« Maman, arrête de la serrer si fort sinon nous allons devoir la ramener à Sainte-Mangouste. »

Je pose ma main sur le bras de ma mère qui relâche lentement son étreinte autour de Lily, me jetant un regard de remerciement discret, un sourire amusé flottant sur son visage. Ma mère la détaille comme si elle était la huitième merveille du monde, et j'ai peine à me souvenir pourquoi je lui en voulais de la traiter de cette manière quand elle a débarqué dans nos vies.

« Ce n'est rien, j'ai l'habitude. C'est le rituel du soir, m'explique Lily.
_ Tu veux dire qu'elle te fait subir ça tous les jours ?! Je m'exclame, le regard jonglant entre les deux femmes.
_ Tu es juste jaloux, lui rétorque sa mère, un poil vexée.
_ Bien sûr que je le suis. Elle a eu plus d'affection en une semaine que j'en ai eu dans toute ma vie ! Je riposte avec ironie.
_ Tu es tellement malheureux, Potter, se moque Lily.
_ Mon pauvre petit chéri, poursuit ma mère en tendant les bras vers moi. »

Je l'esquive avec habileté, feignant d'être contrarié, mais les deux femmes ne mordent pas à l'hameçon, elles se contentent de rire ensemble, se moquant ouvertement de moi. Je savais que cette cohabitation entre Lily et mes parents n'étaient pas une bonne idée, je le savais !

Cela fait une semaine qu'elle a déposé ses valises ici, un peu forcée par ma mère. J'avais beaucoup de travail donc j'ai laissé la chose se faire, bien que j'aie envoyé une ou deux lettres à Lily dans la semaine pour lui demander si mes parents n'étaient pas trop intrusifs et si elle se sentait bien au manoir. Il n'y a qu'à voir son sourire pour savoir que c'est le cas, et cela me soulage un peu.

« Bonne nuit ma petite Lily, la salue ma mère en tapotant affectueusement sa joue.
_ Et moi alors ?! Je m'indigne en la fixant, abasourdi.
_ Oh, grandis un peu, James, me sermonne t-elle gentiment. »

Elle quitte le salon, me laissant me focaliser entièrement sur Lily qui essaye vainement de dissimuler son rire derrière son index. Son sourire est magnifique. Ce n'est pas la première fois que je le remarque, mais c'est la première fois qu'il me fait cet effet là, qu'il enlève toute la tension que j'ai accumulé ces derniers temps, ne me laissant pas d'autre choix que de le lui rendre.

« Tu es un enfant, me signale t-elle.
_ Et toi tu es une voleuse de parents.
_ Tu les prêtes bien à Sirius, pourquoi pas à moi ?
_ Parce que Sirius est mon frère ! »

Elle hausse les sourcils, secoue la tête, soupire, et traverse le salon pour ouvrir la baie vitrée et aller s'asseoir sur le rebord, scrutant distraitement le jardin encore marqué par la rudesse de l'hiver. L'air froid s'engouffre dans la pièce, faisant voleter ses cheveux roux derrière elle malgré le fait qu'ils soient attachés. Merlin, je n'ai jamais rien vu de plus charmant que son visage fouetté par la brise froide et ses lèvres rougies.

Je suis attiré vers elle comme un aimant, comme un pantin, je ne suis responsable d'aucun de mes gestes. Je ne me maîtrise pas quand j'attrape une couverture sur le canapé pour aller la lui poser sur les épaules et que je m'installe à côté d'elle, mais quand je lui parle enfin, je sais exactement ce que je dis, et pourquoi je le fais.

« Je suis désolé, Lily.
_ Pour quoi ?
_ De ne pas t'avoir fait confiance, d'avoir cru que c'était vraiment toi qui avait tué Devers.
_ C'était fait pour que tu y crois, James. Quelqu'un voulait vraiment que tu penses que c'était moi.
_ Je sais, mais je n'aurais pas dû. Pas après les conversations que nous avons eues, pas après ton séjour en France, et pourtant, ça a été si simple pour moi de rejeter toute la faute sur toi... Je lui avoue avec culpabilité. »

Elle se laisse aller à un rire aussi léger que le vent que je ne comprends pas. Pourtant, quand je la regarde, tout paraît censé, pour elle.

« C'est très facile de suspecter quelqu'un qui complique notre vie. Ça nous donne une bonne raison de l'en évincer, m'explique t-elle.
_ Je n'ai aucune intention de t'évincer de ma vie ! Je proteste, indigné.
_ Ah bon ? M'interroge t-elle.
_ Peut-être un peu, avant... Mais plus maintenant. Ça a changé, tout ça. Ça a changé quand...
_ Ça a changé quand j'ai sauvé tes parents et que tu as compris une bonne fois pour toutes que tu pouvais me faire confiance. Avant cela, tu as toujours hésité à me faire entrer dans ta vie, ne nie pas.
_ Non Lily. Ça a changé quand j'ai appris à te connaître. »

Elle se prend la tête entre les mains un instant avant d'en émerger en soupirant, replaçant par la même occasion les quelques cheveux roux s'étant échappés de sa queue de cheval derrière ses oreilles. J'ai l'impression qu'elle ne veut plus entendre ce qu'elle m'a pourtant presque supplié de lui dire quelques jours plus tôt. Je ne comprends pas.

« Tu ne devrais pas rester ici. Il fait froid. Tu pourrais attraper...
_ La mort. Je sais. C'est le but. J'essaie de l'attraper avant qu'elle ne m'attrape, m'explique t-elle avec un demi-sourire.
_ Tu es vraiment tordue...
_ Non. Je suis terrifiée, c'est tout. »

Elle replie ses genoux contre sa poitrine, nouant ses mains autour et nichant sa tête dessus, le regard toujours figé sur l'immensité du jardin, mon coeur se brise. Je n'avais jamais vraiment réalisé que Lily Evans était capable de sentir la peur, et maintenant qu'elle me laisse la voir comme elle est vraiment, je suis stupéfié.

Je sais que je suis un idiot quand je réalise enfin qu'une fille se trouve à côté de moi. Ce n'est pas un robot, ce n'est pas un animal sauvage, c'est encore moins un monstre, c'est une jeune femme. Une jeune femme craintive qui a pourtant plus de force, de courage, et de détermination en elle qu'une promotion entière de Gryffondors.

« Je suis là.
_ Je sais, me répond-elle avant d'inspirer longuement comme si elle voulait s'imprégner de mes mots. »

Puis elle tourne la tête vers moi, et elle me dévisage. Ses yeux passent de mes yeux à mes cheveux, de mes cheveux à ma bouche, de ma bouche aux contours de mon visage, et ce manège dure un moment avant qu'elle ne décide de s'arrêter définitivement sur mon regard. A ce moment précis, il se passe la chose la plus intime qu'il m'ait eut été donné de vivre.

Je la sens partout. Je sens ses mains sur mon visage alors qu'elles sont toujours nouées autour de ses chevilles, je sens son souffle sur mes lèvres, à l'intérieur de ma bouche, au fin fond de mes entrailles. Je sens son petit coeur battre contre ma poitrine et son sang couler dans mes artères. Je l'ai dans la peau.

Là, il m'apparaît que ce qui la terrifie n'est peut-être pas ce que je pensais, ça n'a peut-être rien à voir avec Voldemort, c'est peut-être simplement ça. Nous. Ce truc qui se passe et qu'aucun de nous deux ne peut expliquer. C'est trop, c'est beaucoup trop, je m'en rends compte maintenant, c'est effrayant.

« Mes parents ne sont pas trop collants ? Je l'interroge pour essayer de nous libérer de ce silence lourd de sens.
_ Tes parents sont parfaits. J'avais oublié ce que c'était, d'avoir une famille, me répond-elle en quittant mes yeux.
_ Attends un peu qu'ils commencent à...
_ James, attends. Je... Je ne veux pas parler de tes parents maintenant, il faut que je te dise quelque chose parce que je te jure que si je ne le fais pas je vais exploser en mille morceaux, me coupe-t-elle soudainement. »

Elle change littéralement de visage. Ses traits se relâchent en une expression de sincérité profonde et je sais que ce qui va suivre va probablement tout changer, mais peu importe. J'ai toujours eu envie de savoir ce qu'elle pensait, au fond, et elle est enfin prête à me le révéler.

« Ton patronus. Fais apparaître ton patronus, s'il te plaît. »

Je l'observe curieusement, puis je m'exécute sans poser plus de question et un cerf jaillit de ma baguette devant le regard bienveillant de Lily. Il s'approche lentement d'elle et nous sentons tous les deux une chaleur réconfortante nous envelopper. Je crois que jamais mon patronus n'a été aussi brillant et majestueux. Jamais il ne m'a semblé aussi fort, ses sabots fermement ancrés dans le sol, sa tête dressée sereinement devant le regard doux de Lily.

« Spero Patronum. »

Une forme argentée tournoie un instant au bout de sa baguette avant de se développer et de se transformer en une magistrale biche au regard impérieux. Je reste interdit pendant un long moment, fixant l'animal avec fascination et ahurissement.

Quelles étaient les chances ? Quelles étaient les chances pour que le patronus de Lily et le mien forment un couple parfait ? Comment savait-elle ? Sirius a dû le lui dire... Elle a dû lui montrer son patronus un jour et il lui a forcément parlé du mien.

Je jette un coup d'oeil distrait à Lily qui observe les deux animaux comme quelqu'un qui a accepté une fatalité. Sans joie, sans peine non plus. Je reporte ensuite mon regard sur la somptueuse biche qui se tient fièrement à quelques mètres de nous. J'ai l'estomac noué.

Je réalise que c'est un aveu, que Lily a finalement décidé de ne plus se battre, qu'elle veut que je sache ce qu'elle ressent réellement pour moi, et je ne pouvais pas mieux le comprendre que comme ça, en voyant nos deux patronus se tenir l'un à côté de l'autre comme je me tiens à côté de Lily, profitant chacun de la chaleur de l'autre pour rayonner d'avantage.

Je ne me suis jamais senti aussi mal et aussi bien à la fois. Tout est serré au fond de moi, et pour une fois, je n'ai vraiment aucune idée de ce que je suis censé faire, alors je décide simplement de faire ce que j'ai envie de faire. Tant pis pour le reste, tant pis pour les formalités, tant pis pour ses refus que je n'ai toujours pas digérés, tant pis pour cette fois où elle m'a martelé qu'elle ne m'aimait pas. Je sais qu'elle ne le pensait pas.

Nous sommes assis sur le rebord de la baie vitrée, et j'ai envie de l'embrasser. Alors je rapproche mon visage du sien, elle tourne lentement la tête vers moi, et nous profitons un court instant de ce moment hors du temps pendant lequel nous savons que tout ce que nous désirons va se produire avant que nos lèvres se frôlent dans un simple et unique baiser qui me perturbe plus que je n'oserai jamais l'avouer.

Nous demeurons longtemps à quelques centimètres de l'autre, nos yeux tombants inlassablement vers nos bouches, ne sachant pas trop si nous devons réitérer le court baiser qui m'a complètement fichu en l'air, et c'est quand je prends la décision de l'embrasser une seconde fois que je réalise qu'une larme coule le long de sa joue.

Ma nervosité face à sa détresse me contraint à lâcher ses lèvres, et elle pivote instantanément, effaçant toute trace de chagrin sur son visage pâle à l'apparence serein. Sa pudeur me touche et en même temps, je ne peux pas m'empêcher de me demander ce que j'ai fait de mal.

Elle ferme les yeux, appuie ses coudes sur ses genoux, et je vois son index et son pouce passer discrètement sur ses lèvres comme si elle essayait de se remémorer notre baiser. Je ne comprends rien. Je ne comprends rien à Lily Evans, mais finalement, elle décide de me donner un semblant d'explication.

« Je ne peux pas. Je suis désolée, je ne peux pas, murmure t-elle.
_ Qu'est-ce que tu ne peux pas ?
_ Ça. Être avec toi. Je ne peux pas. J'avais juste besoin que tu saches que... J'avais juste besoin de te montrer mon patronus.
_ Pourquoi ? A quoi ça sert, Lily ? Je l'interroge, contrarié, énervé, complètement retourné.
_ Je suis désolée, je suis vraiment désolée, continue-t-elle de murmurer.
_ Bon sang mais pourquoi tu m'as montré ton patronus alors que tu savais pertinemment que c'était foutu ?! Je m'exclame bruyamment.
_ Parce que je ne pouvais pas faire autrement !
_ Si. Tu pouvais faire autrement, Lily. Tu pouvais me dire non. Simplement.
_ Je ne peux pas te dire non ! Proteste t-elle en pleurant à chaudes larmes pendant que mon coeur se brise à ses pieds.
_ N'est-ce pas exactement ce que tu es en train de faire ? Je lui demande d'un ton sec avant de me lever. »

J'attrape ma veste sur le porte manteau de l'entrée mais dès que j'ouvre la porte, la main de Lily s'écrase dessus et elle se glisse devant moi, m'empêchant de m'en aller. C'est la deuxième porte qu'elle me claque à la figure en une minute. Je me sens plus bas que terre, mais je suis reconnaissant d'être seul avec elle parce que c'est intime, de se faire rejeter.

« Ne le prends pas comme ça, s'il te plaît, m'implore t-elle en essuyant ses larmes coulant toujours.
_ Comment veux-tu que je le prenne ? Tu viens de m'avouer ce que tu ressens pour moi après avoir passé je ne sais combien de temps à me mentir, puis tu m'as envoyé sur les roses et tout cela en même pas cinq minutes !
_ Je ne t'ai pas envoyé sur les roses !
_ Ah oui ? Parce que c'est exactement ce à quoi cela ressemblait !
_ Ce n'était pas ça, James, tu sais que ce n'était pas ça.
_ Non justement, je n'en sais rien parce que tu ne m'expliques pas ! Tu as ce truc... Tout ce mystère autour de toi que Sirius semble être le seul à avoir droit de connaître pendant que moi je suis juste supposé hocher la tête gentiment. Non, Lily. Ça suffit, je réplique en essayant de l'écarter de la porte.
_ J'ai peur pour toi... Chuchote t-elle.
_ Quoi ? Je l'interroge, pas sûr d'avoir bien entendu.
_ J'ai peur pour toi, répète t-elle un peu plus fort. »

Je fais un pas en arrière, passe ma main dans mes cheveux, puis je me frotte le visage d'un air las avant de planter à nouveau mon regard dans le sien. Sa sincérité me perturbe. Je ne l'ai jamais vu aussi vraie, aussi transparente, aussi prête à tout me larguer à la figure comme si plus aucun de ses secrets n'avaient d'importance.

« Arrête tes stupidités, je lui dis en balayant son aveu de la main comme si je n'y croyais pas.
_ James, je suis dévastée. Mon patronus veut dire ce qu'il veut dire, et les mangemorts ont déjà tué tout mon entourage. Je ne peux pas être avec toi. Je ne peux pas être avec toi et ça me rend malade. »

Je la sens. Je sens sa peur, et je meurs sur place quand je pose ma main sur sa joue et qu'elle me fixe avec ce désespoir et cette douleur insupportable parce qu'elle voudrait bien me repousser mais qu'elle n'arrive pas à se convaincre de le faire.

« Alors quoi ? Tu me balances ça et c'est tout ? Tu crois que je vais rester là à écouter ça sans rien faire pour te convaincre du contraire ? Je l'interroge en laissant ma main glisser dans son cou. »

Elle penche légèrement la tête tout en acquiesçant mais j'ai l'impression qu'elle n'a pas écouté un traître mot de ce que je viens de lui dire.

« Lily... Je déteste qu'on me dise non, je poursuis en la rapprochant de moi.
_ Je sais, souffle t-elle en retirant doucement ma main de sa peau, ayant l'air de fournir un effort surhumain pour y parvenir.
_ Tu sais que je ne vais pas me contenter de tes arguments à la noix ? Je reprends en refermant mes doigts sur les siens.
_ Arrête de me toucher, murmure t-elle en pleurant de plus belle.
_ C'est vraiment ce que tu veux ? »

Mes yeux sondent les siens qui me supplient littéralement de cesser mon manège. Je ne comprends pas pourquoi elle est si perturbée, je ne comprends pas ce qu'il se passe dans sa tête. C'est comme un combat, une lutte acharnée derrière ses yeux, et nous savons l'un comme l'autre qu'elle perd lorsqu'elle secoue la tête après s'être longuement battue.

« Il y a tellement de choses que tu ne sais pas, reprend-elle en soupirant.
_ Alors dis-les moi.
_ Je ne peux pas, c'est ça le problème.
_ Alors arrête d'y penser. Mets ça de côté juste ce soir, je lui dis finalement en posant mes mains de chaque côté de son visage.
_ Et demain ? Qu'est-ce qu'il se passera demain ?
_ Demain est un autre jour.
_ C'est une philosophie de maraudeur, ce n'est pas la mienne, souffle t-elle en se dégageant de l'étreinte de mes mains. »

Nous restons debout à nous regarder, et je ne sais plus ce que je dois dire ou faire. A chaque fois que j'esquisse un geste vers elle, j'ai l'impression qu'un torrent de larmes va rouler sur ses joues, et quand je me retiens, elle me supplie du regard de m'approcher, de l'embrasser, de la toucher. Merlin, je n'ai jamais été aussi pris au dépourvu.

« Je suis désolée, il n'y a aucune solution, ajoute t-elle.
_ Lily c'est stupide...
_ C'est vrai mais c'est comme ça. Excuse moi de t'avoir montré mon patronus. Ça aurait sûrement été plus facile pour toi si j'avais continué à tout nier en bloc, mais je ne pouvais plus. »

Elle parle comme si nous sortions d'une longue relation alors qu'en vérité elle met fin à quelque chose qui n'a même pas commencé, et je ne peux pas supporter cela. Un non était déjà bien suffisant, mais elle me le rabâche constamment et je ne sais pas si elle se rend compte que plus elle me dit que c'est impossible, plus j'ai envie de tout faire pour la convaincre du contraire.

Il n'y a aucune chance pour que je la laisse s'en sortir comme ça. Il est hors de question que nous en restions là. Je vais la laisser tranquille ce soir, mais je vais échafauder mon plan et à chaque jour qui passera, elle se demandera un peu plus pourquoi elle ne cède pas.

« Tu penses vraiment que tu peux me résister ? Je l'interroge avec un vague sourire.
_ Si tu continues à être aussi orgueilleux, je risque de n'y avoir aucun mal, réplique t-elle en haussant les sourcils.
_ Ton combat est perdu d'avance.
_ C'est ce qui me fait peur, justement, me confie-t-elle alors qu'une ombre passe sur son visage. »

Je secoue la tête pour lui signifier que tout ce qu'elle pense n'est qu'un amas de bêtises qu'elle entasse les unes sur les autres plutôt que de les envoyer en l'air comme elle devrait le faire. Elle fait de la guerre la raison pour laquelle nous ne pouvons pas être ensemble alors que c'est tout l'inverse. C'est justement parce que je risque ma vie tous les jours que je veux être avec elle.

« Dis-toi juste qu'il y a peu de temps, tu pensais encore que je n'étais pas une personne de confiance. Ce sera plus facile, comme ça, ajoute t-elle.
_ Qu'est-ce qui sera plus facile ? Je t'ai dit que je n'aimais pas qu'on me dise non, mais j'aurais plutôt dû t'expliquer que je n'accepte pas qu'on me dise non, finalement.
_ James... Soupire t-elle en me regardant comme si j'étais un enfant.
_ Bonne nuit, Lily, je souffle en souriant pour couper court à la conversation. »

Je me penche vers elle et dépose un baiser sur sa joue, sur le coin de ses lèvres, sans qu'elle n'ait le temps de faire le moindre geste de protestation, et je la laisse là avant de transplaner dans mon appartement.

Je ne sais pas si c'est vraiment judicieux comme comportement vu toutes les souffrances que Lily a eu à endurer, mais quelque chose en moi me laisse à penser que je suis peut-être capable d'apaiser tout cela, quelque chose me pousse à croire que tous les deux ensemble, nous pourrions voir la vie sous un autre angle.