Chapitre 37 – Bones

J'étais passé récupérer les enfants lorsque Camille me fonça dessus.
- Tu as deux minutes, c'est urgent. Lança-t-elle affolée
- Parker, tu vas prévenir Bones qu'on va y aller et tu nous rejoins dans le bureau de Cam.
- Ok

Et il fonça.

Elle s'installa dans le canapé et je la suivis.
- Ok, qu'est-ce qui se passe ?
- C'est Brennan

Déjà je m'inquiétais
- Qu'est-ce qu'elle a ?
- J'ai surpris une conversation qu'elle a eut avec Angela
- On n'écoute pas eux portes Cam. Dis-je en souriant, mon inquiétude passant
- Seeley, je suis sérieuse.

Elle ne m'appelait par mon prénom que très rarement ou pour me taquiner mais là il fallait vraiment que la situation soit importante pour qu'elle le fasse.
En fait, en l'entendant, je paniquais, ce n'était plus de l'inquiétude.
- Tu veux bien me dire ce qu'il y a Camille.
- Elle a eu une offre de l'université de Montréal. Me lâcha-t-elle de but en blanc

Je la fixais, ne sachant quoi répondre
- Elle serait responsable du département anthropologie
Le monde s'ouvrait sous mes pieds et je m'engouffrais dedans, ou plutôt je chutais, chute libre interminable
- C'est une sacrée opportunité pour elle
- Ce n'est… ce n'est pas possible.

Je reportais mon attention sur Tomy qui dormait dans sa poussette.
- Elle ne peut pas me faire cela
- Je pense qu'Angela va l'en dissuader.
- Elle ne peut pas partir.

Je commençais à voir flou, mes yeux s'embrumèrent. Je n'entendais plus ce que mon amie me disait, j'étais perdu.
- J'ai besoin d'elle Camille. Je sais que j'ai merdé, mais je ne supporterai pas de la perdre définitivement. Un an, une putain d'année sans elle, ça m'a suffit
- Mais tu es quand même revenu accompagné
- Je pensais qu'elle ne voulait pas de moi, il fallait bien que je fasse ma vie mais elle en aurait toujours fait partie. Je serais resté son partenaire et ami, je m'en serais contenté. Mais là … là c'est différent….

Je m'approchais de mon fils, me mit accroupi devant lui et lui caressa la joue. Je venais à peine de découvrir ce merveilleux trésor et je reprenais doucement une place dans la vie de Bones
- J'ai besoin de lui aussi
- Je sais, et elle le sait
- Ne me dis pas qu'elle …

Non, elle n'allait pas faire ça…. Elle n'allait pas partir et abandonner son fils
- Elle ne peut pas faire ça, elle sait trop ce que c'est pour lui faire la même chose.
- Je pense aussi, mais elle souffre Booth, bien plus que tu ne l'imagines. Comme tu dis un an, cela faisait un an qu'elle préparait vos retrouvailles, pensant que vous alliez enfin être heureux, et au final, ce fut tout l'inverse.
- Je sais, et c'est entièrement de ma faute.
- Parfois la douleur fait faire bien des choses.

J'avais les larmes aux yeux.
- Papa, ça ne va pas ?
- Ce n'est rien Parker.

Je devais me ressaisir. Je fermais les yeux, refoulant les larmes qui me venaient.
- Docteur Bones dit qu'elle a sa voiture et qu'elle fera des courses avant de rentrer.
- Ok mon grand.

Je me redressais.
- Merci Cam
- Ca va aller Seel'. Il faut que tu en parles avec elle.
- Si elle ne l'a pas fait, c'est qu'elle ne veut pas que je m'en mêle.
- Booth ! Son ton était autoritaire
- Je vais y penser, d'accord. Bonne soirée

Cela faisait deux heures que nous étions rentrés et elle n'était toujours pas là. J'avais tenté de l'appeler plusieurs fois mais rien, ni au labo.
J'allais dans sa chambre et vérifiais, ses affaires étaient toujours dans l'armoire. Pourtant une part de doute subsistait. Elle avait eu un appartement à Montréal, peut-être y avait-elle laissé de quoi tenir, peut être ne s'en était-elle pas séparé.
Non, elle ne serait pas partie comme cela, sans rien dire. Et surtout, elle n'aurait jamais abandonné son fils. Jamais.

- Papa, j'ai faim, c'est quand qu'on mange ?
Je jetais un coup d'œil à l'horloge. Là cela devenait inquiétant, il était déjà vingt et une heures.
- Je te fais quelque chose Parker.
Je fis donc des pâtes à la carbonara pour mon fils. Je n'avais pas vraiment faim, bien trop inquiet pour ma partenaire.
Une demi-heure plus tard, je me décidais à appeler Angela.
- Oui ? Me répondit une petite voix
- Bonsoir, c'est Booth.
- Oui Booth, que puis-je pour vous à cette heure ?
- Vous ne sauriez pas où est Bones par hasard ? Dis-je en essayant d'être le plus calme possible
- Comment ça où est Brenn ! Elle n'est pas avec vous chez elle ? Son ton trahissait sa surprise
- Non justement, elle avait dit à Parker qu'elle allait faire quelques courses, mais elle n'est toujours pas là.
- Vous avez essayé de l'appeler.
- Evidemment, plusieurs fois, au labo aussi
- Je vais essayer aussi. Maintenant aussi inquiète que moi
- Ok Angela, et prévenez-moi si jamais vous avez des infos
- Oui vous aussi.

Et elle raccrocha immédiatement.
Je me demandais si je devais appeler Max, au cas où elle serait allée le voir. Tomy se mit à pleurer à ce moment là. Il avait faim lui aussi et sa mère n'était pas là, et aucun biberon de prêt. Il aurait donc du lait à la place du sein maternel, à huit mois cela ne posait pas de problème particulier

Je venais de finir de le nourrir, le changer et le mettre au lit. J'avais aussi couché Parker, lorsque mon téléphone se mit à sonner.
- Booth. Répondis-je espérant entendre la voix de Tempérance
- Bonsoir Monsieur, ici l'inspecteur Harrison, police de Washington
- Bonsoir, que puis-je pour vous ?
- Nous avons retrouvé le véhicule de Mademoiselle Brennan sur le parking de la superette Lucky, ainsi que son sac à main, ses achats, ses papiers et son portable. Comme vous étiez la dernière personne à avoir tenté de l'appeler, je vous ai téléphoné.

Tout s'arrêtait, mon corps, mon cœur, mon âme, tout semblait pris dans un iceberg.
- Monsieur… vous êtes là ?
- Euhhh oui oui.

Je reprenais contenance.
- Je suis l'agent Spécial Booth, je travaille pour le FBI. Vous n'avez touché à rien ?
- A part le téléphone et le sac à main, non Monsieur.
- Bien, j'arrive dès que possible, sécurisez le périmètre.
- Bien monsieur. à tout de suite.

Je raccrochais, après avoir appelé Max pour lui dire de venir, sans lui expliquer la situation, je prévenais Camille et Hodgins.

- Bonsoir Max, entrez.
- Que se passe-t-il ? direct comme toujours.
- Vous devriez vous asseoir.
- Expliquez-moi tout de suite, et où est ma fille ?

Il ne m'écouta pas, se plant devant moi, visiblement aussi inquiet que moi.
J'inspirais, fermais les yeux quelques secondes
- Bones a été enlevé.
Je le vis s'effondrer sur le canapé. Je lui donnais donc les détails, avant de partir sur les lieux du kidnapping rejoindre Hodgins, certainement accompagné de sa femme et Camille.