Voilà un autre chapitre avec pas mal de détails sur des choses qui ne vous sembleront peut-être pas essentiels mais que j'adore donner ;-) en tous cas j'espère qu'il vous plaira...
Merci, pour leur soutien, à Arwenn Snape (déjà, j'adore tes longues reviews, ensuite, pour te répondre : je sais mais je préfère me réserver pour la rencontre en live à Noël, merci, Jane Austen est géniale :-), ma foi oui tu as raison... je commence à m'embrouiller un peu ;-) et c'est Grace à l'anglaise même si parfois je me mélange avec les accents), Sylnaruto (oh, je ne le vois pas 'péter une durite', en tous cas pas devant Megan mais tu verras à Noël... et Severus est un homme plein de ressources ;-)), tipex (merci, tu sais 'fan' ça marche aussi en anglais :-)), Aelwing (ça arrive, ça arrive), Luffynette (c'est très courageux de ta part de continuer alors merci :-)) et Lordasam (je suis très très flattée et ravie que ça te plaise).
Bonne lecture
XXX
oxoOoxo
Mercredi 3 août 2005
- « … J'aimerais aussi des massifs de plantes vertes et de fleurs. Pour les plantes je ne sais pas trop, il faudrait différentes teintes de vert… mais rien qui ne possède des épines ou des fruits toxiques. Pour les fleurs, je pensais à des camélias blancs, des fushias, des rhododendrons, des digitales, des lisanthus, des glaïeuls et des marguerites de toutes les couleurs, pour mettre un peu de gaîté. N'hésitez pas à faire des mélanges surtout, je ne veux pas d'un jardin stricte à la française » exposa la jeune sorcière aux boucles ébène d'un ton décidé alors que le paysagiste prenait des notes en hochant pensivement la tête de temps à autres. « Des roses aussi. Rouges et blanches. Pas jaunes, je déteste les roses jaunes » souligna t'elle avec fougue sous le regard amusé de Narcissia.
L'aristocrate se demanda si cet état de fait n'était pas directement en rapport avec la préférence marquée, et bien connue, de Lily Potter pour ces mêmes fleurs mais ne commenta pas la décision de sa cadette. C'était son rêve après tout… D'ailleurs elle-même avait toujours trouvé les roses jaunes un peu fades. D'autant que d'après le livre moldu sur 'Les plantes et leurs symboles' que sa cadette lui avait offert récemment, elles représentaient l'infidélité et les offrir revenait à dire 'Vous m'avez trompé' ou quelque chose comme ça. Rien de bien réjouissant. Mais, pour sa défense, l'épouse de James ne devait pas avoir eut vent de cela.
- « Il faudrait de la vigne vierge pour habiller la façade du manoir Peut-être aussi des roses trémières… Et puis des buis taillés en licornes à l'entrée du parc. Disons deux mètres de largeurs sur trois de hauteur environ » poursuivit Megan avec enthousiasme alors qu'elle semblait déjà s'imaginer ce jardin qui n'existait encore que dans son esprit.
Le paysagiste acquiesça gravement, le sourire aux lèvres et l'air positivement ravi d'avoir à satisfaire toutes ces exigences. Narcissia ne parvint pas à deviner si c'était parce qu'il était plus facile de travailler avec des directives précises ou si c'était parce qu'il aimait le challenge mais si il montrait ne serait-ce que moitié moins d'entrain que la jeune descendante de Merlin, le parc serait magnifique.
- « Il faudrait des nénuphars sur le plan d'eau, un saule pleureur et des roseaux. Des iris et des tulipes en plate bande le long des ailes du manoir. Un bosquet d'arbres au-delà du ruisseau et avant les écuries. De la pelouse pour le reste du parc et des allées en ardoises c'est plus facile avec les enfants… pour les repérer » précisa la jeune Potter, rieuse. « Ou alors, peut-être juste un ou deux bosquet délimité par des haies de buis ou des bambous… Donc, pour les arbres, disons des pommiers, des figuiers, des pruniers, des hêtres pourpres, des marronniers et des cèdres du Liban pour l'allée principale et pour la cour. Je voyais bien des massifs de fleurs sauvages le long des escaliers qui mènent à la partie inférieure du parc. Des coquelicots, des boutons d'or et des bleuets par exemple. Est-ce qu'il serait possible d'avoir des cerisiers du japon ? » s'enquit-elle en levant un regard soucieux vers son interlocuteur, le nez froncé.
- « Certainement, mademoiselle » répondit l'homme aux cheveux grisonnant, ses yeux bleus pétillant de vigueur.
- « Pour le potager, j'imagine que vous avez l'habitude… » reprit Megan en lui souriant, ravie de sa réponse positive mais pensant déjà à autre chose.
Narcissia songea à lui dire que le paysagiste ne s'occupait habituellement pas de cette partie du jardin mais puisque l'homme n'avait pas protesté et prenait diligemment des notes, elle se retînt de tout commentaire. La jeune femme aux boucles ébène fronça un instant les sourcils avant de continuer.
- « En réalité, je préfèrerais que les enfants puissent le faire eux même » expliqua t'elle à son interlocuteur avec une grimace d'excuse qui sembla faire fondre l'artiste. « Donc j'aimerais que vous nous apportiez des graines mais que vous ne les semiez pas vous-même. Les choses classiques vous savez. Pomme de terre, carottes, tomates, persil, haricots menthe, poireaux, concombres, citrouille, fraises, ciboulette, rhubarbe, aneth, salade, petits pois, thym… Pour l'instant je ne vois rien d'autre mais il se peut que j'envisage des plantes magiques dans le futur » ajouta la descendante de Merlin.
- « Parfait ! » fit la ravissante sorcière avec un sourire radieux avant de se tourner vers son aînée aux boucles blondes. « Tu penses à autre chose ? »
- « Non, non, je crois que se sera tout pour les jardins… » déclara l'aristocrate, la tête penchée sur le côté. « Monsieur Grietcher ? » s'adressa t'elle au paysagiste, souriante.
- « J'ai tout ce qu'il me faut, mesdames… » affirma le professionnel, affable, en rangeant son calepin. « Nous commencerons dès demain » les informa-t-il de sa voix grave mais chantante.
- « Ce sera très bien, » approuva l'épouse de Lucius Malfoy avant de le saluer et de passer un bras sous celui de sa cadette pour l'emmener vers le manoir. « Allons à l'intérieur pour voir l'architecte maintenant, chérie » reprit-elle affectueusement en évitant les herbes folles qui parsemaient leur chemin.
La jeune femme à ses côtés sourit, son regard s'égarant sur le superbe tableau que lui offrait l'imposante propriété au milieu de ce jardin à l'air abandonné, mélange de féerie et de grâce sauvage. Bien sûr les bruits de travaux qui parvenaient de la bâtisse, mêlés aux voix des ouvriers, ôtaient quelque chose à la magie des lieux mais, sachant que, dans quelques mois, le manoir serait transformé selon ses vœux, Megan ne s'attarda guère sur ces détails. Elle suivit Narcissia jusque dans le grand hall où s'affairait une nuée d'ouvriers dirigés par l'architecte qui, tel un chef d'orchestre, menait les opérations avec doigté et qui les accueillit, un large sourire aux lèvres. Les derniers sortilèges de protection, qui les empêchaient de toucher aux murs, avaient été levés et les travaux venaient juste de commencer.
- « Lady Malfoy, mademoiselle Potter… » les salua l'homme aux boucles poivre et sel en s'inclinant avec respect. « Comment allez-vous aujourd'hui ? » fit-il après leur avait fait un galant baisemain.
Les deux sorcières discutèrent un bon moment avec leur employé des travaux prévus et de leur probable avancée, avant de transplaner dans l'un des nombreux charmants salons du manoir Malfoy situé dans le sud de la France. Il s'agissait d'une magnifique demeure nichée dans le maquis provençal bâtie de pierres ocre sur trois étages et entourée d'un superbe jardin. Lorsque Narcissia et sa jeune amie au regard de jade apparurent dans la pièce, Lucius Malfoy les y attendait déjà, sa séduisante silhouette altière se détachant contre le marbre clair de la cheminée. L'arrivée de sa femme et de celle qu'il considérait comme une nièce préférée – et unique étant donné qu'il était enfant unique et que, Merlin soit loué, sa belle-sœur, Bellatrix, n'en avait pas eu – mit un sourire sur ses lèvres. Sourire qui gagna ses yeux lorsque la jolie sauveuse du monde sorcier se jeta à son cou en riant.
- « 'Cius ! » s'écria avec délice l'ex-professeur de DCFM alors qu'elle nouait ses bras autour de la nuque de l'aristocrate à la longue chevelure cendrée.
- « Ma petite mésange » souffla t'il contre les boucles ébène de sa cadette en lui rendant son étreinte avec affection. « Je suis si heureux de te voir » déclara Lucius, le regard pétillant de contentement tandis qu'il s'écartait légèrement pour pouvoir l'observer convenablement.
Les joues roses et l'air espiègle, elle était positivement ravissante dans sa salopette noire dont la taille remontait jusque sous la poitrine et son tee-shirt vieux rose décoré d'une licorne, sa chevelure de geai retombant souplement sur ses épaules. Snape en avait de la chance songea malicieusement le Lord Malfoy, encore amusé par l'aveu à demi-mot de Megan que lui avait rapporté Narcissia. Il se promit toutefois que si le maître des potions osait la blesser un jour, il lui ferait regretter de ne pas l'avoir laissé se vider de son sang quelques années auparavant… Gardant un bras autour de la taille de la jeune femme, il déposa un tendre baiser sur les lèvres de son épouse avant de les inviter à s'asseoir sur le canapé écru qui occupait le centre de la pièce et d'appeler un elfe de maison pour servir le thé.
La jolie descendante de Merlin en profita pour embrasser du regard le petit salon dans lequel ils se tenaient actuellement. La pièce aux murs crème et au sol de pierres claires était éclairée par trois grandes portes-fenêtres qui donnaient sur le jardin, étendue de terre ocre relevée ça ou là du mauve d'une fougère, du vert d'un buisson d'épine ou de l'ombre d'un olivier. Le mobilier, assez épuré, était composé du canapé sur lequel ils étaient assis et de deux fauteuils tendus du même tissu écru, d'une table basse, de deux consoles et d'une étagère de bois peint. Les plafonds et le manteau de la cheminée étaient ornés de délicates moulures. La décoration était également simple, mais d'un goût certain, et n'apparaissait que par petites touches. Un tapis persan aux tons crème, un bouquet de fleurs sauvages, un lustre de fer forgé, un tableau représentant une scène mythologique, deux majestueux chandeliers et une mappemonde de bois précieux.
Megan aimait beaucoup la demeure de ses amis mais trouvait qu'elle manquait de ce petit quelque chose qui donnait de l'âme à une maison, qui la rendait vivante. Aucun article personnel n'entachait la perfection méticuleuse avec laquelle chaque chose avait été posée à sa place. La jeune femme aurait trouvé la propriété encore plus agréable si quelque livre avait été oublié sur la table, si un vêtement occupait négligemment le dossier d'une chaise, ou ne serait-ce que si une plume avait traîné sur une console… D'autre part, elle savait que le bureau de Lucius avait ce côté brouillon d'un capharnaüm organisé dont seul le propriétaire possède la clef. Et que le boudoir de Narcissia, avec ses collections d'esquisses en tout genre, de bouteilles de parfum délicatement ciselées et de figurines animées, reflétait à merveille l'esprit enjoué et romantique de sa propriétaire.
- « Voilà le thé que le maître a demandé » fit la petite créature aux grands yeux écarquillés et aux oreilles pointues, dont l'arrivée sortit la sorcière aux boucles ébène de ses pensées, de sa voix nasillarde.
- « Merci Opty » approuva l'aristocrate au regard d'acier d'un ton qui aurait pu être plus aimable mais qui, au moins, était dénué de toute trace de mépris.
L'elfe servit trois tasses de thé – noir pour le lord, avec un nuage de lait pour la lady et une cuillérée de sucre pour la jeune mademoiselle Potter – avec une déférence et une dextérité certaines. Il fit ensuite apparaître une généreuse assiette de madeleines à l'air appétissantes et de pâtes de fruits puis s'inclina profondément avant de disparaître dans un léger 'pop'. Il y eut quelques minutes de silence durant lesquelles le couple et la jeune femme savourèrent leur thé et quelques pâtisseries en écoutant le chant lointain des cigales.
- « Alors, comment se porte votre projet ? » s'enquit Lucius en reposant élégamment sa tasse dans la soucoupe avant de croiser ses jambes avec distinction.
- « Bien, ça avance bien » répondit Megan, un sourire rayonnant aux lèvres et les yeux brillant d'excitation. « Les travaux dans le manoir ont commencé ce matin et puis ceux dans le jardin débuteront demain » expliqua t'elle avec enthousiasme. « C'est un peu comme… un rêve. Je ne pourrais jamais assez te remercier » ajouta la jeune femme en posant un regard émeraude reconnaissant sur son aîné.
- « Oh, mais ma petite mésange, c'est ton cadeau pour tes 25 prochains anniversaires… » la taquina l'aristocrate en pinçant affectueusement sa joue.
La sorcière aux boucles ébène lui tira la langue, rieuse. Elle savait pertinemment que l'homme n'en pensait pas un mot mais qu'il n'aimait pas avoir l'air généreux ou pire, Salazar l'en préserve, 'gentil'. Ce qu'il était – profondément – avec sa famille, à savoir sa femme et son fils, et ceux qu'il considérait comme sa famille, à savoir Megan qui s'en sentait honorée.
- « Tu devrais peut-être le signaler à ton aigle alors, parce que si mes souvenirs sont bons, il m'a apporté 25 superbe roses blanches et un magnifique livre sur la magie des pharaons alors que j'étais déjà en possession du manoir » le taquina t'elle à son tour avec un petit air mutin.
- « Je lui en toucherais un mot » répliqua l'aristocrate, faussement hautain, alors que ses yeux pétillaient de malice, sous le regard mi-attendrie mi-blasé de son épouse.
- « Trêve de plaisanteries, » intervint cette dernière, souriante, « nous sommes loin d'avoir fini et nous ferions bien de nous y remettre, notre rendez-vous est à seize heures » fit-elle à l'attention de sa cadette qui acquiesça avant de dé poser un baiser sur la joue de Lucius et de se lever avec grâce.
- « Aurais-je le privilège de vous avoir à dîner ce soir ou serait-ce encore l'une de ces soirées 'entre filles' ? » fit le Lord Malfoy, mine de rien, alors que son épouse se levait à son tour.
Il avait parlé comme si la réponse qu'il recevrait ne lui importait absolument pas mais la femme aux boucles blondes, après presque 26 ans de mariage, le connaissait mieux que ça. Elle savait que, s'il prenait la peine de poser la question c'est qu'il avait envie de dîner avec elles mais n'osait pas en faire la demande, de peur de paraître trop 'faible', trop 'sensible' ou elle ne savait quelle ineptie du même genre…
- « Nous serons revenues pour vingt heures, demande à Opty de préparer un repas pour trois, du saumon serait parfait » annonça t'elle donc avec un doux sourire que son mari lui rendit.
- « Bien, j'aurais donc le temps d'aller faire un tour au ministère un peu plus tard » fit-il en s'emparant de la Gazette du sorcier avant de l'ouvrir, invitant ainsi ostensiblement les jeunes femmes à quitter la pièce, ce qu'elles firent en échangeant un regard complice.
L'homme allait certainement passer les cinq prochaines heures à harceler les elfes de maison de façon à ce que tout soit parfait pour ce soir. Nul doute que quand elles rentreraient la table serait dresser de leur plus belle vaisselle et que leurs plats préférés – peu importe le nombre – seraient prêts. Peut-être même qu'il appellerait Draco pour qu'il vienne partager ce repas avec eux… Megan ferma la porte derrière elle en songeant que, quoique puissent dire les aurors ou sa propre famille, Lucius, malgré toutes les erreurs qu'il eut pu faire par le passé, était quelqu'un de fondamentalement bien. Il n'était peut-être pas 'bon'. Peu de personnes ne l'étaient vraiment. Mais il était bien. D'ailleurs, penser le contraire aurait été assez hypocrite de sa part quand elle-même sortait avec un ancien disciple de Voldemort.
Toutefois, et même Sirius le reconnaissait, on ne pouvait pas comparer le cas du Lord Malfoy et ce lui du maître des potions. Severus avait fait une erreur de jeunesse mais il avait sacrifié beaucoup de choses et risquer sa vie à de nombreuses reprises en espionnant pour le compte d'Albus pendant des années. Son amant regrettait ses erreurs et s'était repenti tout en conservant un immense sentiment de culpabilité. Lucius, pour sa part, avait longtemps suivit le seigneur des ténèbres, de son plein gré, et avait partagé, jusqu'à un certain point, quelques uns de ses idéaux les plus radicaux. Et même si il avait connu des moments de doutes vers la fin, il n'était revenu vers la 'lumière' que lorsque son maître avait été détruit la première fois. Pour des raisons plus ou moins altruistes…
Mais ça ne changeait rien pour Megan. Elle considérait Lucius comme un oncle un peu excentrique, qu'on adore malgré tout. Elle s'était d'abord rapprochée de Narcissia – elle avait davantage besoin, à l'époque, d'une figure maternelle qu'autre chose… Puis, petit à petit, elle avait appris à connaître, et à apprécier, son époux. Draco était le portrait craché de son père et cela, qu'il en ait conscience ou non, avait été déterminant dans la relation de celui-ci avec la jeune sauveuse du monde sorcier. Ils s'étaient apprivoisés, démolissant, pièces par pièces, le mur de préjugés qui les séparait. Il lui avait enseigné le délicat maniement de l'épée – pour lequel elle s'était révélée très douée – et l'art subtil de la manipulation – dans lequel elle avait, au grand damne de son professeur des compétences plus que limitées.
De son côté, la sorcière aux boucles ébène l'avait initié, tant bien que mal, à la culture moldue. Le Lord Malfoy avait été extrêmement réticent dans les premiers temps puis s'était laissé prendre au jeu. Draco disait que son aîné avait fini par céder, terrasser par l'obstination farouche de sa meilleure amie. Narcissia pensait qu'il s'était simplement laissé charmé par sa cadette qui le menait par le bout du nez. Quoiqu'il en soit, le grand Lucius Malfoy avait donc du visiter le Louvre, consulter des ouvrages sur l'histoire moldue, visionner des films moldus et goûter des friandises telles que les kinder bueno, les oréos et les chupa chups. L'aristocrate n'avait pas été totalement convaincu mais il s'était laissé prendre au jeu… Elle n'était certes pas proche de lui comme elle pouvait l'être de Rémus ou de Sirius, mais elle avait beaucoup d'affection pour lui et partageait avec lui une complicité d'égal à égal qui la ravissait.
xxx
Vendredi 12 août 2005
Megan se laissa aller contre un torse ferme savourant la sensation des bras puissants qui encerclaient sa taille alors qu'elle admirait les fresques qui ornaient le plafond de la salle de Vénus au cœur du célèbre du Palais Pitti, niché sur les collines qui dominaient l'Arno. Le souffle chaud de Severus lui chatouilla la nuque et elle ne put que sourire, le regard ancré sur la superbe scène peinte où se mêlaient avec grâce angelots, têtes couronnées d'un autre siècle et personnages mythologiques. La jeune femme aux yeux de jade regretta un instant qu'ils ne puissent se mouvoir avant de décider que le merveilleux travail de l'artiste, Pietro da Cortona, compensait définitivement son ascendance moldue. D'ailleurs, étant donné qu'il n'avait pas encore prononcer le moindre commentaire sarcastique, Severus semblait également trouver l'œuvre à son goût.
'Ou peut-être pas' songea la sorcière aux boucles ébène avec un soupçon de malice tandis qu'elle sentait son amant soupirer impatiemment derrière elle sans pour autant relâcher son étreinte. Il fallait dire qu'ils n'étaient à Florence que depuis la veille et que la descendante de Merlin avait déjà entraîné son aîné à travers les galeries du palais des Offices, du palais du Bargello et du palais Vecchio ainsi que le long des nefs de nombreuses églises. Elle pouvait comprendre sa… contrariété. Ce qu'il leur fallait maintenant, c'était une bonne glace Baccio et une longue après-midi en tête-à-tête dans la superbe suite avec terrasse qu'ils occupaient à la Villa La Massa, un adorable hôtel un peu en retrait de la ville. La jeune femme avait hâte d'essayer l'immense baignoire qui trônait dans la salle de bain.
Et la perspective de l'essayer avec Severus rendait l'idée encore plus attrayante…
- « Si on allait dans le jardin ? » proposa donc Megan en levant les yeux vers son amant.
Devant l'air peu enthousiasme de l'homme au regard d'onyx, elle adopta un petit air séducteur, son sourire se fit espiègle et ses doigts mutins s'égarèrent sur la ferme chute de rein du maître des potions dont les traits se détendirent notablement.
- « Après on rentrera à l'hôtel et on fera tout ce que tu veux » plaida la sorcière aux boucles ébène en passant sa langue sur ses lèvres roses dans un geste délibérément sensuel.
- « Petite peste… » gronda affectueusement l'ex-espion, mi-amusé mi-frustré, le ton rauque et les yeux brillant d'une lueur prédatrice.
- « Allez, le jardin de Boboli est vraiment magnifique, je suis sûre que tu vas l'adorer » ajouta sa cadette en papillonnant des paupières, le regard rieur.
Severus leva les yeux au ciel, feignant l'agacement, et poussa un soupir résolu avant de faire signe à sa jeune compagne de le précéder vers la sortie. Quelques minutes plus tard, les deux amants déambulaient le long de la grande allée en direction de l'Esplanade de l'Ilot et de la Fontaine de l'Océan après être passé par la Grotte de Buontalenti et l'Amphithéâtre. Les rayons du soleil qui jouaient à travers les feuilles des arbres, semblant y déposer sur leurs chevelures de geai une fine poudre dorée. La descendante de Merlin marchait d'un pas léger, admirant les sculptures qui ponctuaient la longue allée de gravier, alors que son aîné, quelques pas derrière elle, la couvait d'un regard tendre.
- « Alors, qu'est-ce que tu en penses ? » fit Megan en venant enlacer ses doigts à ceux du ténébreux professeur de potions.
- « L'endroit est assez plaisant... » concéda son compagnon avec une mauvaise grâce feinte, alors qu'un discret sourire étirait ses lèvres, avant de déposer un baiser sur les phalanges de la ravissante jeune femme. « Tu étais déjà venue ici auparavant ? » s'enquit-il ensuite, mine de rien, en passant un bras possessif autour de la taille fine de sa jeune amie.
La sauveuse du monde sorcier hésita un moment en comprenant la vraie question : 'es-tu venue ici avec Darian ?', 'est-ce un voyage que tu fais avec tout tes amants ?'. Elle savait, bien sûr, que Severus ne l'entendait pas comme ça. Pas consciemment en tous cas. Mais elle devait admettre qu'à sa place l'idée l'aurait effleurée.
- « Je suis passée brièvement à Florence avec Draco, quand j'étais plus jeune, et aussi avec Darian, l'année dernière, mais non, je n'avais jamais visité le palais Pitti » répondit Megan tandis qu'elle s'appuyait contre le flanc de son amant.
Il lui sembla que Severus se relaxait à ses côtés et elle se félicita de ne pas avoir choisi Venise où Darian et elle avaient passé une inoubliable Saint-Valentin deux années plus tôt. En fait, elle avait tout d'abord songé à louer un riad à Marrakech pour cette escapade estivale mais avait jugé que c'était peut-être un peu brutal comme transition quand on savait que le maître des potions n'avait jamais quitté le Royaume-Uni autrement que pour traquer les horcruxes. L'Italie était donc un bon compromis, d'autant qu'elle aimait beaucoup ce pays et que l'ex-espion, malgré ce qu'il pouvait dire, appréciait l'art sous toutes ses formes.
- « Viens. » fit soudainement l'homme au regard d'onyx en invitant Megan à retourner sur ses pas. « Je vais t'offrir cette glace dont tu me rabats sans arrêt les oreilles puis je t'enlèverais et je te séquestrais dans la suite jusqu'à demain matin pour profiter de ton délectable corps… » continua t'il de sa chaude voix de velours avec un sourire suggestif plein de promesses qui la fit frissonner d'anticipation.
- « Qu'est-ce qu'on attend ? » s'exclama t'elle donc avec un enthousiasme enfantin et Severus sourit avec indulgence en lui emboîtant le pas.
Une demi-heure plus tard, confortablement assise sur les marches du Duomo, la jeune femme aux boucles ébène savourait avec délice une impressionnante glace baccio perchée sur un cornet gaufré. Son aîné, à ses côtés, dégustait avec plus de réserve son sorbet citron cassis dans l'un de ces petits pots de plastique qui, selon Megan, étaient une offense au monde de la crème glacée. La sorcière aux yeux de jade ferma un instant les yeux, offrant son visage à la douce caresse des rayons du soleil qui se couchait sur l'horizon, dessinant une auréole de feu autour de la coupole. Elle se délecta de la savoureuse sensation du chocolat crémeux relevé d'une touche de noisette qui fondait sur sa langue et soupira de satisfaction alors que la légère brise s'engouffrait dans ses cheveux. Un bras enlaça sa taille avec cette précaution teintée de possessivité qui caractérisait son amant et elle en conclut qu'il avait terminé.
- « On peut rentrer si tu veux… » suggéra t'elle en se laissant aller contre lui, savourant sa tendre étreinte et son odeur délicieusement familière. « Je finirais sur le chemin » ajouta l'ex-professeur de DCFM tandis qu'elle se tournait vers Severus avec un sourire mutin.
Sourire que le beau brun ténébreux s'empressa de faire disparaître sous ses lèvres d'un baiser d'abord chaste qui se fit plus aventureux lorsque Megan entrouvrit la bouche. Fondant sous les habiles caresses de ces longs doigts qui s'étaient glissés sous sa tunique de soie, elle retînt de justesse un gémissement alors qu'une main taquine retraçait la courbe de sa hanche.
- « Mmmm, pas mauvais du tout » souffla l'homme, son regard onyx brillant d'humour et de désir, en faisant allusion au parfum de sa crème glacé qu'il avait obstinément refusé de goûter un peu plus tôt.
- « Imbécile… » râla la jeune Potter, son front contre le sien, les yeux rieurs, plus impatiente que jamais de regagner leur suite avant de passer une main derrière la nuque de son amant et de sceller de nouveau leurs lèvres dans un langoureux baiser.
- « On rentre » déclara fermement l'ex-espion, le souffle court et la respiration erratique en rompant leur étreinte à regret.
- « Oui chef » approuva la jolie sorcière avec espièglerie, amusée par l'attitude empressée de son compagnon alors qu'il se hissait vivement sur ses pieds et l'aidait à en faire de même.
La lune, majestueuse sphère d'argent, avait depuis longtemps prit sa place dans le ciel d'où elle dardait ses froids rayons sur le paysage florentin lorsque Megan s'effondra sur son amant, un radieux sourire aux lèvres. Severus, les traits plus détendus, caressait tendrement les boucles ébène de sa cadette répandues sur son torse tout en traçant des arabesques sur la peau douce du creux de ses reins. Il ne s'interrompit que le temps de remonter les draps de coton rouge sur leurs deux corps enlacés luisant de transpiration. Le professeur de potions fut quelque peu surpris d'avoir encore la présence d'esprit et la force de le faire étant donné l'état de béatitude totale dans lequel il se trouvait. Cependant, il ne s'interrogea pas plus longtemps sur ce phénomène, préférant se consacrer à la charmante jeune femme blottie dans ses bras.
Le lendemain matin, après un conséquent petit-déjeuner, les deux amants décidèrent de s'accorder une pause dans leurs visites culturelles. Ainsi, après un petit tour par la piscine, où la descendante de Merlin avait batifolé un moment alors que le maître des potions lisait un peu plus loin, ils s'étaient promenés dans le ravissant jardin qui entourait l'hôtel. Au cœur de ces neuf hectares de verdure était nichée une petite chapelle d'où se dégageait une agréable sensation d'intimité et qui donnait au cadre une pointe de romantisme. Cet aspect des lieux était encore renforcé par les élégants lampadaires qui bordaient les allées entre deux massifs aux teintes pastelles ou se dissimulaient dans des bosquets un peu brouillons. Le parc, bien que manifestement entretenu avec soin, s'inspirait davantage du désordre organisé des jardins anglais que de la rigueur artistique française…
Alors que le soleil poursuivait sa course, se rapprochant doucement de son zénith, le couple s'était arrêté sur un banc d'où l'on avait une vue magnifique sur le lac aux eaux claires en contrebas. Severus y était assis avec son élégance habituelle alors que sa cadette s'y était allongée, la tête posée sur les cuisses de l'ex-espion. La jeune femme aux yeux émeraude, le regard fixé sur un point imaginaire au-delà de la cime des arbres, battait du pied un rythme qui jouait dans sa tête. L'homme aux traits aristocratique, l'air rêveur, semblait pour sa part perdu dans des pensées qui dessinaient sur ses lèvres un doux sourire. Le silence qui régnait, percé de temps à autre d'un cri d'oiseau, d'un bruit de moteur ou d'une conversation étouffée, était confortable et les amants ne songeaient pas à le rompre.
Le sombre professeur ne pouvait d'un temps où il avait été plus heureux, sinon plus en harmonie avec lui-même et avec les autres – ces autres se résumant sa pétillante maîtresse. Et la sauveuse du monde sorcier aurait voulu que ces instants – rares moments de plénitude volés à l'éternité – durent toujours. Elle avait encore peur de se réveiller seule et de découvrir que tout cela – Severus, ces deux derniers mois – n'avait été qu'un rêve. Ce n'était pas une peur aussi paralysante ni aussi totale que celle qu'elle avait pu ressentir à l'aurore de leur relation. Mais il s'agissait d'une peur bien réelle que nulle attention de la part de son amant ne pouvait enrayée. Le fait est qu'elle ne pensait pas mériter l'affection d'un homme tel que celui-là et avait peur qu'il ne s'en rende compte, tôt ou tard…
- « Combien as-tu eu de relations sérieuses avant aujourd'hui ? » s'entendit-elle demander à son amant avant d'hoqueter d'horreur en se rendant compte de ce qu'elle venait de dire, une main couvrant sa bouche, les pommettes roses.
Elle n'avait au grand jamais voulu – pas consciemment en tous cas – eut l'intention de poser cette question à son aîné. Ce n'était définitivement pas quelque chose dont elle voulait parler et sa propre insécurité n'avait définitivement pas besoin de connaître le nom de toutes les conquêtes de son compagnon. D'un autre côté, maintenant que le sujet était sur le tapis, elle se rendait compte qu'elle voulait savoir, quelles qu'en soient les conséquences. Megan enfouit son visage contre la chemise de l'homme en question, ne souhaitant rien de plus que disparaître sous terre. Severus, lui, la fixait d'un regard attendri. Elle semblait adorablement inconfortable et il avait terriblement envie de déposer une nuée de baisers sur le visage de sa cadette afin d'en effacer la moue contrite figée sur ses lèvres.
- « Megan… Meg', trésor… » fit-il doucement en passant ses doigts dans les boucles ébène de sa cadette avec tendresse.
Comprenant – en partie du moins – ce qui troublait la fragile jeune femme, le maître des potions l'obligea à s'écarter puis l'attira à lui de façon à ce qu'elle chevauche ses genoux. La tête nichée dans sa nuque, elle était lovée contre son torse à la manière d'un petit chat, une main agrippant la chemise de Severus. Elle n'avait même pas réagit au terme affectueux – et nouveau – qu'il lui avait donné et l'ex-espion s'en inquiéta, un pli soucieux se formant sur son front. Il détestait la voir ainsi… aussi vulnérable. Non, vulnérable n'était pas le terme exact. Mais il détestait la voir comme ça. Apeurée, tremblante, perdue, incertaine. A cause de lui. A cause de leur relation en tous cas. Comme si elle avait peur qu'il puisse la rejeter un jour…Ce qui était complètement invraisemblable. Il n'oserait peut-être jamais lui dire mais il ferait tout pour lui prouver qu'il l'aimait et qu'il ferait tout pour que ce qu'ils avaient dure toujours.
Il était vrai qu'ils n'avaient pas abordé ce sujet particulier auparavant. Peut-être parce que la rupture de la descendante de Merlin avec le vampire était encore trop récente quand ils avaient commencé à se 'voir'. Peut-être parce qu'ils étaient trop effrayés, l'un comme l'autre, par ce qu'ils pourraient apprendre… Il n'était jamais agréable d'entendre parler de ceux qui avaient partagés la vie de la personne que vous adorez et que vous aimeriez croire vôtre, aussi bien dans l'avenir que dans le passé. C'était normal et tous les couples passaient par là, aussi douloureux que puisse se révéler ce moment. Le maître des potions aurait préféré retarder le plus possible cette conversation- là, mais l'appréhension et la détresse qui semblaient s'être emparées de sa jeune maîtresse étaient palpables. Il ne pouvait pas la laisser comme ça.
- « Je suis désolée, c'est ridicule, ne répond pas à ça » murmura la sorcière aux yeux de jade en secouant sa tête, tout contre le cou de son amant, contrite.
- « Ne t'inquiète pas, trésor » la rassura gentiment Severus avant de déposer un doux baiser sur sa tempe. « C'est une question tout à fait légitime à laquelle je répondrais si tu y réponds aussi ma petite peste… » la taquina t'il en pinçant affectueusement son joli petit nez. « Et ce n'est pas ridicule du tout » ajouta le brun ténébreux, lui souriant avec tendresse.
Megan lui sourit en retour, légèrement hésitante et l'estomac douloureusement noué. Elle appréciait réellement l'effort qu'il faisait pour dédramatiser la situation et pour la mettre à l'aise. Même si ça ne fonctionnait pas vraiment. En plus de la jalousie qu'elle ressentirait sans aucun doute à l'évocation des ex-maîtresses de son amant, elle avait peur que son propre manque d'expérience effraie le maître des potions. Elle n'avait pas honte de n'avoir connu que deux hommes avant lui. C'était peu mais elle pouvait dire, non sans une certaine fierté, qu'elle les avait aimés, qu'elle avait été aimée d'eux en retour. Et la jeune femme ne pouvait, n'avait d'ailleurs jamais pu, envisager une relation sans amour. Aussi fleur bleue que cela pouvait sonner.
- « Pour tout avouer » reprit le professeur aux yeux d'onyx en accrochant son regard, « j'ai certainement eu moins de liaisons que tu te l'imagines. Quand j'étais à Poudlard, eh bien, je n'étais pas vraiment très… sociable ni très apprécié par mes pairs » lui confia t'il, un brin pensif avant sourire malicieusement. « Je n'étais certes pas repoussant physiquement, » et aucune fausse modestie ne venait teinter cette affirmation, « mais j'étais solitaire, voire renfermé, froid, cassant et j'avais tendance à repousser toute tentative d'approche, qu'elle soit amicale ou amoureuse » continua Severus alors que sa cadette l'écoutait avec attention.
La sorcière aux boucles ébène était particulièrement touchée et flattée que son amant accepte de se dévoiler ainsi pour sa tranquillité d'esprit, lui qui était si secret… Elle se blottit davantage contre lui, savourant sa chaleur qui contrastait avec la soudaine fraîcheur ambiante et le battement sourd de son cœur sous sa main, prête à tout entendre.
- « J'ai eu un… disons un faible pour une élève plus âgée mais ça n'a duré que quelques mois et il s'agissait davantage de l'admiration pour son intellect qu'autre chose » poursuivit-il, les yeux dans le vague comme si il revivait ces souvenirs. « Dans les années suivantes, entre ma fonction de mangemort auprès de Voldemort, » Megan frissonna à cette évocation et Severus resserra son étreinte, « et celle d'espion pour Albus, je n'ai pas vraiment eut le temps de me consacrer à une relation. J'ai eu deux ou trois liaisons qui n'ont jamais duré plus de quelques jours voire d'une nuit » avoua t'il sans honte mais avec une certaine diplomatie, dans le souci manifeste de ménager les sentiments de sa compagne.
Cette dernière se surprit à éprouver, non pas de la jalousie envers ces femmes, mais une profonde compassion envers son aîné. Cet homme qui avait sacrifié tant de choses pour la libération du monde sorcier. Elle l'encouragea à continuer d'un regard tendre et rassurant, lui communiquant par la toute la confiance qu'elle pouvait avoir en lui. Severus joua un instant avec leurs doigts enlacés, les fixant avec une sorte d'émerveillement sans cesse renouvelé, avant de reprendre son récit. Le fait est qu'il craignait d'éloigner de lui sa jeune maîtresse en évoquant un passé qu'il aurait préféré oublié. Il n'était pas vraiment sûr de ce qu'elle pouvait ressentir pour lui – et pour l'instant le simple fait d'être auprès d'elle lui suffisait – mais cette incertitude le rendait nerveux en certaines circonstances. Et cette situation-là faisait partie de ces circonstances. Il avait déjà assez peur qu'elle ne le quitte pour ne pas désirer lui apporter des raisons de le faire sur un plateau.
- « Après la disparition du Seigneur des Ténèbres, la première, » précisa t'il alors que l'air se faisait lourd autour d'eux et que la jeune femme fermait les yeux en nouant ses bras derrière la nuque de son amant comme si elle cherchait à leur offrir un confort mutuel, « je me suis laissé gagné par l'euphorie général et j'ai effectivement eu quelques aventures qui n'ont guère duré plus longtemps » déclara le brun au regard sombre, une pointe d'amertume dans la voix.
Désireuse d'ôter cette inflexion douloureuse à cette voix, tour à tout outrageusement sexy, incroyablement froide et sans compromis, délicieusement cajoleuse ou juste divinement sensuelle, Megan déposa un baiser sur la peau d'albâtre du cou de son amant qui palpitait sous ses lèvres. Le ténébreux maître des potions sourit malgré lui alors qu'un désir de protection et un sentiment de tendresse mêlée de désir, tellement intense qui lui coupa le souffle, envers la sorcière qu'il serrait dans ses bras s'emparait de lui.
- « Ensuite, j'ai passé la majorité de mon temps à Poudlard, où les occasions de rencontrer quelqu'un sont plutôt minces… enfin, en théorie » se corrigea t'il en posant sur sa cadette un regard malicieux lourd de sens. « Entre la recherche des horcruxes, mon travail de professeur et mes expérimentations en potions, je n'ai pas vraiment eu l'occasion, ni l'envie à vrai dire, de me lier à qui que se soit » conclut vaguement l'homme à la chevelure de geai, comme si le sujet n'avait guère d'importance.
'Et tu ne pensais pas mériter d'être heureux…' compléta mentalement la descendante de Merlin, une vague de mélancolie lui pinçant le cœur.
- « Il y a juste cette femme, il y a quelques années… » fit encore Severus, surprenant la jolie éducatrice, d'un ton détaché. « Elle était légèrement plus âgée que moi et nous sommes restés ensemble près de deux mois mais, pour être honnête, nous n'étions pas fait pour être ensemble et il s'agissait davantage d'une consolation mutuelle qu'autre chose. Je n'ai jamais eu envie de m'engager avec qui que se soit… avant toi » avoua t'il dans un souffle en la couvant d'un regard brillant d'une adoration sincère, l'air quelque part soulagé de s'être confié ainsi.
Pendant un moment, Megan fut bien trop émue et bouleversée par cette déclaration pour pouvoir répondre quoi que se soit. Enfin, le cœur gonflé d'une exaltation et d'une joie nouvelle, elle étreignit fougueusement son amant avant de s'emparer de ses lèvres dans un baiser enflammé qui les laissa tous deux pantelants lorsqu'ils se séparèrent ce qui semblait être une éternité plus tard.
- « Merci » murmura la jeune femme, tout contre les lèvres de l'ex-espion, sachant que c'était à elle maintenant. « Techniquement, tu es mon troisième amant » commença t'elle alors que son interlocuteur haussait un élégant sourcil face à son choix de vocabulaire. « Le premier… il compte pour moi bien sûr, mais je ne peux définitivement pas parler de relation amoureuse, ça ne serait pas exact » tenta t'elle d'expliquer avec une petite moue mutine.
- « Draco Malfoy ? » s'enquit son aîné, la tête légèrement penchée sur le côté, l'air partagé entre l'amusement et une certaine irritation.
La sorcière aux boucles ébène hocha simplement la tête en se mordant nerveusement la lèvre inférieure. Elle n'avait honnêtement pas pensé que cet aspect des choses eut pu poser un problème à Severus. Mais, à présent, elle comprenait qu'il était aussi peu sûr de lui qu'elle pouvait l'être et elle. Un doux sourire aux lèvres, elle décida d'effacer les doutes de son amant en capturant les siennes dans le plus tendre des baisers.
- « J'adore Draco mais nous n'avons pas ce genre de relation. Nous ne sommes pas, disons… compatibles de cette façon » expliqua Megan, un brin taquine, à son vis-à-vis dont le regard d'onyx s'était momentanément troublé avant de s'illuminer d'une vive lueur de désir durant leur – trop brève – étreinte.
Elle résista cependant à l'envie de pousser plus loin dans cette direction. En tous cas jusqu'à ce qu'ils aient terminé leur actuelle discussion.
- « Le second a été Darian, » déclara l'ex-professeur bien que parfaitement consciente que cette précision était inutile, « ça a duré trois ans et demi » poursuivit-elle en fixant un point au-dessus de l'épaule du maître des potions.
L'évocation du vampire, ou du moins de leur liaison passée, était encore douloureuse même si ses rapports avec l'aristocrate étaient restés très amicaux, voire affectueux. Et puis en parler avec l'homme qui partageait aujourd'hui son lit avait quelque chose de… perturbant.
- « Nous étions bien ensemble mais je ne l'aimais pas comme 'ça' » élabora maladroitement la sorcière aux boucles ébène, « et il n'était pas prêt à faire le deuil d'une femme morte il y a plusieurs siècles, son âme sœur en quelque sorte… elle me ressemblait comme deux goûtes d'eau » ajouta t'elle après quelques secondes d'hésitation, les yeux voilés d'un mélange de tristesse, de regret et d'acceptation.
- « Oh, trésor… » souffla Severus, se méprenant sur les raisons de cet abattement, alors qu'il caressait doucement le dos de la jeune femme dans un geste réconfortant.
Il était tiraillé entre le désir de consoler sa jeune maîtresse et celui de réduire ce c de vampire en lambeaux. Il était jaloux aussi. Jaloux de voir à quel point cette rupture avait blessé Megan. Lui qui avait nourri l'espoir un peu fou qu'elle l'avait quitté pour… eh bien, pour lui. Oui, oui, pathétique. Il était au courant, merci bien.
- « Ce n'est rien, je suis juste… désolée pour lui, tu comprends, perdre son âme sœur si tôt alors qu'on a toute l'éternité devant soit » soupira t'elle, mélancolique, avant d'enfouir son visage contre la chemise de son amant.
L'ex-espion se sentit coupable du soulagement qu'il éprouva à cette révélation. Elle ne regrettait pas d'avoir rompu avec 'l'autre'. Non, sa cadette regrettait seulement qu'il eut perdu la femme de sa vie, des centaines d'années avant de la rencontrer, elle.
- « Je comprends… » acquiesça donc gravement Severus contre les soyeuses boucles ébène de la sauveuse du monde sorcier.
Ils restèrent ainsi un long moment, sans dire un mot. Cette conversation à cœur ouvert les avait épuisés émotionnellement et ils savouraient à présent le simple bonheur de se tenir enlacés dans ce petit coin de paradis. Ignorant les nuages menaçants qui voilaient le soleil et l'humidité qui tombait sur le jardin, ils avaient la délicieuse impression d'être seuls au monde. Le beau brun ténébreux jouait avec les mèches noires de la jeune femme qui lui chatouillaient le menton alors qu'elle somnolait sur ses genoux, lovée contre son torse. C'est une goutte de pluie qui, en venant s'écraser sur son front, fit sortir Severus de la douce torpeur dans laquelle il était plongé. Cette goutte fut bientôt suivie de milliers d'autres qui teintèrent les allées de graviers d'un ton plus sombre alors que le parfum familier qui accompagnait les orages d'été envahissait déjà l'atmosphère.
- « Meg' ? Trésor ? » fit l'homme avec tendresse, tentant d'obtenir l'attention de sa ravissante maîtresse qui ouvrit paresseusement un œil avant de lui sourire lascivement.
- « J'aime quand tu m'appelles comme ça… trésor » souffla Megan, avec un air mutin, sans se préoccuper le moins du monde de la pluie qui tombait drue, collant d'humides mèches ébène à son front moite.
Le sombre professeur secoua la tête, un sourire aux lèvres, faisant appelle à toute sa volonté pour ne pas laisser distraire par la très sexy petite peste qui se tortillait sur ses genoux de la plus délectable des façons. Il tenta encore de l'ignorer lorsqu'elle commença à dessiner d'enivrantes arabesques sur son torse à travers le tissu maintenant humide – et transparent – de sa chemise. Mais la tâche se révélait d'ôtant plus ardue que les gouttes de pluie déposaient de délicates perles sur les long cils noirs de la jeune femme, écrins scintillants qui s'ouvraient sur d'envoûtantes pupilles émeraude.
- « Eh bien, trésor, » reprit Severus en appuyant tout particulièrement sur ce dernier mot, « il serait temps de rentrer si on ne veut pas finir trempé… » déclara t'il avec une pointe d'ironie plus espiègle que sarcastique.
- « On ne veux pas finir trempé ? » demanda la sorcière avec un adorable sourire candide.
- « Non… » fit mine de gronder son amant, l'air faussement sévère.
La jeune descendante de Merlin lui lança un regard indéchiffrable avant de se dégager de son étreinte pour se précipiter sur la pelouse et se mettre à danser sous la pluie, son visage radieux tendu vers le ciel. Son aîné l'observa depuis le banc, appréciant de la voir aussi libre, aussi rayonnante, aussi… heureuse. Il ne la rejoignit pas au cœur de l'averse – il avait encore sa fierté – mais l'encouragea d'un sourire et se tînt là, tout simplement présent pour elle.
oxoOoxo
Alors, vous en avez pensé quoi ?
J'ai eu un peu de mal à trouver un petit nom affectueux que Severus donnerais à Megan, d'une part parce que je ne le voix pas vraiment l'appeler 'poussin' ou 'ma chouquette en sucre' et d'autre part parce que la plupart d'entre eux étaient déjà pris par Draco, Théo et compagnie... Donc j'ai trouver 'trésor' (surtout que les italiens utilisent beaucoup 'tesoro' comme surnom et comme ils sont en Italie), qu'est-ce que vous en dites ?
