Chapitre 36 : Noel…

Les derniers jours de décembre s'égrainèrent bien vite. On voyait des elfes de maison apparaitre et disparaitre plus que de coutume, le palais se nettoyer de fond en comble, les décorations de noel remplir l'espace morne et solitaire que fut le manoir. Les décorations, aussi somptueuses soient elles n'étaient pour Maria que peu de choses, de même que ce noël passé en compagnie de quasi inconnus. Elle reconnaissait tous les efforts que miss Leta faisait pour elle, son cousin et accessoirement Tom, faisant en sorte que l'on croit ce noël comme n'importe quel autre, mais c'était inutile. Tout le monde était conscient du changement, qu'il n'y aurait plus un seul noël de certain, car Grindelwald avait semé le doute dans la société sorcière, remis en questions leurs certitudes, leur soit disant protection due par le ministère.

Si rien ne changeait, la panique risquait de s'installer et plus personne ne respecterait le système mit en place par la société et le chaos était ce que ce mage noir désirait par-dessus tout.

Mais bon…inutile de s'en inquiéter pour le moment. Maria avait mieux à faire et pour l'heure elle se fichait bien d'un sorcier qui aurait fait exploser le ministère. Son souci, c'était les Grey et ce qu'ils prévoyaient de lui faire subir. Et s'il n'y avait que ça… Il y avait aussi ce texte indéchiffrable que lui avait donné olivender deux semaines plus tôt, une sorte de conte de fée pour sorcier, la reine des neiges, il lui semblait…

Elle avait cherché des livres pour apprendre à déchiffrer les runes anciennes, mais ce n'était pas donné à tout le monde et elle n'allait pas déranger le professeur Black alors qu'il était encore malade…

Maria regarda avec insistance l'édition moldue du conte qu'elle avait achetée et prit comme base de recherche. La Reine des neiges d'Hanz Christian Andersen, le dernier ouvrage qu'il aurait écrit avant de succomber dans des circonstances tragiques… Elle avait lu le texte qui était répartit en sept histoires, il était question d'un miroir crée par le diable capable de transformer le bon en mauvais. Un jour, le miroir se brisa et les fragments partirent hanter le monde. L'un d'eux alla hanter un garçon et le fit devenir mauvais. Il abandonna son amie et partit avec la reine des neiges. C'est alors que commença la quête de la jeune fille pour le retrouver. Elle parcourut le monde et croisa toute sortes de personnes bonnes ou mauvaises et finit en Laponie devant le château de la reine des neiges. Elle retrouva son ami disparu mais il était gelé et prisonnier des glaces. Alors il est dit que l'amour de la jeune fille pour le garçon fut tel que ses larmes eurent le pouvoir de le libérer des glaces et des ténèbres et qu'ils purent repartir chez eux, vive une vie heureuse loin du palais des glaces.

C'était censé être l'histoire moldue… Mais ça semblait assez différent de l'histoire sorcière… ou du peu qu'elle avait réussi à déchiffrer en deux semaines. Elle n'en était qu'au début de la première histoire et encore elle n'était pas vraiment certaine de sa traduction…

« Il était une fois aux temps des rois et de la chevalerie, l'histoire d'un prince déchu et d'une belle guérisseuse vivant aux abords d'une forêt verdoyante. L'un se nommait Mordred et l'autre Aélis. Suite à une malédiction, le prince Mordred fut banni de Cammelot et laissé pour mort dans la forêt car tous le disaient fourbe et sournois. Sa naissance ayant été une honte pour la famille royale qui ne cessa de vouloir sa mort. Il fut sauvé par une jeune sorcière du nom d'Aélis et se prit d'amour pour elle. Cachés dans la foret qui les protégeaient du reste du monde encore en guerre, ils vivaient heureux à cultiver des plantes et à chasser du gibier. La guerre durait depuis tellement longtemps qu'aucun d'eux ne se risquait à vouloir quitter la forêt pour rejoindre les siens et affronter la possible réalité. Mais un jour, la guerre cessa et Mordred apprit que sa toute puissante mère avait perdu face au grand Merlin et que désormais il était en danger. On racontait que le corps de Morgane avait été détruit, mais que son âme subsista et se divisa en une multitude d'étoiles qui vinrent se perdre dans l'immensité du monde rendant nombre d'objets diaboliques. Une de ces étoiles arriva jusqu'à Mordred et le changea. Il quitta Aélis et l'abandonna dans la forêt. Mais elle aimait Mordred et attendait un enfant de lui. Pour elle, peu lui importait le prince ou le démon qu'il aurait pu être avant, ce temps qu'ils avaient passés ensemble dans ces bois tandis qu'ils fuyaient la guerre n'était peut-être qu'une illusion cruelle, mais Aélis y croyait. C'est pourquoi elle commença elle aussi son aventure. Mordred courrait le monde à la recherche des étoiles de sa mère dans le but de devenir plus puissant et de se venger alors qu'Aélis emprunta le même chemin pour retrouver son aimé dans le but de le faire revenir chez eux et pour vivre une vie normale. Tel fut ainsi leurs souhaits»

- Gamine… si je suis obligé de participer à cette fête stupide, comptes sur moi pour t'y trainer aussi…

Elle rangea ses notes et se retourna pour observer avec surprise son protecteur magique dans l'encadrement de la porte.

- Combien serons-nous aujourd'hui ?

- Assez peu, nous fêterons le réveillon en famille proche donc il n'y aura pas grand monde. Cependant, ce ne sera pas le cas pour la grande soirée du nouvel an qui sera organisée au manoir Malfoy et où nous serons tous obligés de nous rendre.

- N'y a-t-il pas autre chose de prévue avant ? Miss Leta m'avait dit qu'elle organisait une fête de noel ici…

- Ah oui…celle-là… Puisque je n'y assisterai pas je l'avais oublié. Le 27 décembre se tiendra dans ce palais une fête qui est sensé te présenter à la société sorcière anglaise. Des représentants des familles les plus importantes vont te souhaiter un joyeux noel et tenter de se rapprocher de toi. Je ne serais pas là pour te protéger gamine, alors sois bien prudente.

- Mais où irez-vous ?

- En France. L'aide que tu m'as apporté concernant Lagirouette est très précieuse. Mais maintenant c'est à mon tour d'enquêter et de savoir comment ce sorcier a pu se retrouver à Poudlard et pourquoi il a quitté la France.

- J'espère que vous y parviendrez professeur.

Le noel en famille fut… étrange. En premier arrivèrent monsieur et madame dragonneau, un homme sec et taciturne habillé sobrement dans des robes de laine grise et ne parlant que lorsqu'il y était obligé, puis de sa femme, une sorcière très bavarde coiffé d'un chapeau orné de plume d'hypogriffes et qui n'arrêtait pas de vanter les mérites de son élevage qui était de première qualité. Ils semblaient très fier de leur fils ainé qui était devenu le chef du bureau des aurores à un si jeune âge et qu'il ait épousé une belle sorcière au nom prestigieux. Après les avoir salués, ce fut aux enfants de la maison de faire leurs salutations, même si aucun d'eux ne les connaissaient vraiment. Brutus marmonna des phrases peu compréhensibles et repartit très vite jouer ses sales tours aux elfes de maison, Tom inclina simplement la tête et Maria ne put que se présenter avec grâce, d'un sourire contrit. Pour une raison qu'elle ignorait, la mère de Thésee Dragonneau semblait s'être prise d'affection envers elle et ne semblait plus vouloir la quitter de la soirée. Maria la trouvait chaleureuse, mais très envahissante. S'en suivit l'arrivée trébuchante de Norbert Dragonneau qui s'excusa du retard puis de la présence inexpliquée de leur voisin, ce cher Sherlock Holmes qui prétextait ne plus avoir de whiskey pur malte chez lui et qu'il se désespérait de passer les fêtes seul…

Peu de temps après, il arriva une vieille femme âgée de la cinquantaine, droite comme un i, un chignon roux parsemé de mèches blanches sur le sommet de son crâne, vêtue d'une robe de velours vert glauque, d'un collier de perles et d'une broche en émeraude symbolisant un serpent avalant la lune. Bien que ce fût noël, cette femme avait le visage fermé et les traits tirés qui lui donnèrent un air assez impressionnant et froid.

Lorsqu'ils la virent, beaucoup se raidirent presque en détournant le regard. Même la fière et confiante Leta Lestrange évitait de regarder cette femme au visage froid.

Débarrassé de madame Dragonneau, elle rejoignit Tom à l'entrée pour saluer cette dame qui semblait être de la famille. Mais Brutus les rattrapa bien vite.

- Vous deux. Faites bien attention à ce que vous allez dire et faire en face de cette femme. Depuis que je suis sous la garde de Leta elle nous plombe tous nos noëls et nous enlève toute envie de nous amuser.

- Mais qui est ce ?

- Clarisse Lestrange, la belle-mère de ma cousine Leta. C'est la doyenne de la famille. On ne doit supporter sa présence qu'aux fêtes et c'est loin d'être un plaisir. Dans tous les cas faites attention, parce que cette dame est la sœur ainé de Iuris prince, le tyrannique professeur d'éthique sorcière de notre école. Expliqua Brutus.

C'est alors que cette femme dévisagea les enfants qui tentèrent de lui rendre son salut comme ils le pouvaient. Elle eut alors un rictus terrible en disant :

- Eh bien… Quel noël désordonné… Vous me décevez Leta. Epouser un fils d'agriculteurs pathétique et oser y exposer leur…criminel de fils…

- Norbert est un héros Clarisse ! répondit Leta. Il a démasqué Grindelwald et accompli de grandes choses ! Quand à mon choix marital…il ne vous concerne en rien !

- De toute façon, l'avenir de la noble famille Lestrange ne repose que sur ce jeune garçon. Fit elle en désignant Brutus. J'espère que lorsque tu seras assez mur et réfléchi, tu banniras cette traitresse de la famille qui ose mêler notre sang à ceux d'êtres peu recommandables.

Brutus ne dit rien et détourna le regard.

- Quant à vous… Que diable faites-vous ici, monsieur Holmes ? Encore à vouloir semer le trouble dans cette maisonnée ? Vous êtes la honte de la ville, à copiner avec des moldus ou des créatures hybrides et menaçantes… Sortez d'ici si vous avez un peu de respect pour notre famille monsieur !

- Mais… J'étais juste venu pour du whisky …

- Et vous monsieur Black ? N'avez-vous rien de mieux à faire que de roder autour d'un couple marié ? Quelle indécence !

- Je croyais que vous étiez contre ce mariage ? Railla Anoir. Et tenez au moins votre verve, ma chère, ne serait-ce que pour noel je vous prie, vous risqueriez d'effrayer ces enfants.

- Ces enfants ?

- Tom Jedusor et ma protégée, madame. Précisa-t-il froidement.

- Et qu'est-ce que ce sang de bourbe fait dans notre illustre maison ? S'il n'en tenait qu'à moi il serait écorché vif et pendu au bout d'une corde. S'exclama elle en sortant sa baquette.

Mais Maria se mit devant Tom et leva la sienne ce qui plongea la salle dans un silence d'effroi.

- Toi ! Tu oses !

- Je me fiche de qui vous êtes, commença Maria et de l'influence que vous avez ici, mais vous n'avez aucun droit sur nous. Tom Jedusor est un de mes précieux amis et si une vieille sorcière mal lunée et impolie ose lui faire du mal, alors ce sera elle qui se retrouvera au bout d'une corde puis jetée aux chiens.

- Maria ! s'écria Black.

Mais Maria n'avait pas l'intention d'abandonner. L'ambiance était festive jusqu'à ce que cette vieille démone arrive et insulte tout le monde, jusqu'à vouloir écorcher vif son ami. Son rang social était plus élevé que le sien et comparé à son nom, les Lestrange ne pouvaient faire que provinciaux.

Et plus Maria la regardait ouvertement, plus le visage de la doyenne Lestrange était livide. Il a fallu que Leta intervienne :

- Cet enfant est mon invitée. De même que son ami et Black.

- Je refuse de passer une minute de plus en compagnie d'une enfant aussi mal élevée.

- Dans ce cas je n'ai qu'à partir. Fit simplement Maria. Continuez de vous venter de la richesse de votre famille si ça vous amuse, mais moi aussi j'ai un palais à Londres et bien plus luxueux que celui-ci. Je ne suis venue ici uniquement que pour la gentillesse de mes hôtes. Mais il serait très mal poli que l'on parte en plein réveillon, quel honte cela serait pour ce qu'il reste des Lestranges…

- S'en est trop ! Qui es tu ?! J'exige de connaitre le nom de ta famille puisque tu te dis si fière !

- Clarisse, vous dépassez les bornes ! s'insurgea Leta

- Je ne pense pas non !

Maria eut un rictus sinistre tandis qu'elle se présenta avec grâce et hypocrisie devant une sorcière verte de rage dont toute la colère et l'orgueil s'envola lorsqu'elle entendit son nom…

- Je suis Maria Grey.

Loin de toutes ces esclandres, les convives finirent par prendre place autour de l'imposante table en chêne de la demeure. Toute querelle oubliée, les entrées et amuse-gueule servies détendirent d'atmosphère pesante qui régnait alors. On ne parla bien vite que du mariage entre Thésée et Leta qui aurait bientôt lieu et ravirait l'Angleterre. Puis après ça o discuta d'hypogriffe, de conditions d'élevage et puis d'animaux fantastique puis enfin des circonstances qui ont amenés Norbert à aller aux Etats Unis pour relâcher des animaux victimes de braconnages… Tout ce qu'il était possible pour détendre l'ambiance. Tu parles d'un noël !

Et puis soudain, Maria remarqua quelque chose d'étrange. Elle se tourna vers son voisin Brutus et lui demanda pourquoi les bouts de table qui étaient les places les plus importantes étaient laissées vides bien qu'on y ait disposé des assiettes et de la nourriture qui finirait gaspillée.

- Ne redis plus jamais ça, Grey ou madame Clarisse ne te le pardonnera jamais. Les places vides sont laissées à Corvus 4 et Corvus 5 Lestrange. L'époux et le fils de dame Clarisse. Son fils est mort il y a plus de 20 ans lors du naufrage du Titanic et elle est convaincue que Leta l'a tué. La mort de Corvus 5 est en partie responsable de la mort de son père qui devint fou après ça. C'est pour cette raison que Clarisse Lestrange vient à chaque fêtes et se comporte ainsi. C'est pour rappeler chaque année sa culpabilité à Leta et pour faire vivre ce fantôme.

A suivre…

Pour drou : Merci d'avoir réviewé et de trouver cette histoire intéressante. J'espère que je ne te perds pas trop avec toutes ces intrigues et ces personnages. Encore deux ou trois chapitres et Maria devrait retourner à Poudlard. Après ça, ce n'est qu'une question de chapitres avant la fin de la première année qui a duré….

Pour Shadow : Contente de voir que tu trouves le temps de lire ma fic malgré les tests et les révisions. Je pense avoir réussi mon dst, mais ce n'est que mon avis. Tant que j'ai la moyenne… bonne semaine à toi. Il risque de faire froid prochainement.

Et merci à tous ceux qui continuent de lire, ça m'encourage à continuer.