Bonjour à tous !

Me revoilà pour la suite de cette fic :) Je sais que je tarde un peu, mais comme promis je compte terminer cette histoire. Le chapitre suivant est déjà écrit et corrigé par ma super beta not gonna die. Et il sera posté en temps et en heure dès mardi prochain, c'est promis !

Je suis très heureuse de vous annoncer que ma fic sera traduite en espagnole grâce à franchiulla qui est une lectrice assidue qui me fait l'honneur de traduire mes écrits. Merci mille fois.

Jessie943 : merci pour tes mots, ça me touche beaucoup. C'est moi qui doit te remercier ! Merci d'être toujours là et de toujours me lire, c'est incroyable. justinejannedu0760 : merci pour ta review, les jours suivants arrivent avec leurs lots de surprises (qui seront belles, belles, belles, c'est promis). AlineGranger : merci à toi de prendre le temps de poster un review ! OoO-RED-OoO: je ne pouvais pas faire autre chose qu'une fin heureuse, je ne l'aurai pas moi même supporté ;) Merci à toi. Sygui : merci pour tes mots, je ne veux pas que l'une s'oublie pour l'autre, un couple, c'est un équilibre. emma2016 : tu résumes parfaitement la situation. Merci pour ta review ! AmandineReader : et moi juste un mot... Wow ! Merci d'être toujours là et de toujours me lire après tout ce temps. GEGE : l'amour soigne toutes les blessures, ça c'est sûre, et c'est surement le message que j'ai voulu faire passer. Merci de ton message.

Pas de blabla supplémentaire, voici la suite ! Rendez-vous la semaine prochaine pour le chapitre 37 !


CHAPITRE 36 : TOURNER LA PAGE

Un café bien chaud, quelques regards échangés en silence et des mains qui n'arrivaient plus à se quitter furent le dessin de cette première matinée à Storybrooke.

Lorsqu'elle avait ouvert les yeux ce matin-là, encore habillée d'un jean et d'un simple soutien-gorge, son cœur avait manqué un battement. Puis elle avait senti la douce main de Regina, posée juste au-dessous de ses seins, et son corps collé au sien. Les mots rassurant de sa compagne lui revenaient en mémoire et un faible sourire se dessina sur ses lèvres. Elle se repositionna alors, appuyant plus encore son dos contre la brune. La réaction de Regina fut immédiate et elle entreprit de l'embrasser longuement dans le cou.

Un gémissement de bonheur s'échappa de sa bouche sans qu'elle ne puisse le retenir. Déjà, sa main se perdait dans les boucles brunes, appuyant inconsciemment sur sa tête pour qu'elle continue d'accentuer ses baisers. Regina semblait perdue dans un autre monde, bercée par le plaisir de sentir Emma près d'elle. Ses doigts vinrent effleurer la peau de son amour, buttant contre le soutien-gorge, glissant entre ses seins, caressant son ventre.

« Emma… » murmura la mairesse plaintive, attendant visiblement qu'on l'arrête dans ses gestes avant d'aller trop loin.

Cette supplique lui fit fermer les yeux, le plaisir naissant l'empêchant de ne pas perdre pied. Les baisers se firent plus nombreux, plus appuyés et plus amoureux que jamais. La bouche de Regina se perdait sur chaque centimètre de peau nue, arrivant au bout du tissu encore présent sur le haut de son corps. Les mains de la mairesse se glissèrent dans le dos de la blonde lorsque celle-ci avait relevé son bassin à la suite d'un léger coup de langue trop bien placé qui lui fit perdre raison.

Mais les images de ces autres nuits cauchemardesques avec son agresseur lui revinrent brutalement en mémoire, faisant se tendre chacun de ses muscles. Et ses yeux s'ouvrirent subitement.

Regina l'avait senti… à la seconde où le ventre d'Emma s'était tendu, à la seconde où la main de la blonde s'était violemment refermée dans ses cheveux. Elle avait tout arrêté, immédiatement, relevant sa tête et regardant sa compagne pour s'assurer de son état.

« Ca va ? » demanda la brune en caressant doucement sa joue.

« Excuse-moi » dit-elle les larmes aux yeux, encore secouée par les souvenirs qui lui étaient revenus en mémoire.

« Ne t'excuse pas Emma, c'est de ma faute. Après ce que tu m'as dit hier je n'aurais pas du te… »

« Non, non… » la coupa-t-elle « J'aimerais tellement réussir à te… à te montrer à quel point je tiens à toi »

« Je n'ai pas besoin de ça pour le savoir, ne t'inquiète pas » dit-elle en s'approchant de la blonde avant de lui déposer un long baiser sur ses lèvres.

Elles s'étaient levées après ce moment étrange et rejoignirent la cuisine pour prendre ensemble le petit-déjeuner. Il y avait dans ce repas du matin un défi qu'Emma s'était inconsciemment mis en tête, comme si le premier qui lui avait été arraché des mois plus tôt, après leur première et unique nuit d'amour, devait impérativement être remplacé. Il était devenu, pour elle, un moment important.

Emma avait appelé son fils avant que ce ne soit l'heure d'aller à l'école. Henry avait été soulagé de l'entendre et avait eu un mal fou à raccrocher. L'angoisse qui existait dans sa voix lui pinça le cœur et elle eut cette douloureuse sensation d'être une mère indigne.

Le petit garçon quémanda après Regina, qui fut touchée de savoir qu'il souhaitait également lui parler. Adossée à l'îlot central de la cuisine, la mairesse avait pris le combiné avec un sourire non feint. Emma quant à elle vint se blottir dans ses bras, heureuse de voir les deux personnes les plus importantes de sa vie s'apprivoiser.

Presque en chuchotant, Henry lui avait demandé si sa maman allait mieux et si elle continuait de la protéger. Regina lui confirma la promesse qu'elle avait fait la veille et lui assura que sa mère allait bien. Elles finirent par le laisser, Ingrid s'inquiétant du retard qu'ils étaient en train de prendre sur le planning de la journée.

« Je dois retourner à la mairie… » annonça la brune avec tristesse au bout de quelques minutes.

« Tu penses pouvoir te libérer à midi ? »

« Je n'en sais rien. J'espère… Je suis partie si vite, j'ai tout laissé en plan et je ne sais pas ce qu'a fait Rose pendant mon absence. Je t'enverrai un message. »

« Bien » répondit la blonde un peu déconcertée par la situation, mal à l'aise à l'idée de sortir de leur bulle de bonheur et d'être heurtée, à nouveau, par la réalité du quotidien.

« C'est étrange, n'est-ce pas ? »

« De ? »

« Il va bien falloir qu'on reprenne nos vies hein ? Tu as la mairie ici à Storybrooke, puis il y a Henry et ma mère à New York. Et nous deux… »

Regina releva les yeux de son sac à main dans lequel elle était en train de glisser les affaires dont elle aurait besoin. Elle y avait pensé, très souvent depuis qu'elle avait retrouvé Emma, mais n'avait jamais osé amener le sujet de peur que tout s'efface alors que leur relation était encore fragile.

« Est-ce que ça fait de nous des personnes égoïstes de vouloir rester ensemble ? » termina la blonde.

« Je… Non, je ne crois pas. Peut-être… Je ne sais pas. Ce serait injuste, c'est à notre tour d'être heureuse ! » dit-elle plus énervée qu'elle ne l'aurait voulu.

Emma s'approcha d'elle et l'embrassa encore, pour la calmer et la rassurer. Elle s'en voulait que tout tourne autour d'elle, de ses blessures et de ses peines. Regina n'avait pas à être au second plan, bien au contraire.

Elle serra alors un peu plus son étreinte, lui déposant un ultime baiser sur sa tempe.

« Ça ne te dérange pas de me déposer au Granny's avant d'aller à la mairie ? » demanda-t-elle pour changer de sujet. « Je n'ai pas très envie de rester seule. »

« Bien sûr. »


Rose avait été incroyable, Regina n'avait pas d'autre choix que de le constater. Malgré son départ précipité, sa secrétaire avait réussi à rattraper toutes les demandes et tous les dossiers, les triant sur son bureau des plus urgents à ceux qui pouvaient attendre. Durant plus d'une heure, elle prit le temps de lui expliquer tout ce qu'elle avait manqué ces derniers jours. Elle se rendit compte que certains d'entre eux dataient de plusieurs semaines, preuve qu'elle n'était plus vraiment là, bien des jours avant de retrouver Emma.

« Vous êtes incroyable Rose… Je ne vous remercierai jamais assez pour tout ce que vous avez fait ici. »

La jeune secrétaire ouvrit grand ses yeux, perturbée par ce compliment. Elle n'avait pas vraiment l'habitude d'en recevoir de la part de sa supérieure et en fut d'autant plus touchée.

« Je… Merci Madame le Maire, j'ai juste essayé de faire mon travail au mieux. »

« Je tenais à sincèrement m'excuser pour mon comportement de ces dernières semaines… Ces derniers mois. Vous avez été d'une aide précieuse et… »

Elle s'arrêta en plein milieu de sa phrase lorsqu'elle vit son téléphone portable s'allumer. Lorsqu'elle vit un message d'Emma, elle ne put s'empêcher de cacher son sourire. Pianotant rapidement sa réponse, elle retourna finalement à sa conversation devant une Rose qui restait toujours abasourdie par les mots de sa patronne.

« Rose… » reprit-elle solennellement « accepteriez-vous de quitter le poste de secrétaire pour devenir mon bras droit ? »

« Je vous demande pardon ? »

« Je sais… J'ai été exécrable avec vous et j'aurais craqué bien avant vous si j'étais à votre place. Mais je vous promets de changer. J'ai… Ma vie a changé et va encore changer. Je pense que je vais devoir faire de nombreux allers-retours entre Storybrooke et New York ces prochains mois et j'aimerais pouvoir prendre plus de temps pour moi. »

Rose ne bougeait plus, tentant d'assimiler tout ce qui était en train de lui être dit, n'en comprenant pas la moitié.

« J'ai confiance en vous, en vos capacités et en votre travail. Vous me l'avez largement prouvé ces derniers mois. C'est pour toutes ces raisons que j'aimerais officiellement que vous deveniez mon adjointe. Et il est hors de question que je vous surcharge de travail, nous prendrions quelqu'un pour vous remplacer au secrétariat, c'est une évidence… »

Regina croisa les bras sur sa poitrine, signe qu'elle avait enfin terminé son monologue et qu'elle attendait une réponse de son interlocutrice. Pourtant, la jeune femme ne bougeait plus, choquée par la proposition qui venait de lui être faite.

« Pourquoi devez-vous aller à New York ? Vous vous lancez dans une politique plus poussée ? »

« Quoi ? Non, non bien sûr que non. Storybrooke me convient très bien, j'aime connaître les noms de gens avec lesquels je travaille, je connais ma ville je… Non » elle regarda Rose étrangement, étonnée qu'elle puisse penser ça. « Je… Ma compagne et son fils vivent à New York et je veux pouvoir passer le plus de temps possible avec eux, rien de plus. »

« Oh… Je comprends mieux ! » s'exclama la jeune fille avec un large sourire qui voulait dire beaucoup plus que ce que Regina pensait. « Alors Emma est de retour dans votre vie… ? »

La brune acquiesça avec un sourire, comme si le fait qu'elle le dise aux autres était la preuve réelle que leur relation existait vraiment.

« Je suis heureuse pour vous Madame le Maire… »

« Et si vous commenciez par m'appeler Regina ? »

« Oh… Je… Je crois que je vais avoir besoin d'un peu de temps pour m'y habituer mais ce serait avec plaisir » dit-elle avec joie, prenant la mesure de ce qui était en train de se passer.

« Et ma proposition ? » relança Regina d'une voix plus incertaine qu'elle ne l'aurait voulu.

« J'accepte avec plaisir ! »

La mairesse frappa dans ses mains avec bonheur et prit son assistante dans les bras, cette dernière restant droite comme un piquet, peu habituée à ces démonstrations d'affection.

« Je rejoins Emma pour l'heure du déjeuner, alors remettons-nous à ces dossiers dans la pile urgent ! » fit elle avec un enthousiasme qu'elle n'avait pas connu depuis des semaines.


A l'instant même où Emma était descendue de la voiture de sa compagne et qu'elle l'avait vue s'éloigner, son cœur s'était serré. Elle l'avait embrassée avant de quitter l'habitacle, peut-être même un peu trop longtemps puisque la mairesse avait fini par être en retard, et son regard avait suivi le départ de la Mercedes avant qu'elle ne disparaisse au coin de la rue suivante.

C'était la première fois qu'elles se quittaient depuis son retour et déjà, elle lui manquait. Ce sentiment lui paraissait pathétique, à la limite de l'adolescente puérile qu'elle n'avait pourtant jamais été. Elle se frotta le bras, comme si cela suffirait à lui redonner contenance, et inspira un grand coup avant de rentrer dans le Granny's.

Le bruit d'une assiette qui s'écrase au sol et le juron prononcé par Ruby juste après fut son premier accueil.

« Merde Emma, tu es là... » avait soufflé la serveuse avec une voix tremblante.

« Salut... » se contenta de répondre la concernée maladroitement avec un sourire crispé sur son visage et un faible mouvement de la main.

« Merde Emma ! » répéta-t-elle plus fort, ses sourcils légèrement froncés. « T'es partie sans même me dire au revoir correctement ! »

« Ruby... Je suis désolée. »

La brune extravagante soupira, replaça son torchon sur ses épaules avant de s'approcher de son ancienne collègue dans un mouvement rapide. Emma eut un geste de recul naturel qu'elle regretta immédiatement. Ruby s'arrêta à quelques mètres d'elle devant son attitude et calma ses mouvements.

« Je peux ? » demanda-t-elle avec un sourire sincère.

Emma hocha alors la tête doucement et fit un pas dans sa direction. La jeune serveuse n'attendit pas plus longtemps pour la serrer longuement dans ses bras. La main que la brune aux cheveux rouges avait posée sur son dos fit se tendre tous les muscles du corps d'Emma qui dut prendre une longue respiration avant de se détendre et de lui rendre son étreinte.

« Comment vas-tu ? »

« Mieux je crois... Mais ça irait encore plus si tu me servais un bon gros chocolat chaud à la cannelle ! »

« Considère que c'est déjà fait ! »

Emma lui sourit à son tour et se dirigea vers le bar pour s'asseoir et s'accouder au comptoir. Ruby alluma la machine et s'afféra à ramasser l'assiette qui gisait encore sur le sol. La blonde inspira longuement, regardant à droite et à gauche pour se remémorer les instants incroyables qu'elle avait vécus dans ses lieux, notamment le retour de son fils dans sa vie.

« Granny n'est pas là ? »

« Elle est partie chercher un ingrédient qui lui manquait, elle ne devrait pas tarder à revenir » répondit la serveuse en repassant derrière le comptoir. « Ça va lui faire plaisir de te revoir, elle s'inquiétait beaucoup... »

Emma baissa la tête à cet aveu, peu fière d'avoir quitté la ville aussi vite, sans se retourner, sans prévenir. Elle avait rendu sa chambre le matin qui avait suivi sa dispute avec Regina, partant avec Ingrid, son fils et sa valise en quelques minutes à peine. Ses au revoir avaient été rapides, se contentant d'une simple bise pour ses anciennes collègues et déjà la voiture filait en direction de New York. Elle n'avait pas voulu qu'on la retienne, qu'on lui dise de rester, qu'on lui certifie que les choses allaient s'arranger. Fuir avait été bien plus simple.

« Dis… Est-ce que… Est-ce que Regina sait que tu es là ? » demanda la serveuse en se grattant l'arrière du crâne, gênée de poser cette question mais sa curiosité étant trop forte pour ne pas le faire.

Emma acquiesça, un sourire sincère s'étant déjà immiscé sur son visage.

« C'est même elle qui m'a ramenée de New York » précisa-t-elle. « Pour faire court, je n'allais pas très bien, mon fils a cru bon de faire des centaines de kilomètres tout seul pour aller chercher Regina afin qu'elle… me sauve. »

« J'ai l'impression d'écouter le script d'un film ! Continue, continue ! » s'exclama Ruby avec hâte, le visage déjà penché vers Emma, appuyée sur ses coudes, les oreilles grandes ouvertes.

« Alors que j'étais terrifiée à l'idée d'avoir perdu Henry, elle m'a appelée pour me dire qu'il était avec elle. Et tu sais quoi ? »

Ruby hocha la tête négativement, complètement plongée dans le récit de son ancienne collègue qui se plaisait à y rajouter un peu de suspens.

« Ce que je vais te dire est très cliché mais… A la seconde où j'ai entendu sa voix, je savais que j'allais déjà mieux. Parce que Henry était en sécurité, certes, mais parce que je savais que j'allais la revoir. »

« Merde… C'est beau. »

« Elle a fait la route pour me ramener Henry à New York. En un claquement de doigt, elle a tout lâcher pour moi. »

« Je deviens jalouse là Emma. »

« Quand je l'ai vu derrière la porte de mon appartement, avec mon fils endormi dans ses bras… » elle fit une courte pause, le temps de reprendre sa respiration tant le souvenir de ce moment lui avait, à nouveau, coupé le souffle. « J'ai compris qu'il était hors de question qu'elle quitte ma vie. »

« Pourquoi tu es partie ? » demanda la serveuse sans détour.

« Elle… Elle m'a dit ce qu'elle avait fait durant les deux mois de ma seconde captivité. »

« Oh… Attends, c'est ça qui t'a fait quitter la ville du jour au lendemain ? »

La blonde acquiesça faiblement, encore honteuse d'avoir agi de cette façon si brutale après les confessions de sa compagne.

« Tu l'avais laissée en plan et tu es partie de chez elle en lui hurlant dessus. Certes, pour la protéger, mais elle, elle avait bien l'impression qu'elle n'était qu'une moins que rien. » Ruby frappa doucement sur le comptoir en regardant son ancienne collègue droit dans les yeux. « Très franchement, avant de savoir ce qui s'était vraiment passé pour toi, je t'en ai énormément voulu. Parce que… C'est ici qu'elle venait tous les soirs ! C'est ici qu'elle buvait à outrance pour oublier sa peine ! Ici qu'elle a craqué des dizaines de fois… »

« Je sais… » se contenta-t-elle de répondre honteuse.

« Un soir, elle ne tenait même plus debout. Je l'ai installée dans la réserve, elle m'a attrapée par le col et elle m'a dit qu'elle se haïssait, qu'elle avait été stupide de tomber éperdument amoureuse de toi alors qu'on lui avait bien fait comprendre en lui prenant son mari et sa fille qu'elle n'avait pas le droit au bonheur. »

« S'il te plait Ruby… »

« Ah ça non ma grande, tu vas m'écouter jusqu'au bout ! C'est moi qui ai demandé à Robin de la raccompagner la première fois, parce que ce qu'elle m'a dit ce soir-là, la peine qu'elle m'a confié était telle que j'avais vraiment peur qu'elle fasse une connerie. »

Le frisson qui parcourut l'échine de la blonde fut si intense qu'elle en eut mal jusque dans ses entrailles. Elle se doutait, elle l'avait même compris, mais l'entendre était une toute autre chose.

« Si ce qu'elle a fait avec Robin était la seule façon pour elle de se sentir vivante alors tu n'as pas le droit de lui en vouloir… Parce que sinon, aujourd'hui, elle ne serait même plus là. »

« Je sais » répéta Emma. « J'ai été égoïste. Affreusement égoïste… J'espère qu'elle me pardonnera pour ça. »

« Je pense que si tu es là aujourd'hui, c'est qu'elle t'a déjà pardonné tu sais » rajouta Ruby un peu plus calmement.

« Je suis complètement amoureuse d'elle Ruby » dit-elle avec une légère crainte dans sa voix, secouée par l'importance que la brune avait pris dans sa vie.

« Je sais. Je le vois. Elle aussi, c'est certain… Ecoute, je sais que ce que tu as vécu était… Il n'y a pas de mots tant c'était atroce. Et j'en suis désolée. Vraiment. Tu… Tu ne méritais pas ça. » Emma pencha la tête, toujours mal à l'aise à l'idée d'être analysée si facilement sur son passé. « Mais pour elle aussi ça a été difficile. Elle fait la femme forte, pleine de caractère… Mais tout le monde sait ici que c'est une femme incroyablement douce, sur qui on peut compter et qui a toujours été là pour nous. Et pour tout ça, je t'interdis de lui faire du mal à nouveau. »

Emma se mit à sourire, heureuse d'entendre de si beaux compliments à l'égard de la femme dont elle était amoureuse. Elle acquiesça vivement à la dernière remarque de son ancienne collègue.

« Sans rire… Si Regina n'était pas à la tête de cette ville, je ne sais pas comment Storybrooke ferait. »

Le visage de la blonde se crispa légèrement à cette dernière remarque mais Ruby ne le remarqua pas, attirée par le tintement de la clochette de la porte, annonçant une nouvelle venue.

Granny fut tout autant surprise que sa petite fille lorsqu'elle vit Emma accoudée au comptoir de son restaurant. Il ne lui avait fallu qu'une demi-seconde pour comprendre que les choses étaient en train de s'arranger et que l'avenir risquait d'être bien plus beau ces prochains jours Emma avait un visage presque apaisé, bien loin de ces premiers jours à Storybrooke. Après quelques échanges classiques, elle invita son ancienne employée dans ses cuisines afin d'en apprendre davantage et la blonde lui expliqua, à son tour, les récents évènements.

« Je suis contente pour toi ma grande, tu mérites d'être heureuse. »

« Regina mérite d'être heureuse… » lui répondit-elle les pensées embrumées par quelque chose qui la tracassait.

« Mais ? » devina la grand-mère avec un regard suspicieux derrière ses lunettes en demi-lune.

« Rien… » dit-elle immédiatement. « Enfin… » rajouta-t-elle aussitôt « New-York et Storybrooke, ce n'est pas la porte d'à côté »

« Je vois. »

Emma haussa les épaules. Ce que lui avait dit Ruby quelques minutes plus tôt continuait de trotter dans son esprit. Regina avait son pied à terre à Storybrooke et elle n'avait pas le droit de lui demander de la suivre à New-York. Mais il y avait Ingrid et son fils, qui avait toutes ses attaches dans la grande ville… Elle n'avait pas le droit de leur imposer un déménagement aussi précoce et égoïste.

« Que comptez-vous faire ? »

« Je ne sais pas… On a toujours évité cette conversation et je voulais vivre au jour le jour pour ne pas penser au moment où on serait séparées. »

« Ce n'est pas le bout du monde, vous pouvez toujours vous retrouver les week-ends et voir par la suite. Il y a des vols ou la voiture même si c'est long. »

« Est-ce que les week-ends suffiront ? » demanda-t-elle d'une voix frêle, sans réellement attendre de réponse.

« Si ça te fait peur… Parlez-en. La communication, c'est important et je pense que tu le sais. »

Emma hocha la tête et posa sa main sur l'épaule de son mentor qu'elle appréciait vraiment retrouver. Presque naturellement, elle s'était remise à l'aider dans la confection du repas de midi, reprenant ses habitudes de cuisinière à ses côtés. Elles discutèrent ainsi un long moment, de tout et de rien mais surtout de Henry et l'heure du déjeuner sonna.

Regina lui envoya un message pour lui annoncer qu'elle quittait la mairie et qu'elle arrivait et déjà Emma sortait de la cuisine pour l'attendre dans le restaurant. Quelques heures à peine sans sa présence à ses côtés et le manque s'était fait ressentir. Elle se sentait fragile loin d'elle et ça l'inquiétait presque. La dépendance qu'elle développait pour Regina n'était pas forcément une bonne chose.

« Ca a été ? » demanda aussitôt la brune lorsqu'elle rejoignit Emma, lui déposant un léger baiser sur le coin de ses lèvres.

La blonde acquiesça simplement, heureuse d'avoir l'impression de pouvoir respirer à nouveau correctement.

« Et toi ? »

« Plutôt bien oui. Rose a été incroyable alors je lui ai offert une promotion » dit-elle simplement tout en retirant sa veste.

« Quoi ? » s'étonna bêtement Emma « Pourquoi ? »

« Je te l'ai dit… Elle a été incroyable, je suis partie du jour au lendemain, sans même la prévenir. Et même depuis… » elle s'arrêta une demi-seconde « même depuis ton départ de Storybrooke je n'avais pas vraiment la tête au travail. Rose a été d'un soutien sans faille, ne m'a jamais bousculée mais a toujours tout fait pour que la mairie tienne debout. On a encore pas mal de choses à traiter mais grâce à son travail et son organisation, on devrait s'en sortir. »

« Est-ce que je dois être jalouse d'elle ? » demanda la blonde avec un sourire alors qu'elle prenait déjà la main de sa compagne dans un geste possessif.

« Non, certainement pas. Je lui ai clairement expliqué pourquoi je la prenais à ce poste. »

« Et donc ? »

Le dos de la mairesse se tendit immédiatement, comprenant où commençait à se diriger la conversation qu'elle n'était peut-être pas encore prête à avoir. Ni elle, ni Emma. Son regard se baissa sur leurs mains qu'elles avaient liées au-dessus de leur table. L'absence de réponse fit froncer les sourcils de la blonde qui pressa délicatement les doigts fins de sa compagne.

« D'abord parce qu'elle fait un travail formidable et parce qu'elle mérite une promotion. Mais aussi parce que… »

« Regina ? » s'inquiéta Emma devant le malaise qui s'installait.

« Parce que je vais avoir besoin de plus de temps, parce que j'aimerais prendre plus de jours, notamment les vendredis ou les lundis pour pouvoir passer le plus de temps possible avec toi et Henry. »

Emma sentait ses joues rougir et des larmes remonter au coin de ses yeux mais les chassa d'un coup de tête.

« Tu… Tu serais prête à venir les week-ends à New-York pour nous voir ? » répéta la blonde d'une petite voix aiguë, toujours peu habituée à ces témoignages et ces preuves d'amour.

« Oui bien sûr… En fait… Je ne me vois pas ne pas le faire. » Elle serra un peu plus la main de sa compagne qui se trouvait toujours dans la sienne. « Cette fois, on ne passera pas à côté de nous, je te le promets. »

« Et si ça ne suffit pas ? Si deux ou trois jours par semaines ne suffisent pas ? Si les kilomètres te fatiguent trop ? Si tu… »

« Emma… » l'arrêta Regina tendrement. « Explique-moi pourquoi ça n'irait pas ? »

« Une demi-journée sans toi et tu me manquais déjà. C'est pathétique et ridicule, je le sais… Mais c'est vrai. Ça me fait peur parce que j'ai l'impression que ça prend trop d'importance et que si ça explose, je ne m'en relèverai pas. »

« Ca n'explosera pas. »

« Et si c'était le cas ? »

« Ca n'explosera pas » répéta Regina calmement. « On y arrivera Emma, je te le promets. Il faut juste savoir analyser la situation : j'ai mes obligations à Storybrooke et je ne peux pas quitter la mairie. Ton fils a son école à New-York, ses habitudes, ses amis et sa grand-mère. Après avoir gardé Henry si longtemps, ce serait injuste de l'éloigner d'Ingrid en un claquement de doigt. Puis tu as tes anciens amis là-bas aussi. »

« Mais on ne pourra pas rester indéfiniment comme ça. Je n'y arriverai pas si je ne te vois que les week-ends. »

« Non… Bien sûr que non Emma… On changera de situation plus tard mais là… C'est peut-être encore un peu tôt, non ? »

Emma baissa la tête à cette question, elle n'était pas réellement certaine d'être d'accord avec sa compagne. Mais était-ce raisonnable que de se plonger corps et âmes dans cette relation ?

« Oui » répondit-elle à la fois à la question de Regina et à sa propre question.

C'était raisonnable, parce que quelque chose au fond d'elle lui hurlait que la brune était la seule et unique personne avec qui elle voulait passer le reste de sa vie. Que les couples ne vivaient pas à des milliers de kilomètres mais bien ensemble, dans une jolie maison avec un jardin où son fils pouvait jouer tranquillement, dans une petite ville ou tout le monde se connait… Elle soupira à cette constatation et s'interdit d'espérer davantage sur ce qui pouvait se passer entre Regina et elle dans les prochains jours.

« A quoi tu penses ? » demanda la mairesse qui voyait les yeux de sa compagne s'agiter dans ses orbites tant elle semblait prise dans ses pensées.

« A la chance que j'ai de t'avoir » mentit-elle légèrement.

Elles commencèrent leur repas dans de meilleures conditions, échangeant sur la matinée de l'une et de l'autre. Et Regina eut un mal fou au moment de quitter le Granny, pas réellement prête à s'éloigner à nouveau d'Emma. Près de la mercedes et de la mairesse, elles échangeaient encore quelques mots.

« Et si tu venais avec moi cet après-midi ? »

« Tu ne travaillerais pas… »

« Tu pourrais m'aider… Après tout, on a besoin d'une nouvelle réceptionniste » dit-elle timidement en haussant les épaules.

« Je préfère que tu avances au mieux avec Rose jusqu'à Vendredi pour que tu puisses prendre le plus de vacances possible et qu'on profite toutes les deux. »

« C'est pas idiot comme raisonnement, effectivement… Qu'est-ce que tu vas faire du coup ? »

« Je vais rester ici… J'ai la sensation que Ruby a des milliers de choses à me raconter. »

La brune se mit à sourire, heureuse de voir Emma retrouver des personnes qui avaient compté pour elle durant son séjour à Storybrooke, mais gênée également de constater qu'elle avait encore peur de marcher seule dans les rues de sa ville.

Ses pensées furent interrompues par un tendre baiser d'Emma qui avait glissé sa main derrière sa nuque. Ses yeux se fermèrent automatiquement et déjà elle avait l'impression d'être dans un tout autre monde. Pourtant, la blonde semblait plus entreprenante et s'amusait à faire reculer Regina afin de la maintenir tout contre sa voiture. Une main plus douce se baladait sur ses courbes et toutes les bonnes résolutions de la brune s'effritèrent en une demi-seconde. Au diable la mairie, elle voulait rester là des heures.

« Emma... » supplia-t-elle presque entre deux baisers.

Cette dernière s'arrêta alors, consciente de ne pas avoir su retenir ses envies et de jouer avec celles de sa compagne.

« Je suis désolée » dit-elle en baissant les yeux, comme une enfant prise sur le fait.

« Je passe te chercher à la fin de ma journée ? » demanda-t-elle pour changer de conversation.

La blonde acquiesça silencieusement, rassurée de savoir qu'elle n'allait pas devoir rentrer seule ce soir. Elles s'embrassèrent doucement une dernière fois et déjà la mairesse s'éloignait à bord de sa mercedes.

Quand l'arrière de la voiture disparu au premier tournant, Emma sorti son téléphone de la poche arrière de son jean et s'arrêta quelques longues secondes sur le fond d'écran représentant son fils endormi. Elle avait pris la photo quelques jours avant le retour de Regina dans sa vie. Avait-elle le droit de bouleverser, encore une fois, la vie de son petit garçon ? Elle alla finalement dans son répertoire et cliqua sur le nom de la personne qui pourrait sûrement répondre à toutes ses questions.

« Hey… » dit-elle d'une toute petite voix après trois sonneries qui lui avaient paru interminables.