La mise en marche d'une fin inévitable :
Après l'incident de la chose fumée le lycée ferma quelque jours, le temps que la police, les experts de l'environnement et des envoyés spéciaux du gouvernement comprennent ce qui avait pu se passer. A mon grand soulagement personne ne savait ce que j'avais fait, tous croyaient à un gros orage qui aurait démoli la moitié des installations du terrain de sport.
Carlisle et les anciens du clan m'avaient interrogés de long en large sur la chose et les impressions qu'elle m'avait laissée… ils cherchaient à comprendre les sortilèges les autres clans. A mon plus grand désarrois je ne leur fus pas d'une grande aide.
Lauren changea… et sa haine envers moi disparut. Certes nous n'étions pas encore amies mais c'était un pas en avant. Elle ne me haissait plus, me vouait limite une dévotion malgré la jalousie que je voyais encore de temps en temps dans ses yeux.
Le lycée reprit finalement, et je me concentrais totalement sur mes exercices de magie avec Edward. J'avais fini par me faire à la dure réalité : j'étais la seule capable de mettre une fin aux massacres, la seule qui avait une puissance suffisamment grande pour se dresser contre la fameuse chef des clans adverses que l'on appelait Derilia. Il ne me restait plus qu'à trouver un moyen pour l'éliminer sans que le bain de sang ne soit ouvert entre notre clan et les siens…
Deux semaines après l'épisode du lycée et de ma soirée dans la cabane, Tyler eu 18 ans. Le clan célébra copieusement son anniversaire, probablement parce que tous savait la fin proche. Certes nous avions eu la paix, mais jusqu'à quand.
Tyler se lia avec Lauren, et finalement la cousine d'Edward finit par admettre qu'elle ne pouvait rien faire à ma présence dans le clan. Peut-être avait-elle comprit que je n'avais pas choisi tout ceci. Néanmoins sa liaison élimina un fardeau de mes épaules vu qu'elle finit par ne plus me contempler jalousement.
Malgré tout cela les jours s'enchainaient épuisants. Non seulement je me sentais prête à craquer entre le bac blanc qui approchait, les exercices constant avec les éléments et la certitude que je n'étais largement pas prête encore…mais en plus je me sentais prête à tomber malade. J'avais des nausées constantes et m'enfuit même plusieurs fois des cours pour aller vider mon estomac de son dernier repas. Edward resta heureusement ignorant de ce fait tout comme son père, je n'avais vraiment pas besoin qu'ils m'obligent à rester cloitrée au lit maintenant.
D'autant plus que je me sentais devenir ridicule. Certes je passais mon temps a vider mon estomac et pourtant je grossissais… c'était totalement ridicule et je me demandais de temps en temps si je ne rêvais pas.
Le printemps avait fini par arriver, timidement certes, mais les bourgeons était en train de pousser sur les branches et l'élément terre s'épanouissant avec une joie certaine. La branche de Lilly s'écrasa brutalement sur mon pied et me sortit violemment de ma communion avec l'énergie de la terre autour de moi.
La petite chienne grandissait bien et atteignait désormais la moitié de mon mollet. Elle n'avait cependant rien perdu de son enthousiasme pour les branches et me contemplait en frétillant de la queue une branche couverte de sa bave à mes pieds. Je soupirais et balançais ladite branche à travers les bois alors que Lilly s'élançait derrière en aboyant.
Notre balade atteignit finalement un promontoire au-dessus des falaises qui délimitait la réserve indienne. Je contemplais les vagues en attendant que Lilly ait retrouvé sa branche lorsque les énergies se réveillèrent brutalement et d'un seul coup autour de moi. Je savais ce qui venait d'arriver avant même que les cinq 4x4 ne surgisse du chemin à ma droite : ils avaient finis par nous retrouver, malgré tous les efforts du clan pour ce cacher de leur vue.
Edward POV :
-Allez Edward, se plaignit Alice, fondation de l'OTAN ? Quelle date ?
-J'en sais rien Alice, autour de 1944 j'imagine ? Et on s'en fiche non, tant que sais que c'était à la fin de la guerre ?
Elle s'apprêta à répondre avant de s'interrompre brutalement. La casserole de ma mère tomba avec un fracas sur le sol. L'élément eau se mit à tourbillonner de panique dans ma tête alors qu'un silence glacial tomba sur la forêt qui nous entourait.
-Oh non, murmura tout doucement Alice en reposant soigneusement son stylo.
Son regard paniqué se vrilla dans le mien puis elle alla se réfugier contre Jasper qui pénétrait dans la cuisine.
Je m'apprêtais à trouver Luna dans les bois autour de nous lorsque d'un coup sec le lien se referma. L'horreur m'envahit.
-Non Luna !, je hurlais dans le vide en me ruant dehors et m'emparant de ma veste et mon portable au passage.
-Edward ?, Alice et Jasper se ruèrent sur mes talons, attends.
Je les ignorais, me précipitant aussi vite que je le pouvais sur le chemin qui menait vers la réserve ou nous allions généralement nous promener avec Lilly. Je hurlais alternativement le nom de ma compagne et celui du chien et cherchant entre les branches.
-Edward arrête, qu'est ce qu'il y a ?, Jasper me força à m'arrêter.
-Le lien s'est refermé, hoquetais-je entre mes larmes.
Jasper ne répondit pas mais la peur qui traversa ses prunelles m'indiqua clairement qu'il avait compris le problème.
-merde, chuchota Alice à sa place.
Nous reprîmes notre course à trois, en hurlant le nom de Luna à travers les bois. Jacob, Pezi, Sam et Nathalia furent les seuls que nous trouvâmes. La tribu avait ressentie l'arrivée des ennemis et de leur magie maléfique aussi, probablement même avant nous. Mais Luna ne répondit ni à mes appels, ni à mes tentatives de créer le lien, et mon cœur se serra a un tel point que je cru qu'il allait cesser de battre.
Finalement je la retrouvais, en ressentant le fracas infernal de trombes d'eau qui s'écrasaient sur quelque chose. Jasper, Alice et moi nous ruâmes de concert vers les falaises, nos amis indiens sur les trousses. Je faillis hurler de terreur en apercevant le spectacle qui se découvrit devant mes yeux.
Luna se tenait sur la falaise face à nous, Lilly grognant à côté d'elle et Pilgrim battant des ailes sur son épaule. Une ligne de sorciers dans des blousons noirs avec des sigles verts se tenait face à eux en arc de cercle bien serré. Les serpents de couleur verte s'échappaient des mains de sorciers en noir pour se ruer sur ma compagne. Celle-ci ripostait ferme en envoyant des boules d'eau à toute vitesse depuis l'océan sur ses assaillants tout en interceptant les serpents qui allaient d'évanouir dans l'océan.
Je tentais de me ruer à secours de ma compagne mais me heurtais de plein fouet à un mur invisible. L'acte de Luna… me réalisait avec horreur. Ses mots me revinrent en mémoire : « je disparaitrais avec la conviction que j'aurais tout fait pour sauver ceux que j'aime ». Les larmes se mirent à couler le long de mon nez alors que m'acharnais pour traverser le mur.
-Luna s'il te plait !, m'échinais-je, arrête ça !
Je cessais mon manège dès l'instant ou la femme au centre des sorciers ouvrit sa bouche.
-Quel héro… il se rue a ton secours, ricana t'elle sarcastique en se tournant vers moi.
-Laisse le hors de ça, siffla mon ange en mitraillant la femme de ses chevaux de flammes, laisse les tous hors de ça… c'est entre toi et moi Derillia.
Je faillis hurler mon désaccord mais Alice me musela avant même que je n'ai pu ouvrir la bouche.
-Arrête, me chuchota t'elle, tu ne vas qu'aggraver les choses, attends qu'elle brise le mur.
Je me vis contraint à prendre mon mal en patiente en me sentant dans la même position que Lilly qui se contentait de grogner pour essayer de protéger sa maitresse.
Et Luna se tuait elle-même en encaissant tous les coups. Les sorciers autour d'elle se relayaient pour l'épuiser en l'attaquant à l'aide de leurs serpents, mais mon ange tenait tête avec la vaillance du fou.
Au bout d'un certain temps la femme aux cheveux blond platine commençait clairement à se lasser et fit surgir devant elle une créature de fumée du même genre que celle que nous avions affronté mais en beaucoup plus petit.
Et Luna perdit sa concentration sous l'effet de la peur, brisant son mur en mille morceaux. Je n'hésitais pas une seule seconde et me ruais sur les assaillants Alice, Jasper et les deux sorciers du clan qui nous avaient rejoints autour de moi.
-Edward non !, le cri de Luna se perdit dans les crépitements des sorts qui fusaient mais j'aperçus clairement l'horreur se former sur ses traits.
Elle se rua vers moi et enveloppa la chose de fumée dans le cocon de glace avant de le mitrallier avec des flammes oranges vives. Comme lors de notre dernière rencontre avec un truc pareil… et le monstre explosa.
-Edward va t'en je t'en supplie, plaida t'elle a mon interet.
-Chh laisse-moi t'aider, plaidais-je en saisissant sa main.
Elle ne me répondit pas mais intercepta le serpent vert qui se ruait sur moi dans une motte de terre avant de fusiller l'assaillant avec des feuilles à la vitesse de la lumière. Le pauvre sorcier s'enfuit en courant alors que les feuilles se fichaient dans la peau de son visage.
Malgré tous nos efforts nous ne faisions pas le poids face aux sorciers versés dans l'art du mal. Luna et moi nous perdîmes de vue à mi-chemin et je l'apercevais à fracasser le crâne des adversaires avec de gros blocs de glace entourés d'une boule de flammes bleus.
-Ohh le fameux héros, la voix glaciale de la meneuse du groupe me fit me retourner, tu vas faire quoi maintenant beau gosse ? Sauver la vie de ta chérie…
-Dégagez et j'évite de te tuer à mains nues, sifflais-je en sentant ma fureur exploser, et ne t'avise pas à toucher à un seul de ses cheveux.
-Ouh… je t'aurais mis en colère peut-être ?, me nargua t'elle et m'envoyant un de ses serpents que j'esquivais, alors disparais en premier mioche.
La créature qu'elle libéra était énorme et d'une couleur rouge sombre abominable. Elle puait aussi, et se trimbalait une espèce de troisième main couverte de pics acérés. La bestiole n'avait clairement qu'un seul but : m'éliminer moi, vu qu'elle se rua vers ma tête. J'invoquais l'air autour de moi pour intercepter la bestiole… pas très efficace vu que la chose se libéra aisément des liens invisibles pour balancer son bras en avant. L'eau ne le freina que très peu et je n'eus qu'à peine le temps de reculer loin de la main-massue avant que la chose ne revienne à la charge. Je l'ensevelie sous une trombe d'eau et une avalanche de cailloux soulevés de la falaise… rien n'y fit… la chose continuait sa marche.
-Edward à ta gauche, la voix de mon père me fit vriller vers lui et j'entraperçus de justesse la deuxième créature hideuse qui se ruait vers moi une griffe tendue en avant. La griffe se ficha dans le sol a l'endroit ou je m'étais tenu quelque instants plus tôt. Ma mère était arrivée en même temps que mon père et Rosalie apparemment et surgit en face de moi pour mitrailler la chose rouge de lopins de terre. La créature l'ignora et se rua sur moi sa massue tendue en avant. Cette fois je ne réussis pas à l'intercepter et me sentis tomber sur le sol lorsque la main ornée de pics heurta le sol à deux centimètres de mon oreille droite. La main se releva et je la vis trôner à deux mètre droit au-dessus de moi, prête à me fracasser en poussières.
-Non… Edward !, le hurlement de Luna perça le fracas des sortilèges qui fusaient et me firent tourner la tête vers elle.
Les flammes surgirent du sol autour d'elle alors que ses yeux de saphir crépitaient de colère. Notre lien se fit subitement et je sentis clairement la puissance des éléments la remplir totalement en brisant chaque limite que ma compagne leur avait imposée pour qu'ils restent sous son contrôle. Pourtant ils ne se libérèrent pas… au contraire Luna les contrôlaient entièrement.
Mon ange tendit un bras en avant et la terre s'ouvrit en deux dans une grande ligne qui partait de ses pieds pour terminer au miens… la chose rouge bascula dans le profond fossé dans un hurlement guttural.
Les sorciers adverses n'apprécièrent pas trop de voir leurs armes disparaitre au fond du fossé et leurs efforts se retournèrent donc tous sur Luna qui se vit couverte d'une avalanche de sortilèges maléfiques. Je voulus me ruer sur elle mais me fit retenir à mi-chemin pas le bras frêle de Pezi.
-Ne l'interromp pas, me supplia t'il.
J'allais protester lorsque Luna attira de nouveau mon attention. Les flammes qui faisait couronne autour d'elle se ruèrent brutalement en avant sur les assaillants et les pauvres malheureux qui ne réussirent pas à fuir se mirent à hurler lorsque le feu leur lécha le visage. Mais la colère de Luna avait été éveillée et je sentais à travers notre lien que plus rien en la retiendrais désormais, les énergies de la nature en colère s'étaient imposées dans son âme faisant de Luna la plus belle arme que la nature n'ait jamais crée…
Derillia n'appréciait pas le spectacle de ma compagne en colère apparemment vu qu'elle et les cinq sorciers qui restaient tendirent les mains en avant. Droit devant ma compagne apparut une réplique de la créature de fumée que nous avions affronté quelque semaines plus tôt, en trois tailles plus grande et avec des pics de fer a la place des mains.
-HA, bye bye petite princesse, ricanna Derillia en voyant ma compagne flancher.
-Ferme la, espèce de malade, protesta la femme de ma vie.
L'eau de l'océan s'éleva brusquement au-dessus du bord de la falaise derrière Luna et je vis Derillia reculer de deux pas. Le monstre de fumée s'avançait lui toujours vers ma compagne dans des crépitements. Luna pivota vivement la main et les trombes d'eau se précipitèrent à la rencontre de la créature de fumée. La vague glissait autour de ma compagne comme l'océan s'ouvrant pour Moïse avant de s'enrouler autour de la créature qui se vit enfermer dans un étau d'eau. Puis Luna referma les doigts et le bloc d'eau se congela sur place. Lentement ma compagne fit se lever un vent violent qui faisait tourbillonner ses mèches blondes autour de son visage. Ses yeux bleu étincelants se fichèrent dans les miens avant de se poser sur les six sorciers qui se tenaient encore face a elle. Les flammes naquirent de nouveau dans un arc de cercle parfait autour de mon ange avant que des serpents ne s'en échappent pour aller rejoindre les rafales de vent violentes qui tourbillonnaient autour du bloc de glace. Puis d'un coup sec les serpents se fichèrent comme des dagues dans le glaçon, qui éclata en mille morceaux alors que les fumées noires se désintégrèrent dans la tempête qui entourait le bloc. Le restant fondit sur le champ sous l'influence des serpents brulants de ma compagne. Les sorciers en noir reculaient clairement maintenant et seule la femme au cheveux platine se tenait encore plantée face a Luna.
-Dégage, lui cria encore ma compagne mais la femme ne fit pas un geste.
Elle hurla néanmoins lorsque les rafales de vent mélangées au restes de fumée noire et les serpents incandescents de ruèrent sur elle, les cinq autres sorciers copièrent son geste en se débattant mais terminèrent à 20 mètres du sol dans le cyclone incandescent. Puis ils se firent brutalement lâcher dans le précipice qui s'étendait à mes pieds alors que les flammes léchaient leurs vêtements. La terre se referma d'un coup sec et le vent se posa.
Le lien qui me reliait à mon âme sœur se ferma soudainement et je relevais mes yeux vers Luna. Les flammes qui l'entouraient s'éteignait une par une alors que ma compagne vacillait sur ses pieds.
-Luna !, je me ruais vers elle en bondissant par-dessus Ben qui était allongé sur le sol devant moi.
Mon ange s'écrasa comme une poupée molle entre mes bras alors que sa respiration me revenait hachée et irrégulière. De minces lignes rouges et incandescentes ornaient ses avant-bras et je sentais son sang chaud couler le long de ma main.
Mes yeux scrutèrent instinctivement la foule à la recherche de mon père. Je me rendis subitement compte du nombre de gens qui étaient réunis sur la falaise : Alice et Jasper, Rose et Emmett aussi ainsi que Ben à moitié allongé sur le sol et Angela qui lui serrait la main. Tyler tenait Lauren collé contre lui alors que mon oncle et ma tante, mes grands-parents, les Withlock, Les Weber et la famille Newton formaient une ligne humaine le long des arbres. La tribu indienne était pratiquement toute réunie aussi et observaient les différents corps allongés au sol en pleurant. Je détournais mes yeux du spectacle pour voir mon père et ma mère, Alice sur leurs talons, se ruer sur nous.
-Pa ?, suppliais-je.
Il n'en fallut pas plus pour que mon père se concentre sur l'ange étendu dans mes bras. Son sang s'échappait par la longue coupure qui ornait le flanc droit de ma compagne et une longue estafilade ornait son front. Mais ce qui m'inquiétait le plus était la respiration hachée de la jeune femme.
-Esmé appelle une ambulance, ordonna vivement mon père avant de presser doucement le flanc de ma compagne pour stopper l'effusion de sang.
