient pas ma requête.

-Plait-il ? s'enquit Jasper.

-Je ne suis plus une gentille petite fille qui fait ce que tout le monde attend d'elle, martelai-je. Ma priorité est que mon fi… bébé aille bien. Donc je vais oublier cette fichue vision, mener ma grossesse jusqu'au bout et mettre mon bébé au monde. Ensuite, je veux qu'on m'informe de la nature de la vision. Si nous courons un danger, je veux le connaître pour pouvoir protéger ma famille.

-Ca semble raisonnable, admit Jasper. Dans deux mois, est-ce que ça te va ?

J'interrogeai Jacob du regard. Il se borna à hausser les épaules.

-D'accord.

Alice tapa dans ses mains.

-Parfait, s'écria-t-elle comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Maintenant que le problème est réglé, sache que nous avons réussi à récupérer nos achats dans le coffre de ma Porsche ! Je me chargerai de les ranger dans ton dressing, Nessie.

-C'est merveilleux, Alice, me forçai-je à dire pour lui faire plaisir.

-Je ne peux pas en dire autant de ma pauvre Porche, cependant, se désola-t-elle.

Elle avait l'air si malheureux que mon cœur se serra.

-Toutes mes condoléances, se moqua Jacob.

Jasper et moi le fusillâmes du regard. Dans la famille Cullen, les voitures étaient sacrées.

-Je t'en offrirai une autre, promis Jasper à Alice.

-Merci mon amour !

Elle l'embrassa vivement sur la joue avant de frapper de nouveau dans ses mains.

-C'est très impoli d'écouter aux portes ! Vous allez donner le mauvais exemple à Lily !

La porte s'ouvrit sur Rosalie et Emmett, lequel portait Lily dans ses bras. Les deux premiers n'eurent même pas le bon goût d'avoir l'air désolés.

-On voulait entendre le récit de ta vision, fulmina Rosalie pour seule justification.

Elle semblait furieuse d'être mise à l'écart.

-Raté, chérie, chantonna joyeusement Alice.

Emmett posa Lily par terre et la petite fille fila vers moi. Elle escalada le lit tant bien que mal et se blottit contre moi.

« Nessie, tu avais un bobo au ventre ? »

« C'était trois fois rien. » la rassurai-je en l'embrassant sur le front.

-Alors, le petit gars va bien ? demanda Emmett, le sourire aux lèvres.

Je tendis les bras vers lui.

-Tu es mon nouvel allié !

-Tu es mon nouvel ennemi ! ricana Jacob en écho à mes paroles.

Emmett ébouriffa mes cheveux.

-T'inquiète, petite nièce, on va leur montrer qui a raison ! On a déjà Bella dans notre camp !

Jasper le coupa dans son élan.

-Nous sommes cinq à croire que le bébé est une fille : moi, Edward, Jacob, Alice et Rosalie ! La majorité a toujours raison.

Je lorgnai mes tantes d'un regard mauvais.

-Les garçons ne se laissent ni peigner ni habiller ! se justifièrent-elles.

-Je crois que je vais changer de camp si j'ai Blondie dans le mien, marmotta Jacob.

Lily lui tapa le bras –elle visait la tête mais il était trop grand pour qu'elle l'atteigne- et désigna la blondeur de ses cheveux.

-Blondie n'est que Rosalie, expliqua Jake à la petite. Toi, tu serais plutôt… mini-Blondie !

-Tu n'as pas intérêt à l'appeler comme ça, clébard ! se hérissa Rose.

-Et c'est reparti… soupirai-je tandis qu'ils partaient dans une théorie bizarre à propos de l'influence de la couleur des cheveux sur l'intelligence des gens.

Jasper s'installa tranquillement à côté de moi.

-Parlons affaires, Mademoiselle Cullen. Combien paris-tu que le bébé est un garçon ?

-Pardon ? sourcillai-je, interdite. Je ne vais rien parier du tout, j'aurais trop peur de te détrousser quand je gagnerais.

Il fit semblant de ne pas m'avoir entendu.

-Je veux ta Porche bleue.

En arrivant chez les Cullen, j'avais en effet découvert que j'étais l'heureuse détentrice d'une voiture identique à celle d'Alice, mais de couleur bleu turquoise.

-Jazz, soupirai-je, tu n'en auras pas l'utilité. C'est ridicule. Alice aura sa Porche jaune dans peu de temps et toi tu as déjà une moto.

-Oui, Alice aura une Porche jaune. Enfin, une Porche bleue repeinte en jaune.

-Quoi ! me récriai-je. Je t'interdis de repeindre ma Porche pour la donner à Alice ! Et d'abord, depuis quand avons-nous besoin de faire des économies ?

Emmett se mêla sans aucune gêne à notre conversation. Il posa une main sur son cœur mort et se lamenta tristement :

-Nous sommes ruinés, ma puce.

-Ruinés comment ? demandai-je.

Mes oncles n'avaient sans doute pas la même définition du mot que moi.

-Nous étions milliardaires… maintenant, nous ne sommes que millionnaires, annonça Jasper d'un air presque aussi malheureux qu'Emmett. Depuis ta naissance et surtout depuis l'arrivée de Lily, Alice et Rose ne cessent de faire des dépenses inutiles.

Mains sur les hanches, Alice le fusilla du regard. Rose, quant à elle, était trop occupée à se disputer avec Jacob pour émettre une objection.

-Ah, ce n'est que ça, me détendis-je.

-Que ça ! s'exclama Emmett, offensé. Carlisle nous a fait tout un sermon sur les mauvais côtés du matérialisme et du luxe et il nous a interdit d'acheter un jet privé.

-Vous allez acheter un jet privé ? relevai-je, atterré.

-Quand Carlisle aura levé son interdiction, oui, répliqua Jasper.

J'étais plutôt d'accord avec la décision de mon grand-père. A quoi diable pourrait bien nous servir un jet privé, franchement ? Ma famille devait apprendre à arrêter de jeter l'argent par les fenêtres comme si les billets poussaient dans les champs.

Quelques minutes plus tard, Carlisle revint dans ma chambre pour mettre tout le monde à la porte, sans doute peu désireux que ses fils critiquent dans son dos sa façon de gérer son argent. En partant, Alice, Jasper, Emmett et Rosalie me promirent en chœur de venir me voir tous les jours pour me distraire de mon enfermement volontaire. Je les remerciai tout en ricanant intérieurement : leur présence à elle seule constituait une distraction.

Jacob s'allongea nonchalamment à côté de moi.

-Charlie et Billy te font dire qu'ils prendront un avion pour Whitehorse dès la naissance du bébé. Rachel n'accouche que dans cinq mois et demi, elle n'a pas besoin de mon père. Et Emily, Sam et Matthew passeront sans doute à un moment ou un autre pour voir le bébé.

-Oh. C'est bien. J'ai hâte de les revoir, dis-je en essayant de mettre des visages sur les noms de Charlie, Billy, Rachel, Emily et Sam.

Jake me prit la main.

-Sincèrement, Renesmée, tu es sûre que tout va bien ? C'est rare qu'un hybride s'évanouisse comme ça si la cause de son mal-être n'est pas surnaturelle. Tu as dormi toute la nuit, tu sais.

J'étais certaine qu'il remettrait le sujet sur le tapis. Il avait beau être insouciant de nature, il ne pouvait pas s'empêcher de me materner.

-Je t'assure que je vais parfaitement bien. J'ai juste eu vraiment peur pour le bébé, c'est tout.

Je ne disais que la stricte vérité –nos mains entrelacées le confirmaient.

-Toujours persuadée que c'est un garçon ? s'amusa Jake.

-Toujours, confirmai-je.

En souriant, il se pencha vers moi, prit mon visage en coupe et m'embrassa d'un long et passionné baiser. Je fourrageai dans ses cheveux noirs et lui rendit son baiser.

Je me fis la réflexion qu'il existait bien au moins un avantage à rester enfermée à longueur de temps avec son âme-sœur…


Pour la plupart d'entre vous, ce chapitre n'est pas une surprise étant donné que je l'avais déjà posté par erreur.

Que voulez-vous, je suis très douée...