Bonjour à toutes! Bien tardivement, je sais, voici le chapitre 36. Heureusement que certaines d'entre vous m'ont relancée parce qu'en ce moment j'étais véritablement dans le coma...

J'espère que ce chapitre vous plaira. Il m'a donné beaucoup de fil à retordre et je n'en suis pas pleinement satisfaite. Comme souvent, j'ai la sensation de ne pas avoir su faire passer les émotions. Alors s'il vous plait, n'hésitez pas à me donner votre ressenti à cet égard. Vos avis sont tous les bienvenus!^^

Zign: La suite nouvelle est lààààààà!

Lylajulia: Je sais que je me répète souvent mais merci encore: tu m'as fait parmi les plus beaux compliments susceptibles d'être faits à quelqu'un qui écrit. ^^

Calimanga: J'espère que la dépression n'a pas frappé trop fort. Presque 6 mois après... y'a pas de mots pour me qualifier je sais... T_T" "je vais me flageller en tutu rose devant l'élysée, le corps recouvert de confiture de framboise"... là, j'avoue que tu m'as vendu du rêve... mais tellement!

Fanananonyme: Et voici celle qui m'a faite sortir du coma plusieurs mois après. Merci beaucoup pour ton adorable review qui m'a fait un bien fou. J'espère que la suite que tu appelais de tes voeux ne de décevra pas. Encore merci à toi et au plaisir de te relire très vite.

Bonne lecture à toutes!

Chapitre 36 : Lâcher prise

La petite créature incline légèrement la tête avant de regarder brièvement autour d'elle, visiblement étonnée du contexte dans lequel son Maître l'a appelée. Dans l'absolu, il aurait été préférable de la missionner pour qu'elle aille directement chercher Dumbledore ou Minerva afin que l'un d'entre eux puisse se charger de ces mangemorts en herbe les elfes affiliés au château sont magiquement entravés de sorte que leurs pouvoirs sont sans effet sur les sorciers y résidant. Mais il comprend en entendant un bruit d'étoffe déchirée, qu'il n'a plus le temps. D'un geste vif de la tête, un index rivé sur ses lèvres, il désigne à l'elfe l'origine du son. Le regard qu'ils échangent, aussi furtif soit-il, l'informe sur ce qu'elle a pu entrevoir dans ses yeux d'encre.

Il sait qu'elle a compris. Au moins sur le principe.

Sans plus attendre, elle sort de sa cachette et se montre au petit groupe.

- Nom d'un troll des montagnes ! s'indigne la créature quand ses gros yeux globuleux se posent sur la scène qu'il n'a pour l'instant qu'imaginée.

- Merde !

Ils sont plusieurs à s'exclamer tandis que la gravité de leur situation, s'ils tardent à prendre leurs jambes à leurs cous, les frappe de plein fouet. La silhouette de Zabini est la première à détaler en direction de la sortie.

- C'est qu'un elfe bon sang ! Revenez !

Il reconnait la voix de Drago enjoindre aux autres de passer à l'offensive. Tandis que Crabbe prend tant bien que mal la fuite en s'échinant à remonter son pantalon, ses acolytes courent en direction de la sortie.

- Merde ! lâche de nouveau le gamin avant de se résigner à suivre le mouvement.

Evidemment, personne ne s'est attaqué à Zini et surtout pas lui. Il aurait été trop facile d'identifier sa signature magique à partir d'un sortilège qu'il aurait lancé. Tout imbécile qu'il est, il n'aurait jamais laissé derrière lui une preuve aussi accablante.

Les yeux toujours rivés sur la petite silhouette de l'elfe, il tente de jauger l'amplitude du nouveau séisme qu'apercevoir ce que lui cache l'étagère qui les sépare génèrera en lui. A en juger par l'expression qu'affichent les pupilles monstrueuses, immobiles et presque révulsées d'horreur, lui comme son estomac, ne sont pas très sûrs d'avoir envie de s'y confronter ce soir.

Malgré tout, mû par une sorte de mécanisme instinctif, il s'avance de quelques pas hors de la pénombre. Il sent son ventre se soulever d'anticipation alors qu'il devine la silhouette affalée sur le sol. Sans lui adresser le moindre regard, il interpelle l'elfe.

- Dépêche-toi d'aller avertir le directeur ! Dis-lui que nous devons nous voir au plus vite dès qu'il pourra s'éclipser de la fête. On ne peut pas prendre le risque que ça recommence.

La créature semble avoir toute la peine du monde à arracher son regard de la jeune femme et lorsqu'enfin elle se décide à le poser sur lui pour lui répondre, il a la désagréable sensation d'y lire un mélange de détresse et de reproches.

- Bien, se contente-t-elle d'asséner d'un ton presque accusateur avant de disparaitre dans un POP sonore.

Il n'a pas besoin d'entendre ses remarques ! Le simple fait qu'il n'arrive pas à se résoudre à détourner son regard sur « elle » alors qu'ils sont pourtant seuls à présent, en dit long sur son état d'esprit. Pourquoi n'arrive-t-il pas à la regarder ? Il sent sa trachée se serrer et ses phalanges se crisper.

« Tu as peur de ce que tu pourrais voir ? »

Elle est vivante. Il l'entend respirer. De quoi pourrait-il bien avoir peur ? Les carnages sont son lot quotidien. Pas plus tard que ce soir et à cause d'elle d'ailleurs…

« Tu as peur de voir le résultat de ton obsession ? »

Un mouvement sur sa droite attire son regard malgré lui et avant de le réaliser, les obsidiennes se sont posées sur la silhouette débraillée à terre. Elle vient de rabattre les pans de son chemisier sur sa poitrine d'une main, de l'autre, elle maintient fermement sa jupe baissée. Il réprime une exclamation désapprobatrice avant de remarquer que ses pupilles à elle, sont fuyantes.

Elle a honte… Evidemment qu'elle a honte !

Les cheveux fous, recroquevillée contre une étagère d'où sont tombés quelques ouvrages éparpillés autour d'elle, elle frissonne misérablement.

Quelque chose gronde au fond de lui quand il aperçoit sur sa joue, le reflet d'un sillon séché. Sa mâchoire se crispe alors qu'il imagine les responsables de son état enserrant ses poignets, essayant de s'approprier ce qui ne leur appartient pas… Les marques violacées sur ses chevilles et sur ses bras confirment ce qu'il pensait : ils n'ont pas eu recours à la magie pour l'immobiliser. Prouver qu'il s'agissait bien d'eux sans avoir à révéler qu'il était le témoin délateur risque de s'avérer compliqué.

Il peut voir que l'inspection dont il la gratifie l'incommode. Elle resserre un peu plus son poing tuméfié sur le tissu de sa chemise et les yeux sombres sont alors attirés par la pierre noire qui luit à son annulaire.

Une colère sourde l'envahit instantanément.

Pas maintenant ! Ce n'est pas le moment…

Avec un sifflement condescendant, il s'approche lentement et s'accroupit pour ramasser le morceau de tissu blanc qui git sur le vieux dallage en damier. Les pupilles cannelle s'efforcent de fuir sa présence le plus possible. Les sourcils légèrement froncés, elle fixe un point bien au-delà du sorcier, au-delà de la réalité.

Irrité par son comportement alors même qu'elle ne peut pas empêcher ses mains de trembler, il se redresse et, enjambant les tibias nus de la jeune femme, lâche sur ses genoux, la petite boule de coton. Les pupilles toujours rivées sur les pierres grisâtres, ses paupières papillonnent légèrement et il aperçoit une rangée de dents se planter durement dans sa lèvre inférieure tandis que ses doigts frémissants se referment sur sa petite culotte. Son estomac proteste lorsqu'il voit son menton commencer à trembler sous l'épaisse masse de cheveux qui cache la moitié de son visage.

Pourquoi a-t-il fallu qu'il refuse de suivre les recommandations du vieux fou ?

- Viens ! intime-t-il en prenant garde de chasser toute trace de colère de sa voix.

Il tourne les talons et attend.

Elle reste un moment immobile et il peut sentir son regard brûler son dos. Qu'elle soit encore en état de choc ou qu'elle soit simplement en train d'hésiter à le suivre, il sait d'instinct qu'il ne doit pas se retourner sous peine de la voir se replier de nouveau sur elle-même. Il tâche de réprimer chaque indice trahissant l'impatience dans ses gestes, attendant qu'elle se remette sur ses pieds, tant bien que mal. Il ne l'aidera pas, ne la touchera pas. Non seulement il n'est pas homme à ressentir de l'empathie et encore moins à en manifester pour ce genre de choses, mais en plus, il n'est pas convaincu qu'un contact soit, en cet instant, une idée lumineuse…

La traversée du labyrinthe menant aux cachots est plus rapide encore que celle des couloirs du deuxième étage. Il jette de temps à autres un regard par-dessus son épaule pour s'assurer qu'elle le suit. Son nez à elle semble désespérément vouloir creuser un trou dans le sol.

Lorsque la porte de ses appartements se referme dans son dos, il sent le self-control qu'il s'est efforcé de conserver jusqu'alors lui échapper. S'adossant contre son bureau dans une attitude mécanique qu'elle commence à bien connaître, il enfonce lentement le bout de ses doigts dans le bois dur à mesure que son regard fixe s'empare de nouveau du spectacle pathétique qu'elle lui offre. Plus elle lui apparait misérable, plus le calme lui manque. Son chemiser est de nouveau fermé jusqu'au dernier bouton mais ses dessous sont toujours roulés en boule dans son poing serré. Les prunelles vides et rivées sur un point à mi-hauteur entre l'épaule de son vis-à-vis et ses yeux noirs, elle n'arrive plus à feindre cette contenance qu'il déteste au moins autant qu'il déteste la lui voir perdre. Son échine est voûtée, son regard fermé.

Peut-être devrait-il s'en réjouir…

Pourtant, cette seule pensée suffit à le mener au bord de l'explosion.

Une flopée d'injures et de reproches tous plus aberrants les uns que les autres assaillent son esprit. Mais… à quoi lui servirait-il de lui poser de vaines questions ? A quoi cela rimerait-il de lui demander pourquoi elle ne se trouvait pas avec les autres quand lui-même n'a pas su le lui imposer ? A quoi bon savoir si elle a reconnu ses agresseurs alors que lui, a eu le loisir de les identifier un à un tandis qu'ils officiaient ?

Sans un mot, sans une inspiration, avec une sérénité apparente presque effrayante, il contourne le bureau et tire du premier tiroir un écrin effilé qu'il dépose sur le livre ouvert devant lui.

- Demain, nous commencerons ton instruction.

Sa voix est si posée que ça le surprend lui-même.

- Non, murmure-t-elle alors qu'il ouvre le boitier.

Les yeux bruns sont figés sur le velours bleu nuit dans lequel repose une baguette de bois clair.

- Non ? s'entend-t-il répéter d'une voix dangereusement basse.

- Non, réitère-t-elle légèrement plus fort.

Ce n'est pas cette résolution farouche qu'il lit dans ses yeux. C'est de la peur. Alors pourquoi se sent-il si proche de l'explosion ?

L'éclat noir à son annulaire tremblant accroche son regard et il sait qu'il ne pourra plus se retenir très longtemps.

- Pourquoi tu ne l'as pas retirée ? interroge-t-il en pointant l'anneau à son doigt.

La question sonne presque comme une accusation.

- Vous auriez préféré que vos chérubins se rendent compte de la supercherie ? lâche-t-elle avec un aplomb déplacé.

Il ne le supporte pas. Il ne supporte ni la remarque ni le ton de sa voix. Essaie-t-elle d'insinuer que c'est de sa faute pour lui avoir imposé de porter ce sceau ?

- Ils savent surement déjà tous ce que tu es… Pourquoi ne l'as-tu pas retirée ?

De nouveau son regard fuit. Il ne comprend pas ce qui aurait pu l'empêcher de se débarrasser de l'anneau. Même les mains entravées, elle aurait tout à fait pu le faire glisser le long de son doigt si elle l'avait voulu…

Soudain, c'est comme si la foudre venait de le transpercer.

- Donne-la-moi ! ordonne-t-il d'une voix sourde en tendant sa main, paume vers le haut.

Elle esquisse un mouvement de recul, les sourcils légèrement froncés.

C'est bien ce qu'il pensait…

Comment ose-t-elle ? Comment a-t-elle pu en arriver là ?

- Il t'aurait simplement suffi d'enlever cette fichue bague pour que la peur qui émane de toi prenne le relais et les tienne à distance, siffle-t-il la voix à peine plus élevée qu'un murmure.

La lenteur de ses pas tandis qu'il s'avance vers elle semble accroitre son angoisse. Les yeux bruns virent à droite et à gauche en quête d'une sortie de secours… qu'il verrouille d'un simple mouvement de la main.

- Rends-la-moi !

Voilà donc pourquoi elle n'avait jamais rechigné à la porter.

- Dépêche-toi ! la tance-t-il alors qu'il n'est plus qu'à une poignée de centimètres.

La voilà qui se dresse alors de toute sa stature pitoyable, le regard à nouveau dur, les mains résolument cachées dans son dos.

Un sifflement s'échappe d'entre ses dents serrées. Elle devrait comprendre l'avertissement… non. Elle l'a compris. Elle sait qu'il ne plaisante pas… C'est bien le signe qu'elle non plus.

D'un sortilège informulé, il enferme la pièce dans un assurdiato puissant. Il n'en est plus à un stratagème sordide aujourd'hui…

- Tu es sûre ? ronronne-t-il d'une voix pourtant glacée.

Il peut voir son propre reflet dans les prunelles brunes… son reflet déformé par la peur qu'il lui inspire.

Elle n'échappe pas le moindre son alors qu'il continue d'avancer sur elle, mais maintenant qu'il se tient à une distance que la bienséance réprouverait pour une jeune femme si peu vêtue, il n'a aucun mal à percevoir les vibrations de son corps. Ses jambes peinent à la tenir debout.

Il doit la pousser à remettre en place sa barrière… Peu importe les moyens… Ca ne doit jamais se reproduire !

Il fait rapidement barrage au souvenir des larmes chaudes humidifiant son cou, du poids de sa tête contre son torse, de ses cheveux fous qui chatouillant sa nuque et se demande pendant une seconde si elle sera de nouveau capable de recréer le contact aussi naturellement après ce qu'il s'apprête à faire.

Cette simple pensée amplifie le soubresaut de rage silencieuse qui agite son estomac et la gifle qu'il lui envoie la cloue au sol.

Le cri qu'elle laisse échapper au moment du choc nourrit le brasier de colère sourde mêlée de frustration qu'elle a fait naître en lui. Pourquoi se sent-il aussi lamentable ?

A-t-elle la moindre idée de ce qu'il a dû faire ce soir pour arriver à temps ? Pour les empêcher de mener à bien leurs desseins ? De la triste besogne dont il a dû s'acquitter ?

Face contre terre, elle se contente de ramener sa main sous son ventre… pour tenir le bijou hors de sa portée.

- Comment peut-on avoir si peu de fierté avec un pareil port de tête ? crache-t-il méprisant.

Excédé par le geste de la jeune femme, il revoit la soirée qu'il a passée se jouer dans sa tête. Pourquoi diable s'être fait violence avec cet enfant agonissant quand cette gamine sans cervelle s'acharne à détruire ce qui reste de sa triste existence ? Cela n'a pas de sens ! Par certains aspects, elle agit comme la bande au Garçon-qui-a-juré-de-l'emmerder-chaque-jour-que-Dieu-fait !

Il aperçoit un œil humide le toiser à travers la broussaille fauve et le regard du gamin borgne qu'il a achevé vient ajouter à sa furie.

Elle ne veut pas capituler ? Très bien !

Il lui a fallu moins d'une poignée de seconde pour enjamber le corps tremblant et la saisir rudement par les cheveux. Une nouvelle plainte agresse ses tympans et raisonne dans sa poitrine tandis qu'il observe sa petite main droite se resserrer avec force sur la gauche, cachant la pierre à sa vue. Il la retourne sans ménagement et s'accroupit au-dessus de ses hanches. Les paupières étroitement closes, elle a détourné la tête, maintenant le sorcier hors de son champ de vision.

- Tu ne vas pas pouvoir fuir cette réalité-là non plus, marmonne-t-il en tirant si fort sur la boutonnière de son chemisier qu'une large bande de tissu reste entre ses doigts.

Ses yeux se sont soudainement ouverts et clignent plusieurs fois lorsqu'il se débarrasse de son soutien-gorge avec la même délicatesse. Un jappement de douleur lui échappe quand une bretelle claque sur sa peau et immédiatement ses bras se referment sur sa poitrine.

- Qu'… qu'est-ce que vous faites ?

La voix est étranglée, méconnaissable.

Elle n'a pas besoin qu'il lui fasse un dessin.

Il se dégoûte.

Elle le dégoûte de l'obliger à en arriver là.

Par l'enfer ! Il pourrait la tuer ! Là, maintenant !

- Je prends la suite, lâche-t-il sobrement en s'attaquant à la boutonnière de sa jupe.

Sa voix est une caresse répugnante qui contraste horriblement avec le chaos bouillonnant en lui.

- Non…

Le son est si faible qu'il n'est pas sûr qu'elle ait vraiment prononcé le mot. C'est lorsqu'elle tente pour la première fois d'entraver ses gestes qu'il commence à percevoir un embryon de réaction.

- Non !

- Non ?

- Vous… ne ferez pas ça…

Essaye-t-elle de se donner un air convaincu ? Les yeux remplis de larmes et la voix chevrotante ?

Pris d'un nouvel accès de rage face au spectacle insoutenable qu'elle lui offre, il approche son visage si près du sien que leurs nez s'effleurent.

- Regarde-moi bien ! conseille-t-il. Regarde-moi bien et si tu penses que je n'irai pas jusqu'au bout, réfléchis encore !

Les ongles qu'elle enfonce dans son poignet ne font que l'agacer davantage et alors qu'il passe sa main sous l'étoffe froissée de la jupe, il la sent se raidir encore davantage. Elle déglutit et commence à se tordre en tous sens pour tenter de lui échapper, sa respiration affolée. Pour autant, son poing gauche demeure étroitement fermé, scellé contre sa poitrine.

Lâche prise !

Avec une sensation de nausée croissante, il commence à défaire la boucle de ceinture de son pantalon.

L'effet est immédiat. Elle se contorsionne comme un vers insignifiant sous un soleil trop aride et commence à geindre vainement, ses larmes roulant désormais de façon désordonnée sur son visage.

- Non ! NON ! Je ne veux pas !

La femme rigide a cédé la place à la fillette terrifiée.

Il se sent à deux doigts de vomir et la maudit davantage encore.

Il est à deux doigts de la briser définitivement.

Son ire s'amplifie.

- Tu ne veux pas… mais tu ne tentes rien de sérieux pour m'en empêcher.

Du ton suave de sa voix à ses doigts maigres enfoncés dans la chair brune qu'il maltraite, il déteste tout de lui.

Merlin ! Il devient de plus en plus faible, de plus en plus irréfléchi. Il a risqué sa couverture pour la sortir du pétrin ce soir… sa vie… et cette garce…. Cette garce n'en fait aucun cas ! Cette garce avec ses œillères, le renvoie sans cesse à ce qu'il y a de plus abject en lui.

Sans la moindre délicatesse, il se place entre ses cuisses et ramène rudement ses fesses vers son bassin en la traînant à même le parquet, égratignant sa peau au passage.

Les gémissements se sont mués en sanglots terrifiés. Il sent tout son corps tirer vers le haut alors qu'il peine à la maintenir en place.

- Pitié, souffle-t-elle entre deux hoquets.

Même s'il a conscience de toucher au but, il sait déjà qu'il ne pourra pas lui pardonner ce qui s'est passé ce soir… il ne pourra jamais se le pardonner à lui non plus.

- Si tu en es à m'implorer pour ta virginité, abandonne cet ego inutile qui t'empêche d'avancer !

- S'il vous plait…

- Repousse-moi réellement ! De toutes tes forces !

- Arrêtez...

- Fais-la sortir ! finit-il par crier en emprisonnant ses poignets au-dessus de sa tête. Allez !

Il sent ses cuisses tremblantes se contracter contre ses hanches tandis qu'il tente de lui arracher sa dernière reddition.

- Tenter de l'étouffer ne fera pas disparaitre la sorcière qui est en toi…

Le regard suppliant qu'elle lui adresse lui donne le vertige l'espace d'une seconde et quelque chose se serre insupportablement dans son ventre.

Elle a arrêté de se débattre.

Il attend, immobile et le souffle court, son propre coeur battant à ses oreilles, que les spasmes se calment et que les larmes cessent de couler... et lorsque ses doigts trouvent la main de la jeune femme à laquelle est arrimée l'anneau, il n'a aucun mal à le faire glisser le long des phalanges fines.

Je m'attends un peu à tous types de réactions à la suite de ce chapitre et même à en dégoûter plus d'une. Mais j'aime ce Severus qui ne sait pas être autre qu'un salopard même avec les personnes qui, d'une manière ou d'une autre, lui sont importantes. Ce Snape qui n'a pas besoin de légitimer son caractère et son comportement par je ne sais quel traumatisme subi durant sa vie d'espion ou son enfance. J'ai pris des libertés, j'en ai conscience. J'attends le couperet...

Au passage, le prochain chapitre de STOM est pour les jours à venir si jamais certaines sont intéressées! ^^