Ghash7: Merci beaucoup. J'ai eu du mal à boucler ce chapitre, et je n'ai pas réussi à rendre l'idée que je voulais sur la relation entre Legolas et Elmin. Mais je pense arriver à me rattraper plus tard. Nous verrons.
Chapitre 37 :
La nuit avait déjà étendu ses longs voiles sombres sur la cité depuis plusieurs heures. Le silence régnait dans la maison de guérison. Tout le monde savait que les deux elfes blessés étaient hors de danger, alors on s'accordait un moment de répit.
Celebrian avait réussit à convaincre Elrond d'aller se reposer pour la nuit. Un autre guérisseur pouvait veiller aux cotés d'Elmin jusqu'au lendemain matin.
Seul le roi Thranduil n'avait pas regagné sa chambre. Il profitait du calme et du fait que tous avaient retrouvé leurs demeures sauf quelques gardes pour marcher seul dans la cité, prendre un peu de recul sur toute cette affaire, réfléchir sur la situation. Il lui fallait avancer, il n'avait pas beaucoup de temps. Il savait très bien qu'après la fuite d'Elmin, dont finalement il ne savait encore rien, les complices de Melhboror avait compris qu'ils avaient été trahis. Ils avaient peu être déjà tous fui loin d'Eryn Las Galen... Néanmoins, il allait devoir s'assurer qu'il n'y avait plus aucun parjure dans la cité. Ensuite, il ferait tout pour que leurs crimes ne restent pas impunis. Thranduil n'ignorait pas qu'il lui serait pratiquement impossible de remettre la main sur tous les coupables, mais il ne pouvait pas baisser les bras. Cela lui prendrait peut être des années, mais il vengerait son enfant. Peut être alors seulement la colère qui grondait dans son cœur pourrait s'apaiser. Il ferait tout pour que Legolas se sente à nouveau en sécurité chez lui.
Oui, il le vengerait. Et personne ne pourrait l'en empêcher. Il s'en fit la promesse. On s'en était pris à la chaire de sa chaire, à la seule chose au monde qui lui apportait un sens à sa vie, c'était au dessus de ses forces de renoncer à la vengeance. Et savoir que c'étaient certains membres de son propre peuple qui avaient osé maltraiter son enfant !
Thranduil se demanda brusquement s'il se pourrait un jour qu'il retrouve la paix, s'il était possible que sa colère s'apaise, si l'on pourrait atténuer sa souffrance…
Melhboror le tenait par la gorge. Il ne pouvait ni bouger ni crier. La panique l'avait gagné, l'air lui manquait. Et pourtant, une partie de lui hurlait dans sa tête que cette scène n'était pas réelle. Legolas se força à se calmer, bien que le visage souriant de Melhboror ne cessait de le fixer.
« Ca n'existe pas, ce n'est pas possible. Melhboror est mort. J'ai vu son cadavre. »
L'autre le regardait toujours et resserrait son emprise autour de sa gorge.
Le prince tenta de faire abstraction de la panique et voulut s'échapper. Il essaya tant bien que mal de se jeter hors de son emprise. Mais plus Legolas se débattait, plus ses doigts s'enfonçaient dans sa gorge. Son sourire disait toute la jouissance que son pouvoir sur le petit corps agonisant lui procurait. Il ne parlait pas, se contentait de sourire affreusement.
« Il n'existe pas, il n'existe pas, il n'existe pas… »
Legolas ferma les yeux pour mieux se convaincre. L'image de Melhboror ne pouvait être qu'un fantôme. Il ne pouvait pas être réel. Son père l'avait tué, il l'avait vu, il l'avait senti. Et finalement, à force de concentration et de persuasion, l'image de Melhboror commença à s'estomper doucement.
« Il n'existe pas… Il n'existe pas… »
Legolas continua de marteler cette phrase dans sa tête et l'ombre de Melhboror disparut totalement.
L'enfant se réveilla en sursaut, au milieu de son lit. Une main posée sur sa gorge en feu. A nouveau l'air emplit ses poumons. De nombreuses larmes amères coulaient le long de ses joues, silencieuses. Legolas resta ainsi de longues minutes, comme s'il avait peur même de bouger. Tous ses membres tremblaient sans qu'il ne puisse avoir aucun contrôle. Il serrait les dents à la fois pour ne pas les entendre s'entrechoquer et à la fois pour ne pas crier.
La même phrase résonnait encore dans sa tête « Il n'existe pas… ».
Il fallut attendre de longues minutes pour que sa respiration revienne à la normale, pour que ses muscles se détendent, et encore plus longtemps pour les larmes cessent de couler. Mais au bout du compte, épuisé, Legolas se rallongea dans son lit, et ramena sa couverture sur lui. Il guettait tous les coins de sa chambre comme un petit enfant effrayé par les ombres dans la nuit. Tout le faisait sursauter, les bruissements des rideaux chahutés par la brise, les ombres des arbres dansantes sur les murs, le bruit même du vent.
L'enfant ferma les yeux. Il ne voulait pas laisser la peur le paralyser. Comme dans son rêve, il rationalisa la situation. Il n'avait plus de raison de le craindre.
« Il n'existe plus…»
C'est ça. Pourquoi être effrayé par quelque chose qui n'existe pas. C'était ridicule.
« Il n'existe pas… Il n'existe pas. »
Après quelques temps, il finit par se détendre totalement. Et il put se rendormir.
Une même phrase dans la tête…
« Il n'existe pas… »
Voilà voilà... Alors voyez-vous où je veux en venir? Dîtes-moi tout!
