Bonjour à tous ! Fidèle au rendez-vous, voici venir le chapitre 37. Ca se précise vu qu'on entre enfin dans les célébrations de la Sainte-Olga :D Nouveaux personnages, course dans la foule... Je dois dire que j'aime bien ce chapitre, ça bouge un peu plus que les précédents.

Merci pour vos reviews sur le chapitre précédent, toujours accueillies avec un sourire jusqu'aux oreilles et lues avec plaisir et bonne fête à, toi Inkbox ^_^

Merci aussi à mon bêta-lecteur pour ses corrections (j'ai trouvé ce que tu voulais dire avec le "pas", il manquait en fait lol)

Voilà, je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve le 26 décembre pour le chapitre 38 !


Chapitre 37

« Bon sang… Qu'est-ce que je m'ennuie et qu'est-ce qu'il fait froid en plus. C'est à croire qu'ils veulent tous que je fasse une rechute. », songea Julia en s'enfonçant encore plus dans le col de son manteau, fait de la fourrure la plus chaude qui existe à Drachma, selon Natasha Bakov.

Il était 11h30 du matin passé et cela faisait environ deux heures que Julia, Kimblee et Alyosha assistaient au défilé sans fin d'une procession censée célébrer mais aussi commémorer la vie et l'œuvre de sainte Olga, patronne de Drachma. Cependant, et contrairement à ce que les deux invités d'Amestris avaient cru au départ, ils n'étaient pas destinés à suivre le cortège et ainsi profiter d'une promenade dans la ville, mais ils avaient au contraire été installés dans une sorte de tribune avec les autres notables invités par les autorités et avait donc dû subir plus qu'apprécier la procession, sans compter que l'inaction avait vite rendues les températures saisonnières insupportables. Et ce n'était pas le café qu'on leur avait servi une heure auparavant qui allait les réchauffer.

« Vivement la fin de tout ça que l'on puisse rentrer au chaud… N'importe où mais au chaud. », songea Julia avec amertume. Elle tourna ensuite son regard vers Alyosha, assis à sa gauche, et qui ne semblait pas se rendre compte du froid ambiant tant il appréciait le spectacle qui se déroulait devant ses yeux. « Évidemment, pour lui, ça doit être une habitude d'assister à cette cérémonie… Il doit trouver ça passionnant. »

Elle se tourna alors vers Kimblee qui avait quelque peu rabaissé son chapeau sur ses yeux et qui semblait lui aussi transi de froid. Un observateur peu attentif aurait pu croire qu'il dormait mais la jeune femme remarqua tout de suite que ça n'était pas le cas. Et elle put lire sur son visage une expression d'ennui en même temps que d'agacement.

« Je peux comprendre… », fit Julia en haussant discrètement les épaules. « Je me demande s'ils en ont encore pour longtemps. »

Ne voulant pas attendre la fin de la procession pour avoir sa réponse, elle se pencha vers Alyosha pour le lui demander, ce qui attira aussitôt l'attention de l'alchimiste assis à sa droite.

« Si ça sera encore long ? », répéta alors l'enfant à voix basse en haussant les sourcils de surprise. Le petit garçon avait décidé de prendre le risque de parler en public, malgré le fait que les "espions" de sa grand-tante devaient probablement se trouver à proximité pour surveiller le trio, et en particulier Kimblee. Il prenait le risque, sachant que de toute façon, il nierait s'être remis à parler, même si 50 personnes en témoignaient.

« Oui… Je ne te cache pas que je commence à trouver le temps long… sans compter qu'il fait froid. », expliqua Julia avec un petit sourire désolé.

« Je vois… Ne faites pas cette tête, je sais parfaitement que pour des personnes extérieures, cette cérémonie parait extrêmement longue et ennuyante mais c'est parce que vous ne possédez malheureusement pas toutes les connaissances liées à notre folklore. Et cela vous empêche de pleinement comprendre toutes les subtilités de l'histoire. », expliqua Alyosha en souriant gentiment.

« N'y a-t-il pas un moyen d'y échapper ? », demanda soudain Kimblee, comme s'il sortait de son hibernation. Il se redressa quelque peu sur son siège et se tourna légèrement vers ses deux compagnons, leur jetant un regard qui leur fit comprendre qu'il n'accepterait pas un "non" comme réponse, ce qui fit sourire Alyosha.

« On peut envisager de s'éclipser discrètement en effet, mais avant… », commença le petit garçon.

« Il faut se débarrasser des espions de ta grand-tante, je suppose. », termina Kimblee avec un sourire mauvais qui ne disait rien de bon sur ses intentions.

« Oh. Vous les avez remarquez ? », lui lança Alyosha avec amusement. « Vous êtes décidément très fort. »

« Ce n'est pas un hasard si j'ai survécu à la guerre, tu sais. », lui répondit Kimblee en relevant cette fois son chapeau de ses yeux où brillaient une lueur particulière, au souvenir du conflit qui s'était déroulé à Ishbal.

« Je veux bien le croire mais passons… Dans quelques instants, il va y avoir une sorte de pause dans la procession, le temps de mettre en place la scène finale qui va raconter la vie et le martyre de sainte Olga. », expliqua Alyosha avec agitation. « C'est toujours à ce moment-là qu'il y a du mouvement dans les tribunes et que les gens se déplacent pour se réchauffer ou aller parler à une connaissance qu'ils auraient aperçue. »

« C'est là que nous pourrons partir ? », demanda Julia, pleine d'espoir à l'idée de sentir à nouveau le sang circuler dans ses jambes.

« Oui, mais nous devrons faire vite afin de semer les indésirables. », conclut le petit garçon en reprenant un air sérieux.

« Au pire, je pourrai toujours nous en débarrasser. », lança Kimblee, de nouveau avec un sourire de prédateur ce que Julia remarqua immédiatement.

« Pas d'alchimie ! », lui lança la jeune femme tandis que l'alchimiste affichait un air médusé. « Je ne sais pas si c'est l'inaction ou le froid qui vous rendent comme ça, mais ne perdez pas tout sens des proportions ! »

Kimblee ne répondit pas mais afficha une moue boudeuse et se croisa les bras avant de se détourner de ses interlocuteurs ce qui les fit sourire, bien que l'on pût aisément voir qu'ils se retenaient surtout de rire, ce qui ne fit que mécontenter encore plus l'alchimiste.

« Combien de temps ? », demanda sèchement celui-ci, n'appréciant pas qu'on se moque de lui de cette façon.

« Dix minutes, tout au plus. Donc tenez-vous prêts tous les deux. », répondit l'enfant en reportant ensuite son attention vers la fin de la procession.

Ce laps de temps parut interminable aux deux invités d'Amestris mais quand enfin le dernier groupe quitta l'esplanade où se trouvait la tribune, ils surent que le bon moment était arrivé. Cependant, suite à un geste d'Alyosha, Julia et Kimblee suspendirent leur mouvement alors qu'ils étaient prêts à se lever.

« Quoi ? », demanda alors Julia en fronçant les sourcils.

« Les deux espions de ma grand-tante ont bougé… J'ai peur qu'ils se dirigent vers nous pour vous parler et donc nous empêcher de partir. », expliqua Alyosha en jetant des coups d'œil inquiets vers les étages supérieurs de la tribune.

« Aucune importance, nous partons. », dit alors calmement Julia en se levant, ce qui prit par surprise Kimblee et le petit garçon qui ne réagirent pas tout de suite. « J'ai dit "Nous partons"… Je refuse qu'un couple d'espions m'empêche de faire ce que je veux en venant tailler le bout de gras… »

Sur ce, Julia se dirigea vers la sortie d'un pas rapide. Kimblee et le petit garçon se regardèrent alors d'un air étonné avant de se lever également et de suivre la jeune femme qui les attendait déjà un peu plus loin. L'alchimiste fermait la marche et jetait des coups d'œil fréquents derrière lui pour être sûr qu'ils n'étaient pas suivis par les espions qu'ils avaient identifiés comme tel. Soudain, il mit sa main sur l'épaule d'Alyosha et se pencha vers lui.

« C'est ici que ta connaissance de la ville va nous être utile car nous sommes suivis. », lui glissa discrètement Kimblee d'un ton ferme.

« Et flute ! », jura Alyosha qui jeta un rapide coup d'œil dans la foule pour apercevoir les deux espions qui les suivaient discrètement mais pas assez pour échapper à l'œil vigilent de Kimblee. L'enfant s'arrêta un instant pour réfléchir et se situer dans la ville avant de reprendre sa marche d'un pas rapide. « Suivez-moi, nous n'arriverons à les semer qu'en nous perdant dans la foule. »

« Nous sommes déjà dans la foule. », lança Julia alors que le petit garçon la dépassait et que l'alchimiste arrivait à sa hauteur.

« Oui, mais elle est encore plus dense sur l'artère principale de la ville, à cause de toutes les échoppes. », expliqua Alyosha qui avançait de plus en plus vite entre les gens, toujours suivi de ses deux compagnons. « Par ici ! »

Et tandis que Kimblee jetait par intermittence des coups d'œil par-dessus son épaule pour vérifier la progression des deux personnes qui les suivaient, l'enfant les menait d'un pas sûr vers l'avenue principale de la ville qui était bondée en cette heure de la journée. Ils y débouchèrent assez rapidement et tandis qu'ils jouaient des coudes pour se fondre dans la foule et gagner une rue transversale, le temps de perdre leurs poursuivants, tout en essayant de rester ensemble, l'alchimiste constata avec un plaisir non dissimulé qu'ils avaient semé les espions envoyés par Natasha Bakov, et cela avant même de déboucher dans l'artère où s'étalaient, à perte de vue, des échoppes en tout genre.

« Je crois que c'est bon. », lança l'alchimiste alors qu'ils se trouvaient tous les trois réunis près d'une échoppe située un peu à l'écart et où peu de gens se trouvaient rassemblés. « Je ne les vois plus, nous avons dû les perdre. »

« Hé hé ! », ricana Alyosha en se frottant les mains et en affichant une mine plus que réjouie. « Ça servira de leçon à ma grand-tante. »

« Je suis plutôt surprise que nous ayons réussi à les semer si facilement. », dit alors Julia qui était restée silencieuse durant toute leur course mais qui devait reconnaitre qu'elle s'amusait assez de la situation. « Ne me dis pas que tous les espions de Drachma sont comme ça. »

« À vrai dire, je ne suis même pas sûr que ce soient de vrais espions… C'est ma grand-tante qui les envoie après tout. », répondit le petit garçon en haussant les épaules tandis que Julia levait les yeux au ciel à la réponse de l'enfant. « Bien, il est presque midi et toute cette course m'a donné faim. Venez, je connais un endroit où nous aurons la paix et où l'on mange bien. »

Et sans attendre de réponse de la part des deux adultes qui l'accompagnaient, Alyosha partit d'un pas décidé vers le nord de la ville, bientôt suivi par Kimblee et Julia qui échangèrent un petit sourire avant de reporter leur attention sur l'enfant afin de ne pas le perdre dans la foule.


À l'autre bout de la ville, dans l'immense salle des fêtes qui devait accueillir le soir même le grand dîner annuel de la Sainte-Olga, Natasha Bakov se démenait pour préparer un plan de table correct, dans la perspective de placer Julia avec des gens convenables afin d'éviter les incidents fâcheux. Elle avait d'ailleurs parlé le matin même à son frère pour qu'il garde à ses côtés, et avec son état major, l'alchimiste écarlate, ce qui la soulagerait d'un poids, tandis que Julia serait placée à ses côtés ainsi qu'avec des gens de sa connaissance qui sauraient se comporter comme il faut.

« Natasha ! Natasha ! », cria soudain une voix, non loin d'elle.

« Ania ? Que se passe-t-il donc ? », fit la quinquagénaire alors que son amie se dirigeait vers elle d'un pas rapide.

« Deux personnes sont là pour te voir, elles disent que c'est urgent. », répondit son interlocutrice en désignant un couple qui se tenait à l'entrée de la salle et qui affichait une mine désolée. En reconnaissant les deux personnes à qui elle avait demandé de surveiller le trio, le sang de Natasha ne fit qu'un tour, croyant déjà s'entendre dire qu'une catastrophe était arrivée. Aussi se dirigea-t-elle vers eux d'un pas rapide après avoir remercié Ania.

« Féodor, Irina ! Que faites-vous ici ? », demanda-t-elle sans même les saluer. « Quelque chose de grave est arrivé ? »

« Non, non… », commença Féodor en jetant un regard peu rassuré à son épouse. « Nous les avons juste perdus. »

« Comment ! », s'exclama Natasha en levant presque les bras au ciel et en se mettant à faire les cent pas de manière frénétique. « Mais c'est terrible ! N'auriez-vous pas pu être un peu plus prudents ? Je vous avais confié cette mission parce que j'ai la plus grande confiance en vous et vous venez m'annoncer que vous les avez perdus… Qui sait ce qui va arriver à présent… Oh par sainte Olga ! J'avais vraiment besoin de ça ! »

« Natasha ! », l'interrompit soudain Irina d'un ton ferme. « Vous êtes injuste. Nous vous avons rendu ce service parce que cette histoire semblait vous tenir à cœur mais n'oubliez pas que nous ne sommes pas des espions professionnels. Nous avons fait de notre mieux. »

« Oh… C'est vrai, pardonnez-moi tous les deux. », s'excusa immédiatement Natasha en portant une main à son front. « Je suis si nerveuse à cause du dîner de ce soir que j'en perds la tête. »

« Je vous en prie… », lui répondit Irina en plaçant sa main sur son avant-bras en signe de soutien. « Mais vous ne devriez pas vous inquiéter de cette façon. Nous avons eu l'occasion de les observer tous les trois et je doute que cette demoiselle soit en mauvaise compagnie avec cet homme. »

« Oui. », intervint alors Féodor, resté silencieux jusque-là tant il craignait le courroux de Natasha. « Ils semblent très liés mais leur relation semble emprunte d'un grand respect, sans compter que votre petit neveu semble bien s'amuser avec eux. »

Natasha soupira devant les déclarations de bonne foi de ses deux interlocuteurs mais elle ne changea pas d'avis pour autant sur Kimblee.

« Je ne demande qu'à vous croire mais qui sait comment il pourrait se comporter en privé, seul à seul avec mademoiselle Morton… », renchérit la quinquagénaire d'un ton presque mélodramatique. « Je ne veux pas prendre le risque. Et ce soir, ils seront séparés… D'ailleurs, excusez-moi mais je vais devoir vous quitter, j'ai encore tellement à faire. »

« Nous nous verrons ce soir dans ce cas. », lança Irina alors qu'elle entrainait déjà son époux vers la sortie.

« Oui, oui. Merci pour tout ! », leur lança alors Natasha, déjà repartie vaquer à ses occupations. Le couple sortit de la salle des fêtes et se dirigea de nouveau vers l'artère principale afin qu'il puisse eux aussi profiter de la fête qui se déroulait en ville. Pourtant, au bout d'un moment, Irina se retourna vers son mari qui affichait une mine préoccupée.

« Tout va bien ? », demanda-t-elle avec une certaine inquiétude car son époux ne tirait jamais une telle tête sans raison.

« Tu te souviens, il y a plusieurs mois, lorsque Natasha nous a parlé de l'arrivée de son petit neveu chez elle ? », dit-il à sa femme en la regardant dans les yeux.

« Oui, et alors ? », répliqua-t-elle en s'arrêtant de marcher afin de se concentrer sur les propos de son mari.

« Elle nous a bien dit qu'il ne parlait pas, n'est-ce pas ? », continua Féodor avec conviction. « Mais rappelle-toi tout à l'heure… Il n'avait pas l'air d'être muet pourtant. »

« Mais tu as raison ! », s'exclama son épouse en portant sa main à ses lèvres en un geste presque théâtral. « C'est à croire qu'il se moque d'elle. »

« Tu crois que nous devrions lui en toucher un mot ce soir ? », demanda alors Féodor.

« Non… D'abord rien ne dit qu'elle nous croirait et ensuite cette histoire semble plus compliquée qu'elle n'en a l'air… », expliqua Irina d'un ton neutre. « Après tout, cet enfant doit avoir une bonne raison pour ne pas adresser la parole à ses proches. Ne nous en mêlons pas, c'est préférable. »

« Oui… Sans doute. », répondit son époux, pas tout à fait convaincu mais préférant suivre le conseil de sa femme car une Irina en colère valait bien une Natasha Bakov hors d'elle, si pas deux.


Durant le moment où le couple avait constaté son échec et le moment où ils étaient allés prévenir Natasha Bakov, Alyosha avait mené Julia et Kimblee plus au nord, dans ce que les autochtones appelaient la vieille ville. Il s'agissait d'un quartier calme, composé de vielles maisons typiques de Drachma, tout ce qu'il restait de la ville primitive, avant qu'une base militaire ne vienne s'y installer et déforme quelque peu le paysage urbain pour le transformer en conglomérat de casernes et de maisons beaucoup plus modernes. Ils les avaient conduits, presque les yeux fermés, dans un dédalle de ruelles avant de pousser un cri de joie en apercevant l'enseigne d'une auberge où étaient représentés une ours et ses petits et où s'étalait une inscription en caractères anciens de Drachma.

« C'est ici ! C'est ici ! », s'écria l'enfant en sautant presque de joie et en collant son nez à la vitrine pour voir s'il y avait du monde à l'intérieur.

« Pourquoi ici plutôt qu'ailleurs ? », demanda Kimblee tout en observant d'un œil circonspect la façade qui semblait décrépite et qui portait les stigmates du temps autant que du froid.

« Parce que déjà, je veux vous faire goûter quelques plats typiques de chez nous et c'est ici qu'on sert les meilleurs mais surtout… », expliqua l'enfant en baissant soudain la tête. « C'est ici que je venais toujours manger avec mes parents quand on venait rendre visite à la famille. »

« Alors je suppose que ça fera l'affaire. », répondit simplement Kimblee en haussant les épaules et alors qu'Alyosha affichait de nouveau un grand sourire. Julia avait assisté à toute la scène sans rien dire et ne put s'empêcher de sourire devant la réaction de l'alchimiste à la demande de l'enfant de manger là plutôt qu'ailleurs.

« Vous appréciez cet enfant, monsieur Kimblee… Vous ne vous en rendez peut-être pas compte mais vous êtes de moins en moins capable de lui refuser quelque chose. », songea Julia avec un certain amusement.

C'est alors qu'elle constata que le petit garçon avait déjà pénétré à l'intérieur de l'établissement et que Kimblee, en parfait gentleman, lui tenait la porte pour qu'elle rentre à son tour, ce qu'elle fit en le gratifiant d'un petit sourire. Une fois à l'intérieur, la jeune femme fut happée par l'ambiance presque surchauffée de la salle principale et défit immédiatement le col de son manteau avant d'enlever ses gants. Elle regarda autour d'elle pour constater que l'ensemble était aménagé simplement, mais surtout que l'endroit semblait plus grand une fois que l'on rentrait étant donné qu'il s'étalait en profondeur. Plusieurs couples ou groupes de personnes étaient déjà attablés et regardèrent les nouveaux arrivants d'un œil curieux avant de retourner à leur repas ou à leur conversation. C'est alors qu'un cri se fit entendre en provenance d'Alyosha à la vue du patron qui venait les accueillir.

« Tonton Anatoli ! », s'exclama l'enfant en s'élançant dans les bras de l'homme, gaillard d'au moins deux mètres de haut, qui souleva le petit garçon au-dessus de sa tête tout en faisant résonner un rire impressionnant.

« Infernal garnement ! », lança le propriétaire de l'endroit, ignorant momentanément la présence de Julia et Kimblee qui étaient assez surpris de voir qu'Alyosha adressait aussi la parole à cet homme dont ils ne savaient rien mais que le petit garçon semblait bien apprécier, à la façon dont il venait de l'appeler. « Voilà des mois que tu es arrivé ici et ce n'est que maintenant que tu viens me rendre visite. »

« C'est que… j'ai été très occupé. », rétorqua l'enfant en tirant la langue à Anatoli qui repartit d'un rire tonitruant à faire trembler les murs. C'est alors qu'il se rendit enfin compte de la présence des deux étrangers qui se tenaient toujours en retrait, n'osant pas interrompre les retrouvailles entre les deux personnes. « Et ce sont ? »

« Mes invités ! », lança Alyosha avec fierté alors qu'Anatoli le reposait à terre. « Ils viennent d'Amestris et ils travaillent avec mon grand-oncle sur une opération militaire… Je te présente Solf J. Kimblee qui est alchimiste d'État et Julia Morton qui fait partie de l'armée. »

« Eh bien, ce n'est pas tous les jours que je reçois du beau monde. Je suis enchanté de faire votre connaissance. », leur dit le patron en leur serrant la main fermement. « Bienvenue dans mon établissement. Suivez-moi, je vais vous donner une de mes meilleures tables. »

Le géant les mena alors dans le fond de la salle et les installa dans une sorte d'alcôve où ils étaient à l'abri des regards indiscrets et où régnait une ambiance feutrée qui ravit le trio du fait qu'ils avaient encore en tête la sensation d'être constamment épiés par les pions de Natasha Bakov.

« Dis-moi un peu, "infernal garnement". », dit Kimblee à Alyosha une fois qu'ils furent tous les trois installés confortablement. « Tu ne crois pas que tu aurais pu passer sur la raison de notre présence ici ? »

« Ne vous en faites pas pour ça. », répondit le petit garçon en haussant les épaules. « Anatoli se moque bien de tout ce qui peut toucher à l'armée du moment que ça ne l'empêche pas de faire marcher son commerce. Et puis, maintenant qu'il sait que vous êtes avec moi, il ne vous créera aucun souci, vous pouvez me faire confiance. »

« Vous semblez très proches tous les deux. », lui dit alors Julia qui semblait se détendre au fur et à mesure que la conversation avançait, mais surtout se réchauffait avec plaisir. « C'est un parent à toi ? »

« On peut dire ça… C'est mon parrain et en même temps, il était un des meilleurs amis de mon père. », expliqua Alyosha avec un petit sourire. « Il a toujours été là pour moi… Alors vous comprenez aisément pourquoi je continue à lui adresser la parole. »

« Tout à fait. », fit Kimblee d'un ton neutre, soudain sur ses gardes, sans qu'il ne sache pourquoi. « Mais encore une petite précision… Tu comptes nous gaver de plats typiques alors que si j'ai bien compris, nous allons aussi participer à une grande réception ce soir… J'aurais préféré éviter de faire bombance le midi aussi… »

Alyosha gloussa et ne put s'empêcher d'afficher un petit sourire moqueur, du type même qui sait quelque chose que les autres ne savent pas :

« Je pense au contraire que ça vous fera le plus grand bien de manger en grande quantité maintenant parce que croyez-moi, il faut surtout éviter d'arriver le ventre vide à la réception de la Saint-Olga. »

Devant cette dernière réplique, très sibylline, Kimblee et Julia échangèrent un regard perplexe, tout en se demandant simultanément où ils avaient pu tomber et ce qui pouvait bien les attendre le soir même.