Oui, je sais, c'est court... en plus j'ai l'impression que c'est du n'importe quoi par moments...
*écoute à répétition The Tree Song*
Après leur passage au manoir, Rufus et Dolly se dirigeaient vers le gala, dans l'élégante limousine présidentielle, évidemment. Et pour une fois, Dolly laissa le chauffeur s'occuper d'installer Rufus dans son fauteuil, et le laissa même lui ouvrir la porte. Quand on porte une robe de soirée, il y a des choses qu'on ne se permet plus de faire… Mais c'est quand même elle qui poussa le fauteuil de Rufus sur le tapis rouge, jusqu'à la salle de bal.
-Oh la la, c'est noir de monde… que des gens connus… Tu veux que je t'installe à quelque part de précis ?
-Près de la scène, je suis là pour te voir chanter après tout…
Elle le poussa donc jusqu'à la scène. Ça lui rappelait des souvenirs, cette salle… à ce moment-là, Rufus marchait encore… et ils avaient fini par filer bien vite, bien loin ! Et maintenant, ils pouvaient se permettre plus qu'une nuit ensemble…
-Je vais devoir t'abandonner bientôt, lui dit-elle, je dois aller chanter dans dix minutes, mais je reviens tout de suite après, d'accord ?
- Hé, regarde-moi…
-Hm ?
Il la prit par le cou lorsqu'elle se tourna vers lui et il la tira dans sa direction pour l'embrasser passionnément elle se laissa faire joyeusement, et lorsque leurs lèvres finirent par se détacher, elle demanda mi-moqueuse :
-On a encore le droit de s'embrasser ? Ou bien c'est contre les ordres du méchant médecin ?
-Ce n'était pas sur sa liste, je crois, tu veux que je revérifie ?
-Ce n'est pas la peine…
Et elle l'embrassa à nouveau, brièvement, avant de se diriger vers les loges réservées aux employés, puis à l'arrière-scène, où elle attendit le signal pour aller sur scène. Derrière le rideau qu'elle écarta légèrement, elle vit Rufus qui parlait avec quelques hommes qui avaient l'air de venir du monde des affaires.
Quelques minutes plus tard, le rideau s'écarta, et elle commença son chant, s'approchant du bord de la scène pour regarder Rufus dans les yeux. Celui-ci avait fait taire les hommes d'affaires et la regardait (et l'écoutait, certes) chanter, le sourire aux lèvres. La chanteuse sentait sa voix encore plus limpide qu'à l'habitude… mais alors qu'elle commençait le deuxième morceau, elle vit une grande brune faire de grands signes pas très discrets en direction de Rufus et se jeter pratiquement à son cou. Dolly reconnut une actrice connue, qu'il lui avait nommé plus tôt dans la liste des personnes connues avec qui il avait couché, tiens donc… Il semblait la repousser de son mieux, en tout cas autant que la politesse ne le permettait, mais la brune était collante et s'assit à côté de lui. Dolly ferma les yeux pour mieux sentir la musique, et elle évita de regarder dans cette direction pour le reste de son tour de chant. C'était quand même déconcentrant.
Mais lorsqu'elle put revenir dans la salle, après sa dernière chanson et quelques applaudissements, elle fut bien contente de voir Rufus se diriger aussitôt vers elle et repousser assez sèchement la grande brune.
-Ru, mon cœur, minauda-t-elle, tu veux bien nous présenter ?
-Non, je ne veux pas, répliqua-t-il sans aucun sourire. Maintenant, si tu veux bien m'excuser…
Et il se tourna vers Dolly, alors que le visage de l'actrice se teintait soudainement de colère.
-Si tu préfères te rabaisser avec ce genre de fille, c'est ton problème, n'empêche, dans ton état, vous faites bien la paire, cracha-t-elle, vexée, avant de s'éloigner dans la foule.
-Et pourtant elle trouvait que j'avais embelli quand elle m'a abordé, soupira Rufus avec un léger sourire.
Dolly eut un petit sourire triste, et elle dit à Rufus de l'attendre encore un peu. Il fallait bien qu'elle aille chercher son salaire pour la soirée auprès de ce con d'organisateur… Lorsqu'elle revint, le troupeau d'hommes d'affaires entourait à nouveau le Président, et elle sortit sur le balcon, s'allumant une cigarette. Elle se souvenait qu'il l'avait rejointe ici, un verre à la main, et qu'il se souvenait de son nom. Et qu'après la dispute dans la salle, ils avaient pu discuter tranquillement et faire plus ample connaissance, à l'air frais de la nuit…
Il finit par la rejoindre, et il se leva de son fauteuil, pour s'appuyer contre la balustrade de pierre. Elle s'appuya sur lui et prit le verre d'alcool qu'il lui tendit, le buvant à petites gorgées. Lui aussi buvait tranquillement, appréciant le calme et la fraîcheur du soir après la chaleur bruyante de la salle de gala…
-C'est demain, l'émission de télé où on est invités, dit Dolly en rompant finalement le silence. J'ai prévenu maman, elle était folle…
-J'imagine…
Il se pencha dans le vide, l'air un peu triste. Elle en fit autant, cherchant son regard.
-Qu'est-ce qu'il y a, Rufus ? Ça n'a pas l'air d'aller…
Il but le reste de son verre d'un trait, puis le posa sur le bord du balcon, toujours aussi penché dans le vide, s'appuyant sur ses bras plus que sur ses jambes pour tenir.
-Tu es sûre… que tu veux officialiser les choses, demain ?
Dolly se sentit blêmir d'un coup. Sa gorge aussi s'était nouée.
-Si tu ne veux pas, ce n'est pas grave, je ne veux pas te forcer, dit-elle rapidement.
-C'est pour toi que je dis ça…
-… pour moi… ?
Ses yeux étaient devenus dangereusement humides lorsque Rufus se tourna vers elle, la regardant directement de son regard bleu perçant.
-Parce que je peux très bien mourir demain, ou dans un an à peine… Parce que je ne demanderai pas ta main avant d'être guéri, si jamais je guéris… Parce que je ne peux pas te combler sexuellement… Parce que j'ai peu de temps à te consacrer...
Il se redressa un peu et esquissa un faible sourire, avant d'ajouter :
-Comment fais-tu pour me supporter ?
-Parce que je t'aime, répondit Dolly d'une voix nouée mais heureuse. Même si tu mourrais demain, même si tu crois ne pas pouvoir me satisfaire, même si tu n'as pas de temps pour moi et qu'on ne se mariera jamais… tout ça ne change pas le fait que je t'aime. Je ne veux que toi, toi et personne d'autre.
-Et… tu arriveras à supporter le reste ? Les gens, les journalistes, mes anciennes conquêtes, les médecins, les infirmières, les Turks, Kadaj, les gens qui travaillent pour moi, les gens qui veulent s'en prendre à moi ?
-Il paraît que j'ai un gros défaut, je suis tête de mule, répliqua Dolly en souriant.
Rufus se laissa retomber dans son fauteuil, ses jambes ne pouvant manifestement plus le porter même s'il se soutenait contre la rambarde. Il regarda Dolly en souriant franchement.
-Pff, je ne sais pas comment tu fais, moi j'aurais laissé tomber un type pareil depuis longtemps…
Elle rit doucement, puis elle tendit la main à Rufus.
-Voudriez-vous m'accorder un souhait, monsieur le Président ?
-Quoi donc, mademoiselle Whitestone ?
-Sortez-nous de cette affreuse soirée…
-Ah bon ? fit semblant de s'étonner Rufus. Vous avez déjà fini de chanter ?
-De toute façon, personne ne m'écoute ! répliqua Dolly en haussant les épaules.
-Ah, mais moi je vous écoute !
-Vous êtes mon seul vrai public. Accepteriez-vous que je vous kidnappe, monsieur Shin-Ra ?
-Il y a des moyens plus simples pour sortir d'ici, je vous assure…
-Quoi donc ?
-… Tout simplement sortir par la grande porte ?
Ils éclatèrent tous les deux de rire, puis ils se prirent par la main et quittèrent les lieux, rejoignant la limousine qui les attendait. Laissant le chauffeur ranger le fauteuil, Dolly aida Rufus, puis s'installa à son tour dans la voiture.
-Ah, on est quand même mieux ici, c'est plus intime !
-J'approuve…
-On fait un duo ?
Et elle commença à chanter un doucement un air connu, alors que la limousine démarrait sans bruit. Rufus fredonna la mélodie de la guitare, dans les tons graves, en posant sa tête sur l'épaule de Dolly. Bercés par le mouvement de la voiture, ils fermèrent tous les deux les yeux à la fin de la chanson.
-C'est pas du bonheur, ça ? dit Dolly.
-Hm mmm…
Elle le sentit s'endormir sur son épaule, et elle-même sommeilla jusqu'à ce qu'ils arrivent au manoir, où il s'éveilla en sursaut lorsqu'elle le secoua.
-Je m'endors vraiment tout le temps, c'est désespérant…
-Ne désespère plus, dit Dolly en l'aidant à sortir de la voiture, je suis sûre que le truc de Maboroshi ça va marcher, et après tu seras guéri et en super forme ! J'ai vraiment hâte à ton prochain traitement !
-Si Kadaj ne vient pas tout bousiller comme la dernière fois…
-Je m'en occupe de celui-là…
Soudain, elle sentit une présence derrière elle, et elle se tourna, puis elle sourit en voyant qui c'était.
-Il y a de la visite pour toi, Ru !
-Qui ça ? demanda-t-il en se redressant. Oh, Darken !
La panthère au pelage lustré s'approcha furtivement et s'arrêta aux pieds de son maître. Dolly ne put s'empêcher de la caresser.
-Salut toi ! Où étais-tu passée, hm ?
Dark Nation ferma les yeux sous la caresse de Dolly, laissant Rufus répondre à sa place.
-J'espère que tu ne t'es pas trop ennuyée dans les plaines entre Midgar et Kalm…
-Elle s'est peut-être fait des amis, il y a des troupeaux de son espèce dans ces plaines-là ! Ça serait mignon qu'elle fasse des bébés…
-Ça m'étonnerait que ça se produise, son traitement au mako l'a rendue pratiquement stérile… C'est plutôt triste, mais elle m'a dit qu'elle aimait mieux me protéger que s'occuper d'une bande de marmots.
-La plus fidèle des amies que l'on puisse avoir…
-Oui… c'est ma plus vieille amie.
Et Dark Nation les suivit dans le manoir, alors que Rufus et Dolly retournaient à leur chambre. Elle s'installa sur le lit en les regardant se préparer à aller se coucher.
-Tu crois que mon traitement au mako à moi m'a rendue stérile ? demanda soudain Dolly.
-Tu peux demander un test à Maboroshi, je suis sûr qu'il se fera un plaisir de te renseigner…
-Un test gynécologique… à Netza'h ?
Dolly se sentit rougir assez fort.
-Si ça a rapport au mako, dit Rufus, un gynéco normal ne peut pas vraiment t'éclairer, alors…
-Mais je veux pas laisser Netza'h me tripoter, on se connaît depuis qu'on est gosses !
-Quelqu'un du labo, dans ce cas…
-Moui… je veux des enfants un jour, moi ! s'exclama Dolly, qui s'inquiétait un peu, soudainement. Dis, Ru… tu me feras un bébé, un jour, même si on ne se marie pas ?
-… Je ne sais pas si j'ai envie de laisser des orphelins derrière moi, finit par répondre Rufus après une certaine hésitation, et même si je guéris, je ne suis pas très… confiant, à ce niveau.
-Ah… ce n'est pas la peine que j'aille faire ces tests, alors…
Dolly alla se cacher sous les draps. Elle n'était pas fâchée… mais un peu triste. Rufus la rejoignit dans le lit, et finit par dire à mi-voix :
-J'ai peur de faire comme mon père, c'est tout…
-… Comme ton père ?
L'ancien Président Shin-Ra… il était assez connu qu'ils se détestaient, ces deux-là, mais elle avait évité de lui en parler jusque là. Mais elle écouta attentivement lorsqu'il lui répondit, car elle était assez curieuse à ce sujet.
-Ne jamais avoir le temps, dit-il lentement, et devenir indifférent pour cet enfant… et finir par le détester, parce qu'il me détestera et me verra comme une sorte d'intrus…
-On ne reproduit pas forcément les erreurs de nos aînés, dit Dolly d'un ton rassurant.
-Hm… et toi tu voudrais un enfant ?
-Je ne veux pas imposer mes désirs, un enfant ça se fait à deux, c'est le fruit du désir…
-À vrai dire j'ai… assez peur, mais ce n'est ni l'amour ni le désir qui manque…
-Je crois que c'est le lot de tous les parents d'avoir peur, mais si tu n'es pas prêt à en avoir, tant pis…
-On peut au moins attendre d'être mariés, non ?
Attendre d'être mariés… Dolly ressentit un pincement au cœur. Mais il ne voulait pas se marier, du moins pas tant qu'il serait malade… et après… ? Ils allaient officialiser les choses demain à la télé, et dire au monde qu'ils étaient ensemble, mais est-ce qu'il voulait vraiment aller plus loin que ça ? Et est-ce qu'il repoussait les choses vraiment uniquement parce qu'il était malade ? D'un autre côté, ils étaient encore jeunes, s'il guérissait, il aurait tout le temps du monde pour lui demander… s'il le voulait toujours à ce moment-là.
Dark Nation dut sentir son malaise, car elle vint se coucher contre elle et lui lécha doucement l'oreille avant de reposer sa tête entre ses pattes. La bête collée contre elle lui donnait un peu chaud, mais elle s'endormit tout de même grâce à sa présence rassurante.
