Chapitre Trente-Sept : L'évasion du Manoir Malefoy

Harry fixa Dobby du regard, son esprit encore ébranlé par l'apparition soudaine de l'elfe de maison.

« Harry Potter doit se dépêcher, s'il veut que Dobby le sauve », dit l'elfe avec hâte. « Nous ne devons pas perdre trop de temps, perdre l'effet de surprise ! »

« Nous devons d'abord récupérer Hermione, » annonça Harry avec détermination. « On ne part pas sans elle ! »

« Dobby sait, Monsieur, Dobby sait, » couina l'elfe, donnant la baguette de Queudver à Harry. « Dobby sait que Miss Grangey est en train de souffrir, Monsieur. » L'elfe fixa Harry du regard, ses grands yeux verts s'élargissaient à chaque mot prononcé. « Dobby sait aussi que son Weasey manque à Harry Potter, et à propos de sa colère aussi ! Mais Harry Potter ne doit plus s'en faire pour ça. Le Weasey d'Harry Potter est en train d'arriver lui aussi ! »

« Ron fait… quoi, » bégaya Harry. Mais Dobby ne resta pas pour lui répondre. Au lieu de cela, Dobby traversa en courant le sol en pierre de la cave pour aller vers les escaliers. L'elfe se retourna au niveau la première marche afin de pouvoir voir Harry à nouveau. Ce dernier était toujours immobile, enraciné juste à côté de l'endroit où Queudver gisait inconscient au sol.

« Harry Potter doit attendre Dobby ici, » dit l'elfe. « Dobby va revenir pour Harry Potter et ses amis quand il sera temps. » Avant qu'Harry ne puisse ajouter un autre mot, l'elfe disparut en un pop silencieux, laissant derrière lui Harry, Luna, M. Lovegood, Ollivander, Griphook, et Queudver inconscient.

« J'ai toujours aimé cet elfe de maison, » annonça Luna gaiement. Elle se rapprocha d'Harry et regarda Queudver. « Il n'était certainement pas très gentil, n'est-ce pas ? » Elle jeta un coup d'œil à Harry. « Tu l'as déjà rencontré avant, n'est-ce pas, Harry ? Tu lui as sauvé la vie ? Mais c'est un Mangemort, non ? La plupart des gens ne sauveraient pas un Mangemort. Très étrange. »

« Il s'appelle Peter Pettigrew, » dit Harry, faisant de son mieux pour tendre l'oreille afin de saisir n'importe quel son qui proviendrait de la pièce au-dessus. « C'était un ami de mon père, à l'école. Je n'ai pas vraiment le temps d'entrer dans les détails, mais j'ai empêché Sirius et Remus de le tuer durant ma troisième année. C'est à cause de lui que mes parents sont morts. De toute évidence, cela a été une erreur, » ajouta-t-il en donnant un coup de pied dans la masse inconsciente qui se trouvait devant lui. Queudver ne bougea pas.

« Peut-être devrions-nous quand même nous assurer qu'il ne puisse rien faire, au cas où il se réveillerait ? »

Harry hocha la tête. Il prit la baguette non familière de Queudver et conjura d'épaisses cordes noires pour lui lier les mains et les pieds. La baguette était froide, étrangère et répugnante dans sa main. Il jeta un dernier coup d'œil dans la cave. Ollivander n'avait pas beaucoup remué — non pas qu'Harry en était surpris. Même si Harry n'avait pas été témoin des actes odieux commis par Voldemort, le teint pâle d'Ollivander et son apparence burinée étaient des indices suffisamment évidents de sa torture prolongée. Le fabricant de baguettes était assis, le dos appuyé contre le mur de pierre, mais ses yeux étaient perçants et focalisés. Harry était sûr qu'Ollivander ne l'avait jamais quitté des yeux depuis son arrivée.

M. Lovegood se tenait derrière Luna, les mains serrées sur ses épaules, comme en témoignaient les marques blanches qui apparaissent sur ses articulations. Luna semblait calme, ignorant le tourbillon émotionnel qui balayait le visage de son père : peur, exaltation, honte.

Puis il y avait Griphook, qui, comme Harry le remarqua, le regardait aussi avec un regard plutôt curieux. C'était si inhabituel de voir quelque chose qui ressemblait à de l'émerveillement et à de la curiosité et qui était affiché de façon aussi évidente sur un visage de gobelin. Harry trouva cela profondément déconcertant. Harry se détourna d'eux, son attention et ses pensées retournant à Hermione et à la pièce au-dessus. Il n'y avait plus de cris. Le cœur d'Harry se pressa contre sa poitrine. Il détestait l'admettre, mais les cris étaient au moins une preuve qu'elle était encore en vie. Le silence apportait des pensées indésirables.

Elle n'est pas morte, pensa Harry. Il le saurait si c'était le cas. Ils éprouveraient de la joie, n'est-ce pas ? Ils feraient la fête. Son sang commença à bouillir. Il ne pouvait plus attendre le retour de Dobby. Il avait une baguette. C'était stupide de juste attendre dans la cave. Il se tourna vers Luna.

« Écoute, Luna, je vais monter jeter un coup d'œil en haut, » annonça Harry. « Dobby n'a aucune chance seul là-haut. Je reviendrai te chercher après, d'accord ? »

« Ne sois pas stupide, Harry, » contra Luna, sa voix légère et sur le ton de la conversation. « Tu as entendu Dobby ? Tu dois attendre. »

« Écoute, je connais Dobby, » dit Harry. « Je sais que son idée est de sauver des vies et ce n'est pas sans danger. Attends ici. » Harry serra fermement la baguette étrangère et tourna sur ses talons. Il fit un pas et il sentit la main de Luna se poser sur son épaule.

« Tu dois faire confiance à tes amis, Harry, » dit-elle. Harry se retourna et rencontra ses yeux. La baguette de Queudver commença à trembler dans sa main maintenant instable. Harry déglutit et hocha la tête.

« Dobby a un plan, on pouvait le voir dans ses yeux, tu sais, » termina Luna gaiement.

() () ()

Dobby réapparut dans le salon de Malefoy avec le plus léger pop. Les Malefoys et leurs invités étaient trop enchantés d'eux-mêmes pour s'en rendre compte. Les yeux de Dobby tombèrent sur Hermione et Bellatrix Lestrange, qui chevauchait sa victime. Dobby résista à l'envie de défendre la femme la plus gentille qu'il ait jamais rencontrée. Cela irrita l'elfe de voir le sang couler sur son avant-bras et les expressions tordues de douleur qui traversaient son visage, ainsi que ses larmes. Mais Dobby patienta. Harry Potter avait besoin que Dobby réussisse.

L'elfe de maison prit rapidement la situation en main. Il connaissait le manoir et toutes ses pièces par cœur — comment aurait-il pu oublier ? Il connaissait tous ses secrets. Mais Dobby savait que le truc était de prendre les baguettes. Des frissons couraient le long de sa colonne vertébrale. Les elfes n'avaient pas droit aux baguettes. Malgré ses années de liberté, l'ancienne magie du lien avait laissé des traces. Dobby n'était peut-être plus obligé d'obéir aux ordres des Malefoys, mais les effets sous-jacents d'une magie ancienne, telle que le lien qui reliait toutes les générations précédentes de sa famille à celle des Malefoys, n'étaient pas faciles à surmonter. Il était difficile de résister à une magie aussi profonde. Et utiliser carrément de la magie contre ses anciens maîtres dans ce lieu de magie noire était contraire à l'ordre ancien. La main de l'elfe tremblait sous les pulsations de cette vieille magie, qui lui rappelait la place qui était censée être la sienne, sous les ordres des sorciers en dessous.

Mais Dobby était un elfe de maison libre, se rappela-t-il. Et Harry Potter avait besoin de Dobby. Dobby n'abandonnera pas Harry Potter. Mais Dobby doit attendre que le Weasey d'Harry Potter soit arrivé.

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Il y eut un flash aveuglant de lumière et un pop très doux, mais distinct. Quand Harry ouvrit les yeux, il rencontra un visage plein de taches de rousseur et des cheveux roux flamboyant.

« Harry, » dit Ron avec incrédulité. Il tenait sa baguette fermement dans une main, et dans l'autre, Harry remarqua qu'il tenait le Déluminateur que Dumbledore lui avait légué. Ron regarda aussi le Déluminateur avec stupéfaction et incrédulité. « Dément, » dit-il, plus pour lui-même que pour le reste de la pièce. Puis, comme s'il se souvenait qu'il n'était pas seul, il tourna brusquement son regard vers Harry.

« Je te cherche depuis des lustres, » annonça Ron. « Je sais que tu n'es probablement pas ravi de me voir, mais j'ai essayé de te retrouver. Vraiment, j'ai… Heu, au fait, où sommes-nous ? » Il avait dit tout cela très rapidement, son visage prenant des teintes rouges de plus en plus foncées après chaque mot prononcé.

« On en reparlera de tout ça plus tard, » coupa Harry, pris entre le désir pressant de frapper Ron à la mâchoire et celui de prendre le rouquin et de le serrer entre ses bras. « Nous sommes dans une cave au Manoir Malefoy. Nous avons été capturés. »

« Mince, c'est bien ce qui me semblait, » dit Ron doucement. Il tourna le regard d'Ollivander, à Luna, en passant par un Queudver inconscient qui était maintenant attaché et appuyé contre le mur. Puis ses yeux se sont rétrécis comme s'il remarquait qu'il manquait quelque chose. Il se tourna vers Harry, la compréhension s'éveillant sur son visage. « Où est Hermione ? »

À peine Ron eut-il demandé que la cage d'escalier se remplit d'un autre cri. Harry regarda le rouge du visage de Ron devenir verdâtre, puis revenir à un pourpre furieux. Avant que Ron ne puisse faire un pas, Harry l'attrapa par le poignet.

« Nous allons la sauver, Ron, » soutint Harry. « Nous attendons juste Dobby. Il vérifie la pièce principale. » Harry ne pouvait pas blâmer Ron de vouloir prendre d'assaut les escaliers. Il y avait un instant, il était prêt à faire exactement la même chose. Mais avec l'apparition soudaine de Ron, ces quelques instants de pause, et enfin avec le dernier cri d'Hermione provenant la cage d'escalier, l'esprit de Harry s'était éclairci. Un calme et un sentiment de clarté qu'il ne connaissait pas avaient pris racine en lui. Il y avait vraiment plus de sorciers dans la pièce au-dessus qu'ici, où il n'y avait que lui et Ron. Même s'ils avaient l'élément de surprise, ils ne pouvaient pas espérer pouvoir s'échapper du manoir comme cela. Hermione pourrait-elle même encore bouger après ce qui s'était passé au cours de la dernière heure ? Et qu'en était-il de Luna et de son père, ou d'Ollivander et de Griphook ? Ils ne survivraient certainement pas s'ils étaient laissés en arrière. Et Harry n'arrivait pas à trouver un moyen de les faire sortir sains et saufs, les probabilités étaient vraiment contre eux.

« On ne peut pas attendre Dobby, Harry, » siffla Ron. « C'est Hermione là-haut ! »

« Tu crois que je ne le sais pas, » chuchota Harry, sans se donner la peine de contenir sa colère. « Tu n'étais pas ici, à l'écouter crier pendant une heure entière, pendant qu'en même temps, toi tu étais enfermé derrière la porte de cette cave, » ajouta-t-il en montrant l'entrée maintenant ouverte. « À nous deux, nous n'avons que deux baguettes. Tu sais combien il y a de baguettes là-haut ? On fait la moindre erreur, Ron, et c'est fini. Tu comprends ça, n'est-ce pas ? »

Sur le coup, Ron eut l'air d'avoir très envie d'argumenter, mais les paroles d'Harry durent frapper leur cible, car dans l'instant d'après, Ron fit un signe de tête et raffermit sa prise de main sur sa baguette. C'est alors que — presque immédiatement après leur court et intense échange — un pop retentit dans la cave, juste à côté d'Harry. Dobby était réapparu et avait un large sourire carnassier qui n'avait pas sa place dans ce cachot.

« Harry Potter et son Weasey sont-ils prêts ? »

Harry jeta un coup d'œil rapide à Ron, puis hocha la tête vers Dobby. « Oui, » dit Harry, sa voix vide en l'absence des cris d'Hermione. « Mais qu'en est-il de Luna, et du reste, Dobby ? On ne pourra pas réussir à faire sortir tout le monde ! Pas avec autant de sorciers à l'étage. »

« Dobby va pouvoir les emmener, » s'exclama l'elfe. « Dobby a juste besoin de savoir où, Harry Potter, et Dobby les emmènera là bas avant d'aller sauver Miss Grangey. »

« Nous n'avons pas le temps, » protesta Harry. Le temps qu'il aurait fallu à Dobby pour transplaner les autres pouvait être le seul délai qu'il leur restait.

« Dobby est très rapide, » répondit l'elfe. « Dobby peut les emmener tous ensemble ! »

« D'accord, » annonça Harry, pensant rapidement à un endroit où Dobby pourrait les emmener. Le Square Grimmauld était hors de question, car il n'était plus sécurisé. Puis, étonnamment, Ron est intervenu.

« Emmène-les à la Chaumière aux Coquillages, Dobby, » coupa Ron. « C'est une planque de l'Ordre. Mon frère, Bill, s'occupera d'eux. » Dobby acquiesça de la tête, puis attrapa Luna par la main et fit signe aux autres de le rejoindre. Harry et Ron aidèrent Ollivander alors qu'il devait lutter pour rester debout sans aide.

« Retrouvez Dobby en haut des escaliers dans deux minutes, Harry Potter. » Avant que Harry ne puisse répondre, Dobby et tous les prisonniers disparurent.

« Bon, allons-y, » dit Harry, resserrant sa prise sur la baguette de Pettigrew. Silencieusement, ils montèrent les escaliers de pierre et attendirent juste en dessous de l'étage, à hauteur du niveau des yeux. Harry rehaussa la tête, en prenant soin d'utiliser le mur pour se cacher, tout en se donnant juste assez de visibilité pour pouvoir inspecter la majeure partie de la pièce, qui était située à droite du palier de l'escalier.

Il avait une vue complète et dégagée sur Lucius et Narcissa, ainsi que sur deux sorciers qu'il ne reconnaissait pas, des Rafleurs, devinait-il, et sur Fenrir Greyback. Il pouvait voir la moitié inférieure d'Hermione, le reste d'elle était caché par le mur opposé de la pièce. Il pouvait voir de petits mouvements dans les jambes d'Hermione, de petits mouvements visiblement inconfortables. Il sentit le nœud dans son estomac se desserrer légèrement. Hermione était vivante.

« On dirait que la Bourbeuse ne veut plus jouer, » gloussa soudain Bellatrix. Harry regarda Bellatrix entrer dans son champ de vision, ses bottes noires pointues s'arrêtant sur le côté d'Hermione, cachant ce qu'Harry pouvait voir d'Hermione. « Peut-être que la Bourbeuse a décidé qu'elle préférerait être en compagnie du Loup-Garou, après tout ? » Des rires éclatèrent dans toute la pièce. La tension qui s'était un peu relâchée en voyant Hermione vivante se resserra une fois de plus, atteignant un niveau insupportable. Il saisit sa baguette fermement, fit un signe de tête affirmatif à Ron et se prépara à plonger dans la pièce. Il n'avait plus le temps d'attendre Dobby.

Puis, alors qu'Harry avait calé son pied sur la marche pour se propulser vers l'avant dans la pièce, un pop distinct provenant du transplanage de Dobby résonna soudain. Dobby était apparu aux pieds d'Hermione, le visage déformé par un regard que Harry n'avait jamais vu auparavant : un mélange de colère et de dégoût. Avant que l'un des occupants de la pièce ne puisse se rendre compte que Dobby était apparu — ou tout du moins ils étaient trop stupéfaits pour réagir — Dobby avait claqué des doigts à six reprises. À chaque clac, une baguette s'était envolée des mains des ravisseurs présents dans la pièce et avait atterri dans l'autre main tendue de Dobby. Puis Dobby transplana avec un autre pop et réapparut dans un deuxième pop sur le lustre suspendu au-dessus de la pièce.

« Harry Potter, » cria l'elfe. Harry et Ron se précipitèrent dans la pièce et jetèrent une paire de Stupefix, faisant tomber deux des Rafleurs, ces derniers n'ayant même pas vu les jets de lumière rouge approcher. Lents à réagir, Harry et Ron purent envoyer une deuxième paire de Stupefix vers Fenrir et Lucius, les assommant par surprise tandis que leurs têtes rebondissaient sur le plancher de bois avec un bruit sourd. Narcissa pleurnicha et se recula aussi loin qu'elle le put à cause le mur, contre lequel son dos cogna dur. Elle leva les bras en signe de reddition apparente, mais grogna d'une manière très pétunienne.

De son côté, Bellatrix réussit à réagir, se remettant de son choc beaucoup plus rapidement que les autres. Elle était toujours armée de son couteau. Elle plongea pour éviter les coups de baguette et attrapa Hermione par les cheveux, tirant sur la sorcière torturée pour la mettre à genoux et amena la lame sur le cou exposé d'Hermione. Hermione avait encore des larmes qui coulaient le long de ses joues après la séance de torture qui durait jusqu'à il y a quelques minutes seulement.

« Lâchez vos baguettes, les gars, ou la petite Miss Bourbeuse va se vider de son sang sur le sol, » cria Bellatrix. Sa poitrine se soulevait fortement, et ses yeux allaient de Ron à Harry, et à Dobby, qui était toujours sur le lustre. Bellatrix tira de nouveau sur les cheveux d'Hermione, la forçant à se positionner comme un bouclier humain.

« Ne… l'écoute pas… Harry… sort d'ici… » La voix d'Hermione était enrouée par les cris, mais ses yeux rencontrèrent ceux d'Harry avec détermination. Bellatrix rapprocha le couteau et un peu de sang apparut à la pointe de la lame. Hermione grimaça et d'autres larmes glissèrent le long de ses joues.

Puis, il y a eu le bruit reconnaissable de bois qui se brisait. Bellatrix leva les yeux vers Dobby, ce dernier se balançait doucement sur le lustre. Deux morceaux d'une baguette s'écrasèrent sur le plancher de bois et se mirent à rouler. Un des morceaux s'arrêta à côté du genou de Bellatrix. Elle baissa le regard, ses yeux s'élargissant de fureur. Elle regarda l'elfe et se mit à hurler.

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Les mains de Dobby tremblaient violemment alors qu'il prenait la deuxième baguette. La douleur qui lui avait secoué les bras lorsqu'il avait cassé la baguette de Narcissa Malefoy ne ressemblait en rien à ce que l'elfe avait ressenti auparavant. Jamais dans ses punitions passées la douleur n'avait été aussi vive et aiguë. Mais de plus, jamais aucun elfe n'avait cassé la baguette de son ancien maître. La magie ancienne n'aimait pas ça. La magie noire de cette maison n'avait pas aimé.

Mais Dobby devait le faire. Dobby devait s'assurer qu'ils ne feraient jamais plus de magie.

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« Comment oses-tu casser la baguette d'un de tes maîtres ! »

Dobby, cependant, ne sembla pas avoir entendu Bellatrix alors qu'il cassait une deuxième baguette. Encore une fois, il laissa les morceaux tomber sur le sol et se dirigea vers la troisième baguette.

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Une seconde pulsation de douleur parcourut la poitrine de Dobby. Celle-ci était beaucoup plus violente que la précédente. Dobby venait de détruire la baguette de Lucius Malefoy. Son petit corps d'elfe protesta. La compulsion de se jeter sur le sol et de se punir était plus grande que tout ce que Dobby avait connu auparavant, encore plus grande que lorsqu'il était allé avertir Harry Potter à propos de la Chambre des Secrets. Mais Dobby résista, fermant les yeux et se concentrant sur sa respiration. Les battements de son cœur étaient douloureux sur sa poitrine. Il propulsait du sang dans ses veines comme s'il pensait qu'il n'en aurait jamais plus l'occasion.

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Crac.

Crac.

Crac.

Chaque baguette s'était brisée avec un étrange son, se réverbérant à travers le plafond. De même, chaque craquement semblait, si c'était possible, perturber Bellatrix plus que le précédent. Au moment où Dobby cassa la cinquième baguette, Bellatrix avait relâché sa prise sur les cheveux d'Hermione et avait amené le couteau en position de lancer.

Crac.

« Tu as cassé ma baguette, elfe, » cria-t-elle, oubliant Hermione. En un mouvement furieux, Bellatrix repoussa sa captive, se mit en position et lança le couteau vers Dobby. Dobby claqua des doigts et disparut du lustre. Pendant ce temps, Bellatrix n'avait plus tenu compte de ses prisonniers, et Harry toucha Bellatrix avec un Stupefix, l'envoyant bouler par terre jusque dans le mur. Elle s'immobilisa à côté de son beau-frère, ne laissant que Narcissa consciente et seule dans le salon.

« Ron, attache-la, » ordonna Harry, indiquant de la tête Narcissa. « Puis, trouve nos baguettes, elles doivent être quelque part par là. » Ron hocha la tête et invoqua une corde noire qui attacha Narcissa, la forçant à s'asseoir le dos contre le mur, de l'autre côté de son mari inconscient. Harry alla alors jusqu'à Hermione.

« Je suis désolé, Hermione, je suis vraiment désolé, » dit-il, les mots tombant plus vite qu'il ne pouvait penser à toutes les raisons futiles pour lesquelles il n'avait pas pu aller plus tôt à son aide. Hermione se raccrocha à lui en tremblant violemment.

« Nous devons nous dépêcher, Harry Potter, » annonça Dobby, en s'approchant avec une gêne perceptible dans sa démarche bondissante habituelle. « Dobby ne sait pas s'il y en a d'autres autour du manoir, Harry Potter. »

« Peux-tu te lever, » demanda gentiment Harry. Hermione hocha la tête. Aussi lentement et posé qu'il le pouvait, Harry aida Hermione à se remettre debout. Il chercha Ron du regard autour de lui.

« Tiens, mon pote, » dit Ron, en donnant sa baguette à Harry. Immédiatement, la chaleur se répandit au contact de ses doigts au fur et à mesure que la baguette et son maître se réunissaient. « Elles étaient sur le manteau de la cheminée. »

« Merci, » dit Harry. « On doit mettre Hermione en sécurité. »

« À la Chaumière aux Coquillages, » répéta Ron pour la deuxième fois. « C'est chez Bill. On sera en sécurité là-bas. »

« Bien, » dit Harry. Harry avait l'impression d'avoir une centaine de questions à poser à Ron, mais il savait qu'elles devraient attendre. « Aide-moi avec Hermione, tu veux ? Sans un mot, Ron mit l'autre bras d'Hermione sur son épaule et aida Harry à supporter son poids. Harry regarda ensuite Dobby. »

« Prêt quand… »

Juste à ce moment-là, une porte de l'autre côté du salon s'ouvrit. Drago Malefoy se tenait debout, dans l'encadrement de la porte, la bouche momentanément béante pendant qu'il visualisait le contenu de la pièce. Puis, son visage se déforma en une grimace rageuse, et sa baguette pointa vers Harry.

Harry fut cependant beaucoup plus rapide.

« Expelliarmus, » cria-t-il. La baguette de Drago s'envola dans les airs, s'écrasa sur le sol pour rouler jusqu'aux pieds de Dobby. Harry sourit à l'elfe.

« À toi l'honneur, Dobby ? »

L'elfe eut un sourire carnassier. Drago regarda avec horreur Dobby prendre la dernière baguette de ses anciens maîtres et la briser sur son genou. Des étincelles vertes sifflèrent lorsque les deux morceaux furent jetés au hasard sur le sol pour aller rejoindre les autres baguettes cassées en deux.

« Sors-nous d'ici, Dobby, » dit Harry, en jetant un dernier regard furieux sur Drago.

« Oui, Harry Potter, Monsieur. » Dobby prit la main tendue de Ron et claqua des doigts. Il y eut la sensation familière d'étouffement et d'écrasement vers le néant, puis de l'air salé et une légère brise leur froissèrent ses cheveux.

Ils l'avaient fait.

Un petit chalet se trouvait juste à côté d'un petit monticule de terre, la mer créait un décor paisible en arrière-plan. Le bruit des mouettes et le doux roulis persistant des vagues faisaient un contraste troublant avec l'endroit qu'ils venaient de quitter.

« Amenons Hermione à l'intérieur, » reprit Harry. Ron hocha la tête et ensemble, ils conduisirent Hermione le long du monticule de terre vers le chalet. Dobby ouvrait la voie. Mais Harry ne put s'empêcher de remarquer à quel point les mouvements de Dobby étaient devenus lents et… délicats.

« Dobby, tu vas bien, » demanda Harry. « Tu as été magnifique là-bas. »

« Dobby se porte bien, Harry Potter, » répondit l'elfe. « Dobby est juste très fatigué, Monsieur. Ce n'est pas facile pour un elfe de la maison de casser des baguettes, Harry Potter, Monsieur, ce n'est pas facile du tout. »

« Qu'est-ce que tu veux dire, » demanda-t-il, alors qu'ils contournaient le monticule.

« Le manoir est rempli d'une très ancienne magie, » expliqua Dobby. « De la Magie Noire Ancienne, » précisa-t-il. « Les vieux enchantements de l'asservissement d'un elfe de la maison ne sont pas faciles à… surmonter… Harry Potter. Mais Dobby l'a fait, Harry Potter. Dobby les a… surmontés. » Et puis, comme s'il savait que cela arriverait, Harry se détacha d'Hermione sans prévenir, et il plongea vers l'avant pour attraper Dobby qui tombait en arrière.

« Dobby ! »

Notes du Traducteur :

Et voilà, Merlyn a finalement posté un chapitre de plus.

La bonne nouvelle, c'est qu'il avait déjà posté le mois dernier, sur les deux fictions, pour indiquer qu'il allait reprendre l'écriture. Et promesse tenue, au moins avec ce chapitre (j'espère que d'autres suivront, ici, ou dans Courage Rising).

Pour parler plus de ce chapitre, voilà au moins une évasion qui change du canon. Avec l'idée de Dobby qui brise symboliquement ses chaînes à travers les baguettes.

Notez bien que Harry désarme Drago… Du coup, si Merlyn veut suivre le canon sur cette idée, c'est bien toujours Harry qui sera le maître de la baguette de Sureau (même si je pense, et j'espère, que Merlyn améliorera de beaucoup la fin de la série à ce niveau).

Pas grand-chose d'autre à dire, sauf que bien sûr, je ne sais pas quand le prochain chapitre sera publié, et donc encore moins quand il sera traduit. Je vous laisse donc déguster celui-ci.

Du côté de mes histoires, j'ai un Oneshot en cours, mais qui n'avance pas bien fort.

J'ai de plus un Oneshot anglais à traduire (que je risque de découper car vraiment long), et un futur gros récit, mais que j'hésite à commencer (542 000 mots en anglais, pour rappel, l'Ordre du Phoenix ne fait que 257 000… un gros morceau).

Sur ce, je vous laisse, à une prochaine fois.