Disclaimer: vous savez tous que Harry et son univers n'appartiennent qu'à J.K. Rowling et que je ne touche aucun subside de cette histoire
Merci aux lecteurs qui auront surmonté mon absence et à tous ceux et touts celles qui m'ont soutenu durant l'écriture de cette fic.
Chapitre XXXVII Etincelles
Harry se réveilla le lendemain matin avec un bon mal de crâne. La confusion de son esprit et la séance de légilimancie lui causaient de terribles migraines. Il se leva pour trouver Mrs Weasley à la cuisine et lui demander un remède quelconque. N'importe quoi qui lui ferait oublier la douleur sourde qui résonnait dans sa tête.
Il se souvint trop tard de la recommandation de Kingsley. A peine avait-il ouvert la porte qu'il se retrouva nez à nez avec les jumeaux qui l'inondèrent de questions :
- Harry ! Comment vas-tu, mon vieux ? Ça fait une paye qu'on ne t'avait pas vu, plaisanta Fred.
- Tu aurais pu nous envoyer une carte postale de tes vacances ! renchérit George.
Mais la mine grincheuse de Harry les retint d'aller plus avant dans la gaudriole.
- Fred ! George ! Laissez Harry tranquille ! Kingsley vous a confié une mission ! intervint Mrs Weasley. Harry, mon chéri, viens t'asseoir.
Les jumeaux s'en allèrent avec une docilité inhabituelle, laissant Harry seul avec Molly Weasley, ce qui n'était pas pour déplaire au jeune homme.
- Vous n'auriez pas quelque chose contre la migraine ? demanda le jeune Potter.
- On va te trouver ça vite fait, mon chéri, le rassura la mère de famille en fouillant les armoires de la cuisine.
A cet instant, Harry vit s'approcher de lui une petite créature répugnante. Elle affichait un sourire condescendant et une fausse attitude de soumission.
- Le jeune maître est revenu ? Alors, bienvenue au jeune maître ! l'accueillit la créature.
Harry tenta de se remémorer ce petit être, mais la seule chose qu'il évoquait chez lui était un profond dégoût, au-delà de son apparence physique et de son évidente hypocrisie.
- Kreattur, n'embête pas Harry ! le gronda Mrs Weasley.
Le nom de l'elfe de maison fit surgir une foule de souvenirs chez Harry : la première fois qu'il était venu dans cette maison, les monologues assourdis de l'elfe qui s'en prenait à tout ce qui le contrariait, le tableau de Mrs Black… Et Sirius, son parrain, qui ne rêvait que de se débarrasser de Kreattur.
Le mal de crâne de Harry empira avec ces souvenirs surgis de nulle part. Mais bientôt le contact de Mrs Weasley le tira de cette douloureuse réminiscence.
- Tout ira bien, tenta de le rassurer Molly en caressant doucement les cheveux en bataille du jeune homme.
Harry se détendit un peu et desserra lentement l'étau de ses mains sur ses tempes. Il accepta le verre fumant que lui tendait Mrs Weasley, sans chercher à savoir ce qu'il contenait. Il avala le breuvage d'une traite sans pouvoir retenir une grimace de dégoût :
- Infusion d'épines de porc-épic et d'écorce de saule cogneur. Un remède souverain chez les Prewett, lui indiqua Molly Weasley.
L'évocation du saule cogneur rappela certaines images à Harry. Des images renforcées par l'irruption d'un grand rouquin dans la cuisine.
- Salut Ron ! le salua Harry, presque naturellement – il venait de se souvenir de son prénom.
- Salut Harry ! répondit machinalement Ron avant de faire les yeux ronds. Tu te souviens de moi ? s'étonna-t-il.
- Par bribes, avoua Harry. Je viens de nous revoir dans une voiture coincée dans un saule cogneur.
Ron rougit de confusion et évitait de croiser le regard de sa mère. Visiblement cet épisode avait dû causer du grabuge chez les Weasley, mais Harry ne se souvenait pas de tout encore.
- C'est bien… Très bien, balbutia Ron.
- Comment va Hermione ? s'enquit le jeune Potter pour changer de sujet.
- Slughorn et Remus font encore des recherches, mais ils sont confiants. Elle a repris conscience il y a une heure. Il a fallu tout lui raconter. Maintenant, elle demande tous les bouquins qui traitent de la lycanthropie. Elle est sûre de trouver un remède à elle toute seule. Enfin tu la connais… commenta Ron avant de se rendre compte de l'énormité de son propos.
Harry balaya sa maladresse d'un geste de la main. Il se souvenait de suffisamment d'Hermione pour comprendre le commentaire du jeune Weasley.
- Tu as vu Ginny ? demanda Ron, s'attirant ainsi de nouveau les foudres de sa mère.
Cette nouvelle maladresse rappela à Harry l'extraordinaire capacité de Ron à mettre les pieds dans le plat. Si le sujet de sa bourde avait été différent, il en aurait ri. Mais penser à Ginny lui était douloureux depuis sa réaction de la veille.
- Je ne crois pas qu'elle veuille me voir pour le moment, répondit Harry. Je crois qu'elle m'en veut pour tout ce qui s'est passé ces derniers mois.
Personne ne voulut le détromper. Après tout, c'était à Ginny d'expliquer son geste.
- Ça lui passera, l'assura Mrs Weasley avant de changer de sujet. Il faut que vous mangiez quelque chose tous les deux !
Ni Harry ni Ron ne protestèrent. L'un comme l'autre n'avait rien avalé depuis la veille et leurs grognements d'estomac résonnèrent comme une demande urgente aux oreilles de Mrs Weasley.
Les deux amis n'échangèrent que peu de mots pendant leur petit déjeuner tardif. Aucun ne savait quoi dire à l'autre. Harry à cause de sa mémoire défaillante et Ron par embarras. Deux assiettes d'œufs brouillés au bacon et trois parts de tarte à la mélasse plus tard, les deux jeunes gens quittèrent la cuisine pour rejoindre Hermione.
La jeune fille, émue aux larmes, accueillit Harry avec un grand sourire. Elle ne lui posa aucune question. Elle se contenta de serrer Harry contre elle un long moment comme pour le retenir parmi les siens.
- Tu nous as manqué, Harry, lâcha-t-elle.
- Je ne peux malheureusement pas en dire autant, répondit Harry en tentant de plaisanter.
Hermione sourit gentiment à sa blague.
- Comment vas-tu ? lui demanda Harry.
La jeune fille entreprit de lui expliquer son état dans le détail, sans jamais se plaindre. D'ailleurs, elle en parlait comme si elle n'était pas touchée, préférant s'occuper de ses camarades de douleur, comme Dennis Crivey.
- J'ai longuement parlé avec les professeurs Slughorn et Lupin, ils sont en bonne voie pour trouver un remède. L'idée de chercher une solution à partir de la Potion Tue-Loup était excellente. Mais il faut renforcer ses effets pour éradiquer le mal qui progresse en chacun des patients.
Harry ne put s'empêcher de sourire aux souvenirs que cette conversation faisait remonter en lui. Il retrouvait le ton professoral de son amie qui l'avait si souvent agacé.
- Si tu es si occupée, je pense que je vais te laisser travailler, conclut Harry qui sentait qu'il devait la laisser seule avec Ron.
- Mais pas du tout ! Tu pourrais faire comme Ron et m'aider dans mes recherches ! protesta Hermione avec une mauvaise foi qu'un pouffement de Ron confirma à Harry.
- Je voudrais bien, objecta Harry non sans hypocrisie, mais Kingsley a prévu une autre séance de légilimancie dans deux heures. Il faut que je me prépare avec quelques exercices de méditation.
Cette réponse sembla satisfaire Hermione, au grand soulagement de Ron. Harry les quitta en promettant de revenir plus tard, puis se dirigea vers sa propre chambre. Lorsqu'il ouvrit la porte, une tempête de cheveux roux se jeta contre lui. Deux petits bras graciles le serraient de toute leur force.
Harry avait envie de goûter ce moment de bonheur, mais quelque chose le retint. Il repoussa gentiment la jeune fille en l'obligeant à le regarder dans les yeux. Son regard semblait si lointain que Ginny se sentit telle une inconnue face à ce jeune homme qu'elle aimait tant. Elle fut la première à briser le silence qui les séparait :
- Harry, je t'en prie… quelque chose en toi doit forcément se rappeler de moi, de nous… dit-elle en le prenant dans ses bras.
L'usage du « nous » troubla un instant Harry.
- Tout ce que je sais de toi me suffit pour vouloir rester auprès de toi, répondit-il.
- Tu ne me reconnais pas ? C'est impossible ! Ton cœur ne bat plus quand tu me vois ? souffla-t-elle en posant sa main sur le cœur de son bien-aimé. Donne-moi ta main… Là… tu sens le mien, tu le sens cogner contre ma poitrine ?
Harry regarda sa main posée sur le sein de Ginny, sa respiration se faisait de plus en plus forte. A ce moment précis, les choses s'enchaînèrent avec la rapidité de l'éclair, sans qu'aucun d'eux n'ait véritablement conscience de ce qu'ils s'apprêtaient à faire. Harry n'était plus Harry, et Ginny n'était plus Ginny. Ils étaient devenus une seule et véritable force qui voulait grandir encore et encore. Leurs corps ne leur appartenaient plus. Cette force, ce pouvoir, libéra chaque pulsion, chaque sentiment qui les habitait.
L'envie, le désespoir, la passion, la colère, la haine, tout cet ensemble dégageait une puissance si intolérable qu'il fallait l'expulser. Et la seule manière de s'en débarrasser, c'était de transcender cet amour qui les unissait depuis si longtemps. C'était là que se trouvait la véritable magie : la plus pure, la plus ancienne et la plus forte.
C'était comme si quelque chose les poussait à agir au-delà d'eux-mêmes. Comme si leurs esprits résonnaient d'une même vibration. Comme si leurs corps voulaient s'abandonner à l'autre. Quelle était donc cette magie ? Cette sensation ressentie depuis si longtemps pouvait-elle se décuplée à ce point ? Pourquoi n'étaient-ils plus capables de penser par eux-mêmes ? Qu'est-ce qui les poussait à agir ainsi ? Etait-ce donc cela que l'on ressent lorsque l'on a terriblement envie de faire l'amour ? Rien n'aurait pu calmer cette envie de découvrir l'autre, de le connaître en extase.
Collée contre lui, Ginny prit les mains de Harry et les posa sur ses hanches, et entreprit de déboutonner la chemise de celui qu'elle aimait. Leurs souffles de plus en plus forts répondaient à leurs regards pénétrants, ponctués par leurs baisers profonds. Les barrières se brisèrent, le silence aussi, et les mots s'envolèrent.
- Tu en es sûre ?... demanda Harry.
- Plus que jamais… répondit Ginny.
Harry la prit dans ses bras et lui embrassa passionnément le cou. Puis il la porta et l'allongea sur le lit, avant de se déshabiller en un temps record. Il s'allongea à ses côtés et lui enleva le moindre carré de tissu qu'il put trouver. Sa peau était au toucher douce et fraîche comme le satin, et la beauté du monde avait la forme de son corps.
Leur étreinte se fit plus douce, et leur peau glissait sur l'autre comme le vent caresse les blés. Ils découvrirent de leur bouche les moindres courbes de leur corps, et goûtèrent à la saveur de leur peau. Dans un entremêlement de jambes, de chair, de souffles, de baisers, ils ne firent plus qu'un. Les yeux dans les yeux, leurs gémissements et murmures se faisaient écho.
Harry, allongé sur Ginny, lui agrippa la cuisse et la souleva, intensifiant son étreinte. Elle le serra fort et ferma les yeux. Elle voulut que ce moment ne s'arrête jamais. Qu'ils restent tous les deux enlacés jusqu'à la fin des temps, sans jamais plus entendre parler de guerre, de mages noirs, de Voldemort, de Harry en danger… non, elle ne devait plus penser à ça. Harry était là, tout contre elle, et il lui faisait tendrement l'amour. C'était tout ce qui comptait pour elle.
Au fur et à mesure de leurs ébats voluptueux, Ginny se retrouva sur Harry. Elle l'inondait de baisers et l'enivrait tellement qu'il se sentait pris dans un tourbillon céleste. Sa longue chevelure de feu envahissait son visage, il suffoquait. Mais cet étouffement lui provoquait un bonheur fou. Il brûlait d'une flamme nue. Sur cette terre où plus rien n'existait à part eux, il se noyait dans ce souffre, transporté dans les airs par les sensations que sa bien aimée lui offrait. La terre, l'eau, le feu, l'air… au cœur des quatre éléments qui l'entouraient, le couple allait bientôt connaître l'ultime extase.
Et dans cette course folle où la matière n'a plus lieu d'être, dans leurs efforts à se délivrer de cette délicieuse envie qui grandissait de plus en plus au creux de leurs entrailles, ils tombèrent l'un dans les bras de l'autre et s'envolèrent tout droit vers le firmament, telle une comète traversant la voie lactée.
Ils s'endormirent paisiblement, et restèrent tous les deux enlacés, pendant un moment qui leur sembla une fabuleuse éternité. A son réveil, Harry se retrouva contre le corps nu de Ginny. Elle lui souriait et lui caressait le visage.
- Je ne savais pas que l'on pouvait aimer à ce point, lui murmura-t-il.
- Et moi je me demande comment j'ai pu vivre toutes ces années sans toi...
- Je t'aime tellement, Ginny…
- Emmène-moi, Harry… emmène-moi loin, de l'autre côté du monde, souffla Ginny en se relevant.
- Si seulement je le pouvais…
Voir Ginny si malheureuse lui était insupportable. Il voulait son bonheur, et il voulait partager le reste de sa vie avec elle. Son regard se posa instinctivement sur l'anneau. Tout devint si limpide… Il se releva, prit le visage de Ginny dans ses mains, et la regarda intensément de ses grands yeux verts.
- Ginny… Tu vas peut-être penser que je précipite les choses, ou que je suis complètement inconscient …
Il cherchait ses mots. Visiblement, il voulait dire quelque chose de très compliqué, ou bien de très important. Devant la mine expectative de sa bien-aimée, il poursuivit :
- Si on s'en sort un jour, si tout cela finit, et surtout si on arrive à surmonter tout ça,….
Il poussa un soupir, tandis que Ginny écarquillait de plus en plus les yeux. Elle comprenait petit à petit ce que Harry voulait lui demander.
- Lorsque tout sera rentré dans l'ordre, est-ce que… ce que j'essaie de te demander, en fait,…
Mais il n'y arrivait pas. Ginny lui prit ses mains et lui sourit.
- Tu doutes, Harry ? lui demanda-t-elle calmement.
- Non, je n'ai jamais été aussi sûr de moi. Quand je te vois, tout est si clair… C'est comme un soleil qui me monte à la tête.
- Alors, de quoi as-tu si peur ?
- Tu voudras bien… devenir ma femme ?
Ginny tomba dans ses bras, et fondit en larmes.
- Oui… Oui je le veux… plus que tout au monde.
Il la serra très fort, et le couple resta enlacé tel une statue qui ne voudrait plus bouger. Harry serrait toujours l'anneau. Une douce chaleur commença à se propager dans son poing. Le jeune homme s'écarta de Ginny par prudence et ouvrit sa main. L'anneau était nimbé d'une douce lumière qui semblait s'amplifier en agrégeant des multitudes de petites lumières tourbillonnant comme des lucioles. Chacune de ces petites gouttes de lumière paraissait venir de Harry et de Ginny.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Ginny, émerveillée devant le spectacle.
- Je ne suis pas sûr, mais je crois que j'ai une idée, répondit-il le regard fixé sur l'anneau rougeoyant.
Harry passa l'anneau à son index. Le tourbillonnement des lumières s'accéléra, comme aspirées par un siphon dans l'anneau. Le rougeoiement qui nimbait l'anneau quelques instants auparavant, entourait maintenant Harry et allait en s'amplifiant. Cette aura rouge avait quelque chose d'impressionnant et même d'effrayant chez Harry. Le jeune homme paraissait près de s'enflammer. Il ferma les yeux et le rougeoiement disparut dans un éclair aveuglant. Lorsque Ginny retrouva l'usage de ses yeux, quelques secondes plus tard, elle retrouva un Harry plus souriant que jamais. Il ne lui laissa pas le temps de poser de questions. Il l'embrassa doucement sur les lèvres et murmura :
- Je me souviens…
