Note : merci pour vos reviews ! Elles me motivent vraiment :)

Chapitre 36 : le général

Harry retourna à l'animalerie, mais ce coup-ci, il avait passé commande et fait importer un certain nombre de créature. Il était passé pour un fou devant la vendeuse. Et pour un fou particulièrement dangereux lorsqu'il s'était laissé aller à communiquer en fourchelangue avec eux, directement devant elle. Mais le fourchelangue et quelques talents similaires devraient être réhabilités tôt ou tard. Cela aurait de grandes conséquences sur l'avancée des études des poisons et sur l'obtention des venins, Harry n'en doutait pas. Il n'en était pas encore à imaginer une classe de Fourchelangue à Poudlard mais cela viendrait peut-être.

Il devait retourner dans la chambre des secrets et offrir tous ces serpents au roi afin que plus jamais il ne s'ennuie. Il avait déjà déposé quelques proies en abondances pour qu'elles se reproduisent suffisamment pour nourrir les prédateurs. Sale mission. Il était même redescendu pour agrandir les locaux et améliorer les conditions de vies. Le basilic avait été des plus surpris. Il avait regardé le petit sorcier faire, sans comprendre. Pourquoi n'avait-il pas peur de lui, ça ça semblait de plus en plus évident. Il était bien assez doué pour ne pas se faire croquer. Mais pourquoi revenait-il faire tout ça ? Pourquoi s'intéressait-il à des choses aussi triviales que de savoir s'il pouvait se nourrir correctement ? Pourquoi avait-il peur qu'il ait froid ? Personne ne s'était jamais occupé de lui de cette manière alors pour le basilic c'était des plus étrange.

Quand Harry était revenu, avec tellement de compagnie, des serpents en tout genre dont certains réputés maléfiques, certains en couple pour assurer une descendance ... parce que le basilic battait tous les records de longévités ... pour la première fois depuis longtemps, le grand serpent s'était sentit bien. Il avait un coin au sec, où l'humidité avait été chassé d'un sort. Il avait un coin chaud. Il avait de la compagnie et de quoi se nourrir. Il ne pouvait toujours pas sortir, bien entendu, mais ses conditions de vies étaient devenues bien plus intéressantes. Il se demanda même si, en le demandant gentiment, Harry ne consentirait pas à lui faire un espace extérieur. Peut-être ... Peut-être plus tard ... Mais déjà le jeune homme lui indiquait vouloir de son poison. S'il le lui donnait, Harry ne reviendrait sans doute plus.

- Et tu dissssparaitras comme tu es venu, petit sssorccccier.
- Je reviendrai sssssi tu le veux.
- Chaque année ... une faveur chaque année ...

Harry avait hoché de la tête et posé au sol l'épée de Gryffondor qui était apparu à lui lorsqu'il en avait eu besoin, comme elle l'avait toujours fait. Il avait reculé tout en écartant les mains comme pour montrer qu'il n'était pas dangereux. Ce geste, personne ne l'avait jamais fait face à lui. Le basilic n'en fut que plus troublé mais il s'avança et laissa son poison perler le long de ses crochets jusqu'à venir s'écraser sur la lame. Elle l'absorba, presque instantanément.

- Tu fferais bien de t'assssssurer que perssssonne ne sssse coupe à présent.
- Mercccci.

Le basilic se détourna et se laissa glisser jusqu'aux nouveaux venus. Du bout de la langue il prit quelques informations dans l'air. Pas une seconde il ne s'intéressa à qui Harry Potter allait-il bien pouvoir tuer avec cette lame. Non, ce n'était pas son souci. Après tout, il ne tenait à personne. Quelques sorciers étaient bien venus le voir à l'occasion, se déclarant "maître du serpent", "descendant de Salazar" ou quelques autres titres pompeux mais ils n'avaient rien fait pour se faire apprécier de lui au contraire. Ils ordonnaient profitant du fait qu'il doive obéir. Autant qu'ils meurent. Et pourquoi pas dans d'atroces souffrances.

Harry repartit, sans lui dévoiler son projet mais en ayant parfaitement compris que le basilic ne s'en serait pas senti trahi. Seulement, le serpent aimait ne pas tout savoir. Il aimait les confidences, les messes-basses, les secrets, ... alors lui dévoiler simplement les choses et lui cracher la vérité toute nue n'aurait pu que lui déplaire. Il aurait trouvé Harry bien naïf et s'il détestait une chose c'était bien la naïveté. Le silence, le silence était d'or.

A l'extérieur ce fut plus compliqué. Il ne tenait pas forcément à révéler à tout le monde que le château couvait un basilic. Cela pourrait faire un certain scandale surtout s'il venait à s'éloigner. Il n'avait vraiment pas envie que tous les Gryffondors les plus téméraires cherchent une entrée à la chambre pour aller découper des serpents. Ce serait on ne peut plus regrettable pour tout le monde. Alors quand on lui demanda si l'épée suffirait à son projet, il répondit simplement que oui, à présent, l'épée suffirait. Il n'expliqua ni les propriétés magiques particulière de cette lame, ni les manipulations qu'il avait dû effectuer.

Il se contenta de réunir tout ce dont il avait besoin et de s'arrêter un moment face à Lucius. Bientôt, le plus gros du travail serait achevé. Il espérait que dans sa rage, Voldemort se dévoile. Peut-être à peine une seconde dans un éclat de magie furieuse qui lui permettrait de se mettre en chasse. Bientôt, ce combat serait derrière lui, derrière eux et il ne resterait plus que l'angoisse de mal faire et le futur pour seule réponse. Quand il avait sauté dans le puits, il ne s'en était pas rendu compte ... Sa mission ne pouvait pas réussir ou plutôt, il ne pourrait jamais savoir si elle avait réussi ou pas. Dans bien des années, il pourrait essayer de comparer les choses. Peut-être que jeune Ronald Weasley irait à Poudlard et serait réparti à Gryffondor avec Neville, Hermione et tous les autres. Peut-être que ces enfants grandiraient heureux, loin de toute la folie de la guerre. Peut-être ...

Ou peut-être qu'un gosse comme Scabior aurait tant et si bien appris la haine qu'il deviendrait le pire monstre imaginable. Peut-être que sans pouvoir se soumettre à Voldemort, quelqu'un comme Peter trouverait une autre personne à propulser si loin dans la criminalité et la cruauté que tout serait pire qu'avant. Peut-être que l'un des sorciers sans histoire à son époque aurait changé, évolué, ... peut-être qu'il découvrirait un jour toutes ses erreurs et où ça les avait amenés.

Tuer Voldemort n'assurait pas un futur glorieux empli d'une paix durable. Non, pour ça, il faudrait un travail de tous les instants mais en attendant, détruire les horcruxes était le premier grand pas à faire.

Lucius dû voir toute la détermination sur son visage car il s'approcha et l'embrassa tendrement. Il lui demanda s'il voulait qu'il l'accompagne et Harry lui expliqua. Il lui expliqua tout. Il lui raconta la première fois qu'il avait collecté les horcruxes. La difficulté de la tâche pour un gosse, l'errance, les problèmes, Ron qui devint fou à cause du médaillon, la biche qui lui sauvât la vie ... Il lui expliqua qu'il ne l'avait jamais fait seul. Il avait demandé à ses amis d'être réellement là pour lui et Hermione était morte au bout du compte, alors ... Il n'était vraiment pas sûr d'avoir le courage de lui demander ça.

- Je viendrais. Et tu sais ... les autres ... Je pense qu'ils viendront si tu leur en laisses l'occasion. Tout le monde voudrait t'aider.

Harry se sentait tellement fatigué qu'il haussa simplement des épaules et laissa son amant lui proposer un plan. Un plan fou. Un plan dangereux. Un plan qui avait une chance de fonctionner et de changer bien des choses.

Quand Lucius revient le chercher, Harry pensait qu'il l'entraînerait juste dans un coin tranquille pour qu'il puisse massacrer des petits bouts d'âmes et attirer à lui un seigneur des ténèbres. Pourtant, en traversant le parc pour rejoindre la zone de transplanage, à chaque pas, Harry se transforma. Au début, il avait les épaules voutées et les yeux presque mi-clos. Détruire et tuer, encore, encore, encore, il avait tellement tenté de repousser tout ça ! Il n'en voulait pas ! Un pas et il sertit sa taille d'une lame au poison mortel. Ça n'avait rien de rassurant, vraiment. Il se parait juste d'un costume de bourreau. Un pas de plus et le voilà dans la salle sur demande. Edgar est là, en train de donner une leçon à sa petite sœur. Elle rit et lui dit qu'il est bête parce qu'il promet qu'un jour, elle sera aussi grande que lui mais qu'il faut qu'elle apprenne à viser vers le haut en attendant.

A cet instant-là, un bourreau croisa le regard tendre d'une enfant qui ne comprit pas pourquoi Harry avait l'air aussi triste. Au pas suivant, Harry sut qu'Edgar va le suivre. Il a été son ami et son second dans cette salle d'entraînement. Il a tiré tout le monde vers le haut mieux que Harry n'aurait su le faire s'il avait été seul. Encore un pas ou peut-être deux et les voilà dans le couloir, Harry avait toujours l'air sombre et la mine triste, mais derrière lui, Pandora et Sibylle s'avançaient. Encore un pas et les voilà dans le parc. Les maraudeurs au grand complet étaient là, même Peter. Harry ne comprit pas pourquoi et encore moins comment Lucius avait pu faire pour les réunir. Peter le fuyait, à juste titre, et Harry éprouvait une haine farouche envers lui. James cherchait à l'éviter pour d'autres raisons. Un pas de plus, ils étaient à mi parcours, au milieu du terrain et voilà que Severus apparut. Quelques reniflements de mépris s'élevèrent dans son dos, mais le potionniste n'en fait pas cas. Il le rejoignit simplement. Tous ensemble, ils avancèrent, à présent en silence et Harry eut l'impression d'être un général menant ses troupes à la bataille.