Désolée pour mon retard. Je ne sais pas vraiment quoi dire d'autre…

Bonne lecture^^


Chapitre 34- Tout tenter :

Tout avait changé. Nous n'arrêtions pas. On passait au Manoir, en ressortait pour partir en mission et répétait ce manège sans interruption. Nous mangions et dormions, durant certaine pause ou pendant des filatures ou des veilles. En plus des missions, nous avions des entraînements avec Fearn. On essayait de se voir un maximum mais les missions n'était jamais à quinze. Alors on se préparait un repas rapide, pour discuter s'aérer un peu. Nous ne dormions que très peu dans le Manoir, mais à chaque fois, je dormais avec Malefoy. Nous n'avions plus beaucoup de temps à nous mais on s'en octroyait quand même.
Mais, par-dessus ses horaires difficiles, le pire était l'acte. La facilité avec laquelle nous effectuions nos missions. Torturer, tuer, faire parler. Entre descente, piège, filatures et autres, nous étions devenus des monstres. Je levai ma baguette, visai, lançai le sort et regardai impassible, la victime s'effondrer sur le sol. Je ne cherchai pas à comprendre, à me poser, à réfléchir, parce que j'avais peur d'où me mènerait mes réflexions. J'étais sûr d'arriver à la conclusion que je devais partir. Or, je ne pouvais pas. Pour mon bébé, pour l'élite et pour Malefoy. Je ne supportais plus de me regarder dans une glace, alors j'en détournai les yeux. Parce que c'était plus facile que de changer...
Mais jamais les choix non faits se font oubliés. Toujours, ils reviennent, vicieux, se rappeler à notre bon souvenir. Et si ce n'est par des pensées qui dévient, des phrases à double sens ou des souvenirs qu'on aurait préférés oubliés, ils passent à la manière forte. Et moi, j'avais le droit à la manière fort.

Ce jour-là, j'étais en mission avec Malefoy. Je les vis au loin et laissait cette part de moi sauvage et assoiffée de sang prendre le dessus. Je laissai mes instincts guider mes sens et mes mouvements. Ils étaient quatre. On était confiants. Trop... Nous ne nous protégeâmes pas assez, ne fîmes pas assez attention. Je ne sais pas ce qui a pu se passer. Toujours est-il que je ressentis une immense douleur à la cage thoracique avant de m'effondrer. Je priais pour que Malefoy vienne m'aider, épongeant maladroitement le sang qui coulait de ma blessure. A tout instant, on pouvait m'achever. Nous achever. Mes yeux se fermèrent sous l'effort, et je me laissais doucement glisser dans le néant. Je n'avais plus de force pour autre chose que retarder ma chute mortelle. Je sentis quelque chose de chaud contre moi et je reconnu son torse et ses bras qui m'enveloppait comme pour me protéger. Puis, je sentis l'habituelle pression dans mon nombril. Je n'y résistais pas.

Je m'éveillai quelques heures plus tard, gardant les yeux fermés. Enfin, je m'octroyais cinq minutes de paix pour réfléchir. Mon bébé était peut-être mort. Mon cœur se serra à m'en faire mal. Non, il n'était pas mort, et je devais tout faire pour que ça demeure ainsi. Aucune rondeur déformait mon ventre pour l'instant, et, quand celle-ci apparaitrait, je pourrais les cacher, mais je ne tromperais pas grand monde... Je cogitai en me torturant l'esprit. J'arrivais finalement à une conclusion. Celle que j'avais tant redoutée. Et pourtant, je devais essayer, tenter de nous sauver tous les deux. Tout ce que je voulais, c'était Malefoy. Juste lui...
Je papillonnai des yeux, m'habituant à la blancheur de la pièce exiguë. Je ne fis pas plus attention au décor, me focalisant sur lui. Il était là. Adossé contre le mur en face de moi, un panel d'émotions sur son visage. Comme s'il s'était promis de rester impassible, mais que lorsque j'avais ouvert les yeux, il avait craqué. De la colère, du dégout et de l'inquiétude. J'eus mal de le voir me regarder ainsi, de retrouver cet ancien visage.

-"Le bébé va bien", ironisa-t-il en me fusillant du regard citant visiblement quelqu'un d'autre.

Il... Ils ne savaient pas... Ils lui avaient dit... Il savait... Et il m'en voulait visiblement. Cette haine me déchira le cœur, cette froideur m'anéantit. Mais je ne pouvais être totalement désespéré, le bébé allait bien.

-Tu m'as menti! Pourquoi?

Je ne sus que répondre, gardant mon regard dans le sien parce que je ne pouvais plus m'en détacher, et non que je le défiais, pour une fois. Puis, il fondit. La tristesse pure imprima ses traits et ses yeux froids devinrent glacés de chagrin.

-Comment t'as pu me faire ça?

Il n'avait rien du grand Malefoy. Non, il était juste quelqu'un qui se sentais trahi. Quelqu'un qui était triste. Quelqu'un qui avait un cœur. Il s'assit contre moi.

-Pourquoi tu m'as caché ça?

-J'avais peur de ta réaction, je voulais le garder à tout prix...

-Tu aurais dû m'en parler. Quoi qu'on aurait décidés, on aurait dû le décider ensemble!

-Je... je suis désolée.

Il me détestait. Peut-être que c'était mieux qu'il garde sa rancune. La décision que j'avais prise n'allait pas s'avérer facile, s'il pouvait ne pas souffrir autant que moi...

-Je pars de toutes façon, donc tu n'auras plus ce problème.

-Quoi?! s'étrangla-t-il les larmes aux yeux. Non! J'ai autant de droit sur ce bébé que toi!

-Peut-être, mais nos vies sont liées, donc pour l'instant, c'est mes choix.

Ma voix froide d'émotions mal contenues sembla le réveiller.

-Non! Je ne veux pas que tu partes! Tu n'as pas le droit!

-Malefoy...

-Je t'aiderais, d'accord? Tu restes, je t'aide et tout ira bien...

-Non, tout n'ira pas bien. Chaque fois que je passe devant un Mangemort, je prends le risque qu'on découvre... qu'on découvre que je suis enceinte. Si ça s'apprend, il me tuera.

-Je te protégerais.

-Ca ne suffira pas.

Il me serra contre lui, collant nos fronts.

-Je ne veux pas que tu partes...

-Je n'ai pas le choix...

Il m'embrassa si tendrement que ça m'en fit mal. Je ne voulais pas l'abandonner, mais rester avec lui, c'était tué notre bébé et risquer d'y passer avec. Qu'on y passe tous les trois.

-Je... Enfin, je... Tu me manqueras, bégayai-je.

Il m'embrassa une nouvelle fois et la suite ne fut que violence et passion, comme un dernier au revoir qui ne souffrait d'aucun mot. Puis, je fus autoriser à sortir, avec comme menace la mort de mon enfant si un autre accident devait avoir lieu, et regagnai le Manoir. J'eus le droit à du repos alors qu'il repartait. Il me serra fort dans ses bras, m'embrassa tendrement puis passionnément, conscient que lorsqu'il serait revenu, moi je serais loin. J'avais prévue de consacrer mon temps libre à des choses plus utiles. Je devais trouver un moyen de m'enfuir. Je lui chuchotais au creux de l'oreille, quelques mots à dire à l'élite. Je ne voulais pas qu'ils m'en veulent, je m'en voulais assez moi-même de tous les abandonner. Mais ma raison dépassait l'entendement. Ce petit cœur en formation, valait plus que tout. Nous nous regardâmes une dernière fois, puis il partit. Il ne tourna même pas le dos, se contentant d'avancer le plus rapidement possible.

Quelques minutes plus tard, mon plan en tête et mes affaires les plus importantes contre moi, je longeai les murs jusqu'à la porte d'entrée. Je devais faire comme si je partais en mission, franchir le portail et partir.

-Hé! Toi la bas.

Je me retournai, paniquée. Le Mangemort m'inspecta froidement, ne se rendant visiblement pas compte de mon état d'agitation intérieur.

-Tu es Elixir, non?

-Oui.

-Où vas-tu? me demanda-t-il suspicieusement.

Merde! Que devais-je répondre? Suivre le plan au risque de me faire découvrir, inventé un bobard qui me retomberait dessus, ou rebrousser chemin? Que devais-je faire?!

-J'allai en mission.

-Non! Tu n'as rien à faire là! Tu as du repos normalement alors tu ne sortiras pas! Et en plus tu oses me mentir?! Nous allons régler ça.

Il m'indiqua une porte du bout de sa baguette et j'entrai, décidant de ne rien tenter d'irréfléchi.

-Je reviens alors ne fuis pas.

Ce conseil presque désintéressé cachait une vraie menace. Jamais, même avec la Marque, même avec une robe, même avec un masque, je ne serais considérée comme une pure Mangemort... J'attendis à peine deux minutes avant que la porte ne s'ouvre de nouveau. Mais ce n'était pas l'homme qui m'avait menacés, c'était Fearn.

-Angel, que fais-tu là?

-Je... j'attends pour être jugée, dis-je amère.

-Comment ça?

-Ils n'ont pas confiance.

-Ils ont raison?

-Peut-être.

Un léger silence s'installa, alors que cet homme à moitié fou, semblait perdu dans ses pensées. Soudain, je me demandais si je finirais comme lui. Si c'était ça, le destin d'un Mangemort. Devenir fou. Son regard se posa sur moi, me transcendant. Par un réflexe de protection des plus stupides, je couvris mon ventre. Ses yeux s'y attardèrent et s'écarquillèrent lorsqu'il comprit. Là, j'étais mal...

-Tu... Qui?

Hors de question qu'il plonge avec moi.

-Je ne sais pas...

-Arrête de mentir, s'emporta-t-il.

Cet homme-là, ne ressemblait en rien à celui que je connaissais. On aurait dit qu'il était humain. Eprouver de la colère, c'est avoir des sentiments. Or, il était énervé. Il n'était plus ce monstre aux yeux exorbités, au sourire fou et à l'allure de petit bourge. Non, maintenant, il était un homme, les yeux perdus dans le vague, les mâchoires contractés, et les épaules basses. Il semblait en plein combat intérieur. Puis, il releva les yeux et me regarda si intensément que j'eus l'impression qu'il savait déjà tout de moi.

-Tu as essayé de t'échapper...

Mon cœur battait fort, j'avais chaud, je tremblais. J'avais peur. Mais sa voix douce, son changement, m'intriguais suffisamment pour que je fasse abstraction. Comprenant que j'étais dans l'impasse, je décidais de jouer franc jeu. Au pire, je n'aurais qu'à le faire taire. Ce ne serait qu'une victime de plus à mon tableau.

-Oui.

-Et c'est un membre de l'élite le père, non?

-Oui.

Il réfléchit et prononça sa phrase comme s'il espérait avoir raison. Comme si ça simplifierait tout pour lui.

-Alors, je pencherais pour Blaise Zabini, comme vous êtes proches...

-Ce n'est pas Blaise.

Il fronça les sourcils, visiblement retissant à jouer sa dernière carte. Comme si le prénom qu'il allait proposer, déciderait de ma vie ou de ma mort. Comme si il hésitait entre deux choses, que Blaise venait d'en éliminer une et qu'il se devait de considérer pleinement la dernière.

-Alors... Alors c'est Drago Malefoy?

-Oui.

Il rebaissa la tête, un léger sourire doux sur les lèvres. Il inspira fortement et me tendit sa main.

- Suis-moi.

-Pourquoi?

-Je vais te faire sortir d'ici.

C'était encore ma meilleure chance. Je devais à tout prix m'enfuir. Je n'avais ni le droit, ni le temps, de me demander pourquoi faire une telle chose pour moi. Je devais partir. Je devais sauver ma peau. Et là leur...
J'agrippai sa main et nous partîmes tranquillement, sans croisés personne. Nous arrivâmes jusqu'au portail. Et c'est là que les choses se corsèrent.

-Ils sont là, hurla une voix grave.

Je me retournais et découvrit deux hommes. Le gardien et un autre, plus robuste. Je lançai un sort puis me retournait pour franchir le portail. Fearn me suivit en me couvrant. Nous traversâmes le passage. Je me retournais pour que l'on puisse transplaner et vit un éclair vert fuser sur lui. Le sort le frôla et je compris qu'on ne survivrait pas. Le plus grand danger était l'arrivé de renfort, or déjà, les portes s'ouvraient sur trois ennemis. J'enchainai sort sur sort, alors qu'ils se rapprochaient de moi. Il n'était qu'à quelques mètres. Il pointa sa baguette, je déviai son sort.

-Cours! Casses toi! Vite!

-Quoi?!

-Je te couvre! Pars!

-Evan...

Suivant sa dernière volonté, je transplanai dans le premier endroit qui me vint à l'esprit. Je me retrouvais donc au bord de la falaise où j'avais passé le nouvel an, prostrée sur moi-même. Que devais-je faire, maintenant. Evan avait donné sa vie pour que je m'enfuie. Ca y était, j'étais dehors. Maintenant je faisais quoi ? Je m'assis, laissant mes jambes balancer dans le vide, la main sur mon ventre. Je pensais à tout. A l'élite, à Poudlard, à ce bébé contre mes doigts, à Malefoy. Je passais ainsi quelques heures à ruminer de sombres pensées, me torturant, souriant nostalgiquement ou retenant difficilement des sanglots. Je me perdais dans ce paysage, me rappelant des mots de Blaise la dernière fois que nous y étions venus. "Et que l'année prochaine, quand on se réunira tous ensemble, la Guerre ne soit plus qu'un souvenir." Moi, je les avais abandonnés. Je l'avais abandonnée lui. J'entendis une voix murmurer mon prénom. Cette voix je le connaissais, mais ce n'était pas possible. Elle n'était pas liée à mon prénom, à mon nom à la rigueur. Croyant à une hallucination, je tournais la tête vers les bois pour m'en assurer. Je vis une ombre derrière les arbres. Je reconnus une silhouette d'homme, c'était donc le propriétaire de la voix. Il s'avança doucement et la lune éclaira son visage...