Chapitre 7 :
Le lendemain, ni Harry ni Ron ne tentèrent de reprendre contact avec Hermione. Au vu de ce qu'elle savait et de sa réaction de la veille, ils avaient décidé d'un commun accord de lui laisser du temps et de l'espace. Il fallait également reconnaître qu'ils avaient été impressionnés et légèrement apeurés par son emportement et sa puissance insoupçonnée. Blaise avait été lui aussi contraint de la laisser seule : lorsqu'il essayait une approche, elle l'évitait. C'était sa façon de lui faire comprendre qu'elle avait besoin de solitude et il n'avait pas insisté, ce dont elle lui avait été reconnaissante. Mais tout le monde ne semblait pas vouloir être clément avec elle : alors qu'elle rentrait dans son appartement après le dîner, elle entendit clairement des gémissements – voire des cris ! – de plaisir provenant de la chambre de son homologue. A cet instant, elle comprit mieux ce qu'insinuait Malefoy quelques jours plus tôt lorsqu'il disait « si ça t'empêche de dormir ! »…
Le vendredi, lorsqu'Hermione arriva devant la salle de DCFM, elle fut chaleureusement accueillie par celle qui l'avait empêché de dormir à cause de ses cris de jouissance.
– Tiens, mais qui voilà ? Ne serait-ce pas la pauvre petite sang-de-bourbe sans ami ?
– Grengrass, la salua-t-elle à son tour. Je crois que je préfère encore t'entendre gémir comme une truie que t'essayer au trait d'esprit. Contente-toi d'être belle et laisse l'intelligence aux autres, tu seras mignonne.
Elle prit une moue choquée mais Drago, qui était à côté d'elle, l'empêcha de répliquer et s'approcha de la préfète-en-chef.
– Granger, l'apostropha-t-il, sais-tu quel jour on est ?
– Vendredi, répondit-elle du tac au tac mais méfiante.
– Exact. Vendredi 25 Septembre. Le dernier vendredi du mois.
Hermione soupira de lassitude.
– Qui dit dernier vendredi du mois dit « soirée détente ». Je prends la peine de te le rappeler étant donné que tu n'étais pas présente ce midi quand le vieux fou l'a mentionné.
Hermione grimaça.
– Alors cette fois tu viens ! Rien à foutre que ça t'emmerde, tu as intérêt à venir où je ne serais pas aussi clément que la dernière fois. Compris ?
La concernée se contenta d'un vague signe de tête avant de suivre les autres dans la classe.
– Bonjour tout le monde ! les salua Booth. Allez, en place !
Et comme à chaque fois, les binômes se formèrent avec plus ou moins d'entrain. Blaise et Hermione se sourirent en commençant leurs échauffements.
– Désolé pour l'attitude de Drago, commença Blaise. Et de ne pas être venu te soutenir non plus…
– Tu n'as pas à t'en vouloir, le rassura-t-elle avec un sourire. Je comprends tout à fait ta position et puis je commence à avoir l'habitude de ses menaces…
– Qu'est-ce que c'était cette fois ?
– Il me promet mille morts si je ne viens pas l'aider pour la soirée de ce soir…
Elle leva les yeux au ciel et ils se sourirent. C'était devenu une habitude pour eux de se parler et de se sourire et les autres n'y prêtaient plus attention, enfin presque.
– Tu viendras ? l'interrogea le métis.
– Où ?
– A la soirée de ce soir.
Devant le scepticisme de la jeune fille, il argumenta.
– Sans compter que ça fait partie de tes obligations, ça te ferait du bien de t'amuser un peu. Je ne reviendrais pas sur ce qu'il s'est passé mercredi, j'ai parfaitement compris que tu n'avais pas envie d'en parler, mais Hermione tu as besoin de relâcher la pression ! Je ne me souviens que trop bien dans quel état tu étais cet été, alors aujourd'hui…
Il ne prit pas la peine de terminer sa phrase, elle avait parfaitement comprit ce qu'il insinuait.
– Mais tu n'es pas seule ! Je suis là et je ferais tout pour t'aider. Et de l'aide, tu en as besoin. Que tu ne veuilles pas me dire ce que tu fais passe encore, mais je vois bien dans quel état tu es : tu es amaigrie, tu parais épuisée, tu es toujours absente au déjeuner, tu es couverte de blessures et maintenant tu utilises la magie noire ! Alors je veux bien ne pas insister et ne pas chercher à savoir, mais je ne peux pas faire comme si ça ne m'inquiétait pas ! Alors je t'ordonne de venir t'amuser à la soirée de ce soir. Tu me le dois bien !
Il s'arrêta, essoufflé, tout en continuant de fixer Hermione. Bien qu'il ait parlé avec conviction et ardeur, il avait su rester discret et personne ne les avait entendus. Hermione était réellement surprise et prenait petit à petit conscience de l'attention que lui portait Blaise. Il avait remarqué jusqu'au plus petit détail la concernant. Pire, il semblait sincèrement inquiet pour elle et ses secrets semblaient peser au jeune homme. Elle qui se croyait seule…
– Blaise je… commença-t-elle perturbée, d'accord. Je viendrai.
– Tu le promets ?
– Je le promets.
Il lui fit un sourire rayonnant et elle se sentit contente de pouvoir lui faire plaisir. Le cours se poursuivit dans la bonne humeur, pour eux en tout cas. Alors que les élèves s'apprêtaient à sortir, le professeur les en empêcha.
– Attendez, jeunes gens ! Une dernière chose avant que vous partiez en weekend : dès lundi nous commencerons les corps à corps à proprement parler. Alors reposez-vous bien ! A lundi ! Miss Granger, je souhaiterais vous parler.
Les élèves sortirent rapidement, excepté Blaise qui n'aimait pas cette situation. Une fois seule avec son professeur, Hermione prit une moue honteuse et baissa son regard au sol sans oser bouger.
– Hermione ? l'appela Booth, intrigué par son attitude. Que se passe-t-il ?
– Je sais pourquoi vous m'avez demandé de rester… Vous êtes au courant pour mercredi et vous allez me reprocher mon attitude des plus déplorables et vous auriez raison ! Mais je n'ai pas réussi à me contrôler, c'était plus fort que moi et…
– Hermione stop ! l'arrêta-t-il. Je n'ai aucunement l'intention de te faire des reproches, loin de moi cette idée ! Vu ta situation, c'est tout à fait compréhensible.
Hermione releva la tête vers son professeur qui lui accordait un regard bienveillant. Elle sembla reconnaissante de son soutien.
– Comment est-ce que ça va ? Tu supportes ?
– Ça va. Bien sûr, j'ai du mal à dormir. En fait le problème c'est le réveil pendant deux-trois secondes, mais je ne dors pas trop mal. Je dors même bien à part les cauchemars…
Booth fixa la jeune fille avec intensité et on pouvait lire dans son regard combien il était désolé et la peine qu'il éprouvait pour elle.
– Tu sembles aller bien pour quelqu'un dans ta situation. Tu es très courageuse, et je suis fier de toi !
– Merci professeur. Mais je ne suis pas sûre de le mériter…
– Tiens donc ! s'exclama-t-il surpris. Et pourquoi ça ?
Hermione avait le regard fermement vissé au sol, ne voulant pas affronter celui intense de son professeur.
– Je les fais souffrir, avoua-t-elle dans un murmure, Harry et Ron. Mais je ne me sens pas la force d'aller vers eux, c'est trop dur… Sans compter l'Ordre…
– Que…
Hermione releva la tête et adressa un petit sourire à son interlocuteur.
– N'essayez pas de me faire croire que vous ne faites pas parti de l'Ordre. Un homme aussi doué et tourné vers les autres ne peut qu'appartenir à l'Ordre du Phénix.
Il lui sourit à son tour et se caressa la nuque, signe de gêne chez lui. Le compliment qu'elle venait de lui faire l'avait beaucoup touché mais également mis mal à l'aise.
– Tout ça, reprit Hermione qui semblait ne pas avoir remarqué ou en tout cas faire grand cas de la gêne de Booth, pour dire que j'aimerais pouvoir faire comme si tout était comme avant et aider l'Ordre, retrouver mes meilleurs amis… Mais je n'en ai pas le courage, je suis faible…
Booth la regarda avec gravité alors qu'elle venait de baisser une fois de plus la tête devant lui.
– Hermione, l'appela-t-il en lui attrapant doucement le menton, tu n'es pas faible. Tu es loin de l'être. Tu es une des personnes les plus fortes que j'ai rencontrées. Mais après ce que tu as traversé, il est normal que tu aies besoin de temps… Mais si ça peut te rassurer, je te tiendrais personnellement informé des progressions de l'Ordre et je leur parlerais de…
– NON ! s'écria Hermione en faisant sursauter son professeur, la faisant rougir. Je… pardon mais je… je ne souhaite pas qu'ils sachent tout ça… ils s'inquiéteraient encore plus et… enfin…
– J'ai compris Hermione, lui assura son professeur avec un sourire rassurant. Ça restera entre nous. Ils ne sauront rien, en tout cas venant de ma part.
– Merci, le remercia-t-elle soulagée. Je dois reconnaître que ça fait du bien de se confier, de savoir qu'on peut compter sur quelqu'un…
– Oui, c'est normal… Bon il est temps d'y aller, on va être en retard pour le dîner !
Quelques minutes après, le professeur de DCFM rejoignit sa place à la table des professeurs.
– Tiens, Milicent ! Regarde qui vient d'arriver ! fit remarquer Marcus Flint.
– Il est tellement beau ! se lamenta presque la Serpentard.
– C'est vrai qu'il n'est pas mal, approuva Astoria.
– Dommage pour vous qu'il n'ait d'yeux que pour Granger ! se moqua Flint.
– La sang-de-bourbe ? s'exclama Astoria avec dégoût.
– Mais qu'est-ce que tu racontes ? interrogea Blaise qui cessa de parler avec Drago.
– Vous n'avez pas remarqué qu'il lui demande souvent de rester en classe alors qu'on sort tous ? fit remarquer Flint, à la surprise générale.
– Ça ne veut rien dire, contra Blaise. Seulement qu'il veut lui parler.
– Et ça c'est quoi alors ? demanda à son tour Pansy en désignant la table des Gryffondors.
Ils suivirent son regard pour voir Hermione qui venait tout juste de s'installer. Et alors qu'elle prenait place, Booth lui adressa un sourire qu'elle lui renvoya. Effectivement, c'était étrange.
Le soir arriva bien trop rapidement au goût d'Hermione. Malgré la promesse faite à Blaise elle n'avait aucune envie d'y aller. Il était cependant trop tard pour reculer. Elle s'habilla simplement d'un slim noir et d'un pull à manche trois quart marron. Elle avait déjà dix minutes de retard quand elle arriva dans la Grande Salle déjà pleine. A peine eut-elle posé un pied dans la pièce que Malefoy lui tombait dessus.
– Tu es venue cette fois, remarqua-t-il.
– Comme tu vois.
– Je préfère ça.
– Rêve pas, je ne suis pas là pour toi ! répliqua-t-elle avant de le contourner pour partir à la recherche de Blaise. C'est lui qui la trouva au bout de quelques minutes.
– Je suis heureux de te voir !
– Blaise, on s'est vu il y à peine deux heures !
– Tu vois où je veux en venir…
– Oui ! lui assura-t-elle. Je vais faire un tour pour voir si tout va bien et je te rejoins.
– Tu vas voir, on va s'éclater !
Hermione rit devant son enthousiasme avant de partir faire sa ronde. Elle renvoya les premières et deuxièmes années dans leurs dortoirs, leur couvre-feu étant passé et chargea les préfets de Poufsouffle et Serdaigles de s'occuper des troisièmes et quatrièmes années après quoi elle rejoignit son ami. Il était assis sur une chaise et regardait les rares danseurs qui évoluaient sur la piste, un verre – de Whisky Pur Feu certainement ! – à la main.
– Me revoilà !
– Ah, enfin ! lui reprocha-t-il. Je commençais à trouver le temps long !
– Quoi, t'aurais-je manquée ? fit-elle, malicieuse.
– C'est surtout que Dray est parti dans un coin avec Astoria et que je me sentais seul…
Hermione prit une moue choquée et boudeuse à laquelle Blaise ne résista pas et il explosa d'un rire tonitruant.
– Je rigole, Princesse ! s'exclama-t-il en la prenant dans ses bras ce qui n'échappa pas à une certaine Serpentard.
A ce surnom, Hermione ne put retenir un immense sourire de pur plaisir prendre place sur son visage, même si elle le trouvait ridicule et inapproprié pour elle.
– Tu n'as pas peur que l'on nous voie ensemble ? s'enquit la Gryffondor.
– J'ai décidé que je m'en fichais, expliqua-t-il en haussant les épaules. Tant qu'on est présent l'un pour l'autre on s'en moque des autres !
Une bouffée de bonheur comme elle n'en n'avait pas ressenti depuis un moment emplit le cœur d'Hermione. Elle adressa un sourire éblouissant à Blaise et lui prit la main pour le tirer vers la piste.
– Allez, viens, on va s'amuser un peu !
– Comme si tu en étais capable ! la railla une voix une féminine.
Hermione se figea et se tourna vers son interlocutrice.
– Parkinson, évidemment. Qui d'autre ? remarqua Hermione à voix haute. Qu'est-ce que tu veux ?
– Que t'arrête ton numéro ! Arrête d'essayer de jouer les grandes, c'est pas pour toi !
Blaise s'apprêtait à réagir mais Hermione l'en empêcha en lui posant une main sur le torse.
– Laisse, Blaise. Je gère, lui affirma-t-elle.
– Blaise ! se récria Pansy. Depuis quand tu sympathises avec les sang-de-bourbe ? Et surtout la pire de tous ?
– Bon c'est quoi ton problème, Parkinson ? s'énerva finalement la préfète-en-chef. Tu es jalouse, c'est ça? Parce que là tu commences sérieusement à m'emmerder !
Autour, toutes les conversations s'étaient tues, même la musique avait été arrêtée. Il ne restait plus dans la salle que les élèves allant de la cinquième à la septième année et tous semblaient captivés par l'échange.
– Jalouse ?! Mais de quoi ? C'est pas parce que tu as changé de fringues que ça fait de toi quelqu'un de différent et tu le sais ! Au fond tu resteras toujours la parfaite Miss-je-sais-tout coincée et quoi que tu fasses tu n'y changeras rien !
– Tu veux parier ? proposa Hermione d'une voix malicieuse mais étrangement calme malgré les insultes.
Pansy sembla prise de court un instant mais, en bonne Serpentard, se ressaisit rapidement. Les verts et argents s'étaient réunis derrière elle pour faire front commun. Loin d'être apeurée, Hermione était plutôt amusée de la situation qui tournait en sa faveur.
– Parier quoi ?
– Eh bien tu sembles persuadée que je suis coincée et incapable de m'amuser. Je te propose de parier là-dessus.
– Et tu proposes quoi ? interrogea Pansy, méfiante.
– Hum… Hermione sembla réfléchir avant d'afficher un air hésitant très convaincant. Eh bien, vu que c'est une soirée, pourquoi pas… danser ?
– Ça me va ! s'empressa d'approuver Pansy qui affichait déjà un air victorieux. Drago en avait profité pour se rapprocher de Blaise et lui chuchoter quelque chose à l'oreille, ce à quoi il acquiesça.
– Il faut quelqu'un de neutre pour choisir la musique, intervint Blaise. Je propose Drago en tant que préfet-en-chef, il saura rester impartial.
Des murmures s'élevèrent dans la salle, tous sachant très bien que le Prince des Serpentard allait forcément favoriser celle de sa maison. Mais contre toute attente, Hermione ne se laissa pas démonter.
– Très bien ! accepta la lionne en ôtant son pull pour se retrouver en simple débardeur noir. Je commence !
Après un clin d'œil à Blaise, à qui elle confia sa baguette, et avec tous les regards braqués sur elle, elle se dirigea vers le centre de la salle. D'un coup de baguette, Drago fit retentir la musique. Hermione fut surprise de découvrir qu'il s'agissait d'une chanson moldue «I'm a slave for you» de Britney Spears et elle pensa qu'il ne l'avait pas choisie par hasard. Elle ferma les yeux pour se laisser gagner par la musique et respira tranquillement. Quand elle les rouvrit, elle se mit à danser. Il semblait que son corps et la musique ne faisaient qu'un tellement le rythme de la musique et celui de ses mouvements étaient synchronisés. Elle se mouvait, glissait, se déhanchait de façon sensuelle et gracieuse. Le tout ponctué par quelques figures plus ou moins compliquées. Elle balaya la salle des yeux et s'arrêta sur un regard acier qui la fixait avec force. Aussitôt, elle se sentit assaillie par des sensations fortes qu'elle tenta de transmettre dans ses mouvements.
Elle ne remarqua pas Blaise qui était désormais à côté d'Harry et Ron.
– Toujours aussi sûrs de la connaître mieux que quiconque votre meilleure amie ? les nargua-t-il avant de rejoindre Drago.
La musique finit par s'arrêter et Hermione aussi. Elle lâcha le regard de son homologue tandis que régnait un moment de flottement silencieux qui fut bientôt suivit par un tonnerre d'applaudissements auquel Hermione sourit. Sa respiration redevenue régulière, elle s'avança vers Pansy qui n'avait pas bougé et approcha sa bouche de son oreille.
– La prochaine fois, ne parle pas sans savoir. Ah, et ne te permets plus jamais de me juger, tu ne me connais pas !
Elle poussa la provocation jusqu'à déposer un baiser sur la joue de la Serpentard. Elle remarqua que son homologue avait disparu et rejoignit Blaise qui avait un grand sourire. Le métis lui tendit sa baguette et lui rendit son clin d'œil.
– Bien joué, Princesse ! la félicita-t-il. Du grand art !
Pour toute réponse, elle attrapa son verre et le but d'une traite avant de grimacer.
– Ça fait du bien ! s'exclama-t-elle. Et même si tous ces regards qui te fixent peuvent être impressionnants, moi je trouve ça grisant !
– Au moins, remarqua-t-il, maintenant on peut passer du temps ensemble sans qu'on ne nous fasse de réflexion ! Tu as gagné ce droit pour nous !
Ils se sourirent et passèrent le temps suivant à rire. De temps à autre, quelques élèves venaient féliciter Hermione pour sa prestation. Puis vint l'heure d'aller se coucher. Hermione arrêta la musique et se lança un sonorus.
– La fête est finie ! Tout le monde dans son dortoir ! C'est l'heure !
Lentement, la salle se vida pour qu'il ne reste plus qu'Hermione et Blaise. Elle le salua et retourna à son appartement. Tout en donnant le mot de passe, elle ôta ses chaussures qu'elle balança dans un coin du salon. Sentant une présence, elle s'arrêta et fit face à son homologue, à un mètre d'elle.
Il la fixait avec le même regard que lorsqu'elle dansait. Ce regard qui lui faisait ressentir tellement de choses contradictoires. Un regard d'une intensité qui la fit frissonner. Aucun d'eux ne parla, ils se contentèrent de s'observer pendant ce qui sembla une éternité. Et sans qu'ils n'en comprennent la raison ou ne sachent de qui provenait l'initiative, ils se jetèrent l'un sur l'autre dans une étreinte passionnée. Leur baiser n'avait rien de tendre ou d'amoureux. Non c'était violent, sauvage et excitant. Comme un besoin vital.
Drago avait saisi Hermione par les cheveux alors qu'elle plantait ses doigts dans son dos. Elle avait totalement conscience de l'adrénaline qui galvanisait son corps à son contact, de ses lèvres qui s'étaient brutalement posées sur les siennes, de l'accélération de leurs souffles ainsi que du contact de la langue de son ennemi avec la sienne. Cette prise de conscience avait un effet bien plus fort que n'importe quelle drogue : leurs langues se touchaient, se frôlaient, se caressaient, se débattaient avec force et Hermione se sentait planer, à des kilomètres de Poudlard, de la Guerre, de tout. C'est alors qu'elle sentit quelque chose de froid et métallique. Sans rompre le baiser, elle tenta d'identifier l'objet et comprit : il s'agissait de son fameux piercing ! Drago Malefoy avait un piercing à la langue ! Encore plus excitée par cette découverte, elle se colla un peu plus contre lui, voulant se fondre en lui, tandis qu'il raffermissait sa prise sur ses cheveux, la faisant gémir de douleur ou de plaisir, elle était incapable de le dire.
Et tout s'arrêta brusquement. Ils se séparèrent, se décollant l'un de l'autre. Ils s'observèrent quelques secondes, encore perdus dans les limbes du désir et de la passion qui les avaient gagnés, la respiration forte et irrégulière. Drago fut le premier à reprendre ses esprits : il fut rapidement saisi par la colère et le dégoût. Il poussa la jeune femme qui tomba lourdement au sol sous la force de l'impact. Incapable du moindre mouvement, elle se contenta de le regarder disparaître dans sa chambre et de claquer sa porte. Il ne manquait plus que ça !
