Voilà voilà pour la suite, je ne vous embêter pas avec du blabla et vous souhaite directement bonne lecture ! ( et une bonne année au passage ! ) )
" Alors, on drague déjà le nouveau prof ? Moi qui pensais que tu avais un minimum d'honneur..."
Je me retourne pour regarder Drago, ne comprenant pas pourquoi il est si agressif. Un froncement de sourcils apparait sur mon visage, marquant le haut de mon front d'une barre puis, finalement, je choisis de ne pas lui répondre et me détourne en direction de ma chambre. En entrant, j'aperçois mon balai dans le coin gauche et décide de le prendre pour aller faire un tour : ça fait si longtemps… Je retire ma cape que je troque contre un large sweat noir agréable et chaud puis j'attrape mon balai et avant de sortir de la pièce.
" S'il te voit habillé comme ça, il ne risque pas de tomber dans tes bras !"
Je ne réponds toujours rien et sors, agacée par son comportement enfantin. Il ne manque pas de culot ! Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que la pause que j'ai eu durant ce dernier mois m'a fait beaucoup de bien et que je suis prête à lutter contre lui, du moins, durant quelques temps.
En peu de temps, je suis dans le parc et j'enfourche mon balai avant de monter comme une flèche dans le ciel. Là-haut, je me repasse quelques moments que j'ai eu avec Mickaël, réfléchissant à ce que j'aurais pu louper. Mon cerveau tourne en boucle sans qu'aucune réponse ne face tilt dans mon esprit. J'ai l'impression de louper quelque chose d'une évidence affligeante… Je reste deux heures en l'air à tourner sans m'arrêter avant de redescendre, comprenant que je ne trouverais pas de solution ce soir.
Je fais donc le chemin inverse en direction de ma chambre sans croiser Drago, ce qui me tire un soupir de soulagement. Peu de temps après, je me rends dans la Grande Salle pour manger. Je m'assois tranquillement sur un côté de la table pour ne pas être dérangée alors que mon cerveau part de lui-même à la recherche de sa réponse, comme si mon assiette allait me la donner. Du coin de l'œil, je vois Mickaël me regarder avec un sourire en coin, attitude qui m'agace plus qu'autre chose. Je lui adresse un regard noir en retour et détourne le regard pour fixer mon repas, je déteste ne pas comprendre. Une envie soudaine de sortir me prend, comme un besoin vital intempestif : 'ai besoin de me rendre sur la tombe de Severus.
Ainsi, je délaisse mon repas d'un geste de la main et sors de la Grande Salle pour marcher en direction de la tombe. Il me faut très peu de temps pour arriver devant et lorsque j'y suis, je m'accroupie face à la sépulture et sors ma baguette. J'ai besoin de me souvenir, de faire appel à un passé si merveilleusement douloureux. Avec un effort de concentration, je parviens à créer un faux souvenir que lui et moi aurions pu avoir ensemble si nous avions vécu ensemble, comme celui que j'avais crée pour lui un soir, plus d'un an auparavant. Je l'imagine m'apprendre mon premier sortilège et m'entrainer à le lancer jusqu'à la perfection. Finalement, je laisse retomber ma baguette pour revenir dans la réalité et une larme coule sur ma joue alors que j'amorce un délicat mouvement du poignet pour confectionner une couronne de fleurs blanches. Pures. Vivantes.
Je reste assisse là durant deux longues heures avant de rentrer, vidée de mon énergie. Une fois dans mes appartements, je m'affale sur mon fauteuil et fixe le plafond. C'est la première fois que je retourne sur sa tombe… Soudain, je sens quelque chose se poser sur mes genoux et je reconnais vite Berlioz. Distraitement, je le caresse un petit moment avant d'aller m'assoir au bureau de Severus. Je sors les parchemins de potions et les posent sur la table, décidant que je ferais mieux de travailler plutôt que de me morfondre. D'un accio, je fais venir la cape de Severus à moi et la pose sur mes épaules. De cette façon, je me sens protégée et je peux mieux travailler. Je mets un moment avant de réussir à me concentrer mais lorsque j'y parviens, je suis totalement dans mon sujet.
Je travaille tard dans la nuit, ne voyant pas les heures défiler tant je suis concentrée dans mes parchemins. Lorsque je prends enfin conscience de l'heure, je range mes affaires d'un coup de baguette et pars me coucher après avoir bu une potion de sommeil.
Le lendemain, je concentre mes efforts sur Mickaël que je ne lâche pas des yeux. Il le voit, mais je n'en ai rien à faire : j'ai besoin d'une réponse. Le soir, je retourne sur la tombe de Severus puis reprends mes recherches jusqu'à la même heure que la veille.
En général, je passe tous mes jours de la semaine de la même manière, cherchant souvent à découvrir ce que Mickaël me cache bien je ne parvienne pas à mettre le doigt dessus. Pour les potions, j'avance doucement, c'est déjà ça.
La semaine suivante, je me réveille avec de grosses nausées et je file immédiatement aux toilettes sous le regard étonné de Drago. Je vomis tout mon repas de la veille durant un quart d'heure avant de ressortir pâle comme la mort constatant avec bonheur que Drago est déjà parti prendre son petit-déjeuner. Quant à moi, je préfère ne pas aller manger et monte directement en cours.
Les nausées me suivent toute la journée sans que je sache comment les faire passer. Le soir, je retourne sur la tombe de Severus, comme d'habitude mais à peine une demi-heure après que je me sois posée devant la tombe, des pas se font entendre derrière moi. Lorsque je me retourne, je suis surprise de découvrir Mickaël.
" Alors c'est là que tu te cache tous les soirs au lieu de terminer tes repas… souffle-t-il.
- Il semblerait oui.
- Severus Rogue… C'est lui avec qui tu passes tout ce temps alors ?... Je peux te dire ce que je pense ?
- Même si je te dis non, tu vas le faire alors vas-y, je réplique.
- Je ne te reconnais pas.
- Bah tiens donc !
- Avec le groupe, tu étais une fille souriante, avec la joie de vivre, toujours prête à faire la fête, gentille et sociale mais là… Tu passes ton temps seule, avec tes livres ou parchemins, tu as des cernes pas possible, tu maigris à nouveau, tu as plus l'air d'un fantôme que d'une humaine.
- Quel magnifique portrait ! Tu te trompes. Je travaille beaucoup oui mais c'est pour réussir mes études. Je viens sur cette tombe chaque soir dans le but de faire mon deuil. Qu'est-ce que tu veux, que je sois comme j'étais avec toi ? Mais tu es mon professeur et nous ne sommes plus en vacances avec le groupe ! Tu sais que j'entends déjà des rumeurs comme quoi je tenterais de te draguer, après mettre fais Drago ? Et puis, tu me cache quelque chose alors difficile de faire comme si de rien n'était.
- Alors quoi, on a plus le droit de s'entendre tous les deux ? s'exclame-t-il énervé.
- Je ne dis pas ça ! Je dis juste que… C'est compliqué.
- C'est compliqué ? Pourquoi ? Parce que tu ne veux pas me mêler au monde sorcier ? Parce que tu préfère te souvenir de moi en tant que moldu et non en tant que sorcier ?
- Mickaël, tu divague…
- Oh non, je ne crois pas, je crois au contraire que j'ai totalement raison mais que tu ne t'en rends même pas compte. Je te laisse cogiter là-dessus. Bonne nuit, Marie, lance-t-il en appuyant bien sur mon prénom."
Je n'ai pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il s'éloigne déjà. Je pousse un profond soupir et plonge ma tête dans mes mains. A-t-il raison ? A vrai dire, je n'en sais rien. Je reste encore un quart d'heure sur la tombe de Severus puis décide de rentrer dans mes appartements où je trouve Drago nonchalamment affalé sur le canapé. Il m'offre un regard méprisant avant de lancer :
" Alors, tu te dispute déjà avec ton chéri d'amour ? C'est moche…
- Est-ce que tu sais que tu es lourd quand tu es jaloux Drago ? je réplique juste pour lui fermer le clapet.
- Jaloux ? De personnes comme vous deux ? Il n'y a pas de risque, je vous laisse vivre votre petite idylle sanguinaire.
- Tu me dépites franchement !
- Je te retourne la remarque, siffle-t-il avec un sourire mauvais de ceux que je déteste."
Pour toute réponse, je lève les yeux au ciel et pars m'assoir au bureau de Severus, faisant semblant de me concentrer sur mes parchemins pour que Drago ne me parle pas. Seulement, j'avais oublié une chose : quand Drago s'ennuie, Drago est chiant. C'est comme une équation inchangeable : Drago + Ennuie = Emmerdeur. Je l'entends remuer dans ma pièce mais n'y prête pas attention jusqu'à ce que je le sente regarder par-dessus mon épaule.
" Qu'est-ce que tu fous ? me demande-t-il d'un ton polaire. Tu crois que tu arriveras seulement à la cheville de mon traitre de parrain ? Ne rêves pas trop, c'était peut être un traitre, mais un traitre intelligent, lui. Toi, tu n'es qu'une pauvre idiote.
- Charmant. Tu m'expliqueras pourquoi tu es sorti avec une pauvre idiote alors ?
- On ne voit pas toujours tout, la preuve, je ne me rends compte de la vérité sur les Rogue que maintenant.
- Tu m'emmerdes Drago, okay ?
- Et j'en suis tout à fait heureux, lâche-t-il en se rapprochant de moi dans une position qui n'est pas très pacifiste. Comprends une chose, je suis ici pour te pourrir la vie, pas pour te la faciliter. Un Malefoy rend toujours la monnaie de sa pièce et il faut dire que j'ai une grosse dette envers toi."
Je reste sidérée quelques secondes, le regardant partant vers sa chambre avant de réagir et de l'attraper par le bras, le tournant de force vers moi.
" Parce que quoi ? Une dette parce que tu crois que je me suis foutue de toi ? Tu crois que je t'ai manipulé pour arriver à mes fins, c'est ça ? Mais quelles fins ? Eh bien, il semblerait que le grand Drago Malefoy se trompe une fois encore ! Je ne t'ai pas manipulé !
- Oh non, tu es sûre ? Et quand tu m'assurais ne rien savoir de plus que ce que tu me disais, hum ? Tu m'as menti !
- Je ne pouvais pas te dire pour Severus, c'était trop dangereux !
- Bien sur, oui, répond-il sarcastique. J'aurais très bien pu garder le secret !
- Tu avais besoin de ça pour mener ta mission à bien !
- Tu mens ! Tu mens encore et toujours ! Et quand tu disais ne pas savoir d'où venait votre lien ? Quand tu disais m'aimer ? Tu t'es foutue de moi à chaque putain de fois ! Je suis sûr que tu m'as menti, ta première fois n'a jamais été pour moi, avoue-le, tu l'avais déjà faite avant ! s'emporte-t-il.
- Je… Mais tu as vraiment des soucis mon pauvre ! je réplique, tombant des nues. Je ne t'ai pas menti !
- Mais tais-toi bordel ! Te voir et t'entendre me donne des envies de meurtres ! Mais le pire, c'est quand tu parles pour dire ces mensonges ! Et en plus, tu ose vouloir me faire croire que tu m'as aimé alors que tu batifole déjà avec le nouveau prof ! Tu vas me dire, c'est bien ton genre hein, vous vous comprenez entre monstres !
- Tu as de gros soucis… Je le connais depuis les vacances, je pensais que c'était un moldu ! J'ai passé le mois d'aout avec son groupe d'amis, c'est tout ! Je ne sais même pas pourquoi je tente de me justifier auprès de toi en réalité…
- C'est tout ? Fous-toi de moi, je suis sûr qu'il y a eut plus ! Mais je ne veux rien savoir, je m'en contrefiche ! Va faire ta trainée avec lui si ça peut te plaire, je lui cède la place sans problème. Souhaite-lui bonne chance de ma part surtout !"
Je n'ai pas le temps de répondre qu'il se retourne et s'enferme dans sa chambre. C'est alors qu'une énorme vague de colère s'empare de moi. Je vois rouge, j'ai envie de tout casser, de tout foutre en l'air. Je pousse un grognement qui n'a rien d'humain et sors en courant de mes appartements. Je cours dehors, passant les portes sans qu'aucune sécurité ne se déclenche et une fois dehors, je laisse la transformation s'effectuer. Je cours à une vitesse ahurissante, ne faisant pas attention à ce qui m'entoure mais captant tout. Je suis dans la forêt interdite en quelques secondes et là, je me laisser aller. Je tape contre un arbre à m'en briser les phalanges mais je ne sens rien. Cela fait tellement longtemps que je ne me suis pas transformée…
Après avoir passé mes nerfs sur l'arbre, je me remets à courir, toujours plus vite, toujours plus loin. Mais à ce moment-là, des éléments me reviennent. La course après cette ombre que je croyais avoir vu un mois auparavant lorsque j'étais au bar, Mickaël qui parvient à me suivre alors que je me suis transformée. Paul qui lui dit de faire attention s'il ne veut pas être découvert. Cette force inouïe qui lui permet de me tenir tête même lorsque je mets plus de force que je ne devrais en montrer. Cette beauté brute qu'il dégage, le souvenir du reflet de la lune dans ses yeux,… Tout, tout me reviens et je comprends. S'en est un. Mickaël est un vampire, j'en suis sûre à présent. Drago qui le traite de monstre, qui parle de nous tel un couple sanguinaire, Mickaël qui mange très peu,… C'est sur, c'est ça son secret. Et il sait que j'en suis aussi. En revanche, peut être ne sait-il pas que je ne suis qu'à moitié un vampire. Persuadée de mon idée et de ne pas être seule, je me mets à crier.
" Sors de là ! Viens, tout de suite ! Mickaël, montre-toi maintenant ! C'est un ordre ! Mickaël !"
Et j'ai raison. Les fougères bruissent et une silhouette apparait, les mains derrière le dos, l'allure fantomatique. J'aurais dû m'en rendre compte plus tôt. D'un accès de colère, je m'approche de lui et empoigne sa chemise bien que je sois considérablement plus petite que lui.
" C'était ça, hein, la vraie raison pour laquelle ton père te déteste ? C'est pour ça qu'il ne peut pas te voir en peinture ! Quand as-tu compris ? Quand est-ce que tu as compris pour moi ? je cris, à moitié hystérique.
- Après mon premier cours avec toi, quand tu es restée me voir. Je trouvais beaucoup de choses étranges sur toi, j'ai cogité durant tout mon cours.
- Mais tu ne m'as rien dis ! Tu es l'un de… Argh !
- Je suis comme toi.
- Non ! Je n'en suis pas complètement un ! Je ne suis qu'à moitié comme toi. Je ne me nourris pas de sang mais de nourriture. Je n'ai pas la vie éternelle, je peux mourir à chaque instant. Je n'ai pas autant de force, ni de vitesse mais pourtant, comme je l'ai travaillé, j'excelle et ma condition de sorcière m'aide. Je peux gérer ma transformation, toi non, pas si tu es trop attiré par le sang. Je suis la moitié d'un monstre, toi tu en es un complet. Je ne sais même pas ce qui est le pire, toi, ou moi…
- Nous ne sommes pas… commence-t-il.
- Bien sur que si ! je cris en faisant volte-face, pour le regarder. Nous en sommes, ne te voile pas la face !
- Alors quoi, c'est vraiment fini, tu vas refuser de me parler maintenant ?
- C'est ce qu'il y aurait de mieux à faire !
- Je ne crois pas non.
- Et pourquoi ? A nous deux nous pourrions tuer la moitié du château en une nuit. Nous avons la puissance magique et nous sommes des monstres sanguinaires.
- C'est Malefoy qui t'a dit ça ?
- Je n'ai pas besoin de Drago pour savoir ce que je suis et ce que je dois dire.
- Sauf que nous ne le ferions jamais car nous avons une morale, une conscience. Je ne ferais jamais de mal à un élève et toi non plus.
- Qu'en sais-tu ? Après tout, tu as bien vu de quoi j'étais capable tout à l'heure pendant que tu m'observais me déchainer contre cet arbre !
- Et ça m'a conforté dans ce que je pense ! Si tu avais été un monstre sanguinaire et dangereux comme tu le dis si bien, c'est Malefoy qui aurait subit ça !
- Je n'en sais plus rien, je m'exclame en me laissant tomber sur une pierre, la tête dans les mains.
- Alors, laisse-moi savoir pour deux, réplique-t-il d'un ton calme.
- Je croyais que tu m'en voulais pour tout à l'heure, je lui lance.
- Je n'aurais pas dû venir à ce moment-là, tu étais en train de te recueillir sur la tombe de ton frère. C'était… Maladroit de ma part. Je m'en excuse.
- Excuses acceptées.
- Laisse-moi une chance de te prouver que nous ne sommes pas des monstres. Tu n'as rien à y perdre à conserver notre amitié et si jamais ça ne marche pas… "
Je ne réponds pas mais y réfléchis, je ne sais plus quoi penser. J'ai l'impression que tout n'est que mensonge depuis des mois et ça me fatigue. Je hausse les épaules, il a raison, je n'ai rien à y perdre de toute manière, j'ai quasiment tout perdu alors… Finalement, je me lève et le plante là, comme ça, sans un mot. Je rentre dans mes appartements et m'assois sur mon fauteuil. Si Severus était là, il aurait pu me conseiller, me guider. Il m'aurait dit comment gérer Drago, que faire avec Mickaël,… Mais s'il était encore là, tout serait bien différent.
Je reste assisse là à réfléchir durant des heures et je ne sais même pas quelle heure il est lorsque je pars me coucher. Tout ce que je sais, c'est que je suis réveillée le lendemain matin par une nouvelle nausée. Heureusement, cette fois-ci, je ne croise pas Drago dans l'appartement mais je le soupçonne tout de même de m'avoir entendu. La journée se passe tranquillement, j'ai mal au ventre mais n'y prête pas attention et je m'ennuie un peu en cours, sauf peut être en potion. Le soir, je me joins à Ginny pour manger puisqu'elle insiste mais je ne parle pas vraiment, trop occupée par la table des Serpentard. Je fixe Drago. Il y a une fille, que je ne connais pas, une nouvelle apparemment, qui est assisse droite comme un i à côté de lui. Elle est guindée, froide et sur maquillée mais je dois lui accorder qu'elle n'est pas moche. Elle ne semble pas gaspiller sa salive en paroles mais elle adresse des sourires à Drago qui m'hérissent les poils. Je fais tout pour ne pas réagir mais j'ai beaucoup de mal. Si mon comportement passe inaperçu pour beaucoup de gens, je remarque que ce n'est pas le cas de Pansy qui me fixe avec un étrange regard. J'ai l'impression de ne plus y voir cette haine qu'elle me vouait l'année dernière mais autre chose que je ne comprends pas. Je finis par me lever, n'ayant plus faim et par partir sur la tombe de Severus.
Les quatre semaines suivantes ressemblent beaucoup aux deux premières. Je parle un peu avec Mickaël, surtout potions, je me rends tous les jours sur la tombe de Severus, je continue mes recherches, je bosse mes cours et devoirs, je surveille Drago et l'autre fille dont je découvre le nom : Lydia. Je ne l'aime pas. Je découvre d'autres choses en plus de cela. C'est une française, de Beauxbâtons, à demi Vélane et sang pur. Elle est plutôt intelligente et très sournoise, une vraie peste. Parkinson ne semble pas l'aimer d'ailleurs. Je passe aussi pas mal de temps à me disputer avec Drago, ce qui me fatigue au plus haut point. Quant à mes nausées, elles partent trois semaines après être arrivées alors je n'y prête plus attention. Je mets ça sur le compte de la rentrée, des découvertes sur Mickaël et des disputes avec Drago. Petit à petit, je sens mon moral chuter, j'ai de moins en moins de force pour me battre contre Drago qui ne veut pas m'écouter. Le pire, c'est qu'il se ligue à présent avec cette greluche de Lydia contre moi. Elle s'amuse à raconter mille et uns mensonges sur moi et cela semble faire rire Drago qui devient de plus en plus froid et dur. Je n'aime pas ce que je vois et pourtant, je ne peux rien y faire.
Lorsque les vacances de la Toussaint arrivent, j'ai le bonheur de découvrir que Drago rentre chez lui, ainsi je n'ai pas à le supporter. Je profite de mes appartements tranquillement pendant quinze jours et cela me fait du bien de ne pas l'avoir constamment sur le dos. Lydia aussi rentre chez elle, tant mieux, ça me fait aussi des vacances. Je profite aussi des vacances pour donner des nouvelles à tous mes amis, sorciers ou non. Et je décide même de retourner dans la chambre de Severus pour la première fois depuis des mois. Cela me fait un mélange de bien et de mal intense. Une sorte de tendre douleur, s'approchant de la nostalgie mais en tellement plus déchirant… Je me sens bien parce que je sens son odeur, comme s'il était toujours en vie, comme s'il allait revenir mais a contrario, je me sens si vide, si faible, si seule… Je ne vois personne des vacances, j'en ai besoin, je vois trop de gens le reste du temps, j'en ai marre.
La veille de la rentrée, je reçois une lettre d'un hibou que je ne connais pas et décide tout de même de l'ouvrir, par curiosité.
Cher mademoiselle Rogue,
Veuillez excuser mon culot de vous envoyer une lettre malgré ce que je sais que vous vivez mais je dois vous parler.
Voilà, Drago est revenu à la maison pour les vacances. Depuis votre rupture, il a… Changé. Il s'est renfermé, il est redevenu celui d'avant et pire encore. Il ne parle que de sang pur, de pureté du sang, nous qui nous en sommes un peu détachés… J'ai essayé de parler avec lui mais rien n'y fait. Je ne sais pas vraiment ce que j'attends de vous, dès que j'ai prononcé votre nom, il est entré dans une rage indescriptible mais ce que je vous ai dis est toujours valable, mon instinct de mère sent qu'il a toujours des sentiments pour vous. Je peux me tromper mais j'en doute sincèrement. Je vous envoie cette lettre car je vous sais la seule à pouvoir me ramener mon fils, celui que je connais et que j'aime. Même pour mon mari cela fait beaucoup, il est plutôt d'accord avec moi, enfin, il me rejoint sur certaines choses…
Je ne peux vous demander de veiller sur lui, lui qui vous fait tant de mal - il ne m'a rien dit, mais je m'en doute, je connais les hommes de cet famille - seulement, j'aimerais que vous jetiez quelques coups d'œil et me préveniez si vous pensez que cela dépasse certaines limites qui ne doivent pas être franchies.
Je vous remercie sincèrement d'avance,
Narcissa Malefoy.
La lettre de madame Malefoy me surprend, je ne m'y attendais pas. Mais c'est vrai que le changement de Drago est terrible. Seulement, je crains ne rien pouvoir y faire…
Quelques heures plus tard, lorsque Drago débarque, il ne m'adresse rien d'autre qu'un regard noir de haine avant de partir dans sa chambre en claquant la porte. Je lâche un soupir, c'est mission impossible, il ne voudra jamais m'entendre.
Le lendemain, je me rends en cours, décidée à surveiller un peu Drago mais c'est sans compter Lydia qui m'attrape au détour d'un couloir et me tire plus loin.
" Lâche-le, okay ? me lance-t-elle mauvaise. Tu crois que je ne te vois pas ? Tu lui tournes autour et ça m'énerve. Drago est à moi, je ne te le redirais pas. Contente toi d'un seul homme, ça sera déjà ça."
Elle ne me laisse pas le temps de répondre et me donne un coup dans le ventre avant de partir. La garce, elle a touché ma cicatrice. Une profonde douleur se réveille en moi mais je fais tout pour lutter contre, ce n'est pas le moment de m'effondrer au milieu d'un couloir…
Finalement, je regagne mes appartements difficilement et m'installe dans mon fauteuil. Je n'y suis pas depuis cinq minutes que des coups sont frappés à la porte. Je grogne doucement et prends le parti de faire comme s'il n'y avait personne mais une voix se faire entendre.
" Je sais que tu es là, ouvre !
- Parkinson ?
- Non, c'est Merlin ! Bien sur que c'est moi, allez, viens m'ouvrir s'il te plait."
Etonnée, notamment par l'emploie du « s'il te plait », je finis par aller ouvrir, curieuse de savoir ce qu'elle veut. Je la laisse entrer et ferme la porte derrière elle avant de retourner m'assoir. Elle reste debout un instant, détaillant la pièce avant de poser son regard sur moi.
" On a un problème, déclare-t-elle.
- On ? En quoi ça me concerne ? je demande.
- C'est Drago.
- Je réitère ma question, je réplique.
- Tu fais croire à qui tu veux que tu as tiré un trait sur lui mais pas à moi, je ne suis pas myope, j'ai vu la manière dont tu le regarde. Ecoute, toi et moi, on n'est pas vraiment ce que l'on peut appeler des amies…
- Pas du tout même, je la coupe.
- Oui, bref. En tout cas, je préfère mille fois voir Drago avec toi qu'avec l'autre, Lydia, dit-elle de but en blanc en crachant le nom de la jeune femme.
- Tu as l'air de l'aimer au moins autant que moi.
- Oui, c'est la raison pour laquelle je suis venue. Drago change, il devient invivable depuis qu'elle est là. Cette peste a une emprise sur lui qu'elle n'aurait jamais eue si tu n'étais pas là mais il veut se venger, surement sans s'en rendre compte. En attendant, elle en profite. Si on ne fait rien, elle va finir par lui mettre la bague au doigt !
- Et qu'est-ce que c'est censé me faire ? je questionne.
- Eh, j'ai dis quoi avant ? Ne fais pas semblant devant moi, ne me prends pas pour une conne.
- Je n'oserais pas… Bref, je veux bien entendre ça, je l'ai moi-même remarqué mais qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? Je ne peux rien faire.
- Reconquiert-le ! lance-t-elle d'un seul coup.
- Tu ne passe pas par quatre chemins ma parole…
- Non, je vais souvent directement au but, en effet.
- Qu'est-ce que tu crois Parkinson ? Que je n'ai rien fait pour ? Il ne veut pas m'entendre, ni m'écouter. Ce n'est pas faute d'avoir essayé pourtant mais… On s'est quitté sur un quiproquo et il n'a jamais voulu m'écouter, écouter ce que j'avais à dire pour ma défense et ce n'est pas maintenant que ça va arriver.
- Non, pas si tu t'y mets toute seule.
- Qu'est-ce que tu as derrière la tête Parkinson ?
- Je… Nous devons faire semblant que nous sommes devenues amies. Je connais Drago et toi aussi, à nous deux, on peut, peut être, faire quelque chose. Il faut tenter.
- Si ça t'amuse, on peut toujours essayer, mais je ne te promets rien.
- Commençons par le début, raconte moi pourquoi vous vous êtes quittés.
- Bah voyons, je lui lance. Je suis censé te faire confiance comme ça ? Ok, je suis à demi Gryffondor, prête à donner une chance à tout le monde mais il ne faut pas pousser !
- Bien, alors je vais commencer pour que tu ais confiance dans ce cas. Installe-toi bien, ça va être long."
Je la regarde un peu ébahie mais n'ait pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle débute son récit de son amitié avec Drago. J'apprends alors qu'ils se connaissent depuis la tendre enfance, qu'il a été son premier baiser, qu'elle l'a aimé avant de se rendre compte que c'était peine perdue et qu'il valait mieux rester son amie, sa meilleure amie. J'apprends beaucoup d'anecdotes, beaucoup de choses qui me permettent de dire que je peux offrir ma confiance à Parkinson, au moins pour ça et qu'elle ne me joue pas un mauvais tour. Je sens qu'elle est sincère et même si ce n'est pas grand-chose, cela me met un peu de baume au cœur.
Par la suite, je lui offre quelques brides de ma vie, pas trop non plus, j'ai besoin de temps pour être sûre que je peux lui faire confiance puis une idée me vient.
« Parkinson, pour que notre rapprochement soit crédible, il nous faut une excuse et… Je crois que je l'ai.
Qu'est-ce que tu as derrière la tête ? me demande-t-elle avec un peu de malice dans les yeux.
Il faut que nous soyons partenaire de potion.
Génial mais permets-moi d'émettre une petite protestation. Nous ne choisissons pas nos binômes. Comment comptes-tu faire ?
Je vais simplement le demander au prof.
Eh bien sûr tu vas l'obtenir ! dit-il sarcastiquement.
Réfléchis, tu sais bien que je m'entends bien avec lui, je le connais, il acceptera. Je vais y aller justement, comme ça, il le fera dès demain. De toute façon, tu devrais y aller, Drago ne va pas tarder et il ne faut pas qu'il te voit ici sinon il va se douter de quelque chose.
Donc tu me vires ?
C'est ça, à demain, je dis en la poussant vers la sortie. »
Je l'entends soupirer mais elle ne proteste pas et s'en va tandis que je prends une veste et m'en vais à mon tour chercher Mickaël. Je ne mets pas longtemps à le trouver puisqu'il se trouve dans ses appartements. Il me fait entrer et retourne s'assoir sur son fauteuil.
« J'ai un service à te demander, je lui lance de but en blanc.
Je m'en doute bien, tu ne serais pas venu me voir pour autre chose de toute façon, s'exclame-t-il sur un ton de reproche.
Mickaël…
Allez, dépêche toi, j'ai des choses à faire alors soit tu demande maintenant, soit tu t'en vas.
Bien, soufflai-je. J'aimerais que tu fasses de nouveaux duos de potions.
Et je suppose que tu veux que je te mette avec ce cher Malefoy ? lance-t-il sarcastique en se levant pour venir vers moi. Tu crois vraiment que je vais accepter ? Comment le pourrais-je alors que ce type est un salaud de première avec toi mais que tu continue à l'aimer ?
Mickaël, ce n'est pas…
C'est non. Je ne le supporterais pas ! Parce que le pire, c'est que tu le laisseras faire le con avec toi et que je vais finir par m'énerver contre lui !
Je veux que tu me mettes avec Pansy Parkinson, je le coupe d'un seul coup.
Pansy Parkinson ? Mais, pourquoi ?
J'aimerais que ce soit le cas. J'ai une mission à remplir et pour ça, j'ai besoin d'elle.
Je sens que je devrais refuser…
Qu'est-ce que tu veux en échange ? je demande.
Rien que tu puisses me donner. J'espère que tu sais ce que tu fais…
Tu-Tu acceptes ?
Je n'ai pas vraiment le choix, si je veux que tu me laisse bosser en paix…
Merci Mickaël, je lui lance en lui offrant un sourire.
Ca fait plaisir de te voir enfin sourire, on dirait que tu es toujours restée Jenny comme ça…
Mickaël…
Oui oui, allez, file maintenant, je dois travailler.
Merci, je lui dis en m'en allant.
Marie, m'appelle-t-il alors que je vais passer le pas de la porte. Fais attention à toi. »
Je lui souris mais ne réponds pas. Lorsque je redescends dans ma chambre, j'écris un petit mot à Pansy, sans le signer : « mission accomplie » puis je décide d'aller faire un petit tour.
Le lendemain, lors du cours de potion, Mickaël tient sa promesse, il me place avec Pansy et en bonnes actrices, nous nous lançons un regard noir. Je vois, du coin de l'œil, que Mickaël a eu la bonté d'âme de ne pas mettre Drago avec Lydia, cela me soulage. Toute l'heure, nous nous lançons des regards noirs, Pansy et moi puis Mickaël nous donne un devoir à faire avec nos binômes et je suis d'autant plus heureuse que cela va nous donner une raison de nous voir en dehors des cours et ainsi, une raison pour faire évoluer notre fausse amitié.
C'est ainsi que durant toute la semaine suivante, nous organisons quelques rendez-vous entre elle et moi, bien visible par Drago. Au début, nous faisons semblant de ne pas vraiment nous entendre, d'être forcées mais rapidement, nous nous mettons à rire un peu et je me rends même compte que Pansy n'est pas si bête qu'elle n'en a l'air. Durant les cours, le travail se fait presque dans un total silence respectueux et dans la politesse. Un soir, lorsque Pansy part après un de nos rendez-vous plutôt sympathique dans mes appartements, je croise Drago et il fond à moitié sur moi si bien que je n'ai pas le temps de faire le moindre mouvement qu'il m'attrape les bras avec une immense brutalité.
« Qu'est-ce que tu fais avec Pansy ? crache-t-il.
Mais ça ne va pas bien, on travaille juste ! On a un devoir à faire ensemble elle et moi, tu le sais bien. Lâche-moi, maintenant, ça fait mal.
Tant mieux, c'est tout ce que tu mérites !
Et qui est-ce qui dit ça, Lydia ou toi ?
Nous deux figure-toi, on est tous les deux d'accord sur le fait que tu n'es qu'un parasite ! Je ne sais pas à quoi tu joues, vraiment, avec Pansy, mais arrête de faire amie-amie avec elle ou tu le regretteras ! »
Il me pousse en arrière et s'en va alors que ma tête tape contre le mur avec force. Je me sens sonnée quelques instants et reste pantoise avant d'aller m'assoir sur mon fauteuil toujours aussi choquée. J'y reste quelques minutes avant de décider que je dois me changer les idées et de monter voir Mickaël. Dans les couloirs, je croise Lydia et ses amies qui m'insultent mais n'y fais pas attention.
Lorsque j'arrive enfin dans les appartements de Mickaël, je découvre celui-ci en pleine préparation de potion et je lui propose mon aide qu'il accepte. C'est un vrai plaisir de faire des potions avec lui, même si je préférais largement les faire avec Severus. Lorsque nous avons finis, Mickaël me propose un thé et nous restons longtemps ensemble, parlant de tout et de rien jusqu'à pas d'heure et notamment de potion. Je redécouvre une partie de notre complicité lorsque nous étions en vacances.
Je passe un si bon moment, que je ne vois pas le temps passer et lorsque je remarque qu'il est minuit passé, je me lève d'un bond et lui dis qu'il est temps pour moi d'y aller. Il semble lui aussi se rendre compte de l'heure seulement à ce moment-là mais semble aussi très déçu. Je m'approche alors de lui et lui demande :
« Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi cette déception ?
Ca se voit tant que ça ?
Oui.
Je me dis juste que… Tout est tellement différent. Nous étions si bien lorsque nous étions loin de Poudlard. Tu souriais plus, nous partagions tellement plus de choses et il n'y avait pas, tous ces problèmes. Là-bas, j'avais une prise sur toi, je pouvais prendre soin de toi, ici…
Tu prends toujours soin de moi Mickaël.
Non, non, pas du tout. Tu crois que malgré tes sortilèges, je ne vois pas cette fatigue et cette tristesse intense dans tes yeux ? Je déteste la voir et je ne peux rien faire contre. Je meurs de savoir ça. Mais tu ne te rends pas compte, tu ne vois pas combien tu comptes pour moi…
Tu comptes aussi pour moi…
Mais pas de la même façon, me coupe-t-il. Je meurs de savoir que tu aimes ce type, ce connard qui te fait tant de mal, qui est odieux ! Je meurs de savoir qu'à cause de lui, je ne peux pas te rendre heureuse. Je pourrais te rendre heureuse Marie...
Je… Je sais Mickaël mais…
Mais il est là, mais il existe ! Je t'aime Marie, je t'aime plus fort que tu ne le crois. »
… Hum, bon, bah voilà quoi ^^ ( oui oui, l'inspiration est avec moi comme vous pouvez le remarquer… ) )
Bonne journée !
