Titre : Moi et Moi Seul !
Auteur : Moi-même ! (Lubilule-Malefoy)
Disclaimer : L'univers et les personnages ont été créés et appartiennent à la Grande Déesse J.K. Rowling !
Résumé : Harry Potter, le Survivant, lors d'une sortie à Pré-Au-Lard rencontre un jeune homme fort intéressant... Et fort séduisant. Mais quel est cet inconnu du nom de Tom ? D'où vient-il ? Pourquoi ne le traite-t-il pas comme tous les autres ? Et pourquoi est-il aussi beau, par Merlin ? Découvrez les mésaventures du célèbre Harry Potter !
Pairings : LV x HP [Et autres peut-être au fil du temps...]
Rated : M Progressif
Note de l'auteure : Je vous souhaite une bonne lecture à toutes et à tous(?) ! Une petite review ne fait pas de mal, surtout que ça permet à l'auteur de lui donner un bon coup de pied au c** pour qu'elle écrive plus vite ! J'espère que vous aimerez ! Sur ce...
SPOIL : SPOIL sur l'histoire de Voldy, et sur le TOME 5
Salutations !
Ahh.. que c'est bon de revenir ici ! Désolée encore une fois! Moi qui avait commencé à reprendre un rythme plus correcte, me voilà avec un délais d'attente de plus de deux mois... Encore navrée ! Quand je ne suis pas débordée par mes émotions contradictoires, c'est dans le travail que je me noie ! Mais là, une petite pause s'imposait dans mes révisions sans fins ! J'ai donc fini ce chapitre en deux nuits et j'espère, après quelques relectures de ma part, qu'il vous semblera correct ! Moi, il me convient et va dans la direction que je souhaite donc.. je suis contente :)
À PART CA ! Avez vous vu les Animaux Fantastiques ? Qu'en avez-vous pensé ?! Personnellement, j'ai adoré. (Newt, bébé 3) J'ai enfin retrouvé le monde que j'aime tant sur grand écran. Tout était absolument sublime !
De même, avez vous lu L'Enfant Maudit ? Lu également de mon côté. J'ai vraiment adoré le personnage de Scorpius ! Mais, j'avoue à contre coeur avoir été un peu... déçue, par l'histoire dans son ensemble NO SPOIL, mais... quelques auteurs sur ce site ont pondu de meilleures perles sur la next-generation à mon humble avis. Ce n'est pas mauvais. Mais ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. On voit juste que Rowling ne l'a pas vraiment écrite elle-même... Avez vous le même ressenti ?
Encore une autre sujet (que de diversités aujourd'hui haha...) ! Après avoir reçu une """ravissante""" review sur mon autre fiction sur ce pairing "Magnétique", je mets un petit message ici, identique à ceux que j'ai déjà mis par le passé : je n'ai pas, non plus, abandonné cette fiction : je n'abandonne JAMAIS de fiction à moins de laisser un message clair et précis à ce sujet.
Après mes lourdes semaines d'examens de janvier, je compte me remettre à la rédaction de cette histoire, et continuer le chapitre que j'avais commencé il y a... par Merlin déjà deux ans -honte sur moi et mes descendants-. Pour celles et ceux qui lisaient également celle-ci, je vous demande encore un peu de patience...
Voilà Voilà !
Merci encore pour votre fidélité ! Elle me fait chaud au coeur ! Merci Merci Merci ! J'espère que ce chapitre vous plaira.. On avance un peu plus... hehe...
Bonne lecture !
Lubilule-Malefoy
REVIEWS : Comme toujours, pleins de bisous à celles et ceux m'ayant laissé des reviews sur le chapitre précédent !
Guest, Bichtouille, ptitcoeurfragile, stormtrooper2, Feather Pen Soul, hinatanatkae, miruru-sensei, Guest (2), Yume resonance, Princesslytherin, baekjeong, Silvxake, Streema et Paprika Star !
Je suis absolument ravie de voir d'anciens pseudo que je n'avais pas encore revu, ainsi que de jolis nouveaux noms à qui ma fiction à l'air de plaire ! Merci à tous encore une fois !
NDA : Même rengaine les amis, s'il vous voyez d'horribles fautes, signalez les moi !
35 – La Sorcière et le Magicien
D'un pas pressé, le visage recouvert par son capuchon, Lord Voldemort se déplaçait dans les longs couloirs du Manoir Malefoy. Dans une toute autre situation que celle-ci, il aurait tué quiconque l'aurait interrompu dans ses occupations avec Harry Potter. Mais pas là. Toutes les recherches qu'il avait menées en parallèle de celles pour s'emparer de Potter avaient à leur tour porter leurs fruits. Et ce n'était pas trop tôt. Cette Sorcière avait été une véritable plaie à débusquer. Et maintenant que son camp l'avait retrouvée, il n'allait pas perdre une seule seconde à tergiverser. Il devait aller la rencontrer tout de suite. Car, c'était la pièce maîtresse de son plan. Sans elle, il ne parviendrait pas à ses fin à cent pour-cent. Sans s'arrêter, il descendit les escaliers le menant au Hall Principal. Devant la double porte en bois se tenait debout le Mangemort qui était venu le chercher. Il se dirigea vite dans sa direction, mais fût détourné de son objectif par un grognement sonore sur sa droite. Un jeune homme blond, les habits bien trop colorés pour ce lieu, courait à toute vitesse dans sa direction, un air à la fois fortement amusé, et inquiet peint sur son visage. Celui-ci riait, les mains teintées de poudre bleue. Lorsque le jeune homme s'apercu de sa présence, il s'arrêta net dans sa course, le sourire se fanant doucement, le regard s'écarquillant à sa vue. Le souffle court, d'un geste brusque, il se projeta à genoux devant lui.
- LLEWELLYN ! J'espère pour toi que tu cours vite !
La grosse voix de Greyback retentit dans le Hall et il arriva à son tour, l'air ahuri et très en colère, ses cheveux et ses vêtements entièrement recouvert d'une épaisse couche de poussière bleue pailletée. Mais voyant son tout nouveau collègue à terre, il ralentit la cadence et vit à son tour son Maître, droit dans sa cape noire aux reflets verdâtres. Il se plaça alors quelques mètres derrière le jeune homme blond et s'inclina à son tour, silencieusement. Décidément, il connaissait bien le caractère du Seigneur des Ténèbres, et savait manifestement lorsqu'il valait mieux pour lui qu'il se taise. L'ambiance était lourde et le jeune Mangemort messager était clairement mal à l'aise, tout seul dans son coin. Le Seigneur du Mal sourit intérieurement et observa les deux nouveaux arrivants. Les rumeurs n'étaient donc pas fausses. Sa nouvelle recrue était donc bel et bien originale.
- Llewellyn, n'est-ce pas ? Dit-il doucement, son ton tout de même autoritaire.
- Oui Maître, dit le jeune homme, la voix tremblante.
- Relève la tête.
Llewellyn releva son visage vers celui du Seigneur des Ténèbres. Ses cheveux blond pâle encadraient son visage, et ses yeux, brillants de larmes, faisaient scintiller les turquoises qui y régnaient.
- J'ai entendu dire par Greyback que tu t'étais montré plus qu'impatient de rejoindre mes rangs, dit Voldemort. Je souhaiterai que tu me donnes tes motivations.
Sans même une seule seconde d'hésitation, le nouveau venu lui répondit d'une traite.
- Je vous ai toujours admiré monseigneur. Depuis toujours je peux sentir votre puissance, j'assiste de loin à vos exploits... Votre cause est noble et j'y adhère totalement. J'ai entendu tellement de choses sur vous... vous me fascinez, vous, votre cause et tout votre savoir sur la Magie, quelle que soit sa forme... J'ai travaillé tellement dur afin que vous me remarquiez... Et aujourd'hui... C'est un grand honneur pour moi que de vous servir...
Lord Voldemort garda une expression de glace, mais intérieurement, il jubilait. Il lui fallait quelqu'un comme lui, et voilà qu'il apparaissait sous ses yeux. Entre la venue récente de Serys Montague, et celle de Esaias Llewellyn... Il était vraiment chanceux au niveau de son recrutement ces derniers temps.
- Je me suis beaucoup renseigné à ton sujet également, dit finalement Voldemort. Ton profil est des plus... intéressants. Ancien chercheur à Sainte Mangouste, Sorcier doué en sortilèges... J'espère que tu seras à la hauteur de ta réputation Llewellyn.
Sa dernière phrase avait eu un ton menaçant qui fit trembler l'intéressé. Mais il ne sut dire si ça avait été de peur ou bien d'excitation.
- Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour vous le prouver monseigneur.
Lord Voldemort se détourna de lui et fit un signe de tête au Mangemort messager. Il en avait finit avec celui-là pour le moment. Évidemment, il faudrait qu'il le fasse surveiller un moment, après tout, ce type était tellement, à la fois méticuleux et désordonné, qu'il avait été impossible de lui constituer un passé à partir des maigres informations qu'il avait pu récolter. Mais si tout ce qu'on avait raconter sur lui était vrai, il lui serait plus qu'utile pour la suite. Les portes s'ouvrirent devant lui et il suivit son autre recrue, laissant derrière lui les deux autres hommes. Le Manoir se verrouilla et il transplana.
oOoOoOo
Harry s'attendait à un choc brutal et ferma fortement les paupières. Mais à la place de la douleur qu'il s'était attendu à ressentir, son dos heurta quelque chose de mou. Lorsqu'il ouvrit les yeux cependant, il aurait tout autant aimé se retrouver une nouvelle fois entre les quatre murs de sa cellule. Il était dans la chambre de Voldemort, et cette fois-ci, c'était la vraie. Il se redressa sur le matelas, sentant sous ses doigts la texture du dessus de lit... identique à celui où il s'était assis plusieurs semaines auparavant. Il trembla. Il détestait cette situation. Et ce qui venait de se passer entre Tom... ce monstre et lui... Ne se lassait-il jamais de lui faire du mal ? Se souvenant de son allure débraillée, le jeune homme rabaissa son pull correctement et referma la braguette de son pantalon. Humilié. Il se sentait véritablement humilié. Se voir... dans ce souvenir. Avoir totalement perdu pied avec ce monstre... Ce monstre qui avait tué ses parents, et à qui il avait donné sa première fois, toute sa confiance. Si ses parents pouvaient le voir, ils devaient être emplis de honte. Comment, lui, un Gryffondor, un Potter, avait pu se laisser avoir par un être si ignoble et manipulateur ? N'aurait-il pas dû se méfier davantage? Un être parfait comme lui, ce n'était pas normal. N'aurait-il pas pu faire le rapprochement entre lui et le Tom Marvolo Riddle des souvenirs que lui montrait Dumbledore ? Bien sûr que si il aurait pu, s'il avait fait l'effort de se concentrer plus de deux minutes !
Il était se sentait si bête, il se dégoûtait... Et le pire... C'est même qu'après tout ça, ses caresses... elles lui avaient fait de l'effet. Elles l'avaient embrasé. Totalement embrasé. Et savait très bien, tout au fond de lui, que s'ils n'avaient pas été interrompu, il l'aurait laissé faire. Il l'aurait laissé continuer. Il l'aurait laissé l'humilier encore plus. Parce qu'il n'avait plus que lui auprès de lui, et il se sentait si perdu... il souhaitait tellement que tout se remette en ordre. Il voulait croire que ses amis, l'Armée de Dumbledore, l'Ordre du Phénix, et tous les autres bons sorciers faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour le retrouver mais... il était ici depuis déjà un bon moment, et rien dans les murmures des Mangemorts qu'il avait pu entendre ne lui indiquaient de mouvements encourageants pour lui.
Il secoua la tête, tentant de ne pas se laisser abattre, et essaya de se lever. Il posa doucement les pieds sur le sol, l'esprit encore chamboulé, et le corps faible. Il parvint à se mettre debout et le souffle court, s'avança vers la fenêtre. Il tenta de regarder à l'extérieur, pour essayer de se situer, mais il ne pouvait rien voir à part des centaines d'arbres. Génial. Il s'avança alors vers le bureau, qui était exactement à la même place que sa réplique au Rosier. Un journal était posé dessus, plié en quatre. Harry, le coeur battant tendit la main pour l'attraper mais un bouclier invisible l'en empêcha, le repoussant sans aucune douceur. Évidemment. Le Mage Noir n'allait pas le laisser se balader librement et fouiller dans ses affaires alors qu'il n'était pas là. En tournant la tête sur le côté, il parvint quand même à voir la date imprimée sur le papier. 17 février 1997. Le 17 février ? Mais sa sortie à Pré-Au-Lard remontait au 29 janvier... Ca faisait donc déjà vingt jours qu'il était enfermé ici ?!
Sa tête tourna et il trébucha sur quelque chose qui faillit le faire tomber. Il se rattrapa de justesse à l'une des barres de bois au pied du lit. Sur quoi avait-il pu marcher? Il regarda en direction du sol et sursauta violemment. Il remonta précipitamment sur le matelas en voyant l'énorme serpent de Voldemort se diriger vers lui en sifflant méchamment.
- Si tu tiens à conserver ta jambe, tu ferais mieux de faire attention où tu mets les pieds gamin... lui cracha-t-elle en Fourchelang avant de serpenter un peu plus loin dans un coin de la pièce.
Comme si la situation n'était pas assez pénible, il fallait en plus que son immonde serpent fasse la baby-sitter... Il ramena genoux contre sa poitrine. Comment la situation pouvait-elle être pire ? Après tout ce qui s'était passé... il y a un vingt jours... tout ce qui venait de se passer aujourd'hui... Et tout ce qui se passera lorsque Voldemort rentrera. Parce qu'il savait très bien que puisqu'il ne l'avait pas remis en cellule, c'est qu'il n'en avait certainement pas fini avec lui.
oOoOoOo
Une étendue blanche et grise. Des montagnes rocheuses recouvertes d'une épaisse couche de neige. Pas une seule âme pour déranger toute cette étendue paisible. Puis deux claquements retentirent dans l'air et deux silhouettes de noir vêtues apparurent. Lord Voldemort et son Mangemort avaient transplaner en bas de l'une de ces montagnes, celle qui était la plus haute et la plus pointue. Sans un mot, d'un signe respectueux de la tête, le serviteur précéda son Maître dans la marche, et l'invita à le suivre. Pendant longtemps ils gravirent l'un des pans de la montagne par un chemin escarpé, étroit et glissant. Plus ils montaient en altitude, plus le vent devenait froid et violent. Et même si leur capuchon leur permettait de ne pas se prendre la neige glaciale en pleine figure, ils en ressentaient la morsure. Le temps était vraiment épouvantable ici. Mais ici... où était-ce ? En Grande-Bretagne, certes, mais où exactement ? Même Lord Voldemort lui-même ne pouvait le savoir exactement. C'était un lieu ampli de magie, extrêmement bien protégé de surcroît... Mais son Mangemort avait tout de même réussi à trouver ce lieu grâce à toutes les indications qu'il avait rassemblées et qu'il lui avait laissé par la suite. Indications qu'il avait trouvées après de très longues et périlleuses recherches. Tout le temps qu'il avait investit pour la retrouver. Mais il ne s'agissait certainement pas de temps perdu.
Ils arrivèrent bientôt au bout du dangereux chemin et le vent se calma, bloqué par un mur de pierre formé par une cavité rocheuse naturelle. Le Seigneur des Ténèbres observa l'endroit, qui se transformait en sorte de grotte un peu plus loin. Malgré le manque de luminosité, il pouvait tout de même distinguer un objet brillant dans la pénombre.
- Tu peux t'en aller à présent. Je saurai me frayer un passage en sens inverse, dit froidement Lord Voldemort au Mangemort.
Celui-ci ne se fit pas prier pour partir de ce lieu aux allures d'enfer glacé, lui tourna le dos et redescendit la pente escarpée. De toute évidence, s'ils n'avaient pas pu transplaner directement ici, il devait y avoir une raison. Le Seigneur des Ténèbres s'avança un peu plus dans la cavité et s'approcha de l'objet scintillant. Il s'agissait tout simplement d'une poignée en argent, qu'il pointa de sa baguette afin d'en dévoiler le sortilège la protégeant. Mais à sa grande surprise, il s'aperçut qu'il n'y en avait aucun. Ce qui pouvait paraître logique compte tenu du nombre de protections qui entouraient déjà le lieu en lui-même. Il posa alors sa main sur la petite poignée ronde, la tourna et la lourde porte en bois verni s'ouvrit.
Un nouveau décor se dessina alors devant ses yeux. Il referma la porte derrière lui, et abaissa son capuchon. La pièce où il venait d'entrer était circulaire, remplie de bibliothèques, elles-mêmes débordantes de livres, tous plus anciens les uns que les autres, le tout éclairé par une cinquantaine de bougies. Cette mystérieuse bibliothèque était directement imbriquée dans la montagne. La pièce avait simplement été creusée à même la roche. Le Seigneur des Ténèbres s'approcha du centre de la pièce, où était disposée une grande table ronde en bois noble, sur laquelle étaient posés d'innombrables parchemins qui s'effritaient à moitié. Il s'en approcha et les observa plus attentivement. C'était absolument fascinant. Même lui, grand sorcier qui avait étudié des sortes de magie si rares que les personnes les connaissant se comptaient sur les doigts d'une seule main, ne parvenait pas à déchiffrer totalement les caractères qui y étaient inscrits. Certaines runes lui paraissaient familières, mais d'autres lui étaient totalement inconnues. Ces manuscrits étaient-ils donc si anciens ? Il leva l'une de ses mains au-dessus de la table, et prit entre ses doigts difformes un parchemin bien plus récent, où étaient écrits en anglais parfaitement d'actualité, des notes, sans aucun doute concernant les parchemins. Il les parcourut du regard et eut un sourire. Alors comme ça, c'étaient d'anciens sortilèges de magie noire ? Intéressant...
Lorsqu'il voulu se pencher plus en avant encore sur ces informations toutes fraîches, une voix l'interrompit. Mais au lieu d'en être contrarié, il en fût ravi. Il avait enfin retrouvé la personne qu'il cherchait depuis des mois et des mois.
- On ne vous a jamais dit qu'il était impoli de fouiller dans les affaires des autres Monsieur Riddle ?
Les notes lui volèrent des mains et atterrirent dans celles de leur propriétaire. Lord Voldemort se redressa et se tourna en direction de la personne propriétaire des lieux, qui se tenaient debout, un peu en hauteur, sur les marches d'un escalier en bois.
- Madame Eracleous. C'est un honneur, dit-il alors de sa voix la plus mielleuse.
La propriétaire eut une expression crispée avant de descendre les quelques marches restantes et de se diriger vers son visiteur. Elle se plaça juste devant lui et le toisa de ses yeux bleus perçants. Lord Voldemort se força à ne pas sourire. Enfin, il avait trouvé cette vieille femme. Sian Eracleous. L'une des sorcières les plus puissantes de leur siècle. Et aussi l'une des plus difficiles à débusquer.
Elle se tenait devant lui, les bras croisés et avait l'air d'attendre qu'il parle. Mais il n'en fit rien. Il la toisa de haut un moment. Elle était beaucoup plus petite que lui, un peu replète, ses longs cheveux argentés rassemblés en une longue tresse sur son épaule. Mais pour une femme qui vivait dans une grotte, elle semblait étonnement fraîche et en bonne santé. Peut-être à cause du froid extérieur...
- Je savais bien que j'allais recevoir de la visite, mais je m'attendais à voir ce petit maigrichon qui était avec vous tout à l'heure. Ca faisait plusieurs semaines qu'il tournait en rond autour de ma montagne, sans remarquer que ce qu'il cherchait se trouver juste sous son nez.
Elle eut un petit ricanement emplit de dédain et le regarda dans les yeux, sans ciller. Comme si se retrouver face au plus grand Mage Noir de tous les temps ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle s'éloigna cependant de lui, et sortit une paire de lunettes dorée d'un des plis de sa cape marron. Elle rangea machinalement les notes que le Lord était en train de lire un peu plus tôt, entre d'autres morceaux de parchemins similaires. Elle le toisa alors de nouveau par-dessus ses verres, maintenant postée de l'autre côté de la grande table. Les mains posées à plats sur le dessus de celle-ci, l'air sérieux, elle reprit la parole.
- Je me doute bien que vous ne vous êtes pas donné tout ce mal pour me retrouver uniquement pour venir boire une tasse de thé dans ma bibliothèque ?
- Effectivement, lui dit-il lentement.
Elle fit une pause, sans cesser de le toiser, puis reprit.
- Vous savez, à moins que je ne le veuille bien, personne n'arrive jamais à me retrouver. Je dis bien jamais. Malgré cela et tous les efforts que j'ai pu déployé, vous êtes tout de même parvenu jusqu'ici.
- Vous n'aviez pas envie que je vous retrouve ? Demanda-t-il, ironique.
- Bien sûr que non, répondit-elle du tac au tac. Qui voudrait bien être retrouvé par un homme tel que vous ?
Lord Voldemort tiqua mais ne répliqua pas. Cette bonne femme commençait déjà à l'agacer, mais il ne devait surtout pas se la mettre à dos. Un silence pesant s'installa, la tension montait entre les deux sorciers mais aucun ne quittait l'autre du regard.
- Que voulez-vous donc Monsieur Riddle ?
- Plus personne ne m'appelle ainsi à présent, rétorqua le Seigneur des Ténèbres, l'air grave.
- Malheureusement, j'ai pour habitude d'appeler les gens à qui je m'adresse par leur nom. Et que vous le vouliez ou non, ce nom est bien le vôtre.
À sa réponse, il serra les poings. Personne ne s'adressait à lui de cette manière...
- Je répète donc ma question : que voulez-vous ? Dit-elle l'air décidé.
Après avoir inspiré plusieurs fois pour tenter de se calmer un tant soit peu, il lui répondit.
- J'ai besoin de vos compétences.
- Ca, je me doute bien, le coupa-t-elle. Ce que je voudrais savoir, c'est pour quoi faire.
Lord Voldemort regrettait presque d'être venu lui-même. Il ne l'impressionnait pas du tout. Et ça l'agaçait fortement. Il avait l'impression, avec une certaine nuance toute de même, de se retrouver devant Harry... Il se força une nouvelle fois à se détendre. Il ne pouvait pas avoir fait toutes ces recherches pour rien. Il devait convaincre cette vieille peau, et malheureusement pour lui, il devrait le faire sans intimidation. Il fallait qu'il lui donne envie de venir. De se joindre à lui. C'était comme ça qu'il avait commencé à... « monter son affaire » lorsqu'il était encore tout jeune. En charmant les autres. En fouillant dans leurs blessures les plus profondes, celles cachées avec le plus grand soin, et se servir de ce qu'il pouvait y trouver à son avantage.
- Vous devez sans doute connaître l'existence d'un certain Harry Potter, je me trompe ? Lui demanda-t-il alors, le ton soudain doucereux.
La Sorcière tiqua à ce changement de comportement et plissa ses petits yeux ridés.
- Je ne suis peut-être plus active dans le monde des Sorciers, mais ce n'est pas pour cela que j'ai cessé de m'informer de ce qui s'y passe.
Le Mage Noir eut un sourire forcé. Elle ne manquait décidément pas de répondant.
- Et d'après de récents dires, vous auriez enfin réussi à le capturer, continua-t-elle.
- C'est exact.
- Alors je ne vois pas quel est le problème, dit Eracleous. Ne s'agissait-il pas de votre plus grand désir ? Demanda-t-elle avec un certain dédain qu'elle ne chercha même pas à dissimuler.
- Une prophétie a été prononcée, la coupa-t-il brusquement.
La surprise se dessina sur son visage tant par la révélation, que par la façon dont il lui avait avoué. Par contre, elle n'était clairement pas impressionnée par le changement de ton. Elle laissa passer un silence, et attendit. Cette fois, il le savait, le Lord avait piqué sa curiosité, au moins un peu. Il fallait qu'il saisisse sa chance.
- S'il ne s'agissait que de le capturer, en effet, je n'aurai pas sacrifié de mon temps si précieux pour me mettre à votre recherche.
Elle se tue cette fois-ci et lui fit un petit signe du menton, l'invitant à poursuivre.
- Cette prophétie donc, a été prononcée par l'une des actuelles professeures de Poudlard, poursuivit le Mage Noir. C'était il y a dix-huit ans. Celle-ci assurait que la personne qui aurait le pouvoir de me vaincre naîtrait à la fin de juillet, de parents qui m'auraient défié par trois fois déjà.
- Jusque là, rien de bien nouveau, souligna Sian en rangeant ses lunettes d'un air agacé.
- Je vous l'accorde, répondit-il en souriant.
Sa réaction eut l'air de l'intriguer encore plus et elle reporta son attention sur ses paroles.
- Pendant des années, je n'ai connu que cette partie de la prophétie, mais récemment, grâce à disons... quelques méthodes... j'en ai appris la fin.
D'un geste de sa baguette, le Seigneur des Ténèbres fit apparaître un étrange nuage bleu, où des mots semblaient s'y dessiner, comme formés de brume. Une voix sortie de nulle part, tout aussi brumeuse, récita quelques mots : « Le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore… et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit… Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois… ». Une fois le dernier mot prononcé, le nuage se dissipa aussi rapidement qu'il était apparu et la pièce retrouva ses teintes orangées.
- Étrange message apporté par une étrange magie... commenta-t-elle, intéressée.
- Je pourrai vous apprendre ce petit tour si c'est tout ce qui vous intéresse, dit le Lord, sarcastique.
Elle le toisa de ses yeux d'un bleu glacé. Voilà. Maintenant, elle le prenait un peu plus au sérieux.
- Suivez-moi, dit-elle simplement en lui tournant le dos.
La petite femme se dirigea vers les escaliers desquels elle était descendue quelques minutes auparavant et Voldemort la suivit. Une fois les quelques marches de bois passées, ils se retrouvèrent dans une petite pièce basse de plafond et recouverte de bois ciré, des murs au plafond. Deux énormes fauteuils étaient disposés un peu plus loin dans la pièce, et elle l'invita d'un geste de la tête à s'installer sur l'un d'eux tandis qu'elle prenait place en face de lui. Alors qu'elle se posait confortablement sur une montagne de châles en laine, il fut obligé de constater que son fauteuil en était également recouvert. Il s'assit avec un certain dégoût, sous le petit rire à peine dissimulé de son hôte. Mais le sérieux reprit bien vite place entre eux.
- Quelque chose m'intrigue Monsieur Riddle... dit-elle en faisant apparaître des tasses à thé pleines.
Finalement, même si c'était une sorcière redoutable, il le savait, c'était quand même une petite vieille comme les autres.
- Cette prophétie dit bien que l'un des deux doit mourir de la main de l'autre, car aucun de vous ne peut vivre tant que l'autre survit...
Il la regarda prendre sa tasse dans ses mains et la rapprocher de son visage.
- Ce qui suppose premièrement qu'à la vue de votre... apparence, la personne qui survit, c'est vous.
Le Seigneur des Ténèbres tenta de cacher sa surprise, mais sa tentative ne fonctionna vraisemblablement pas.
- Monsieur Riddle, dit-elle l'air rieur. J'étudie les formes de magie les plus rares depuis bien avant votre naissance. Pensiez-vous réellement que je ne saurai pas reconnaître une personne ayant fait usage du maléfice permettant de créer des Horcruxes ? Mais je ne suis pas du genre à révéler les secrets... ajouta-t-elle en s'enfonçant un peu plus dans son fauteuil.
- Vous avez raison, dit-il lentement. Mais il y a un petit... dérangement.
- Je m'en doute bien, dit-elle à nouveau. Sinon, vous ne seriez pas là. Je peux mettre à disposition mes livres si cela peut vous être utile.
- Vos livres ? S'exclama le Mage Noir. Vous croyez que je me suis donné tant de mal pour quelques bouquins ?
L'air vexé, elle se redressa et le toisa, comme au début de leur entrevue.
- Étant donné vos compétences en magie noire, je suppose que c'est un cause d'un acte de cette nature que vous vous retrouvez dans une situation fâcheuse. Je ne suis pas certaine de vouloir y prendre part pour être honnête.
Elle bu une gorgée de thé et ajouta, l'air encore plus courroucé.
- De plus, je vous signale que ces « bouquins » comme vous les appelez, font partie des plus rares au monde, et ne sont, pour la grande majorité, disponibles qu'en un seul exemplaire et je...
- Taisez-vous, claqua-t-il d'une voix glaciale.
Et pour la première fois depuis qu'il était entré, il remarqua un soupçon de crainte briller dans ses yeux.
- Si j'avais eu besoin de livres, aussi rares soient-ils, croyez-moi sur parole, je me serai débrouillé sans aucun problème pour me les procure. Et je dispose actuellement d'une collection des plus correctes à mon avis, qui n'est pas si humble. Si je suis venu jusqu'ici, c'est pour vous tout particulièrement.
- Très bien. Vous avez réussi à me trouver, ce qui est déjà un bel exploit. Mais maintenant, qu'est-ce qui vous dit que j'accepte de vous aider ? Argua-t-elle, ayant retrouvé ses esprits.
- Ce n'est pas dans mes habitudes de me faire refuser quoi que ce soit, menaça-t-il.
La vieille femme siffla d'agacement entre ses dents et le fusilla du regard. Elle reposa sa tasse sur un petit rebord en pierre et s'avança un peu plus au bord de son siège.
- Je sais parfaitement qui vous êtes, vous, qui vous faîtes appeler Lord Voldemort. Vous, qui avez commis toutes ces atrocités, qui avait commis tous ces meurtres, ces assassinats de moldus. J'ai connu votre prédécesseur dans le domaine de la Magie Noire, Gellert Grindelwald. Lui aussi est venu me trouver il y a longtemps pour recevoir de l'aide. Albus Dumbledore aussi a réussi par je ne sais quel moyen à prendre contact avec moi. Indirect certes, mais tout de même un contact. Mais aucun d'eux n'a reçu mon aide. Et vous savez pourquoi ? Car je refuse de prendre parti dans ces guerres magique ! Cria-t-elle sur la fin.
Personne ne criait sur Lord Voldemort. N'importe quelle autre personne serait sans doute morte dans la seconde. Mais, pas cette fois. Le Seigneur des Ténèbres se contenta de sourire et lui rétorqua, d'un air un peu trop calme pour être totalement sincère...
- Madame Eracleous... Qui a parlé de vous faire prendre parti ? Dit-il, mielleux.
- Si vous n'avez pas encore tué le garçon, c'est que vous en êtes incapable, et que vous voulez que je le fasse à votre place, je me trompe ?! Dit-elle, ses yeux brillants de rage.
- C'est exact.
- Vous voyez bien !
- C'est exact, vous vous trompez.
Le vieille femme s'étrangla presque et fit silence, abasourdie par la réponse de son visiteur.
- Je vous demande pardon ? Demanda-t-elle, un peu plus calme.
- Je ne souhaite pas que vous tuiez Harry Potter. Personne d'autre que moi n'a le droit de poser la main sur lui, répondit-il, menaçant. Cependant, la seule chose correcte dans votre discours est qu'effectivement, je suis pour le moment, incapable de le tuer.
Elle le toisa un moment, toujours silencieuse, les sourcils froncés.
- Le Garçon mourra de toute façon, ajouta-t-il.
- Comment pouvez-vous en être si sûr ? Demanda-t-elle, la voix tremblante malgré elle.
- C'est simple. Moi, je ne compte pas mourir, répondit-il, ses yeux rouges flamboyants presque dans la quasi-pénombre.
Un frisson parcourut le corps de la Sorcière. Quelque chose dans sa phrase l'avait.. à la fois fascinée et incroyablement dérangée. Une intonation peut-être. Une Résolution ?
- Qu'attendez-vous de moi ? Demanda-t-elle.
Un sourire glaçant naquit sur ses lèvres blanches. C'était presque gagné.
- Comme vous l'avez remarqué un peu plus tôt, j'ai bel et bien utilisé le sortilège noir me permettant de créer des Horcruxes. Cependant, le problème avec ce genre de sort, c'est qu'ils peuvent parfois se retourner contre nous. Et c'est ce qui s'est passé dans mon cas.
Une fois de plus, elle avait vu juste.
- Pouvez-vous développer ? Demanda la Sorcière, de plus en plus intéressée.
- J'ai créé de nombreux Horcruxes par le passé...
Un sursaut de dégoût fit tressauter le corps de la vieille femme... Combien... de personnes cet homme avait-il tué ? Elle savait très bien comment marchait ce sortilège... C'était l'un des plus odieux qu'elle ait jamais eu à étudier, autant dans la réalisation du sort que de ses effets sur le corps de l'emetteur.
- Et je me trouvais satisfait de leur... nombre, poursuivit le Seigneur des Ténèbres. Mais, un incident se produisit. Le soir où je me suis rendu chez les Potter pour tuer mon ennemi alors qu'il n'était qu'un bébé sans défense, vous n'êtes pas sans savoir que tout ne s'est pas passé comme prévu. Mais je vais vous dire quelle en était la raison. La protection apportée par sa mère a créé une sorte de bouclier... une ancienne magie, bien trop pure et trop blanche, qui a fait ricocher mon sortilège. Un bout de mon âme s'est détaché de moi, et s'est accroché au seul être encore vivant dans les parages...
- Un Horcruxe involontaire... Par Merlin...
La main sur le coeur, les méninges de la vieille femme semblaient fonctionner à toute vitesse.
- C'est pour cela que vous ne pouvez pas le tuer. Vous risqueriez d'écorcher votre propre âme présente à l'intérieur de lui. Car seule votre magie serait assez puissante pour la détruire...
Elle le regarda comme s'il s'agissait de la première fois qu'elle le voyait.
- Vous voulez que je sépare votre âme de celle du garçon sans lui causer aucun dommage.
Il eut un sourire en coin, et elle serra les lèvres. Il savait très bien quel dilemme intérieur elle était en train d'avoir. Elle avait dit qu'elle ne prendrait pas parti aux guerres du monde sorcier, mais si elle l'aidait lui, elle lui permettrait de tuer quelqu'un du camp adverse. Et ça, c'était prendre parti. Mais il savait qu'une partie d'elle, pas aussi infime qu'elle voulait le laisser paraître, souhaitait en savoir plus sur ce phénomène. Et c'était pour cette raison qu'il était parti la voir, elle. Il savait très bien pourquoi elle ne faisait plus partie du monde des sorciers. Et contrairement à ce qu'elle souhaitait faire croire, elle ne s'en était pas détaché de son plein gré...
- Si je suis venu vous voir vous en particulier, c'est parce que je suis certain que vous pourrez y arriver, dit-il après quelques minutes de silence.
- Je n'ai pas dit que j'acceptais de vous aider, répondit Sian l'air menaçant.
- Je sais que vous en avez envie. Parce que vous êtes comme moi.
- Comme vous ? Pardon ? S'exclama-t-elle, l'air outré.
- Vous avez soif de connaissance. Une soif qui sera toujours inassouvie. Et ce que je vous propose de faire, jamais vous n'y avez été confrontée. Je sais très bien pourquoi vous êtes recluse ici, cachée de tous. Cachée du Ministère... Dans le passé, vous avez mené des expériences bien trop... poussées pour les Sorciers et Sorcières de notre communauté. Vous avez été rejetée. Ne soyez pas étonnée, dit-il avant qu'elle ne le coupe. On ne peut rien me cacher. Je peux vous permettre d'accroître ce savoir, et vous ne subirez aucune répercussion. N'essayez pas de me faire croire que vous n'y portez aucun intérêt.
Un nouveau silence, plus long que les précédents.
Puis un regard en coin.
Lord Voldemort eut un sourire et se leva.
- Prenez tout ce que vous estimerez nécessaire, je vous attends en bas.
oOoOoOo
L'Agent Shrapnell avait eu une journée des plus atroces. Depuis l'enlèvement du jeune Potter fin janvier, les raids Mangemorts se multipliaient, et le Ministère avait vraiment beaucoup de mal à les contenir. De plus, il avaient dû faire face à un accident extrêmement fâcheux. La semaine passée, dans la presse moldue, un journaliste avait rédigé un article contenant plusieurs témoignages dérangeants. Avec tous ces villages attaqués à la pelle, les Aurors n'avaient pas dû oublietter la totalité des moldus présents encore vivants et certains d'entre eux avaient parler... Ils avaient dit que toutes les autres sources d'informations mentaient, que ce n'était pas des incendies répétés, qu'ils soient criminels ou accidentels, ça non. Les coupables étaient des meurtriers. Des meurtriers en cape noire venus en masse en pleine nuit, les attaquant, les tuants, les brûlants, des éclairs de couleur verte sortant de leurs mains et hurlant des mots sans queue ni tête... « Les sorcières n'auraient donc pas toutes brûlé ? » pouvait-on lire en première page du papier d'une petite commune voisine de Londres. «Délire ? Magie noire? Témoignages sur les mystérieux incendies des dernières semaines en page 4... » sur un autre. Tout ça avait été une réelle catastrophe à rattraper, et ils s'étaient faits, sans mauvais jeu de mots, « incendiés » par le Ministre de la Magie en personne. Ils avaient passé des heures à lancer des sortilèges de Confusion, à laisser de fausses preuves avec de fausses photographies trafiquées sur les bureaux des maisons éditoriales moldues afin de discréditer les dires de ces moldus, qui pourtant, avaient bel et bien vu la vérité.
Et comme si tout cela ne suffisait pas, il y avait aussi toutes les rumeurs qui couraient sur Ava en ce moment. Oui, sur sa propre coéquipière, l'une des femmes les plus droites et justes qu'il ait jamais eut l'occasion de rencontrer et avec qui il avait la chance de travailler. Tout le monde savait à quel point Ava aimait son travail et à quel point elle était dévouée à sa cause. Et pourtant.
L'échange verbale qu'elle avait eu avec un Mangemort quelques semaines auparavant avait semé le doute dans pas mal d'esprit, ici, au Ministère. Rajan aurait pu trouvé cette idée totalement stupide... car elle l'était au fond. Mais, lui aussi se posait des questions. Et il comprenait que les autres s'en posent. Pas au point de douter d'elle, loin de là. Elle était bien trop droite pour avoir un quelconque lien avec un Mangemort. Mais... ils avaient tellement eu l'air de se connaître... Non, c'était certain, ils se connaissaient. Même lorsque... ce cinglé avait tué l'un de ses confrères, elle lui avait hurlé dessus en le tutoyant. Ca, ça aurait pu passer encore. Mais le fait qu'il lui réponde sur le même ton, et qu'il l'appelle par son prénom avant de disparaître... C'était louche. Et elle avait eu l'air totalement bouleversée par cet échange. Ce n'était pas la première fois qu'elle se retrouvait proche à ce point d'un ennemi, mais là, c'était une proximité d'une autre nature, et il fallait qu'il mette les choses au clair avec elle. Même si elle ne voulait pas en parler aux autres, elle devait lui dire, à lui. Ils étaient coéquipiers. Ils devaient pouvoir se faire totalement confiance. Il espérait qu'elle ait autant de confiance en lui qu'il n'en avait en elle, et qu'elle pourrait lui parler sincèrement.
Ils n'avaient pas eu le temps de se voir beaucoup à cause de tous les incidents à réparer ces derniers jours, mais en plus de cela, il avait l'impression qu'elle l'évitait. C'était pour cela que le matin-même, même s'il était en retard dans son emploi du temps, il avait fait le pied de grue devant l'entrée du Ministère qu'elle empruntait toujours et lui avait donné rendez-vous plus tard dans la journée pour discuter. Elle avait acquiescé distraitement et lui avait dit de l'attendre dans son bureau à elle, qu'elle l'y rejoindrait dès que possible. Et ça faisait maintenant une vingtaine de minutes qu'il y était. Il espérait que personne n'avait besoin de lui... Mais il n'eut pas le temps de s'en soucier plus longtemps et sa partenaire apparut dans l'encadrement de la porte, une pile de dossiers en équilibre dans ses bras. Il l'aida à en porter une partie et posa le tout sur son bureau. Elle soupira profondément et fit craquer le bas de son dos.
- Je suis ex-té-nu-ée ! Bailla-t-elle en s'étirant.
Et il voulait bien la croire. Jamais il n'avait vu de tels cernes sous ses yeux. Elle fit pendre ses bras des deux côtés de son corps et le regarda avec des petits yeux.
- Un café ça te dit ? Demanda-t-elle.
- C'est pas de refus, répondit-il d'une voix rauque.
Elle lui sourit timidement et fit machinalement des moulinets avec sa baguette, préparant de quoi faire le breuvage tant attendu. Elle lui tendit finalement une tasse rose un peu ébréchée, tandis qu'elle sirotait déjà dans la sienne, blanche à poids verts. Puis elle prit la parole, sans vraiment le regarder.
- Je pense que je sais déjà de quoi tu veux me parler... Tu sais, je les entends, les murmures dans les couloirs quand je passe... ils pensent que je suis alliée avec... Tu-Sais-Qui...
Rajan posa brusquement sa tasse sur le dessus du bureau et l'attrapa par les épaules, la faisant sursauter.
- Ce sont des crétins, ne les écoute pas, dit-il d'une voix ferme.
- Tu... tu ne penses pas comme eux ? Demanda-t-elle d'une petite voix.
- Moi ? Tu plaisantes j'espère. Ava... je te connais mieux qu'eux, je sais très bien que jamais tu ne pourrais partager les idées de ces dégénérés. Ceux qui disent ce genre de choses ne cherchent qu'à cracher leur venin, tout ça parce qu'ils savent que tu as été à Serpentard par le passé.
Elle l'avait écouté, la tête baissée, la hochant parfois pour appuyer ses paroles. Il se rapprocha à nouveau d'elle, alors qu'il l'avait lâchée pendant sa tirade.
- Je ne doute pas de toi, ne t'en fait pas. Ce que j'aimerai juste, c'est comprendre la relation que tu as... enfin, que tu as eue je suppose, avec ce type. Tu le connais, je me trompe ?
Elle secoua la tête de gauche à droite et lui répondit d'une voix légèrement cassée.
- Non, tu as raison. Mais ce n'est pas... des relations comme tu le penses ! Dit-elle en relevant le visage vers lui. Rien de louche...
Il lui posa la main sur le dessus de la tête et tapota maladroitement, essayant de la rassurer. Mais il ne dit rien, lui laissant la possibilité de poursuivre quand elle s'en sentirait prête.
- C'est seulement... Lui et moi, on a été à Poudlard en même temps. Dans la même maison, à Serpentard. J'étais proche de lui, c'est vrai, c'était un bon ami avec qui j'ai passé de bons moments. Mais j'ai vu que... que ses idées changeaient de direction quand nous sommes entrés en septième année...
Elle fit une pause et prit une série de petites inspirations.
- Et finalement, quand on a quitté l'école, je n'ai plus eu de nouvelles et j'ai su par des connaissances de Poudlard qu'il s'était enrôlé dans les rangs... dans les mauvais rangs. Je ne l'avais pas revu depuis cette époque, je t'assure !
- Je te crois Ava, dit-il d'une voix douce. Par contre, est-ce que tu pourras me noter son nom quelque part ? Pour voir s'il apparaît dans nos fichiers quelque part... connaître l'identité de l'un de nos ennemis du camp adverse sera une bonne chose.
- Oui... oui, pas de problèmes, dit-elle, l'air soulagé.
Elle lui lança un sourire auquel il répondit.
- Tu devrais rentrer te reposer un peu agent Gratwick, tout ça t'a travaillé, je le sais. Et ne proteste pas. Je préviendrai notre chef de section.
Il finit d'une traite le café qu'elle lui avait fait et avec un dernier signe d'au revoir, quitta son bureau, dossier et baguette en main. Elle se sentit soulagée. Enfin, elle avait pu parler à son coéquipier, celui avec qui elle était en permanence et un des seuls qui se faisait du soucis pour elle. Elle posa sa tasse sur le rebord de son bureau, le contourna et s'assit dans son siège. Elle jeta un coup d'œil à la pile de dossiers faramineuse qui y traînait et prit sa tête dans le creux de ses mains. Elle se sentait mal... terriblement mal. D'un geste tremblant, elle prit une plume et un morceau de parchemin, et le coeur au bord des lèvres, nota le nom de son ancien ami. Elle se sentait mal... elle avait la nausée. Rajan avait raison, il fallait qu'elle se repose, qu'elle dorme au moins une nuit complète. Rajan... qui était comme un frère pour elle. Qui l'avait défendu, qui avait tenter de comprendre... Qui était là pour elle dans les bons comme dans les mauvais moments, de la même manière qu'elle était là pour lui.
Et pourtant. Elle lui avait menti.
Elle se leva, posa en évidence le morceau de parchemin où le nom de Joshua Shield tracé à l'encre noir brillait encore, prit son manteau et transplana.
À suivre....
Merci de m'avoir lue ! Review ?
