J'espère que vous aurez passé un bon réveillon et que le Père Noël vous a gâté ! :P Je poste le nouveau chapitre en espérant qu'il vous plaise ! Bonne lecture :)
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La rage de vaincre
Luwin m'apporte ma cape noire dont je compte me revêtir pour l'enterrement de ma fille. Ma petite fille Mathilde. Si gentille, si innocente. Elle est la victime de cette guerre alors qu'elle ne savait rien de tout cela. Ce n'est pas juste. Ils n'avaient pas le droit de me l'enlever, pas elle !
Luwin semble aussi désemparé que moi. Aucun de nous deux ne sait vraiment comment nous comporter. Il m'attache la cape autour de mes épaules et je ne cesse d'entendre les paroles d'Alastor se répéter dans ma tête. « Vous êtes une femme horriblement cruelle », « vous êtes une mère indigne », « incapable de savoir comment élever ses enfants ». Ce portrait qu'il a peint de moi m'effraie. Suis-je vraiment comme ça ?
« Luwin ?
_Oui, madame ?
_A ton avis, suis-je une bonne mère ?
_Vous l'êtes, madame.
_Répond honnêtement, je t'en prie. Avant toi, j'avais un elfe de maison, Didi, enfin c'était celui de ma mère mais Didi savait me dire les choses honnêtement. Alors penses-tu que je suis une mère indigne incapable d'élever ses enfants ? Suis-je une femme cruelle ?
_C'est le chagrin et la tourmente qui vous fait parler, madame, répond l'elfe en me passant mes gants. Vous n'êtes rien de tout cela. Vous ne méritez pas ce qui vous arrive. Miss. Mathilde était… c'était une gentille fille. Et vous êtes une bonne mère, vous n'avez rien à vous reprocher.
_Tu as vu Marly cette semaine. Comment va-t-elle ?
_Elle va bien.
_La vérité. » J'exige.
Luwin me regarde hésitant puis se lance :
« Elle irait mieux si vous lui rendiez visite.
_Je l'ai frappé Luwin.
_Elle sait que vous n'étiez pas dans votre état normal. Elle non plus ne l'était pas. »
Luwin m'apporte mon bijou de tête. C'est celui que la mère de Seb portait le jour de l'enterrement de son mari. Mais ce n'est pas la même chose. Ce jour-là elle enterrait son mari, malade et fatigué. Moi, j'enterre ma fille de six ans, embrochée sur un pique par des mages noirs.
Quand une femme perd son mari on dit qu'elle est veuve. Quand un enfant perd ses parents, on dit qu'il est orphelin. Mais quand un parent perd son enfant, il n'y a pas de mot pour ça. Pourquoi ? Parce que c'est inhumain, c'est cruel de tuer un être qui découvre à peine la vie. C'est monstrueux de tuer un être aussi innocent qu'un enfant.
Quand j'apprenais dans les journaux que quelqu'un venait de perdre son enfant je me disais souvent « Oh non ! Comment font-ils ? » Cette question… Comment font les parents lorsqu'ils perdent un enfant ? Comment ces gens font-ils pour survivre ensuite ?
Mais tu dois te lever. Oui, chaque matin je dois me lever et affronter Seb qui déambule dans la maison vide comme une coquille. Marlène n'ose plus sortir, ni même parler. Il est vrai que juste pendant une seconde quand je me réveille, j'ai oublié ce qui s'est passé. Pendant une seconde, tout va bien, je vais me lever comme d'habitude et prendre le petit-déjeuner en famille. Et puis ensuite… je me rappelle. C'est comme recevoir un hibou encore, et encore, tout le temps.
Et pourtant, j'ai supplié Merlin quand j'ai deviné ce qui m'attendait ce jour-là. Mais personne n'a entendu mes prières. Alors quoi c'est une punition pour ce que j'ai fait ? Oui je protège des mangemorts, je les couvre ! Ce sont mes amis. Est-ce un crime de vouloir protéger ses amis ? Est-ce que cela mérite qu'on me retire ma fille ? Je sais ce qu'on me répondra à cette question. En pensant protéger mes amis, je voue d'autres personnes à leur perte. D'autres personnes souffrent à cause de mon silence. J'en suis terriblement consciente. Et j'ai beau essayé de me dire que je suis loyale envers mes amis, j'ai essayé de me donner bonne conscience… je n'arrive pas à penser mériter le pardon de ceux qui ont souffert.
Dehors, les branches des arbres tanguent sous le vent. Luwin m'aide à me relever de mon siège pour m'apporter mes chaussures noires. Habit de deuil, j'ai revêtis le noir une fois de plus pour cette fois enterrer ma fille. J'ai tenté d'être forte et de me montrer à la hauteur de mon mari, chef des Aurors, d'être digne de ma mère et de Carter qui se sont sacrifiés pour un monde libre. Mais sous cet écrasant poids qu'est ma fierté, je n'étais qu'une mère. Ils ont trouvé exactement la faille où il fallait m'attaquer.
Alors je ne demande qu'une chose maintenant que je n'ai plus rien. Si j'ai fais tout ça en vain, si depuis le début tout ce que je fais ne sert à rien, si au fond ma cause est une peine perdue, alors je ne veux plus vivre dans ce monde. J'en ai assez de me battre.
« Si j'ai vécu en vain, Luwin, je ne veux pas vivre du tout. »
Luwin redresse ses oreilles comme s'il n'avait pas bien entendu. Il n'a pas l'air de comprendre que jour après jour j'apprends la douleur. Oui, Alastor a raison je ne connais rien de ce sentiment. Jusqu'à mes quinze ans je n'ai connu qu'une vie dorée avec un bel avenir qui s'ouvrait devant moi. Mon enfance a été entièrement bercée par des rêves : on m'avait promis une vie somptueuse avec un mari exceptionnel qui aurait dû être Jayce. On m'avait promis une vie plus que parfaite. Mais petit à petit j'ai appris ce que c'était la douleur. Et tous les matins en me levant je me demande encore à quel niveau ma douleur va monter.
Luwin me prend la main et m'adresse un sourire tout en palpant mon poignet.
« Vous êtes fatiguée et vous manquez de force, madame. Vous ne mangez pas beaucoup depuis un certain temps, même Mr. Sebastien s'en est rendu compte. Et vous avez mangé très peu depuis la mort de miss. Mathilde. Il faut vous reposer et reprendre des forces. »
Il m'adresse un sourire réconfortant auquel je n'ai pas la force de répondre. Je voudrais que ma douleur s'arrête, je suis totalement anéantie et soumise à ce destin qui s'ouvre à moi. Peut-être est-ce pour me punir de la femme que je suis ? Alastor n'a peut-être pas tord… Je suis comme eux. « J'ouvre petit à petit les yeux » a-t-il dit. Alors si tout me condamne, je rends volontiers mon âme mais par pitié je ne veux qu'une chose : que cette douleur s'arrête ! Je ne saurais la supporter toute une vie. Je ne pourrais plus jamais vivre comme je le faisais.
Ma petite Mathilde était une partie de ma vie. En me l'enlevant, ils m'ont arraché une partie de moi. Le fruit de mes entrailles est mort… Ma volonté avec. Je ferme les yeux et tente d'oublier la douleur qui ne cesse de croître à l'intérieur. Va-t-en ! Je ne veux pas d'une vie comme celle-ci.
En rouvrant les yeux, Mathilde est là devant moi. Elle me tient la main et me sourit comme elle le fait chaque matin. Oh, ma Mathilde ! Je l'aime tellement. Je ne pourrais jamais l'oublier. Je lui prends le visage à deux mains et laisse mes larmes couler. J'aurais dû la prendre plus de temps dans mes bras, j'aurais dû être plus présente…
« Tu me manques Mathilde, je lui souffle. Mon enfant, mon trésor… Endors-toi bien, je viendrai te lire une histoire d'accord ? »
Elle me sourit et ses petits yeux pétillent. Je la serre fort dans mes bras en lui soufflant :
« Je me sens tellement coupable… Est-ce que tu vois tous mes remords ? J'aurais dû t'accorder plus d'attention, j'aurais dû… j'aurais dû t'aimer mieux, ma Mathilde.
_Madame ? »
Je rouvre les yeux. Luwin se détache de mon étreinte en me fixant avec inquiétude. Il recule même de quelques pas. Maintenant je fais peur à tout le monde. Marlène a peur de moi, Luwin aussi… Je me sens terriblement gênée de l'avoir un instant confondu avec Mathilde. Je tente de reprendre mes esprits et commence à me retourner comme pour me regarder dans le miroir mais un spasme de douleur survient. Ma poitrine souffre encore plus qu'avant. Je pose une main dessus et inspire fort pour faire passer le spasme. Luwin m'aide à m'asseoir toujours inquiet.
« Est-ce que vous allez bien, madame ? Je peux vous apporter quelque chose ? Un thé ?
_Non merci, ça va aller. C'est… ce n'est rien. Je… A ton avis, pourquoi je n'arrive pas à connaître le bonheur ici ?
_Les temps sont…
_Est-ce parce que je suis coupable ? Est-ce un crime vraiment horrible ? Est-ce un crime qui mérite qu'on me retire le droit à la paix et au bonheur ? Je demande en me levant de mon siège et aussitôt le vent s'engouffre dans la chambre et les fenêtres s'ouvrent à la volée.
_Asseyez-vous, madame.
_Je voudrais bien savoir pour quel acte si terrible… pourquoi ? Pour… pour quelle action me condamne-t-on à l'enfer jusqu'à mon dernier jour ?
_Asseyez-vous, je vais chercher Mr. Sebastien.
_Ne bouge pas ! Je lui ordonne. Je crois que j'ai trouvé pourquoi le monde semble si terriblement m'en vouloir.
_Madame, personne ne vous en veut…
_Tu sens cette puissance ? Tu la sens n'est-ce pas ? Je lui demande en désignant les portes des fenêtres qui claquent et le vent qui se met à tourner autour de moi. Tu es un elfe, Didi m'a parlé des pouvoirs que vous aviez. Tu peux sentir la magie qui émane de moi en ce moment, n'est-ce pas ?
_Madame, rasseyez-vous.
_Je vais te confier le secret de cette puissance. Oui, j'ai cru en sa bonté. J'ai cru un instant que… que la véritable puissance de la magie était là. J'ai pratiqué cette magie noire que l'on chasse tellement. Il me l'a apprise et je n'ai jamais pu m'en débarrasser. Dumbledore dit que ma magie est encore pure et belle. Et toi qu'en penses-tu ? Est-elle pure et belle encore aujourd'hui ?
_Madame…
_La vérité ! »
Luwin me jette un regard inquiet et ses oreilles s'affaissent.
« Vous n'allez pas bien, madame. Si vous n'allez pas bien, votre magie ne va pas bien. S'il vous plaît, arrêtez ça.
_Je ne peux pas. Je ne sais même pas comment la contrôler ! Elle vient dans des moments comme celui-ci et je n'arrive jamais à la calmer.
_Il suffit de vous calmer, vous. »
J'inspire et expire tout en fermant les yeux. Luwin a raison, il faut que je me calme. A mesure que je prends conscience de ce que je suis en train de faire, je me rends compte que la tempête s'est déchaînée dans la chambre. Aussitôt, tout retombe et tout se calme. Luwin m'aide immédiatement à m'asseoir.
« C'est ma faute, j'avoue enfin. Je n'ai pas le courage de dénoncer mes amis, je ne peux pas les voir condamner à Azkaban. Ils sont le seul lien que j'ai avec mon passé. Qu'est-ce que je deviendrais si tout disparaissait ? Est-ce que j'oublierai comment était la vie avant tout ça ?
_Vous savez ce dont vous avez besoin, madame ? D'une bonne tasse de thé. Venez, je vais vous en servir une. »
Il m'aide à me relever et me conduit jusqu'au salon où il m'installe dans un fauteuil avant d'aller chercher une tasse de thé. Mais ce n'est pas Luwin qui m'apporte ma boisson. Dans la pièce, entrent Seb et Marlène. Seb me donne ma tasse de thé et puis s'assoit sur le fauteuil en face avec Marlène sous son bras.
Je n'ose pas boire mon thé. Pressant mon genou, Seb m'invite à le faire. Je trempe mes lèvres dans le breuvage tout en observant Seb et Marlène. Ils me regardent boire en silence. Quand je repose ma tasse, Seb prend une grande inspiration avant de parler :
« Dans quelques heures… »
Sa voix s'étrangle mais il se racle la gorge et adopte l'air du chef des Aurors :
« Dans quelques heures, nous devrons rejoindre tous nos invités pour l'enterrement de Mathilde. J'ai parlé avec Marly de ce qui s'est passé et de comment sera l'enterrement. Je voudrais que nous y allions unis. Nous sommes une famille, certes qui vient de perdre l'un de ses membres mais nous sommes encore là. Je sais que tu ne vas pas bien Kim. Je sais que toutes les deux vous n'êtes pas bien. Mais je voudrais que pour Mathilde, on paraisse avec honneur devant nos invités. Pour Mathilde, je veux que nous soyons dignes. Je t'en supplie, Kim fais un effort pour notre fille.
_Et qu'est-ce que tu crois que j'allais faire ?
_Je ne veux pas que tu viennes parce que c'est ton devoir. Je veux que tu viennes en étant la femme que j'ai épousée. Une femme digne et fière qui ne se laisse pas abattre. Et ensuite, après l'enterrement j'ai décidé que Marly irait passer le reste de l'année chez son oncle Patrick et sa tante Isabelle.
_Non, tu ne m'enlèveras pas ma deuxième fille, je proteste.
_Quant à toi, continue-t-il sans prendre en compte ce que je dis, je vais veiller à ce que tu retrouves l'appétit. Tu es maigre, Kim. Tu es… très maigre. Patrick et Christian m'ont dit que ton état les inquiétait. Si on ajoute ton état d'esprit en ce moment, ils craignent que tu… que tu te... »
Il ne prononce pas le mot devant Marlène mais j'ai deviné ce qu'il pensait. Je hoche la tête signifiant que j'accepte les conditions. Je me glisse ensuite près de Marlène et lui tend les bras pour la serrer contre moi. Elle hésite juste un instant, croyant que je m'apprête à la frapper une nouvelle fois, et puis elle me laisse enfin la prendre dans mes bras. Je la serre fort contre moi et lui caresse les cheveux. Je la sens trembler entre mes bras. Je l'entends pleurer encore une fois comme chaque nuit désormais.
« Je suis désolée. » Je lui murmure en l'embrassant sur le haut du crâne.
Je sens ses doigts se planter dans ma chair et l'entends pleurer de plus belle. Seb pose sa main sur mon épaule et dépose un baiser sur ma joue puis dans les cheveux de Marlène. Il a raison. Nous venons peut-être de perdre un membre de notre famille mais nous sommes toujours là. Alors pour Mathilde, je veux rester digne devant les autres.
Et c'est ce que je fais quand nous rejoignons le lieu de cérémonie. Ma grand-mère est totalement effondrée. Je me fais violence pour la prendre dans mes bras et l'apaiser. Elle renifle dans son mouchoir avant de s'asseoir d'épuisement sur une chaise. Elle se sent aussi coupable que moi d'avoir laissé Mathilde sortir en dehors de la barrière mais je ne lui en veux pas. J'en veux aux mangemorts.
Lucy a le visage baigné de larmes. Elle se jette à mon cou en pleurant bien plus que je n'ai pleuré moi-même. Je sens bien qu'elle aussi ne supporte plus de connaître chaque jour la douleur.
Hagrid se mouche dans un mouchoir qui ressemble à une nappe et me tapote l'épaule avec un sourire qui se voudrait réconfortant mais qui n'inspire que la tristesse. Je lui pose une main sur son épaule - enfin sur son coude.
Je laisse Marlène auprès de ma grand-mère tandis qu'on nous présente le corps de Mathilde dans son cercueil encore ouvert. Je l'autorise néanmoins à venir déposer une fleur entre ses mains. J'embrasse Marlène sur le front avant de la laisser retourner à son siège. Puis nous écoutons tous les discours en l'honneur de Mathilde. Je me contente de contempler son visage si innocent. Elle a sombré dans le sommeil comme chaque soir où je venais la border même si cette fois-ci il s'agit du repos éternel. Dors bien ma fille, je t'aime tellement.
Seb me prend la main au milieu de la cérémonie quand les discours se terminent. Il est temps de refermer le cercueil. Je ne veux pas la quitter. Elle méritait mieux. Elle méritait de vivre et d'avoir une belle vie.
Je sens les larmes monter et serre plus fort la main de Seb dans la mienne. Il me regarde et me prend dans ses bras. Je ne veux toujours pas quitter Mathilde. Et tandis que Seb me serre contre lui, je lui murmure :
« Venge-la. »
Il me regarde en arquant un sourcil. Alors je répète :
« Venge-la. Venge notre petite fille, notre bébé. »
Il m'embrasse les mains et puis répond :
« Je te le promets. »
Nous nous serrons à nouveau dans les bras et puis il est temps de refermer le cercueil. Je regarde ma fille disparaître de ma vue et descendre sous terre. On jette des fleurs avant de l'enterrer définitivement. Je tiens toujours la main de Seb. Maintenant je sais qu'il est comme moi. Il est animé par la même rage de vaincre que moi. Mathilde sera notre martyre. Elle sera notre raison d'action.
« Je vais voir ma mère, m'annonce Seb en m'embrassant. Je reviens. »
Je hoche la tête et commence à me retourner pour rejoindre Marlène près de ma grand-mère quand Dumbledore vient se placer à mes côtés. Je le toise de mon regard le plus froid possible. Inutile de vous dire combien je déçus. Un homme totalement passif se trouve sous mon regard. Je lui ai fais confiance, j'ai attendu et au final, qu'ais-je gagné ? J'ai perdu ma fille.
« Je sais dans quel état vous êtes, me dit-il l'ai sincère mais je n'en crois pas un mot.
_Non, vous ne savez pas. Vous n'avez pas de famille, vous n'avez personne à perdre.
_Je connais la douleur lorsque nous perdons un être cher.
_Ah oui ? J'en doute.
_Miss. Van Hallerberry…
_C'est Mrs. Bonham ! Je le coupe.
_Pardon, Mrs. Bonham, quoi que vous comptiez faire je vous assure que la vengeance ne mène à rien.
_Je ne laisserai pas passer ça. Je suis restée trop longtemps dans l'ombre. Si Vous-Savez-Qui veut me voir, il me verra.
_Vous parlez sous le coup du chagrin et de la colère…
_Du chagrin et de la colère ? Je répète. Vous voulez rire ? Je suis complètement abattue et ma rage n'a jamais été plus forte !
_Ne commettez pas d'erreurs, nous ne sommes pas encore prêts à l'affronter.
_Et quand le serons-nous ? Vous avez avancé avec votre professeur de Divination ? Quoi ? Vous allez attendre pour me révéler ce que vous savez et ensuite vous allez me demander d'attendre jusqu'à ce que je perde encore quelqu'un ?
_Je comprends votre réaction. Je sais combien c'est frustrant de devoir attendre le bon moment.
_Frustrant ? Non, c'est insupportable ! Je ne pourrais plus jamais attendre.
_Il faut pourtant vous raisonner.
_Vous osez encore me dire ce que je dois faire après ce qui s'est passé ?
_Raisonnez-vous ! Je comprends le sentiment qui vous habite, ça ne me plaît pas d'attendre moi non plus. Mais vous ne voyez pas les élèves de Poudlard. Ils sont l'avenir et en voyant certain, je suis sûr que nous aurons bientôt la résistance que nous attendons. Mais nous devons continuer à nous montrer patients, ne pas éveiller les soupçons car chaque jour nous en apprenons un peu plus sur notre ennemi. Mais nous serons bientôt plus nombreux que nous ne l'avons jamais été, et quand toutes les pièces du puzzle…
_Vous continuez à rêver de quelque chose qui n'arrivera jamais. Il faut agir maintenant, et j'agirai !
_Vous allez commettre une erreur ! Proteste-t-il en perdant pour la première fois son expression de tranquillité qui m'agaçait tant. Ne mourrez pas inutilement, c'est vous-même qui m'aviez dit que vous vouliez agir stratégiquement. Nous avons notre stratégie !
_Oui, attendre. Comme nous le faisons depuis des années, et pour quel résultat ?
_Certains mangemorts sont à Azkaban et nous en savons plus sur notre ennemi qu'à nos départs. Mrs. Bonham ne laissez pas la douleur vous aveugler. Nous avons besoin de chacun et nous ne pouvons nous permettre de perdre nos membres. Nous sommes trop peu nombreux. Mais notre temps viendra, faites-moi confiance. Il y aura bien un jour où nous saurons comment le vaincre. »
Un jour où nous saurons comment le vaincre… Tout cela sonne comme une utopie pour moi. Si seulement ce jour pouvait être aujourd'hui ou arriver prochainement. Dumbledore a l'air d'y croire dur comme fer. Et moi ? J'ai envie d'y croire mais au fond… Est-ce que j'y crois encore ?
Je l'abandonne et vais rejoindre Marlène qui devra partir le lendemain soir chez son oncle et sa tante. C'est le mieux pour elle je pense. Maintenant que les mangemorts savent où nous habitons, maintenant qu'ils sont au courant pour la barrière magique, elle est en danger. Il vaut mieux qu'elle aille dans un endroit où ils ne la chercheront pas. Quant à moi, je promets de ne pas laisser passer la mort de Mathilde.
Dumbledore a dit que notre temps viendrait. Je ne compte pas attendre que de nouvelles personnes tombent. Notre temps c'est aujourd'hui. Aujourd'hui alors que je viens d'enterrer ma propre fille, je me rends compte qu'il ne sert à rien d'attendre. Il nous faut agir.
Merci d'avoir lu ! :)
