Little Sister
Disclamer: Les personnages de SOA appartiennent à Kurt Sutter... malheureusement!
Résumé: "- Happy a une sœur!" "- Non sérieux?" "- Si j't'le dis!"
Note: Introduction d'un personnage de mon imagination.
Note 2: L'histoire débute lors de l'épisode 02x05 – Représailles. Il y aura donc des spoilers et des scènes refaite à ma sauce.
Bonne Lecture!
C'est dans la pénombre d'une chambre du club, le corps de Léna contre moi, que je me réveille. Il est presque 6 heures.
Ma main droite dans son dos, la gardant fermement contre moi, je passe la gauche sous les draps et descends le long de sa peau, jusqu'à ses cuisses. Cette nuit, j'ai enfin vu ce qu'elle cachait sous ses vêtements, et j'ai aussi remarqué plusieurs tatouages. Mais il y en a un qui m'intrigue plus que les autres, pile là où mes doigts la frôle : des griffures à l'intérieur de sa cuisse gauche. Un endroit très sensible chez la miss.
Après quelques secondes de caresses, Léna ouvre les yeux et je viens sceller mes lèvres aux siennes, doucement. J'espère qu'elle se rappelle de ce qui s'est passé hier, qu'elle n'est pas du genre a perdre la mémoire avec l'alcool, car elle n'était pas tout à fait sobre.
« - Bonjour princesse. »
Elle ne répond pas mais vient quémander un autre baiser. Et je ne me fais pas prier pour le lui accorder.
« - Tu as bien dormi?
- Merveilleusement bien. Et j'adore être réveillée comme ça. »
Se tournant sur le dos, elle s'étire tel un chat, faisant glisser le drap et découvrant une partie de son corps. Le genre de truc auquel je ne peux résister, et auquel je ne vais pas tenter de résister.
…
« - Non pas que je m'ennuie, mais les autres vont pas tarder à arriver. Va falloir que je file ma belle. »
C'était trop beau pour être vrai : fallait bien qu'il y ait quelque chose pour me faire redescendre sur terre. Je grogne en serrant un peu plus mes bras autour de la taille du portoricain et en enfouissant mon visage dans son cou.
« - Je veux pas...
- Alors tu veux que je meurs sous les coups d'Happy? »
Ses mains glissent sur ma peau et il me fait pivoter sur le dos, son torse au dessus de moi.
« - Tu veux te débarrasser de moi, c'est ça?
- De toi, non. Des autres, oui. »
Avec un sourire, il vient m'embrasser, puis m'abandonne et se dirige vers la salle de bain. Toujours allongée, je m'enroule dans la couette et récupère l'oreiller avec lequel il a dormi : il porte son odeur.
Cette nuit, alors qu'enfin nous avons pu nous découvrir, j'ai compris une chose. Du genre qui ne fera ni plaisir, ni du bien à certaines personnes. Je suis amoureuse. Raide dingue d'un biker avec un casier plus long que mon bras. Et si j'ai mis autant de temps a m'en rendre compte, c'est que c'est un sentiment que je n'avais jamais éprouvé.
Et puis, il y a autre chose aussi. Quelque chose qui m'embête plus que le fait d'être amoureuse : lui. Je ne sais pas s'il s'amuse avec moi, ou s'il est sérieux. Il a une régulière, après tout, même s'il a prouvé que ça lui importait peu. Je n'aimerai pas me rendre compte, que finalement, il me fait tourner en bourrique, qu'il cherche simplement un peu de nouveauté, alors que j'espère plus. Car oui, si on suit mon raisonnement, s'il ne joue pas, alors je veux plus qu'une simple partie de jambes en l'air. Être une régulière me semblait juste impossible, mais je pense que je pourrais m'y faire. Pour lui, et juste pour lui, je pourrais m'opposer à Happy.
Je pousse un soupire à fendre l'âme avant de décider de me lever. Je récupère de quoi me couvrir un peu et vais attendre que Juice sorte de la douche. Lorsque je débarque dans la pièce, il est entrain de s'enrouler dans une serviette, me cachant la vue de son magnifique postérieur. Mais pas assez vite pour que je n'ai pu remarquer un tatouage sur sa fesse droite.
« - Pourquoi se faire tatouer un smiley? Rassure moi, t'étais pas la régulière de mon frère a une autre époque?
- T'es malade! J'ai pas ce genre de tendance, moi! Mais tu pourras le remercier, pour ça... »
…
« - Que lui as tu fais pour mériter une telle punition?
- Pas à lui, au club. »
Elle passe ses mains sur mes hanches, à la limite de la serviette, et vient se coller contre mon torse.
« - Y'a quelques mois, on est parti à la chasse au violeur. Un forain, s'en est pris à une gamine de 13 ans, à Charming. Le problème, c'est qu'on avait les flics sur le dos, qui voulaient pas nous lâcher. Alors Tig leur a collé des somnifères dans le café.
- Et tu as bu de ce café?
- Ce serai trop simple! J'ai pris plusieurs cachets, parce que cet abruti m'avait dit que c'était des vitamines. »
Léna explose de rire ; merci pour le soutien! J'y repenserai quand elle aura besoin d'aide.
Je l'entraine jusqu'au lit, toujours sous ses éclats de rire et ses protestations, et la pousse dessus avant de venir me placer au dessus d'elle, ses poignets prisonniers dans l'une de mes mains.
« - Et après? Tu t'es endormi, et mon frère t'as tatoué.
- Il m'a tatoué et après les mecs m'ont jeté devant le commissariat de Charming, quasiment à poil, avec une pancarte « enfant légèrement attardé, s'il vous plait adoptez-moi » agrafé sur le torse.
- Ça veut dire qu'un tas d'autres filles de Charming t'ont vu presque nu, en pleine rue? Je suis très jalouse! »
Je lui dis que j'ai été maltraité par mes propres frères, et elle, elle ne pense qu'au fait qu'on m'a vu très déshabillé? On a pas tout à fait les même priorités! Mais oui, en effet, un tas de nanas m'ont vu traversé la ville, tout un tas de mères de famille, des lycéennes. C'était l'heure d'ouverture des écoles! Y'en a même deux ou trois que j'ai croisé ensuite, au garage. Mais, ça, je ne vais pas le lui dire de peur qu'elle ne le prenne mal.
« - Y'avait personne dans la rue ce jour là!
- T'es un très mauvais menteur. »
Comment ça je mens mal? Je suis super doué a ce jeu là, ma petite demoiselle! Suffit de voir, ça fait presque cinq mois que je fais croire à Cassie que je l'aime bien!
« - C'est vexant.
- Oh, pauvre petit chou! Il va pleurer... Tu veux que je te fasse un gros câlin pour te consoler? »
Je m'approche de son oreille et lui murmure que c'est une très bonne idée, une idée qui me plait énormément et que j'aimerai bien la tester de suite. Je la sens se tendre sous moi : est-ce a cause de mon souffle dans son cou ou de mes doigts qui effleurent ses côtes, sous son haut. Une chose est sure, j'aime la sentir réagir à mon contact. C'est une sensation que l'on a peu avec les filles d'ici. Elles sont tellement habituées à passer entre toutes les mains qu'elles ne ressentent plus rien. Elles vous donnent du plaisir, mais on ne leur fait plus aucuns effets. Et c'est vraiment flippant.
Je vais finir par la relâcher, à mon grand regret, et au sien aussi vu la moue boudeuse qui s'installe sur son visage, et récupère mes fringues de la veille, que j'enfile. Je vais ensuite l'embrasser sur la joue, alors qu'elle est assise sur le bord du lit, et file au rez de chaussée. J'espère que personne n'est encore là, qu'on ne me demande pourquoi j'ai dormi ici cette nuit.
…
La lumière m'agresse les yeux a peine les ai-je ouvert. Une petite brune est endormie de tout son long sur moi. Mon jean a atterri je ne sais par quel miracle sur le comptoir. Des cadavres de bouteilles jonchent le sol. Plusieurs autres mecs sont étendus ça et là. Bordel, le club-house est une véritable zone de guerre!
Je me dégage tant bien que mal, en essayant de ne pas réveiller ma conquête de la nuit : ne me demandez pas son nom, je ne suis même pas sur de le lui avoir demandé. Quand à son âge... Depuis que je ne suis plus avec Tania, c'est vraiment la débandade dans mon pieu... ou sur le canapé, c'est comme vous préférez. Mon mal de crâne m'entraine automatiquement vers la cuisine : deux aspirines, plusieurs hauts-le-cœur plus tard et un fute récupéré, je me dirige vers l'extérieur. J'ai besoin de prendre l'air.
Et s'est assis à l'une des tables, sous le auvent, que je vois débarquer Juice, un large sourire aux lèvres. Mon cerveau n'a pas tilté sur l'instant, même avec sa Dyna sous les yeux depuis une bonne demi-heure : il a passé la nuit ici, au club. Mais il n'y a pas la voiture de sa régulière, et aucune chambre ouverte ou préparée au premier. D'ailleurs, en y repensant, je ne l'ai pas vu hier soir, je crois que mon dernier vrai souvenir remonte au moment où Léna nous a souhaité une bonne soirée. Et lui, il n'était plus dans la pièce. Cinq minutes avant, il était assis avec Tig et moi, et on avait un sacré harem sur les genoux ; il a laissé sa bière sur la table, prétextant de se rendre aux chiottes. Et je ne me rappelle pas l'avoir vu revenir.
Merde!
« - Salut Chibs. »
Sale petit connard!
« - Tu veux vraiment te faire descendre, hein?
- Je vois pas de quoi tu parles. »
Oh non, mon gars, ne joue pas à ça avec moi! Passer en douce, je l'ai déjà fait avec Fi, avant que nous aillons le droit de nous fréquenter. Je connais les règles du jeu, et je sais reconnaître un mec qui y joue.
Je me redresse vivement : d'un coup, ma gueule de bois passe au second plan. J'aime ce club, et j'adore Juice, notamment parce que c'est l'un des rare pour qui j'ai accepté d'être un mentor. Et s'il y a bien une chose que je refuse, c'est de voir ce mec, que je considère comme un fils, se faire abattre comme un chien pour avoir touché la mauvaise fille. Je chope l'iroquois par le col et le soulève autant que je peux vu mon état et la masse de mon vis-à-vis.
« - C'est ça! Prend moi pour un con, en plus! Comme si t'avais pas passé la nuit avec Léna! »
Sans grands efforts, il se dégage de mon emprise. Lui a mieux dormi que moi : on n'est pas de forces égales.
« - Et même si c'était le cas? On a rien fait de mal!
- Si Happy apprend que tu te fais sa frangine, je donne pas cher de ta peau. Petit con!
- On est deux adultes consentants, Chibs. »
Je n'ai jamais dit le contraire. Je me doute bien que la miss n'est pas innocente dans l'histoire : elle n'est pas du genre a se laisser entrainer si ça ne lui convient pas. Et vu comment ils se tournaient autour depuis quelques jours, je ne doute pas non plus qu'ils aient eu le temps de réfléchir à leurs actes.
« - Ça crois moi, il s'en contre fou!
- J'en ai rien a carrer de ce qu'il pense! Si ça lui pose un problème, on gèrera ça entre mec. Point barre! Ni Léna ni moi n'avons de comptes à lui rendre! »
Ce que je vois, ou crois voir dans ses yeux, alors qu'il se retourne pour se diriger vers sa bécane, me scotche littéralement : je n'ai plus aucuns doutes sur le fait qu'il se dressera contre Happy. Je n'ai jamais vu Juice avec autant de convictions concernant une femme. Et je n'aurais jamais cru le voir, lui qui est toujours là, a hésiter sur la conduite a tenir.
Je retourne m'assoir sur la table, là où je me trouvais quelques instants auparavant et regarde partir mon ancien prospect. Si j'étais un bon Sons, un bon frère pour Happy, alors je devrais lui dire ce qu'il se passe. Pour qu'il remette les choses en ordre. Mais, en même temps, je repense à tout ce qui c'est passé depuis quelques mois ; Juice, Léna, aucun ne m'a paru aussi bien que maintenant. Pour la miss, d'après ce qu'elle m'a dit et ce que je sais, ça n'a pas toujours été rose pour elle : est ce que je peux vraiment venir tout gâcher? Juste par respect pour son frère? Ce club est hanté par les secrets, depuis toujours. Un de plus ou un de moins changera t-il les choses?
Bon sang, je me créé des dilemmes tout seul! Et mon mal de tête n'arrange rien. Ruminant quelques insultes bien senti en gaélique, je décide de laisser les choses évoluer. Ce soir, nous partirons pour l'Irlande, le portoricain avec nous, la sœur d'Happy restera ici. Je m'efforcerai de garder un œil sur ce petit con, voir comment il se comporte. Et s'il touche une autre fille, alors je n'aurai aucuns remords à dire ce que je sais à l'Unholy One. Finalement, ce n'est pas trop pour mon ancien prospect que je fais tout ça, mais pour la gamine : je n'aimerai pas la voir souffrir à cause de l'un d'entre nous.
…
Lorsque je descends enfin, plus d'une heure après le départ de Juice, du monde a repeuplé le club-house. Les nouveaux prospects, quelques crow-eater, mon frère, Opie et Lyla. Je salue ces derniers et vais me poser dehors, pour être au calme et profiter de cette douce matinée, Happy sur mes talons. C'est ainsi que l'on voit débarquer Tara, de mauvais poils, des cernes sous les yeux. Elle ne nous adresse pas un regard avant de pénétrer dans les locaux. Moi, aujourd'hui, je suis incontestablement de bonne humeur ; ce n'est pas le cas pour tous, et je peux le comprendre.
« - Tu ne t'es pas trop ennuyé sans moi?
- Non. Et je ne te poserai pas la même question, Hap.
- Dommage. Pour information, on a retrouvé les lentilles de contact de Helen, hier. »
Il se fout de moi? Je me met à tousser et lui vient me taper légèrement dans le dos : avec ses conneries, j'ai failli m'étouffer!
« - Parce que cette... chose blonde, vulgaire et monstrueuse, à un nom? 'fin, en même temps, son nom est aussi monstrueux que sa tête, alors!
- Léna! »
J'ai failli mourir, mon gars! A cause de toi! Alors laisse moi au moins m'exprimer. Tu dois bien ça à une mourante.
« - Tapes toi Drew Barrymore et je ne dirais rien, mais là, non! C'est pas possible.
- Je serai pas contre! Mais on a pas ça en stock, à Charming.
- J'ai remarqué! »
La porte claque à notre droite et Tara ressort comme une furie, suivit de près par Lyla.
…
La conversation, entre Léna et moi, s'est stoppé net après l'irruption des régulières de Jax et Opie : ça sent le roussi! Et ça se confirme d'ailleurs lorsque Ima sort du club-house, quelques secondes plus tard, se dirigeant vers sa collègue. D'ailleurs, je ne sais pas ce que la première dit à l'autre, mais ça n'a pas l'air de lui plaire : la gifle qui part est monumentale.
« - C'est quoi ton problème? »
Un combat de fille dans la boue, dès le matin : j'adore! Surtout que je suis le seul mec a en profiter. Et vu le soupir bruyant de ma sœur, elle sait parfaitement ce que je pense.
« Tu pouvais pas t'en empêcher, hein? »
Bah non, revenez les filles! Ça commençais tout juste à devenir intéressant! Vous occupez pas de la gamine à coté de moi, elle va s'habituer!
« - Ça craint. Il se passe quoi, Hap?
- Comment je le saurai?
- Tu es un mec et y'a de la chatte en jeu. Tu sais d'instinct ce qui se passe. »
C'est quoi ce raisonnement? Pour qui elle me prend? Je ne suis pas comme ça... bon d'accord, j'ai bien remarqué un ou deux trucs qui clochaient. A partir de là, c'est pas si compliqué de définir la suite.
« - La bécane de Jax est là. Tara ressort furax. Et les deux sœurs Saffron se balancent des claques. Tu veux un décodeur?
- Non, je crois que j'ai compris.
- Et tu n'as rien vu? Tu étais là hier. »
Je vois ses lèvres se tordre : mauvais signe.
« - Tu étais bien là hier soir? Léna...
- Oui, mais j'ai dégagé vite fait. C'était un vrai club échangiste! »
C'est vrai que, quand je suis parti rejoindre Helen, hier, la soirée était bien entamée, les mecs déjà bien alcoolisés. Et les nana étaient nombreuses et peu vêtues. Si Léna est descendue après moi, comme je peux l'imaginer, elle n'a pas fait long feu devant ce spectacle.
Elle me dit qu'il n'y a d'ailleurs pas que les filles qui ont tourné : et comme pour étayer ses paroles, elles sort de l'une de ses poches un téléphone portable. Un pré-payé utilisé au club.
« - Il est a qui?
- Je ne sais pas. Je l'ai récupéré ce matin. Il trainait par terre. »
Je lui prend l'appareil des mains et consulte le journal des appels, le répertoire, les messages.
« - Juice. Y'a un tas de texto de Cassie.
- Ah? Parce qu'elle sait écrire? Tu me diras, avec le T9, maintenant, même Abel pourra bientôt envoyer des messages! »
Elle m'exaspère. Et c'est de pire en pire. Je sais qu'elle a dû mal avec les filles d'ici : elle les trouve vulgaire, stupide et tout un tas d'autres trucs. Mais j'ai vraiment l'impression qu'elle fait une fixation sur Cassie.
« - Léna. Tu veux bien...
- Arrêter, je sais. Donne moi ce foutu téléphone, je vais le lui ramener en allant à Saint Thomas. »
Tout en se levant, elle me prend l'appareil des mains. Elle est sur les nerfs, et ce n'est pas parce que je lui demande de se calmer un peu.
« - Pourquoi tu vas à l'hôpital?
- Remonter le moral de Gemma, et savoir ce qu'il s'est passé avec Tara. »
Elle me contourne et se dirige vers le garage pour y récupérer les clefs de la voiture de Gemma, avant de partir : il va vraiment falloir qu'elle pense a aller récupérer la sienne! Je ne suis pas sur que la First Old Lady accepte de prêter éternellement son jouet.
…
« - Hé princesse! Qu'est ce que tu fais là?
- Tu as oublié ça dans ma chambre? »
Léna, sur le perron, me tend mon téléphone, dûment remis en état. Je le récupère et libère le passage, pour qu'elle puisse pénétrer chez moi.
« - Je t'ai cherché quand je me suis descendue. J'étais déçue que tu ne sois plus là. »
Alors que je pousse la porte pour qu'elle se referme, je regarde mon amante de la nuit dernière se mouvoir dans mon salon. Son sac fini sur le canapé tandis qu'elle va se poser contre la table et que ses yeux se posent sur moi, gourmands. Elle est sacrément sexy dans son jean noir et son débardeur gris. Je viens me coller à elle et mes mains s'enlacent aux siennes.
« - Chibs m'a surpris ce matin. Il sait qu'on était ensemble, et on s'est engueulé. »
Elle m'adresse une petite moue contrariée.
« - Je suis désolée si j'ai foutu la merde entre toi et l'écossais.
- C'est pas de ta faute : faut que j'assume mes choix. Et si je ne le fais pas face à lui, je ne pourrais pas le faire face aux autres. »
Elle vient enrouler ses bras autour de mon cou et m'embrasser. J'aime la sentir tout contre moi, et je sais pas comment je vais pouvoir me passer d'elle pendant la semaine où le club va être à Belfast. Je sais ce que vous vous dites : je pourrais largement me désintoxiquer avec une irlandaise sur les genoux, mais je n'ai pas franchement envie. Dans ma tête, d'ailleurs, et étrangement, c'est assez clair : Cassie et toutes les autres ne comptent plus. Pour l'instant, la seule fille avec qui je veux être c'est Léna.
Je suis bien avec elle. On est complice, sans être toujours collé l'un à l'autre. Elle n'est pas toujours là à me demander où je vais, ce que je fais. En même temps, je suis souvent avec son frère ou Chibs alors elle n'a pas besoin de me fliquer! Et puis, il y a le risque que notre relation comporte : si Happy le découvre, je suis bon pour un aller simple vers St Thomas, les pieds devant. Mais c'est ce qui est si excitant.
Alors au final, je ne peux pas m'empêcher de douter. D'accord, c'est tout neuf, et c'est fun d'être sans arrêt sur le fil du rasoir. Mais est ce que ça en vaut vraiment le coup? A chaque fois qu'on a discuté, elle m'a dit que ce n'était qu'un jeu. Qu'elle voulait s'envoyer en l'air, et puis partir. Moi, ça ne m'embête pas de jouer un peu et de lâcher l'affaire, c'est ce qu'on fait ici. Mais je me vois pas faire ça avec elle ; c'est la sœur d'Happy quand même. Avec son frère sans arrêt sur le dos, je l'imagine plus sérieuse. Moins volage. Et c'est ce que je recherchais en me rapprochant d'elle. Un postérieur à croquer, et une histoire sérieuse.
« - Et tu es venue juste pour me rendre mon téléphone?
- Non. »
Sa voix devient fluette. Ses mains redescendent le long de mon torse, par dessus mon tee-shirt.
« - Et ton frère n'a rien dit?
- Non. »
Tandis que ses doigts s'aventurent sur mes fesses, elle vient se coller un peu plus à moi, l'air mutine. Se mordant la lèvre inférieure. Et laissant apparaître à mes yeux un magnifique décolleté plongeant.
« - Mais encore?
- Je lui ai dit que j'allais à Saint Thomas après. Y'a eu une embrouille entre Jax et Tara. Je vais allez soutenir la gente féminine. »
N'y tenant plus, je reprends ses mains et l'entraine jusqu'à ma chambre.
« - Le téléphone, c'était juste un prétexte pour toi, non?
- Y'a de grandes chances. »
…
Tout le monde est dans la chapelle pour notre dernière réunion avant le grand départ. Tous? Non! Évidemment, il en manque un. Et aujourd'hui, c'est Juice.
« - Tu es en retard, l'attardé!
- Désolé, j'ai eu un contre temps.
- C'est ce qu'on voit! »
Un contre temps, hein? Le mec a un magnifique suçon dans le cou... faut pas se foutre de ma gueule! Dis plutôt que t'as passé une nuit torride est que t'as pas réussit a te réveiller.
Sous son regard interrogateur, Bobby repousse le col de son top rocker pour lui montrer qu'on a compris et qu'il pourrait nous dire la vérité.
« - Putain, la garce!
- Donne moi son nom, Juice, Je veux la même!
- Je partage pas! »
Genre! Il partage pas. Il se garde les bons coups pour lui tout seul, le salaud! Pourtant, c'est moi qui lui ai conseillé Cassie et là, j'affirme que c'est pas elle qui a fait ça! Merde, je suis le sergent d'armes, j'ai bien le droit à un peu de reconnaissance! File les bons plans, bro!
« - On peut commencer, maintenant que tout le monde est là? »
…
« - On peut commencer, maintenant que tout le monde est là? »
Avec plaisir, Clay! Fait les oublier que je suis là, et qu'ils oublient aussi ce qu'ils ont vu! Bordel, Léna veut vraiment m'attirer des problèmes... Il suffit que les gars se mettent a en discuter et on sera cramés! Faut pas être con pour remettre les choses dans l'ordre : ce matin, Chibs m'a vu ici ce matin, et même sans citer le nom d'une certaine bombe avec qui j'ai passé la nuit, il se trouve que je n'avais pas cette magnifique marque. Ensuite, lorsque je reviens un peu plus tard, elle est apparue. Et, entre temps, qui a débarqué chez moi pour me rendre mon téléphone que j'aurai, accidentellement laissé par terre dans un couloir du club-house? Vous l'avez dans le mille : la sœur sexy de l'Unholy One! S'ils remettent en ordres les évènements, je pourrais bien ne pas avoir le temps de monter dans cet avion, cet après midi. Ou alors de ne jamais atterrir de l'autre coté de l'océan.
« - Alors, l'avion cargo d'Oswald décharge à Manchester. Un gars peut nous emmener à Stranraer. De là, on ira à Belfast en ferry. SAMBEL nous récupérera au port. »
Ça a l'air plutôt simple et bien ficelé. Mais on sait tous que les vraies problèmes, ce n'est pas en Angleterre qu'on va les rencontrer, mais une fois arrivé sur les terres de l'IRA.
« - On voyage sous surveillance. On se fait pas remarquer. Nos faucheuses restent sur le bar.
- Et on voyage léger. On prend que ce qu'on peut porter sur soi. »
Ouais. Comme prévu depuis un moment, on ne se fait pas remarquer comme étant de SAMCRO, évitant ainsi qu'on nous reconnaissent comme sympathisant irlandais. Et on fait pas comme les filles : pas de valises pleines a craquer de fringues. Mais bon, ça, il n'y avait pas vraiment besoin de le dire. C'est pas notre genre. Quoi que, Tig serai capable de faire entrer un chargement de putes asiatiques dans un sac, juste pour le voyage!
…
« - Les gars... »
Je referme la porte de la chapelle derrière moi ; à l'intérieur, le groupe en entier est là, pour faire les derniers préparatifs.
« - T'as réussi a avoir Fiona?
- Oui. Enfin. O'Phelan l'avait enfermé avec ma Kerriane. »
Cela fait deux jours que j'essayais de joindre ma femme, et le fait qu'elle ne réponde pas jouait fortement sur mon moral. Je n'aime pas ne pas savoir où elles sont, elle et ma fille, si elles vont bien. J'ai toujours peur que ce chien d'O'Phelan ne leur ai fait du mal! De toute façon, tout cela sera bientôt fini, leur calvaire et l'oppression de se tyran vont bientôt prendre fin. Mais, en attendant, la boule au ventre est toujours présente.
« - Elle sait pourquoi Jimmy a menti à propos d'Abel?
- Elle n'est pas sur. Elle sait juste que... »
Je n'ai pas rêvé? C'est bien ce que je crois voir juste là, dans le cou du portoricain?
« - ...Jimmy veut s'en prendre à Kellan Ashby. Ça a avoir avec les SOA de Belfast. »
Oh l'enfoiré! Il ne l'avait pas tout à l'heure... ne me dit pas que c'est encore à une autre nana qu'on doit ceci! Le sale merdeux, il ne sait vraiment pas se tenir!
« - Le prête?
- Oui. Le père Kellan Ashby. Le conseiller de l'IRA »
Il y a quand même un truc qui m'échappe : ce matin, il était près a en découdre avec l'Unholy One pour pouvoir être avec sa sœur, et ensuite il se tape une autre nana? Quelque chose ne tourne pas rond dans mon raisonnement.
« - Kellan ne décide de rien.
- Mais rien n'est décidé sans son aval. »
Happy serait-il seulement assez stupide pour laisser sa sœur aller seule chez l'iroquois? Après ce qui s'est passé lors de la perquisition hier, car oui, tout le monde a vu que les deux s'étaient considérablement rapprochés, le grand frère laisserait-il Léna sans surveillance? En y repensant bien, s'il l'a laissé hier soir, pour suivre Helen, c'est qu'il ne voit pas de danger. Pense t-il vraiment qu'un regard méchant envers notre hackeur est suffisant?
« - En tout cas, Jimmy ne veut pas de nous en Irlande. S'il découvre qu'on y est, ça pourrait chauffer avec l'IRA.
- C'est un risque a encourir. »
Et moi, au centre de tout ça, je suis censé faire quoi? Saletés de jeunes qui ne pensent pas aux conséquences!
…
Le départ du club est prévu aux alentour de 16h30. En attendant, on a un peu quartier libre, mais on doit toujours rester joignable en cas de soucis. Je sais que ma sœur est à l'hôpital, et je veux lui laisser un peu d'espace, mais j'aimerai qu'elle rentre, que l'on passe un peu de temps ensemble.
Je m'étire sur ma chaise alors que la plupart des gars ont déjà quitté la salle : je suis claqué. J'aurais bien besoin de quelques heures de sommeil : le voyage sera long, j'en profiterai.
Pour l'instant, je me dirige vers la salle de muscu, histoire de ne pas tourner en rond. Dans le couloir, la porte des toilettes est ouverte ; à l'intérieur, Juice est entrain de grimacer devant le miroir. Ouais mon gars, c'est très voyant... Et vraiment très laid! Comment tu as seulement pu te laisser marquer de cette façon? C'est pas digne d'un Sons... entre ça et ton top-rocker, je me demande comment Clay n'a pas pu t'infliger un traitement digne de ce nom. La préparation de notre expédition t'as surement sauvé.
Mais il y a quand même quelque chose qui m'intrigue : ma sœur devait passer le voir, et elle ne lui a rien dit pour le suçon? Ça me paraît étonnant : elle est la première a critiquer ce genre de marque, et elle n'aurai rien dit à Juice? A moins qu'elle m'ait menti sur sa réelle destination? Bordel, j'ai pas envie de m'engueuler avec elle maintenant, mais si elle m'a raconté des cracks... Je dois en avoir le cœur net.
« - Léna est passé te rendre ton téléphone?
- Ouais, ouais, c'est bon. »
Donc, elle ne m'a pas menti. Elle a bien fait un croché par chez lui.
« - Léna ne te l'a pas montré?
- Non. Mais maintenant je sais pourquoi elle se foutait de ma gueule! »
Je comprends mieux, maintenant. Elle est bien passée ; mais elle s'est dit que ne rien dire, et le laisser aux regards des autres bikers serait certainement plus drôle. Et plus sadique. Mais même si j'adore l'idée de ma sœur, et que ce genre de coup fourré lui ressemble bien, il ne faut pas que cela se reproduise : ce n'est pas une bonne image du club. Nous, on marque nos putes, jamais le contraire!
« - Faut remettre les choses en place avec ta nana. Tu dois lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à te marquer comme ça. Tu ne lui appartient pas, et elle est pas là pour ça. »
Il soupire et sort de la pièce : à sa tronche, j'ai compris qu'un truc n'allait pas. C'est assez évident maintenant. Et ça n'a aucun rapport avec le fait qu'on l'ai vu.
« - Le problème, c'est que c'est pas Cassie. Ni une pute du club. »
Pas sa blonde? Alors là, je suis intrigué! Et elle aussi apparemment vu le regard mauvais qu'elle lance au portoricain en venant vers nous. Ça sent l'embrouille, et j'aime ça!
…
Assis au comptoir, un shoot à la main, je vois Cassie me passer devant, l'air passablement énervée ; je la suis du regard jusqu'à comprendre sa destination. Juice est dans le couloir, avec Happy, qui d'ailleurs s'écarte devant la blonde en furie, et me rejoins. Le temps que l'un des prospect lui serve la même chose, et il s'assoit à ma gauche. Que le spectacle commence!
« - Tu savais que ça venait pas d'elle?
- Nan. Mais je crois que tout le monde le sait maintenant! »
Bien sur, je mens à mon voisin. J'ai un doute sur la personne, et j'espère ne pas me tromper car cela me fera vraiment du mal pour elle. Après tout, en y réfléchissant bien, si Léna n'est pas au club ce matin, c'est qu'elle doit bien être quelque part, et que rien ne l'empêchait de passer chez le portoricain.
De là où nous sommes, nous n'entendons rien, pour l'instant. Juice à l'air de temporiser sa... sa quoi d'ailleurs? Elle n'a jamais été une légitime, c'était juste une régulière, une pute avec qui il était souvent. Mais maintenant? Va t-il vraiment lui dire de dégager? Et introniser Léna comme légitime? Parce que très franchement, je la vois mal jouer un simple plan cul : Juice ne se serai pas opposé à moi pour un simple plan cul. Et il ne prendrai pas le risque de se faire démolir, juste pour un peu de bon temps.
« - T'as sœur n'est pas là? »
Il s'envoie un nouveau shooter avant de répondre.
« - A St Thomas. Jax s'est tapé Ima cette nuit. Et Tara s'en est aperçue.
- Merde! »
Alors oui, si la gamine n'est pas là, elle a largement eu le temps de passer voir le portoricain ; et de marquer son territoire. Pff, si ça avait été la faute d'une des filles d'ici, Juice se serai pris une soufflante de ma part. Mais là, je suis censé faire quoi? Même si Léna connait les règles par son frère, je peux comprendre son geste. Elle lui fait confiance sans savoir si lui, fera de même. Elle veut juste être sur qu'il comprenne là où il a mis les pieds. Est pris celui qui croyait prendre!
Plus loin, le ton monte entre mon ancien prospect et la blonde : on entends quelques morceaux, des mots, des bouts de phrases, et finalement, on va finir par tout entendre. J'ai bien l'impression que les explications de Juice ne la convaincs pas.
« - Mais qu'est ce que tu lui trouves à cette petite conne frigide et cinglée? »
Cinglée, oui surement un peu ; avec Happy comme frère, c'est un moindre mal. Mais frigide... il faudrait que Cassie revoit la définition parce qu'avec ce que j'ai vu, la petite était loin du comportement de la sainte nitouche, absolument pas intéressé par une partie de jambe en l'air.
« - Cass... arrête. C'est bon.
- Non, c'est PAS bon! Tu me dégages? Et en plus faudrait que je ferme ma gueule?
- C'est ce que tu es censé faire, oui.
- J'ai pas l'intention de te laisser me jeter! Pas après tout ce temps! Je serai une super Old Lady, tu le sais ça? »
Oulah! C'est qu'elle s'emballe carrément! Alors, comme ça, elle se voyait déjà porter le crow des Old Lady? Non, franchement, ça ne lui irai pas. Elle n'a pas assez de classe pour ça!
« - Lâche l'affaire. C'est fini! Point barre. »
Pour mon ancien prospect, oui, à l'évidence, il tourne la page. Et j'espère que c'est pour une relation plus sérieuse que celle auxquelles ils nous a habitué jusqu'à maintenant. Que ce n'est pas qu'un coup de tête.
J'imagine que cela ne doit quand même pas être facile pour Cassie de se faire dégager au milieu d'un couloir, et devant un certain nombre de membres de SAMCRO. Et la connaissant un peu, je sais qu'elle n'en restera pas là : c'est une garce, dans tout les sens du terme.
« - Je vais m'occuper de cette pétasse. Tout le monde saura qui elle est vraiment et... »
J'ai bondi de mon tabouret en voyant Juice revenir vers la blonde, l'air furax et la plaquer au mur. Hormis ce matin, je ne suis pas sur de l'air déjà vu dans cet état. Lui qui est si joyeux, égal en caractère, j'ai presque cru qu'il allait la frapper.
« - Touche la, et je te jure que tu ne mettras plus jamais les pieds à Charming. »
Tout comme moi, Happy a frémit en entendant ces mots : ils sont tellement irréels dans la bouche de l'iroquois. Léna a sacrément dû lui retourner le cerveau pour le faire changer du tout au tout!
Il relâche finalement Cassie, en pleure, et traverse la pièce en direction de l'extérieur.
…
Alors que je pénètre dans l'hôpital de Charming, mon téléphone vibre : un nouveau message.
C'est malin. J'ai eu le droit à un tas de questions, y compris de ton frère. Tu veux vraiment me foutre dans la merde?
Apparemment, Juice n'a pas apprécié que je le marque comme ça. Mais franchement, je n'en ai cure : avec ça, je suis presque sure de repousser très loin les éventuelles prétendantes irlandaises! Enfin, j'espère. Et je montre surtout à cette pétasse blonde au gros cul qu'elle n'a plus le monopole sur le portoricain.
Fière de mon coup, je réponds. J'ai envie de le mettre en rogne.
Tu lui as dit que c'était à cause de moi? De toute façon, c'est entièrement de ta faute. Un : t'avais qu'a te défendre quand je te l'ai fait. Deux : si tu n'étais pas aussi sexy, ça n'arriverai pas!
C'est puéril, et je m'en fou! Je me suis laissé embarquer jusqu'à ce putain de lit, et je l'ai laissé faire ce qu'il voulait. Pas que ça m'aie déplu, loin de moi l'idée de vous le faire croire! Je passerai ma journée avec lui, si c'était possible. Alors le suçon, c'était juste le prix a payer : il veut profiter de mon corps? D'accord, mais je ne partage pas. Et je le fais savoir!
Sans vraiment m'en rendre compte, je suis déjà dans le service néo-nat. Tara discute avec la grande patronne de l'hôpital ; j'attends qu'elle ait fini pour la rejoindre.
« - Ta chef n'a pas l'air de m'apprécier.
- Elle n'apprécie pas le club.
- Bah va falloir lui dire que je ne suis pas "le club". »
Elle est de mauvais humeur, il n'y a aucun mal a comprendre pourquoi. Et je pense que ma venue ne lui fait pas spécialement plaisir. Elle doit surement croire que j'étais au courant.
« - On peut parler... dans un endroit plus tranquille. »
La doc soupire avant de me faire signe de la suivre. Ce n'est qu'une fois la porte de la salle de repos fermée, et l'une face à l'autre, que je parle de nouveau.
« - Écoutes. Je suis désolée pour ce qui s'est passé.
- T'y es pour rien. Et puis j'ai pas envie d'en parler. »
C'est compréhensible. Mais moi, je me sens mal. Hier, on discutait comme deux bonnes copines, et ce matin je me retrouve devant une rupture inévitable ; Tara et moi ne sommes pas si différentes, et je sais qu'elle n'acceptera pas cette trahison. Si seulement j'étais resté un peu plus longtemps en bas, au lieu de ne penser qu'à ma gueule!
« - Alors, juste, écoutes! Quand j'ai quitté la salle hier soir, Ima était là, mais elle était sur les genoux de Tig! Si j'avais pensé que... j'avais juste envie de l'égorger ce matin. »
Malgré la tristesse que je lis dans ses yeux, elle me sourit.
« - Je suis vraiment désolée Tara.
- J'espère au moins que ton absence en valait la peine. Juice? »
Je sens mes joues chauffer et détourne le regard : mon attitude est suffisamment éloquente, non? Et, en plus, ça la fait rire! C'est la fin des haricots.
…
C'est vrai que je lui en ai voulu ce matin : lorsque j'ai vu Ima dans la chambre, avec Jax, et puis Léna, dehors, insouciante. J'ai pris ça pour une trahison. Je pensais qu'on était amies. Ou peut être moins, mais je pensais pouvoir lui faire confiance. Je pensais qu'elle aurait évité ça, ou qu'elle m'aurai prévenu. Pour moi, tous au club étaient responsables.
Mais j'ai vite compris mon erreur lorsqu'elle est arrivée : qui aurait assez de cran pour venir m'expliquer les choses telles qu'elles se sont passés, hormis quelqu'un d'innocent dans l'histoire? Je ne peux pas non plus lui en vouloir d'avoir juste voulu profiter d'un mec qui, d'après ses dires, lui tourne autour depuis un moment. Chacun sa vie.
« - Léna! Tu sais garder les secrets?
- J'ai réussi a garder les miens. C'est une preuve suffisante?
- Je suis enceinte. De jax. »
Je ne sais pas trop pourquoi je le lui ai dit. Les hormones, je suppose. Ou peut être que je ne veux pas que Gemma soit la seule a le savoir, et la seule avec qui je puisse en parler. Je n'ai pas confiance en le jugement de la First Old Lady : elle est prête à tout, y compris à trahir mon secret, pour rester au top.
Je m'attendais à ce que la révélation soit surprenante pour Léna, mais là, je me demande si elle n'a pas fait un arrêt cardiaque. Cela fait bien trente secondes qu'elle n'a rien dit et qu'elle me regarde de bas en haut, les yeux ronds, la boche entre-ouverte...
« - Et il... Merde, c'est quoi ce mec! »
… Avant de quasiment se mettre a crier. Mince, elle m'a fait peur! Je crois que je la préférai muette. Et plus calme, aussi. Là, j'ai l'impression que si Jax entrait dans la pièce, elle lui ouvrirai les entrailles à mains nues. Il faut vraiment que je temporise.
« - Il ne le sait pas. Et je pense que c'est mieux comme ça.
- Tu ne veux pas le garder. C'est ça? »
Oui. Elle a raison ; Léna est perspicace et, d'un coté, ça me rassure qu'elle ait trouvé toute seule. Ça signifie qu'elle reconnaît cette possibilité. Face à Gemma, je ne l'ai pas évoqué clairement. Je sais par avance qu'elle n'approuverai pas, surtout parce que cela toucherai sa famille proche. Un autre petit-enfant, pour elle, c'est l'accomplissement d'une vie à régner sur cette ville et le club. Un cadeau, et une gratification personnelle. Elle ne comprendrait pas car cela n'irait pas dans son sens. Mais, pour moi, un enfant doit vivre entouré d'une famille solide, et, en ce moment, le club n'en est pas une. Et je ne veux pas imposer une vie merdique à cet enfant.
« - Tout ça n'a aucun sens. Avec Abel, et ce matin... »
Je fini par m'assoir sur l'une des chaises, je suis littéralement crevée ; Léna me rejoins. Je ne sais pas. Je pense avoir pris une décision raisonnable, mais une part de moi me hurle d'attendre, de réfléchir encore. Je suis complètement perdue.
La main de ma voisine vient presser mon genoux, et je me tourne vers elle. Penchée en avant, elle me regarde avec assurance et sincérité.
« - Quoi que tu décides, je te soutiens. Et je ne dirais rien. Promis. »
J'ai pense avoir fais le bon choix : lui en parler m'aidera.
A suivre...
