Chapitre 35 – Une Nouvelle Catabase

Quelque part dans l'univers, sur un monde bien connu dédié à la mythologie grecque, trois jeunes gens erraient dans un paysage des plus lugubres…

Sora : Eh ben… ça paie pas de mine, ici…

Dingo : Normal, Sora. On est dans les Enfers.

Donald : Euh… pas sûr…

Dingo : Comment ça ?

Donald : Le tas de ruines avec des colonnes écroulées, à côté, ça vous dit pas quelque chose ?

Dingo : Oh… Le Colisée…

Sora : Vous croyez que ça a à voir avec le fait qu'on ait quitté ce monde en se précipitant parce qu'on avait pas envie de combattre l'Hydre encore une fois ?

Donald : Je vois pas de quoi tu veux parler, Sora. Aucun signe ne nous indiquait que cette saloperie était encore vivante. On pouvait pas le savoir. On est pas responsables. Point. Affaire classée. Qu'est-ce qu'on mange, ce soir ?

Dingo : Je comptais faire des spaghettis.

Sora : Hé ! Regardez ! Y a Hercule, là-bas !

Dingo : Youhouuuu ! Hercuuuule !

Hercule : Oh… sa… salut…

Sora : Ben alors ? T'as l'air tout ramolli, depuis la dernière fois qu'on s'est vus…

Hercule : J'ai… j'ai échoué…

Sora : C'est pas grave, va, ça ira mieux la prochaine fois.

Hercule : Quelle prochaine fois ?

Sora : J'en sais rien, moi. Je sais même pas de quoi tu parles ! C'était juste une petite phrase de réconfort un peu passe-partout !

Hercule : Regarde autour de toi ! Á ton avis, qu'est-ce que j'ai bien pu échouer ?!

Sora : Euh… le ménage ?

Hercule : J'AI ÉCHOUÉ Á PROTÉGER LE COLISÉE !

Sora : Oui, je me doutais, mais… euh… sérieux ? Même pas un commentaire sur ma petite blague ?

Donald : Tu veux vraiment un commentaire ?

Sora : Pas de toi, non. Ton sens de l'humour a, je crois, été évacué en même temps que le « reste », il y a deux jours.

Donald : On a dit qu'on ne parlerait plus de cette journée !

Sora : C'est TOI qui as décrété ça ! Ce qui est sûr, c'est qu'on t'achètera plus de nourriture épicée, hein.

Hercule : Vous vous en foutez de mon échec, c'est ça ?

Dingo : Ne fais pas attention à eux, mon chou. C'était déjà comme ça la dernière fois, tu te souviens ?

Hercule : Ouais, ouais, et ça m'avait pas du tout manqué…

Sora : Bref, blagues et engueulades à part, c'est à cause de l'Hydre que c'est arrivé ?

Donald : SORA ! Je vois pas pourquoi ça viendrait d'une Hydre ! On l'a tuée, tu te souviens ?

Hercule : L'Hydre ? Oh ! Oui, je m'en rappelle… Disons que… c'était en partie à cause de ça.

Dingo : En partie ?

Hercule : Eh bien je me suis occupé de l'Hydre sans problème… et puis même chose pour la troisième qu'Hadès a envoyé pendant que j'avais le dos tourné.

Sora : Ah ben finalement, c'est pas de notre faute !

Donald : Oh, ça va, c'est pas comme si on avait eu des crises de mauvaise conscience… enfin pas moi, en tout cas.

Dingo : Quel était le problème, alors ?

Hercule : Eh bien… disons que les combats ont attiré de nombreux spectateurs. Ils se sont beaucoup amusés en me regardant lutter contre ces monstres.

Donald : En quoi c'est une mauvaise chose ?

Hercule : Il se trouve que quelqu'un avait brisé toutes les amphores de Philoctète… c'est quand il leur a annoncé qu'il n'y avait plus d'alcool que ça a dégénéré.

Donald : Des amphores brisées… ? Dis donc, Sora, tu…

Sora : DES AMPHORES ? QUELLES AMPHORES ?! J'AI JAMAIS VU D'AMPHORES, MOI. QU'EST-CE QU'ON MANGE, CE SOIR ?

Dingo : Pour la dernière fois, des SPAGHETTIS. Il faut suivre, un peu…

Donald : Allons bon…

Hercule : Je n'ai pas pu les arrêter… C'étaient des hommes ! Des soiffards, certes, mais certains avaient des femmes et des enfants… Bon, furieux comme ils étaient, ils les auraient sûrement battus à leur retour, mais quand même… Je ne pouvais pas m'en prendre à des vies humaines…

Sora : Et ça se dit héros !

Dingo : Euh… Sora… Pour être un héros, il faut avoir une certaine noblesse de cœur ce qui signifie que de tels remords sont normaux.

Sora : C'est drôle, moi j'aurais pensé qu'un héros aurait cherché à protéger le patrimoine de son peuple, qui fait également figure de sanctuaire dédié au culte de son père, soit dit en passant.

Donald : Que… Hé ! C'est presque quelque chose que j'aurais pu dire, ça !

Sora : Ah oui, tiens… et donc ?

Donald : Arrête d'évoluer ! C'est moi le sceptique sarcastique intellectuel, ici !

Sora : Ho ho ho ! Comme t'es drôle ! Une transformation d'humain à canard ? C'est ça, pour toi, l'évolution ? Je connais un Darwin qui doit faire le ventilo dans sa tombe, à force de se retourner ! Ha ha… ha… Enfin je le connais pas personnellement, hein.

Dingo : Arrêtez un peu, vous deux ! Hercule est tout déprimé !

Hercule : Ils… ils ont tout saccagé…

Dingo : Est-ce qu'il y a un moyen d'entreprendre des réparations ?

Hercule : Eh bien… il nous faudrait de l'argent. Beaucoup d'argent.

Sora : Et comment ça se gagne, l'argent, sur ce monde ?

Hercule : Mmmh… Oh ! Je sais ! Les tournois underground d'Hadès !

Dingo : Rien qu'au nom, ça ne m'a pas l'air très fiable…

Hadès : Détrompe-toi, mon gars !

Dingo : AAAaaaah !

Hadès : Pff… AAAaaah toi-même, va. Dis aussi que j'ai une tête à faire peur, pendant que t'y es.

Hercule : Un peu quand même…

Donald : Carrément.

Sora : J'avoue.

Dingo : Je connais un excellent institut de beauté, au Château Disney…

Hadès : BREF, passons. Je suis pas venu ici pour parler de ma trogne, mais plutôt du tournoi que vous évoquez. Saviez-vous que le grand prix de la Coupe Hadès était la prise en charge gratuite des réparations du Colisée ?

Hercule : Fantastique !

Donald : Minute, papillon à sale gueule. Tu nous prends pour des bleus ?

Hadès : Eh bien…

Sora : C'est plutôt lui, le bleu.

Dingo : Sora…

Sora : Par rapport à son visage, tu sais. Et puis aux flammes, aussi.

Dingo : Tout le monde avait compris.

Sora : Ah oui. Donc je m'enfonce, là, non ?

Donald : Ça fait belle lurette qu'on te voit plus tellement t'es bas.

Hadès : JE DISAIS DONC…

Hercule : Ils sont pénibles, hein ?

Hadès : Je ne te le fais pas dire…

Donald : Finis ta phrase, qu'on en finisse.

Hadès : Eh bien puisque je vois que vous doutez de ma sincérité, je me porte garant de mon intégrité, et je jure sur mon honneur que le marché sera respecté !

Hercule : Mmh… Si tu jures sur l'honneur, alors ça change tout… Vous en pensez quoi, vous autres ?

Donald : Ce qu'on en pense ?! Comment tu veux lui faire confiance ?! C'est le dieu des Enfers, quand même !

Sora : Hé ! 'Faut arrêter avec ça, Donald ! La différence fondamentale entre Dieu et Satan – ou entre Zeus et Hadès, sur ce monde-ci, c'est que ce bâtard de Dieu, il choisit que les types mielleux et dégoulinants de bons sentiments, des culs-bénis en laissant la piétaille sans aucun abri après la mort ! Mais Satan, de son côté, c'est un gars qui accepte chez lui tous ceux qui sont dans le besoin sans prendre en compte leur casier judiciaire ! Il ouvre sa porte aux drogués, alcooliques, gays, et tout le toutim ! Vous imaginez le nombre de rockstars qu'il héberge ? C'est un mec sans a priori, qui s'en fout de se taper une sale image, c'est un protecteur de l'ombre, un chevalier noir. Le Batman de l'outre-monde, quoi. !

Hercule : …

Dingo : Eh beh…

Hadès : Hé hé… oui, oui, c'est à peu près ça…

Donald : On… peut savoir d'où tu nous sors ce discours, toi ?

Sora : Aaaah… Ça fait du bien de voir que j'ai gardé quelques notions de mes cours de catéchisme satanique, sur l'Île du Destin !

Hadès : Bon, c'est pas tout ça mais j'ai à faire, moi ! Allez ! Participez à mon super tournoi ! Vous le regretterez pas !

Donald : Vous aurez beau dire, toi et l'autre, là, avec sa grosse clé, j'ai toujours pas confiance, ça sent l'arnaque à plein nez.

Hercule : Maintenant que tu le dis, j'avoue que je trouve ça un peu suspicieux.

Hadès : Raaah, vous êtes énervants ! De toute façon, j'ai pris Megara en otage, alors bon…

Hercule : Qu… quoi ?!

Hadès : Oui, j'avais oublié de le dire. J'aurais peut-être dû commencer par là. Bref, tout ça pour dire que vous avez pas le choix, si vous voulez sauver votre amie !

Dingo : Mais c'est pas aussi une de tes prostituées ?!

Donald : J'ai même cru comprendre qu'elle te faisait gagner un max.

Hadès : C'est sûr, c'est pas de gaieté de cœur que je m'en séparerai, mais il faut bien, hein, c'est les affaires. Maintenant, allez-vous en avant de commencer à prétendre que mes menaces de mort ne sont que du bluff, CE QUI N'EST ABSOLUMENT PAS VRAI, D'ACCORD ?!

Hercule : Il faut participer !

Hadès : Pour les formalités d'inscription, parlez aux deux lascars qui me suivent partout, là, Frousse et Chocottes, ou un truc comme ça.

? : Peine, monsieur !

? : Et Panique !

Hadès : Non mais vous croyez que j'ai que ça à faire, moi, de retenir le nom de mes employés ? Allez ! Inscrivez-les, et qu'on en finisse !

Donald : Pff… Il a raison. On a suffisamment glandé dans ce coin, participons à ce tournoi ou bien la tête brûlée va nous emmerder pendant encore des heures.

Et voilà comment nos amis se retrouvèrent, un bon quart d'heure plus tard, au beau milieu de l'arène infernale.

Donald : Bon, on y est. Maintenant, il s'agit de savoir ce qu'on va affronter.

? : Mesdames, messieurs, et les êtres qui se situent entre les deux… Bienvenue au fantastique tournoi d'Hadès !

Sora : C'est marrant, cette voix me dit un peu quelque chose…

Donald : Ah bon ? Pas à moi…

Dingo : Moi non plus. T'es sûr que tu l'as pas rêvée ?

Présentateur : Après des années à présenter de pitoyables tournois de Struggle, voilà enfin la chance de ma vie ! Je serai avec vous tout au long de cette magnifique épopée !

Donald : Tournoi de Struggle, hein ? Non, décidément, ça me dit absolument rien…

Sora : Bon, tant pis.

Présentateur : Attelons-nous sans plus tarder aux quarts de finale !

Dingo : Les quarts de finale ? Déjà ?!

Présentateur : Oui, bon, la récompense est un peu naze, alors forcément, ça ne tente pas grand monde…

Hercule : Au moins, ce sera court !

Donald : Allez, dépêchons.

Présentateur : Oui, oui ! Allez ! Faites entrer les lions !

Sora : Les… lions ?

Donald : C'est quoi ces conneries, y a des lions qui se sont inscrits au tournoi ?!

Présentateur : Des lionnes, en fait. Et c'était une des directives de Maître Had… enfin… euh… oui, bien sûr qu'elles se sont inscrites elles-mêmes. C'est beaucoup plus intelligent que ça en a l'air, ces machins-là !

Hercule : Je me suis déjà fait un manteau en peau de lion, j'hésiterai pas à le refaire !

Dingo : Elles arrivent vers nous ! Oh mais… tiens ?

Donald : Je les reconnais, ces lionnes…

Sora : Hé ! Ouais ! Elles traînaient avec Nala !

Dingo : Elles aussi nous ont reconnus, apparemment. Sûrement grâce à notre odeur…

Présentateur : Les féroces lionnes s'avancent, menaçantes, et… et… attendez… Pourquoi elles leur lèchent le visage ?

Sora : Hééé ! Ça chatouille !

Donald : Allons, allons, nous aussi on est contents de vous voir...

Dingo : Elles font demi-tour, maintenant.

Hercule : Je suppose que pour mon nouveau manteau, c'est rapé ?

Présentateur : Mais… mais… elles étaient censées les tuer ! LES TUER ! Qui est-ce qui m'a refilé des bêtes végétariennes, sérieux ?

Sora : Bon, j'suppose que ça nous fait une victoire par forfait…

Présentateur : Rira bien qui rira le dernier ! Ha ha ha !

Donald : C'est toi qui viens de rire, là.

Présentateur : Oui, bon, bref. Rendez-vous aux demi-finales, qui seront loin d'être aussi faciles !

Donald : Super… Bon, tu nous fais sortir de l'arène, maintenant ?

Présentateur : Pourquoi ?

Donald : Ben… je sais pas… pour qu'on aille se préparer en vue du prochain round, par exemple ?

Présentateur : Ah non, non, non, pas besoin. Il commence tout de suite.

Hercule : Déjà ?!

Présentateur : Oui, oui, il faut torcher ce tournoi vite fait. Ce soir, l'arène est réquisitionnée pour un concert de Michel Sardou.

Donald : D'abord un tournoi au nom d'Hadès, et maintenant ça… Y a-t-il donc une seule activité dans ce coin qui ne soit pas liée de près ou de loin à des rites infernaux ?

Présentateur : Le week-end prochain, on organise la tonte des moutons, c'est une fête un peu folklorique.

Sora : Super…

Présentateur : Ah oui mais non, en fait. Ils sont ensuite sacrifiés à Cthulhu. Au temps pour moi.

Dingo : Bon, si ça presse autant, envoyez-nous les prochains ennemis, alors.

Présentateur : Oui, oui, bien entendu. Vous allez affronter le groupe « Assassins des Ténèbres ». Que la demi-finale commence !

Hercule : Allez, j'ai envie d'action, moi !

Dingo : Et moi donc…

Et entrèrent dans l'arène une dizaine de Sans-cœurs prêts à en découdre. Cependant, avoir la volonté de vaincre, c'est une chose mais gagner pour de vrai, c'en est une autre, surtout quand on constitue une équipe à partir de Sans-cœur de bas étage comme les Ombres.

Hercule : C'est tout ?

Dingo : C'est à se demander comment ils ont pu parvenir jusqu'aux demi-finales…

Présentateur : Eh bien ils sont tombés contre Carlos, le balayeur de l'arène, qui s'était inscrit sans faire exprès. Paix à son âme. Et à son cœur, aussi.

Sora : C'est possible, ça, de s'inscrire sans le faire exprès ?

Donald : Tu sais, si on commence à s'attarder sur des détails pareils, après on en a pas fini, hein !

Présentateur : Bon, je vous laisse dix petites minutes pour vous préparer en vue de la finale contre le grand Auron !

Dingo : Auron ?! Il participe, lui aussi ?

Donald : Il a sûrement besoin d'argent…

Sora : Et pourquoi est-ce que cette fois-ci, on a du temps pour nous ?

Présentateur : C'est pourtant évident, on laisse le temps aux parieurs de placer leurs mises. Allez, maintenant ouste !

Nos quatre concurrents se retrouvèrent donc dehors, un peu perplexes.

Hercule : Qu'est-ce que vous allez faire, en attendant la finale ?

Donald : Traîner par ci, par là… Il doit bien y avoir des choses à faire, dans le coin.

Sora : Hé, j'entends du bruit de ce côté !

Dingo : Tiens… Hadès et Auron sont en train de parler…

Hadès : … et évidemment, il va de soi que si, après ta victoire, les agences publicitaires te proposent des contrats, c'est moi qui percevrai l'intégralité des recettes.

Auron : Et si je refuse ?

Hadès : Alors je percevrai l'intégralité des recettes, mais tu ne seras plus là pour me servir mes verres de vin.

Auron : Non.

Hadès : Pardon ?

Auron : J'ai dit non. Moi j'veux les sous de la pub.

Hadès : Je me suis sans doute mal fait comprendre…

Le Seigneur des Enfers sortit alors quelque chose de sa poche, quelque chose que nos héros, situés à une quinzaine de mètres, ne purent distinguer. C'était quelque chose de petit, en tout cas, et dès qu'Hadès y exerça une pression, le mercenaire mendiant sembla éprouver une infinie douleur. Pliant le genou à terre, il finit par se rendre, acceptant les termes du contrat d'Hadès.

Hercule : C'est horrible…

Donald : Est-ce que c'était une sorte de figurine vaudou ?

Sora : En tout cas, ça lui permet de contrôler Auron.

Dingo : Il faut qu'on le libère en volant le truc que tient Hadès !

Donald : Pourquoi on ferait ça ? On va se battre contre Auron, on a aucune raison de l'aider…

Sora : Mais si on le libère de l'emprise de l'autre empaffé incandescent, là, il va retrouver ses esprits, et peut-être bien qu'il refusera le combat !

Donald : Mmh… Dit comme ça, ça peut se tenter…

Dingo : Cela dit, je vous rappelle que la finale va bientôt commencer. On n'aura jamais le temps de faire l'aller-retour…

Hercule : Je m'occupe de gagner du temps ! De votre côté, dépêchez-vous !

Dingo : Parfait ! Vous vous souvenez du chemin pour aller chez Hadès ?

Donald : Pas sur le bout des doigts, mais peu s'en faut. Allons-y !

Le trio se mit aussitôt en route vers le lieu où trônait le dieu infernal. Le récit de leur nouvelle traversée n'ayant strictement aucun intérêt, ce passage narratif de quatre ou cinq lignes ne sert en réalité qu'à créer une transition suffisamment longue pour ne pas donner un sentiment de précipitation. Voilà, à peu près cette longueur. Rendons-nous à présent dans le bureau d'Hadès.

Donald : On a croisé aucun ennemi, c'est vraiment bizarre…

Sora : C'est pas comme si l'autre pignouf divin s'attendait à de la visite.

Dingo : Oh ! On dirait que vous avez parlé trop vite ! Voilà des Sans-cœurs !

Donald : Ah ! Des petites frappes, ouais !

Le combat s'engagea donc… avant de se terminer prématurément.

Sora : Quoi ? Déjà ?

Donald : J'en connais un qui a oublié de mettre à jour le niveau de ses gardes du corps…

Dingo : En même temps, comment Hadès pouvait savoir qu'on allait revenir sur ce monde et qu'il allait avoir besoin de nouveaux Sans-cœurs ?

Donald : C'est simple : il était encore en vie. Pour un de nos ennemis, c'est plutôt louche. Il allait forcément se faire dégommer à un moment ou à un autre, et ce moment est venu, voilà tout.

Sora : On verra ça après, en tout cas. Pour l'instant, on s'occupe du machin qui permet de contrôler Auron. Vous le voyez quelque part ?

Dingo : Ce serait pas ça, là, sur la table ?

Sora : Oh… tu crois ?

Dingo : C'est pas exactement ce à quoi je m'attendais, ni ce que j'avais cru apercevoir de loin, mais c'est sans doute ça..

Donald : Je vois pas d'autre possibilité. Rapportons-le-lui avant qu'il n'achève Hercule.

En effet, le demi-dieu était dans une bien fâcheuse posture face aux assauts effrénés du mercenaire qu'il se refusait à combattre. Tentant en vain de le raisonner entre chaque coup, ses mots semblaient ne pas atteindre le cerveau de son adversaire.

Hercule : Ressaisis-toi, Auron !

Auron : …

Hercule : Tu veux des munnies ? Des drachmes ? Des gils ? Dis-le, et je t'en donnerai en veux-tu, en voilà !

Auron : … Gn… nnn…

Hadès : Hé ! On ne corrompt pas les adversaires ! C'est pas fair-play du tout !

Hercule : Par contre, on peut les menacer et les forcer à combattre comme tu le fais toi ?

Hadès : Je ne le force pas, je le motive. Il y a une grande différence.

Auron : Je… te… hais…

Hadès : Quoi ? As-tu donc envie que j'écrabouille ton cher…

Auron : Noon ! D'accord ! J'obéis !

Hadès : Qu'est-ce que je te disais, Herc' ? De la motivation. Je suis un coach formidable. Un entraîneur d'enfer, je dirais même !

Hercule : Tu paieras pour ça !

Hadès : Je n'ai déjà pas l'habitude de payer quoi que ce soit littéralement, alors tu sais, de façon métaphorique…

Hercule : Eh bien dans ce cas…

Auron : Hé. Ici, le combat.

Hercule : Aaah !

Mais alors que l'issue de l'affrontement semblait des plus incertaines, Sora, Donald et Dingo surgirent au milieu de l'arène sous les sifflements des spectateurs – oui, en fait, ça n'avait pas été précisé, mais il y a des spectateurs sur les gradins. D'autres questions ?

Hadès : Vous !

Sora : Auron ! On l'a ! T'as plus rien à craindre de l'autre clown, là !

Auron : Teddy !

Donald : Tiens, le voilà.

Hadès : RENDS-MOI CET OURS EN PELUCHE !

Auron : Jamais. Tu vas lui faire du mal.

Hadès : GNOOUAAAARF !

Dingo : Un filet de bave lui coule de la bouche !

Donald : Et il tend ses bras crochus vers Auron…

Sora : Dites, pourquoi est-ce que nos ennemis ont toujours l'air aussi con quand ils sont en colère ?

Donald : C'est un des grands mystères de notre aventure.

Hadès : RAMENEZ-VOUS ! J'VAIS VOUS BUTER !

Dingo : Si tu y tiens… Á l'assaut !

Sora : Yaah !

Donald : C'est ça, crève !

Hercule : Tu vas souffrir !

Hadès : Ah non, non, non, attendez une petite seconde…

Sora : Quoi encore ?

Hadès : Dans ma hâte d'en découdre, j'ai sauté une étape.

Donald : Laquelle ?

Hadès : Celle-ci.

D'un claquement de doigt, il fit sortir Megara de la cage dans laquelle il la retenait prisonnière (oui, il la retenait tout ce temps prisonnière. Vous ne suivez rien ou quoi ?). Il la transporta alors par télékinésie au dessus d'un gouffre qui semblait donner sur le Styx, ce qui suffit pour que Hercule se précipite pour la sauver. Mais le seigneur infernal claqua de nouveau des doigts, non sans un sourire sadique, et Megara tomba en criant, le héros musclé se jetant à sa rescousse.

Hadès : Vous voilà débarrassés de votre seul espoir ! … Et moi de ma meilleure gagneuse, mais bon, ça valait le coup… Je crois… J'espère… Merde, j'ai peut-être fait une connerie, en fait… HERCULE ! ESSAIE DE LA SAUVER !

Sora : Seul espoir, hein ?

Donald : On dirait qu'il sait pas à qui il a affaire.

Dingo : Hercule est très mignon, mais je suis à peu près sûr qu'on est plus forts que lui, maintenant.

Hadès : Non… Attendez… N'avanc…

Donald : Allez les gars ! On se le fait !

? : HADEEEEEEEEEEEEEES !

Sora : Qui c'est, ça, encore ?

Hadès : Cette voix… oh non…

? : JE VAIS EN FINIR AVOIR TOI, HADÈS !

Hadès : On ne peut pas voir ça une autre fois ?

? : IL N'Y AURA PAS D'AUTRE FOIS !

Hadès : Écoute, Kratos, je n'ai pas vraiment le temps, là, et…

? : J'AURAI MA VENGEANCE !

Hadès : Je suis vraiment désolé de ne pas avoir pu venir au mariage de ta fille…

? : C'ÉTAIT LE PLUS BEAU JOUR DE SA VIE !

Hadès : Oui, oui, je n'en doute pas, mais…

? : Y AVAIT PLEIN DE PETITS GÂTEAUX !

Hadès : Ho ho ho. Tu m'en as gardé, j'espère ?

? : LÁ, REGARDE.

Hadès : Je vois r…

? : PAF DANS TA GUEULE !

Hadès : Aaaah… Mais ça fait super maAAaaaaaAAaargh !

? : MA VENGEANCE, ENFIN !

Hadès : Á l'aaaaaiiiidd…aaargh….

? : JE VAIS LA SAVOURER !

Sora : Euh… On ferait mieux d'y aller, nan ?

Donald : Ouais, ça risque pas d'être beau à voir.

Auron : On va où ?

Dingo : Ton seigneur et maître est en train de se faire étriper vivant, alors tu n'as plus aucun endroit où dormir, n'est-ce-pas ?

Sora : Qu'est-ce qu'il y a ? Tu veux l'emmener sur le Gummi ?

Donald : Quoi ?! C'est un mercenaire ! Un MERCENAIRE ! On va devoir le payer !

Sora : Mais c'est Auron ! Tu lui files un munnie et il est content !

Auron : C'est vrai ?! Vous avez un munnie ? Un vrai ?

Dingo : On pourrait lui faire garder le coffre-fort. Depuis que Jack est à bord, je n'ai pas trop confiance... Je suis sûr qu'à terme, ça nous fera économiser beaucoup d'argent !

Donald : Sur ce point, t'as pas tort…

Hercule : Me revoilà, les amis !

Dingo : Ah ! Le bel éphèbe !

Mégara : Comme toujours, le héros sauve la mise !

Hercule : On s'occupe d'Hadès, maintenant ?

Sora : Pas besoin, je crois.

Hadès : NON ! PITIÉ ! TOUT MAIS PAS ÇA…

Kratos : HA HA HA HA HA HA !

Hercule : Oh mais c'est Kratos !

Donald : Tu connais ce taré ?

Hercule : Oui, il vient râler de temps en temps au Mont Olympe. Il crie beaucoup, mais il a bon fond. Je crois qu'il cherche juste à se défouler un peu.

Dingo : Se défouler ? Il est en train de torturer Hadès !

Kratos : ET MAINTENANT, TU CHANTES EN CHŒUR !

Hadès : Enlève-moi ces écouteurs… je… j'en peux plus…

Kratos : EN CHŒUR, J'AI DIT !

Hadès : Aaaah… Partiiir un jouuuur… Sans retouuuuur… Effacer notre amouuuur….

Kratos : BIEN, BIEN. ON PASSE Á LA SUIVANTE !

Hadès : Snif… non… nooon… je… je… Aaah ! D'accord ! D'accord ! Je vais chanter ! C… Coooomme un ouragaaaan… qui est passé sur moi… L'amour a tout emporté… dévasté ma vie… des vagues en fur… en fur…. en… Bouhouhouhou ! Je veux mourir !

Dingo : Brrr… C'est insupportable. On peut y aller, maintenant ?

Donald : Ouais, allons-y. De toute façon, à ce train-là, il finira par se suicider, alors notre boulot ici est terminé.

Sora : Auron, tu viens ?

Auron : Pas gratuitement.

Donald : Non mais je rêve…

Dingo : Allez viens, fais pas l'enfant. On te paiera plus tard.

Sora : Laisse, j'vais lui donner une pièce, s'il la veut tant…

Donald : Je vous préviens. C'est vous qui avez voulu l'emmener en premier lieu, alors c'est vous qui l'entretenez à coups de pièces !

Dingo : D'accord, oui, comme tu veux. Allez Auron, on décolle.

Auron : Pas de temps à perdre. Allons-y.


Fin du Chapitre


Et souvenez-vous, pour chaque review postée, Auron recevra un munnie. Si vous voulez rendre un mercenaire (et un parodieur) heureux, vous savez quoi faire.