Heya ! Je vous livre ce premier Omake pendant que Mana.Y corrige la suite. Non, c'est pas encore les Shirohige, mais Rayleigh !
En attendant, merci à ChibichibiLuna ; Olympe 2 (pas très drôle, je le crains, celui-ci) ; Anna-chan17 (tu me donnes une idée) ; Algol D. DarkWalker (bravo pour avoir réussi à vaincre The Golden Prince).
La porte de la Grande Salle s'ouvrit lentement, doucement, en silence, et quelqu'un entra, enveloppé dans une cape grise légèrement relevée sur sa droite pour laisser deviner une lame à la ceinture.
L'homme portait des claquettes qui ne faisaient pas le moindre bruit sur le sol de pierre de la Grande Salle. Pourtant, tout n'était plus que silence. Tout le monde regardait l'inconnu s'avancer lentement, avec tranquillité. Ceux avec un œil averti pouvaient percevoir quelque chose, comme si l'ombre se faisait plus profonde là où se tenait l'homme.
Ace reposa sa tasse de café et pivota sur son banc, ayant tout de l'apparente décontraction qui cachait pourtant le fait qu'il était prêt à tout.
L'individu sembla le repérer et s'avança vers lui, faisant tomber sa capuche dans son dos avec un soupir.
- Le voyage a été intéressant, Ace-kun. C'est un plaisir de te revoir, jeune homme, fit le vieil homme en dégageant sa chevelure couleur neige de sa cape. Luffy est pressé de te revoir.
- Moi de même, assura Ace sans bouger de sa place. Excusez ma méfiance, mais j'aimerais avoir la preuve que vous êtes bien le Mei-Ô et non pas une sale blague.
- Tu es tout excusé, je suis le premier à approuver le fait que rien n'est jamais ce qu'il n'y paraît, dans notre monde. Ceci, est-il une preuve suffisante ?
L'homme s'arrêta devant Ace et produisit dans sa main deux pièces d'échec. Un fou blanc et une reine noire.
- Mes plus sincères condoléances pour Newgate. C'était un grand homme, souffla doucement l'homme.
- Merci, Ray-san, sourit douloureusement Ace en prenant les pièces d'échec. Un plaisir de te revoir.
- De même.
Ace se leva en fourrant les pièces dans sa poche. Harry constata qu'il était plus détendu. Pas totalement en confiance, comme avec son amie Kali, mais plus serein. Ils échangèrent quelques mots en japonais jusqu'à ce que Minerva, Albus et Dolores débarquent.
- Silver-san, un plaisir de faire votre connaissance. Je suis le Directeur de cette école, Albus Dumbledore.
- Le plaisir est réciproque, sourit poliment Rayleigh. Vous devez être McGonagall Minerva, je me trompe. Ace-kun m'a parlé de vous dans sa dernière lettre. Je vous remercie d'avoir été là pour lui. Encore une fois, les choses sont faites pour que je ne sois jamais là quand mon filleul a besoin de moi.
- Avec des 'Si' Sengoku et Shiki seraient un couple marié et heureux, marmonna Ace. Ray-san, le passé appartient au passé, la faute est au foutu condamné qui n'a pas pensé à te mettre dans la confidence.
- Tu sauras que quand on vieillit, on passe beaucoup de temps à regretter le temps perdu.
- Hum-hum…
« Tout dans la finesse » songea sarcastiquement près de la majorité de la Grande Salle.
Rayleigh la regarda et ses sourcils sautèrent très haut sur son front.
-|| J'ai vu des choses bizarres dans mon existence, mais ça, ça gagne le gros lot.|| commenta le Mei-Ô à Ace.
Ace avala ses lèvres pour ne pas rire. Il préféra attraper sa tasse de café et la boire cul sec pour ne pas éclater de rire.
- Mes excuses, gente dame, je n'ai pas eu l'occasion de vous demandez votre nom, fit Rayleigh.
Le sourire du vieil homme était à la fois poli, mais avec une légère touche de moquerie.
- Je suis Dolores Jane Ombrage, l'enseignante de Défense Contre les Forces du Mal assignée à Poudlard par la Ministère de la Magie. C'est moi qui ai demandé à vous rencontrez, lui dit Ombrage en se gonflant de fierté dans toute sa crapauté.
- Ah.
Et Rayleigh éclata de rire, laissant Ace perplexe.
- J'ai loupé une bonne blague, ou c'est quelque chose qu'on ne peut comprendre que si on a servi sur l'Oro Jackson ? s'enquit Hiken.
Les élèves qui écoutaient sans vergogne la conversation ne comprenaient pas la référence. Rayleigh essuya ses yeux, essayant de retrouver son calme et expliqua à Ace :
- Est-ce normal, pour nous deux, d'être dans cette situation, voire même, ce lieu en sachant combien on pèse en berry ?
Parfait moyen détourné pour lui faire réaliser que s'il se marrait, c'est qu'on aurait jamais songé qu'un pirate soit convoqué par un professeur comme n'importe quel parent.
Ace s'appuya sans souci sur le Mei-Ô pour ne pas s'effondrer de rire. Minerva essayait de son mieux de rester stoïque, quand on savait que Rogue cachait son propre rire silencieux derrière son journal et que Dumbledore laissait échapper un petit rire. Luna, à Serdaigle, n'était pas des plus discrètes, comme les jumeaux Weasley. Hermione souffla quelque chose à l'oreille de Harry qui eut un 'oooooh' en comprenant le sous-entendu et se mit à rire avec sa camarade. Même Ron ne pouvait lutter contre un sourire, ce qui laissait la pauvre Ginny des plus perplexes.
- Si nous procédions à nos affaires dans un lieu plus adapté, proposa Ombrage en essayant de savoir pourquoi tant de monde semblait mort de rire.
- Oh, mais avec plaisir. Ace-kun, peux-tu retrouver ton sérieux, ou dois-je appeler Garp-san pour t'aider.
Ace avala son rire.
- Pitié, pas le Jiji, tout mais pas lui… fit le jeune homme avec des yeux ronds d'horreur.
- Je sais, sourit Rayleigh.
Ace grogna en se dirigeant hors de la Grande Salle.
- C'est pas du tout drôle !
- Pour toi peut-être, mais voir deux braves et jeunes D. se mettre à trembler d'effroi à l'annonce du nom de Genkotsu est assez amusant, lui répliqua Rayleigh.
Il regarda Ombrage et s'inclina en montrant le chemin du bras.
Ombrage ouvrit la marche, dépassant Ace qui s'était arrêté entre les portes.
Quand Dumbledore et McGonagall retournèrent à leur place, les jumeaux prirent Hermione en otage.
- Crache le morceau…
- … c'est qui ?
S'assurant que personne ne les écoutait, Hermione répondit dans un murmure.
- C'est Rayleigh Silver, le Seigneur Sombre. Cet homme était l'un des meilleurs prétendant au titre de Seigneur des Pirates, après la mort du père d'Ace, avec Edward Newgate, le défunt capitaine des Shirohige.
- Pourquoi ? demanda Harry.
- Cet homme était le bras droit de Roger. Le bras droit du Seigneur des Pirates. Et accessoirement, le parrain d'Ace. Ace m'a raconté que lors de l'une des rares rencontres qu'il avait faites avec lui, monsieur Silver lui a annoncé qu'il avait fait une demande spéciale à un ami révolutionnaire pour obtenir les effets personnels que le père d'Ace avait sur lui, le jour de son exécution, qui ont été conservé par la Marine. Dans le tas, y'avait une lettre non envoyée pour son bras droit, lui annonçant qu'il le désignait comme le parrain de son enfant à venir. Il y avait tout, même son plan pour inclure un marine.
- Donc… fit Harry.
- Si la lettre avait été envoyée, Ace aurait grandi d'une toute autre façon… Vous avez vu ses yeux quand il parlait de ses regrets ? La façon dont il regardait Ace… Il regrette de ne pas avoir été là pour lui, je pense…
- Whouawe, commenta George.
Les deux pirates s'installèrent dans le bureau d'Ombrage, et Rayleigh arrangea son épée sur ses genoux, histoire qu'elle ne le gène pas, mais aussi afin de l'avoir à portée de main. Il savait qu'il fallait se méfier des apparences, et il ne savait pas assez de ce monde pour savoir à quoi s'attendre. Alors, autant rester préparé.
Il suffisait qu'il regarde Ace pour savoir que la magie avait un gros potentiel, vu la façon dont la voix du garçon avait évolué au point de prendre une intonation presque féline et mystique.
- Eh bien, pourquoi est-ce que vous m'avez fait venir ? Qu'a donc fait Ace-kun ?
- Puis-je demander déjà vos relations avec Monsieur Gol ?
- Père ou fils ? Ace-kun use du nom de sa mère, Portgas, en général, ce qui est facilite les choses dans certains cas. J'ai connu Roger, Gol D. Roger, le père d'Ace-kun…
L'une des mains d'Ace se crispa sur l'accoudoir de sa chaise, mais ce fut sa seule réaction à l'entente du nom de son père.
- … et j'ai appris par hasard pas mal d'années après sa mort qu'il avait eu un fils, et c'est en faisant des recherches que j'ai découvert qu'on m'avait caché tout ce temps mon filleul, Ace ci-présent.
- Et ce Monkey D. Garp…?
- Garp est mon grand-père adoptif, allez pas plus loin, même moi je comprends pas le bordel derrière la situation, marmonna Ace.
- Bien, donc, je suis ici pour … ? fit Rayleigh.
- Il s'agit du comportement de votre filleul, de ce qu'il fait dans l'école…. Et aussi pour avoir votre opinion sur son projet professionnel.
- Mage de Guerre ? Du moment qu'il est libre dans son choix, il aura mon soutien.
Ace regarda Rayleigh qui lui offrit une esquisse de sourire. Cela laissa Hiken avec le regret de ne pas avoir eu l'occasion de grandir avec cet homme dans sa vie. Entre Garp qui le poussait sur une voie qui n'était pas la sienne, et le Mei-Ô qui l'aurait encouragé à faire ses choix librement…
- Vous ne trouvez pas ça un peu trop… dangereux ? demanda Ombrage.
- Je porte un sabre à ma taille et j'ai plus d'arme sur moi que vous n'en verrez jamais… sauf si vous arrivez à immobiliser Ace-kun assez longtemps pour procéder à une fouille corporelle, sans vous faire brûler. Vous croyez qu'avec ça, nous n'avons pas la moindre idée de ce qu'est le danger ? Pourquoi as-tu choisi cette position, Ace-kun ?
- Le monde qu'on arpente est dangereux, et dehors, plus d'une personne rêve de me tuer. Je dois être capable de me protéger, mais c'est pas la raison principale qui fait que j'ai besoin de ce pouvoir…
- Est-ce parce que le professeur Dumbledore a besoin de vos services ? demanda Ombrage d'un ton soupçonneux.
- Je ne lui dois aucune allégeance. Nous avons un accord très simple… il me laisse étudier, et j'enseigne le Haki dans cette école, tout en protégeant de mon mieux les élèves avec mes pouvoirs. Si je veux ce pouvoir, c'est parce qu'il y a des choses dans ce monde qui font que je suis heureux de vivre, et que je veux les protéger. C'est tout con. Je veux protéger les gens que j'aime.
- ||Je suis certain que pour cette simple raison, Portgas-san doit être fier de l'homme que tu es aujourd'hui, Ace-kun. Tout comme Edward. De mon côté, même si je regrette de ne pas avoir eu l'occasion de participer à ta vie dès le départ, je trouve que tu es un jeune homme admirable.||
Ace ne put s'empêcher de rougir devant le compliment.
- Donc, le sujet de l'avenir de mon filleul a été discuté, nous pouvons passer à la suite ?
- Le sujet du Haki. La méthode d'enseignement n'a rien à faire dans une école. Est-ce que vous…
- Je sais ce qu'est le Haki, je suis moi-même un maître des trois formes de Haki, à l'instar d'Ace-kun, bien que mon âge et donc, mon expérience, me placent au-dessus de lui en terme de force. Quoique je pense qu'une certaine tête brûlée risquerait de se retrouver à faire la serpillière devant un gamin caoutchouteux, à ce niveau, s'il se repose sur ses lauriers.
- Que dalle, je me bouge autant que je peux, mais y'a personne avec mon niveau. Je suis obligé de former mes propres partenaires d'entraînement, et j'ai pas le temps nécessaire pour les mettre à mon niveau totalement.
- Le sujet n'est pas là. Le sujet est que cet enseignement n'est pas adapté à une école pleine d'enfants ! coupa Ombrage.
- Alors, où est l'intérêt de votre propre poste ? demanda Rayleigh en levant un sourcil perplexe.
- J'apprends la Défense avec des méthodes approuvées par le ministère.
- Le Haki est un moyen bien plus efficace de se défendre. Il est juste question d'ouvrir son esprit, de l'entraîner et on peut percevoir des menaces avant même qu'elles ne surviennent. Votre matière et celle d'Ace-kun devraient pourtant aller main dans la main. Quant à cette histoire de méthodologie approuvée par votre gouvernement…
Rayleigh se pencha en avant sur son siège, les yeux étincelants, sans le moindre sourire, les sourcils froncés. Ombrage recula nerveusement dans son propre siège. L'ombre semblait s'épaissir avec la colère de l'ancien pirate.
C'était l'effet du Haki du vieil homme. Le Haki était toujours personnel… est-ce que cette personnification du Haoshoku était le pourquoi Rayleigh du surnom de Mei-Ô ?
- J'ai vu plus d'horreur faites dans le monde au nom du Gouvernement et de la Justice, quand à côté, des criminels faisaient des actes admirables. Vous n'aurez pas mon soutient avec votre point de vue. Maintenant, qu'est-ce qu'il en est exactement de la raison qui fait que je suis assis dans votre bureau. J'ai un travail important en ce moment…
- ||Des rookies qui poursuivent leur rêve dans le Shin Sekai ?||demanda Ace.
- ||Le Thousand Sunny se doit d'être prêt quand le futur Kaizoku Ô mettra les voiles pour l'île Gyojin.||
Ace se passa une main sur le visage, la réalisation que son frère faisait son entrée dans le Shin Sekai, et qu'il ne serait pas là pour l'accueillir, comme il le voulait à l'origine, le frappant pleinement.
- Quel con je fais… j'aurais dû obéir à Oyaji… murmura Ace en se frottant le front.
Rayleigh lui serra brièvement l'épaule, puis regarda de nouveau Ombrage. Il avait l'impression de faire face à quelqu'un de la même engeance que ceux qui vénéraient la Justice Absolue.
- Votre filleul s'est montré irrespectueux envers un enseignant, et non content de mentir à ses camarades de classe afin de les effrayer, il s'est déshabillé devant toute la classe ! siffla Ombrage.
- Il a fait ça ? s'étonna Rayleigh. Ace-kun, qu'as-tu donc fait ?
- Je l'ai appelé Hikikaeru, répondit honnêtement Ace.
- Je peux pas dire grand-chose, vu que Garp t'a élevé.
- Non, Curly Dadan m'a élevé, et encore, Garp, lui, il m'a traumatisé.
- Cela revient au même, ni Garp, ni cette femme ne sont les personnes les plus recommandées pour apprendre à un enfant les bonnes manières. Néanmoins, tu sauras qu'il est de coutume de ne pas insulter les gens, même si l'insulte s'avère vraie.
Ace eut une moue.
- Vas-tu présenter des excuses ?
- Je ne vais pas m'excuser de décrire exactement ce que je vois.
- Et si je demande à Marco son opinion, tu penses qu'il dira quoi ?
Ace eut une grimace en imaginant la façon dont Marco lui ferait comprendre que quand bien même il est d'accord sur le fait que la femme ressemble à un crapaud, ce n'était pas une raison pour l'injurier, lui rappelant qu'il devrait faire profil bas dans une telle situation.
- Je m'excuse pour avoir exprimé ma pensée tout haut, mais ne comptez pas sur moi pour changer mon opinion sur votre sujet, sensei.
C'était le mieux qu'elle pourrait obtenir, Ombrage en eut conscience.
- Le point suivant… quel genre de mensonge Ace-kun a donc dit dans votre classe, je suppose, pour que vous en soyez tant offusquée.
- Je leur ai brisé leur bulle d'utopie pour les mettre nez à nez avec la réalité du monde, pointa Ace. Le monde est dangereux et sensei prétend qu'il n'y a rien dehors.
- Tous les criminels ne sont pas dans les prisons, madame, vous devriez le savoir puisque vous avez été pointée à ce poste par votre gouvernement. Vous en prendre à Ace-kun parce qu'il fait votre boulot est la pire chose à faire. Attendez-vous à des répercussions inattendues si vous continuez de vous en prendre à lui à ce sujet. De plus, les gens les plus odieux ne sont pas forcément dans le camp qu'on croirait.
- Si le monde était un paradis aussi rose que votre bureau, avec des licornes chiants des arcs-en-ciel sur leur passage, j'aurais pas eu besoin de faire tomber ma chemise pour montrer ce qu'il reste du trou que j'ai eu dans la poitrine. Il y a une différence entre se mettre torse nu et se mettre à poil. Dans le second cas, Parvati Patil et Lavande Brown auraient confirmé avant le dîner à toute l'école le type de sous-vêtement que je porte, ou si je suis du type commando.
Rayleigh aurait presque ri de ce que disait Ace s'il n'avait pas compris ce que faisait cette femme ici et quel était son objectif.
- Nous sommes ici pour une perte de temps. Même si entendre mon filleul marmonner des commentaires absurdes est drôle au plus haut point, vous et moi n'avons pas le même point de vue. Vous n'aurez rien de moi pour faire pression et briser Ace-kun, comme il n'aura rien de vous pour parvenir à son objectif. Je présume qu'il a été puni, et je crains que malheureusement, la punition soit inefficace, d'où le pourquoi vous vouliez vraiment me parler. Je serais d'avis que cette punition injustifiée soit annulée, mais encore une fois, je ne suis pas assez naïf pour y croire. Juste, regardez une chose.
Rayleigh se leva de sa chaise et regarda Ace.
- Sengoku.
Le regard d'Ace vira à l'argent.
- Marshall D. Teach.
Le jeune homme se mit à grogner.
- Akainu.
Le Haki d'Ace commença à s'agiter, rendant l'atmosphère de la pièce lourde, brûlante et presque irrespirable pour Ombrage.
- Ce sont les hommes qui ont blessé ce qui fait l'univers d'Ace-kun. Et si vous ne faites pas attention, vous rejoindrez cette liste. Vous l'appelez déjà Gol, il ne vous reste qu'une marge très maigre à franchir avant que Hiken no Ace ne vous tombe sur le poil… Ace-kun.
La main ferme du Mei-Ô ramena Ace à la réalité.
- J'aimerais pouvoir te parler un peu, avant de m'en aller.
Ace se leva et quitta le bureau avec le Mei-Ô, laissant une Ombrage tremblante derrière eux. Comment un garçon aussi jeune pouvait-il avoir autant de pouvoir ?
Ace avait réussi à esquiver les espions pour mener Rayleigh dans le parc, près du lac, où Stefan salua d'un aboiement joyeux l'ancien pirate qui se fit un plaisir de lui ébouriffer la fourrure.
- Tu te remets, constata Rayleigh à Ace.
- Je guéris lentement, mais je ne suis pas moi-même… comment tu fais, pour vivre sans les aventures et tout ce que la vie de pirate t'offrait ? murmura Ace, accroupi au bord de l'eau.
- Je pars souvent en vadrouille. Plus trop en ce moment, puisque je viens de boucler l'entraînement de ton frère, et que je veille à faire un boulot de la meilleure qualité qui soit, pour son navire, mais je reste pas longtemps au même endroit sans rien faire. Pourquoi crois-tu que je porte un sabre sur moi ?
Ace eut un sourire amer sans quitter l'eau du regard où se reflétait le ciel gris et lourd.
- La dernière fois que je t'ai vu, tu n'avais pas cette sale cicatrice à l'œil. Essayes-tu d'imiter Shanks-kun ?
- Non… c'est un souvenir que j'ai conservé d'un affrontement avec un loup-garou. Un souvenir du meilleur prof que j'ai jamais eu.
- Tout peut être mieux par rapport à cette femme. A quoi pense le directeur de cette école ?
- Il n'a pas eu le choix, le poste est maudit. Personne d'autre ne le voulait alors, le Gouvernement a pris les choses en main. Et le Gouvernement a peur que Dumbledore-san prépare une armée.
- Je vois.
Rayleigh caressa pensivement sa barbe en regardant l'eau.
- Ray-san…
- Oui ?
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi ton capitaine s'est-il rendu ? Je me suis toujours interrogé, mais j'ai jamais trouvé la réponse.
- Garp ne te l'a pas dit ?
Ace leva un regard interrogateur vers l'ancien pirate qui s'assit à côté de lui. Il tira de sa cape sa flasque d'alcool et but une gorgée, avant de la tendre à Ace qui en fit de même, avant de la rendre à son propriétaire.
Il savoura le goût du saké sur sa langue. Il y avait tellement longtemps qu'il n'avait pas bu d'alcool…
- Roger était malade. Quand il a décidé de conquérir la Grand Line, les médecins ne lui donnaient pas longtemps à vivre. Une affaire de quelques mois. On a trouvé un homme qui a réussi à repousser l'échéance. Il nous a fallu trois ans pour conquérir la Grand Line. Durant ces trois ans, j'ai vu lentement la maladie avoir raison de lui. Je le voyais cracher du sang, mais sourire en disant que tout allait bien. J'ai vu Crocus lutter pour le calmer quand il avait des crises. Quand il a décidé que c'était fini, je pense qu'il sentait qu'il n'en avait plus pour longtemps. Peu après son exécution, Crocus m'a dit qu'il aurait tenu un mois de plus, mais c'est tout. Voilà pourquoi il s'est rendu. Il ne voulait pas de mort inutile. Il voulait une mort qui ait du sens. Peux-tu le comprendre ?
- Oui…
- Tu as quelque chose en tête ?
Ace hésita un instant. Pas qu'il hésitait à se confier à ce sujet à Rayleigh, l'homme le comprenait que trop bien, ça en était effrayant. C'était seulement qu'Ace ne savait pas comment formuler ce qu'il avait sur le cœur.
- J'ai cru… qu'il m'avait abandonné volontairement. Qu'il avait le choix de vivre et de m'élever… ou de mourir et me laisser dans la merde dans laquelle je suis à présent… mais… je réalise qu'il n'avait pas ce choix, au final. Tu penses que je l'ai détesté pour rien ?
- Ce n'est pas Roger en lui-même que tu détestes, d'après-moi, Ace-kun. C'est plus le fait que les hommes ne parviennent pas à faire la différence entre lui et toi. Ta colère et ta haine sont justifiées par ta souffrance. Apprends d'elles, et grandis. Ne les laisse pas t'enchaîner.
- Merci de tes conseils.
- Avec plaisir, un parrain est là pour ça. Des plans pour le futur ?
- Lentement, je me rapproche de l'objectif final, afin de pouvoir rentrer à la maison. Mais, je suis devant une créature qui ressemble à une hydre. Tant qu'il restera une tête, elle pourra revenir… mais je n'arrive pas à savoir combien de têtes, en plus des trois déjà détruites, il me reste à couper… et j'ai un souci.
- Qui est ?
- L'une des têtes a fusionné avec la personne que je dois protéger. Si je tue le gamin pour le libérer de ce parasite, je me tue au passage, mais si je laisse les choses en l'état, l'hydre aura toujours une chance de renaître, et je serais bloqué ici.
- Tu es un pirate, trouve des informations. C'est mon seul conseil.
- Merci de ce conseil, Ray-san.
- De rien, Ace-kun.
