Bonjour à tous ! :) Comment allez-vous ?

Moi je suis en plein dans les cartons ! J'ai terminé mon contrat hier et je déménage samedi. Je commence un nouveau travail à Paris dans une dizaine de jours, c'est un peu la course !

J'ai été assez déçue par le faible nombre de retours sur le chapitre précédent, j'ai eu deux fois moins de reviews que d'habitude, tout en ayant presque autant de vues… Du coup, j'ai l'impression que ça ne vous a pas plu. N'oubliez pas de donner votre avis, même s'il est négatif, parce que c'est vraiment frustrant pour les auteurs de ne pas avoir de retours sur des chapitres qui demandent des heures et des heures de travail…

Bref, en tout cas, je vous laisse avec ce nouveau chapitre, dans lequel Clarke et Bellamy prennent doucement leurs marques dans leurs nouvelles maisons du district douze. Désolée si j'ai laissé des fautes, je suis super fatiguée en ce moment... Bonne lecture ! :)


Chapitre 37 : Normaliser

« Je vais pouvoir prendre un bain »

- Bellamy, mais cette maison est vraiment gigantesque !, s'exclame Octavia.

Depuis qu'elle y a pénétré, la jeune fille court de pièce en pièce dans le rez-de-chaussée, sous le regard amusé de Bellamy. C'est vrai que la demeure est immense. Bien trop pour eux deux. Le couloir d'entrée débouche, à droite, sur une pièce de travail qui a été aménagée, avec un majestueux bureau installé près d'un bow-window, qui donne sur l'allée centrale du Village des vainqueurs. Au fond du couloir, un vaste salon est meublé de deux canapés et de plusieurs fauteuils en cuir de qualité, d'une jolie couleur vert émeraude. Tout un mur est recouvert par une bibliothèque chargée de livres. La grande baie vitrée donne sur la prairie qui borde le Village. Et surtout, il y a un écran de télévision.

- Un télé, Bell' ! Tu te rends compte ?, s'est écriée la jeune brune en découvrant le récepteur et les télécommandes posées devant.

Dans le prolongement du salon, les Blake ont découvert une salle à manger, dotée d'une impressionnante table de réception, donnant sur une grande cuisine ouverte, aux murs blancs et aux meubles en bois clair, avec une vue sur l'allée principale. Les placards regorgent de jolie vaisselle colorée et de nourriture.

- Rien que la cuisine fait la taille de notre ancienne maison, constate Octavia.

- On pourra y inviter Jackson, histoire qu'il nous cuisine de bons petits plats, propose Bellamy avec un clin d'œil.

Sa petite sœur répond d'un hochement de tête énergique.

- C'est vraiment un rêve d'être dans cette maison. Et de se dire que c'est la nôtre. On monte maintenant, Bell' ? Je veux voir nos chambres !

- C'est parti.

Ils retournent dans le couloir et empruntent ensemble l'escalier pour accéder au premier étage. La première chambre qui leur fait face est à l'image du reste de la maison : immense et décorée avec goût. Les murs sont clairs, peu chargés en cadres. Les fenêtres sont bordées de rideaux verts. Deux fauteuils sont installés dans un coin de la pièce, autour d'une petite table.

- C'est bien plus beau que ce qu'on avait au Capitole, remarque le jeune chasseur.

- Vraiment ?

- Oui, là-bas, tout était trop tape à l'œil, trop coloré, trop tout. Ici, c'est plus sobre. Et tant mieux.

Octavia sourit, jusqu'à ce que son regard semble capter quelque chose. Elle contourne le grand lit en fer forgé qui trône au milieu de la pièce et s'approche de la table de chevet.

- Tiens, visiblement, ils ont décidé que ce serait ta chambre, lance sa sœur en lui montrant le petit ruban bordeaux qui est posé sur le meuble.

- Mais non, je ne…

Octavia ne l'écoute pas et, sans le laisser finir sa phrase, se précipite vers une porte au fond de la pièce. Bellamy attrape le ruban et le glisse dans sa poche, avant de la rejoindre. Il atterrit dans une sorte de dressing, qui rassemble les vêtements qu'il a porté depuis la Moisson jusqu'à son retour ici – tenues de parade, d'interview et d'arène exclues. Il retrouve notamment le pantalon gris foncé et un tee-shirt bleu marine qu'il avait mis dans le train pour se débarrasser de sa tenue de Moisson, mais aussi la combinaison noire et bleue qu'il avait pour l'entraînement et qu'il aura du mal à remettre dans la vie de tous les jours.

- Tu vois que c'est la tienne !, assure Octavia en souriant. Viens, continuons la visite.

Ils retournent vers la chambre, qu'ils traversent jusqu'à une autre porte, qui donne sur une spacieuse salle de bains blanche et bleue, dotée de grands miroirs. De nombreux produits de soins et de toilette sont posés sur les meubles, tandis que des serviettes aux couleurs de la pièce pendent sur un séchoir.

- Il y a une douche et une baignoire !, s'écrie la sœur de Bellamy.

Ce dernier fait tourner le robinet du lavabo et passe un doigt prudent sous le filet d'eau.

- Et en plus, c'est chaud…, sourit-il.

Octavia pousse un cri de joie et se jette dans les bras de son frère.

- Bell', je vais pouvoir prendre UN BAIN ! Un vrai bain, chaud, avec des savons qui sentent bon et de la mousse !

Le jeune homme éclate de rire en voyant sa petite sœur si joyeuse. Ils n'ont pas eu une vie facile, ils n'ont jamais connu le luxe. Alors il est content de pouvoir lui offrir ça. Toujours au premier étage, ils découvrent une autre chambre, plus petite, qui semble permettre d'accueillir des invités.

- On monte au deuxième, Octavia ?, propose le tribut. Tu trouveras sûrement ton bonheur là-haut.

En effet, à l'étage, une grande chambre semble avoir été créée et décorée spécialement pour sa petite sœur. Des murs gris clairs, de la literie et des rideaux bordeaux, une coiffeuse, un immense placard… Quand Octavia ouvre ce dernier, elle pousse un cri de surprise.

- Bellamy, ils ont mis des choses dedans.

En effet, la penderie est pleine de nombreux vêtements que le jeune homme n'a jamais vus. Et qui sont, heureusement, bien différentes des tenues du Capitole. Pas de transparence ou d'habits outrageants. Des robes simples, des pantalons bien taillés, de jolis tee-shirts. Et, au milieu de tout ça, une petite note, signée de la main du styliste de Bellamy.

« En espérant que tout ça plaise à la plus mignonne des petites sœurs.

Au plaisir de te rencontrer.

Ulysse. »

- Oh, Bell', ton styliste est vraiment adorable !, s'exclame la jeune fille.

Le tribut acquiesce, un grand sourire aux lèvres. La salle de bain privée pour la chambre d'Octavia, colorée en rose et blanc, est également dotée d'une baignoire et de nombreux produits, pour la plus grande joie de la jolie brune. Ils continuent la visite du deuxième étage, qui comporte une autre chambre d'amis et une salle de bain pour les invités.

- Et bien, ça fait quand même une sacrée maison, souffle Octavia.

- En effet.

Bellamy sait que, d'un côté, il devrait s'en vouloir de bénéficier d'autant de richesses parce qu'il a commis autant de meurtres. Mais voir le bonheur de sa sœur efface en partie ses remords.

- On redescend ?, propose la jeune fille. J'ai repéré des feuilles de thés dans la cuisine, j'ai vraiment envie de goûter !

Main dans la main, les Blake retournent au rez-de-chaussée. Le tribut fouille dans les placards, à la recherche d'une casserole, qu'il remplit d'eau, avant de la poser sur le réchaud. Octavia, elle, sort plusieurs paquets de thés, qu'elle étudie attentivement, avant d'en choisir un parfumé à la poire. Elle place délicatement des feuilles dans un sachet, qu'elle pose au fond de la théière blanche dénichée dans les armoires. Bellamy y ajoute l'eau chaude et pose la théière, ainsi que deux tasses, sur la table de la cuisine. En attendant que le thé infuse, le jeune homme fouille dans sa poche pour y attraper le petit ruban bordeaux, qu'il tend à sa sœur.

- Tiens O', il est à toi.

- Mais je te l'ai donné !, proteste sa petite sœur.

- Je te l'avais offert en premier, sourit Bellamy.

- Bon..., concède Octavia en se saisissant du morceau de tissu.Est-ce que j'ai le droit de le laver ?

Le jeune homme éclate de rire. C'est vrai qu'après deux semaines dans l'arène, le ruban n'est plus très net.

- Bien sûr. Et si la boue ne part pas, je t'en achèterai un autre.

- Je préfère garder celui-là, assure la brune.

Bellamy sourit et remplit leurs deux tasses de thé. En regardant sa petite sœur souffler sur la boisson brûlante, il retrouve vite son sérieux.

- O', je suis désolé, souffle-t-il au bout d'un moment.

- De ?, répond distraitement Octavia.

- De risquer ta vie.

- Tu dis ça pour la décision que tu as prise à la fin des Jeux ?

Le jeune homme hoche doucement la tête, tandis que sa sœur repose sa tasse sur la table, pour prendre ses mains dans les siennes.

- Je n'ai pas envie que tu m'en veuilles.

- Je ne t'en veux pas. Tu as eu raison de faire ce choix, assure-t-elle.

- Tu le penses vraiment ?

- Je ne sais pas si, après ta victoire, tu as pu voir l'interview que le Capitole a fait de Lincoln et moi, quand tu étais dans l'arène ?

Le tribut secoue la tête en signe de négation.

- Leurs journalistes nous ont demandé ce que tu ferais si tu avais le choix entre sauver Clarke et me sauver moi.

Bellamy déglutit en baissant les yeux.

- Et qu'est-ce tu as répondu ?

- Que tu trouverais un moyen de nous sauver toutes les deux. Et c'est ce que tu as fait. Clarke est de retour avec toi au district douze. Et je suis encore en vie. J'ai peu de chance d'être moissonnée. Et si ça arrive, je sais que je vais avoir des mentors géniaux, qui me feront gagner.

Le jeune homme frissonne à l'évocation d'une possible Moisson de sa petite sœur, mais quand il relève la tête, il croise son regard déterminé.

- Tu as peut-être raison.

- Bell', de toute façon, je préfère mille fois prendre ce risque que de voir ton existence foutue parce que tu as tué l'amour de ta vie, reprend calmement Octavia.

- Elle n'est pas l'amour de ma vie, proteste faiblement Bellamy.

- Bon, c'était une façon de parler, vous n'en êtes effectivement pas encore là. Moi ça se voit comme le nez au milieu de la figure que tu en pinces pour elle. C'est d'ailleurs autre chose que Lincoln et moi avions dit lors de l'interview. Que, déjà avant la Moisson et les Jeux, on avait senti qu'elle te plaisait, mais que tu n'osais pas en parler. Que tu étais toujours un peu plus joyeux que de raison quand tu revenais d'une vente chez elle.

- Mouais, vous en avez toujours trop fait sur ce sujet.

- Bell'…

Le jeune homme retire sa main droite de l'étreinte de sa sœur, pour se gratter nerveusement les cheveux.

- De toute façon, elle, elle n'a rien dit là-dessus, réplique-t-il en bougonnant.

- Parce que ça ne regarde que vous, répond Octavia avec sagesse. Et pas tous les spectateurs de Panem, qui vous regardaient à la télévision pendant les Jeux et qui en avaient assez vu.

- Hmm…

- Tu comptes pour elle. N'en doute pas.

Le tribut acquiesce sans un mot et se concentre sur sa tasse, pour ne pas avoir à soutenir le regard de sa petite sœur. Ils boivent leur thé en silence, jusqu'à ce que Bellamy le brise.

- Demain matin, tous les deux, on passera voir Lincoln chez lui, d'accord ?

- Pourquoi on ne lui dirait pas plutôt de venir ici ?, s'enquit Octavia.

Le jeune homme lui adresse un sourire et lui explique ce qu'il a en tête.


- Lincoln, tu peux descendre s'il-te-plaît ? J'ai besoin de toi !

La voix de Géralda, sa mère, qui a passé la tête par la porte, tire Lincoln de son sommeil. Il se redresse et vérifie que ses trois frères – avec lesquels il partage sa chambre – dorment toujours. Nyko, Ryder et Aden, le petit dernier, sont encore dans les bras de Morphée. Le jeune homme sort de la pièce et embrasse sa maman sur la joue. Il descend les escaliers étroits à sa suite et arrive dans ce qui tient lieu de cuisine, salle à manger, salon et chambre pour sa mère.

- Est-ce que tu veux bien m'aider à préparer le petit-déjeuner, s'il-te-plaît ?, lui demande-t-elle. Tes sœurs ne vont pas tarder à se réveiller et tu les connais…

La remarque fait sourire le jeune homme. Ses deux petites sœurs, Amanda et Kenza, sont toujours affamées le matin.

- Pas de problème, maman.

Le petit ami d'Octavia s'assied sur l'un des bancs qui bordent leur table de cuisine et s'applique à découper le pain en sept tranches égales. Il emballe le reste de la miche dans une serviette et la range sur l'étagère derrière lui. Il se saisit par la même occasion de quelques fruits, qu'il épluche soigneusement, avant de les répartir en sept portions, auxquelles il ajoute des amandes.

- Il y en a assez ?

- C'est parfait Lincoln, merci beaucoup. Maintenant, est-ce que tu peux aller chercher du bois dans la réserve, s'il-te-plaît ? On va en manquer pour la cuisson.

- À ton service, m'man.

Le jeune homme attrape le panier à bois à côté du foyer de la cheminée et sort de leur petite maison. Il la contourne pour rejoindre la réserve, où ils stockent leurs bûches. Lincoln a l'habitude de ce genre de tâches. Du haut de ses 16 ans, il est l'aîné de la famille – Nyko a 13 ans, Ryder en a 12, Amanda et Kenza, les jumelles, en ont 10, et Aden est âgé de 6 ans. Leur père est décédé il y a cinq ans, dans un accident à la mine, où il travaillait. Depuis, Lincoln aide sa mère à s'occuper des petits. Et ils tiennent le coup tant bien que mal, dans cette petite demeure bien trop étroite pour sept personnes, avec le maigre salaire de lavandière de Géralda Woods.

Une fois son panier chargé de bois, le jeune homme retourne vers l'entrée de la maison, mais s'arrête quand il remarque deux silhouettes qui traversent la Veine en direction de leur demeure. Il les reconnaîtrait entre mille. Octavia et Bellamy. Tous deux lui adressent un grand sourire, alors qu'il pose son panier sur le perron pour aller à leur rencontre. Il prend sa petite amie dans ses bras et l'embrasse tendrement, avant d'échanger une franche poignée de main avec Bellamy.

- Qu'est-ce que vous faites ici de si bonne heure ?, demande Lincoln.

- On aimerait voir ta mère, si ça ne te dérange pas, lui explique le frère d'Octavia.

- Ma mère ?, répète le jeune homme.

Les Blake hochent la tête avec une coordination parfaite, sans se défaire de leurs sourires.

- Entrons alors, leur propose Lincoln.

Il récupère le panier de bois et ouvre la porte, laissant Bellamy et Octavia le suivre à l'intérieur.

- Bonjour Géralda !, lancent-ils d'une même voix.

- Octavia ! Bellamy ! Quelle bonne surprise !

La mère de Lincoln les prend tous les deux dans ses bras. Elle a toujours eu beaucoup d'affection pour ces orphelins.

- Comment allez-vous ? Oh Bellamy, tu ne peux pas savoir à quel point je suis contente de te voir ici. Et à quel point je suis reconnaissante de ce que tu as fait pour Lincoln. Personne d'autre que toi n'aurait été assez généreux pour faire ça.

- Ou assez fou, glisse Lincoln.

Sa mère secoue la tête en levant les yeux au ciel et ramène ses cheveux noirs en une queue de cheval.

- Vous voulez quelque chose à manger ?, leur propose-t-elle en leur faisant signe de s'asseoir autour de la table.

- Non, non, merci madame Woods, refuse Bellamy. Nous avons déjeuné chez nous.

- Alors, qu'est-ce qui vous amène ici, tous les deux ?

- Nous avons quelque chose à vous proposer, explique le tribut. En raison de ma participation aux Hunger Games…

- De ta victoire, le corrige Octavia.

- En raison de ma victoire aux Hunger Games, reprend Bellamy, j'ai maintenant le droit d'habiter dans le Village des vainqueurs. Octavia et moi avons découvert notre nouvelle maison, hier soir. Et force est de constater qu'elle est beaucoup trop grande pour nous deux. Alors, si vous le voulez, nous nous proposons d'accueillir Lincoln chez nous. Octavia et lui passent de toute manière la plupart de leur temps ensemble. Et au moins, ça vous libérerait de la place dans votre maison.

Les yeux de Lincoln s'écarquillent de surprise. Il ne s'attendait pas du tout à cela.

- Mais… C'est autorisé ?, demande prudemment le jeune homme.

- Marcus Kane nous a dit qu'on pouvait s'organiser comme on le voulait, lui sourit Octavia.

- Et comme la nouvelle maison est complètement meublée et équipée, vous pouvez même récupérer ce qu'il reste dans notre ancienne. D'ailleurs, nous y passons juste après, on pourra commencer à vous ramener quelques meubles et nos réserves de bois.

La mère de la famille Woods semble elle aussi sous le choc.

- Bellamy…, murmure Géralda au bout de quelques secondes, en attrapant les mains du tribut. Tu as sauvé la vie de Lincoln lors de la Moisson. Et maintenant, tu nous proposes ça. Tu lui offres une existence plus confortable. Comment est-ce que je peux te remercier ?

Le chasseur esquisse un sourire gêné.

- En disant oui.

- Mais, maman, tu es sûre que ça ne te pose pas de problème ?, intervient Lincoln, circonspect. Comment est-ce que tu vas t'occuper de la maison et des petits ?

Il se sent soudain coupable de laisser sa mère seule avec cinq autres enfants à gérer au quotidien.

- Ryder et Nyko pourront m'aider. Ils sont plus vieux que tu ne l'étais à la mort de ton père.

- Et nous passerons régulièrement vous apporter de quoi manger, reprend Bellamy. Je vous le promets.

Lincoln lève un regard reconnaissant vers le frère de sa petite amie. Il échange un sourire avec lui, en guise de remerciement.

- Maman, j'ai faim, crie une petite voix depuis l'étage, les interrompant.

- Kenza est réveillée, visiblement, constate madame Woods.

Et vu l'appétit de la petite sœur de Lincoln, c'est synonyme de petit déjeuner imminent.

- Lincoln, tu veux bien aller dire à tout le monde de se lever, s'il-te-plaît ?

- Je vais y aller, Géralda, propose Octavia en se mettant debout, avant de se diriger vers les escaliers.

Le jeune homme sourit. Sa petite amie adore ses frères et sœurs. Lincoln, sa mère et Bellamy discutent un moment, des Jeux, de leur nouvelle maison, jusqu'à ce qu'Octavia fasse son retour dans la pièce. D'une main, elle tient Aden, le seul blondinet de la famille, et de l'autre, Kenza, avec ses bouclettes brunes. Sa jumelle Amanda, aux longs cheveux lisses, suit juste derrière. Ryder et Nyko ferment la marche, visiblement mal réveillés. Le premier n'arrête pas de se frotter les yeux, tandis que le second ne masque pas ses bâillements.

- N'allez pas me dire que vous êtes fatigués les garçons, vous avez dormi plus que de raison !, leur lance leur mère.

- Moi je ne suis pas fatiguée, mais j'ai faim, maman, réplique Kenza.

- Moi aussi maman !, renchérit Amanda. Dis, est-ce qu'on peut avoir des noix ou des amandes pour le petit déjeuner ?

- Il y a des amandes, ma chérie.

- Ouiii !, s'écrit Amanda, en claquant dans la main de Kenza.

Lincoln les contemple avec un sourire attendri. Non pas qu'il soit mécontent d'habiter chez les Blake. Mais ce genre de scènes va lui manquer au quotidien.

Quoi que, entre Octavia et Bellamy, il y a aussi de quoi faire.


Clarke jette un coup d'œil à la montre de son père. 14h. Wells et Finn ne vont pas tarder à arriver. Ce matin, elle a utilisé le téléphone flambant neuf de sa maison pour les inviter à passer chez elle pour prendre le thé. Elle a besoin de voir des visages familiers dans son nouveau domicile. La veille, seule, elle n'a fait qu'une visite rapide de la demeure – appréciant toutefois la décoration, bien qu'elle trouve l'ensemble beaucoup trop vaste pour une seule personne. Elle a ensuite eu du mal à trouver le sommeil, elle qui s'était plutôt habituée à dormir dans les bras de Bellamy. Ou sous sédatifs, à la sortie de l'arène.

Pour la quinzième fois, Clarke arrange les tasses et les petites cuillères posées sur la table basse de son salon. Elle veut que tout soit parfait pour ce premier moment « normal » passé avec ses meilleurs amis. La blonde met de l'eau à bouillir, histoire qu'elle soit chaude quand Wells et Finn arriveront.

Elle fouille ensuite dans les placard de la cuisine et dégotte une boîte de biscuits – très semblables à ceux qui étaient servis au Capitole au moment du dessert – et des fruits secs. Elle les place dans deux bols, qu'elle dispose près des tasses, ainsi qu'un pot rempli de cubes de sucre. La jeune fille se relève et admire l'ensemble. Elle est interrompue dans sa contemplation par le bruit de la sonnette, qui résonne pour la première fois dans l'habitation. La tribut se précipite vers la porte d'entrée, qu'elle ouvre avec empressement.

- Oh, doucement Clarke !

- Wells, s'exclame la tribut en sautant dans les bras de son meilleur ami. Je suis contente de te voir.

Le jeune homme éclate de rire en serrant la blonde contre lui.

- Je te rappelle qu'on s'est vus hier soir.

- Oui, mais ce n'était pas pareil, réplique-t-elle en se détachant de lui et en l'entraînant à l'intérieur de la maison. Il y avait du monde, du bruit et Keenan Mykulak nous a interrompus.

- Et c'est vrai que ce qu'elle t'a demandé de faire a été une réelle corvée pour toi…, sourit le fils de Thélonious en faisant allusion à son tour de danse avec Bellamy.

Clarke lève les yeux au ciel et l'invite à s'installer dans l'un des canapés.

- Qu'est-ce que tu veux comme thé ?, lui demande-t-elle pour changer de sujet.

- Peu importe, tu n'as qu'à choisir ce que tu préfères.

La jeune fille esquisse un sourire. Elle savait qu'il dirait ça. Wells fait toujours passer les envies de ses amis avant les siennes. Elle récupère l'eau chaude et place des feuilles de thé à la cerise dans la théière, qu'elle remplit ensuite du liquide brûlant, avant de la ramener au salon.

- Je suis passé chez Finn pour qu'on fasse la route ensemble, mais il m'a dit qu'il arriverait un peu plus tard, indique le fils du premier conseiller. Ses parents avait besoin de lui pour je ne sais quoi.

- De toute façon, il est toujours en retard, réplique malicieusement Clarke.

- C'est vrai… En tout cas, c'est vraiment une sacrée demeure que tu as là !, s'enthousiasme Wells en détaillant du regard la décoration de la pièce.

- Oui… Un peu trop grande à mon goût, mais bon.

- En effet. Mais pourquoi tu ne partages pas une maison avec Bellamy et sa sœur ? Je pensais que c'était comme ça que ça allait se passer.

La blonde hausse les épaules, avant de remplir les deux tasses de thé.

- Je ne sais pas, il ne me l'a pas proposé et je n'ai pas eu envie de m'imposer.

Wells glisse un cube de sucre dans sa boisson chaude, qu'il mélange avec une cuillère.

- Bon, et alors, comment c'était en mon absence ?, demande Clarke, impatiente.

- Au district ?

- Évidemment !

Elle meurt d'envie d'avoir une discussion normale, qu'une adolescente normale de son âge pourrait avoir avec son meilleur ami. Mais ce dernier se mordille la lèvre supérieure, visiblement gêné.

- C'était… Compliqué…

- Compliqué ?, répète la jeune fille. C'est à dire ?

- Disons que Finn a un peu pété les plombs, il a…

La sonnerie du téléphone interrompt Wells.

- Oups, désolée, je vais répondre, s'excuse la jeune fille avant de se diriger vers le combiné, qu'elle décroche. Oui ?

- Clarke, ma chérie ?, entend-t-elle à l'autre bout du fil. C'est Keenan !

- Keenan ?! Comment allez-vous ?

- Très bien, je te remercie, répond l'hôtesse d'un ton guilleret. Je viens de rentrer chez moi et je voulais m'assurer que vous étiez bien installés. J'ai essayé d'appeler Bellamy, mais il n'a pas répondu, j'ai supposé qu'il était chez toi.

- Non non, il n'est pas ici. Il doit être sorti.

- Bon, ce n'est pas grave, je lui téléphonerai plus tard. Alors, comment trouves-tu ta maison ?

- Très belle. Et très très grande.

- Mais oui oui oui, absolument, radicalement, c'est superbe !, enchaîne Keenan. Et puis, avec tout l'argent qui vous est garanti à vie, Bellamy et toi allez pouvoir acheter tout ce que vous voulez dans les commerces de votre district ! Bien sûr, ça ne vaut pas le Capitole, mais je suis sûre que certains commerces ne sont pas trop mal. Et pas trop couverts de suie.

Clarke secoue la tête et ne peut s'empêcher de pouffer.

- Mais en tout cas, je prendrai soin, avec Héra, de t'envoyer quelques jolies tenues de temps en temps !, continue l'hôtesse. J'imagine qu'il y a pas beaucoup de boutiques de vêtements chez vous.

- En effet…, sourit la jeune fille. Keenan, je suis désolée, mais je dois vous laisser. Mon ami Wells est chez moi.

- Pas de problème, ma chérie. N'hésite pas à m'appeler !

- Promis. À très bientôt, conclut-elle avant de raccrocher.

Elle retourne s'asseoir dans le canapé qui fait face à Wells et pousse un soupir fatigué.

- C'était ton hôtesse ?

- Tout à fait. Qui n'avait rien d'important à me raconter. Alors continue ce que tu me disais sur Finn. Pourquoi est-ce qu'il a pété un plomb ?

À nouveau, son meilleur ami semble hésiter, chercher ses mots.

- Il a plutôt mal vécu ton départ, lâche-t-il finalement en faisant tourner le biscuit qu'il tient entre ses mains. Mais aussi de te voir te rapprocher de Bellamy Blake.

Clarke ouvre grand les yeux, estomaquée.

- Sérieusement ? Mais parce qu'il vient de la Veine ?

- Clarke… Tu n'as jamais remarqué que Finn a toujours un faible pour toi ?

La jeune fille sent sa lèvre inférieure trembler, sans qu'elle ne puisse la contrôler

- Jamais, peine-t-elle à articuler.

- Peut-être parce que tu ne l'as jamais envisagé de cette manière ?

- Sans doute, murmure la blonde.

Elle qui voulait une discussion calme et normale, c'est plutôt raté. Pour se donner une contenance, elle attrape un fruit sec, qu'elle avale immédiatement.

- Toujours est-il que son attitude m'a agacée, reprend Wells. Je trouvais qu'il n'avait pas le droit d'être jaloux d'un quelconque début d'histoire entre Bellamy et toi, alors que vous étiez tous les deux dans une galère sans non.

- Oui…, admet faiblement Clarke.

- Mais il a finalement compris qu'il a été stupide. Il s'est excusé. Et je pense qu'il s'est fait une raison te concernant. Alors s'il-te-plaît, fais comme si tu ne savais rien.

- Promis.

- Super. Je pense qu'il me tuerait qu'il apprenait que je t'en ai parlé.

- Ne t'inquiète pas, je garderai le secret. Mais, vraiment ? Il avait un faible pour moi ?!

Son meilleur ami acquiesce, avant de croquer dans son biscuit.

- Mais pourquoi il ne m'a jamais rien dit ?

- Parce qu'il ne sait pas s'y prendre avec les filles. La dernière – et la seule – qu'il a embrassé, c'est Raven Reyes.

- Il avait 7 ans, réplique la blonde.

- Qu'est-ce que je te disais…

Pour la deuxième fois de la matinée, la sonnette de la nouvelle maison de Clarke retentit. La jeune fille se lève et ouvre à Finn, qui lui adresse un grand sourire.

- Salut Clarke !

« Rester normale, rester normale, rester normale... », pense l'apprentie médecin.

- Tu vas bien, Finn ?

- Parfaitement !

Il s'approche d'elle et la serre brièvement dans ses bras, avant de rentrer à sa suite dans la maison. Il rejoint Wells dans le canapé, lui donnant une tape sur l'épaule au passage.

- Merci pour l'invitation, Clarke, je suis content de découvrir ton nouveau chez-toi !, s'enthousiasme le jeune homme. Je n'étais jamais entré dans le Village des vainqueurs, les maisons sont impressionnantes. Par contre, je suis désolé, mais je ne vais pas pouvoir rester très longtemps.

- Et pourquoi ça ? Qu'est-ce que tu as le mieux à faire ?, le taquine le fils de Thélonious.

- Je dois voir… Quelqu'un…

- Ohhh, s'exclame Clarke. Quelqu'un ou… Quelqu'un ?

Finn s'éclaircit la gorge, sans pour autant répondre.

- Je pense ne pas me tromper si je dis qu'il s'agit d'une fille, sourit Wells.

- RAVEN REYES ?!, s'écrit la tribut.

Le fils Jaha éclate de rire.

- Hein ? Quoi ? Mais non ! Pourquoi Raven Reyes ?, demande Finn.

- Je ne sais pas, c'est le premier nom qui m'est venu à l'esprit.

- Elle vient de la Veine, grimace-t-elle.

- Arrête avec ça, réplique sèchement Clarke. On s'en fiche. Elle est super belle et très intelligente. Bien plus que toi.

- Touché, rigole Wells.

- Bref, non, ce n'est pas elle, grommelle le jeune homme. C'est Fox.

- Fox ?! Comme Fox, la fille des vendeurs de tissus ?, s'enquit la blonde.

- Exactement.

- Et de toute façon, Clarke, Raven Reyes n'est plus disponible, intervient le fils de Thélonious.

- Ah bon ?

- Elle est avec John Murphy, depuis quelques temps…

- QUOI ? Mais j'ai raté beaucoup trop de choses ! Il faut que vous me racontiez !

Clarke va l'avoir, sa discussion normale, entre des adolescents normaux.


Bon… Alors je sais, il n'y a pas de scènes Bellarke dans ce chapitre. Mais je n'avais pas envie qu'ils se sautent dessus à peine rentrés au district douze. Je voulais qu'ils retournent progressivement à leurs familles et amis avant de se retrouver. Mais ne vous inquiétez pas, ils ne vont pas faire comme Katniss et Peeta, à ne plus s'adresser un mot. Ils vont se voir dans le prochain chapitre ! :)

Sinon, qu'avez vous pensé de la maison des Blake ? En écrivant les descriptions, j'avais envie de me remettre à jouer aux Sims pour la créer ahah J'espère que vous avez aimé le petit passage sur Lincoln et sa famille, ainsi que la proposition que leur fait Bellamy. Et que vous inspire la conversation entre Clarke et Wells ?

J'attends vos avis ! Je vous l'ai dit en début de chapitre et je suis désolée de me répéter, mais c'est vraiment important d'avoir des retours sur son travail. Alors prenez deux minutes pour laisser une review :)

Par ailleurs, mon amie AmandineH m'a fait un joli cadeau, en réalisant un vidding crossover entre The 100 et The Hunger Games, parce qu'elle sait que j'adore les deux héhé L'histoire n'est pas tout à fait la même que celle de cette fiction et il est vraiment bien fait! Vous pouvez le trouver sur Youtube, le titre est : « The 100/The Hunger Games – Light them up ». Bon visionnage :)

Ah et j'ai oublié de vous le dire lors de la publication du chapitre précédent, mais l'année prochaine, je participe à deux conventions sur la série : We are Grounders à Toulouse et la Space Walkers de Paris. Je vais pouvoir rencontrer les acteurs et notamment Ricky Whittle, ainsi que voir plein d'amies de Twitter, je suis vraiment impatiente. Et au fait, vous pouvez me trouver sur Twitter, sous le nom estellecht. :)

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui :) J'essaye de vous publier bientôt la suite, avec des moments Bellarke ! N'oubliez pas la petite review... (Moi, forceuse ? Noooon.)

Plein de bisous et bon courage à ceux qui passent le bac ou d'autres examens !

Estelle