On vient de me faire remarquer que ce chapitre était incomplet, d'où la mise à jour.
Je suis sincèrement désolée pour cet incident, je vous promets que je ferai plus attention la prochaine fois. J'espère que cela ne vous empêchera pas d'apprécier cette histoire malgré tout!!
37. Le trente-et-unième jour
Hermione fut bousculée sur le chemin vers le bureau de Rogue. C'était Draco Malfoy, qui s'écarta d'elle avec le visage déformé par la colère. Quand il remarqua qui il avait heurté, il cracha son venin en sa direction. « Que fais-tu là ? Les Gryffondors n'ont rien perdu dans les cachots ! »
« Retenue, Malfoy. » répliqua-t-elle brièvement. Rien ne remua dans le visage de Malfoy si ce ne fut un frémissement méprisant.
« C'est bien fait pour toi ! » lui siffla-t-il en réponse. Dès l'instant d'après le garçon frémissant d'émotion avait disparu dans l'ombre du couloir.
Hermione le suivit du regard stupéfaite. Lentement mais sûrement se formait en elle la certitude que Harry avait raison avec sa supposition que Draco était mêlé à quelque chose.
Elle se souvint de la façon dont elle l'avait remis à sa place en partant de l'idée qu'il exagérait souvent sans mesure. En ce instant elle avait un peu honte d'elle-même à cause de cela. Harry avait raison. Draco Malfoy se comportait de façon étrange. Et il s'était enfui du bureau de Rogue.
S'étaient-ils disputés ? Et qu'est-ce que cela pouvait signifier ?
Déterminée elle accéléra le pas et pénétra dans le sombre bureau. Pour la première fois elle ne ressentait aucune peur. Hermione ne pouvait nommer précisément ce sentiment. Mais ce devait être une sorte de confiance qui s'était construite au cours des dernières semaines. Et depuis que Rogue faisait du feu le soir, on ne se sentait plus comme dans une cellule meublée.
Ce bureau –c'était comme si elle le connaissait parfaitement.
Chaque alambic et chaque fiole poussiéreuse. Chaque détail de sa table de travail. Chaque foutue tâche d'encre. Depuis quatre semaine elle avait été assise ici chaque jour et avait laissé son regard flotter, quand Rogue n'était pas en train de lui demander de prononcer son nom, ou de la faire souffrir avec des attaques de Légilimencie.
Rogue n'était pas assis à son bureau cette fois, mais était debout prèsd'une étagère d'ingrédients juste à côté de la porte de son laboratoire. Quand elle regarda son visage, elle y reconnut la colère étouffée avec effort. Mais elle savait que cette colère n'avait rien à voir avec elle.
Sa main glissa sur le bois poli.
Malfoy et Rogue semblaient s'être véritablement disputés.
Les questions qui brûlaient sur la langue d'Hermione ne voulaient plus quitter sa bouche en ce moment. L'emportement qui reposait toujours dans l'air était presque à couper au couteau.
Elle choisit d'adopter un profil bas. Il était à supposer qu'il ne lui aurait de toute façon pas expliqué pourquoi il lui avait donné un Incomparable. En fait elle savait que le simple fait de lui donner cette composition était en soi la réponse.
Comme elle avait été aveugle.
Il ne la détestait pas. Elle aurait dû être heureuse. Aucun être humain qui détestait quelqu'un ne ferait autant d'effort pour aider cette personne. Il l'aidait, bien qu'il n'aurait pas dû le faire.
« Monsieur. »
Rogue bougea et ouvrit la porte du laboratoire sans la gratifier d'un regard. Elle le suivit tout aussi silencieusement. Ce silence. Il n'avait encore jamais été si bruyant. La potion bouillonnait sur le feu en répandant des odeurs sucrées et ne semblait pas déranger les deux personnes qui se tenaient maladroitement l'une à côté de l'autre.
Hermione se pencha sur la liste avec les ingrédients et inspira l'odeur de Rogue. C'était devenu une sorte de rituel. Quelque chose qu'elle voulait faire durer aussi longtemps qu'elle le pouvait.
De la peau de serpent d'arbre du Cap, lut-elle sur le parchemin.
Rogue s'empara d'une petite boite et la déposa près de la planche à découper et indiqua le couteau. « Coupez la peau en petites bandes. Jetez-là dans le chaudron. Laissez cuire dix minutes. Remuez vingt fois à gauche et vingt fois à droite. En prononçant le nom de l'être détesté et la soupe est fini. » expliqua-t-il d'une voix rauque. Sur ses paroles dites comme une conversation il voulut se détourner pour aller dans son bureau.
« Mais, Monsieur, je dois toute seule-»
Rogue se tourna vers elle et la gratifia du regard de ses yeux sombres. « JE me souviens très bien des paroles qui vous ont échappé dans le bureau de Dumbledore. Vous affirmiez que je ne reconnaissais pas vos performances. »
Hermione regarda touchée la table devant elle. « Oui, Monsieur. J-j'étais très en colère, m-mais-. »
« Pas de discussion, Granger. Toutes les étapes du travail sont dans le livre qui se trouve devant votre nez. Je ne pense pas que vous avez oublié comment lire depuis hier. »
Sur ces paroles il quitta le laboratoire d'un pas étrangement lourd.
Peu de temps après parvint le bruit d'une plume en train de gratter depuis son bureau.
Il te fait confiance, Hermione. Ne le vois-tu pas ? Ne t'emporte pas. Tu as toujours été douée en potions. Et ceci est la première fois qu'il l'a admis. Cela a quelque chose de grotesque, mais il l'a fait !
Incomparable. Il ne voulait pas gaspiller sa salive là-dessus.
Hermione remarqua que le sang lui montait aux joues. Elle n'aurait que trop aimé pouvoir mettre des mots sur ce qui s'était produit là. Elle se voyait encore survoler incrédule les notes provenant de plume de Rogue. Il lui semblait encore qu'elle repensait à un rêve. Mais non, cela remontait à seulement quelques heures.
Elle s'empara d'un peu de peau de serpent et du couteau. Malgré l'envie de se dépêcher, elle accomplit le travail soigneusement étape par étape. Aussi longtemps qu'il ne la sommait pas de venir pour un cours d'Occlumencie, elle n'allait pas s'énerver.
Elle jeta les deux morceaux de la peau de serpent qu'elle avait coupées avec précision en de fines branches dans la potion à gros bouillons blancs et observa comme elles s'enfoncèrent dans le liquide.
Tourner une fois, disait le livre. Elle s'empara de la cuillère à remuer et fit ce qui était indiqué la potion prit une couleur légèrement jaunâtre. Hermione soupira de soulagement. Un sourire se glissa sur ses lèvres. Elle remit la cuillère à remuer à sa place et quitta le laboratoire pour s'asseoir sur la chaise devant le bureau de Rogue. Elle savait qu'il ne dirait pas un mot. La plaie gryffondorienne était assise chaque soir là-bas et laissait son regard flotter.
Rogue s'empara du sablier et murmura « Dix minutes. »
La masse de sable diminua. Il la retourna à sa place. Durant un moment Hermione ne put rien faire d'autre à part regarder le sable s'écouler. Encore vingt-huit jours. Vingt-huit jours. Mors amoris.
Soudain Rogue leva le regard. « Prenez une bonne fois pour toutes un livre. Je préfère que votre regard soit collé au parchemin plutôt qu'à moi ! » grogna-t-il.
Hermione leva les sourcils d'un air interrogateur. « Etes-vous sérieux, Monsieur ? »
Une expression d'ennui glissa rapidement sur son visage, avant qu'il ne s'empara d'un geste brusque d'un livre qui se trouvait sur le bord de son bureau. Il le lui tendit. « De toute façon vous n'avez pas beaucoup de temps, Miss Granger. »
Elle prit le livre d'un geste hésitant. Elle ne pouvait croire que c'était le même que celui qu'elle avait voulu traiter d'horrible bâtard.
Qui êtes-vous ? voulait-elle demander. Les paroles moururent sur ses lèvres souriantes. Elle le prit. C'était mieux que tout ce qui s'était passé auparavant.
« Merci, Monsieur. »
« Cessez de me remercier. Cela m'agace prodigieusement. » lui fut grogné en retour.
Son visage et son regard disparurent à nouveau à moitié derrière ses cheveux alors qu'il se tournait à nouveau vers sa table de travail.
Hermione jeta un coup d'œil sur le livre qu'il lui avait tendu. Utilisation des potions dans l'art de soigner. Pas exactement ce qui l'intéressait au plus haut point, mais c'était mieux de laisser ses yeux survoler ce texte que de les garder fixés avec nostalgie sur l'homme devant elle. Les dix minutes passèrent rapidement. Hermione avait à peine jeté trois coups d'œil sur le sablier, que tout le sable s'était déjà entièrement écoulé. Sans un mot elle se leva, ferma le livre et le déposa sur le bord de la table. Son regard glissa rapidement sur elle d'un air impérieux, avant de glisser à nouveau sur le parchemin.
Elle alla à pas lent dans le laboratoire et quand elle fut debout devant le chaudron et baissa les yeux sur le liquide bouillonnant, toute la fierté s'en alla. Durant un moment elle pensa à renverser le chaudron.
Elle s'empara précipitamment de la cuillère.
Encore vingt-huit jour. Que cela soit derrière toi.
Elle conduisit le rituel avec la même précision que celle avec laquelle elle accomplissait toute chose. Et quand elle eut fini, elle fit baisser les flammes sous le chaudron et reposa la cuillère à remuer et le couteau à leur place exacte. Son cœur battait, pourtant il se calma rapidement grâce à la certitude d'avoir accompli avec soin sa tâche, même si à contre cœur.
Après avoir rangé, elle voulait quitter la pièce. Son regard tomba tout à coup sur quelque chose. C'était des tâches rouges foncées sur le sol. Comme du sang. Son regard glissa vers l'évier. Là-bas aussi on pouvait voir quelques gouttes. Qu'est-ce que cela signifiait ?
Ce fut seulement à cet instant qu'elle remarqua que Rogue se tenait à la porte. Ses yeux noirs l'observaient d'une façon remarquablement détachée.
Le regard d'Hermione allèrent et vinrent durant un court instant entre le sang sur le sol et ses yeux, avant qu'elle détourne le regard gênée. « Terminé, Monsieur. »
« Alors vous partez maintenant. » dit Rogue. « J'ai décidé que jusqu'à l'année prochaine il n'y aura plus de cours d'Occlumencie. »
« Mais, Monsieur. Pourquoi ? »
« Car de toute façon vous n'êtes pas grand-chose de plus qu'un petit tas digne de pitié ! Nous allons attendre jusqu'à ce que la potion soit achevée. Je ne pense pas que nous progressions tant que le second plus grand ennemi de l'Occlumencie ne sera pas abattu. »
Il se détourna sans attendre un mot de réponse. Mais Hermione n'avait pas de mot de réponse. Malgré la force avec laquelle les visions la hantaient. Elle savait qu'il avait raison.
Elle quitta son bureau à pas rapides, sans même jeter un coup d'œil en arrière.
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