Le stade était blindé. Il avait été amélioré, pour faire face à l'explosion démographique du monde sorcier des années 2000. Le stade immense accueillait cette année plus de 150 000 personnes.
Ginny était dans la loge de la Gazette, sa baguette contre sa gorge, pour commenter le match en cours, la grande finale. Les Potter-Weasley était réunis dans une loge VIP, mais pas la loge ministérielle que Harry avait poliment refusée. Teddy, Hermione, Andromeda… étaient vêtus de rose criard, pour soutenir les Français. Le reste de la famille portaient des accoutrements farfelus aux pourtant sobres couleurs grises et blanches des Faucons de Falmouth, l'équipe nationale en lice. Ron avait glissé à sa femme, ne plaisantant qu'à moitié, qu'elle était une « traîtresse ». Ted avait choisi les couleurs de Victoire, Andromeda avait choisi les couleurs de Teddy.
Elle jetait des regards anxieux vers la loge des Malfoy.

Dans cette loge, non loin de la leur, sa sœur Narcissa était en retrait. Toute de noir vêtue, elle ne suivait que vaguement le spectacle qui se déroulait devant ses yeux. Son neveu portait une robe noire à reflets verts, très sobre, qui ne dévoilait aucunement l'équipe qu'il soutenait. Astoria portait une robe bleue, mais avait une fleur rose dans ses cheveux. Elle était blottie dans les bras de son mari. Scorpius portait une robe grise. Il regardait avec envie la loge d'à côté. « Je vais aller voir Rose et Albus ». Il sortit de la loge, s'engouffra dans les escaliers pour tenter de rejoindre ses amis. « Non, Scorpius, att… » Il était déjà parti. Ah les enfants…

Le ciel était sombre. On était en plein jour, et pourtant il semblait qu'il faisait nuit. Le stade s'égayait peut-être par touches de rose soutenu, mais sinon il était aussi gris que le ciel. Il pleuvait averse. Les joueurs dans les airs se débattaient autant que possible, entre les intempéries, les cognards qui étaient anormalement plus agités qu'aux précédents matches (deux joueurs avaient déjà été remplacés, pour blessures graves).

Ron regardait à sa droite. Il semblait aussi passionné par le match que par la loge d'à côté.
« Quelle discrétion » siffla Hermione.
« Hm… quoi ? »
« Tu es pathétique Ron. Vraiment tu… tu me dégoutes ! »
« Hola, hola ! Tout doux ! Qu'est-ce que j'ai encore fait ? »
« Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que tu as fait ? Qu'est-ce que tu fais ! Tu crois que je ne te vois pas, à baver sur les petites fesses galbées d'Astoria Malfoy ? Tu n'as pas honte ? »
L'atmosphère était électrique. Des éclairs illuminaient les visages furieux des époux Weasley.
Ron eut un sourire. Un sourire… affreux, mauvais.
« Je vous ai vu. » fit-il, tout bas.
« Quoi ? »
« Je vous ai vu. Malfoy, toi, au bal de fin d'année. »
« Je ne vois pas de quoi tu… »
« Hermione, je vous ai vu, toi et Malfoy. Tu es vraiment… vraiment. Astoria est une jolie femme, mais ce n'est qu'un fantasme. Alors que toi tu l'as… Vous... »
Ils se regardaient droit dans les yeux. Il avait raison. Oh non, il avait raison…

Et le ciel était si lourd. D'immense nuages noirs semblaient se rapprocher, encercler le stade.
Le ciel était bas. Si bas… C'était oppressant.

Les yeux bleus de Ron, si droits, si accusateurs. Ca aussi, c'était oppressant.

Le ciel se fendit. S'ouvrit en deux.
ET les Détraqueurs pénétrèrent. D'abord les baguettes se levèrent, pour lancer un « Expecto Patronum » assuré. Moins assuré, quand on vit le nombre des attaquants. Ils s'étaient réunis. Les Détraqueurs de tous les pays. Pas cent, pas mille, pas un million, pas un milliard. Innombrables.

Ils se rebellaient. Ils allaient se venger. Ils allaient vaincre ce monde sorcier. Faire de lui un monde sans âme et sans visage. Ils avaient choisi le moment parfait.
Harry se haïssait. Quels idiots ils avaient été ! La Coupe du Monde, bien sur…

Alors la panique s'installa.