Disclaimer : L'univers d'Aventures appartient à Mahyar et les personnages aux joueurs Krayn, Bob, Fred et Seb du grenier.


Merci à Hestia pour le favorite/follow et à Lilia pour son soutien continu ^^.

J'ai vu passer les "10j d'Aventures" sur le net, c'était bien bien cool! J'espère que lors d'une prochaine session j'aurai l'occasion d'y participer :). Pour le moment je me concentre à finir cette histoire (ça n'est pas une mince affaire lol) Je dois avouer avoir particulièrement aimer certains Fanarts sur Twitter. En tout cas, très chouette initiative!

De mon côté, je vous retrouve avec la suite des mésaventures de Grunlek et Bob qui ont un peu payer chers :).
J'avais l'intention de finir la dernière passe sur ce chapitre ce soir, mais vu que je me suis réveillée à 5h du mat comme une grande, un jour où je ne travaille pas, on va le faire ce matin XD.


Chapitre 33 - Quand une porte se ferme, une autre s'ouvre

Afina était nerveuse. Elle n'avait jamais remis en question les règles, ni les décisions d'Ilda, mais elle en était arrivée aujourd'hui à un point où le doute et l'incompréhension la rongeaient.

- "J'ai beaucoup réfléchi sur ce qui s'est passé durant ces dernières semaines." commença-t-elle. "J'aimerai comprendre certaines choses..." La vieille femme resta impassible. "Je vous ai toujours connue à la tête de nôtre clan. Vous nous avez toujours protégés et guidés avec sagesse. Cependant, de la manière la plus objective que je puisse avoir sur le sujet, je ne comprends pas les décisions que vous avez prises concernant Grunlek. Il y a peu, vous m'avez dit que, quelque soit l'issue de la quête qu'il mène, une catastrophe se produirait. Alors pourquoi l'avoir secouru? Pour avoir savoir sauvé son ami alors que cela va à l'encontre de vos principes concernant les... personnes de votre espèce?" elle buta légèrement sur la dénomination par peur de froisser. "Pourquoi avoir pris autant de risques si le résultat est néfaste? Pourquoi ne pas avoir laissé le destin faire?"
- "Il te faudra réviser la définition de point de vue objectif, ma fille." plaisanta sèchement la voyante. Afina se crispa, mais resta silencieuse. "Cependant tes questionnements ont du sens et sont légitimes." la vieille femme marqua une longue pause avant de reprendre : "Si je te montrais deux chemins. L'un passerait pas les entrailles de la terre. Il serait étroit, suffocant, obscur et déroutant. L'autre existerait à la surface dans un désert aride. Ses contours seraient indéfinis et changeant au grès du mouvement des dunes. Lequel choisirais-tu?"

L'elfe prit le temps de la réflexion. Elle connaissait bien la voyante et sa manière parfois un peu détournée de lui faire comprendre les choses. La question avait clairement un but instructif.

- "Pourquoi?" finit-elle par demander. Ilda sourit légèrement. "Pourquoi devrais-je choisir l'un de ces deux chemins? Dans quel but?"
- "Exactement..."

Afina fut déstabilisée par cette réponse, mais la voyante ne lui laissa pas le temps de digérer l'information. Cette dernière lui attrapa le poignet avec une vélocité et une précision que son âge et son handicap ne laissaient pas présager. Soudainement, l'esprit de la guérisseur fut bombardé d'images d'elle-même vivant une infinité de futurs possibles dépourvus de l'espoir qu'elle recherchait. Elle se sentit disparaître dans l'abondance et l'intensité des visions. Puis au milieu de cette myriade de vies inachevées, elle entrevit une voie qui l'emmènerait là où elle voulait être au fond d'elle-même. Mais le choix qui la conduirait à emprunter ce chemin lui couterait plus que de l'affliction.

Lorsqu'elle reprit pieds avec le réel, elle était en larmes. Elle ne se souvenait pas de quand elle s'était mise à pleurer, mais elle savait pourquoi. La tempête émotive faisait toujours rage en elle et la submergeait.

- "Tu connais maintenant le prix du but que tu cherches à atteindre..." murmura la vieille femme, les yeux mi-clos.
- "Pourquoi?" hoqueta l'elfe.
- "Parce que tout à un prix... Toujours..." Le visage d'Ilda laissa transparaître pendant quelques secondes une profonde peine, puis elle se ressaisit : "Tu peux choisir de laisser le destin continuer avec ou sans toi. Cela s'appelle la vie et elle se termine de la même manière pour tout le monde, peu importe notre longévité. Elle est semée d'embranchements, de décisions, d'embuches et de troubles. La plupart du temps, on ne s'en rend pas compte et cela n'a pas de conséquences graves, mais parfois tout est chamboulé et on se retrouve au milieu d'évènements qui nous dépassent. Quelque soit ton choix, ne crois pas que ne rien faire ne contribue pas à faire avancer les choses. Seulement, elles n'iront peut être pas dans la direction que tu souhaites. La seule chose que tu puisses faire, c'est décider d'agir ou de subir... Mais dans les deux cas, demande toi pourquoi..."

###

La première chose dont Grunlek prit conscience fut du terrible mal de tête qui faisait battre ses tempes. La deuxième fut le froid pénétrant qui lui gelait les os. Depuis combien de temps était-il couché là? Il pouvait presque sentir les aspérités de la roche dans son dos. Lorsqu'il tenta d'ouvrir les yeux, il ne put s'empêcher d'émettre un grognement de douleur. Malgré la très faible luminosité qui régnait dans la pièce, sa migraine s'intensifia au point d'être difficilement supportable. Il referma prestement les yeux et se concentra sur sa respiration.

De manière assez confuse, les derniers évènements lui revinrent progressivement en tête : leur fuite désespérée dans la forêt... l'éclair de lumière... l'attaque des soldats de Mirages... Bob... Bob!

Avec prudence, il ouvrit à nouveau les yeux. Cette fois-ci, la douleur se fit moins aiguë. Sa première observation de son environnement lui révéla qu'il était sans doute dans un cachot. La lumière provenait du guichet de la porte, sans doute d'un flambeau très loin dans le couloir. Il fouilla l'obscurité à la recherche de son ami. Les ombres étaient denses mais il était presque certain de distinguer deux silhouettes. L'une était couchée près du mur qui faisait face à la sortie, l'autre était recroquevillée dans un coin et semblait vouloir se tenir le plus éloigné possible des autres occupants.

Il se risqua à bouger légèrement pour avoir, d'une part, une meilleure vue sur ses colocataires et, d'autre part, pour dénouer ses muscles engourdis par l'immobilité et le froid. Si sa tête coopéra dans les grandes largeurs en lui épargnant de nouveaux pics de douleur trop intenses, son bras robotique en revanche ne répondit pas. Il tenta de bouger les doigts mais il ne se passa rien. Même si le combat avait été intense, il doutait avoir consommé l'intégralité de sa gemme de pouvoir. Il n'avait pas non plus le souvenir d'un quelconque dysfonctionnement, ni que son bras eut échappé à son contrôle, comme cela arrivait parfois.

Avec la force de la migraine qui lui étreignait le cerveau, il entreprit la difficile tâche de regarder par dessus son épaule. La première chose qu'il remarqua fut la chaîne qui lui enserrait le poignet. Il la suivit des yeux jusqu'à l'attache sur le mur derrière lui. Il n'avait a priori pas d'autre lien. La chaîne était suffisamment longue pour que, s'il arrivait à se redresser, il puisse faire quelques pas autour de son point d'attache, mais dans l'ensemble elle ne lui laisserait que très peu de latitude. Il se reconcentra sur son bras. Une pâle lueur semblait émaner de son réceptacle à gemmes : comme une sorte d'enchevêtrement de fils éthérés. Cela ressemblait étrangement aux liens de psyché que lui même généraient, mais il ne les contrôlait pas. Peut-être s'agissait-il d'une entrave magique. Visiblement, ses détenteurs craignaient uniquement qu'il se serve de son bras mécanique. En tout cas, incapacité de cette manière, il lui serait difficile de tenter quoique ce soit pour se libérer.

Il reporta son attention sur les deux autres occupants de la cellule. Lequel d'entre eux était Bob? Vraiment, il n'arrivait pas à savoir. La luminosité n'était pas suffisante. Il se souvenait l'avoir frapper dans la poitrine lors du combat, mais il était aussi certain de l'avoir vu debout peu de temps après. Ce qui s'était passé ensuite était vague. Etait-il possible qu'il eut été blessé? Grunlek espérait que ça n'était pas le cas.

- "Bob?" appela-t-il doucement. La forme allongée ne bougea pas, mais l'autre sembla relever la tête. "Tu m'entends?" insista-t-il.

Il fallut du temps mais celui qui avait réagi finit par combler la distance qui les séparait en avançant doucement dans sa direction. Il restait accroupi et semblait tâter le terrain devant lui. L'ingénieur réalisa que seul lui pouvait y voir un tant soit peu avec la faible lumière qui parvenait à pénétrer dans la cellule. Il sut rapidement qu'il ne s'agissait pas du demi-diable car l'inconnu n'avait pas de cheveux. Cependant, il fallut que ce dernier s'avance encore un peu pour qu'il distingue correctement ses traits. L'homme était maigre, peut être là depuis un bon moment et certainement sous nourri. Le prisonnier s'arrêta à un pas de lui, lorsqu'il sembla le voir aussi.

- "Qui êtes vous? " demanda le nain sur la défensive.

L'homme ne lui répondit pas. Ce dernier tenta une première fois d'attraper sa main valide, mais Grunlek se dégagea. Surpris par le mouvement brusque, le chauve fit un pas en arrière puis il tendit sa main gauche dans sa direction, paume ouverte. Il fit mine d'y écrire quelque chose avec son doigt, puis le pointa du doigt. Grunlek hésita quelques instants mais, considérant que l'individu ne semblait pas constituer une menace, il finit par lui tendre la main. Un sourire se peignit sur le visage du prisonnier. Il réitéra son approche et le saisit sans brusquerie. Il commença à écrire au creux de sa paume.

- "Virgile? C'est comme ça que vous vous appelez?" Le chauve acquiesça. "Vous êtes muet?" Le concerné hocha de nouveau la tête.

La situation n'était pas banale, mais au moins il n'était pas enfermé avec une brute. L'ingénieur coula un regard en direction de l'autre pensionnaire qui n'avait toujours pas bougé. Cet immobilisme commençait à l'inquiéter. Profitant que le muet était proche et surtout qu'il n'était pas entravé, il lui dit :

- "Je crois que c'est mon compagnon qui est allongé là bas. Je ne pense pas vraiment être en mesure de me déplacer jusqu'à lui." Il faisait allusion à la chaine qui l'entravait mais aussi au mal de tête qui le clouait au sol. "Est-ce que vous pourriez me dire comme il va?"

Le prisonnier secoua vivement la tête de gauche à droite, puis il lui attrapa la main et écrivit dans la précipitation : monstre. Grunlek soupira. Au moins cela confirmait qu'il s'agissait bien de Bob. Bon gré mal gré, il essaya de se redresser mais la migraine se fit plus violente et il fut contraint de se recoucher rapidement. Il lui fallut un moment pour récupérer de l'expérience. Virgile lui adressa un regard désolé.

- "J'ai reçu un violent coup à la tête. J'ai une très forte migraine." expliqua-t-il entre deux profondes respirations. "J'ai bien conscience que l'aspect de mon ami peut-être effrayant, mais il ne vous fera pas de mal. Je vous assure. J'aimerai juste que vous me disiez comment il va." poursuivit-il.

Le chauve jeta un regard vers la forme allongée. Il sembla hésiter un moment, puis il lui attrapa de nouveau la main. Hérésie finit-il à écrire dans sa paume. Grunlek fronça les sourcils. Le terme était un peu trop spécifique pour être employé par un simple badaud.

- "Vous êtes un prêtre?" demanda-t-il suspicieux.

Virgile dessina dans le vide un symbole que le nain n'eut aucun mal à reconnaître.

- "Eglise de la Lumière... Je vois... Inutile d'essayer de vous convaincre dans ce cas..." soupira-t-il. "Je crois que Théo était vraiment une exception dans votre ordre." marmonna-t-il en jetant un regard blasé à son compagnon de cellule.

Le prisonnier lui attrapa soudainement la main et y dessina le mot paladin.

- "Théo de Silverberg... Vous le connaissez?" demanda le nain en se redressant sous l'effet de la surprise.

Son mouvement brusque fut récompensé d'une douleur fulgurante qui lui traversa le crâne de part en part. Il se laissa retomber une nouvelle fois au sol en tremblant. Il se concentra une nouvelle fois sur sa respiration et ferma les yeux. Bientôt il sentit une main se poser sur son front. Il eut une sensation étrange au niveau de sa tempe blessée puis la migraine reflua lentement jusqu'à disparaître totalement. Il fallut néanmoins un bon moment pour que le soin fasse effet complètement. Il rouvrit les yeux au moment où la main de Virgile se retira.

- "Merci." Libéré de ce mal entêtant, il se releva et, avec l'aide du prisonnier, il s'assit dos au mur. "Vous connaissez Théo?" répéta-t-il.

Le muet fit une moue mitigée. Il se semblait chercher désespérément un moyen de communiquer plus efficace que celui qu'il utilisait jusqu'à maintenant.

- "Je peux essayer de vous poser des questions auxquelles vous répondriez par oui ou non." proposa le nain.

Le visage de Virgile s'éclaira. Cependant, au moment où le nain s'apprêtait à poser sa première question, un bruit se fit entendre de l'autre côté de la porte du cachot. Le prêtre recula précipitamment et retrouva sa place dans le coin le plus éloigné de la pièce. Les lourds verrous claquèrent et la porte grinça sinistrement quand elle pivota sur ses gonds. Un homme d'église - à en juger par son habit - pénétra dans la cellule. Il tenait à la main flambeau qu'il accrocha au mur avant de refermer la porte derrière lui.

Profitant de cet apport en lumière, Grunlek jeta un coup d'œil rapide en direction du demi-diable. Ce dernier était allongé sur le côté et lui tournait le dos. Ses vêtements d'elfes avaient été remplacés par sa robe de mage déchirée. L'effort avait été certainement fait pour le rendre plus misérable. L'ingénieur reporta son attention vers le nouvel arrivant qu'il reconnut tout de suite. Il s'agissait du prêtre qui était intervenu pendant son combat contre les cavaliers de Mirages. Son visage aurait pu paraître amical si le regard qu'il portait sur les occupants de la cellule n'était pas si dédaigneux.

- "Je vois qu'on s'est remis de ce vilain coup à la tête." commença-t-il en haussant un sourcil. "Je veux bien que les personnes de votre espèce aient une bonne constitution, mais avec le traumatisme crânien que vous aviez, je ne m'attendais pas à vous trouver conscient de si-tôt." Le prêtre jeta un coup d'œil rapide en direction de Virgile qui sembla se faire encore plus petit. "J'imagine que vous avez eu un peu d'aide... Enfin, au moins je n'aurai pas à dépenser plus d'énergie pour vous soigner..."
- "Qui êtes-vous?" demanda sèchement Grunlek.
- "Je doute que cette information vous soit d'une grande utilité pour le temps qu'il vous reste à vivre. Si nous n'y faisons rien dans deux jours vous ne serez plus."
- "Il n'y a donc aucun risque à me le dire dans ce cas." rétorqua le nain sans se laisser impressionner par la menace.
- "Si ça peut vous satisfaire, je m'appelle Odan." déclara le prêtre avec un petit sourire.
- "Et que voulez-vous de moi, Odan?" l'ingénieur appuya volontairement sur le nom. "Mes souvenirs du combat sont encore un peu confus, mais je crois bien me rappeler de vous. C'est vous qui m'avez dit avoir besoin de ma tête. Je peux me tromper mais je doute qu'il fallait prendre cette remarque au sens propre." La remarque toucha visiblement son interlocuteur qui ne put retenir une moue contrariée. Satisfait de l'effet produit, Grunlek se recala contre le mur. "Alors que voulez-vous?"
- "Avant tout, connaître la vérité et comprendre vos motivations." répondit l'intéressé.

L'ingénieur resta silencieux. Il se regardèrent en chien de faïence pendant un moment. Puis devant le mutisme du nain, Odan reprit la parole, tout en s'approchant nonchalamment du prisonnier allongé.

- "Théo s'est confié à moi. Il m'a parlé de l'alliance des églises et de la relique des Intendants. Vous savez, je ne suis pas favorable à ce partenariat avec Mirages. Je n'aime pas savoir mon église soumise à l'influence d'une guilde, surtout en sachant que ce pouvoir s'exerce par le biais d'un objet potentiellement dangereux."

Grunlek plissa des yeux. Théo avait-il révélé à ce prêtre ce qui s'était passé au conclave et leur mission? Il y avait dans le ton employé par Odan quelque chose qui sonnait étrangement vrai. Jouait-il la comédie? Disait-il la vérité? Il n'arrivait pas à le déterminer. Il décida de rester dans le flou.

- "Si vous savez de quoi il retourne alors pourquoi avoir aidé à notre capture? Vous savez que nous serons plus utiles là dehors."
- "Vous connaissez le dicton : garde tes amis près de toi et tes ennemis encore plus près." répondit le prêtre en souriant. "Hanz et moi sommes alliés sur le papier. Nous collaborons parce que nos supérieurs nous l'ordonnent, mais nos idéaux divergent. C'est un homme détestable, arrogant et, disons le clairement, profondément raciste. Je pense que vous vous en êtes rendu compte... Il abhorre tout ce qui est lié de près ou de loin à la magie. Comprenez que la collaboration entre les églises et Mirages ne lui plait pas vraiment non plus. Cependant, c'est un homme d'honneur et pour lui une victoire n'est une victoire que s'il on joue dans les règles... Au départ, ma participation lui tenait lieu de faire-valoir... Pour ma part, si j'ai accepté de participer à votre capture, c'est que je savais qu'il allait droit dans le mur. Je ne pouvais pas ne pas intervenir. L'enjeu était trop important. Je ne pouvais pas laisser le démon se libérer. Notre région n'aurait pas survécu à une nouvelle catastrophe."

En prononçant ces mots, l'homme d'église fit rouler Bob sur le dos du bout du pied. En le voyant, Grunlek se crispa, mais resta silencieux. Une transformation partielle semblait avoir opéré. De ce qui était visible au travers des haillons, les écailles recouvraient maintenant une bonne partie de son corps et son visage était presque méconnaissable.

- "Comme vous le voyez, nous avons échappé au pire."
- "Qu'est-ce qui retient le démon?" demanda finalement l'ingénieur inquiet.

Odan s'agenouilla et tira sur le pan de la robe qui couvrait le torse du demi-diable. Un enchevêtrement de fils de psyché similaires à ceux qu'il avait découvert sur son bras métallique courraient sur la peau partiellement écailleuse de son ami.

- "Le sceau bloque le passage de la psyché dans son organisme. Je suis navré si j'ai du me résoudre à faire la même chose pour votre bras. Je ne pouvais pas prendre le risque que vous l'utilisiez pour vous échapper. Et ça aurait paru suspect si je ne l'avais pas fait. Surtout après votre démonstration de force..."
- "Et donc vous espérez que je collabore avec vous? Vous comptez nous faire sortir de cette prison?"
- "Pour votre ami, c'est impossible. C'est un monstre après-tout. Et après ce qui s'est passé, son exécution apportera un peu de soulagement au peuple. Quant à vous, je pourrai éventuellement intercéder en votre faveur. Disons que cela dépendra de ce que vous me direz."

Grunlek sourit amèrement. L'espace d'un instant, il avait adhéré au discours du prêtre.

- "Vous êtes comme les autres. Chantage. Trahison. Ce sont les seuls langages que vous comprenez... Vous ne méritez pas de connaître la vérité et vous ne comprendriez pas nos motivations, car elles ne sont pas dictées par un désir de pouvoir politique ou religieux."

Un rictus nerveux se peignit sur le visage du prêtre.

- "C'est dommage que vous prenez les choses de cette manière." dit-il en se redressant aussi vite que sa surcharge pondérale le lui permettait. "Nous aurions pu avoir une conversation civilisée et entrevoir des possibilités intéressantes."

Il se dirigea vers la sortie, attrapa le flambeau, puis tambourina sur la porte en métal. Un garde lui ouvrit. Odan se retourna une dernière fois vers Grunlek. Les flammes donnaient au visage bouffi du prêtre un air particulièrement malsain.

- "Vous savez, je connais la voie de maux que vous ignorez. Même cet idiot de Virgile a avoué ses crimes... et il est muet." Il émit un rit contenu que seuls les soubresauts de son ventre proéminent révélèrent. "Je reviendrai demain. J'espère que la nuit vous portera conseil."

Il quitta les lieux et la porte du cachot se referma dans un claquement sec. Les verrous cliquetèrent dans leur fermoir. Les occupants de la cellule se retrouvèrent à nouveau plongés dans le silence et les ténèbres.

###

Le portail se referma derrière elle. Afina regarda autour d'elle à la recherche d'un point de repère. Elle savait ce qu'elle avait à faire, mais dans sa tête c'était le chaos. Au milieu de tous les futurs possibles, elle avait vu celui qui lui permettrait peut être de sauver Grunlek. Il fallait qu'elle s'en souvienne. Il y avait trop d'informations à gérer, trop d'écueils à éviter. Son cœur battait la chamade. Elle n'avait pas le droit à l'erreur.

Elle respira profondément et se concentra pour essayer de faire le tri dans ses souvenirs. Au bout de quelques secondes, elle entrevit le chemin se tracer dans son esprit. Le Sud... Une ville fortifiée... L'aventurier y était retenu prisonnier... Il y aurait dans quelques jours une exécution publique...
La vision de Grunlek entre les mains du bourreau la troubla et elle perdit le fil de ses pensées.

- "Pas trop vite..." se dit-elle pour elle-même. "Une étape à la fois... Je dois trouver la ville."

Elle prit fébrilement la direction du Sud. Tandis qu'elle marchait, elle passa distraitement une main sur le haut de sa poitrine. La gemme de pouvoir saillait sous sa peau. Son cœur s'emballa. Elle avait peur. Peur d'échouer. Peur des conséquences de son choix. Mais il était trop tard pour faire marche arrière. Elle ravala ses angoisses et accéléra le pas.


Petites notes de fin :

Le bloc d'Afina (début) aurait du se trouver dans le chapitre précédent, mais j'ai eu un mal fou à le rendre concis. Le dialogue avec Ilda durait beaucoup plus longtemps et c'était un peu trop philosophico-prout-prout. Je pense que je suis arrivée à un bon compromis avec ça lol. Le second bloc est volontairement confus parce qu'elle est paniquée.

Odan aussi m'a donné du fil à retordre. J'ai réécrit son échange avec Grunlek 1 million de fois XD. Il est assez tendu à écrire parce qu'il manipule les autres en disant la vérité :D.

A propos, si ça vous intéresse, une fois que j'aurai fini cette histoire (oui elle a une fin °3°), je pourrai faire une annexe sur les caractéristiques de mes personnages et sur ce que j'ai voulu dire à travers tout ça (oui il y a un sens MDR!)

Allez, des bisous et à bientôt!