Bonjour/Bonsoir,
Désolée de poster la fin de la fiction avec autant de retard, mais je n'avais plus le temps d'écrire, et surtout, la série m'a vraiment coupé l'envie d'écrire sur le Bamon :-S je vous poste la fin de cette fiction car je n'aime pas laisser une histoire sans conclusion, et j'espère avoir prochainement l'inspiration pour un nouveau petit one shot :-) Bonne lecture et merci :-)
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— Un coup de main, peut-être ?!
Damon!bis sursauta et déposa la bouteille de bourbon sur la table avant de se retourner.
— J'ai toujours été très doué pour boire, ajouta Damon en lui prenant la bouteille.
Il but une gorgée et poussa un soupir de satisfaction.
— Au moins, tu as bon goût pour l'alcool, tu n'as pas que des défauts !
— Qu'est-ce qu'il se passe ? Qui êtes-vous ? demanda Damon!bis, médusé de se retrouver face à un second lui-même.
— Faisons court, d'accord ? J'ai voyagé d'un autre monde pour trouver le moyen de tuer le plus vieux vampire de tous les temps, expliqua Damon en faisant rouler la bouteille de bourbon entre ses doigts, et j'ai appris que tu avais été un très mauvais garçon, ajouta-t-il en s'approchant de l'autre vampire.
— Je... je suis bourré, murmura Damon!bis en secouant la tête pour se remettre les idées en place. J'hallucine, c'est tout.
Brusquement, Damon lui brisa la bouteille en verre sur la tête.
— Aieeeee ! Mais qu'est-ce que...
— Plutôt réaliste pour une hallucination, tu ne trouves pas ?
— Je ne sais pas qui tu es ni d'où tu viens, mais je te conseille de ne pas m'énerver, hurla Damon!bis en se transformant.
— Disons que je suis une version améliorée de ce que tu es, répondit l'autre avant de se ruer sur lui, les crocs dehors.
Les deux vampires luttèrent sans qu'aucun des deux ne parvienne à prendre le dessus sur l'autre, quand une voix les interrompit.
— Damon, tu vas arrêter de te battre et venir avec moi ! Tout de suite !
— Mais Elena, marmonna Damon!bis, tandis que l'autre Damon lui donnait un coup de poing. Tu... tu vas me le payer ! s'exclama-t-il ensuite en essuyant le sang qui coulait de sa lèvre.
— Nous ferions mieux de les laisser... Damon, dit Stefan!bis d'un air incertain.
— Je n'en ai pas fini avec lui !
— Tu ne préfèrerais pas qu'on parte à la recherche de nos 2 Bonnie, plutôt ?
Stefan!bis venait de toucher un point sensible et il le savait, car il avait immédiatement remarqué l'étrange connexion qui reliait les deux êtres surnaturels.
— Tu as raison, finit par céder Damon. Mais je reviendrai, menaça-t-il son double, avant de quitter le Manoir, accompagné de son « faux » frère.
Damon!bis ne parut pas le moins du monde effrayé par ses menaces, et pour cause : Elena!bis exigeait des explications et attendait, les bras croisés et un air furieux sur son visage d'habitude si souriant. Et cette perspective semblait plus effrayante à Damon!bis que de devoir se battre avec un homme venu d'on-ne-sait-où et qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau.
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— Je comprends, murmura Bonnie!bis à voix basse. Damon a tout oublié, et tu préfères que les choses restent ainsi.
— Je n'ai pas eu le choix, mais je pense en effet qu'il vaut mieux que Damon perde ses souvenirs.
— Il y a tout de même une chose que je ne comprends pas : tu apprécies Damon, pas vrai ?
— Hé bien, euh, oui, balbutia Bonnie en sentant que ses joues rougissaient malgré elle.
Pourquoi devrait-elle rougir de son étrange amitié avec Damon ? Il n'y avait rien de plus, non, strictement rien.
— Alors, pourquoi continuer à le laisser dans l'ignorance ? Votre relation serait tellement différente si Damon se rappelait tout ça ! Quoi que tu en dises, il tient à toi, sinon il n'aurait jamais cherché à me sauver de cette vie misérable. Laisse-le retrouver ses souvenirs, Bonnie ! De quoi as-tu si peur ?!
« De moi-même », songea-t-elle en se rongeant l'ongle du pouce.
Bonnie ne voulait pas que Damon se remémorer des souvenirs qui pourraient l'inciter à devenir plus gentil avec elle : le vampire avait déjà un peu changé, sans qu'elle sache pourquoi, et ce léger changement provoquait chez elle des réactions qu'elle ne parvenait pas à maitriser. Avant, la sorcière n'aurait jamais remarqué le léger haussement de ses sourcils lorsqu'il était pensif et qu'il souriait. Elle n'aurait pas non plus remarqué le parfum de Damon, ni le fait que son odeur lui faisait un drôle d'effet. Elle ne se serait pas posé de questions stupides, comme se demander ce qu'elle ressentirait s'il la serrait contre lui, juste un instant. Bonnie savait que c'était mal et elle devait oublier tout cela, parce que...
— J'ai un petit-ami ! laissa-t-elle échapper sans pouvoir se retenir.
— Et ? l'encouragea Bonnie!bis.
— Et je ne... je ne pense pas qu'il apprécierait que je sois proche d'un autre garçon, inventa-t-elle, incapable de trouver une meilleure excuse.
La sorcière fronça les sourcils.
— Ton petit ami refuse que tu sois amie avec d'autres garçons ? Bonnie, je sais que tu viens d'un monde parallèle, mais je ne pensais pas que tu venais du XIXe siècle !
Bonnie poussa un soupir.
— Ecoute, ce n'est pas ça, d'accord ? C'est juste... compliqué.
Son double lui lança un regard compréhensif.
— Je ne veux pas me mêler de ta vie, mais si je peux te donner un conseil, ne cache pas la vérité à Damon. Il mérite de savoir.
— Qu'est-ce que je mérite de savoir ?
Les deux jeunes femmes sursautèrent.
— Damon, Stefan, vous êtes là ! s'exclama Bonnie, au comble de l'embarras.
— Le petit couple avait des choses à régler, alors nous avons flairé votre parfum pour vous trouver.
— Puisque la conversation est terminée, je vais rentrer, dit Bonnie!bis en se levant, espérant ainsi échapper aux questions de Damon, mais celui-ci vint se placer devant elle.
— En fait, j'aurais aimé que tu restes, car j'ai quelques explications à vous donner.
— Des explications ? répéta Bonnie.
Le vampire se tourna vers elle.
— Bon-Bon, je sais que tu vas être en colère, mais après ce que vous venez de me cacher, je pense que tu n'en as pas le droit.
Elle s'agita sur sa chaise, mal à l'aise.
— Alors voilà : j'ai menti.
— Tu as menti ? répétèrent en même temps les deux jeunes femmes. A quel sujet ? ajouta Bonnie.
— Sur tout, avoua-t-il. Le sort d'Emily n'a jamais fonctionné, je n'ai pas perdu la mémoire et je fais semblant de ne me rappeler de rien. Désolé, ajouta-t-il à l'intention de Bonnie!bis. J'aurais voulu que nos retrouvailles soient plus chaleureuses.
— Tu... te rappelles de moi ? balbutia cette dernière, les yeux embués de larmes.
— Comment pourrais-je t'oublier ? répondit Damon en la prenant dans ses bras.
— Tu n'aurais pas du me mentir, intervint Bonnie en regardant son propre reflet blotti contre le vampire.
Elle n'avait pas envie de savoir ce qu'elle aurait ressenti si c'était elle et non son double que Damon avait pris dans ses bras. Non, cela ne l'intéressait pas du tout, d'ailleurs elle sortait toujours avec Alex, pas vrai ?
— Le sort a du foirer à un moment ou à un autre, mais je me rappelle de tout, poursuivit Damon après avoir relâché Bonnie!bis.
Cette fois, il regardait « sa » Bonnie droit dans les yeux.
— C'est... c'est à cause du briquet..., commença Bonnie, troublée par son regard.
— Il a du causer une faille spatio-temporelle et empêcher le sort d'Emily de fonctionner, continua le vampire.
— Mais c'est grâce à ce briquet que vous avez pu revenir, dit Bonnie!bis, les sourcils froncés. Sans Damon, votre retour était impossible !
— Je pense que votre Emily ne voulait pas que je sache qu'un point d'ancrage était nécessaire pour revenir., murmura Bonnie. Je me demande même si elle voulait nous revoir... il faut bien avouer qu'on a mis la pagaille dans votre monde !
— Surtout Damon, ajouta Bonnie!bis avec un sourire complice en direction du vampire.
— Puisque ce mystère est éclairci, il ne nous reste plus qu'à retrouver Emily et à lui demander son aide encore une fois, grimaça le vampire.
— Je... je m'en charge, se hâta de dire la sorcière, qui avait hâte de leur échapper quelques instants.
Voir son propre reflet se comporter de manière aussi tendre avec Damon provoquait chez elle toute une série de sentiments contradictoires qu'elle préférait ignorer.
— Je viens avec toi Bon-Bon.
— Non ! Rappelle-toi qu'Emily ne sait pas que tu as gardé tes souvenirs !
Avec un soupir, Damon regarda Bonnie!bis.
— Et puis, ajouta-t-elle, je suis sure que vous avez besoin de vous retrouver seuls !
Avant même que Damon n'ait pu répondre, Bonnie avait déjà filé. La jeune femme se sentait ridicule : était-elle jalouse d'elle-même ? Bonnie songeait qu'elle devenait folle, il n'y avait pas d'autre explication !
Arrivée près du bois où elle avait rencontré Emily!bis la première fois, elle prit une profonde inspiration et lutta de toutes ses forces pour renvoyer un certain vampire dans un coin de sa tête...
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— C'était... bizarre, dit Bonnie!bis pour briser le silence qui s'installait après le départ de Bonnie.
— Ma petite sorcière est bizarre mais j'ai l'habitude, répondit le vampire avec un clin d'oeil.
Elle sourit mais son visage restait toujours préoccupé.
— Damon... que se passe-t-il avec Bonnie ?
— Qu'est-ce que tu veux dire ?
— Je pensais que tu l'aimais, non ?
— Hé bien je... oui, je l'aime comme une amie... enfin je...
— Damon ! Tu me dois bien la vérité, non ? Ce sera ta punition pour m'avoir menti et fait souffrir !
— Je suis désolé, je n'avais pas l'intention de te faire du mal, Bonnie.
Elle eut un sourire espiègle.
— Alors réponds à mes questions et je te pardonne.
Le vampire lui sourit, conscient qu'elle profitait de la situation pour le forcer à répondre.
— Oui, je...
Il s'éclaircit la gorge.
— Je crois que je suis amoureux de ma petite sorcière, admit-il finalement. Waouh, ça fait du bien de le dire à voix haute !
— Et quand comptes-tu le lui avouer?
— Que dirais-tu de ... jamais ?
— Quoi ?! Après tout ce que tu as fait pour moi, tu vas juste la laisser filer ?
— Elle a un petit ami, répondit-il d'un air sombre. Et puis, quel est le rapport avec toi ?
— Ne me prends pas pour une idiote, j'ai bien compris que tu avais transféré tes sentiments sur moi : m'aider, c'était aider Bonnie, la rendre heureuse. Puisque la vraie ne semblait pas avoir envie d'être ton amie voire plus...
— Dit comme cela, c'est horrible, murmura Damon. Ne va pas croire que tu n'as été pour moi qu'un substitut, Bonnie. Tu es plus que ça : tu es mon amie.
Tout en disant cela, il lui prit la main et la posa sur son coeur.
— Et quoi qu'il arrive, je ne t'oublierai jamais.
— Et Bonnie, dans ton cela ?
— Elle est amoureuse et heureuse, je n'ai pas le droit de tout détruire. J'ai fait assez de dégâts au cours de ma longue vie.
— Mais elle t'aime, j'en suis sure ! s'exclama Bonnie!bis.
— Quoi ?!
— Je lui ai parlé de toi, avoua-t-elle tandis que Damon était abasourdi. Je sais que je n'aurais pas du, mais c'est plus fort que moi : vous êtes faits pour être ensemble, c'est une évidence !
— Bonnie !
— Sa seule excuse, continua-t-elle sans se soucier de ses protestations, c'est qu'elle a déjà un petit ami. Un peu faible comme justification, tu ne trouves pas ? Si elle ne t'aimait pas, elle le dirait clairement !
— Tu n'aurais pas du lui parler de moi, que va-t-elle s'imaginer ?
— Parle-lui, insista Bonnie-bis. Je te le demande comme une faveur.
Damon la regarda d'un air affectueux.
— Ce n'est pas juste, tu sais que je ne pourrai pas te dire non !
— Allez, va donc la retrouver !
— Et toi, ça va aller ?
Elle acquiesça d'un air décidé.
— A présent que tu m'as aidé à reprendre ma vie en main, tout ira bien.
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— Et voilà, tu sais tout, conclut Emily!bis. J'espère que cette fois, vous vous débarrasserez enfin de Klaus !
— Traduction : tu n'as aucune envie que je revienne dans ce monde, répliqua Bonnie.
— C'est très dangereux de jouer avec le temps, lui rappela l'ancienne sorcière. Il y a toujours des conséquences.
— Je serai prudente, répondit-elle. Je veux juste détruire Klaus et sauver mes amis.
— Bien. S'il y a une chose que je ne comprendrai jamais, poursuivit-elle, c'est comment tu as réussi à revenir dans ce monde.
— Je dois avoir des pouvoirs magiques, tenta-t-elle de plaisanter, mais Emily!bis fixait un point derrière elle, le visage figé.
— Damon ?! s'exclama Bonnie en se retournant. Qu'est-ce que tu fais ici ?
— Il fallait que je te parle, répondit-il en marchant droit vers elle. C'est important.
— Ainsi tu m'as menti, murmura Emily!bis. Damon est revenu, il a donc toujours ses souvenirs !
— Non, c'est faux ! cria Bonnie. Il ne se souvient de rien ! Rien du tout !
— Bonnie, murmura Damon, il faut que je te le dise avant qu'il ne soit trop tard...
— Souvenirs ou pas, il ne peut pas se rappeler de ce voyage-ci non plus, trancha la vieille femme. Comme je te l'ai dit, jouer avec le temps est dangereux !
— Laisse-le tranquille !
— Je t'aime, Bonnie.
— Temporis mementum..., commença à réciter Emily!bis, le bras dirigé vers Damon.
— Je t'aime, poursuivit le vampire, à genou à cause du sort, et je... je voulais que chaque version de toi soit heureuse, dans n'importe quelle version de la réalité.
— Laisse-le ! répéta Bonnie en lançant un sort vers Emily!bis, qui tomba en arrière. Damon ! cria-t-elle en secouant le vampire qui était maintenant par terre, les yeux fermés. Damon, réponds-moi !
— C'est trop tard, entendit-elle Emily!bis murmurer. Et maintenant, je vous renvoie chez vous...
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Une semaine plus tard...
Debout près du bar du Mystic Grill, Bonnie ne cessait de regarder l'heure et de faire les cent pas. Elle redoutait ce rendez-vous, elle aurait mille fois préféré être ailleurs qu'ici, mais elle n'avait pas le choix et elle le savait.
— Salut Bonnie ! Je suis content que tu m'aies appelé ! s'exclama Alex en arrivant derrière elle. Désolé, je t'ai fait peur ? demanda-t-il en la voyant sursauter.
— Non, ça va, murmura-t-elle en tournant la tête pour éviter son baiser, et les lèvres d'Alex atterrirent sur sa joue.
Il leva un sourcil.
— Tu en es sure ?
Bonnie se tordit les mains, avant de secouer la tête.
— Alex, je... je ne sais pas par où commencer, dit-elle à voix basse.
— Pas la peine de me faire un dessin, j'ai compris, répondit amèrement le jeune homme, refroidi par son accueil. Tu ne m'aimes plus, n'est-ce pas ?
— Si ! s'exclama la sorcière. Je t'aime toujours, Alex, mais...
— Cela fait un moment que je te trouve différente, la coupa-t-il. Je sais que tu vas me laisser tomber, Bonnie.
— Je... je suis désolée, sanglota-t-elle, je t'aime encore, Alex, mais... j'aime quelqu'un d'autre également, et je ne peux pas rester avec toi en sachant que j'ai des sentiments pour une autre personne en même temps.
— C'est Damon, pas vrai ?
Elle resta bouche bée.
— Ne sois pas surprise, tu parles toujours de lui, expliqua Alex en haussant les épaules. J'ai essayé de ne pas remarquer l'importance qu'il avait pour toi, je ne voulais pas être le petit ami jaloux et possessif... et j'ai quand même fini par te perdre.
— Tu n'aurais rien pu y changer, renifla Bonnie avant d'accepter avec un signe de tête le mouchoir d'Alex.
— Donc, vous allez sortir ensemble, maintenant ?
— Non.
La sorcière semblait résignée.
— Il ne me voit pas comme une petite amie potentielle, je ne suis à ses yeux qu'une amie.
Alex soupira.
— Je suis sincèrement désolé pour toi, Bonnie. Tu ne me crois peut-être pas, mais cela ne me rend pas heureux de te savoir malheureuse.
Doucement, elle lui prit la main.
— Tu sais, Alex... Certaines personnes ne connaissent pas l'amour et elles ne le connaitront jamais. Elles n'ont pas la chance de ressentir les sentiments que je ressens pour toi. Elles n'ont pas la chance d'avoir mille et un souvenirs avec quelqu'un, de pouvoir faire des projets à deux. J'ai connu tout ça lorsque je t'ai rencontré, et je garderai ces souvenirs en moi toute ma vie.
— Mais ensuite, Damon est arrivé...
Bonnie secoua tristement la tête.
— Non, Damon n'est pas arrivé... il a toujours été là, indiqua-t-elle en posant la main sur son propre coeur. Je refusais juste de l'admettre.
— Je vois...
— Alex, s'il te plait, ne m'en veux pas ! Je... je n'ai jamais voulu te faire de mal. Pendant des semaines, j'ai lutté et j'ai...
— Je ne t'en veux pas, Bonnie, l'interrompit le jeune homme. Je sais que tu as fait ce que tu pouvais pour refouler tes sentiments pour lui. Je sais que tu as voulu m'éviter de souffrir et je t'en suis reconnaissant. Mais, paradoxalement, c'est aussi ce qui me fait le plus mal...
— Mais... pourquoi ?
— Parce que, expliqua tristement Alex, tu n'as jamais du te forcer à aimer Damon, tandis qu'avec moi, tu as joué la comédie. Je sais que tu voulais me protéger, mais à présent j'ai l'impression que tu restais avec moi par pitié.
— Ce n'était pas par pitié ! s'exclama Bonnie. Je... je t'aimais et je t'aime toujours, Alex, seulement...
— Je ne suis pas Damon, murmura-t-il simplement.
— Non..., dit Bonnie d'une voix étranglée tandis que des larmes silencieuses coulaient à nouveau sur ses joues. Tu n'es pas Damon.
Elle se força ensuite à se ressaisir.
— J'ai eu la chance de tomber amoureuse deux fois, dit-elle d'une voix plus ferme. Et même si aucune de ces deux histoires n'a d'avenir, je ne regrette rien de ce que j'ai vécu, et j'espère qu'un jour, tu pourras être heureux.
— Je l'espère aussi, pour toi et pour moi.
— Alors... à bientôt, peut-être, répondit tristement Bonnie
— A bientôt, répéta-t-il avant de tourner les talons et de quitter le bar.
Pendant de longues secondes, minutes, voire peut-être des heures, Bonnie resta assise au bar, le regard perdu sur son verre de bourbon vide. Si Damon avait été triste, il aurait certainement lui aussi noyé son chagrin avec du bourbon. Mais comment Damon aurait-il pu être triste, puisqu'il avait perdu tous ses souvenirs ? Ils étaient rentrés du monde parallèle depuis une semaine, et Bonnie s'était concentrée sur sa lutte contre Klaus, pour éviter de penser au désastre de sa vie amoureuse.
Après avoir réussi à dissocier Klaus et Alaric, Bonnie était parvenue à endormir l'originel dans son corps d'origine et il avait été enfermé dans un cercueil, grâce aux sorts d'Emily!bis. Mais maintenant que tout était fini, Bonnie avait tout le loisir de penser aux conséquences de la perte de mémoire de Damon : le vampire ne se souvenait plus de lui avoir déclaré son amour, il semblait même avoir oublié ses propres sentiments, mais Bonnie, elle, se souvenait de tout et elle ne pouvait plus rester avec Alex : si elle était honnête avec elle-même, elle devait admettre que c'était Damon qui comptait, et personne d'autre.
— Je te dérange ?
Bonnie sursauta et poussa un cri.
— Damon, tu m'as fait peur ! s'exclama-t-elle, une main sur le coeur.
— Désolé. Un bourbon, demanda-t-il au barman. Non, deux, corrigea-t-il après avoir observé Bonnie. Ton verre est vide, expliqua-t-il comme elle le regardait avec étonnement.
— Je n'ai pas besoin de boire, tout va bien.
— Vraiment ? Alors que fais-tu ici, toute seule ?
— Je viens de larguer Alex, répondit Bonnie malgré elle.
C'était une très mauvaise idée de s'embarquer dans une telle conversation avec Damon, mais il était à présent trop tard pour faire marche arrière.
— Pourquoi ? demanda le vampire après une petite hésitation.
— Je me suis rendu compte que je l'aimais, mais pas assez, dit simplement Bonnie avant d'avaler en une fois le contenu de son verre.
— Moi aussi, c'est pareil, répondit-il en fixant son verre. Depuis qu'on est rentrés de ce petit voyage spatio-temporel, je n'ai aucun souvenir mais j'ai l'impression que... que...
— Que quoi ?
— Non, rien, c'est stupide.
Déçue, Bonnie tourna la tête. Le vampire dut sentir sa déception car il reprit la parole.
— Je ne sais pas pourquoi je te parle de ça, mais c'est comme si je n'avais plus envie de m'immiscer dans la relation d'Elena et de Stefan.
— Tu as enfin grandi, ne put-elle s'empêcher de le taquiner.
— Rigole si tu veux, Bonnie, mais oui, j'ai grandi, répondit fièrement Damon. Je me sens... oui, libéré ! Je n'ai plus besoin de me prouver quelque chose en détruisant la vie de mon frère, je suis simplement bien !
— J'en suis heureuse, dit simplement Bonnie, ne sachant pas quoi répondre.
— Je sais que j'ai perdu tous mes souvenirs quand nous avons voyagé dans le temps, mais je sens que ce changement est la conséquence de ce qu'il s'est passé là-bas.
— Tu crois ? demanda-t-elle, le coeur battant la chamade.
— Ne va pas croire que j'essaie de te soutirer des informations, ce sont vos secrets de sorcières et tu ne peux rien me dire, mais je me disais...
— Oui ?
— Si je me sens enfin mieux grâce au temps passé avec toi dans une autre dimension, il faudrait peut-être qu'on traine plus souvent ensemble dans ce monde-ci également, tu ne trouves pas ?
Elle rougit.
— Hé bien... oui, si c'est pour te rendre service, je ne peux pas refuser.
— Non, tu ne peux rien me refuser, répéta Damon en la fixant avec insistance. Pas plus que moi je n'ai envie de te refuser quoi que ce soit.
Bonnie se sentit défaillir.
— Que... quoi ?
— Tant pis si tu me rejettes, Bonnie, mais il faut que tu saches que depuis une semaine, je n'ai fait que penser à toi.
— Mais... tes souvenirs...
— Je ne me souviens de rien, mais je sens que toi et moi, nous sommes liés. Notre relation a toujours été spéciale, mais maintenant, je veux être plus que le vampire que tu aimes détester. Je veux...
— Être le vampire que je déteste aimer ?
— Peut-être qu'au début, oui, tu lutteras de toutes tes forces pour ne pas céder à mon charme, mais tu finiras par m'adopter et ne plus savoir te passer de moi.
A travers ses plaisanteries, on sentait toutefois la crainte : Damon avait pris un risque en se dévoilant de cette manière, et il avait peur de l'accueil que sa petite sorcière allait réserver à sa déclaration.
— On verra bien, répondit Bonnie avec un sourire énigmatique. Quand commençons-nous ?
— Je te propose de commencer dès ce soir, au restaurant : je te ferai passer la meilleure soirée de ta vie, crois-moi.
— J'attends de voir ça, répliqua-t-elle en souriant. On se retrouve ici ?
— Oh non, Mademoiselle Bennett. Je passerai te chercher chez toi à 19 heures, comme un vrai gentleman.
— Un vrai gentleman ? J'ai hâte de voir ça !
Rapidement, Damon se pencha et l'embrassa sur les lèvres.
— Désolé, murmura-t-il, mais si je dois me comporter en gentleman toute la soirée, il faut bien que je fasse quelques écarts avant pour tenir le coup.
Bonnie éclata de rire, et elle comprit enfin ce qu'était le bonheur : rire avec l'homme qu'elle aimait, faire des projets avec lui, et elle ressentit une paix intérieure qu'elle n'avait jamais connue.
FIN.
