Hello la marmaille ! Je vous ai manqué ? :D
J'espère que oui ! Je vous apporte le nouveau chapitre !
Petite annonce importante ! C'est aujourd'hui les un an de ma fiction ! Et oui, il y a de cela un an jour pour jour je publiais le premier chapitre de cette fiction ^^ Et j'ai pas encore fini ah ah !
Alors, comme il se doit, souhaitons-nous à tous et à toutes un JOYEUX ANNIVERSAIRE A NOUS TOUS ET A TOUTES ! :D Car sans vous, je n'aurai jamais pu faire tout ca ^^ Vous avez été pour moi une source d'inspiration (à votre insu, cela va de soit xp). Avec vos reviews, vos encouragements, vos RP complètement déments et vos crises de folie contagieuses, vous m'avez aidée et soutenue. Vous ne pouvez pas savoir à quel point vous m'avez fait tenir bon, aussi bien dans l'écriture de cette fiction, que dans la vie réelle. Et je tenais à vous dire MERCI !
Applaudissez vous, vous l'avez bien mérité ! ^^
Un petit clin d'œil à ma chère Eldeya, fidèle depuis le tout début et première à m'avoir envoyé une review )
CHOD17 : Allons à la chasse au Jack xp Merci pour la review, en espérant que la suite te plaira autant ^^
Sur ce, régalez vous ^^
La nuit. Toujours et encore. Le noir quasi-complet avec pour seule lumière, une petite bougie rondelette qui parait la pièce de ses dernières couleurs. La cire arriverait à son terme dans peu de temps et plongerait l'unique personne présente dans une obscurité à la fois protectrice et étouffante.
Swann, Sophie, numéro huit. Peu importait son nom. Peu importait qui elle était réellement à cet instant. Tout ce qu'elle savait, était qu'il était maintenant hors de question pour elle de sortir d'ici.
Une fois ramenée dans son foyer de ténèbres par les ombres, Pitch l'avait réconforté dans son malheur. Effrayée et fatiguée, elle s'était laissée bercer par les paroles rassurantes de l'homme en noir en laissant couler les larmes qu'elle n'avait pas encore laissées s'échapper. Elle commençait seulement à se calmer lorsque le Croque-mitaine l'avait raccompagnée dans sa « chambre ». L'absence d'un habituel cliquetis de la clé dans la serrure ne la fit pas réagir. Elle avait passé les heures qui suivirent au milieu du lit, repliée sur elle-même. Les jambes rabattues vers la poitrine, entourées de ses bras et le menton posé sur ses genoux. Sur son visage était figé un regard si vide d'émotions qui montrait cependant un épuisement considérable, aussi corporel que mental.
Le peu de chaleur que lui procurait la petite flamme s'amenuisait avec la taille de la mèche déjà à sa fin. Le regard de l'adolescente parcourut sans grand intérêt la salle, tentant de se convaincre que vivre ici ne serait pas si mal après tout. Elle s'allongea lentement sur le côté sans prendre la peine de se glisser sous les minces couvertures. Elle observa la lumière devant elle rétrécir pour finalement disparaître alors qu'une ultime perle salée roula sur son visage. Elle ferma les yeux et se laissa enfin entraîner par l'appel des rêves ou des cauchemars, peu lui importait.
La dernière larme que la jeune fille s'était accordée avant de sombrer dans le sommeil quitta sa joue pour s'écraser sur l'une de ses mèches brunes. Durant quelques secondes, rien ne se produisit. Mais ensuite, au contact des cheveux, la minuscule quantité de liquide se mit à scintiller d'une lueur voilée et apaisante. Inconsciemment, l'endormie se détendit et ses muscles se relâchèrent. C'est alors que la couleur sombre de la mèche sembla absorber la lumière de la goutte qui fondit d'elle-même. L'éclat la parcourut de la pointe jusqu'à la racine. La chambre fut éclairée plus fortement que par la bougie précédemment allumée, chassant aisément les ombres des lieux qui n'étaient pas hors de portée. La chambre baignait dans un halo bleuté tel qu'on en connaissait les soirs d'été où il n'y avait aucun nuage dans le ciel.
Pourtant la lumière commença à vibrer sur les murs. Des flux lumineux se disputaient l'espace avec un flot de noirceur prenant forme dans le néant. Lumière et ténèbres luttaient l'un et l'autre pour s'approprier le plus de terrain sur les cheveux touchés, et indirectement, dans la chambre entière. Et si les yeux d'un éventuel spectateur étaient assez perçants, ils auraient pu déceler la bataille silencieuse et presque invisible qui se déroulait dans la pièce. Vers la moitié de la mèche de cheveux atteinte, toute proche du coup de la jeune fille, le châtain, aidé par la lumière et le brun, soutenu par les ombres se disputaient pour recouvrir l'ensemble des tifs devenus bicolores.
Mais même sans un bruit, cet étrange phénomène ne se limita pas à la chambre qu'il couvrait de ses couleurs. L'énergie dégagée attira plus que le regard d'un improbable passant dans le coin.
La silhouette d'un homme se distingua subitement des ombres et s'approcha lentement du lit. Son air d'abord curieux se tordit de plus en plus en un rictus contrarié au fur et à mesure qu'il avançait. Il se plaça près de la couchette et observa avec horreur la lumière blanche prendre peu à peu le dessus sur son opposé.
Cela ne pouvait pas se produire. C'était impossible ! Elle n'était pas censée rejeter ses pouvoirs…En tout cas pas dans son état. Elle n'était même pas un esprit ! Elle n'était que…qu'une humaine ordinaire et sans le moindre intérêt, si ce n'était ses peurs les plus intenses et la valeur qu'elle prenait chaque fois que cette même frayeur augmenter sa force.
L'obscurité se fit de nouveau reine dans la pièce alors que Pitch découvrait les cheveux de l'adolescente à nouveau coloré de châtain, arborant leur couleur d'origine. Son visage n'affichait plus que consternation et rage. Il lâcha un cri en disparaissant dans le sol aussi foncé que sa tunique. Son hurlement fut comme étouffé lors qu'il quitta les lieux, mais laissa son écho présent pendant un bref instant. Pourtant, ce dernier fut loin de réveiller la jeune fille dont l'esprit avait déjà fuit loin de là. Et pour la première fois depuis longtemps, elle rêva…
oOo
Elle se sentait légère. Comme si elle flottait oui, mais aussi bien plus que cela. L'air semblait moins étouffant, et plus accueillant. C'était idiot puisque l'air n'était pas censé partager d'émotions. Ou peut-être que si après tout.
Une grande lumière traversa ses paupières, mais lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle ne se sentit pas éblouie pour autant. Un halo clair l'entourait sans qu'elle ne puisse en déterminer l'origine. Il n'y avait rien d'autre aux alentours. Et à bien y regarder, il n'y avait vraiment rien. Pas d'horizon, ni de plafond, et même le sol manquait à l'appel. Elle lévitait sans trop savoir comment. Mais au lieu de paniquer, elle ressentit une chaleur l'enivrer tel un voile invisible, doux et protecteur. Elle ferma à nouveau les yeux pour profiter encore quelques secondes de ce sentiment de sécurité. Mais le rayonnement se fit plus intense. Elle cligna des paupières en apercevant la provenance de ce nouvel éclaircissement. L'impression que des milliers de poussières d'étoiles s'étaient rassemblées en une sphère lumineuse. Elle n'était pas gigantesque mais sa taille restait tout de même impressionnante.
La jeune fille y perçut un mouvement, se détachant du reste de ce globe phosphorescent pour s'avancer vers elle et dont le scintillement se montrait presque imperceptiblement plus fort. Elle pensa être victime d'une hallucination lorsqu'elle vit que ce scintillement avait la forme floue d'une main, et dont le bras était plus long qu'elle ne l'aurait cru.
Un deuxième fit son apparition. Et contre toute attente, plus ils se rapprochaient, plus l'adolescente se sentait apaisée. Ils l'enveloppèrent bientôt, et la ramenèrent à eux comme pour l'étreindre tendrement dans ce cocon de lumière.
Elle n'avait plus peur.
oOo
Dimanche 14 avril 1968…
Il n'y avait que très peu de choses pour déplaire à Bunny…Vraiment déplaire ! Les réunions que Nord s'entêter à tenir et qui ressortaient plus comme une pub pour la supériorité de la fête de Noël à celle de Pâques. Les imbéciles pensant une seule seconde pouvoir s'en prendre aux enfants, source de pouvoir, d'inspiration mais particulièrement source de vie à ses yeux. Ainsi que les idiots qui se mettaient en travers de son chemin. Et c'était le cas aujourd'hui.
Le lapin géant se déplaçait à vive allure dans ses tunnels. Une bonne partie de ses œufs avaient déjà été envoyés vers leur destinations en Amérique, mais déjà, un inconvénient montrait le bout de son nez. Étant un esprit printanier, le Gardien avait quelques contacts parmi ceux de la saison identique à la sienne. Chez ses semblables, plusieurs l'avaient averti de la présence indésirée d'un incertain garçon aux cheveux trop blancs pour son âge physique, qui serait lié à l'apparition d'une masse importante de neige dans la région Sud-Est du Canada. Autrement dit Burgess, et surtout, Jack Frost !
Il sortit rapidement des galeries, trouvant la cité et ses environs sous les coups d'une tempête de neige qui avait été anormalement forte à cette période de l'année. Il découvrit avec effroi le paysage d'ordinaire si chaleureux et accueillant de Burgess, quand on oubliait les températures habituelles du Canada, sous un froid polaire et dont la plupart des foyers étaient presque entièrement recouverts d'un épais manteau blanc. Ce ne fut pas long avant qu'il aperçoive, au milieu de ce désastre, une silhouette flotter à quelques centimètres du sol et s'y poser.
-FROST ! hurla-t-il, plus pour évacuer sa frustration que pour se faire entendre.
L'adolescent se retourna brusquement pour lui faire face.
-Bunny ? fit-il d'une voix abattue mais portant tout de même un soupçon d'espoir.
Le lapin eut une certaine satisfaction en voyant l'effet que son agressivité apparente provoqua chez le garçon. Ce dernier recula de quelques pas et perdit le peu de conviction qu'il avait dans les yeux, mais le Gardien ne comptait pas le laisser partir avant de lui avoir dit ses quatre vérités à cette espèce de gamin sans cervelle. Et s'il n'était pas au bord d'une crise de nerfs, il aurait sans doute remarqué les quelques larmes que le jeune homme tentait tant bien que mal de retenir à ce moment là.
oOo
De nos jours…
Dans l'une des chambres-infirmerie de l'atelier du Père Noël, les esprits de Pâques et de l'Hiver se tenaient l'un en face de l'autre depuis quelques secondes déjà. Mais le bref silence qui s'installa mit mal à l'aise le jeune homme. Jack avala bruyamment le peu de salive qu'il avait. C'est à cet instant qu'il se rendit compte à quel point sa gorge était sèche, l'incommodant un peu plus encore.
Que voulait lui dire Bunny ? Se plaindre du comportement irresponsable qu'il avait adopté une fois de plus ? Du caractère insolent dont il avait fait preuve lors de leur dernière dispute ? Il espéra sans y croire, que cela ne concernerait pas la façon terriblement absurde dont il s'était fait avoir par Pitch…encore. Peut-être que le lapin l'avait empêché de partir pour lui faire une dernière leçon de moral, impliquant son inaptitude à être un Gardien, avant de le renvoyer dans le monde extérieur, seul. Oui, c'était bien probable. De toute manière, il devait toujours se préparer à tout. Tout entendre, tout voir, tout sentir… Tout faisait moins mal lorsqu'on s'y attendait.
Il n'arrivait pas à penser correctement. Chacun de ses sens le poussait à décamper dès que l'occasion se présenterait. S'attendre à tout ne signifiait pas forcément être prêt, et encore moins le vouloir. Dans un coin de sa tête, il savait parfaitement que Bunny ne lui ferait pas de mal. Mais l'absence de son bâton, objet précieux avec lequel il avait sauvé sa sœur d'une mort certaine, se faisait cruellement ressentir. Il ne le désirait pas pour blesser qui que ce soit, mais il serait déjà plus tranquille avec. Comme un bouclier, une défense. Sans lui, il ne pouvait utiliser ses pouvoirs, il se sentait nu et totalement vulnérable. Peu importe qui se trouvait devant lui.
L'Esprit de Pâques cherchait ses mots. Il n'était pas très doué pour ce genre de choses. Jack était là, il lui avait clairement fait comprendre qu'ils devaient avoir une discussion importante et malgré le peu de volonté que l'éternel adolescent arborait, il ne cherchait pas non plus à fuir par tous les moyens…
Pour l'instant. s'obligea à penser Bunny, prêt à l'éventualité.
Le plus jeune détourna finalement les yeux, fixant inconsciemment la seule fenêtre de la pièce. Elle donnait sur les vastes étendues de neige, mais la disparition progressive du soleil ne tarderait pas à plonger l'extérieur de la demeure dans l'obscurité. Ce n'était pas le paysage le plus accueillant, mais l'air de la nuit lui aurait certainement fait un bien fou. Pas physiquement, il savait sans vouloir se l'avouer qu'il avait besoin de repos, mais le vent froid de l'hiver et le silence l'aidaient à réfléchir. Ses jambes étaient lourdes et il n'était pas en conditions d'avoir un tête-à-tête avec qui que ce soit. Tout cela commençait sérieusement à l'épuiser, et la force dont il avait cruellement besoin pour garder son calme lui manquait. Dans combien de temps exactement Nord reviendrait ? Pourquoi le Gardien aux grandes oreilles ne se décidait-il pas à exprimer ce qu'il avait sur le cœur ?
Autant en finir au plus vite !
-Je suis désolé de t'avoir attaqué. murmura-t-il en baissant la tête, quelques mèches de cheveux cachant ses iris bleus.
Le lapin afficha un air étonné avant de froncer les sourcils.
-…Quoi ? fit-il, pris un peu au dépourvu.
L'adolescent soupira avant de reprendre.
-Je suis désolé si je t'ai blessé à Silver-Sea. Ce n'était pas mon intention et je te présente mes excuses. lui dit-il sincèrement. C'est ce que tu voulais entendre, non ? finit-il en relevant la tête, un ton de défie dans la voix.
-Tu pensais que je… C'est pas vrai ! souffla-t-il en amenant brièvement ses pattes à ses tempes.
Le gamin pensait qu'il lui en voulait pour cela ?
-Ce n'est même pas de ça dont je voulais te parler ! certifia-t-il en écartant les bras.
-Mais tu m'en veux, pas vrai ?! dit-il plus comme une affirmation qu'une question en haussant la voix.
-Pourquoi est-ce que je t'en voudrais ? commença à s'énerver Bunny.
-Arrête de te foutre de moi ! s'invectiva Jack, poussé presque dans ses retranchements.
-Et bien commence par t'expliquer, d'abord ! hurla le Gardien de Pâques en réponse.
En à peine une minute, la gêne qu'ils ressentaient tous les deux s'étaient transformée en agressivité dont ils faisaient rarement preuve l'un envers autre. Mais aujourd'hui n'était pas un jour ordinaire. Le ton était haussé, sur l'offensif et la défensive pour chacun d'entre eux.
Qu'est-ce qui lui prenait au gamin tout à coup ? S'il avait décidé d'attendre trois cents ans avant d'avoir sa crise de puberté, ce n'était pas son problème ! Pourtant, instinctivement, il pouvait assurer que ce n'était pas le fond du problème. De plus, il avait appris à le connaître maintenant, et ce n'était pas un comportement habituel pour Jack Frost. Sans compter les sentiments de tristesse et de peur qu'il voulait désespérément cacher derrière son regard d'enfant buté n'étaient que trop visibles pour négliger le sujet aussi facilement.
Ils se dévisagèrent un court instant, puis l'adolescent jugea bon d'ignorer son interlocuteur et tenta de passer son chemin. D'un geste habile, le Gardien de Pâques lui attrapa l'avant-bras et le leva à la hauteur de la tête du jeune homme, ignorant la grimace douloureuse qui recouvra sommairement le visage de ce dernier.
-Lâche-moi ! ordonna le garçon, tentant de se dégager.
-Pas avant qu'on s'explique toi et moi ! répondit Bunny d'une voix sans appel.
Jack se débattit comme il le pouvait. Les courbatures et la fatigue n'arrangeaient rien à son état déjà faible sans son fidèle artefact. Il essaya de se dégager mais ses gesticulations lui faisaient plus de mal que de bien. Toutefois il ne céda pas. L'esprit printanier lui agrippa l'autre poignet et d'un geste qui se voulait ferme et non brusque, il le plaqua au mur, prenant garde à ce que sa tête, déjà baptisée d'une belle bosse, ne heurte pas violemment la façade.
L'adolescent se sentit aussitôt piégé. La taille du lapin ne faisait que le rapetisser davantage. Le regard sévère de Bunny le troubla. Son corps se mit à trembler sans qu'il ne puisse se contrôler. Lui-même avait des difficultés à comprendre son propre état. Il se sentait comme un animal qu'on aurait mis en cage, qu'on aurait privé de toute liberté et de toute protection. Il garda les yeux rivés vers le sol alors que sa vue se brouillait. Des larmes qu'il se refusait à laisser couler troublaient son champ de vision. Pourquoi pleurait-il ? Il sentit ses jambes flageoler et se demanda depuis quand la chambre était devenue aussi étouffante. Qui avait augmentait la température ? Il allait finir par craquer. Seulement il ne fallait en aucun cas que cela arrive. Ne jamais montrer ses faiblesses ! C'était l'une des règles qu'il s'imposait depuis des années déjà, des décennies même. Un moyen comme un autre pour éviter de souffrir davantage.
-Eh mec ! Ça va ? le questionna le plus âgé, inquiet par son attitude soudaine.
-Je-je suis désolé… Il me faut… Laisse-moi seul s'il te plait. dit-il, suppliant.
Sa voix était parcourue de quelques sanglots, quasi imperceptible, si l'on oubliait l'ouïe fine du lapin. Bunny relâcha un peu sa prise mais ré-agrippa le garçon par les épaules en le sentait presque perdre pied. Jack essaya de le repousser mais rien n'y fit. Tout ce qu'il désirait était de se cacher sous au moins cinq mètres de neige dans le but de se laisser aller et que personne ne le voit dans cet état. Il garda le visage vers le bas, dissimulant ses émotions au lapin comme il le pouvait dans la situation actuelle.
Il fut quelque peu désarmé par la réaction de l'Esprit de l'Hiver. Lui qui avait pris pour acquis de le voir, sourire aux lèvres même lorsqu'il était préoccupé, gêné ou triste.
Le Porteur d'Espoir passa l'une de ses pattes sous le menton de l'adolescent pour le forcer à relever la tête mais le jeune homme la secoua et la cachant plus encore en la tournant sur le côté, nez et bouche enfouis dans le haut de son sweat, paupières fermement closes.
-Va-t'en. fit Jack le plus froidement possible.
-Non. répondit calmement Bunny.
Le jeune homme lâcha une plainte et hasarda un dernier geste pour se libérer avant de se laisser tomber sur les genoux, comme si ses dernières forces l'abandonnaient. Le lapin adoucit sa prise et finit par relâcher complètement les bras du garçon qui tombèrent mollement au sol.
Le Gardien aux grandes oreilles recula d'un pas, délivrant un peu d'espace à l'adolescent qui se recroquevilla sur le mur, posant son épaule droite contre la cloison, son attention tourné vers le coin de la pièce face à lui. Quelques tifs camouflaient partiellement ses yeux et assombrissaient son regard. Bunny s'autorisa plusieurs secondes pour souffler. S'il voulait réellement réussir à communiquer avec l'adolescent, il allait devoir faire preuve de patience et de sérénité. Surtout de sérénité !
Il s'agenouilla et observa le garçon qui, gêné d'être le centre d'attention, releva la capuche de son sweat et la mit bien en place de manière à ce que son visage soit quasi entièrement dissimulé. Plusieurs minutes passèrent sans qu'aucun d'entre eux ne disent quoi que ce soit.
-Jack. commença-t-il, le ton à la fois posé et soucieux. Tu sais autant que moi que c'était la faute de Pitch ce qu'il s'est passé. N'est-ce pas ?
Il n'obtint aucune réponse. L'adolescent restait immobile et muet.
-N'est-ce pas ? réitéra un peu plus fort le lapin.
Cette fois, il eut un léger hochement de tête en retour. C'était déjà ça.
-Nous sommes bien d'accord sur le fait que c'était lui qui agissait à ta place.
A nouveau un acquiescement.
-Alors pourquoi penser que je t'en veux pour une chose dont tu n'es même pas le responsable ?
Mais l'Esprit de l'Hiver décida de retourner dans son mutisme. Bunny fronça les sourcils. Quelle était la raison de son silence ? Était-il en train de chercher à tout prix à être coupable ? Non, ce n'était pas son genre. Frost était-il juste à bout de forces à cause des derniers jours éprouvants qu'ils avaient passés, le faisant désirer le fait de redevenir invisible et cacher sa peine à son entourage ? Peut-être…
Sauf que le Gardien de Pâques se méfiait de ce genre de conclusions trop hâtives.
-Pourquoi ? insista-t-il.
La tête du jeune esprit esquissa un mouvement dans sa direction, toutefois pas assez important pour que son visage soit visible, puis revint à sa place initiale.
-Laisse tomber. lâcha finalement Jack.
L'idée qu'il y avait plus que l'épuisement se renforça dans l'esprit de Bunny. Il n'allait pas « laisser tomber » aussi simplement.
-Hors de question, mec ! dit-il fermement en attrapant l'épaule du garçon.
Il le fit pivoter vers lui d'un coup sec. Mais il rétracta aussitôt sa patte en apercevant le visage de l'éternel adolescent. Ce dernier avait plusieurs larmes coulant sur ses joues, et ses yeux commençaient à rougir. Il pleurait. Ce n'était pas une cascade, mais trois gouttes d'eau firent leur route des paupières jusqu'au menton du jeune esprit.
Leurs regards se croisèrent et il n'y eut rien d'autre à cet instant que cette tristesse et infinie solitude que l'on pouvait percevoir dans ces iris. Environ un minute plus tard, Jack détourna enfin les yeux et renifla.
-Tes yeux.
-Hm ? Pardon ? s'étonna le Gardien.
-Tu avais encore ses yeux là quand on était dans la maison brûlée. confessa-t-il en se recroquevillant, dos au mur et fixant le vide.
Il faisait sans doute référence à leur « combat ». Bunny ne savait pas réellement quelle émotion on avait pu lire sur son visage à ce moment là. Il se souvenait avoir été en colère. Très en colère. Il lui avait fallu se répéter sans cesse que son ennemi était en possession du corps de Jack. Il avait dû se maîtriser alors que la seule idée qu'il avait eu en tête était de mettre la main sur Pitch et de le massacrer jusqu'à ce que le Croque-mitaine hurle à la mort et supplie qu'on le laisse partir.
La rage. Voilà ce qu'avaient exprimé ses yeux.
Pendant l'incident, le jeune homme avait semblé retrouver le contrôle plusieurs fois. Et même si ces épisodes avaient été de courte durée, l'Esprit de Pâques se remémorait parfaitement la peur et l'air suppliant de l'adolescent.
Est-ce qu'il a…eu peur de moi ?
-Les mêmes yeux ? Quand ça ? Quand est-ce que j'ai eu les mêmes yeux ? le questionna-t-il, pas entièrement certain de vouloir connaitre la réponse.
-J'ai pas envie d'en parler.
-Tu as commencé, tu termines !
-C'est toi qui m'as forcé. fit le jeune homme d'une voix neutre.
-Et je peux recommencer si tu m'y obliges. Alors ? dit le lapin d'une voix ferme mais non menaçante.
Le garçon l'observa une minute, jugeant s'il serait bon ou mauvais de partager une quelconque information. Après tout, c'était juste une réaction stupide, engendrée par une surdose de fatigue, due à plusieurs jours de combats éreintants…rien de bien méchant non ? Mais au-delà de ca, il craignait avant tout la façon dont réagirait le Gardien… D'un autre côté, Bunny le retiendrait surement ici aussi longtemps qu'il le faudrait. Et puis Jack avait déjà annoncé son départ. Il n'avait plus grand-chose à espérer. Quoi qu'il s'était réveillé au Pôle, soigné et veillé par Fée et Sab. Il grogna en se souvenant de la pommade qui devait à présent s'être étalée sur l'intérieur de sa capuche. Nord avait pris de ses nouvelles, et s'était réjoui de son rétablissement. Quant à Bunny, si l'on passait le coup de la porte qui claque, il n'avait rien fait. Le Porteur d'Espoir ne l'avait pas accablé de reproches ou de remarques rabaissantes.
Éventuellement, Fée avait un peu poussé les autres et envoyé le lapin pour tout arranger. Tout ou presque. En définitive, seule Fée avait tenté de le retenir lorsqu'il était parti à Burgess. D'accord, elle n'avait fait qu'appeler son nom, mais au moins cela prouvait qu'elle l'appréciait au moins un peu, non ? Ou alors, Bunny cherchait réellement à se qu'ils se réconcilient.
Dans ce cas, il ne pouvait pas lui dire. Ça empierrait probablement la situation. Il ne voulait plus qu'on lui tourne le dos. Qu'on l'oublie. Qu'on le laisse à l'état d'une simple phrase. « Jack Frost va te pincer les oreilles ». Qu'est-ce qu'il avait pu détester ces mots ! Il souhaitait être visible, et le rester interminablement.
Tu recommences !
Non. Il n'allait pas mettre de côtés ses propres règles pour quelques espoirs hypothétiques !
-Si je te réponds, tu me laisseras partir ?
-…Peut-être. fit le lapin après quelques secondes d'hésitation.
-Ça veut dire non ?
-Ça veut dire peut-être. réaffirma posément l'esprit printanier en croisant les pattes.
Jack soupira. Avait-il vraiment le choix ? Instantanément, un surplus de larmes qu'il eut du mal à chasser s'agglutina aux bords de ces cils. Certaines tombèrent en paquet lorsqu'il cligna des yeux. Il les releva et regarda l'Esprit de Pâques fixement.
-Pâques soixante-huit.
Ces mots eurent l'effet d'une décharge dans le corps du Gardien. Il se figea et le choc se lisait assurément sur son visage. Ce terme, déjà associé à un mauvais souvenir dans son esprit, portait à lui seul bien plus d'amertume au jeune homme qu'à lui-même. Et Bunny en était la cause.
Il comprenait maintenant. Jack s'en voulait toujours pour cette fête de Pâques de près de cinquante ans d'âge. Il s'en doutait en partie, mais de là à imaginer que le garçon avait peur de lui pour ses actions était…En réalité ce n'était même pas exagéré. Il repensa aux paroles prononcées par Pitch, alors qu'il avait pris possession du jeune homme.
'Mais je la sens. Sa solitude. Sa peur que tout redevienne comme avant. Quand vous n'aviez pas besoin de lui. Quand il était inutile et que personne n'en avait rien à faire de ce qui pouvait bien lui arriver. Quand il n'était qu'une erreur et qu'il n'aurait jamais du exister.'
Ses mots…il les avait prononcés. Avec cette même rage qu'il avait ressenti quelques heures plus tôt.
Il planta ses yeux dans ceux de l'adolescent. Et de ce regard, trois cents ans passés seul, sans personnes à qui parler, sans un endroit où revenir le soir lorsque la nuit tombe, sans être vu, ni entendu, ni même touché. Tout cela frappa le lapin en pleine figure. Le gouffre qui les séparait tous de Jack n'avait rien d'un simple malaise, ou du résultat d'une chamaillerie. Il y avait une faille peut-être dix, cent, milles fois supérieure !
Et aucun d'entre eux ne s'en était vraiment rendu compte…
CLAC !
Bunny sursauta, sortant soudainement de ses pensées. L'éternel adolescent n'était plus là. Il avait tout bonnement quitté la pièce et fermait la porte, laissant le lapin à ses méditations affligeantes. Il grinça des dents et d'un geste rageur, cogna violemment son poing sur le mur face à lui.
-Et merde !
Voilà c'est terminé ! XD
Pour l'épisode de Pâques, je promets de vous en offrir plus dans le prochain chapitre. D'ici là, mangez bien votre soupe, ne grignoter pas de sucreries et brossez vous bien les dents !...Non ! Fée, sors de ce corps ! *o*
