Chapitre 36 : Jour 4 – Confiance
Jeudi le 7 mai 1936.
Cela faisait quatre jours qu'elle était ici, en plein cœur de Londres. Et c'était incroyable à quel point sa vie avait changé en seulement quatre jours. Quatre jours.
Désormais, plus rien n'était acquis. Vivre était devenu un combat, une bataille sans fin. Depuis son arrivée au début du 20e siècle, elle avait dû adopter de nouvelles conduites de vie pour survivre. Le cambriolage faisait partie de ses nouvelles habitudes, entre autres, ainsi que la recherche désespérée d'un abri doté de sûreté pour se réfugier la nuit. C'était beaucoup plus difficile qu'on pouvait le croire.
Jusqu'à maintenant, elle ne s'en était pas trop mal tirée, si l'on pouvait le désigner ainsi, et avait réussi à manger et boire tous les jours. Un peu.
Pourtant, à chaque fois qu'elle volait un aliment, que ce soit une simple carotte ou une orange, elle se sentait toujours terriblement mal après l'avoir englouti. À plusieurs reprises elle tenta de se convaincre de ne plus voler quoi que ce soit, mais bien des heures plus tard, lorsque son estomac gargouillait bruyamment et douloureusement, elle ne voyait aucune autre solution pour apaiser sa souffrance.
Et c'est en ce quatrième jour qu'elle dut admettre qu'elle n'était désormais plus une jeune sorcière respectée et dévouée, mais une sans-abri et une criminelle. Certes, elle n'avait tué personne, mais le vol à cette époque était tout de même compté dans les crimes qui assuraient possiblement la potence. À chaque fois qu'elle y songeait, un poids énorme pesait dans le creux de son estomac, comme si elle avait avalé une douzaine de cailloux de la taille d'une poire. C'était douloureux et particulièrement angoissant.
Mais c'était les nuits qui étaient les plus désagréables aux yeux de la sorcière. Le jour, la température était agréable et fraiche, mais la nuit, effrayante et froide. Jusqu'à maintenant, elle n'avait pas réellement trouvé un endroit propice pour passer les nuits, mais c'était sous un vieux viaduc peu fréquenté qu'elle s'était sentie le moins terrifiée.
Afin de se rassurer, elle songeait régulièrement au fait qu'avec le temps, son corps et son âme s'habitueraient à ces nouvelles conditions de vie. Malheureusement, jusqu'à maintenant, elle n'avait pas réussi ne serait-ce qu'une seconde à se convaincre, surtout cette après-midi-là, en ce fameux quatrième jours, alors qu'elle n'avait encore rien avalé de la journée.
Assise sur un banc dans un joli parc en plein cœur de la ville, Amélia songeait vigoureusement à l'endroit où elle commettrait sa prochaine effraction. La veille, elle avait aperçu un petit marché de fruits et légumes sur une avenue à proximité du parc, et avait aussitôt remarqué les pommes vertes et mûres qui étaient entreposées à l'extérieur de la boutique dans de grandes caisses en bois dru. Sa tâche serait donc relativement facile; elle ferait une apparition de quelques secondes et repartirait subtilement avec les poches pleines de pommes, ni vu ni connu. Après tout, elle avait réussi cet exploit plusieurs jours d'affilés à différents endroits et à sa connaissance, personne ne l'avait soupçonné de mal fait.
Alors qu'elle songeait plus profondément à son plan machiavélique, et ne put s'empêcher de penser à ce qui dirait sa grand-mère, cette femme honnête et fidèle, face à son nouveau jugement face à la vie. Après tout, elle devait l'assumer, elle serait peut-être prise ici pour l'éternité. En effet, si Grand-Mère Sissi et Snape n'avait pas réussi à la ramener depuis ce temps, c'était surement parce qu'il en était tout simplement impossible.
Malgré un effort considérable à ne pas désespérer, une larme glissa le long de sa joue alors qu'elle fixait le vide devant elle, le cœur gros. Elle ne la reverrait probablement jamais, cette femme qui l'avait sauvé, qui l'avait protégé, cette femme qui l'avait supporté et qui l'avait aimé. Elle était perdue dans ce monde, forcée à vivre dans la misère. Pour ajouter à sa douleur, elle n'avait pas sa baguette magique, cette dernière étant restée par terre aux deuxièmes étages du garage de son grand-père. Comment s'en procurer une sans argent? La voler? Elle ne pouvait se résoudre à faire une telle chose. C'était déjà assez pénible de ne pas l'avoir avec elle, en sûreté dans une poche, elle ne pouvait se résoudre à le faire vivre à quelqu'un d'autre qui ne mériteraient pas de subir ce sort. De toute façon, elle ne voulait pas d'autre baguette. Elle voulait sa baguette magique, celle qu'elle s'était procurée sept ans plus tôt chez Ollivander, sa fidèle baguette en bois d'If imprégnée de jolis motifs celtiques au cœur en crin de licorne.
Mais la vie était injuste. Elle était faite ainsi, injuste et cruelle. Et parmi ce cauchemar éveillé, elle n'avait d'autre choix que de continuer de vivre, de combattre.
Essuyant les larmes du revers de sa main, elle constata qu'il s'agissait de la première fois depuis son arrivée que ses vêtements étaient complètement secs. Il avait plu énormément ces derniers jours, comme c'était souvent le cas à Londres, mais aujourd'hui, le soleil brillait au-dessus des hauts édifices qui ornaient la magnifique ville, luisante comme le plus splendide des diamants. Ce fait lui donna un peu de courage et l'incita à poursuivre sa quête.
Néanmoins, malgré les conditions favorables de la journée, elle était particulièrement épuisée. Ayant eu peu de chance pour dormir durant la nuit, comme les précédentes d'ailleurs, elle sentait que son corps s'était affaibli. Tremblante et fiévreuse, c'est avec un effort surhumain qu'elle était parvenue à se lever de son banc, marchant d'un pas lent et irrégulier.
Traversant la rue transversale, elle avait les yeux fixés sur la petite épicerie, révisant dans sa tête son plan infaillible. Certes, elle était faible, mais elle ne pouvait se permettre de commettre une erreur qui lui causerait davantage de problèmes.
Elle marchait désormais sur Marylebone Road en trainant les pieds, se tenant la tête basse, tentant du mieux que possible de passer inaperçu. En passant devant la vitrine d'une boutique de manteaux de fourrure hors de prix, elle vit son reflet à travers le verre et s'horripila en constatant à quel point ce que quatre jours seulement avaient fait à son apparence. Les cheveux sales et entremêlés, le visage livide, les lèvres secs et craquelés, les cernes bleutés sous ses grands yeux dorés, le dos courbé, tout ça ne présageaient rien de bon. Elle était pratiquement méconnaissable.
Ce tenant désormais à quelques mètres seulement du marché de fruits et légumes, elle sentait la panique monter en elle à mesure qu'elle s'approchait. Pendant un moment, elle s'arrêta devant le présentoir de fruits et fit mine de choisir les plus belles pommes. En levant les yeux, elle croisa avec effroi le regard d'un homme aux sourcils épais qui l'observait d'un air menaçant. Son regard lui donna froid dans le dos, mais elle camoufla sa peur en esquivant un petit sourire qui se voulait rassurant. L'homme ne lui retourna pas sa politesse.
Prise de panique, elle relâcha la pomme qu'elle tâtait nerveusement entre ses mains et poursuivit son chemin sans regarder derrière, marchant d'un pas robotisé. Aussitôt, elle s'en voulut terriblement de ne pas avoir tout simplement pris le fruit en s'enfuyant aux pas de course, et c'est son estomac qui lui confirma d'un gargouillement pénible à qu'elle point sa décision fut mauvaise.
En tournant le coin de la rue, elle se dirigea vers le petit restaurant café qu'elle avait pris l'habitude de s'y rendre afin d'aller à la toilette. Jusqu'à présent, elle n'était définitivement pas passez inaperçu dans le petit café, mais personne ne l'avait encore renvoyé. C'était curieux, certes, mais elle ne s'en plaignit pas. En arrivant devant la porte en bois de chêne orné d'une vieille affiche indiquant qu'il s'agissant de salle de bain pour femme, elle pénétra à l'intérieur et se réjouit en constatant qu'elle était vide. Aussitôt la porte refermée derrière elle, elle se précipita vers le lavabo le plus proche et s'aspergea le visage d'eau froide. Le contraste du liquide froid contre sa peau brulante lui donna un sentiment de bienêtre et c'est avec un certain soulagement qu'elle se laissa choir sur le sol de pierre, le dos appuyé contre un mur tapissé.
Elle resta un bon moment par terre, les yeux fermés, sentant pour la première fois depuis son arrivée un peu de reconnaissance. Certes, elle s'en voulait toujours terriblement d'avoir échoué à la réalisation de son plan, mais elle se réconforta en se disant qu'il y avait encore beaucoup d'endroits en ville où trouver des petits marchés de fruits et légumes.
Avant de sortir de la salle de bain, elle s'était de nouveau rincé le visage, et en avait profité pour boire un peu d'eau afin de s'hydrater le plus possible. Elle avait même lavé ses longs cheveux en prenant le savon qui trainant sur le comptoir de marbre craquelé.
Se retrouvant de nouveau dans la petite avenue, Amélia se surprit à reprendre le chemin vers le marché de fruits et légumes. En y repensant rapidement, elle en convint que si elle voulait réussir à survivre cette journée dans un accomplissement, elle devait se procurer une pomme ou deux.
À sa grande surprise, en arrivant à quelques mètres du petit marché, elle ne vit aucune trace de l'homme qui l'avait dévisagé plus tôt. Mieux encore, il y avait deux femmes avec plusieurs enfants qui tournoyaient autour d'elles qui se choisissaient des tomates fraiches, ce qui était parfait pour détourner l'attention du marchand s'il refaisait surface. Ne perdant pas de temps, elle se dirigea de nouveau vers le présentoir de pomme et en prit aussitôt une dans chacune de ses mains. N'osant pas regarder autour d'elle de peur de créer des soupçons, elle passa innocemment devant les deux dames en camouflant les fruits dans sa veste.
Soulager, elle se sourit à elle-même, fière d'être parvenu à récupérer non pas une, mais deux pommes. Seulement, au moment où elle s'apprêtait à traverser la rue menant au parc, enthousiaste à l'idée d'enfin manger quelque chose, elle sentit une main s'abattre brutalement sur son épaule, la forçant à faire volte-face. Ses yeux s'agrandirent alors qu'elle reconnut le marchand des fruits et légumes aux sourcils épais qui la regardait désormais d'un air enragé.
« Tu croyais pouvoir t'enfuir avec mes pommes sans payer, petite vermine? », grinça-t-il, montrant une rangée de dents jaunit et sale. « Tu croyais pouvoir t'en sauver, hen? La justice t'attend, enfant du diable! »
De son autre main, il empoigna les cheveux encore humides d'Amélia, tentant de la traîner de force. Cette dernière échappa les pommes qu'elle tenait dans ses mains en tentant de se débattre, criant à pleins poumons, attirant l'attention de tous les passants autour.
« Lâche-moi espèce de vieux fou! », s'écria Amélia en le frappant de ses deux mains partout où elle pouvait l'atteindre. Ce dernier abandonna finalement sa prise lorsque la jeune sorcière parvint à lui assener un coup sur le nez, qui sous le choc se mit à saigner abondamment.
Ne perdant pas une autre précieuse seconde, la jeune sorcière prit ses jambes à son cou et en profita pour se faufiler parmi la foule de gens afin de déstabiliser son agresseur. En se retournant vivement, elle constata que son plan n'était pas particulièrement brillant étant donné que l'homme ne se faufilait pas parmi les gens comme l'aurait pensé, mais les bousculait violemment afin de se créer un chemin en ligne droite.
Désespérer, Amélia repéra un stand où étaient disposées des chaussures de cuir pour hommes et en prit une paire dans ses mains. C'est avec force, sans compter avec le plus de précision qu'elle pouvait, que la jeune sorcière bombarda son agresseur avec une première chaussure, le ratant de justesse. Heureusement, elle eut plus de chance lors de son deuxième lancer, qui le heurta dans la figure.
« Tiens! Prends çaaaaa espèce de gros porc! », s'écria-t-elle avec acharnement.
Ce dernier hurla de rage en apercevant sa victime s'enfuir à toute jambe, la perdant de vue, le sang tachant son tablier blanc.
« Tu peux toujours courir, petite vermine, mais je te retrouverai! », s'écria-t-il avec furie, le visage cramoisi rempli de haine et assoiffé de vengeance.
Mais Amélia continua à courir, se demandant comment elle faisait pour encore tenir debout. L'adrénaline la poussa jusqu'à la première rue adjacente, et elle tourna le coin, engendrant la vieille ruelle sans trop ralentir.
« Merde, merde, meeeeeerde! », s'écria-t-elle en pensant aux pommes qu'elle avait dû relâcher afin de se débattre.
C'est à ce moment-là qu'elle entendit un petit sifflement qui la sortit de ses pensées.
« Psssssstttt! »
Amélia s'arrêta d'un coup, ses bras balançant mollement de chaque côté, réalisant son erreur. Son adrénaline venait quitter son corps en même temps que son souffle. Il était désormais impossible pour elle de reprendre la course, elle était exténuée.
« Pssssstttt! », répéta la même voix qui avait capté l'attention de la jeune sorcière la première fois. « Par ici, petite sorcière. »
Amélia fronça les sourcils, reculant de quelques pas.
« N'ai pas peur. », ajouta la mystérieuse voix féminine.
Pourtant, la jeune fille ne s'approcha pas d'elle, toujours inquiète.
Dissimulée derrière une palissade en voie de démolition, Amélia n'arrivait pas à percevoir la curieuse personne qui l'avait interpelée. Seule son ombre dévoilait un individu d'une taille moyenne aux cheveux en bataille.
« Je t'en prie, entre, il ne te retrouvera pas, ici. », ajouta-t-elle.
Amélia comprit qu'elle faisait allusion à son agresseur. Comment savait-elle? Inquiète, elle regarda de chaque côté, les sourcils arqués nerveusement, presque tremblante, cherchant quoi faire. Fallait-il faire confiance à cette femme? Elle avait peur.
« Je ne te ferai aucun mal. », ajouta la voix qui semblait se rapprocher.
Le bruit des pas qui effleurait une petite superficie de pelouse attira l'attention d'Amélia et elle resta bouche bée lorsque son interlocutrice passa entre un petit entrebâillement de la palissade de pierre, se dévoilant complètement. La plus jeune des deux sorcières plissa les yeux, tentant de détailler la dame qui se présentait à elle. À sa surprise, ses yeux devinrent graduellement ronds à mesure qu'elle découvrait sa nouvelle connaissance, la première qui semblait réellement vouloir l'aider. La sorcière d'une cinquantaine d'années environ n'était définitivement pas disgracieuse, mais son look était assurément unique. C'était pourtant ses yeux qui choquèrent le plus Amélia. Dépareillé, l'un était de couleur noisette, l'autre gris comme le ciel lors d'une journée de pluie. La jeune sorcière ne parvenait pas à raisonner si c'était joli ou étrange, nul doute que c'était les deux, mais elle se sentit gêner soudainement en constatant qu'elle devait la dévisager.
« Je m'appelle Azena. Je suis une sorcière, comme toi. », débuta la dame d'un ton qui se voulait rassurant.
Amélia se figea sur place. Elle fronça des sourcils, faisant mine de ne pas trop comprendre. La femme soupira et sortit ce qui semblait être une baguette magique. Amélia recula d'un pas. Avec précision, la dame qui se nommait Azena pointa sa baguette sur la jeune fille, qui par réflexe leva les bras, couvrant une partie de son visage et sa poitrine. À son soulagement, cette dernière reconnut instantanément le sortilège de réparation, un enchantement dont sa grand-mère faisait usage à nombreuses reprises, et sentit la manche droite de son parka d'armée se resserrer. Jetant un coup d'œil à son épaule, elle réalisa que la veste devait s'être déchirée au moment où elle avait rompu le contact avec son agresseur, juste avant de s'enfuir à grands pas.
« Ça fait des jours que tu n'as pas eu un repas sain et un endroit où résider, ça parait. », poursuivit Azena, restant parfaitement immobile.
Amélia détacha son regard de sa manche désormais intacte et se retourna vers la dame.
« Merci », murmura-t-elle, reconnaissante.
« Alors, j'ai raison ou pas? », questionna la femme.
Amélia hésita.
« Je… Je n'ai pas de baguette. »
« Ce n'est pas parce que vous n'avez pas de baguette que vous n'êtes pas une sorcière. Après tout, n'importe lequel idiot peut tenir une baguette entre ses mains, ça ne fait pas nécessairement de lui un sorcier, jeune fille. »
Amélia lui sourit. Quelque chose en cette femme plaisait à la jeune sorcière. Son dévouement, sa reconnaissance, sa sagesse? Mais Amélia avait peur de se tromper. Et si elle était aussi méprisante que les autres? Et si c'était un piège...
Comme si elle avait lu dans ses pensées, Azena ajouta :
« Tu sais, si j'avais vraiment voulu te faire du mal, tu ne crois pas que je l'aurais déjà fait? »
Amélia sembla réfléchir. C'était pourtant exactement le genre de chose que les agresseurs habiles pourraient dire afin d'amadouer leur victime. Voyant son hésitation, Azena poursuivit :
« Bon, c'est toi qui vois. Sois tu entres et tu viens de réchauffer un peu. Sois tu repars, et libre à toi de faire ce que tu veux, quitte à mourir d'ici une semaine. »
« Je ne mourrai pas même si je repars! », répliqua Amélia sur la défensive, le corps tendu.
« Mais tu ne le sauras jamais, si tu es morte! », répliqua Azena avec ruse.
Génial. Une autre comme Snape. Et dire qu'il commençait presque à me manquer.
« Quel est ton prénom, chère enfant? », questionna alors Azena en observa la sorcière d'un air intrigué.
« Je… Je m'appelle Amélia. », répondit-elle avec hésitation.
« D'où viens-tu? »
Amélia patienta un moment, ce qui dévoila assez clairement qu'elle cherchait quel mensonge elle pourrait raconter.
« Je… D'ici, en fait. »
« Je doute que vous veniez d'ici. Autrement, je vous aurais déjà rencontré auparavant. »
Amélia soupira.
« Non… Je veux dire de Londres. »
« Hmmm… »
Amélia détailla davantage la sorcière, toujours en train d'analyser le pour et le contre de la situation étrange, et se surprit à envier la peau basanée de la femme. Elle n'avait que deux rides de chaque côté de ses yeux extraordinaires, le reste de sa peau étant parfaitement lisse et hydraté. Inconsciemment, la jeune sorcière porta une main à son visage pâle et désormais sans vie.
« Vous vivez où? », questionna de nouveau Azena.
« Dans la rue, principalement… »
Azena soupira et pour la première fois depuis leur rencontre, afficha un air attristé.
« N'avez-vous pas de famille? »
« Pas ici, non. », répondit Amélia en baissant la tête.
« Vous n'avez pas d'emploi non plus, je présume? »
« Non. »
« C'est quand la dernière fois que vous avez mangé? »
« Hier matin. »
La plus vieille des deux sorcières hocha la tête d'un côté puis de l'autre, prenant clairement pitié d'Amélia.
« J'ai presque réussi à me procurer des pommes, un peu plus tôt, mais… », continua la jeune fille.
« Mais il y avait un cinglé qui vous pourchassait. »
Amélia fronça des sourcils.
« Comment savez-vous…? »
« Il y a toute sorte de gens dans la vie, entre autres des bons et des mauvais. Disons que Monsieur Lazar, l'homme auquel vous avez volé, est classé dans les mauvais. »
Amélia afficha un air terrifié.
« Mais ne t'inquiète pas, jeune sauterelle. Cet homme est également doté d'un cerveau aussi développé qu'une mouche. Vous ne craignez rien avec lui, évité simplement de le croisé dans la rue. »
Amélia acquiesça de la tête, fixant toujours la sorcière.
« Est-il un sorcier? »
Azena afficha un air incrédule, presque offensé par sa question.
« Qui ça, l'idiot Lazar? »
Amélia hocha de la tête.
« Bien sûr que non! Si ça l'avait été le cas, il vous aurait attrapé bien avant ou même qu'il vous aurait jeté un sort, quelque chose quoi! », justifia la dame en faisant de grands gestes de ses bras.
Il y eut un moment de silence, pendant lequel Amélia reprit sa mauvaise manie de ronger ses ongles.
« Serais-tu assez à l'aise pour entrer, maintenant? », questionna finalement Azena en pointa la vieille porte d'entrée en bois défraichi qui était dissimulée derrière la palissade.
Amélia acquiesça de la tête en lui souriant timidement.
« J'imagine que tu as terriblement faim. Je vais te préparer ma meilleure soupe! Et un peu de pain ne te ferait pas de mal non plus! », débuta Azena en poussant la porte d'entrée, dos à la jeune sorcière.
À ce moment, elle n'aurait pu exprimer sa reconnaissance en de simples mots. Quelques heures plus tôt, elle combattait pour sa vie et maintenant, elle s'était fait une nouvelle amie qui semblait entrain à vouloir l'aider.
« Bon. Alors tu vas finalement me dire d'où tu viens réellement? », questionna alors Azena en déposant un grand bol rempli d'une soupe aux légumes ainsi qu'une assiettée de pain ciabatta sur la petite table ronde.
Amélia, qui était déjà installée sur une buche de bois rond en face de la table s'empara de la cuillère qui baignait tranquillement dans la soupe et engloutit son repas avec empressement.
« Qu'est-ce qui vous fait croire que je viens d'ailleurs? », répliqua-t-elle entre deux bouchés.
Azena l'observa de ses yeux dépareillés, le regard sévère.
« Ma choupette, ça fait bien longtemps que je suis sorcière et ça fait bien longtemps que j'ai compris lorsque les gens me mentent. »
Amélia soupira en baissant la tête.
« C'est… difficile à expliquer… », justifia-t-elle.
« Et pourquoi cela? »
Amélia releva la tête, se tenant parfaitement droite, ses yeux pâles fixant le visage rond de la dame assise devant elle.
« Parce que si je vous disais que je viens du futur, vous me croiriez? »
.oOoOo.
J'ai dû réécrire ce chapitre, car la première version ne me plaisait pas du tout, ce qui explique entre autres mon petit retard à poster le chapitre…
Oh… Et puis depuis un moment, je tenais à clarifier certaines petites choses avec vous hihihihi mais il semblait que l'opportunité ne s'était pas réellement présentée... Alors finalement, je me lance.
Suite à plusieurs commentaires reflétant sur ma façon d'écrire (entre autres ma syntaxe et les expressions que j'utilise), comme je l'ai d'ailleurs précisé aux personnes qui commentaient sur ce fait, je suis Canadienne et non pas Française… houlaaaa! Je sais par expérience que la plupart ne prennent pas nécessairement conscience du profil des auteurs (ce qui est compréhensible, je ne blâme aucun d'entre vous!) donc, c'est pour cette raison que je tenais à préciser avec vous ma nationalité (ce qui peut s'avérer utile lors de vos questionnements concernant la tournure de certaines de mes phrases…) En bref, il est possible que parfois vous lisiez certaines phrases et pensiez qu'elle est incorrecte, mais je peux vous assurer qu'il s'agit d'une fausseté. Bien sûr, il est possible que je fasse des erreurs, après tout je ne suis qu'humaine, mais je peux vous assurez qu'en règle général, mes phrases dont je prends bien soin de relire à multiples reprises sont parfaitement conforme à la grammaire du Québec, là où je réside paisiblement.
Ouffff, révélation, révélation oulaaaa! Ceci est tant dit, je vous souhaite une très belle journée, merci de lire ma fiction et j'espère que vous l'appréciez toujours autant.
Ahh.. Et puis dernière chose, tiens tiens…
Et vous, que feriez-vous si vous retourniez dans le temps?
Moi, je m'achèterai une longue jupe et plein de bracelets et j'irais vivre comme une bohémienne dans les montagnes! Ou peut-être ferais-je un long voyage en bateau vers la Nouvelle-Zélande. Pourquoi pas les deux?
À très bientôt.
xoxo
