Merci beaucoup Marie ! J'espère que ce chapitre n'est pas trop long, et qu'il répondra à tes questions ;)
Chapitre 37 : Désordre
La jeune fille marchait doucement. Elle s'approchait d'une fenêtre discrètement, l'ouvrit de sa force sans faire de bruit. Elle tenta de regarder vers la gauche, vers le salon, mais ne pouvait pas entrer dans la maison faute d'y avoir été invitée. Ainsi elle ne put voir que le canapé, où Matt et Kaelynn étaient amassés, l'un sur l'autre, visiblement partis loin avec Morphée, et devina que la télévision était encore allumée car elle projettait sa lumière sur eux.
La vampiresse prit une branche qu'elle trouva assez longue et solide, et la passa à l'intérieur, réussissant ainsi à atteindre un porte-manteau. Avec l'objet, elle décrocha une veste et la ramena vers elle, quand elle entendit ce que le journal télévisé disait. On parlait d'une roulotte, ayant explosée en pleine forêt, non loin de Mystic Falls. Bien qu'aucune victime n'avait été à déplorer, la jeune fille fut assez décontenancée pour faire tomber la branche, et ce à l'intérieur de la maison. Elle tenta alors de remettre la veste en place en la lançant sur le porte-manteau, en vain. La panique montait, elle sentit Kaelynn s'éveiller. La brune, perturbée, leva la tête péniblement et regarda autour d'elle. Quand elle aperçut la fenêtre, la sorcière s'était déjà envolée.
Damon était endormi sur le dos, le torse nu, un drap le recouvrait jusqu'à la taille, et sa main était dirigée vers son portable, posé au coin du lit. Celui-ci vibra, puis sonna, affichant le nom de Kaelynn. La sorcière, postée alors près de la chaise où reposait les vêtements du vampire, le vit bouger, se dit qu'elle était maudite, et disparut.
Le jeune homme ouvrit simplement les yeux, aperçut le téléphone et s'en saisit.
«Il faut que je te montre quelque chose.
- Je suppose que c'est à propos de ce que tu as appris pendant votre petite sortie d'hier à laquelle je n'étais pas conviée.
- Ce n'est pas moi qu'il faut blâmer.
- Va droit au but, soupira-t-elle, entrant chez la sorcière.
- Je sais qui menace Kaelynn, comment elle compte s'y prendre, et je saurais même la reconnaître, avoua Bonnie, ayant clairement vu Marina dans l'esprit du vampire de la veille mais ne pouvant pas encore mettre de nom sur son visage.
- Quelqu'un menace Kaelynn ? s'affola son amie.
- On voit que tu t'intéresses !»
Caroline entendit alors un bruit, et elles se dirigèrent vers son origine, la chambre de Bonnie. La fenêtre était ouverte et un bâton gisait tout près.
«Le grimoire !
- Quel grimoire ?
- Suis un peu, celui que Kaelynn avait trouvé chez Kyle, expliqua la brune. Quelqu'un m'a pris le grimoire aztèque.»
Kaelynn s'était levée et approchée de la vitre en composant le numéro de son ami vampire, remarqua la branche, la veste. Passant la tête dehors, elle vit que l'herbe avait été écrasée, quand Damon décrocha enfin.
«Allô ? l'entendit-elle, encore bien endormi.
- Ouh, rien que ta voix au réveil casse le mythe, plaisanta-t-elle.
- Tu commences, dès le matin Kaelynn ?
- Oui, j'atteindrai ton niveau quand je dirais constamment des bêtises sans même me rendre compte qu'elles en sont, alors j'ai encore du boulot.
- Eh, tu me prends en traître, je suis pas assez réveillé pour répliquer ! s'offusqua le vampire.
- Je suis désolée pour hier, je n'ai pas été tendre, reprit-elle plus sérieusement.
- C'est vraiment le moins qu'on puisse dire, railla-t-il, se rémémorant la veille en passant une main sur son front. Tout va bien, tu m'as l'air nerveuse ? D'habitude, tu ne t'excuses pas.
- Non ça va, élucta-t-elle, changeant de ton.
- Kaelynn, n'oublies pas que je sais quand tu mens.»
Elle savait que sa voix devenue plus aigüe la trahissait, mais sourit ironiquement, se disant que si c'était réellement le cas, leur conversation aurait une autre tournure. Elle comprenait d'où venait le dérangement, ou plutôt de qui, et renonça alors à prévenir Damon. Ils avaient assez de problèmes pour qu'elle lui parle de la sorcière qui lui jouait des tours, ce qui, elle le savait, les conduirait à d'autres disputes.
Ainsi, elle lui mentit à nouveau, d'un mensonge à moitié vrai et donc plus crédible.
«Tu me manques, dit-elle alors.
- Tu me manques aussi, répondit-il.»
Précautionneusement, Kaelynn referma la fenêtre. Un sourire s'épanouit doucement sur la joue gauche du jeune homme. Quelqu'un d'autre aurait eu une attaque en l'entendant dire cela, mais il pouvait se le permettre avec elle, elle le connaissait, profondemment. Seulement, malgré les efforts pour lui faire confiance, une discrète perception lui indiquait que la tueuse couvait quelque chose.
Kaelynn s'assit près de Matt pour le réveiller, le secoua avec douceur, et il ouvrit les yeux, un sourire naissant lentement sur son visage. Elle aimait faire cette effet ; rendre quelqu'un heureux de sa simple présence, aussi sincèrement que l'attraction n'agissait pas sur lui.
Elle alla préparer le petit-déjeuner en lui répétant de se lever, mais à peine arriva-t-elle dans la cuisine que son portable la dérangea de nouveau. Elle crut un instant que c'était Damon, car elle savait qu'il sentait que quelque chose clochait. Elle fut alors inquiète jusqu'à reconnaître la voix, mais celle-ci ne la rassura pas plus.
«Bonjour Kaelynn.
- Pourquoi appeles-tu ? grogna-t-elle, frustrée.
- Ne me suis-je pas assez comporté en ami pour que tu cesses d'être agressive ?
- Tu sembles voir ça comme un devoir plutôt que quelque chose de naturel, rétorqua-t-elle. ...Que veux-tu ?
- Te parler, déclara-t-il.
- C'est sérieux ? s'étonna la brune, prise de court.
- Juste une fois.
- ...Alors...juste une fois, concéda-t-elle rapidement, et lui raccrocha au nez.»
Une part d'elle pensait qu'il l'appréciait vraiment. L'autre criait qu'il ne voulait que se la mettre dans la poche pour éviter les problèmes qu'elle pourrait lui apporter, si elle pouvait, et cette partie avait considérablement grandie depuis qu'elle savait que Marina agissait pour l'Originel. Enfin, il restait l'hypothèse que l'attraction agisse sur lui, mais elle en doutait fortement. Voilà, il avait fallut un simple coup de fil et de nouveau, elle était perdue.
La brune y songeait en buvant son verre de verveine, en glissa dans le café de Matt et allait sortir, quand ce dernier la rejoint.
«Kaelynn, pas cette fois, tu dois aller au lycée.
- J'aime pas l'école, se défendit-elle.
- Quelle excuse ! Allez, ne me laisse pas tout seul, insista-t-il.
- Ne joue pas à ça, tu sais pertinemment que je ne vais pas résister à ce regard implorant...
- Tu me laisserais affronter la vision de Caroline et Tyler, et Elena et Stefan ensemble ?
- Avec un peu de chance, ils seront absents aussi ? tenta-t-elle, puis changea de tactique et regarda vers la cuisine en feignant l'affolement : Un écureuil, il vole tes biscottes !»
Il avait tourné la tête une seconde, mais se ravisa rapidement et la retint par les bras.
«Cette fois tu ne m'auras pas, para Matt.
- Très bien, juste le matin alors, concéda-t-elle, vaincue, et il se fit pardonner sans le savoir d'un nouveau sourire.»
Il se gara sur le parking du lycée, et ils se dirigèrent vers l'établissement. Matt parla de tout et de rien, mais Kaelynn sentait son inquiétude ; il voulait profiter d'un maximum de moments avec elle depuis qu'elle avait pretexté des problèmes cardiaques, qui n'étaient pas totalement faux.
Ils s'interrompirent quand un couple qu'ils connaissaient passa devant eux. La brune se crispa tandis qu'ils se saluaient. Elle leur dit bonjour faiblement, détourna le regard, ce que capta Elena. Celle-ci proposa alors à Stefan d'aller en cours, mais le vampire répondit avec surprise, qu'il devait parler avec Kaelynn. Sous les regards de protestation discrète des deux Petrova, il leva les mains et assura qu'il n'en avait pas pour longtemps.
«Quelque chose ne va pas ? demanda Matt.
- Disons qu'ils ont quelques ressentiments et qu'ils essayent de les régler, élucta la sosie, tâchant d'expliquer les choses sans en dire trop, et les observa discuter plus loin.»
«Je t'écoute, chrono lancé, annonça l'esprit.
- Comment te sens-tu ? s'inquiéta-t-il alors.
- Quoi ? s'offusqua-t-elle, et se prit à repartir. Si c'est pour ça, tu pouvais m'appeler !
- Non. Tu t'éloignes de tes amis et je veux m'assurer que ce n'est pas pour rien, tu n'as plus de symptômes ?
- Non.
- Bien. Une dernière chose : L'isolement pousse au détachement, donc sais-tu toujours où est ta place ?
- Euh, avec vous non ? répondit-elle, naturellement.
- C'est ce que je voulais t'entendre dire ! sourit Stefan, clairement rassuré. Je ne t'embête pas plus !»
Il lui souhaita une bonne journée et repartit au plus vite, remarquant qu'elle avait tout bon. Elle sourit à cette attention ; elle comptait.
Seulement, elle avait besoin de réfléchir, ce à quoi elle occupa le cours de sciences. Oh, et pourquoi au juste ? Ses soucis se compliquaient chaque jour davantage et de toute façon, elle finirait pas mourir assassinée par Marina ; alors pourquoi s'en faire ?
Parce qu'elle ne se laisserait pas faire ainsi, ce serait renoncer, et offrir la facilité à ses ennemis, ce qu'elle ne pouvait concevoir. Elle avait des alliés, Stefan le lui avait fait réaliser, même si elle ne s'en servait pas, et pouvait se défendre contre ceux qui lui voulaient du mal.
Au centre-ville, elle croisa Damon, qui, gardant ses distances de sécurité, lui proposa une escapade mutinerie-de-vampires. Elle refusa, prétextant devoir retrouver Kyle. Elle le vit froncer les sourcils et sentait qu'il y avait plus que de la frustration, mais il n'insista pas et se rendit au Grill, un peu avant que son frère en ressorte.
Justement, Stefan aperçut Kaelynn, encore sur la place. La brune avait elle trouvé celui qu'elle cherchait. Elle l'avait vu au loin, dans le parc, et s'y rendit d'une détermination toute fraîche, les idées et les convictions claires. Ne le voyant plus, elle se retourna et sursauta, le trouvant alors juste derrière elle.
«Pourquoi as-tu peur ?
- Je n'ai pas peur, je n'ai peur de rien, déclara-t-elle, repensant au journal de William.
- C'est une belle journée, tu ne trouves pas ? fit tranquillement son vieil ami.
- Me parler météo, c'est ça que tu voulais tellement ? rétorqua l'esprit.
- Viens avec moi, la nature de ce parc est contrainte. Laisse-moi t'en montrer une authentique.»
Il lui tendit une main. Elle la prit difficilement, mais la prit quand même, et disparut avec Klaus sous les yeux ébahis de Stefan.
Tout ce qu'elle espérait, c'est qu'il n'altérerait pas l'opinion qu'elle avait de lui, car ce serait considérablement compliquer les choses. Ils étaient dans un champ dont elle ne connaissait pas l'existence jusqu'alors, mais le trouva particulièrement beau, comme si une brise de magie y flottait.
«N'est-ce pas mieux ?
- Tellement, ça dois te rappeler ton passé, quand tout n'était que nature ?
- Ne sois pas méchante, demanda l'Originel, et s'assit dans l'herbe.
- Pourquoi pas ? répondit-elle sans animosité, s'asseyant à son tour. Tu as bien envoyé Marina toi.
- Marina ne fait que garder un oeil sur toi.
- Un vrai ami a donc besoin d'espionner ? reprocha-t-elle.
- Tu parles comme si tu ne savais pas que Damon le fait chaque soir.
- Il quoi ? s'étonna la brune.
- Crois-tu qu'il est possible qu'il t'aime ? s'enquit Klaus, les yeux plissés d'intérêt.
- Non ; il a besoin de mettre ses distances avec Elena et l'attraction magique fait le reste.
- Hm, intéressant : Alors tu es capable d'attirer les vampires autrement qu'en leur donnant envie de ton sang, tu ferais fureur à mes côtés.
- Menacer, tuer, répandre le mal. S'il te plaît, laisse ça à ta vampire de sorcière ; ça l'amuse tellement.
- Marina, depuis qu'on l'a transformé contre son gré, cherche simplement sur qui passer sa colère. Sinon, elle est vaine.
- Tu parles comme si tu ne savais pas ce qu'elle fait de mon coeur, reprocha-t-elle à nouveau.
- Elle quoi ? s'étonna le blond, puis resta silencieux, songeur, tandis que Kaelynn se révoltait.
- Un Originel tu dis ? Même pas capable de surveiller les faits et gestes de ses sujets ? Tous les jours, j'ai droit à une piqûre de rappel, qui fait vachement mal, et elle menace mes amis avec ses vampires. ... Tu sais quoi ? se décida-t-elle soudain. Négocions : J'accepterais de "travailler pour toi" à quelques conditions : Je tue Marina, pas un seul de mes amis n'est touché, et je veux la preuve qu'une fois, juste une fois, tu as été sincère avec moi.
- C'est loin d'être un problème, sourit-il doucement.»
Il la regarda droit dans les yeux, pensif, et la jeune fille sentit qu'il lui insufflait une scène du passé.
Klaus et Kaelynn se battaient, gants de boxe aux mains, et semblaient s'amuser tout en s'entraînant.
«C'est horrible, ce que tu me fais faire, plaisanta-t-elle, évitant un coup.
- C'est pour ton bien, assura le vampire.
- De mon temps, si une fille faisait ça, on...Aïe.
- Ne me dis pas que tu étais du genre à jouer à la poupée ? Je te voie plus en train d'admirer les médailles de combat de tes aînés à travers une vitrine. Allez, plus fort, petite maladroite, un lapin me ferait plus mal.»
La jeune fille, audacieuse et frustrée, envoya soudain un coup de genou dans les côtes de l'Originel, lui en brisant quelques unes.
«Joli coup..., lança-t-il d'une voix étouffée. ...Ok, passons maintenant aux techniques d'immobilisation.»
Il lui en apprit quelques unes, qu'elle assimila vite et retourna contre lui. Etonné de sa rapidité, il para sans penser aux conséquences et d'un geste, fit bruyamment craquer son bras. Elle l'agrippa, tentant ainsi de retenir la douleur tout en se laissant glisser contre le mur, alors que l'Originel lui apportait de la veine de vénus.
«Attention, ça te brûle, constata la jeune fille.
- Ce n'est rien, répondit-il, puis remarqua : L'os est sorti.
- Ca va faire mal c'est ça ? comprit-elle.
- Courage : Un, deux...
- Aaah ! Trois, c'est à trois que je suis censée être prête mentalement, pas avant ! ragea la brune, hors d'elle, pendant qu'il lui faisait pressement ingérer une herbe qui lui consommait les doigts.
- Ca va mieux ? s'inquiéta-t-il.
- Crétin !
- Carrément incassable et en plus polie, taquina-t-il. Et maintenant ?
- Hmhm, acquiesça-t-elle, mais essaya de le bouger et eut de nouveau mal. Ca va passer, encore un peu de temps.
- Je suis désolé, s'excusa le vampire, voyant ses sourcils froncés de douleur, tourmenté de lui avoir infligé ça.
- Ce n'est pas grave, je guéris en un rien de temps, assura-t-elle, essayant de sourire. Dis...on est ami, pas vrai ?
- Plus que ça, répondit-il, lui ayant maintenant apporté un verre d'eau, et s'accroupit près d'elle, il essuya les larmes qui avaient pointées au coin de ses yeux. J'ai l'impression qu'avec toi...je peux être vrai, me montrer comme je suis, et même rire sincèrement - grâce à tes bêtises ; ce qui ne m'était pas arrivé depuis très longtemps.
- Quelle exception je fais, plaisanta-t-elle, toute fière, et sentant que son bras allait mieux, son moral fit de même. En plus, je t'ai mis une bonne correction !»
Elle le poussa et se mit à courir, essayant de semer son ami qui la rattrapa en un rien de temps. Apparaîssant en face d'elle, ils se mirent à sourire malicieusement. Kaelynn jeta un regard au meuble qui les séparait et le renversa soudain devant lui, pour fuir dans les escaliers. Mais elle fut attirée au sol quand le vampire la tira par le pied, arrivant au-dessus d'elle pour l'immobiliser.
«Doucement, tu vas me tuer ! Contrôle-toi un peu, espèce de gamin, s'écria-t-elle en se débattant, et cessa soudain, apercevant quelque chose par la porte d'une pièce.
- C'est...
- Un cadeau. Je ne voulais pas que tu le vois tout de suite mais...
- Quelle occasion ? le coupa-t-elle, pensive, s'étant levée et approchée pour mieux admirer la robe.
- Un an, ça fait un an, depuis le jour où je t'ai retrouvé dans cette forêt.
- Un an qu'on rigole bien, tu ne trouves pas ? dit-elle en se retournant, et en ressentant soudain le besoin, se précipita vers lui comme une petite fille pour le serrer dans ses bras.»
La Kaelynn et le Klaus du présent se regardaient. La tueuse restait impassible. Elle réalisait qu'à cette époque, elle était encore la jeune fille insouciante et directe qu'elle avait automatiquement cessée d'être après avoir affronté son premier vampire en ayant tous ses esprits, nommé Mikael Michaelson. Elle se prit à profiter discrètement du soleil sur leur peau et du souffle frais qui les berçait, ne voulant pas laisser voir qu'elle appréciait ce moment. La brune était troublée, l'atmosphère était réellement étrange, une chaleur qui la traversait complètement la poussa à être agréable. En effet, elle se redressa, voulant se montrer méchante avant de partir, mais n'en eut pas le coeur.
«C'était il y a trois ans...
- Rien n'a changé, affirma le vampire.
- Oui, je ne sais pas toujours pas où je vais, à quoi je vais consacrer ma vie, si ce n'est pas trop tard. Tu te rappelles m'avoir posé cette question ?
- Je m'en souviens. Tu n'avais pas répondu et étais directement rentrée. Je t'avais entendu pleurer ensuite.
- L'errance, c'est sympa un moment, reprit-elle, mais j'aurais voulu fonder une famille et vivre dans le bonheur et la simplicité d'un petit foyer sans soucis. Sans vampires, sans loups-garous, juste avec quelqu'un qui prendrait soin de moi et inversement, ...je ne demandais pas grand chose. J'ai besoin de trouver un sens à ma vie. Qu'en est-il de toi ?
- Je le cherche, désespéremment, et crois l'avoir trouvé à chaque virage.»
La jeune fille cueilla une marguerite qui avait croisé son regard, et s'approcha de lui. Elle la lui tendit doucement, hésitante.
«J'ai l'impression de revenir en arrière, avoua-t-il, observant cette marque d'amitié.
- Eh bien, un conseil pour me remonter le moral ?
- Trouve qui aimer, ça t'apaisera.
- Donc, je suppose que tu n'es pas en paix, conclut-elle, plus morne.
- Est-ce si difficile à deviner ? ironisa-t-il, puis remarqua qu'elle se levait. Tu t'en vas ?
- J'ai accepté de te voir une fois, le temps imparti est terminé. Bonne...continuation, Nicolas, dit-elle avant de s'éclipser.»
L'effet de l'environnement s'était estompé sans qu'elle s'en rende compte, elle avait donc pu instantanémment retourner à ses airs distants et replacer la barrière empêchant l'accès à ses sentiments.
«Damon, tout va bien ?
- Ouais, laisse-moi aller charmer une fille inintéréssante, histoire de me changer un peu les idées, proposa-t-il, ailleurs.
- Explique, le convia Stefan.
- Quoi, tu es dans ta journée frère attentionné ? railla le vampire dans un regard de reproches.
- Exactement, sourit-il, parant le pessimisme de son frère.
- ...Tu sais déjà que ça fait une bonne semaine que je ne fréquente plus Kaelynn, ou à peine ? commença l'aîné, et le cadet acquiesçait. C'est en train de me rendre fou. Ce qui me rend encore plus fou, c'est que même quand je lui propose des trucs qui pourraient l'aider à aller mieux, elle refuse en bloc. Elle fait la désintéressée quand je l'appele. Elle vit sa vie de son côté, mais devient secrète. Je veux bien qu'on s'évite mais pas qu'on en vienne à s'éloigner pour de...Pourquoi je te raconte ça moi ! se réveilla-t-il et partit.»
Il fallait qu'il arrête de baisser ainsi sa garde. Ce n'était pas qu'il était contre améliorer la relation avec son frère, c'est juste qu'il n'en avait pas l'habitude et qu'il ne voyait pas pourquoi soudain cela changerait. S'il voulait parler, il y avait Kaelynn, enfin, en temps normal.
Celle-ci se rendait justement à la pension, se décidant enfin à le voir. Elle ne voulait pas perdre de vue que c'était lui son vrai ami, pas un criminel menteur et manipulateur. Pourtant, Klaus ne savait pas comment agissait Marina jusqu'alors, donc en somme, il n'avait rien entreprit pour lui causer du tort, quelle hypothèse à son sujet était la bonne ? N'entendant personne, elle entra, et tomba nez à nez avec un vampire, plutôt en colère.
De même, Marina rentrait d'une longue promenade, passa la porte de son appartement, et fut violemment immobilisée par le cou.
«Kaelynn, à quoi joues-tu ?
- Ne t'en fais pas, j'ai assez tué de vampires ces derniers temps pour pouvoir venir, assura-t-elle, remarquant réutiliser les arguments de Damon. ...Quoi, tu m'en veux encore pour la morsure ? Il faut avancer dans la vie non ?
- Je parle de Klaus.»
«Je savais que je n'aurais pas du te laisser garder son coeur, ragea l'Originel.
- Alors elle te l'a dit ; la balance, pesta Marina, jetant le regard sur le côté.
- Je t'ai demandé de ne pas l'amocher, n'est-ce pas assez clair ? s'emporta-t-il.
- Mais elle me pourrit la vie !
- Ah oui ? Cette petite perle d'innocence ?
- J'ai été à Campbellton, expliqua-t-elle, j'ai découvert qu'elle a réduit à néant mes seuls alliés. Et l'odeur de son sang me torture un peu plus chaque jour.
- Et pour le sort ?
- Elle n'a toujours pas bu de sang humain ! ragea-t-elle à son tour, la voix étouffée.
- ...Qu'est-ce que je fais avec toi ? s'offusqua Klaus. Il la relâcha, la laissant tomber au sol d'un coup. Tu es bête, impulsive...et faible.
- Je me rattraperai, je te le promets, assura la vampiresse et se releva en vitesse. Je te laisse le soin de garder son coeur, si ça peut m'empêcher de passer mes nerfs dessus.
- Fais donc ça.
- Pourquoi tiens-tu autant à ce que...? s'interrogea Marina dans un élan d'incompréhension. Lui veux-tu du bien, ou du mal ?
- La pleine Lune va passer, et j'imagine qu'on ne peut pas espérer qu'elle se nourisse d'un humain d'ici ce soir, ignora l'Originel, préoccupé.
- Ah, c'était donc pour ça la petite sortie aujourd'hui ? Et l'ambiance magique que tu m'as demandé ? comprit-elle, ses lèvres s'étirant doucement : Les événements qui découleront de ce sort perturberont pour toujours votre relation et tu ne sais pas encore dans quel sens, alors tu voulais profiter d'un dernier moment sympa avec la petite perle ?
- En parlant de ça, le sort que tu as jeté au champ n'a pas tenu jusqu'au bout : Tes pouvoirs s'affaiblissent. Mais la prochaine fois sera la bonne, assura-t-il, et quitta la pièce.
- Oui, espérons qu'elle ne se rende pas compte de ses capacités d'ici le mois prochain alors, termina Marina, à elle-même, dans un haussement de sourcils et un soupir.»
Elle s'étonnait de la manière dont elle tenait tête à l'Originel aussi naturellement. La colère avec laquelle elle était morte s'était décuplée à sa transformation et l'assurance était venue avec ses pouvoirs de sorcière. Elle repensa soudain à quelque chose et retourna pressemment voir le vampire pour lui annoncer ce dont elle était en possession, espérant lui faire plaisir comme une enfant rendrait fière son père.
«Katherine, je peux presque le comprendre. Klaus, non. Je sais que tu l'as longtemps considéré comme un ami, mais...
- Mais vous prévoyez de le tuer. Klaus a accru mes pouvoirs, c'est à cause de lui que je ne peux plus vous fréquenter, tu crois que je le porte toujours dans mon coeur ? démontra-t-elle, et ajouta, voyant qu'il n'était pas convaincu : ...Stefan, j'essaye de trouver des solutions pour ne pas attirer plus de problèmes sur vous. Le comprends-tu ?
- Je comprendrais quand tu daigneras bien nous expliquer, répondit-il, et elle savait qui il incluait dans ce nous.
- Je veux juste savoir ce que Klaus me veut, c'est simplement ça ! jura-t-elle dans un élan de dévouement, que le vampire refusa.
- Alors pourquoi est-ce que ça sonne si faux ? demanda-t-il, perdu.
- Laisse tomber, soupira la brune, secoua lentement la tête, et retourna vers la sortie.
- Tu avais dit que tu étais du bon côté, ajouta-t-il alors.»
Stefan avait des doutes grandissant à son sujet. Dès le début, il ne lui avait pas accordé sa confiance, se tenant à distance. Mais au fil du temps, elle avait prouvé sa bonne foi, c'est pourquoi il lui était difficile de la concevoir comploter avec leur ennemi commun. Seulement, ce qu'il ne savait plus, c'est si elle considérait toujours l'Originel comme un ennemi, et partagait l'impression de son frère.
«Et il est où ce bon côté ? Avec vous les vampires ? s'emporta-t-elle, revint sur ses pas en laissant tomber son sac, se libéra de la frustration qui l'avait gagnée, exaspérée de ne plus réussir à assembler les éléments qui l'entouraient en une chose compréhensible.»
Il comprit enfin ce qui la tourmentait dans ses relations : Ce n'était pas dans la nature des choses. Elle agissait étrangement car elle avait du mal à accorder sa confiance à des êtres qu'elle était censée tuer, que ce soit Klaus, ou eux ; la distanciation forcée ne faisant qu'accentuer le phénomène.
Voyant toujours une expression de trahison au visage du vampire qui la contrariait comme rien d'autre, Kaelynn resta silencieuse un instant, puis demanda d'une voix faible de désespoir, articulant doucement :
«Où est ma place Stefan ?»
Il ne répondit pas, la prenant soudain dans ses bras par instinct. Elle recherchait l'ordinaire, on ne lui donnait que du surnaturel, comment pouvait-elle s'y retrouver ? pensa-t-il. Son véritable instint se réveilla alors, caractérisé par un visage transformé par la proximité de l'esprit.
Elle comprit dans la seconde, aperçut la blancheur de ses dents, acquiesça à la demande silencieuse de son regard et s'éclipsa.
Plus loin, elle remarqua qu'il n'avait pas répondu à sa question, ce qui la conforta dans l'idée que sa place était avec les morts, comme sa tombe et son coeur vagabond le laissaient entendre.
«Sers-moi ce que tu as de plus fort, supplia-t-elle, à l'encontre de Matt, au Mystic Grill.
- Quelque chose ne va pas ?
- Rater l'école, ça descend le moral, mentit-elle.
- Tu rigoles ?
- Je pensais juste à un ami, expliqua la jeune fille, but le verre, puis ajouta : Et en fait je ne sais plus quoi penser de lui.
- Est-ce qu'il t'a fait du mal ? demanda le blond.
- Superficiellement.
- Est-ce qu'il t'a abandonné ?
- Je ne pense pas.
- Est-ce qu'il tient à toi ?
- Je crois.
- Alors la réponse est toute prête, conclut Matt.
- Oh, il y a tellement plus à analyser, songea-t-elle, et se décida déjà à repartir.»
Damon, ayant passé tout ce temps au Grill à se saouler, l'avait aussitôt sentit entrée, et, craignant leur discussion, s'était contenté d'écouter à distance une conversation et un comportement qui le laissaient dans l'incompréhension. Son attention fut à nouveau requise quand deux autres êtres surnaturels entrèrent avant que la jeune fille n'atteigne la sortie.
«Kaelynn ! On doit te parler ! s'écria une sorcière.
- Si je comprends bien, tu l'as mise au courant, railla celle-ci en voyant Caroline, et eut une moue dégoutée, puis passa à travers elles. Je n'ai pas le temps.
- C'est important, la retint la vampiresse en saisissant son poignet, quand quelque chose de singulier se passa.»
Les yeux de la jeune blonde prirent leur apparence naturelle, et ses crocs se firent plus voyants, mais ce n'était pas une perte de contrôle normale. Les veines de son regard vibraient plus que d'ordinaire, effectuant des allers et retours entre une forme humaine et celle d'un vampire, tel un dysfonctionnement, sous les yeux incrédules de ses amies. Kaelynn se retira alors de son emprise et la crise passa doucement, tandis qu'au contraire le poignet de la jeune fille s'était affreusement mis à s'assécher.
Bonnie fut inquiète que quelqu'un dans le bar les remarque, et décida de les emmener chez elle pour pouvoir en parler.
«Ca a fait la même chose avec Stefan, dès qu'il m'a touché.
- Alors il faut un contact, comprit Bonnie.
- Une petite crise ça arrive, relativisa la vampiresse, venant s'asseoir près d'elles. Je vais mieux.
- Ce n'était pas toi, mais un sort.
- Il n'y a aucun sort, assura Caroline, et le prouva en touchant Kaelynn. La tueuse réagit en un quart de seconde, se dégagea et plaça sa main en travers du cou de la blonde. Tu vois, j'ai le contrôle de moi-même, ou presque, démontra-t-elle, d'une voix à demi-étouffée, le visage simplement déformé par l'emprise de son amie qui la relâchait en s'excusant.
- Il n'y a plus de contact, songea-t-elle. Les filles, entre le Grill et ici, qu'avez-vous changé ?
- Pas mon humeur en tout cas, répondit Kaelynn.
- Euh, rien, j'ai juste enlevé ma veste et mes chaussures, expliqua la blonde.
- Ce n'est pas ce dont elle voulait parler, si ? reprit l'esprit, et son regard suivit celui de Bonnie.»
Cette dernière se précipita vers le porte-manteau, prit la veste et la fouilla. Peu de temps après, elle en sortit un petit objet, triangulaire, formé de branchages séchés et enroulés les uns autour des autres. Elle l'approcha de son nez.
«Kaelynn, les herbes.»
Réalisant la nouvelle combine de Marina, plus discrète cette fois, celle-ci reprit ses affaires et fila. «Attends, tu dois en avoir un sur toi aussi !» s'écria la sorcière, mais la jeune fille ne l'avait pas entendu, s'empressant de téléphoner à Stefan. Il trouva le même petit objet dans ses vêtements et assura qu'il le jetait dans la cheminée.
Elle s'était calmée, elle désespérait. Elle ne savait pas où trouver Marina. Elle ne savait plus quoi penser de Klaus. Attaquée physiquement par l'une, mentalement par l'autre, elle sentit son regard s'embuer. Un rayon froid traversa sa joue et elle comprit que c'était une larme.
Elle s'occupa alors à soigner son poignet pour éviter la crise de nerfs. Nerveusement, elle serra les dents, essaya de ralentir sa respiration pour ralentir ses émotions, s'accrocha au rebord du lavabo, et quand son portable vibra, ce fut la goutte de trop. Elle remarqua à peine quel numéro s'affichait et assena son poing dessus, le brisant en une infinité de morceaux. Matt était encore en cours, elle se dit qu'elle aurait le temps de retrouver un état normal avant son retour, et s'affaira à rechercher dans ses affaires le piège de Marina, sachant qu'elle devait en avoir un sur elle.
«Kaelynn, je dois vraiment te voir...» tenta-t-il. Damon avait cru l'espace d'un instant qu'elle avait répondu à un de ses nombreux appels au secours. Il baissa la main, observa le combiné un instant, le jeta à travers la pièce, puis s'empressa de rejoindre la cave et sa réserve de nourriture.
Plus rien. Il ne restait que des pochettes vides. Damon essaya de récuperer le peu qu'il restait de sang dans celles-ci mais ça n'améliora pas son état. Il plaça une main sur son abdomen, se retint au réfrigérateur. Chaque jour passé loin de son instrument de dépendance le torturait. Le lien qu'il s'était créé avec l'attraction ne le tenait que trop bien, et la distance tirait sur ce fil, lui arrachant un peu plus les entrailles chaque seconde.
Il entendit du bruit à l'étage, reconnut Stefan et Elena. Le vampire reprit sa contenance doucement, afficha un visage qui ne laissait aucunement paraître son état. Il donnait même l'impression d'aller bien, exactement ce qu'il faisait avec Kaelynn, car même s'il se sentait coupable de ne pas l'informer de ce problème qui le rongeait, il savait que rester loin d'elle l'aidait et ne voulait pas qu'elle le voit aussi mal en point.
Pour parer à cette situation, il salua le couple sans attirer de soupçons et se rendit dans les bois. Il erra un bon moment dans la forêt ; il n'y avait rien non plus. Quand il songea à essayer l'écureuil, des bribes de conversation entre deux humains qui marchaient non loin de là parvinrent à lui, et il savait dès lors qu'il irait mieux.
Je ne publierai pas d'autre chapitre avant fin juin (Révisions révisions), alors ne lisez pas trop vite ! (je sais je dis ça à la fin mais bon ^^)
