Bien le bonsoir! Voici le dernier chapitre de la semaine, avec enfin les réactions des gens face à Krokmou. Avec, en prime, une apparition remarquée de notre furie nocturne préféré. Ce chapitre est un peu un chapitre détente, j'en avais besoin car j'ai appris que ma candidature pour mon entretien de vendredi dernier n'a pas été retenue (j'habite trop loin, ils ont privilégié des candidats locaux). Mais j'ai aussi reçu une convocation pour un autre entretien mercredi, donc je suis à la fois démoralisée et pleine d'espoir. Alors ce chapitre est du grand n'importe quoi, à ne surtout pas prendre au sérieux, même s'il permet de faire un peu avancer l'histoire.
Réponse au commentaire :
Jessica Lmx : Argh, ton chapitre préféré est celui qui a failli me tuer! Celui dont j'ai le plus honte! Je me suis jurée de ne jamais écrire de nouveau un chapitre aussi mielleux! Brr, je frissonne rien que d'y penser!^^ Angus est en effet courageux, il préfère que sa partenaire soit en sécurité plutôt que de rester avec lui, face au danger. Son nom n'a absolument aucun rapport avec le mouton du vieux grincheux! Comme Merim est très lourdement inspirée de Merida, dans Rebelle, j'ai joué la carte du pas-original-du-tout et est nommé le dragon comme le cheval de Merida. Merci pour ton commentaire.
Merci pour vos commentaires et votre soutien. Bon week-end. Bonne lecture!
Le silence qui s'abat dans la salle est tel qu'il est possible d'entendre le léger bruissement d'une feuille tombant au sol. Le patrouilleur l'ayant laissé échapper ne se baisse pas pour la ramasser, gardant son regard fixé sur Harold. Ce dernier, mal à l'aise, jette un regard circulaire sur la salle. Il ramène brusquement son attention aux patrouilleurs à la table, plus particulièrement sur la femme se trouvant à côté du général. Elle rit sans retenue.
- Allons, allons, jeune homme, ce n'est pas parce que vos parents et vous avez été nommés d'après des personnages de légendes que vous pouvez lancer une plaisanterie pareille. La furie nocturne Krokmou, partenaire d'Harold Horrendous Haddock le Troisième est une figure très respectée. Il est inconvenant de se moquer ainsi de lui. Je veux bien que votre partenaire ait le même prénom, mais n'allez pas nous faire croire qu'il appartient à une race depuis longtemps éteinte. Mentir est une vilaine habitude, jeune homme. Dites-nous donc la vérité.
- Je vous assure, madame, qu...
- Lieutenant-colonel, je vous prie, interrompt la femme.
- Désolé. Je vous assure, lieutenant-colonel, que c'est la stricte vérité.
- Persister dans votre mensonge ne vous fera aucun bien. Vous avez été attrapé, cessez donc de résister et avouez.
Avant qu'Harold, qui fronce les sourcils et arbore une expression ombrageuse, ne puisse répondre, une porte secondaire derrière la table des patrouilleurs, s'ouvre et un homme entre dans la salle. Il s'arrête momentanément, surprit par l'ambiance, puis s'approche du général avec hésitation et lui remet plusieurs documents tout en lui murmurant quelque chose. L'homme ressort rapidement de la pièce, semblant désireux d'échapper une potentielle future explosion. Le général fronce les sourcils et étudie brièvement les documents avant de relever la tête et de fixer son regard sur Harold.
- Mes subordonnés m'envoient un rapport selon lequel un dragon tout droit sortit des légendes a été vu affrontant des dragons ennemis. Un dragon noir, assez petit, avec de grandes ailes et qui possède une vitesse inégalable. Le même dragon qui est actuellement en train de se balader parmi les tentes sur la place, fourrant son nez partout et dérangeant tout le monde, après avoir refusé de rester dans la zone délimitée pour les dragons.
Harold baisse la tête et se tape le front en fermant les yeux.
- Je suis navré, dit le jeune garçon d'un ton las, Krokmou n'est pas le plus patient des dragons et c'est la première fois qu'il voit autant d'humains. C'est même la première fois qu'il se retrouve face à la technologie des humains, alors sa curiosité a très certainement pris le dessus. Il ne fera de mal à personne, laissez-le juste se balader un peu.
- Est-ce que ça signifie que ce Krokmou est véritablement un furie nocturne? demande le colonel avec amusement.
- Regardez! s'écrie Varek d'un air excité en tendant le doigt.
Toutes les têtes se tournent dans la direction désignée. Sur le balcon, au-delà de la porte-fenêtre, un dragon noir vient d'atterrir. Krokmou examine et renifle tout ce qui l'entoure curieusement puis se tourne vers la porte-fenêtre. Il regarde les vitres en penchant le tête sur le côté, semblant admirer son reflet. Puis il s'approche et colle son nez à la vitre, regardant à l'intérieur de la salle. Krokmou se met tout d'un coup à sautiller sur place et donne des coups de tête à la porte-fenêtre. Une jeune patrouilleur se lève avec hâte et s'empresse d'ouvrir pour éviter que le dragon ne détruise la porte-fenêtre. Dès qu'il peut entrer, Krokmou bondit dans la pièce. Il prend un peu d'élan et saute par-dessus les gens assis, utilisant ses ailes pour planer doucement, puis atterrit juste devant Harold. Le furie nocturne entreprend alors de tourner autour de son partenaire en se frottant à ses jambes avant de glisser sa tête sous la main du jeune garçon pour quêter des caresses. Quand il estime que cela ne suffit pas, il fait tomber Harold au sol en fouettant ses jambes avec sa queue et se met à lui lécher le visage avec ardeur.
- Beurk! Non, Kro-Krokmou, arrête! C'est répugnant! Stop!
Krokmou arrête de lécher le visage de son ami et s'éloigne un peu, le regardant d'un air satisfait.
- Urgh, c'est dégoûtant, se plaint Harold, toujours assis au sol et tentant d'essuyer son visage. Tu sais que ça ne part pas au lavage, pourquoi tu insistes pour faire ça?!
Le furie nocturne penche la tête sur le côté et adresse un sourire tout en gencives à son partenaire.
- Et en plus tu es fier de toi, n'est-ce pas?
Krokmou hoche la tête vigoureusement.
- Oh. Mon. Thor! s'exclame Varek en trépidant sur place. C'est vraiment un furie nocturne! Un vrai, en chair et en os!
- En écailles et en bave, aussi, ajoute Harold.
- Je n'arrive pas à y croire! Tout le monde pensait que l'espèce était éteinte, où l'as-tu trouvé? Depuis combien de temps tu le connais? Pourquoi il a choisi ce prénom? Tu crois qu'il y en d'autres? Qu...
- Oh, Varek, doucement, calme Harold. Je pense qu'on aura le temps plus tard pour les questions, non?
Varek, se rendant compte de son attitude, hoche la tête en rougissant. Harold regarde les autres jeunes pour jauger leurs réactions. Les jumeaux semblent impressionnés, Edwin et Alix ne peuvent cacher leur admiration, Rustik fait une grimace à mi-chemin entre l'indignation et la jalousie, Arik donne l'impression d'être amusé, Merim paraît à peine surprise et Astrid présente une expression partagée entre l'incompréhension, le refus et une pointe de ressentiment. Fronçant les sourcils devant une telle palette de réactions, Harold se retourne vers les adultes. Son père est le premier qu'il cherche. Stoïck arbore un air fier et a du mal à cacher un sourire, ses yeux brillent de joie. La plupart des autres semblent hésiter entre admiration et incrédulité. Le colonel qui s'est adressé à Harold fait un large sourire et sort discrètement son téléphone pour prendre des photos de Krokmou. La lieutenant-colonel fait une grimace comme si elle avait avalé un citron entier et très acide. Entendant un frémissement à ses côtés, Harold ramène son attention sur Rand qui a sorti son téléphone et filme la pièce.
- Souvenir pour Jenny, justifie Rand en voyant le regard interrogateur de son apprenti.
Ce dernier n'a pas le temps de réagir car un rire bref et bruyant attire l'attention de toutes les personnes présentes. Le général, ayant perdu son air sérieux et furieux, regarde Krokmou avec des yeux ronds et applaudit presque.
- Magnifique! Un furie nocturne! Je n'aurais jamais rêvé d'en voir un devant moi! J'ai toujours été passionné par cette race et me suis souvent désolé de la savoir éteinte! Mais ce n'est pas le cas, il en reste au moins un et il est juste ici, sous mes yeux! Je crois que j'ai encore les cartes à collectionner de quand j'étais enfant! J'en ai une qui est dorée et a l'image d'un furie nocturne, c'est la plus précieuse et rare, tout le monde se l'arrachait! Oh, je pourrais peut-être avoir l'empreinte de la patte de Krokmou, ce serait comme un autographe! Ou bien j...
- Hum, hum, fait le colonel en se raclant la gorge. Général, je pense que nous devrions revenir à la discussion concernant ces jeunes gens.
Le général, mortifié, baisse la tête pour étudier ses documents. Quand il redresse la tête, il semble s'être calmé et reprend d'une voix calme.
- Oui, comme nous disions, la punition de ces jeunes gens est confiée au Chef Stoïck. Puisque nous n'avons plus rien à leur dire, ils peuvent sortir et rejoindre les abris des civils. Chez Stoïck, vous voulez bien les accompagner?
- Bien entendu, répond Stoïck en se levant.
- Parfait. Alors nous allons poursuivre notre réunion. Qui a le rapport sur les patrouilles de reconnaissance dans le secteur ouest?
Stoïck s'approche des jeunes et leur fait un signe pour qu'ils le suivent lorsqu'il quitte la salle. Rand, sans demander l'avis de qui que ce soit, sort après les jeunes tout en rangeant son téléphone d'un air très satisfait. Stoïck marche le long du couloir en silence et ne s'arrête que quand il arriver aux escaliers. Il se retourne alors pour faire face aux jeunes. Tous se trouvent directement derrière lui, sauf Harold qui tire sur la selle de Krokmou pour éloigner le dragon d'une sculpture qu'il semble ne pas aimer si ses grognement menaçants sont de la moindre indication. Stoïck soupire et se passe une main sur le visage.
- Nous allons devoir parler, dit le Chef d'un ton calme. Mais après la journée que vous avez eu, je pense que cette discussion peut attendre à demain. Je vais vous accompagner aux abris où vous pourrez retrouver vos familles. Je veux vous voir dans mon bureau demain matin à neuf heures. Compris?
- Euh, où est votre bureau? demande Varek avec nervosité.
- Dans le bâtiment d'à côté, il a été réquisitionné, j'utilise un bureau pour gérer les affaires civiles.
- Quelle va être notre punition? s'enquiert Edwin.
- Je n'en sais rien pour l'instant. Mais pas d'inquiétude, j'aurais une réponse appropriée demain matin. Harold, tu te dépêches un peu?
- Dis ça... à... Krokmou! halète Harold en continuant à tirer le furie nocturne qui s'intéresse à présent à un tableau accroché au mur.
- Harold, en tant qu'apprenti-Guide, tu es sensé savoir faire obéir un dragon récalcitrant, désapprouve Rand.
- Certes. Mais Krokmou... n'est pas... récalcitrant, il... est... curieux! Et c'est pire qu'un dragon en colère.
Le jeune garçon est enfin parvenu à ramener son partenaire auprès du groupe et il s'appuie sur la selle en reprenant son souffle. Rand réprime un sourire amusé et secoue la tête doucement.
- Tu devrais remettre ton casque, conseille le Guide. Moins de personnes voient qui est le partenaire de Krokmou, mieux ce sera. À moins que tu recherches la célébrité?
- Brr, non merci!
D'un geste rapide, Harold remet son casque. Stoïck hausse les sourcils mais ne commente pas. Les autres jeunes échangent des regardes étonnés avant de suivre le Chef dans les escaliers. Stoïck mène le groupe à l'extérieur puis à l'écart de la place, une fois que les jeunes et Rand ont récupérés leurs partenaires, vers une ouverture s'enfonçant dans le sol. Les lourdes portes en fer sont ouvertes et repoussées sur les côtés et des patrouilleurs montent la garde. Comme tous les autres, les gardes regardent Krokmou sans cacher leur étonnement et ont tout juste la présence d'esprit de vérifier l'identité de Stoïck et de Rand qui leur assurent que les jeunes ne représentent pas le moindre danger. Le groupe entre dans le tunnel qui descend sous terre et qui est éclaire grâce à des lampes incrustées dans le plafond à intervalles réguliers. Le tunnel est long et Rand propose à Stoïck de monter sur Lame, derrière lui, tandis que Merim monte avec Alix. Le trajet jusqu'à l'ouverture de l'abri se fait en silence. Quand ils arrivent enfin à destination, les jeunes se retrouvent devant une place circulaire qui est bordée de six portes renforcées.
- Chaque porte mène à un abri, explique Stoïck en descendant de selle. Et chaque abri dispose de plusieurs autres portes qui conduisent à des tunnels s'étendant sous toute la ville et une partie de la campagne environnante. Vos familles sont réparties un peu partout, je ferais passer un mot pour qu'elles vous rejoignent aux cliniques.
- Les cliniques? répète Rustik sur un ton d'incompréhension.
- Il y a une cave, au-delà du premier abri, qui abrite deux cliniques, explique Stoïck. Une pour les humains et une pour les dragons. Je vais vous y conduire tout de suite pour que vous puissiez être examinés.
- Nous ne sommes pas blessés, objecte Astrid.
- Peut-être, mais je préfère en être sûr. Et je pense que vos dragons ont besoin de repos. Ils ont affronté les dragons ennemis, qui sait s'ils ne souffrent pas de légères griffures ou autres.
- Ça veut dire que je peux voir Angus? questionne Merim avec espoir.
- Normalement, oui, répond Stoïck. Mon épouse est en charge de la clinique des dragons, elle dirige les soigneurs. Si ton partenaire a été amené à la clinique principale, elle sera au courant. Allons-y, maintenant, inutile de nous attarder.
Merim laisse échapper un soupir et hoche la tête. Les autres jeunes acquiescent et descendent de selle pour suivre Stoïck dans le premier abri. Ce dernier est organisé de façon très similaire à ceux de la base des patrouilleurs. Au fond, une large porte donne sur un autre tunnel. Stoïck laisse les jeunes et Rand passer devant lui lorsqu'ils sont dans le tunnel et s'attarde à l'arrière, près d'Harold et Krokmou.
- Ta mère va être folle de joie de te voir, ainsi que de faire la connaissance de ton partenaire, dit Stoïck. Je suis sûr qu'elle va te noyer de questions. Après t'avoir sermonné pendant au moins une heure quand aura appris comment tu es arrivé jusqu'ici.
- Je m'en réjouis d'avance, grimace Harold. Et toi? Tu en penses quoi?
- Je suis très heureux que tu aies enfin trouvé ton partenaire, il était temps. Et tu fais honneur à notre ancêtre! Bien joué!
- Tu aurais été déçu si mon partenaire n'avait pas un furie nocturne?
- Bien sûr que non! Mais je suis vraiment content, je vais enfin pouvoir faire taire le père de Rustik!
- Oh, je vois, tu es content de pouvoir frimer.
- Ne prends pas ce ton avec moi, Harold, n'oublie pas que je dois penser à une punition supplémentaire pour toi.
- C'est trop injuste, soupire le jeune garçon.
